En Eglise pour le monde

Contemplation et mission, vie cachée et rayonnement sur le monde, vie cloîtrée et soif des vastitudes… oui, nous pourrions continuer d’aligner les paradoxes. Ils sont à la source d’une véritable vocation à la vie contemplative carmélitaine, car ces deux dimensions sont celles de l’Amour au cœur du Carmel. Comment ces deux axes, vie contemplative et vie missionnaire, peuvent-ils se rejoindre et être vécus aujourd’hui par une carmélite ?

Suivre le Christ à l’écart du monde ne nous conduit pas à nous désolidariser d’un monde qui nous a façonnés. Cela est vrai aujourd’hui encore plus qu’hier, en ce siècle où nous vivons à des dimensions mondiales, où l’information nous relie presque instantanément à tous les points de la terre, où les distances ne font plus obstacle à la communication.

Le Christ n’appelle pas des êtres désincarnés à le suivre. Ce n’est pas pour un monde idéalisé qu’Il nous demande d’œuvrer, mais bien pour ce monde dont nous sommes pétris, que nous portons en toutes nos fibres et qui est chair de notre chair. Oui, ce monde que nous « quittons », nous ne cessons de le porter en nous, car il fait partie de nous.