Approche historique

La Vierge Marie

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« Sur le versant de cette montagne (du Carmel), dans un site très beau et délicieux, habitent les ermites latins que l’on appelle frères du Carmel et là se trouve une petite église de Notre-Dame ».

Notre Dame du Mont Carmel revêtue de soleil, détail d'un tableau de Tommaso de Vigilia (XVe siècle) Un pèlerin du 13e siècle nous rapporte ainsi les commencements humbles et cachés de cet amour que les carmes vont porter au cours des siècles à la Vierge Marie. Durant la période de leur difficile implantation en Europe, ils défendent jalousement leur titre de frères de Notre-Dame car la tempête est rude pour ce petit ordre venu d’Orient : en ce 13e siècle, les ordres nouveaux foisonnent et ceux de Saint François et de Saint Dominique ont un prestige immense ; c’est au secours spécial de celle qu’ils ont choisie pour protectrice, qu’ils attribuent leur reconnaissance officielle par l’Église ; c’est pourquoi le gouvernement de l’Ordre impose aux frères le port du scapulaire, pièce d’étoffe qu’ils reçoivent comme signe de leur consécration à Marie. Dès cette époque, l’Ordre voit dans le culte à rendre à la Mère de Dieu, sa raison d’être et la choisit pour Patronne ; au Carmel, le service de Marie sera inséparable de la marche à la suite de Jésus.

Aux 14 et 15e siècles, les carmes méditent sur la Médiation de Marie : Dieu lui a donné de mettre au monde Jésus, l’auteur de la grâce, et l’a pleinement associée à son œuvre de Rédemption ; nous recevons la grâce du salut en Jésus Christ à la prière de celle qui se tenait debout près de la Croix. Au 16e siècle, alors que Sainte Thérèse de Jésus vient de fonder à Avila le premier de ces « colombiers de la Vierge » qui inaugure la réforme du Carmel, elle la voit dans une immense gloire, vêtue du manteau blanc sous lequel s’abritent toutes les religieuses. Trois siècles plus tard, Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus s’écrie : « Elle est plus Mère que Reine ! », nous rappelant que notre amour pour Marie est tout de familiarité confiante et simple

Modèle de pureté, d’obéissance, d’intimité avec Jésus, elle est l’image parfaite de ce que le Carmel désire être dans l’Église ; priante et disponible, vigilante et effacée, elle porte intensément dans son cœur, le souci de l’œuvre de son Fils pour le salut de tous les hommes. « Le Carmel est tout entier marial » selon l’antique devise de l’Ordre. Tel est bien le mystère profond de cet ordre appelé à vivre à l’exemple de Marie, du seul amour de Jésus pour le salut du monde.