92 140 Clamart

Clamart

Notre-Dame des Champs
Notre-Dame des Champs
Détail de la statue de Notre Dame des Champs (XIVe siècle) présente dès la fondation du Carmel à Paris puis à Clamart. Nous en avons fait don au diocèse et elle se trouve désormais dans la cathédrale Ste Geneviève.

Le 18 octobre 1604 (nous avons célébré les 400 ans !), six carmélites espagnoles parmi lesquelles Anne de Jésus et Anne de St Barthélemy fondaient à Paris le Carmel de l’Incarnation (en face du Val de Grâce), lieu source du Carmel thérésien en France… Après avoir quitté le centre de Paris pour la Belgique en 1901, notre communauté s’est installée à Clamart en 1920.

Nous commençons maintenant, que ceux qui viendront s’efforcent de toujours commencer, et d’aller du bien au meilleur. (Ste Thérèse d’Avila)

Le Carmel de Clamart est maintenant fermé ; la Providence a veillé pour que le monastère demeure un lieu d’Eglise - missionnaire : les Filles de Notre-Dame de la Sagesse ont repris les bâtiments en 2010 pour en faire leur noviciat international francophone.

Contact avec une sœur de l’ancien Carmel de Clamart s’adresser au carmel de Nogent sur Marne

Mère Madeleine de Saint Joseph

Notre Dame des Champs

Mère Madeleine de St Joseph
Mère Madeleine de St Joseph
Vble Madeleine de St Joseph (1578 - 1637)

Mère Madeleine de St Joseph

Après Anne de Jésus et Anne de St Barthélemy, la prieure de la communauté a été une française, mère Madeleine de St Joseph. Elle laisse le témoignage d’une grande sainteté et d’un esprit exceptionnel rayonnant de son intimité avec le Seigneur et de sa douceur.

Elle entra au Carmel de l’Incarnation à Paris le 11 novembre 1604. Elle y reçut des compagnes de Ste Thérèse de Jésus, l’esprit de la réformatrice, qu’elle sut transmettre aux jeunes carmélites françaises. Elle fit faire profession à plus de 80 sœurs. Beaucoup de celles-ci devinrent prieures dans les nouvelles fondations (à la mort de la mère Madeleine, il y avait 52 carmels en France). Par sa correspondance, elle continue à les conseiller, à les encourager et à les aider de toutes sortes de façons.

Extraits de sa correspondance  :

L’oraison, allez-y donc, comme à votre vraie vie et avec le soin, avec l’ardeur et la vitesse avec lesquelles les choses naturelles vont à leur centre et à leur élément.

Plus vous vous voyez imparfaite, recourez davantage à Lui… Jetez-vous entre ses bras avec confiance et amour et Il vous recevra telle que vous êtes, pourvu que vous ayez bonne volonté.

Que votre âme puise en joie les eaux salutaires de la grâce dans les fontaines du Sauveur, qui sont ses divers états et mystères, et, en quelque état qu’elle soit, qu’elle ait désir et obligation de le contempler, qu’elle le cherche au Saint Sacrement.

Notre Dame des Champs

Notre Dame des Champs

LES ORIGINES Vers l’an 250, le pape choisit des missionnaires pour aller évangéliser la Gaule. Parmi eux se trouvait Denis envoyé dans le Parisis. Lorsqu’il arriva devant la ville, on lui refusa l’entrée. Il s’établit donc un peu au sud dans un endroit solitaire au milieu d’une grande plaine appelée « Campi » c’est à dire « les Champs » tout près de la voie romaine. Il y avait là des carrières. Il y réunit les catéchumènes et y célébra les premiers baptêmes (cette crypte existe encore aujourd’hui). Ayant appris aux chrétiens à vénérer la Mère de Dieu, il lui aurait dédié le sanctuaire primitif ayant apporté avec lui une peinture sur pierre de la Vierge à l’Enfant. C’est ainsi que l’église construite ensuite sur cet emplacement le fut sous le vocable de Notre Dame des Champs.

Cette église fut donnée en 1084 aux bénédictins de l’abbaye de Marmoutiers qui dès 995 s’étaient établis en ce lieu. Ce fut le début du prieuré de Notre Dame des Champs. Les moines construisirent église et monastère. L’église, qui avait plus de 40 mètres de longueur, recouvrait exactement la crypte de saint Denis et continua de s’appeler Notre Dame des Champs afin qu’on ne la confonde pas avec Notre Dame de Paris.

A la fin du 13e siècle ou au début du 14e siècle, les moines firent sculpter dans la pierre une vierge de majesté de 1m 30 de haut tenant son enfant, non sur les genoux, mais assis à côté d’elle sur un petit coussin. Elle porte un sceptre dans la main droite et l’enfant tient dans ses mains un oiseau. Cette statue dominait le maître autel et c’est elle qui se trouve aujourd’hui dans la chapelle du carmel de Clamart.

APRES 1604

Le prieuré bénédictin de Notre Dame des Champs, abandonné pendant les guerres de religion et dont les bâtiments étaient menacés de ruine, ne reprit jamais vraiment son activité. En 1604, les six carmélites espagnoles fondèrent sur ce lieu le premier carmel de la réforme thérésienne en France. L’église fut restaurée et les bâtiments reconstruits. Le monastère prit le nom de « Carmel de l’Incarnation ».

Enfant Jésus

Le lieu du pèlerinage fut respecté : la crypte, située sous le sanctuaire de l’église (qui était surélevée de 12 marches), fut très agrandie et améliorée grâce aux libéralités de la reine Marie de Médicis et les Parisiens continuaient à venir.

La statue de Notre Dame des Champs fut alors installée dans le noviciat. On raconte qu’une novice sachant qu’elle ne serait pas admise à la Profession, alla supplier Notre Dame des Champs pour que la décision soit reportée puis favorable… et celle-ci, en signe d’acquiescement, inclina la tête. Depuis, la Vierge a la tête légèrement penchée.

Le 29 septembre 1792, toutes les soeurs furent expulsées et les scellés apposés. L’ensemble des œuvres d’art du monastère furent rassemblées, avec d’autres, aux Petits Augustins mais les soeurs eurent la surprise en revenant dans le monastère, en 1802, d’y retrouver Notre Dame des Champs abandonnée au milieu de bâtiments à nouveau ruinés et dont l’église avait été démolie.

Colombe

Pendant près d’un siècle la vie reprit mais en 1901 la communauté partit en exil en Belgique et ne put emporter la statue en pierre. Ce qui restait fut remis à la garde d’amis et de voisins et en 1908 le monastère fut vendu par adjudication. A ce moment les statues étaient encore dans le monastère mais petit à petit les acquéreurs s’installèrent.

En 1920 arriva le moment du retour en France. Comme il n’était plus question de revenir à Paris, les soeurs choisirent Clamart pour s’y implanter.

A cette époque il y avait dans la communauté une postulante qui avait beaucoup entendu parler de Notre Dame des Champs et la connaissait par photo ; ses frères entendirent parler de cette statue comme étant vendue et en partance pour l’Amérique ! Elle se trouvait effectivement bien emballée dans un dépôt de Trouville, en attente du départ… La communauté l’ayant appris se porta acquéreur et Notre Dame des Champs revint au monastère.

Les plus anciens guides de Paris font mention du pèlerinage de Notre Dame des Champs. En effet, située sur la crypte de saint Denis, l’église était la première des sept stations qui, suivant l’itinéraire parcouru par Denis, conduisaient au lieu de son martyre à Montmartre.

N’est-ce pas émouvant de penser que cette statue fut aussi regardée par saint François de Sales ainsi que par nos fondatrices Mère Anne de Jésus, la bienheureuse Anne de saint Barthélemy et leurs compagnes, la bienheureuse Marie de l’Incarnation (Madame Acarie), le cardinal de Bérulle, Mère Madeleine de St Joseph, toutes les premières carmélites françaises et tant d’autres depuis sept siècles ? Elle est toujours un signe visible de celle qui intercède sans cesse pour le peuple de Dieu, pèlerin sur la terre.

Du carmel de l’Incarnation situé à Paris en face du Val de Grâce, il ne reste que le portail classé que l’on peut voir à travers une vitrine au 286 rue saint Jacques.