QUI ?
Nous appartenons tous trois, Anne-Marie, Pierre et Andrée à l’O.C.D.S. dans les deux Communautés séculières de Lyon. Nous avons vécu chacun, des ruptures dans la vie, ruptures familiales, professionnelles, affectives ou géographiques : un terrain préparant une disponibilité accompagnée du désir d’aller plus avant dans les exigences des Constitutions, de vivre plus radicalement la voie du Carmel.
L’APPEL.
Survient alors la demande lancée à la Communauté séculière de Lyon par le Monastère du Carmel Notre Dame de Surieu (à 60 Km au sud de Lyon ). Cette Communauté de carmélites recherchait depuis longtemps des aides pour l’entretien des bâtiments et du terrain, et pour son Accueil des retraitants.
Sans se concerter, chacun de nous trois a répondu à cette demande, perçue comme un appel personnel… et un appel du Carmel.
LES COMMENCEMENTS.
La vie communautaire commence alors, dans une maison, que nous louons, dans un hameau du village. Elle est à vingt minutes à pied du Monastère, (3 minutes en voiture ), où nous participons généralement à Laudes, à l’Eucharistie quotidienne et dominicale. Nous avons installé un oratoire à la maison, où nous nous retrouvons chaque soir pour Vêpres et l’oraison. Nous nous connaissions auparavant, certes, mais vivre ensemble est une toute autre aventure. Nous sommes d’âge mûr. Nos histoires, nos modes de vie, nos centres d’intérêt, nos tempéraments diffèrent. Peu à peu, en douceur, nous nous découvrons. Les différences sont source d’étonnement. Peu de paroles au début. Nous nous regardons et nous vivons les premiers partages, partage des lieux, des repas, des emplois du temps, du budget, partage de la Liturgie des Vêpres, des temps d’oraison, du silence, d’une réunion hebdomadaire d’échange et de réflexion sur le document : ‘’ La vie fraternelle en communauté ‘’.Le rythme de prière s’adapte à nos emplois du temps respectifs et aux temps forts de la Liturgie. Bientôt vient le partage de projets. Faut-il adapter la maison et aménager une chambre de plus ? En effet nous désirons que la Communauté de vie s’agrandisse et nous nous préparons à cela. Nous rencontrons tous les 3 ou 4 mois, un frère Carme, comme accompagnateur ; il souligne que la communauté est le champ à creuser pour trouver le Trésor, il nous ancre dans la fidélité simple à ce qui est déjà mis en place, fidélité à l’oraison, à la Liturgie, attention à l’autre, respect, liberté personnelle, temps communautaires nécessaires et prioritaires, place de nos familles respectives.
UN AN APRÈS
L’expérience après un an de vie est positive. Nous en ressentons chacun les bienfaits : encouragement à la fidélité, détachement des biens, simplicité des relations entre nous, simplification de la vie quotidienne, prise de recul envers ce qui auparavant semblait urgent ou prioritaire, joie de vivre ensemble. Nous laissons reposer nos projets pour qu’ils mûrissent, attendant que l’Esprit nous inspire, s’il le veut, un chemin plus précis, plus visible. Nous découvrons que vivre ensemble comme des frères est un chemin d’humilité, de confiance réciproque. Des habitudes sont remises en cause, certaines attitudes provoquent des résonances inattendues et un ajustement à la vie communautaire est nécessaire. Nous découvrons que notre trio est d’abord un magnifique cadeau du Seigneur, pour chacun de nous et pour l’Église. Un désir d’ouverture aux autres grandit et nous invitons ceux que les rencontres et les événements nous suggèrent. Nous partageons leur vie et la nôtre dans la confiance. Petit à petit nous prenons contact avec la vie paroissiale et locale.
INTERACTIONS.
Nous découvrons de jour en jour, la complémentarité de l’Ordre Séculier avec les autres branches de l’Ordre, les frères Carmes et les Carmélites. D’emblée les Sœurs du Carmel de Surieu nous ont fait entière confiance, et ce n’était pas rien pour elles. Un homme, deux femmes, de surcroît séparé et divorcées, habitant la même maison, dans un village où tout se commente, et cela pour une collaboration avec elles. Le logement, le projet des sœurs, notre disponibilité à chacun, étaient les multiples pièces d’un puzzle que le Seigneur préparait et a mis en place en quelques semaines : signe qu’il nous ouvrait à tous un chemin, ce qui nous a bouleversés. Nous avons partagé et partageons avec les sœurs, des projets, des questions matérielles et spirituelles. Nous avons bénéficié de leurs conseils et suggestions, et nous nous portons mutuellement avec délicatesse et attention dans la prière Aide puissante aussi que de vivre dans leur proximité, le climat de silence, la Liturgie, de nous appuyer sur leur propre fidélité à l’oraison, leur sens de l’accueil et de l’hospitalité qui fait fi des différences.
Nous partageons avec le Monastère, notre vocation : « Aimer Jésus et le faire aimer. » ( Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. )
BILAN EN AVRIL 2009
Après trois ans de vie commune, nous faisons avec vous et pour vous un bilan. Nous sommes toujours trois, même si quelqu’un a été attiré un temps. Pourtant, nous sommes désireux d’agrandir la communauté. Une chambre est toute prête ! Notre choix nous satisfait et nous apporte la joie. Le Seigneur nous enracine dans les profondeurs de notre état de laïque et notre appartenance au Carmel par nos communautés respectives de Lyon. Nous suivons chacun une route personnelle, ensemble, avec comme piliers la liturgie et l’oraison, la vie communautaire, nos familles, les engagements individuels, l’hospitalité, l’implantation dans l’Église locale. Nous réfléchissons à la fondation d’un groupe qui permettrait une extension de l’OCDS vers la Drôme et l’Ardèche ; un projet d’école d’oraison se met en place avec la paroisse.
Le jardin fleurit, les pelouses et les haies sont entretenues, l’intérieur est amélioré. L’oratoire ressemble encore à la Tente de la Rencontre, délimité par des toiles dans la salle de séjour. Chacun a pris ses marques dans la maison. Nous goûtons en commun, le silence, la vie de prière, les repas, la nature qui entoure la maison. Les courses, la cuisine, les repas, l’emploi du temps sont l’objet d’échanges, de partage, expression du désir de s’ajuster les uns aux autres. Il n’est pas question de mesurer les talents ou les efforts de l’un ou de l’autre. Grande liberté et respiration. Un but : recevoir ensemble, « rien que pour aujourd’hui », la mission avec un petit m, la grâce et le labeur qui l’accompagnent.
Anne-Marie est déléguée régionale. Le téléphone sonne souvent pour elle. Sa Clio dévore les kilomètres, assistée du GPS, pour visiter les Communautés de la Région.
Pierre a vécu un accroc de santé en juin. Après un mois d’hospitalisation et un autre de convalescence, il a repris ses activités. Il aimerait sans doute, plus d‘étude et de solitude dans sa cellule. Il consacre bien du temps au jardin et pourtant :« il hait les haies ! ».Il est un jeune grand-père attentif. Il prononcera sa promesse définitive le 20 décembre prochain, à l’occasion du jubilé des vingt ans de Lyon I et Lyon II.
Andrée continue ses trajets entre Surieu et le Val de Saône où elle passe les vacances scolaires dans la disponibilité à sa nombreuse famille.. Nous entretenons toujours des relations fortes avec le carmel de Surieu ; messe quotidienne, travail, échanges fraternels, communion de service et de prière.