Dans le silence et la solitude

« Je veux voir Dieu ! » ce cri, chaque carmélite peut le faire sien. On entre au Carmel le cœur brûlant comme les disciples d’Emmaüs, en quête d’un visage - du Visage - qui s’est révélé un jour Chemin, Vérité et Vie. On vient poussée par le désir de demeurer en présence de Dieu et de tout Lui donner. Dieu habite notre cœur, le plus intime de notre être, c’est là que nous avons à nous retirer pour demeurer avec Lui en tête à tête.

C’est au désert, dans le silence et la solitude des profondeurs que s’accomplit, pour la carmélite, la rencontre avec le Seigneur.

Mais d’abord, il y a un désert âpre et sec à traverser, cette autre forme de la solitude. Pour suivre le Christ seul, pauvre et nu, il faudra consentir à déposer peu à peu sa vie, à demeurer « seule avec le Seul ». Silence matériel, silence de l’esprit, silence du cœur où Dieu enfin peut se dire.

Notre monastère (maison et jardin) est ce désert propice au silence pour la prière, à l’équilibre d’une vie qui s’y consacre.

Sans fuir la cité des hommes, les Carmels se veulent des enclos qui rappellent, par leur présence, que « Il est vivant le Dieu devant qui je me tiens »

Cette présence de Dieu et cette rupture au monde sont signifiées par la « clôture » qui délimite l’espace réservé à la communauté, espace dans lequel se vit l’intimité de chacune avec Dieu.

Fondamentalement, Thérèse d’Avila a fait ce choix pour ses sœurs. Il permet une présence de plus en plus continuelle à Dieu qui habite au plus intime de l’être : la « cellule » d’une carmélite est le lieu symbolique de cette demeure de Dieu en nous. Dans le silence matériel, le silence du cœur, le silence de l’esprit, Dieu peut enfin se dire et nous faire devenir un être de communion.

Contacts et sorties indispensables (services du monastère, santé, courses…) demandent un discernement constant dans une société qui développe tant de moyens et de richesses de communication. Ils se font sous l’autorité de la prieure.

La vérité du désert implique la fidélité aux nombreuses plages de solitude et aux temps de silence de la journée d’une carmélite :

le face à face qu’est l’oraison,
l’écoute de la Parole qu’est la lecture,
les heures consacrées au travail,
les temps en cellule
où chacune demeure seule, veillant dans la prière.

Des temps de retraite personnelle (un jour par mois et environ quinze jours chaque année) permettent d’intensifier cette expérience. Sainte Thérèse d’Avila a prévu pour cela l’existence de petits ermitages dans l’enceinte du monastère.