Du Saint Désert, récit d'une vocation… (logo)Du Saint Désert, récit d’une vocation…

Extrait d’une interview parue à l’occasion de la profession solennelle, dans le journal valaisan le Nouvelliste du 17 septembre 2011, par Vincent Pellegrini.

Frère Joseph de Jésus Marie, comment la vocation vous est-elle venue ?

Vers l’âge de 20 ans je me posais de nombreuses questions sur le sens de l’existence, la vie, la mort, le bien, le mal. Il y avait une recherche spirituelle, d’abord orientée vers de fausses doctrines, telles que spiritualité orientale, new-age, méditation transcendantale. Il y avait une quête spirituelle insatisfaite, une soif pas comblée. Un dimanche, vers l’âge de 26 ans en assistant à la messe, après quelques années d’absence, j’ai été touché par les lectures du jour et par l’homélie. Après avoir écouté les quelques paroles de vérité prononcées, il m’est apparu avec évidence que c’était dans cette direction qu’il fallait chercher. Cela m’a remis en route, m’a fait revenir à l’Église. Par la suite en suivant plusieurs retraites selon les exercices spirituels de saint Ignace j’ai entendu clairement un appel à suivre le Christ. Appel que j’ai étouffé durant quelques années, avant de répondre oui. Et quand j’ai tout quitté, j’expliquais que ce que je vivais ne pouvait pas se comprendre avec la tête, selon notre logique bien humaine et rationnelle. C’est plutôt avec le cœur qu’une telle démarche se comprend, car elle est de l’ordre du coup de foudre, s’il fallait utiliser une comparaison.

Et pourquoi avez-vous choisi l’Ordre du Carmel ?

L’Ordre du Carmel témoigne au cœur de ce monde de la primauté de la recherche de Dieu. Ma découverte de ce riche patrimoine spirituel se fit à travers la lecture des œuvres d’auteurs bien connus, tels sainte Thérèse d’Avila, saint Jean de la Croix, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. S’il fallait résumer le charisme du Carmel pour notre Église, on pourrait dire que c’est faire d’abord l’expérience d’une rencontre avec Dieu, notamment dans la prière et plus spécifiquement l’oraison, pour ensuite introduire, ou inviter les autres à cette expérience. Une des devises du Carmel, empruntée au prophète Élie, est : « Il est Vivant le Dieu devant qui je me tiens. ». Voilà l’oraison : se tenir devant Dieu dont on se sait aimé, dans la foi, l’espérance et l’amour ; d’abord pour Lui-même et ensuite pour ceux qui ne Le connaissent pas. Ce qui m’a attiré au Carmel c’est aussi l’équilibre entre vie contemplative et vie apostolique, avec une note caractéristique de simplicité et de joie.

Quelles sont les branches du Carmel ?

Aujourd’hui l’Ordre du Carmel Déchaux est présent dans le monde entier selon ses différentes composantes : les frères, les moniales carmélites, l’Ordre séculier (laïcs), les Congrégations Apostoliques. La Suisse compte trois monastères de Carmélites et un couvent de frères Carmes (situé à Fribourg). Ces derniers ont par ailleurs animé plusieurs écoles d’oraison à Sierre (Valais).

Vous vivez dans l’un des Saints-Déserts de l’Ordre. Expliquez-nous ce que cela veut dire…

Dans notre Ordre, les Saints-Déserts ont été fondés à la fin du XVIe siècle par un disciple de saint Jean de la Croix. On y mène une vie érémitique (de « érémos » = désert en grec) de prière, de travail et de solitude, dans le silence et l’entraide fraternelle suivant l’esprit du Carmel à ses origines, c’est-à-dire à dire avant qu’il soit assimilé aux ordres mendiants […]. Précisons qu’on ne va pas au désert pour fuir ou se perdre, mais pour retrouver l’Essentiel. Nous vivons dans le Saint-Désert Notre-Dame de Pitié de Roquebrune, dans le Var. Il est situé sur une colline de 60 hectares de chêne-liège, d’eucalyptus, d’oliviers et de pins, à 12 km de la mer, autour d’un petit sanctuaire marial datant de l’époque médiévale. Les Carmes y sont depuis 1948, succédant aux Camaldules (Ordre d’ermites fondé au XIè siècle).

Autobiographie express

« On m’appelle aujourd’hui Frère Joseph, mais je suis né Eric Gillioz, en 1959 en Valais (Suisse). Après avoir suivi une formation d’architecte, j’ai travaillé en région lausannoise, pendant 10 ans avec beaucoup d’intensité, dans les secteurs de l’architecture, de l’informatique pour la construction et de la formation professionnelle notamment. A l’âge de 35 ans, en période de haute conjoncture, j’ai tout quitté pour entrer dans une communauté nouvelle dans la mouvance du renouveau charismatique. Suite à de graves dérives sectaires j’en suis sorti pour entrer chez les frères Carmes déchaux. ».

Lien :

http://vincent-pellegrini.blogspot.com/

Monastère du Saint Désert Notre-Dame de Pitié, 83520 Roquebrune-sur-Argens, tél. 04 94 44 18 18, fax 04 94 44 18 19. Nous contacter par courriel