Education

« L’éducation - la vraie - celle qui donne seule des résultats complets et définitifs consiste à apprendre aux enfants à faire usage de leur liberté. »Je crois que c’est là le point capital. Il faut savoir que l’enfant est un être né pour être libre, qu’il est vite conscient et avide de sa liberté, qu’il n’admet pas que l’on touche à ce bien le plus précieux de son être. […]

« L’enfant doit sentir chez son éducateur ce respect vrai et profond de sa liberté ; à l’occasion même, l’éducateur insistera pour que l’enfant prenne une conscience plus nette de cette liberté. Puis dans un travail, qui s’exerce plus par l’action discrète et silencieuse de la présence que par les remontrances, il explique affectueusement à son élève comment on doit librement et volontairement se soumettre à un règlement pour former sa volonté et pour assurer le bon fonctionnement de la vie en société. Lui expliquer le pourquoi de l’obéissance, sa grandeur. Bien souligner qu’aucun homme n’a le droit, en tant qu’homme, de commander à un autre homme ; mais que toute autorité est une délégation de l’autorité divine et que toute obéissance, en définitive est une obéissance qui remonte jusqu’à Dieu. Aller toujours au fond des choses ; ouvrir de larges horizons ! »Peu nombreux sont les éducateurs qui ont cette souple discrétion d’action, qui savent marcher, non devant, mais derrière l’enfant, pour le laisser aller à son train et n’intervenir que lorsqu’il y a danger d’erreur qui aboutirait à un moindre épanouissement moral. […]

« Dans quelques années vous serez éducateurs, puisque vous serez pères de famille. Vous devez savoir votre métier. Et ce métier comporte cette exigence foncière : respecter la personne de l’enfant, son élan de vie, sa liberté ! Votre rôle sera, non de briser la spontanéité vivante de vos enfants, mais de leur apprendre, en les suivant pas à pas, dans un climat de confiance, à toujours mieux utiliser leur liberté d’homme. »

Bulletin « En famille quand même », n° 2, p. 9-11, Février 1943É