En rencontrant Dieu, je me découvre…

En rencontrant Dieu, je me découvre… : distractions, sécheresses… Nous avons vu que les distractions dans la prière pouvaient être une occasion de mieux se connaître soi-même. La sécheresse aussi, en quelque manière, nous permet de connaître quelles sont les limites, mais aussi la grandeur de notre amour, notre pauvreté, notre vulnérabilité, et les richesses que nous devons quitter. Nos éventuelles difficultés psychologiques, mais aussi notre capacité à réagir selon la foi qui nous habite.

La liste n’est pas ici exhaustive. Ainsi, quand je mène une vie de prière, je n’en apprends pas seulement sur Dieu et son dessein d’amour. J’en apprends aussi beaucoup sur moi-même…

Pas seulement en « négatif », aussi en « positif » : « merveille que je suis… » dit le psalmiste (Ps 139, 14).

Cependant, devant Dieu, je ne manquerai pas de faire, un jour ou l’autre, l’expérience de ma pauvreté radicale. Je ne manquerai pas de découvrir ce en quoi j’ai besoin d’être sauvé. Expérience certainement douloureuse, mais aussi expérience heureuse, puisqu’elle me dit comment je suis aimé…

Elle m’apprends le chemin de la reconnaissance, de la véritable action de grâces. Ainsi, en priant, en rencontrant Dieu - si ma prière est vraiment une rencontre de Dieu ! - je me découvre, sans faux fuyant. Je ne peux pas tricher avec Dieu, je ne peux pas tricher avec moi-même devant Dieu.

Je dois apprendre que je suis aimé tel que je suis et pour cela, je dois aussi apprendre ce que réellement je suis ! Je me découvre…

Justement, cela peut se comprendre encore d’une autre manière : je dois accepter d’être à découvert devant l’Ami.

En quelque manière, si je veux que ma prière soit authentique, je dois renoncer à ce que faisait Adam au jardin de la Genèse après sa faute. Il se cachait parce qu’il avait réalisé qu’il était nu.

Avant sa faute, il ne se cachait pas… bien qu’il n’en était pas moins nu !

Face à mon Créateur, je suis nu, je dois accepter de l’être, malgré le poids que peut représenter mes fautes, je dois consentir à me laisser irradier de son soleil dans la totalité de mon être pour être transformé dans sa lumière.

Car si notre cœur venait à nous condamner,« Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît tout » (1 Jn 3, 20) !

Il est vrai qu’il est plus confortable de faire semblant, de se cacher devant Dieu - et à ses propres yeux - de s’entretenir de beaux discours sur Dieu dans son cœur pour se dispenser de faire la rencontre d’un Vivant… Mais précisément, cela ne donne pas la vie !

L’illusion n’a jamais fait grandir personne dans ce domaine ! Seule, la vérité fait grandir et libère.