Enfance à Barentin

A la découverte de Barentin

Viaduc de Barentin"
Viaduc de Barentin

A dix-huit kilomètres de Rouen, Barentin s’est installé dans l’une des nombreuses vallées du plateau de Caux, celle de l’Austreberthe, un très modeste affluent de la Seine. Longtemps, la bourgade fut agricole, mais la rivière permettait l’installation de moulins ; une carte postale ancienne montre les restes d’un moulin à papier.

Au cours du XIXe siècle, de nombreuses usines, surtout textiles, s’installent dans la petite vallée et Barentin voit se construire des cités ouvrières. Devenue trop petite, l’ancienne église est remplacée par l’actuelle : copie de son illustre voisine romane, Saint Georges de Boscherville, elle domine à flanc de coteau le centre du bourg. La ligne du chemin de fer Paris - le Havre enjambe la vallée grâce au viaduc immortalisé par Zola dans la Bête humaine.

Vers le milieu du siècle, la petite ville est à peu très telle que la connaîtra la famille Bunel. Lucien nuit à Barentin le 29 janvier 1900. Cinq ans plus tard, la famille s’installe rue Bennetot, une petite rue proche de la mairie ; qui disparaîtra lors de la modernisation du centre ville.

Statue du Père Jacques, Place de l'Eglise"
Statue du Père Jacques, Place de l’Eglise

Au temps de l’enfance de Lucien et jusqu’après la seconde guerre mondiale, Barentin est encore proche de la campagne, et les paysans apportent leurs produits au marché du samedi, sur la place de la mairie. Les nécessités de la reconstruction et de l’extension de la ville ont transformé peu à peu le pittoresque bourg normand en petite ville moderne. De cinq mille habitants en 1900, Barentin compte aujourd’hui plus de treize mille habitants.

Quelques rues ont gardé les maisons qu’a pu connaître le jeune Lucien Bunel. La mairie garde son air distingué de fin de siècle , même si son cadre s’est beaucoup modifié. L’église domine toujours la cité. Dans cette église, nous voyons les fonts baptismaux où Lucien reçut le baptême le 24 février 1900. Certains Barentinois n’ont pas oublié qu’il venait servir la messe du vicaire tous les matins à six heures et demie. C’est là qu’il fera sa première communion et célébrera une de ses premières messes. Plus tard, devenu frère carène il reviendra parfois pour prêcher.

Place Lucien Bunel, Barentin"
Place Lucien Bunel, Barentin

Après la guerre, la place de l’église prend son nom, et une plaque aux armes de la ville portant l’inscription « place du révérend père Bunel, martyr de la résistance, 1900 - 1945 », est posée sur le mur du bas-coté nord. Dans l’église, un panneau de photographies le fait connaître aux nouveaux venus et rappelle son souvenir aux anciens. Non loin de l’abside, la statue sculptée par Henri Bouchard a été inaugurée le 12 septembre 1948 en présence de nombreuses personnalités civiles et religieuses. Elle représente le Père Jacques en carme, la main posée sur une pierre où sont gravés les noms de tous ses lieux de détention.

Au cimetière de Barentin, reposent les. parents de Lucien Bunel et son frère Alfred, mort pour la France à la première guerre mondiale.

Enfin, à quelques kilomètres de là, la mare Saint Germain n’a pas beaucoup changé depuis le jour où les parents de Lucien obtinrent du saint la guérison de leur petit garçon quasi-mourant. La mare entourée d’un rideau de peupliers gardent le souvenir de la piété des parents et du sourire d’un enfant qui avait retrouvé la joie de vivre.