Exercice pour la Communion dans la neuvaine de Saint François-Xavier

EXERCICE

Pour la Communion, dans la neuvaine de Saint François-Xavier.

Je me préparerai à cette sainte action, en demandant à notre Seigneur la grâce de profiter des leçons et des exemples de ce grand Saint ; c’est un des appuis les plus nécessaires à ma confiance et à ma dévotion. L’imitation des Saints assure le succès des prières, qu’ils portent pour nous au trône de la miséricorde.

1° Je réfléchirai d’abord sur ces importantes paroles de Jésus-Christ, qui décidèrent la conversion de Saint Xavier : Que sert à l’homme de gagner l’univers entier, s’il vient à perdre son âme ? De cette vérité bien méditée, je conclurai qu’il n’y a rien de précieux et d’estimable pour moi dans ce monde, qu’autant que j’y trouverai un moyen de salut ; que la plus haute élévation est indigne de fixer mes regards, si elle m’écarte de ce que je dois au plus cher de mes intérêts ; et que tout est condamnable dans mes sentiments et dans mes actions, si je ne les rapproche de cette fin principale que j’ai à remplir sur la terre, en aimant et en servant Dieu de tout mon cœur et au-dessus de tout.

2° Je me rappellerai ensuite avec quelle fidélité le Saint s’applique à suivre l’oracle du Sauveur, et quel divorce il fit avec le monde et tout ce qui pouvait y flatter sa vanité. Si je ne suis pas appelée à un genre de sacrifice aussi éclatant, je tâcherai de me bien con vaincre de l’obligation où je suis de combattre cet ennemi secret dont les artifices semblent plus inévitables dans le centre des grandeurs, cet amour-propre que tout y flatte et y nourrit. Je me dirai souvent à moi-même que rien n’est bon dans moi que ce que Dieu y peut aimer.

3° Ce ne fut point dans le nouveau pénitent un de ces accès passagers de ferveur qui se borne à ne rompre qu’en partie avec le péché, ou à conserver, jusque dans la pénitence, les restes d’une vie molle et paresseuse. Il se sépare sans réserve de tout ce qui a été dans lui l’occasion et l’amorce de ses infidélités, et pour mieux s’assurer du changement parfait de son cœur, il embrasse tout ce que l’humilité et la mortification ont de plus opposé à son ancien orgueil, et à son attachement déréglé pour son corps… Je reconnaîtrai sur ce modèle combien j’ai à me défier de toutes mes dispositions de constance dans le bien, lorsque je ménage quelqu’une des sources ordinaires de mes fautes, ou quand je n’y applique point les remèdes qui peuvent les guérir, les affaiblir au moins, et toujours les prévenir.

4° De tous les prodiges du zèle de Saint Xavier pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, je choisirai ceux qui me conviennent le plus dans l’état distingué où le Ciel m’a fait naître. Je me fixerai aux enseignements qu’il a adressés dans les cours d’Europe et d’Asie ; avec quelle vertu divine ne s’y est-il pas élevé contre les vices qui y régnaient ? Et avec quel succès n’y a-t-il pas fait succéder la pureté chrétienne, le détachement des grandeurs, la bonne foi, la sévérité évangélique, les œuvres de miséricorde, l’assiduité à la prière et aux Sacrements ? Il n’y a aucun de ces devoirs que je ne puisse m’approprier, ou faire passer au prochain par mes exemples et par l’ardeur de mes demandes auprès de Dieu. Toujours ce dernier moyen peut m’être aussi familier qu’il l’a été pour tant d’autres placés dans la même situation que moi.

5° Lorsque je ferai attention aux immenses travaux, aux fatigues, aux contradictions et aux souffrances que Saint Xavier a essuyé pour convertir les pécheurs, les hérétiques et les idolâtres, que ne dois-je pas penser du prix des âmes ? Ce qu’il en pensait sans doute, quand il considérait chacune d’elle comme la conquête du sang d’un Dieu. Quelle estime n’en dois-je pas faire moi-même à l’égard du prochain, d’abord en l’édifiant, en le ramenant à Dieu par l’usage de mon autorité, de mes conseils, et de tout autre secours de ma charité, quand la Providence m’en offre la vue et les moyens ; et toujours ensuite à l’égard de moi-même, en ne souffrant jamais que mon âme s’avilisse, ni se dégrade par aucun péché volontaire, et en travaillant à la purifier par la grâce des Sacrements autant que par l’exercice des vertus.

6° La tendre dévotion du Saint pour J.C crucifié réveillera la mienne. Comme lui, j’en ferai le devoir le plus cher à ma conscience, un moyen de courage contre les assauts et les tentations, un objet de consolation dans les peines, une ressource d’abandon et de résignation dans les sacrifices, une instruction continuelle de reconnaissance et d’amour dans les sécheresses et les langueurs de ma piété.

7° Enfin, en m’attachant au souvenir de tant de faveurs de toute espèce, obtenues du Ciel par l’intercession d’un médiateur si chéri de Dieu, que de motifs ne sentirai-je pas de le choisir pour un de mes anges tutélaires auprès du Seigneur ? Aussi chaque jour, et spécialement pendant cette neuvaine, je lui adresserai mes hommages, je lui représenterai mes besoins, je le conjurerai d’être l’interprète aux pieds du Sauveur, de tous les désirs que je forme, d’être toute à lui pour le temps et pour l’éternité.

PRIÈRE

Divin Jésus qui nous avez aimés jusqu’à mourir pour nous sur la croix, et qui ne cessez encore de nous appliquer les effets de cette miséricorde bienfaisante, soyez béni de toutes les grâces que vous avez communiquées au Saint qui fait aujourd’hui l’objet de notre confiance auprès de vous, aussi bien que de celles que vous avez daigné nous départir par son intercession. Vous avez glorifié ce serviteur fidèle aux yeux des hommes ; il est devenu l’homme de votre droite par le don des miracles qui l’a honoré pendant sa vie et après sa mort ; vous continuez d’écouter la voix de ses mérites, en faveur de tous ceux qui les réclament ; voilà, Seigneur, les titres sur lesquels j’ose établir tous les vœux que je viens répandre devant vous dans cette neuvaine. Votre amour y sera sensible, parce que vous ne désirez que de les exaucer.

J’ai besoin, et je le reconnais, d’une médiation puissante qui supplée à toute mon indignité, et je l’emploie en vous offrant vos propres bienfaits, tous ces prodiges que vous avez opérés par le ministère de Saint François Xavier. Ne refusez pas, ô mon Dieu ! de reproduire, en ma faveur, quelques-uns de ces présents de votre bonté ; je vous demande moins encore ce qui a été salutaire pour le corps, que ce qui a procuré la guérison des âmes. Donnez à la mienne une vertu nouvelle qui l’affermisse dans votre amour, qui la précautionne contre tous les dangers de perdre votre grâce, qui la rende sensible à cette clémence dont elle éprouve sans cesse les fruits divins, qui la dispose en ce moment à une digne participation de votre corps et de votre sang. Vous connaissez, ô mon Dieu ! tout ce qui doit encore intéresser les désirs de mon cœur ; il me suffit de les exposer au vôtre ; vous daignerez les couronner de toutes les bénédictions que sollicite mon ardente confiance, et qu’implore pour moi mon saint intercesseur, sous les auspices de la plus pure des Vierges, et des neuf chœurs des Anges.