EXERCICE pour la Fête de l’Ange Gardien et de tous les Anges

EXERCICE

Pour la Fête de l’Ange Gardien et de tous les Anges

Que ne dois-je pas de reconnaissance aux bontés d’un Dieu, qui ajoute à sa vigilance paternelle et générale sur moi, une défense aussi particulière, aussi attentive, aussi assidue qu’est celle de mon bon Ange ? Il ne dédaigne donc pas, ce souverain maître, de préposer à ma garde un des esprits bienheureux, qui environnent son trône, et dont le devoir principal est de lui présenter les plus purs hommages. A peine ai-je commencé à lui appartenir comme son enfant, par la grâce du saint baptême, qu’il m’a confiée à un guide invisible, et chargé de présider à tous mes besoins. Ô tendresse ineffable du meilleur de tous les pères ! ô prodige de charité ! dont je ressens les effets depuis le premier instant de mes jours, ai-je jamais bien réfléchi sur ce gage précieux et continuel de l’amour de mon Dieu ? Il ne cesse de penser à moi, je suis présente à ses yeux tous les moments de ma vie ; tant de faveurs dont il m’a comblée, et dont tant de circonstances signalées portent l’empreinte, m’annoncent les dispositions miséricordieuses de son cœur : mais au milieu de tant de gages multipliés de sa bienveillante protection, celle qui m’applique assidûment, par le secours de mon Ange tutélaire, échapperait-elle aux sentiments de ma plus vive gratitude ? Chacun des secours que je reçois par son ministère ne me découvre-t-il pas la main toute puissante qui m’a confié sa fidélité, et lui a remis le dépôt de mon bonheur ? Que pourrait-il exécuter à mon avantage, s’il ne lui était continuellement prescrit par l’amour attentif d’un Dieu ? Oui, oui, il veille sur tous les événements qui peuvent m’intéresser. Ô l’aimable Providence, dont les soins sont si libéralement suppléés en ma faveur. Pénétrée comme je dois l’être, de l’amour que le Seigneur me témoigne en me guidant par l’organe de mon saint Ange, je considérerai encore plus spécialement de quel prix et de quelle étendue est pour moi cette céleste assistance. Pour le mieux comprendre, je me rappellerai l’instruction que Dieu adressa autrefois à son peuple. Voilà, lui dit-il, que je vous enverrai mon Ange ; afin qu’il marche devant vous, qu’il vous garde pendant le chemin, et qu’il vous fasse entrer dans la terre que je vous ai préparée : Voilà donc une image abrégée des fonctions que remplit à mon égard le ministre de l’Eternel, une de ces sublimes Intelligences qui approchent de si près le Dieu de toute Majesté, qui composent sa cour, qui exécutent ses ordres, et qui sont les dépositaires de sa puissance pour nous protéger ; ma foi m’apprend donc que Dieu a commis un de ses Anges pour être inséparablement uni à moi pendant ma vie, pour me conduire dans mon pèlerinage sur la terre, pour en écarter les dangers, pour me diriger avec sûreté, et pour me préparer l’entrée du séjour bienheureux auquel je suis appelée. Quelles sublimes et saintes prérogatives ! Nul de mes besoins auquel Dieu de daigne pourvoir par le ministère de mon Ange gardien. Quelque glissant que puisse être le siège où il a bien voulu me placer, quelques multipliés que puissent être les dangers qui l’environnent, quelques redoutables que soient les assauts qui me menacent au-dedans et au-dehors de moi, le conducteur de mes voies est chargé de me précéder, de m’accompagner, pour me défendre ; il a ordre de me tracer et de m’ouvrir la route que je dois parcourir, et ce sera toujours celle des vertus. Que j’écoute la voix de la grâce qui m’invite à l’écouter lui-même ; rien alors ne sera pour moi une occasion de chute ou d’infidélité, je marcherai avec assurance à l’abri de mon conducteur ; il me donnera ses secours, et ma docilité à le suivre multipliera ses mérites. L’importance du ministère que remplit à mon égard l’Ange dont je dois être l’élève m’impose trois devoirs : le respect, la confiance et l’imitation. Si je suis intimement persuadée qu’il est près de moi, qu’il y est invariablement attaché, et qu’aucune de mes pensées, de mes actions, de mes paroles n’échappe à sa pénétrante intelligence ; que Dieu en me commettant à tous ses soins, lui manifeste à chaque instant toutes les lumières nécessaires aux fonctions favorables dont il l’a revêtu par rapport à moi ; avec quel bonheur et quels égards ne dois-je pas me comporter en sa présence ? Ce que je n’oserais me permettre, dit un Saint, sous les yeux d’une personne que je respecterais, ne m’est-il pas interdit à la vue de l’Ange qui m’éclaire et qui m’annonce la présence du Saint des Saints dont il approche ? Par ce motif, tout péché qui souillerait mon âme ne doit-il pas être pour moi un objet d’horreur, comme il l’est pour l’esprit angélique qui m’honore de sa continuelle présence ? Que ne mérite pas encore de confiance un protecteur aussi plein de bienfaisance, qu’il est ardent à m’en faire sentir les effets ? Son ministère n’a pour objet que d’éloigner de moi chaque espèce de mal, dont je serais menacée, et de me procurer tous les biens que je puis désirer. Le pouvoir qu’il en a reçu, le zèle dont il est animé pour préparer un tout mon bonheur, l’amour dont il brûle pour Dieu, son ardeur à le glorifier, à lui conserver ou à lui ramener des adorateurs, sa charité tendre, pour une âme qui lui appartient, par un titre particulier ; voilà ce qui le portera toujours à présenter au trône des miséricordes, mes gémissements, mes demandes, mes périls et mes misères. L’encens de mes vœux, réuni aux siens, pourrait-il ne pas s’élever avec succès à la source de toutes les grâces ?… Que ne dois-je pas espérer, surtout, de son avantageuse protection, quand une imitation fidèle secondera ma confiance ? Pureté de cœur, obéissance aux volontés divines, pratique exacte et respectueuse dans la prière, occupation de la présence de Dieu, ce sont autant de traits de conformité que m’impose la dévotion à mon Ange gardien : ces qualités en font un ministère digne du Maître qui l’emploie ; elles feront de moi un objet digne de sa protection et de ses soins.

PRIÈRE Sous la protection de l’Ange gardien

Ô vous qui régnez dans les cieux, et qui faites le bonheur de tous les habitants de ces demeures éternelles, vous qui y commandez aux esprits bienheureux et qui les choisissez pour les ministres, pour les exécuteurs de vos adorables volontés ; vous dont le trône est environné de ces célestes intelligences, et révéré par leurs profonds et continuels anéantissements, dominateur suprême des Anges et des Archanges, des vertus, des trônes, des puissances, des dominations, des principautés, des Chérubins et des Séraphins ; vous qui devez fixer les uniques et respectueuses attentions de tout l’ordre angélique, vous avez daigné les attacher encore à la protection des royaumes, des provinces, des villes, des familles, et de tous les individus qui les composent. Je connais, ô mon Dieu ! toute l’excellence de ce bienfait, parce que je comprends tout ce que je dois de retour à l’amour qui vous y a engagé. Comment pourrais-je mieux y répondre moi-même, qu’en réclamant aujourd’hui la voix de mon charitable protecteur, de cet Ange que vous avez préposé à ma garde spéciale ? Il n’aura, il est vrai, que des misères et des besoins multipliés à vous offrir en mon nom, des combats et des dangers, des chutes et des faiblesses, des désirs et des projets de réforme ; mais tel est l’objet du ministère dont vous l’avez chargé à mon égard. C’est pour obtenir ma guérison dans mes infirmités spirituelles, pour me soutenir dans mes combats, pour m’affermir dans mes dangers, pour me relever dans mes craintes, pour réaliser mes promesses, pour disposer mes victoires, que vous m’avez confiée à son zèle et à sa charité. Mille fois, j’en ai ressenti les fruits salutaires ; mais hélas ! aussi, plus souvent je l’ai contristé par mes résistances ; pardonnez-les-moi, ô mon Dieu ! écoutez encore sa prière en ma faveur. Accordez-moi la grâce de lui obéir en tout, d’éprouver l’efficace de sa protection dans tous les moments de ma vie, et à l’heure de ma mort ; faites voir combien les Anges de lumière ont plus de force et de puissance que les Anges de ténèbres. Ainsi soit-il

PRIÈRE A l’Archange Saint Michel

Glorieux Archange ! que votre fidélité et votre soumission aux ordres de Dieu attachent si constamment au maintien de sa gloire et aux intérêts des hommes, employez en ma faveur, ce crédit inséparable du bonheur dont vous jouissez. Portez au trône du Saint des Saints tous les vœux que je confie aujourd’hui à votre puissante protection. Ayez égard aux besoins d’un Royaume dont vous avez été si longtemps le patron spécial, et qui depuis n’a été dévoué à votre reine, que pour vous accroître, par votre médiation auprès d’elle, nos ressources et notre défense. Bannissez, écartez de nos contrées tout ce que le dérèglement des mœurs, l’hérésie, et l’impiété s’efforcent d’y répandre de contagieux. Vainqueur des attentats de Lucifer contre la Majesté du Très-Haut, ne permettez pas qu’il triomphe de votre héritage et qu’il l’enlève au Rédempteur qui l’a conquis au prix de son Sang. Chargé, enfin, de présenter nos âmes au Tribunal de Dieu, dans l’instant de notre mort, remplissez, en faveur de la mienne, un ministère de charité pour toute ma vie, et de sauvegarde pour l’instant qui la terminera. Ainsi soit-il