Exercice pour le saint temps de l’Avent

EXERCICE

Pour le saint temps de l’Avent.

Encore quelques semaines, et le Sauveur promis à la terre viendra s’y rendre sensible sous une forme semblable à la mienne, excepté par le caractère du péché. Si les réflexions d’une faible mortelle ne peuvent réussir à pénétrer ce mystère d’amour incompréhensible au Anges eux-mêmes, du moins les efforts dont je serai capable avec la grâce de Dieu, pourront-ils étendre sur moi le bienfait de la rédemption que Jésus-Christ demande à renouveler dans nos cœurs. Eh ! quoi, Seigneur, n’était-ce donc pas assez pour vous d’être né une fois dans le sein d’une Fille d’Adam ? Votre amour inépuisable me prescrit qu’il n’est point de terme aux sacrifices de l’amour. Mais vous pouviez choisir une naissance plus digne de vous ; s’il en pouvait être sur la terre quelqu’une égale à la majesté du Roi des Rois. Dès le berceau, vous voulez être le Fils de l’homme qui ne trouve pas même une pierre où il puisse reposer sa tête. Quel contraste avec mes sensualités et mes délicatesses !

Pendant chacune des quatre semaines qui forment la durée de l’Avent, je prendrai donc, pour l’objet de mes pratiques intérieures et extérieures, une des principales vertus de Jésus naissant.

Première Semaine. L’humilité de Jésus dans la crèche. La pratique en conformité sera l’acceptation de tout ce qui sera opposé à ma vanité et à mon amour-propre.

Deuxième Semaine. La mortification de Jésus dans la crèche. La pratique en conformité sera le rattachement du superflu que je serais exposée à accorder à la sensualité.

Troisième semaine. La pauvreté de Jésus dans la crèche. La pratique en conformité sera la simplicité dans le choix qui dépendra de moi, des ajustements ou de toute autre chose, dont je pourrai me priver, sans l’accorder à mes désirs.

Quatrième Semaine. La charité de Jésus dans la crèche. La pratique en conformité sera un sacrifice de silence sur les défauts du prochain, ou de douceur à l’égard de quelqu’un qui m’aura manqué, ou de générosité à prendre le parti de telle personne qui ne me revient pas. J’ajouterai à ces pratiques, une offrande de moi-même, chaque jour, aux pieds de Jésus dans l’Eucharistie. Ce divin sacrement est l’expression de ses premières humiliations, autant que de son amour dans la crèche.

Pour appuyer ces préparations à la venue du Sauveur, j’emprunterai les sentiments des patriarches et des anciens Justes, tels que l’Église les emploie pour attirer, par ses désirs, les grâces d’un Dieu naissant. Venez, Seigneur, et ne différez pas à me visiter. Ô Cieux, envoyez votre rosée sur la terre, et que le Juste descende en moi ! Jetez les yeux sur les besoins de mon âme, ô mon Dieu, et renaissez en elle pour la guérir ! Approchez, divin Agneau, qui devez être le maître du monde, je mets à vos pieds toute la grandeur que je tiens de vous seul. Je vous attends, je vous désire, ô Rédempteur qui m’a été promis ! Que craindrais-je de celui que je vais adorer comme l’Auteur de mon salut ? Ô amour ineffable de Jésus naissant, passez dans mon cœur, et consumez-y tout ce qui l’empêcherait de s’unir à moi ! Ô glorieuse mère de ce Dieu incarné, que ne puis-je participer à cette ferveur, à cette pureté, à toutes ces vertus par lesquelles il préparera dans vous son auguste sanctuaire ! Esprits célestes, qui environnates le berceau de ce Dieu enfant, portez-lui d’avance tous les hommages, et rapportez-moi tous ses dons ; il n’en est aucun que je ne réclame dans ma misère.