Florilège de texte du Père Marie-Eugène

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L’Esprit Saint

Qu’importent les qualités naturelles ! La grande richesse, c’est d’être pris par l’Esprit, d’être transformé par l’Esprit.

L’Esprit Saint trouve une joie immense dans le Corps Mystique qu’il va créer et construire. Il n’est pas seulement l’architecte de l’œuvre qu’il a conçue, il en est l’ouvrier, l’inspirateur dans tous les détails, il en est l’animateur, comme l’âme anime le corps.

L’apôtre qui doit être un collaborateur de l’Esprit Saint ne devient un apôtre parfait que lorsque l’Esprit Saint a véritablement pris possession de son âme.

Il ne s’agit pas d’aller où nous voulons aller, ni de réaliser ce que nous pensons le meilleur, notre œuvre, avec le petit rayon de lumière qui nous découvre l’avenir. Non, entrons dans le dessein de l’Esprit Saint, dans sa pensée, dans sa volonté, pour faire ce qu’il veut, réaliser tout son dessein.

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Le Dieu vivant

Dieu Amour est présent dans notre âme, d’une présence surnaturelle, personnelle, objective. Il y est en activité constante d’amour, foyer répandant constamment sa chaleur, soleil ne cessant de diffuser sa lumière, fontaine toujours jaillissante.

Livrés à la grâce de Dieu, vous ne vous appartenez plus. Cela doit vous conduire au don inconditionné de votre vie dans la mission qui vous est confiée, où que vous soyez et quoi que vous fassiez : enseignants, infirmières, cuisiniers. Peu importe le rôle, il suffit d’aimer.

Dieu ne nous a donné notre liberté qu’afin que nous puissions la donner. Donner son intelligence, sa volonté, donner son moi, c’est ce que nous pouvons donner de mieux au bon Dieu, et c’est ce qu’il attend de nous.

Dans la création, Dieu ne peut donner rien de plus parfait que la grâce, participation créée de sa nature. Il n’est donc pas de joie supérieure pour Dieu à celle qu’il trouve dans la diffusion de sa grâce.

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La Foi aimante

Avoir une foi développée et affinée est, pour ainsi dire, la meilleure et la plus grande richesse que nous puissions trouver ici-bas. C’est la foi qui fait la qualité de nos rapports avec Dieu. Toute notre vie d’oraison est faite de cela, de cette conviction que notre foi touche Dieu.

Celui qui a la foi pénètre en Dieu et des fleuves de vie coulent de son sein : c’est la fécondité spirituelle. La fin de tout ici-bas est l’amour ; il faut le répéter avec saint Jean de la Croix. Toute lumière ici-bas doit donc se tourner à aimer et embraser le foyer de l’amour.

Offrons-nous à la puissance infinie de Dieu. Si nous n’y croyons pas, nous la lions à nos modes humains. La seule chose que Dieu demande c’est la foi en son action sanctificatrice, purement gratuite, indépendante de notre coopération sauf celle de la foi.

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Le silence

Les secrets de l’âme sont les secrets de Dieu. Dieu en effet entoure son action de silence et d’obscurité. L’Esprit Saint agit silencieusement dans les âmes et dans l’Église au milieu des agitations du monde. Dieu aime le silence et la discrétion.

Pour le spirituel qui a goûté Dieu, silence et Dieu semblent s’identifier. Car Dieu parle dans le silence et seul le silence paraît pouvoir exprimer Dieu. C’est dans le silence que Dieu engendre et que toute vie divine est reçue. Le silence assure à l’action de Dieu toute son efficacité.

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L’amour comme grâce

La valeur chrétienne par excellence, c’est notre charité, c’est notre grâce baptismale qui est amour, c’est l’amour qui est notre grâce baptismale. C’est cet amour dont il faut se préoccuper, qu’il faut développer, lui qui fait notre valeur ici-bas et qui fera notre valeur d’éternité.

Quand on a pris conscience de sa grâce baptismale, du sceau qu’elle porte, de la lumière qu’elle donne, de la direction qu’elle imprime, des espérances qu’elle donne, on a une ancre dans sa vie pour son âme.

À l’âme enrichie de la grâce, Dieu se livre lui-même comme un ami et un père. À l’âme devenue son enfant par la grâce, Dieu découvre sa vie intime, sa vie trinitaire et l’y fait entrer comme une véritable fille pour la lui faire partager.

La vie spirituelle n’est pas autre chose que cette progression conquérante de la vie divine par envahissement progressif. La grâce est vraiment ce levain qu’une femme met dans trois mesures de farine.

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Le Christ

Que le spirituel avide d’ascensions spirituelles ne cherche point d’autre voie que le Christ. Puisque le Christ Jésus nous a été envoyé pour nous indiquer la voie qui conduit à Dieu, et nous montrer en lui la perfection à réaliser, nous devons nous mettre à sa suite et modeler nos gestes sur les siens.

Considérer le Christ, l’imiter dans ses actes, dans ses pensées, dans ses sentiments et ses vouloirs, le suivre de Bethléem au Calvaire est la voie la plus sûre et la plus courte. Réaliser le Christ et le faire vivre en soi est la perfection la plus haute.

Souvent, à quelque degré de vie spirituelle que nous soyons, quelle que soit notre ferveur ou notre sécheresse, pour bien prier et pour apprendre à prier comme il faut, humblement et posément, récitons le « Notre Père », la prière que Jésus a composée pour nous.

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L’humilité

L’humilité a le goût de Dieu ! Partout où elle se trouve, Dieu descend, et partout où Dieu se trouve ici-bas il s’en revêt comme d’un manteau qui dissimule sa présence aux orgueilleux et la révèle aux simples et aux petits.

Dieu ne peut se passer de l’humilité. Il l’aime tant, qu’à ses yeux, elle peut suppléer à tout le reste parce qu’elle attire effectivement tous les dons de Dieu.

Ne te désole pas de ton impuissance puisqu’elle est le meilleur moyen pour entrer dans les profondeurs de la miséricorde du bon Dieu. Cette miséricorde ne se justifie et n’existe que par l’existence même de la misère en nous.

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La sainteté

La sainteté concrète a pour chacun de nous une forme particulière. Il n’y a pas de standardisation dans le Royaume de Dieu. Dieu ne connaît pas le robot qui marche. On pourrait en faire des millions… Ici, non, nous sommes tous différents : le bon Dieu a son dessein pour chacun de nous.

La sainteté consiste dans un état de pauvreté tel qu’à tout instant on soit obligé de tout demander à l’Esprit Saint, on soit dans sa dépendance, suspendu à son secours, convaincu que sans sa grâce, on ne peut rien faire.

Un saint vivant n’est pas immobile dans une niche et l’Esprit Saint ne le quitte pas dans les moments difficiles. La grande preuve de sainteté n’est pas de ne pas avoir de tentations ou de lassitudes, non, mais c’est de toujours marcher, de réagir, de monter vers Dieu.

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La Vierge Marie

Dès le commencement, Dieu l’a vue Mère, et elle a reçu de lui toutes ses grâces en vue de sa maternité : c’est le privilège unique de sa mission. Sa sanctification lui a été donnée pour cela, et toute sa beauté vient de ce qu’elle a réalisé ce vouloir de Dieu : être Mère.

La Sainte Vierge est toute Mère, non seulement par sa prière, mais par toute sa personne, parce qu’elle est la plus belle des créatures, la plus séduisante, celle qui avait le sourire le plus conquérant.

La Vierge se soumet avec une grande simplicité : elle a reconnu l’ange du Seigneur car elle est pure et droite, tout est lumineux en elle. Elle se soumet dans un immense acte de foi qui crée en elle les capacités nécessaires pour recevoir le Verbe.

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L’Espérance confiante

L’espérance est la vertu de marche, la vertu qui marche vers Dieu. Elle est le chemin, comme les allées de la vie spirituelle. Pour obtenir autant et tout ce qu’elle espère, la confiance doit être parfaite, c’est-à-dire n’espérer que Dieu seul et à cause de sa miséricorde.

Une âme fera parfaitement les choses si elle a une confiance très pure qui n’espère plus qu’en Dieu, et a donné à Dieu la place qui lui revient. Tel est l’enfant : un être essentiellement pauvre et confiant, qui est convaincu que sa pauvreté est son plus précieux trésor.

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La souffrance

Ceux qui marchent dans les voies de Dieu doivent connaître la souffrance et c’est par la souffrance qu’ils avanceront. Accepter d’être la face du Christ, la chair et l’âme du Christ crucifié pour l’Église et les âmes. L’accepter avec humilité et douceur.

J’ai beaucoup souffert physiquement et autrement. Ne cherchons pas la souffrance, mais si le bon Dieu nous l’envoie, acceptons-la. Prêchez la fécondité qu’apporte toute souffrance.

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La prière

Se porter vers Dieu, c’est déjà faire oraison, puisque l’oraison, commerce d’amitié avec Dieu, n’est pas autre chose que ce mouvement filial de la grâce vers Dieu qui est notre Père. Rien ne semble plus aisé et plus simple que de se livrer à cet instinct filial de la grâce et de faire oraison.

La prière, c’est essentiellement ce contact avec un Dieu vivant, avec un Dieu qui réagit, non pas comme un simple être inanimé, mais comme une personne vivante, par un tressaillement, par un don de lui-même.

Qu’est-ce qu’être contemplatif ? C’est de trouver Dieu, c’est de regarder Dieu, c’est de puiser de la lumière en Dieu. La contemplation, ce ne sont pas les grâces extraordinaires, ni les extases, ni les expériences de Dieu, c’est le regard lui-même.

La persévérance est plus nécessaire et plus efficace que la violence dans les voies de l’oraison.

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L’Eglise

Le dessein éternel de la sagesse d’Amour est de tout réunir dans le Christ. L’Église est la fin et la raison de toute chose. Chacun de nous a sa place dans cette construction et doit être l’ouvrier d’une tâche précise que la Sagesse a fixée.

L’Église est la manifestation de l’Amour, de la Sagesse, de la Miséricorde ; c’est là que Dieu montre le plus la puissance de cet amour qui n’est pas seulement capable de se donner à des êtres spirituels mais qui est capable d’envoyer son Fils pour nous racheter.

L’Église, c’est le Christ qui se répand. Les sarments fixés sur le cep permettent à la vie du Christ de se répandre selon sa mesure, selon toute la fécondité que Dieu a voulue pour elle.

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