Histoire du Carmel de Compiègne

Nul n’ignore le rayonnement du sacrifice des Seize Carmélites de Compiègne, guillotinées le 17 juillet 1794 à Paris. Béatifiées par Pie X en 1906 elles ont reçu une publicité inattendue dans le monde de la culture depuis la publication de La Dernière à l’Échafaud de Gertrud von le Fort, en 1936.

Mais qu’en est-il du Carmel des Martyres, entré en 1992 dans la quatrième grande étape de son histoire, avec la construction d’un nouveau monastère dans le village de Jonquières à côté de Compiègne (Oise) ?

Retour SommaireCompiègne I — 1641-1794

Le Carmel de Compiègne est issu des monastères d’Amiens et de Paris, eux-mêmes fondés par les carmélites espagnoles, filles de sainte Thérèse d’Avila, arrivées à Paris en 1604.

Le 21 avril 1641, les huit carmélites fondatrices, prennent solennellement possession de la maison dite de la « Toison d’Or ». Elles changent plusieurs fois de demeure avant de se fixer définitivement dans le quartier de la Porte Chapelle, tout près du château de Compiègne. Les carmélites entrent dans leur monastère le 23 mars 1648 et celui-ci est dédié au mystère de l’Annonciation.

La proximité de la Cour vaudra à la communauté de nombreuses visites et les bienfaits d’Anne d’Autriche, de Louis XIV, puis plus tard de Marie Leczinska et de ses filles. Madame Louise, surtout, entrée au Carmel de Saint-Denis en 1770, gardera des liens affectueux avec le Carmel de Compiègne.

En 1789, Madame Lidoine — Mère Thérèse de Saint-Augustin — est prieure de la communauté. Les carmélites de Compiègne sont expulsées de leur monastère le 14 septembre 1792. Hébergées en petits groupes par trois familles compiégnoises, elles continuent de vivre en « diaspora » leur vie religieuse. Sur la suggestion de la prieure, elles prononcent un acte de consécration par lequel elles offrent leur vie à Dieu pour que la paix soit rendue à l’Eglise et à l’Etat. Acte qu’elles renouvellent chaque jour pendant plus de dix-huit mois jusqu’à leur mort.

Dénoncées en juin 1794, les religieuses sont arrêtées le 22 et incarcérées au monastère de la Visitation transformé en prison. Le 12 juillet suivant, elles sont transférées à la Conciergerie à Paris et guillotinées le 17 juillet sur l’actuelle Place de la Nation, après un jugement sommaire mettant en cause leur fidélité à la vie religieuse. C’est en chantant le Psaume 117, Louez le Seigneur tous les peuples ! qu’elles montèrent à l’échafaud. Leurs corps reposent au cimetière de Picpus à Paris (XII°).

A Compiègne, le monastère est aliéné comme bien national et vendu en 1795. Il n’en reste rien aujourd’hui, l’emplacement étant occupé par l’École d’État-major et le Théâtre Impérial où une plaque rappelle depuis 1994 la destination première de ces lieux.

Retour SommaireCompiègne II — 1835-1848

En 1835, il y eut un essai de restauration du Carmel de Compiègne sous l’impulsion de la Mère Camille de Soyecourt (du carmel de la rue de Vaugirard à Paris, actuellement à Créteil) et de l’Abbé Auger, curé de la paroisse Saint-Antoine. La Reine Marie-Amélie lui donna son appui. Mais cet essai fut sans lendemain et la Révolution de 1848 dispersa les sœurs qui regagnèrent leurs carmels d’origine.

Retour SommaireCompiègne III — 1867-1992

Enfin le 18 janvier 1867 quelques religieuses du Carmel de Troyes, con-duites par Mère Marie-Thérèse de l’Enfant-Jésus (Marie Daignez), s’installent officiellement mais provisoirement dans une très pauvre masure, rue Saint-Lazare, à la périphérie de la ville et à proximité de la forêt. La construction du monastère dura seize ans, de 1872 à l’inauguration de la chapelle en 1888.

Un grand afflux de postulantes permit à Mère Marie des Anges (Olympe Anner), de fonder le carmel de Beauvais, dans le quartier de Notre-Dame du Thil (1892).

Le souvenir des Martyres et le désir de faire revivre la vie carmélitaine sur leur trace avait soutenu la fondation naissante. En 1894, la célébration du Centenaire de leur mort trouva un large écho dans les carmels de France et l’opinion publique. A Lisieux, Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus travailla avec enthousiasme à la confection d’un oriflamme destiné à la décoration de la chapelle du carmel de Compiègne pour les fêtes du centenaire. En 1896 s’ouvrait le procès de béatification qui aboutit le 27 mai 1906.

Les lois d’expulsion du début du siècle obligèrent la communauté à se préparer un refuge à Statte en Belgique, qui en 1906 devint une véritable fondation sous la conduite de Mère Marie de Saint-Joseph (Célina Wattecamps). Au cours du XXe siècle plusieurs sœurs provenant du carmel de Compiègne furent à l’origine d’autres fondations : Betafo, à Madagascar, l’actuel carmel de Tananarive ; Saint-Sever dans les Landes ; Mangalore et Shembaganur (Inde).

Retour SommaireCompiègne IV — depuis 1992

En cent ans le bâtiment a vieilli, le mode de vie et de travail a changé. Les travaux de rénovation ou de réhabilitation, outre leur coût élevé, auraient interrompu la vie communautaire. Il a donc fallu se décider à vendre le monastère et à construire à Jonquières (10 km à l’ouest de Compiègne). C’est là que la communauté poursuit sa veille contemplative pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

Dans la crypte de l’église sont conservés les souvenirs recueillis des Carmélites Martyres. Ainsi est symboliquement manifestée la continuité de la louange et du témoignage au cœur de l’Eglise. Ce Mémorial se compose de la crypte proprement dite et d’une salle du souvenir où sont exposés des objets qui ont soutenu leur vie de prière, ainsi que des manuscrits.

Il fut inauguré pour le deuxième centenaire de leur mort, au début du colloque qui eut lieu à Compiègne les 7 et 8 mai 1994. Les célébrations du centenaire donnèrent lieu à de nombreuses manifestations à Compiègne et dans les diocèses d’origine des Carmélites martyres et relancèrent le processus de leur canonisation.

Retour SommairePour prier avec la communauté

L’église du monastère est ouverte tous les jours de 6 h à 21 h, et la crypte de 8 h à 18 h 30, aux personnes qui désirent participer à la prière silencieuse ou liturgique de la communauté.

Retour SommaireHoraire :

  • 6 h 30 : Oraison silencieuse
  • 7 h 30 : Laudes ou Office du Matin
  • 11 h 00 : Eucharistie, avec l’Heure Médiane intégrée
    • (le dimanche, Heure Médiane à 10 h 50)
  • 17 h 00 : Oraison silencieuse
  • 18 h 00 : Vêpres ou Office du Soir
  • 20 h 15 : Complies et Office des Lectures
    • (le vendredi, pas d’office des Lectures)

Retour SommaireMoyens d’accès

Par le train :

Descendre en gare de Compiègne, desservie par des trains venant de Paris, Gare du Nord).

Un service de cars est assuré entre la gare de Compiègne et Jonquières (la Mairie) durant les périodes scolaires.

On peut aussi prendre le taxi à la gare de Compiègne.

Par la route :

Autoroute A1. Sortie n°10 (Arsy) puis N31 en direction de Compiègne.

Au premier giratoire prendre la D98. Jonquières est indiqué .

Dans Jonquières, au monument aux morts, suivre l’indication « Carmel ».

Retour SommaireBibliographie :

Le Sang du Carmel, Bruno de Jésus-Marie, Paris, Cerf, 1992

Le Carmel de Compiègne au XIXe siècle, in Mort et renaissance du Carmel de France, 7-8 mai 1994, Bulletin de la Société Historique de Compiègne n°XXXIV, 1995.

Les Carmélites de Compiègne, photos de Jean-Pierre Gilson , Préface d’André Frossard, Édition Médialogue, 1989 (Photos prises en 1976 et 1978 et qui ont fait l’objet de nombreuses expositions)

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