La confiance et l’amour

Aimée de Dieu à la folie, Thérèse veut L’aimer à son tour de tout son cœur. Elle sait que Dieu reçoit avec plaisir le moindre de ses sourires et qu’elle peut contribuer ainsi au salut du monde, à la conversion des pécheurs. A force de prières et de sacrifices elle a obtenu dans sa jeunesse la conversion d’un grand criminel de l’époque. Pranzini s’est converti quelques secondes avant d’être guillotiné. Il s’est jeté sur le crucifix qu’au pied de l’échafaud son aumônier continuait à lui présenter. Je veux sauver beaucoup d’autres Pranzini, pense Thérèse en entrant au Carmel.

Thérèse croit en effet profondément à la Miséricorde du Père, telle que Jésus nous en parle dans l’Évangile. « je le sens, écrit-elle à la fin de son dernier manuscrit, si j’avais sur la conscience tous les péchés qui se peuvent commettre, j’irais, le cœur brisé de repentir, me jeter dans les bras de Jésus, car je sais combien Il chérit l’enfant prodigue qui revient à Lui. Ce n’est pas parce que le bon Dieu, dans sa prévenante miséricorde, a préservé mon âme du péché mortel que je m’élève à Lui par la confiance et l’amour ».

Thérèse explique souvent à ses correspondants que le souvenir de leurs péchés doit toujours provoquer dans leur cœur un nouveau chant d’action de grâce : quand ils sont écœurés par les turpitudes qu’ils ont jadis commises, ils doivent lever les yeux vers la Sainte Face et se réjouir à l’idée que Jésus a voulu se servir de nos crimes pour nous révéler la profondeur insondable de son amour.

Thérèse nous rappelle enfin que la réussite d’une vie ne tient pas à l’importance, ni au succès des œuvres que nous y aurons accomplies, mais à la valeur de l’amour avec lequel nous nous serons livrés à toutes ces activités. Au regard du monde la petite carmélite de Lisieux n’a pas fait grand-chose à l’intérieur des murs de son petit monastère de province (un hectare de superficie !). Mais elle a mis beaucoup d’amour à rendre les services qu’on lui demandait : balayage des cloîtres, confection d’images, composition de poèmes, rédaction de ses cahiers de souvenirs, etc. Au lieu de se désoler de ne pas se livrer à des activités plus brillantes, elle s’émerveillait à la pensée que le Seigneur se plaisait à recevoir jour après jour, seconde après seconde, tous ses actes d’amour. Elle voulait être, dans l’Église, celle qui aime beaucoup. Dans le Cœur de l’Église, ma Mère, écrivait-elle un an avant de mourir, je serai l’Amour !"