La connaissance de soi

La connaissance de soi, prônée par les mystiques du Carmel, a pour but de nous faire découvrir notre être. C’est là une science sublime. Jean de Saint Samson le déclare : « se connaître soi-même surpasse toute science. Il vaut mieux avoir la science de la beauté de son être propre que de l’excellente nature des anges, de l’étendue des cieux, des propriétés de la terre et des mers… Tout cela est au dehors, tout ceci est au dedans. » D’un côté une science livresque absorbante, jamais rassasiante, de l’autre cette sublime et simple connaissance à laquelle s’élèvent ceux qui ont appris à vivre en face de leur âme, au dedans !

Évidemment, on n’accède pas d’emblée à une telle prise de conscience de soi. Elle nécessite un rude effort. Si nous étions des anges, nous aurions l’intuition lumineuse de notre réalité profonde, nous nous percerions de part en part, d’une seule vue. Notre être, au contraire, vit dans la chair, et de même que cette condition lui est un obstacle pour voir Dieu, de même elle l’empêche de se voir elle-même, de s’épier pour se connaître. Elle doit attendre de saisir au vol les actes dans lesquels se trahiront ses tendances profondes, car c’est aux fruits que l’on juge l’arbre et son degré de maturité.

Nous aurons donc à pratiquer un exercice pour apprendre à nous connaître, de même qu’il en existe un pour nous conduire à la connaissance de Dieu et à sa présence habituelle : l’examen de conscience ira de pair avec la présence de Dieu. Fidèlement exécuté, il nous conduira à une habituelle pureté d’intention qui nous permettra vraiment de demeurer dans la vérité et de marcher en elle.