La petite voie vécue dans la nuit de la foi

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le Bon Dieu est-il content de moi ? (Ms. B 2 r°)

Thérèse est maintenant gravement malade. Elle sait que sa mort est proche. Aux souffrances physiques et morales liées à la tuberculose s’ajoute une terrible épreuve spirituelle. La foi de Thérèse est entrée dans une nuit profonde au sein de laquelle des doutes lancinants sur l’existence du Ciel viennent l’assaillir. Comment en est-elle arrivée là ? Serait-ce là le fruit de sa petite voie toute de confiance et d’abandon ? Ne s’est-elle pas trompée ? Dieu ne l’abandonne-t-il pas ? Un rêve vient rendre la paix à Thérèse et la relance avec un nouvel élan sur sa petite voie. Elle ose alors aller jusqu’au bout de ses questions, de ses désirs encore insatisfaits au risque de déraisonner…

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la recherche de la vocation (Ms. B 2 v°- 3 v°)

La question qui tourmente Thérèse à cette étape d’une vie qui s’achève prématurément porte sur la fécondité réelle de son existence de carmélite. En quoi sa vie présente réalise-t-elle les grands désirs qui continuent plus que jamais de brûler en son cœur ?

La réponse, c’est encore et toujours le Christ, mais Thérèse le rencontre dans le mystère de son anéantissement avec une intensité nouvelle. Thérèse est elle-même sur un chemin d’anéantissement au plan physique, mais aussi au plan spirituel à travers la mise à l’épreuve de sa foi. Jésus dans sa Passion et sa mort l’a rejoint sur ce chemin et lui donne de comprendre jusqu’où va le mystère de son Amour :

« Oui pour que l’amour soit pleinement satisfait, il faut qu’il s’abaisse, qu’il s’abaisse jusqu’au néant et qu’il transforme en feu ce néant… » (Ms.B 3v°)

Thérèse carmélite, tuberculeuse, plongée dans la nuit de la foi est ce néant vers lequel le Christ s’abaisse pour le transformer en feu d’amour :

« …Alors dans l’excès de ma joie délirante, je me suis écriée : O Jésus, mon Amour… ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’amour … » (Ms.B 3v°)

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mise en œuvre pour l’église (Ms. B 4 r°- v°)

Thérèse reste réaliste. Après ce moment de joie profonde, elle se demande comment concrétiser une telle découverte. Comment va-t-elle pouvoir vivre effectivement de cet Amour qui embrasse tous les temps et tous les lieux ? Rien n’est à changer. Thérèse continue à offrir à Dieu sa vie quotidienne comme avant, mais elle sait que, dans la communion des Saints qu’est l’Eglise, son offrande acquiert une valeur universelle. Elle est heureuse d’appartenir au Corps du Christ, l’Eglise en qui l’Amour du Christ peut rejoindre tout être humain. Il lui suffit de vivre son offrande dans la communion de l’Eglise pour qu’elle puisse participer à l’œuvre du salut. Dans le mystère de cette universelle solidarité de tous les hommes dans le Christ, l’amour vécu par chacun ici et maintenant peut être offert pour le salut de tous. Nous sommes unis ainsi à la volonté de Dieu, « lui qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1 Tm.2,4)

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la parabole du petit oiseau (Ms B 4 v°- 5 v°)

Pour décrire jusqu’où va son audacieuse confiance dans le Christ, Thérèse parle de son combat dans la prière à travers une parabole, celle d’un petit oiseau aspirant à voler vers le soleil. La prière est au cœur de sa vocation de carmélite. Pourtant elle s’y trouve confrontée à des difficultés qui pourrait la faire douter de la réalité de sa réponse à cette vocation. Thérèse énumère ces difficultés dans un ordre croissant de gravité, montrant à chaque fois l’attitude qu’elle adopte pour avancer toujours plus loin dans une confiance totale en la Miséricorde : prier dans la nuit spirituelle, faire face aux distractions, succomber au sommeil, être assailli par l’angoisse. Chaque fois, Thérèse trouve le moyen approprié pour concrétiser son acte d’offrande à l’Amour miséricordieux.

L’Eucharistie est le sommet de ce texte car en elle l’Eglise toute entière est unie à l’offrande que le Christ fait de lui-même au Père pour que l’Esprit d’Amour soit répandu sur le monde.

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une petite voie missionnaire (Ms.B 5v°)

Thérèse conclut le Ms.B en exprimant le désir que cette petite voie soit universellement connue et pratiquée. C’est en effet un chemin accessible à tous et surtout aux plus petits à qui le Royaume est destiné en priorité. La petite voie est une expression de la Bonne Nouvelle et concerne donc l’objet même de l’évangélisation. Elle est tout à la fois le moyen d’annoncer l’Évangile et une expression de cet Evangile.

Thérèse vit la solidarité avec les petits. Elle veut être la plus petite pour être avec Jésus, mais aussi pour montrer aux petits que l’Amour est venu jusqu’à eux : ils peuvent lui faire confiance et s’abandonner à lui dans leur vie concrète.

A travers l’épreuve de la foi, Thérèse est identifiée au Christ. Consumée par son amour, elle transforme sans cesse son épreuve en action de grâce en vivant son acte d’offrande. Elle entre ainsi dans le désir du Christ de communiquer son amour à tous les hommes.

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