La prière évolue

Distractions … Sécheresses …

Expérience de sa pauvreté …

Mais aussi : Moments de joie…

Intensité d’une rencontre … Expérience d’être aimé …

La prière est sujette à des changements climatiques !

Beau temps… Orage… Chaleur… Refroidissements !

C’est normal car la prière est vivante, la prière est une vie. Et la vie, ça bouge ! Suis-je semblable à ce que j’étais il y a 10 ans, 20 ans, 30 ans ? Non !

Je suis bien le même et en même temps, j’ai changé : j’ai accumulé les expériences de vie,j’ai acquis un peu plus de sagesse - du moins, peut-on l’espérer ! - Bref, j’ai mûri !

La prière est une vie, donc ce qui est vrai du point de la vie humaine est vrai aussi du point de vue de la vie de prière : la prière me fait mûrir et mûrit, elle aussi, à travers ces modifications, ces changements climatiques, à travers les épreuves et les joies.

Souvenez-vous ! En juin, il était dit que les périodes de sécheresse « sont en réalité des temps de maturation où Dieu travaille en secret dans le fond de notre cœur pour que nous ressemblions davantage à l’Homme Nouveau, Jésus Christ, pour restaurer et embellir en nous l’image de Dieu ».

On ne manque jamais un jour de se rendre compte un peu de ce qui s’est réalisé en nous grâce à la prière.

Et la prière elle-même en est changée : le débutant n’utilise pas dans sa prière les mêmes méthodes que celui qui est très « avancé », encore que ce dernier ne manque pas de revenir parfois aux méthodes du premier !

En règle générale, cependant, il y a une ligne directrice globale qui va toujours vers ce qui est le plus simple : on a besoin de moins en moins de méthode et de moins en moins de mots.

C’est une ligne directrice globale : cela veut dire que si un jour on a besoin de plus de méthode que la veille,ça ne signifie pas que l’on est en train de régresser ! Ça va, ça vient. Mais d’une façon globale, cela va vers le plus simple.

Dans un langage carmélitain un peu technique, on dirait que la prière va, en général, de la méditation à la contemplation.

Dans la méditation, j’ai besoin d’utiliser des mots et des images pour nourrir, porter ma prière.

Dans la contemplation, quelques mots suffisent, parfois même, il n’en faut pas et les images - même pieuses ! - me gênent ! On est simplement là, recueilli, en une attention pleine d’amour à… je ne sais quoi, qui est là et qui captive, qui attire vers l’intérieur. Cette manière de prier est évidemment plus fructueuse que la précédente, mais si l’on peut s’y disposer, elle est essentiellement un don de Dieu : on ne peut donc pas la reproduire ou en disposer à notre gré.

Méditation. Contemplation. Cela, c’est pour la clarté.

Dans la réalité, les choses sont mêlées. Méditation et contemplation peuvent être mêlées, vécues tour à tour dans le même temps de prière, Ça va, ça vient.

Et parfois, après une période de vie où la contemplation était prédominante, il faut revenir à plus de méditation. La prière est ainsi faite de ce qui nous semble être des allers et retours. Il faut savoir accepter de quitter une méthode qui n’apporte plus rien pour quelque chose de plus dépouillé qui peut éventuellement déconcerter.

Il faut avoir l’humilité d’accepter de revenir à plus d’activité dans la prière quand cela semble nécessaire. Mais sur l’ensemble d’une vie, la prière va vers le plus simple, vers la contemplation.

vers un simple regard plein d’amour…
vers l’attitude du pauvre qui se laisse aimer avec reconnaissance…
vers le silence habité par la Présence…