La rencontre de Jean de la Croix

Quelques portes d’entrée dans sa pensée…

Inévitablement, le chercheur de Dieu est marqué par la tradition dans laquelle il est né, par exemple la tradition catholique. Mais il y a beaucoup de chercheurs de Dieu en d’autres traditions…

Aujourd’hui, ils perçoivent le concert ouvert entre les grandes religions. Ils se laissent enchanter par la richesse extraordinaire de ces différentes traditions, de leurs promesses de béatitude et par les valeurs culturelles de leur humanisme.

Ils peuvent aussi être tentés de prendre du champ devant leurs ombres : la résurgence des fondamentalismes, les dérives du fanatisme…. Ils n’ignorent pas le foisonnement des sectes et de leurs « maîtres », et leurs confortables sécurisations.

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Quelqu’un nous a parlé des Écrits de Jean de la Croix. Il y a des images fausses de Jean de la Croix : c’est difficile ! Il manque de sensibilité et il la rejette ! Ses écrits sont impersonnels !…

Même si le chemin vertueux et spirituel qu’il propose est exigeant, son humanité, sa grande sensibilité transparaissent dans ses œuvres. La connaissance la plus fondée de sa vie nous le rend proche et le peu que nous savons de lui nous invite à progresser. Jean de la Croix peut devenir le guide et l’ami de toute une vie, ce fût le cas pour Thérèse de l’Enfant-Jésus.

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L’œuvre de Jean de la Croix possède bien des portes d’entrée. À titre d’exemples :

Un certain primat de la poésie dans sa vie qui n’est pas à démontrer. Nous sommes très vite enchantés par ses poèmes, la beauté de la langue castillane du 16e, sa sonorité. La poésie, souvent apophatique, peut être lue en humaniste. Elle se suffit à elle-même. Le symbole central de la « nuit » traduit de nombreuses expériences intérieures et il fascine.

La radicalité métaphysique de son raisonnement. Alors que la question du sens de la vie entraîne un regard d’attentisme sur la religion et que les pesanteurs des Églises peuvent éloigner nombre de nos contemporains, Jean de la Croix pointe vers l’essentiel et porte un jugement critique sur toutes choses et tout comportement.

La critique du fait religieux. Dans le contexte de la rencontre des religions… comment juger, comment discerner ? L’apophatisme, la rigueur et l’universalisme de sa pensée montrent la parenté des expériences religieuses dans l’humain, celle de la psychologie et de la spiritualité, la valeur de l’acte moral en société.

L’art de décrire tout ensemble la personnalité du Christ, centrale en sa vie et son œuvre, et la quête nocturne de Dieu. Nous cherchons Dieu. Nous désirons mieux nous connaître, vivre dans l’authenticité. Nous aimerions trouver le maître qui nous entraîne et nous accompagne… qui nous aide à discerner surtout spirituellement. L’universalisme de son anthropologie et de son sens de Dieu nous accueille. -, ainsi que sa lecture existentielle des Écritures saintes, sa manière abondante et circonstanciée de s’y référer. Il n’élude pas le rapport aux choses et aux personnes.

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Nous poursuivons un chemin de conversion, de vie intérieure, de prière. Nous découvrons que l’expérience mystique et le chemin qui peut y mener ont quelque chose d’universel. À ce niveau de profondeur et d’intériorité, s’expérimente la rencontre de toutes les religions : celles des mystiques juifs, musulmans, hindous…une compréhension de l’incroyant, de l’athée, de l’agnostique…

La montée du Carmel

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Dessin manuscrit de Jean
pour imager l’aventure spirituelle

La pensée qui se développe dans ses Écrits est d’une grande cohérence, limpidité, et d’un très grand réalisme. Sa sobriété, et sa maîtrise de l’expérience mystique inspirent confiance.

Reste à se procurer ses œuvres, mais surtout à se faire aider, si nécessaire, pour entrer dans sa pensée. Il existe différentes introductions et présentations (cf. les Bibliographies).