Ne reste pas seul …

Si tu veux avoir une vie de prière, ne reste pas seul.

Dans notre cheminement spirituel,le regard extérieur des frères et des sœurs dans la foi pouvait être important. Il n’est pas sûr que nous soyons toujours le meilleur juge de nos progrès spirituels !

Parfois, le regard des autres vient corriger une impression personnelle sur soi-même qui manque de lucidité.

Même si nous avons besoin de temps de solitude pour nous consacrer à la prière, pour un cœur à cœur, il est bon que nous puissions bénéficier pour notre vie de prière du soutien, de l’aide les uns des autres.

La prière solitaire, si elle est authentiquement chrétienne, ne nous isole pas. Au contraire, elle ne peut que renforcer cette solidarité que l’on appelle la communion des saints.

Tel n’est-il pas le sens, l’utilité d’un groupe de prière ? Appartenir à un groupe de prière, cela n’a-t-il pas dynamisé la prière personnelle de certains d’entre vous, vous qui lisez ce texte ? Ah ! Que ceux-là ne puissent le faire connaître aux autres !

Mais il y a plus à dire encore. Dès lors que l’on s’engage dans une vie de prière, il est vraiment nécessaire de pouvoir parler de ce qui se passe à un frère ou une sœur dans la foi dont nous savons qu’il ou elle a une certaine expérience de vie spirituelle, voire une formation spécifique en ce sens.

Pour dire bref, nous avons besoin d’un accompagnement spirituel.

Nous avons vu que les distractions peuvent nous enseigner sur nous-même. Il est bon d’avoir l’humilité de vérifier ces éléments de connaissance de soi en l’exposant à quelqu’un d’autre.

Nous avons vu que la sécheresse était une expérience qui avait besoin d’un discernement. Nous avons besoin pour cela d’un éclairage extérieur : je peux très bien ne pas trouver de raison à ma sécheresse parce que je ne suis pas allé chercher assez loin. Ou je peux très bien baisser les bras ou culpabiliser alors qu’il n’y a pas lieu de le faire.

Devant Dieu, je ne manquerai pas de découvrir ce en quoi j’ai besoin d’être sauvé. Mais ce que j’ai découvert doit être confirmé en Église.

La prière évolue et parfois je ne me comprends pas moi-même : que dois-je faire ? Qu’est ce que je dois lâcher ? Quels moyens prendre ? Quelle méthode adopter ? Seul avec mes questions, je peux me mettre à tourner en rond… L’aide de quelqu’un d’expérimenté me permettra de trouver des réponses… mes réponses…

  • Si je m’assois, il me remettra en marche.
  • Si je m’égare, il me m’indiquera la route à suivre.
  • Si je m’emballe, il fera tomber mes illusions.

Il y en a tant de possibles sur le chemin de la vraie prière !

Tout cela, à condition, bien sûr, que je lui fasse confiance et que je l’ écoute.

A condition aussi, évidemment, qu’il ne cherche pas à avoir une emprise sur moi,à se substituer à ma liberté, à mon pouvoir de décision, à ma conscience personnelle.

Il doit m’aider à prendre des décisions et non décider à ma place !

Il doit m’aider à y voir clair et non voir à ma place !

C’est vrai, de telles personnes sont rares et donc difficiles à trouver. Mais, d’abord, dans la foi, mon accompagnateur, je le reçois de Dieu et donc je peux aussi le lui demander.

Et puis, mon accompagnateur spirituel n’est nécessairement un prêtre, un moine ou une religieuse !

Il y a de plus en plus de laïcs qui se forment à l’accompagnement spirituel – car une formation est fortement conseillée, si on veut être sérieux dans une tâche si délicate ! D’ailleurs, pourquoi pas toi ?