Pour la communion de la Fête du Saint Nom de Jésus

EXERCICE

Pour la Communion de la Fête du Saint Nom de Jésus.

Je découvre, divin Jésus, dans le sacrement que je me dispose à recevoir, tous les trésors de grâces qui me sont annoncés par l’invocation de votre Saint-Nom, un Père, un Pasteur, un Epoux, un Sauveur ; tels sont les principaux caractères sous lesquels l’Eucharistie vous représente aux yeux de ma foi. Cette fête va les rappeler plus singulièrement à ma conscience. Oui, dans le doux nom de Jésus, réclamé par un cœur purifié par la pénitence, je retrouverai tout ce que je dois à un père qui a daigné me rétablir au nombre de ses enfants, et qui, pour gage de cette faveur, me donne son propre Corps en nourriture ; un Pasteur qui, après avoir ramené dans sa bergerie des brebis longtemps infidèles à sa voix, les y soutient par le pain de la véritable vie ; un époux qui, sans s’être rebuté de mes infidélités ou de mes froideurs, s’applique à me fixer près de lui, en se donnant à moi sans réserve ; un Sauveur qui, après m’avoir lavée dans son Sang précieux, va encore s’incorporer avec moi.

Ô assemblage de richesses, dont l’amour seul d’un Dieu est capable envers sa créature ! Ô ineffable miséricorde, que le nom de Jésus me retrace dans ce glorieux jour ! Qui peut mieux m’aider à en profiter, que les grâces attachées en sa présence dans moi ? Je dois donc redoubler ma vigilance pour les conserver, ma ferveur pour les augmenter, ma crainte pour ne pas les exposer.

Dans la fréquente invocation du nom de Jésus, je puiserai ces secours abondants qui doivent remédier à mes faiblesses ; celui qui a bien voulu prendre ce nom, s’est engagé à ne rien refuser à une aussi puissante médiation ; je le prononcerai avec respect, c’est un nom supérieur aux titres les plus augustes qui puissent me décorer : au nom de Jésus, tout genou fléchit au Ciel, sur la Terre et dans les Enfers. Et c’est singulièrement à l’ombre des Sanctuaires, que l’on célèbre ses grandeurs, que je m’efforcerai de le révérer encore plus par mes abaissements et mon recueillement ; je l’invoquerai dans mes combats, ce nom de force, et il m’attirera les victoires sur l’ennemi de mon salut ; je l’invoquerai dans mes peines, et il m’y consolera ; je l’invoquerai au milieu des pièges de la grandeur, et il me fournira la lumière pour m’y guider sans danger ; je l’invoquerai comme le principe, comme l’accompagnement et comme le terme de toutes mes actions, et il en sanctifiera toutes les vues, tous les motifs.

Accordez-moi, Seigneur, tous ces fruits, attachés à une digne invocation de votre nom adorable. Préparez-y mon âme, par les nouvelles grâces de la communion à laquelle je me dispose ; vivez en moi, persévérez en moi, régnez en moi, par votre saint amour ; et qu’après avoir placé mon fréquent recours pendant la vie, dans le nom de Jésus, ma bouche et mon cœur vous redisent mille fois, dans mes derniers moments, avec la plus tendre confiance : Seigneur, soyez mon Jésus, mon Sauveur, mon Rémunérateur. Ainsi soit-il.