Présentation de la prière carmélitaine

I. PRIER

2A. Prier est une dimension essentielle de l’existence chrétienne2

Comme pour Jésus, l’oraison est essentielle à toute vie chrétienne. Le disciple, qui n’est pas plus grand que son Maître, est appelé de même à inscrire dans sa vie chrétienne – de manière régulière et gratuite – un temps où il s’arrête de faire ce qu’il fait, et même le bien qu’il fait, pour cet autre nécessaire qui est « une rencontre d’amitié, seul à seul, avec Celui dont nous savons qu’Il nous aime. »

Le Christ nous révèle que Dieu nous aime et attend de nous une réciprocité d’amour.

Nous sommes appelés à aimer Dieu pour Lui-même, à venir Lui tenir compagnie en Lui donnant du temps gratuitement.

Le Christ nous aidera à répondre à notre vocation d’amour.

2B. Quelle est l’âme de cette rencontre ?2

Ce qui nous fera avancer sur le chemin de l’oraison est ce qui nous fera avancer sur le chemin de la vie, à savoir : croire, espérer, aimer.

Les vrais pas de la vie sont des actes. Ces actes consistent dans l’oraison à croire en la Parole de Dieu, à faire confiance à Dieu qui est fidèle à ses promesses et à L’aimer dans l’instant présent.

II. COMMENT PRIER ?

2A. Entrer dans la prière2

Déjà, il est bon de choisir un lieu et la durée de notre prière.

Pour rencontrer quelqu’un en profondeur, il y a des repères : nous pouvons les présenter à partir de trois mots : corps, cœur, Esprit.

Il faut venir au Seigneur tels que nous sommes, habitant notre être corporel : accueillir notre corps qui est le temple de l’Esprit Saint.

Le cœur, au sens biblique, est le centre de l’affectivité et de la personnalité profonde.

Il n’y a pas de vraie prière sans l’action de l’Esprit Saint.

La vie de prière n’est pas facile, mais lorsque nous avons l’humilité de prendre ces trois moyens, en nous rendant attentifs au corps, au cœur et à l’Esprit, la prière n’est jamais vaine : elle produit toujours son fruit, même si celui-ci n’est pas toujours perceptible immédiatement.

2B. Accueillir la Parole2

Nous sommes précédés par le Seigneur dans cette rencontre ; nous sommes précédés par sa Parole, Dieu qui se dit à nous en son Fils Jésus Christ.

La prière est réponse à Dieu et cette réponse suppose l’écoute de la Parole afin de Lui répondre avec notre liberté profonde.

2C. Offrir sa vie2

Lorsque nous sommes assaillis par les distractions, nous pouvons nous offrir simplement au Seigneur, tels que nous sommes. C’est se faire pauvre, et Lui faire la place, en Lui offrant tout notre être.

2D. Le fruit de la prière2

La véritable oraison doit mener à la charité active qui s’engage à la suite de Jésus. Pour nous, la plus grande œuvre est donc de travailler au salut du monde.

Poser un acte concret et gratuit de charité transforme notre cœur et permet à notre prière de porter du fruit dans notre vie concrète.

III. COMMENT FAIRE FACE AUX DIFFICULTÉS DE LA PRIÈRE ?

2A. Le manque de temps2

Pour que nous soyons des serviteurs du Seigneur, cela suppose de faire comme Jésus, de s’arrêter pour des temps de prière. Il nous faut choisir ces temps de manière réaliste par rapport aux contraintes de notre quotidien.

Notre vie vaut ce que nous choisissons : aimer le Christ et s’engager à sa suite.

2B. Les distractions2

Il faut les laisser filer sans courir après. Mais c’est pourquoi il est important d’avoir l’écriture comme fil conducteur.

2C. La préoccupation2

Alors que la distraction est au niveau de la pensée, la préoccupation se situe plus profondément au niveau du cœur.

Pour passer de la préoccupation qui envahit notre cœur à une attitude de liberté, il nous faut convertir notre regard, en priant le Notre Père appliqué à cette préoccupation.

2D. L’ennui2

Souvent, les difficultés dans l’oraison tiennent au fait que nous y sommes mal entrés.

Si cet ennui persiste, nous pouvons accepter de nous ennuyer …par amour… ! !

L’ennui peut être une épreuve, une invitation à servir le Seigneur gratuitement. C’est un appel à persévérer dans la durée, sans exiger de récompense immédiate.

2E. La tentation2

Thérèse d’Avila déclare que le temps d’oraison peut être le temps de la grande tentation.

Si cela arrive, il est préférable de se tourner vers le Christ pour lui dire notre désir de Le suivre et de L’aimer, et de se réfugier dans son cœur.

2F. Le consentement difficile2

Il s’agit de ces situations où nous n’arrivons pas à dire le « oui » auquel nous nous reconnaissons appelés. Il faut se souvenir que nous ne sommes jamais seuls. Ce « oui » que nous sommes incapables de dire par nous-même, nous avons à demander à Jésus de le dire pour nous.

pour en savoir davantage