Prière pour la Fête de la Sainte-Vierge conçue sans péché

PRIERE

Sous l’invocation de la Sainte Vierge conçue sans péché.

Je m’unis aujourd’hui, Vierge Sainte, à tous les hommages que vous rendent le ciel et la terre. Ils révèrent dans vous la première et la plus singulière faveur, dont le Très-Haut ait pu distinguer une créature réservée pour la plus glorieuse de toutes les destinées. Remplie de grâce dès le premier instant de votre conception pure, établie dans la justice originelle, vous avez échappé aux fers qui enchaînaient toute la postérité d’Adam, le péché n’a pas eu le plus court intervalle de tyrannie sur votre âme, vous n’avez pas cessé d’attacher les regards de bienveillance d’un Dieu votre sanctificateur. Quel gage de sa prédilection sur vous ! mais en même temps quel fonds d’instruction pour moi-même !

Puis-je penser qu’un Dieu n’a pu vous donner un témoignage plus signalé de son amour, qu’en vous conférant sa grâce, et en vous préservant du péché ; et ne pas sentir combien cet heureux état mérite mon estime, mes empressements, ma fidélité ; combien je dois employer de vigilance et de courage à me détourner de tous les dangers qui m’exposeraient à le perdre ; protégez-moi, ma Très Miséricordieuse Mère, dans cet ouvrage si intéressant pour mon Salut ; obtenez-moi cette pureté de cœur, qui, me conservant l’amitié de votre Fils, me rendra toujours agréable à ses yeux, et toujours jalouse de le devenir davantage.

Que cette fête, signalée par les prémices de votre gloire, m’en attire encore de nouveaux effets ; condamnée à couler mes jours dans ce monde, véritable exil pour moi, éloignée de cette patrie bienheureuse, où vous régnez avec mon Sauveur ; exposée à tous les risques d’une mer trop fameuse, hélas ! en naufrages, j’ai recours, avec une entière confiance, à votre tendresse bienfaisante ; préservez-moi des tempêtes qui me menacent, dissipez, par votre protection, les ténèbres qui s’efforceraient de m’envelopper ; faites briller sur ma route les rayons du soleil de justice ; soyez vous-même pour moi une étoile lumineuse, et que l’éclat de vos vertus me dirige constamment pendant le cours critique de mon pèlerinage ; c’est ce que sollicite, auprès de vous, l’Église pour tous ses enfants. Prosternée à vos pieds, c’est ce que j’ose vous demander pour moi-même. Votre cœur charitable compatira à tous mes besoins. L’amour de Jésus est votre trésor. Qu’il enrichisse toujours mon propre cœur, c’est l’unique vœu, ô ma chère Patronne, qui puisse vous honorer, et que j’ambitionne de remplir pendant ma vie et à ma mort !