Prières d’actions de grâces à Jésus dans l’Eucharistie

PRIÈRES

d’actions de grâces à Jésus dans l’Eucharistie, sous la médiation de la Sainte Vierge.

Puis-je avoir un cœur, ô mon Jésus ! et n’être pas pénétrée de l’excellence du bienfait dont vous m’avez comblée dans ce saint jour ? Délivrée par les soins de votre aimable Providence, des dangers multipliés qui ont obsédé mon enfance, rendue à la vie par un miracle de votre protection, éloignée par une disposition bien miséricordieuse de votre part, des risques et des écueils auxquels mon innocence aurait pu être exposée, j’ai éprouvé, dès l’aurore de mes jours, tout ce que votre amour pouvait me témoigner de tendresse et de prédilection ; mais que dis-je, ô mon Dieu ! ces premiers gages de votre attention paternelle ne suffisaient pas à l’étendue de votre charité. A peine mes premières années s’étaient-elles écoulées ; à peine les enseignements de votre sainte religion s’étaient-ils fait goûter à mon âme, que vous y fites naître une piété affectueuse pour le sacrement de vos autels. Je ne soupirai qu’après le moment de vous y recevoir, de vous y posséder ; une foi vive, un ardent amour, en recevant de nouveaux dons de votre grâce, accrurent mes désirs. Vous les entendites, vous les exauçates, Dieu de bonté, vous les couronnates, en me donnant votre corps sacré pour nourriture.

Ô faveur, qui, jusqu’au dernier instant de ma vie, sera présente à ma reconnaissance ! Gravée dans mon cœur en traits d’amour, elle excitera, non seulement chaque année, mais chaque jour, mes plus ferventes actions de grâces. Que ne les rappellerai-je pas, surtout quand je viendrai vous adorer dans votre sanctuaire, ou vous offrir encore mon âme pour demeure ! Ah ! vous dirai-je mille fois, venez, divin Jésus, agréez ce cœur que vous avez bien voulu vous unir si étroitement ; qu’il soit tout à vous, qu’il ne cherche que vous, qu’il ne vive qu’en vous ; qu’un amour empressé, généreux, fidèle, réponde toujours dans lui à cet amour qui vous engagea à l’honorer de votre première visite.

Ô Marie, ma tendre mère, ma bienfaisante Patronne, aidez-moi à acquitter ces devoirs reconnaissants ; sous vos auspices et à votre exemple, je me suis présentée au Seigneur, je l’ai conjuré de faire passer dans mon cœur la pureté du vôtre ; aurais-je été assez heureuse pour le recevoir dans ces dispositions ? Obtenez-moi le pardon de tout ce que la tiédeur et l’inattention y auraient formé d’obstacles ; que chacune de mes communions y serve de réparation, et qu’une ferveur, chaque fois nouvelle, une humilité profonde, une foi soumise, un désir persévérant, une entière consécration de moi-même, attirent dans moi, comme dans vous, les complaisances de mon Dieu, l’accroissement de ses grâces, et l’éternité de ses récompenses. Ainsi soit-il.