Prières de Thérèse de Jésus

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De l’autobiographie, chapitre XIV,10 :

Ô mon Seigneur et mon Bien ! Je ne puis parler de la sorte sans verser des larmes et sentir mon âme inondée de bonheur. Vous voulez, Seigneur, demeurer avec nous comme vous demeurez au Sacrement de l’autel. Je puis le croire en toute vérité, puisque c’est un point de notre foi, et c’est à bon droit que je puis me servir de cette comparaison. Et si nous n’y mettons obstacle par notre faute, nous pouvons mettre en vous notre bonheur. Vous-même, vous mettez votre bonheur à demeurer en nous, puisque vous nous l’assurez en disant : « Mes délices sont d’être avec les enfants des hommes ! » 0 mon Seigneur, quelle parole que celle-là. Chaque fois que je l’ai entendue, elle a toujours été pour moi, même au milieu de mes grandes infidélités, la source des consolations les plus vives. Mais, ô mon Dieu, serait-il possible de trouver une âme qui, après avoir reçu de vous des faveurs si élevées, des joies si, intimes, et compris que vous mettiez en elle vos délices, vous ait offensé de nouveau, et ait oublié tant de faveurs et tant de marques de votre amour dont elle ne pouvait douter puisqu’elle en voyait les effets merveilleux ? Oui, cela est possible, je l’affirme. Il y a une âme qui vous a offensé, non pas une fois seulement, mais souvent, et cette coupable, c’est moi, ô mon Dieu. Plaise à votre Bonté, Seigneur que je sois la seule âme de cette sorte, la seule qui soit tombée dans une malice si profonde et qui ait manifesté un tel excès d’ingratitude ! Sans doute, vous avez daigné dans votre infinie Bonté en tirer quelque bien et plus ma misère a été profonde, plus aussi elle fait resplendir le trésor incomparable de vos miséricordes. Et avec combien de raison ne puis-je pas les chanter éternellement ! Je vous en supplie, ô mon Dieu, qu’il en soit ainsi, que je puisse les chanter et les chanter sans fin ! Vous avez daigné me les prodiguer avec tant de magnificence ! Ceux qui le voient en sont étonnés. Moi-même j’en suis souvent ravie, et je puis mieux alors vous adresser mes louanges ! Si une fois revenue à moi je me trouvais sans vous, ô Seigneur, je ne pourrais rien. … Ne le permettez pas, Seigneur. Ne laissez pas se perdre une âme que vous avez achetée au prix de tant de souffrances.

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Exclamation N°7/A :

Ô mon espérance ! ô mon Père et mon Créateur, et mon vrai Seigneur et Frère ! Quand je songe que vous dites que vos délices sont d’être avec les enfants des hommes, mon âme se réjouit énormément. 0 Seigneur du ciel et de la terre, et quelles paroles que celles-là pour qu’aucun pécheur ne perde confiance ! Vous manque-t-il, Seigneur, par hasard, quelqu’un avec qui prendre vos délices, pour que vous cherchiez un petit ver aussi malodorant que moi ? Cette voix qui s’est fait entendre lors du Baptême de Votre Fils, a dit que vous mettiez en Lui vos complaisances. Alors, Seigneur, devons-nous lui être tous égaux ? Ô quelle infinie miséricorde, et quelle faveur tellement au-dessus de nos mérites. Et tout cela, nous l’oublierions, nous les mortels ? Vous, ô mon Dieu, souvenez-vous de notre extrême misère, et regardez notre faiblesse car vous savez tout.

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Exclamation N°7/B :

Ô mon âme, considère la grande joie et le grand amour qu’éprouve le Père à connaître son Fils, et le Fils à connaître son Père, et l’ardeur avec laquelle le Saint-Esprit s’unit à eux, et comment aucune de ces trois Personnes ne peut se départir de cet amour ni de cette connaissance, parce qu’elles sont toutes les trois une même chose. Ces souveraines personnes se connaissent, elles s’aiment et elles sont les délices les unes des autres. De quelle utilité peut donc être mon amour ? Pourquoi le voulez-vous, ô mon Dieu, quel gain y trouvez-vous ? 0, Vous, soyez béni, soyez béni, vous, ô mon Dieu, pour toujours. Que toutes les choses chantent vos louanges, Seigneur, éternellement, car vous êtes éternel.

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Exclamation N°7/C :

Réjouis-toi, ô mon âme, de ce qu’il y ait quelqu’un qui aime Dieu comme Il le mérite. Réjouis-toi, de ce qu’il y ait quelqu’un qui connaisse sa bonté et sa souveraineté. Remercie-le de nous avoir donné sur terre quelqu’un qui le connaît comme le connaît son Fils unique. Sous cette protection, tu pourras t’approcher de ton Dieu et le supplier, puisque Sa Majesté prend en toi ses délices. Que toutes les choses d’ici-bas soient impuissantes à t’empêcher de prendre tes délices et à te réjouir dans les grandeurs de ton Dieu, en voyant combien il mérite d’être aimé et loué demande-lui de t’aider, afin que tu contribues quelque peu à ce que son nom soit béni, et que tu puisses dire avec vérité : « Mon âme chante les grandeurs et les louanges du Seigneur ».

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Exclamation N°8/A

Ô Seigneur, ô mon Dieu, comme vous avez les paroles de vie ! Tous les mortels y trouveraient ce qu’ils désirent, s’ils voulaient l’y chercher. Mais quoi d’étonnant, ô mon Dieu, que nous oubliions vos paroles, dès lors que nos œuvres mauvaises nous rendent aliénés et malades ? 0 mon Dieu, mon Dieu, Dieu créateur de tout l’univers, qu’est-ce que tout le créé, si vous, Seigneur, vouliez créer encore ? Vous êtes le Tout-Puissant, vos œuvres sont incompréhensibles. Faites donc, Seigneur, que ma pensée ne s’éloigne jamais de vos paroles. Vous dites : « Venez à moi, vous tous qui souffrez et pliez sous le fardeau, et je vous consolerai ». Que voulons-nous de plus, Seigneur ? Que demandons-nous, que cherchons-nous ? Pourquoi les gens du monde se perdent-ils, si ce n’est parce qu’ils cherchent du repos ? 0 grand Dieu, ô grand Dieu, qu’est-ce que cela, Seigneur ? Oh ! quelle pitié, oh ! quel aveuglement que nous cherchions le repos là où il est impossible de le trouver.

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Exclamation N°8/B :

Ayez pitié, Créateur, de vos pauvres créatures. Considérez que nous ne nous comprenons pas, que nous ne savons pas ce que nous désirons, ni ne parvenons à trouver ce que nous demandons. Donnez-nous, Seigneur, la lumière, considérez qu’elle nous est plus nécessaire qu’à l’aveugle-né, car celui-ci désirait voir la lumière, et ne le pouvait pas. Maintenant, Seigneur, on ne veut pas voir. Oh ! est-il mal plus incurable ? C’est ici, ô mon Dieu, que doit se montrer votre pouvoir, ici doit se manifester votre miséricorde. Oh ! quelle chose âpre je vous demande, ô mon vrai Dieu, que vous aimiez celui qui ne vous aime pas, que vous ouvriez à celui qui ne vous appelle pas, que vous donniez la santé à celui qui se plaît à être malade et recherche la maladie. Vous dites, ô mon Seigneur, que vous venez chercher les pécheurs. Eh bien, les voilà, Seigneur, les vrais pécheurs. Ne regardez pas notre aveuglement, mon Dieu, mais le sang que votre Fils a versé abondamment pour nous. Que resplendisse votre miséricorde au milieu d’une si insondable malignité. Considérez, Seigneur, que nous sommes votre œuvre, que votre bonté et votre miséricorde nous secourent.

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Poésie n°2 : Dans les mains de Dieu

Souveraine Majesté, Éternelle Sagesse,
Bonté douce à mon âme,
Dieu, mon Seigneur,
Qu’ordonnez-vous qu’il soit fait de moi ?

Je suis vôtre puisque vous m’avez créée,
Vôtre, puisque vous m’avez rachetée,
Vôtre, puisque vous m’avez supportée,
Vôtre, puisque vous m’avez appelée,
Vôtre, puisque vous m’avez attendue,
Vôtre, puisque je ne me suis pas perdue..

Voici mon cœur, Je le remets entre vos mains
Voici mon corps, ma vie, mon âme,
Ma tendresse et mon amour…
Si vous me voulez dans la joie,
Par amour pour vous je veux me réjouir
Si vous me commandez des travaux,
Je veux mourir à l’ouvrage.
Dites-moi seulement où, comment et quand.
Parlez, ô doux Amour, parlez.

Je suis vôtre, pour vous je suis née,
Que voulez-vous faire de moi ?

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