Quel texte retenir ?

À la lecture des deux commentaires A et B, il est facilement perçu que les commentaires se font vers après vers,

même si une réflexion théologique est plus développée en B.

Substantiellement deux interlocuteurs s’expriment dans le poème.

Apparemment, le bouleversement des strophes ne change en rien le mouvement général du texte. Les strophes pourraient donc être maintenues dans l’ordre A pour garder leur élan poétique.

Dès la première strophe, la lecture révèle dans le Cantique B une tendance à développer un thème, par exemple la strophe 1.

Mais progressivement, outre le bouleversement des strophes, le commentaire peu diverger :

Soit qu’il diverge tout à fait, allant jusqu’à supprimer,

Soit qu’il atténue l’expérience en la repoussant dans une « autre vie » ou « la vie éternelle », alors qu’il intègre dans le nouveau texte les données La vive Flamme d’amour.

Sachant que certains critiques mettent en doute l’authenticité du texte B, voire de tous les commentaires, A comme B, allant jusqu’à les attribuer à des disciples, comme œuvres postérieures de mauvais disciples !

Il est vrai que nous n’avons pas de textes originaux de Jean, sauf des annotations sur un manuscrit, dit de Sanlúcar de Barrameda.

À quoi attribuer cette situation :

Jean avait un secrétaire !

Les originaux ont été détruits par peur des répressions inquisitoriales !

Humilité !

Ses commentaires ont-ils été sinon rédigés, du moins corrigés, afin d’élaborer une doctrine orthodoxe ?

Les éditeurs des siècles précédents et les traducteurs n’hésitaient aucunement à modifier, alléger, développer, synthétiser les textes.

De toutes les manières, il est intéressant d’explorer le contenu des ensembles mobiles du Cantique A pour tenter de comprendre les raisons qui auraient amené Jean à ces déplacements.

Il importe de garder l’élan poétique, c’est pourquoi nous choisissons ici de suivre l’ordre de la version appelée A’.