Renaître pour rencontrer l’Ami

info document -  voir en grand cette image

Témoigner, qu’est-ce ? Sinon vous partager l’heureuse aventure qui m’est arrivée au détour du chemin de ma vie.

Cette vie jusqu’à sa maturité a été nourrie dans la foi catholique, de l’amour de Jésus, de la tendresse de Marie et de l’attention aux autres, dans une famille chrétienne.

Mais cette foi vécue dans un entourage très porteur n’était peut-être pas vraiment personnelle.

Un esprit contestataire me faisait cependant refuser les indulgences, telles qu’elles étaient présentées à l’époque avec ce côté mercantile et comptable qui choquait ma vision de Dieu et commençait à saper mon estime pour l’Église. Le port de la coiffure obligatoire à la Messe, les vêtements neufs pour Pâques, les cadeaux profanes à l’occasion de la Communion solennelle et la fête qui la suivait….Tout ce côté extérieur convenu m’a déçue et a créé une distance voire une réaction de rejet qui insidieusement s’est installée ; puis j’ai conclu que l’Église ne répondait pas à mes attentes.

Ainsi peu à peu, je me suis éloignée de la Source, ne conservant, par tradition, que la Messe dominicale, jusqu’à ce qu’elle me semble contrainte et non sincèrement désirée et vécue et donc sans valeur. Pour être honnête avec moi-même, j’ai donc cessé d’aller à la Messe.

Alors j’ai cherché, beaucoup cherché, rencontré des prêtres pour essayer de comprendre ; mais eux ne me comprenaient pas. Je me suis tournée vers les témoins de Jéhovah, mais après deux années je n’ai pu tolérer leur interprétation de la Bible et les ai quittés.

Humainement tout allait bien, j’étais comblée : une vie familiale heureuse, une réussite professionnelle mais très prenante, des enfants sans souci, une vie aisée, une bonne santé, des amis. Mais dans mon cœur restait un besoin vital non identifié. Plus j’avais tout pour être heureuse, plus ce besoin grandissait de façon inexpliquée jusqu’à l’instant précis où j’ai pu enfin le définir : Je ne vivais qu’en surface et j’avais une vie intérieure qui voulait exister ! Je ne savais trop ce que j’entendais par là, mais ce sont ces mots qui me sont venus aux lèvres : vie intérieure !

Je suis revenue à la Messe dominicale, rien de plus. Et la vie a continué son cours : famille, travail, amis, loisirs, et ce besoin maintenant identifié, non satisfait, toujours obsédant.

info document -  voir en grand cette image

Jusqu’au jour où, soudain, un matin, à mon bureau, le Seigneur est venu retrouver, dans la joie et les larmes, son enfant égarée. En un éclair, la vie intérieure venait de naître en moi, la vie même de Dieu. Dieu lui-même était là !

Les mots ne peuvent traduire cette Joie, qui s’est inscrite pour toujours au fond de mon cœur dans une action de grâces perpétuelle. Et à partir de cet instant, j’ai su que plus rien ne serait comme avant, du moins en moi.

Alors j’ai lu la vie de Charles de Foucault parce qu’il avait cette même quête. Il citait Jean de la Croix que j’ai eu envie de connaître. J’ai dévoré ses Œuvres complètes émerveillée de partager avec lui son désir d’absolu. C’est lui qui parlant de Thérèse d’Avila, m’a conduite à souhaiter découvrir qui était cette femme d’action contemplative. J’ai lu aussi ses Œuvres complètes avec avidité. Puis j’ai conclu dans une intense action de grâces : « Enfin, je suis arrivée au port ! »Installés dans une autre région inconnue, pour raison professionnelle, une promenade touristique nous a menés, par un hasard que j’appelle"Providence " à un monastère de Carmes Déchaux précisément. Contact fut pris avec un Père. A l’issue d’un long échange il me conseilla de rencontrer une Communauté carmélitaine de laïcs, qui vivait de la spiritualité de Thérèse d’Avila et de Jean de la Croix. Je verrai si cela correspondait à mon attente. Ce fut oui. Ce chemin je voulais le faire mien, avec le soutien fraternel et réciproque de frères et de sœurs qui m’ont accueillie en me donnant le meilleur d’eux-mêmes.

Notre commune recherche du Dieu Vivant nous a tout de suite rendus proches dans une grande simplicité. Au cours de ma formation, j’ai découvert l’Oraison, ce cœur à cœur avec Dieu, sommet de la vie intérieure, de la vie en Dieu, avec Dieu et ce compagnonnage avec Lui quoique nous fassions tout au long de nos journées. Oui, le Seigneur répond à ceux qui l’implorent et les comble au-delà de leurs désirs !….

Durant une période de formation de six années un discernement attentif est fait. S’il conclut à un réel appel au Carmel, alors la joie est grande de s’engager définitivement par promesses, en entrant dans l’Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel, pour, à sa suite et celle de Thérèse d’Avila et de Jean de la Croix, les saints fondateurs du Carmel Déchaussé, tendre à l’union à Dieu dans l’Amour.

Sur ce chemin d’abandon, de confiance en la Miséricorde infinie de Dieu avec Thérèse de Lisieux, chacun peut penser en vérité : Si j’avais commis tous les crimes possibles, je garderai toujours la même confiance, car ce n’est qu’une goutte d’eau dans un brasier brûlant ! Et chacun peut aussi prendre pour lui, la réponse de Jésus mourant au larron devenu bon, parce qu’il avait reconnu ses fautes « aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis ! » Entendons pour nous pécheurs vivants pardonnés, aimés : aujourd’hui tu es avec moi dans l’Amour !

Oui, le monde a pris un sens ! Tout peut prendre valeur d’éternité !

Le 15 octobre 2008

Un membre de l’Ordre des Carmes Déchaux Séculier