Sentiments pour la fête de la Purification de la Sainte-Vierge

SENTIMENTS

Pour la Communion à la Fête de la Purification de la Sainte-Vierge.

Ô MERE généreuse et fidèle, que de vertus ne pratiquez-vous point dans l’offrande de ce Fils bien aimé, que vous présentez au Temple ! Qu’elle est chère à votre cœur cette victime adorable, dont vous faites le sacrifice ! Rien ne coûte à votre amour, dès qu’il s’agit d’honorer les grandeurs de Dieu, et de procurer le salut des hommes : c’est le double objet que vous vous proposez en portant Jésus à l’autel. Dieu le Père doit être apaisé, et son Fils seul est capable de désarmer son courroux. Il nous fallait un Médiateur pour nous ouvrir le ciel, et vous nous l’annoncez, Vierge Sainte, par une immolation qui prépare celle de la Croix. Que ne puis-je imiter, dans ce moment, les dispositions qui vous accompagnent au pied du Sanctuaire ! Que ne m’est-il donné de les connaître, de pénétrer dans votre cœur, qui les réunit le plus parfaitement, et de les rassembler dans le mien !

Votre reconnaissance pour tant de faveurs dont vous vous sentez déjà comblée, animerait d’avance mes actions de grâces, pour celle que mon Dieu va m’accorder en m’admettant à la Table sacrée. Votre recueillement profond serait le modèle de celui que m’impose la participation au plus auguste des Sacrements. Votre ferveur m’apprendrait à répondre, avec une dévotion affectueuse, aux invitations de Jésus-Christ ; votre pureté à honorer par l’entier détachement des moindres fautes, la présence du Saint des Saints ; votre amour, à tout promettre et à tout exécuter pour un Dieu qui m’aime jusqu’à me nourrir de son Corps et de son Sang ; votre zèle miséricordieux pour le salut des hommes, à acquitter tout ce que je dois moi-même de retour au précieux gage de salut que je vais posséder ; votre humilité enfin, à m’abaisser et à reconnaître l’extrémité de ma misère, aux approches de la Majesté Suprême qui daignera me visiter.

Obtenez-moi, Vierge sainte, la communication de ces sentiments que vous transmet la plus noble des victimes. Conjurez ce Dieu-Sauveur, de faire passer dans mon âme une partie des trésors dont il enrichit la vôtre ; puisse-t-il, à la faveur de vos mérites accepter aujourd’hui l’offrande que je lui fais de tout mon cœur, de toutes mes affections et de tout ce que j’ai reçu de sa miséricorde ; je les lui remets, je les lui consacre sans réserve, je n’en ferai usage que pour son service et sa gloire. Protégez par votre intercession les nouvelles protestations d’amour que je vais lui présenter ; que ne doit-il pas attendre de ma fidélité, après s’être dévoué, comme il le fait aujourd’hui, à l’acquit de toutes mes dettes ? Il est prêt encore d’ajouter à cet insigne bienfait celui d’être pour moi un pain de vie : Ah ! que n’ai-je votre sainteté et votre ferveur pour fixer les divines complaisances ? vous daignerez y suppléer par vos prières, mère secourable ! car c’est le titre consolant sous lequel j’aime à vous invoquer.

Vous ne cesserez d’attirer sur moi les regards propices d’un Dieu-Sauveur ; vous solliciterez pour moi toutes les richesses de sa clémence ; vous me tiendrez lieu de la plus tendre des mères, en me procurant le plus précieux de tous les biens, la grâce de vivre et de mourir dans l’amour de ce Fils chéri, que vos portez à l’Autel. Puisse cette communion me disposer à cette ferveur ; avantage que je préférerai toujours aux possessions les plus flatteuses de ce monde. Et c’est ce que m’assure l’offrande que fait aujourd’hui de lui-même le Réparateur du péché, l’Auteur du salut.