Service militaire à Montlignon

à la découverte de Montlignon

En mars 1920, Lucien Bunel part au service militaire. Le 19 mars il arrive au fort de Montlignon, en Seine et Oise, (aujourd’hui Val d’Oise). Deux ans plus tard, c’est la démobilisation. Mais durant ces vingt-quatre mois, une solide amitié se noue entre le séminariste et les habitants de Montlignon.

Ville de Montlignon
Ville de Montlignon

La petite ville s’étend alors sur 238 hectares et elle compte environ 900 habitants qui se répartissent en trois grandes catégories. Tout d’abord les commerçants et les artisans qui permettent à la ville d’avoir une relative autonomie. Il faut mentionner tout spécialement les pépiniéristes et les arboriculteurs qui font la réputation de la ville et qui fournissent de l’embauche. Toutefois un grand nombre de personnes partent travailler à l’extérieur, c’est le monde ouvrier de Montlignon. Puis il y a le monde des artistes et des « châtelains » qui viennent goûter le repos et la détente dans un cadre verdoyant. Le chef-lieu de canton, Montmorency, ou la « ville-lumière », Eaubonne attirent la population et apportent ce que l’on ne peut trouver sur place.

C’est dans ce cadre que le jeune Lucien Bunel va déployer ses talents d’animateur et d’éducateur. Peu après son arrivée, il rencontre l‘abbé Gourdoux, curé du lieu depuis sept ans et lui propose de lancer un patronage pour les jeunes garçons. Il organise en forêt de Montmorency des promenades qui s’achèvent par un temps de prière. Mme Chalot, la grand-mère d’un des enfants du patronage met à la disposition du jeune séminariste une petite chambre où il peut venir se retirer et étudier. Une profonde amitié unit Lucien et les différents membres de la famille. Cette bonne grand-mère emmène Lucien en pèlerinage à Ars et à Paray le Monial.

Le Fort de Montlignon
Le Fort de Montlignon

En mars 1922, le maréchal des logis chef Bunel achève son service militaire et quitte Montlignon ; cependant, chaque année, au moment des grandes vacances, il vient retrouver ceux qui sont devenus ses amis. Une amitié qui demeure et qui s’exprime par une certaine fidélité.

Les registres paroissiaux gardent la trace des baptêmes célébrés en 1928 par l’abbé Lucien Bunel et en 1941 par le R.P. Jacques de Jésus.

Les anciens numéros du bulletin paroissial « La voix des cloches »témoignent des liens fraternels noués au cours de ce temps de service militaire. Ils évoquent la première profession du P. Jacques de Jésus, à Lille, l’ouverture du Petit Collège d’Avon en 1934, puis la venue du Père Jacques pour la retraite et la célébration de la Communion solennelle de juillet 1934. Une belle photo avec tous les enfants et l’abbé Gourdoux en garde le souvenir.

Enfin, sur la route de la déportation, un montlignonnais sera à ses côtés.

Aujourd’hui les lieux ont bien changé. La population a triplé, atteignant 2850 habitants. La petite ville reste un lieu de calme et de verdure. Le site rural est devenu progressivement un lieu résidentiel recherché. Le souvenir du P. Jacques reste bien présent dans l’église du village ; une plaque apposée près de la statue de la petite Thérèse de Lisieux porte ces mots :

A la mémoire bénie
du R.P. Jacques de Jésus
Carme Déchaussé fondateur-directeur
du Collège Ste Thérèse à Avon (S & M)
Aumônier militaire
Déporté par la Gestapo
Décédé à Linz (Autriche) le 2 Juin 1945
des suites de son héroïque charité
pour ses camarades du camp
Fidèle souvenir de l’Abbé
Gourdoux et ses paroissiens
de Montlignon

26 Août 1945

Témoignage de toute une paroisse à celui dont une Montlignonnaise disait :« Tout son être respire Dieu. »