Tout mon être en prière !

Il serait illusoire de penser que pour ce qui est spirituel -la prière par exemple- il faut oublier ce qui est corporel …

Ce serait oublier que le Verbe s’est fait chair, le Fils de Dieu est devenu homme…

Et que c’est par cet homme, Jésus Christ, que nous avons accès auprès de Dieu.

Notre corps, créature de Dieu, n’est donc pas étranger à Dieu et ce n’est pas en cherchant à faire l’ange que nous pourrons mieux le rencontrer. Car qui fait l’ange…

Dans la prière, nous devons donc tenir compte de notre corps.

Il peut être une gêne, un obstacle. Il peut être aussi un moyen précieux…

Notre corps est le moyen que nous avons pour entrer en communication les uns avec les autres.

Par exemple, avec vos yeux, vous lisez ce texte… que j’ai écrit en tapant sur le clavier avec mes doigts !

Mais aussi, quand on peut se voir, entre plusieurs interlocuteurs, il n’y a pas que la parole qui parle.

L’attitude du corps est significative : notre corps a son propre langage, nos attitudes corporelles peuvent « parler ». Au temps de la prière, nos attitudes peuvent « parler », exprimer quelque chose de notre prière et ainsi la favoriser.

Rappelons-nous, tout d’abord, que la prière est un acte volontaire. Il convient donc que le corps vienne exprimer l’engagement de la volonté. La position de mon corps doit être assez ferme pour que je puisse rester, autant que possible, en éveil…

Trop de mollesse laisserait mon esprit vagabonder ou s’assoupir.

La position du corps est aussi symétrique. Faites-en l’expérience : dès que l’on cherche à se recueillir, presque spontanément on va adopter une position symétrique, assis, à genoux, en lotus…

Essayez pour voir de vous recueillir étendu(e) sur un canapé, la tête appuyée sur un bras ! Et autant que possible, le corps doit être plutôt droit… mais sans raideur…

Car, si la prière est un acte volontaire, elle est aussi un acte d’abandon, de remise de soi confiante à Dieu.

Il convient donc que la position de mon corps, si elle est ferme, doit être aussi telle que je peux relâcher les tensions, respirer tranquillement…

La position de mon corps doit être telle que je n’en vienne pas à avoir mal quelque part à cause d’elle : la douleur viendrait inutilement accaparer mon esprit.

Mais si j’ai mal sans que je n’y sois pour rien, c’est avec ma douleur physique que je me présente à Dieu, en esprit de pauvreté…

Au cours de la prière, je peux changer de position, d’attitude - ne serait-ce que pour ne pas m’ankyloser !… Mais aussi pour exprimer ma prière avec mon corps, pour faire de mon corps une prière, en fonction de ce que je veux exprimer à Dieu : mon attachement, ma détresse, ma disponibilité, mon abandon, ma confiance, mon adoration.

À chacun(e) de trouver son langage : mains ouvertes ou jointes, inclination profonde, etc.

Mais méfions-nous de certaines positions qu’on ne peut prolonger sans risquer de s’assoupir ou qui finissent par nous vider l’esprit et nous installer dans une sorte de charme intérieur que l’on pourrait prendre pour une prière profonde ! C’est le cas de positions qui se rapprochent de la position fœtale !… Eh oui ! notre esprit et notre corps sont très intimement liés !

Parfois notre esprit est accablé par la fatigue…

Faire acte de présence avec notre corps quelques minutes…

C’est déjà ça ! C’est mieux que rien quand on ne peut pas faire plus ! …