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		<title>Carmel en France</title>
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		<title>Bibliographie</title>
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		<dc:subject>PasDansQuoiDeNeuf</dc:subject>
		<dc:subject>PasDansPlan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bibliographie succincte Edouard de Barth&#233;l&#233;my, Mesdames filles de Louis XV, Paris, Didier, 1870. Geoffroy de Grandmaison, Madame Louise de France, la v&#233;n&#233;rable Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, Paris, Gabalda, 1907. Bernard Hours, Madame Louise, princesse au Carmel, Paris, Cerf, 1987 : Biographie de la M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, fille de Louis XV et carm&#233;lite &#224; Saint-Denis. Belle figure du Carmel fran&#231;ais au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. S. Poignant, L'Abbaye de Fontevrault et les filles de Louis XV, Paris, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Bibliographie-167-.html" rel="directory"&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-PasDansQuoiDeNeuf-+.html" rel="tag"&gt;PasDansQuoiDeNeuf&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-PasDansPlan-+.html" rel="tag"&gt;PasDansPlan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie succincte&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Edouard de Barth&#233;l&#233;my, Mesdames filles de Louis XV, Paris, Didier, 1870.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Geoffroy de Grandmaison, Madame Louise de France, la v&#233;n&#233;rable Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, Paris, Gabalda, 1907.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Bernard Hours, Madame Louise, princesse au Carmel, Paris, Cerf, 1987 : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Biographie de la M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, fille de Louis XV et carm&#233;lite &#224; Saint-Denis. Belle figure du Carmel fran&#231;ais au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; S. Poignant, L'Abbaye de Fontevrault et les filles de Louis XV, Paris, Nouvelles &#233;ditions latines, 1966.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Idem, Mesdames filles de Louis XV, l'aile des Princes, Arthaud, 1970.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Dominique Poirot (P&#232;re, O.C.D.), Louise de France, carm&#233;lite &#224; Saint-Denis, textes spirituels (pr&#233;sent&#233;s par), Paris, O.E.I.L.,1988.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Abb&#233; Proyart, Vie de Madame Louise de France, religieuse carm&#233;lite, fille de Louis XV, Paris, Lyon, 1860, nouv. &#233;d., 2 vol.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Jean Rollin, Murs mystiques. Les sentences du Carmel de Saint-Denis, Paris, O.E.I.L, 1988&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; M&#232;re Stanislas Tourel, Vie de la r&#233;v&#233;rende M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, Madame Louise de France par une religieuse de sa communaut&#233; r&#233;tablie &#224; Paris en 1807, transf&#233;r&#233;e &#224; Autun en 1838. Autun, imp. R. Dejussieu, 1857, 2 vol.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au fil de l'ann&#233;e liturgique</title>
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		<description>
&lt;p&gt;R&#233;flexions g&#233;n&#233;rales Il d&#233;pendait, Seigneur, de votre volont&#233; souveraine de me laisser pour jamais ensevelie dans les ab&#238;mes du n&#233;ant, plut&#244;t que de m'&#233;lever &#224; l'existence, comme vous l'avez fait. Apr&#232;s le bienfait de la vie, vous &#233;tiez libre de m'abandonner, comme tant d'autres, aux t&#233;n&#232;bres d'une de ces conditions obscures et nulles, selon les pr&#233;jug&#233;s du monde. Eh ! que serait-ce encore de la gr&#226;ce d'&#234;tre n&#233;e, que serait-ce des avantages divers dont il vous a plu de gratifier tous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Textes-de-Mere-Therese-de-St-Augustin-.html" rel="directory"&gt;Textes de M&#232;re Th&#233;r&#232;se de St Augustin&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L122xH150/arton2116-1f0ca.jpg?1782937007' class='spip_logo spip_logo_right' width='122' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;flexions g&#233;n&#233;rales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;pendait, Seigneur, de votre volont&#233; souveraine de me laisser pour jamais ensevelie dans les ab&#238;mes du n&#233;ant, plut&#244;t que de m'&#233;lever &#224; l'existence, comme vous l'avez fait. Apr&#232;s le bienfait de la vie, vous &#233;tiez libre de m'abandonner, comme tant d'autres, aux t&#233;n&#232;bres d'une de ces conditions obscures et nulles, selon les pr&#233;jug&#233;s du monde. Eh ! que serait-ce encore de la gr&#226;ce d'&#234;tre n&#233;e, que serait-ce des avantages divers dont il vous a plu de gratifier tous les temps de ma vie, que serait-ce du privil&#232;ge d'une naissance qui semble me transporter dans une sph&#232;re &#233;trang&#232;re &#224; la plupart des hommes, si vous n'eussiez plac&#233; mon berceau dans un Royaume qui s'honore plus encore du titre de Royaume tr&#232;s-chr&#233;tien, que du nom antique et c&#233;l&#232;bre qui le distingue des autres Empires du monde, o&#249; votre nom est ador&#233;, o&#249; votre culte est b&#233;ni, o&#249; votre religion sainte compte dans tous les ordres de citoyens, des sanctuaires vivants, et des temples aussi augustes que ceux que vous &#233;l&#232;ve la main des hommes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, Seigneur, en me rappelant vos bienfaits, quels souvenirs affligeants viennent en m&#234;me temps se retracer &#224; mon esprit ! &lt;strong&gt;Vous ne m'avez plac&#233;e dans ce monde que pour &#234;tre chr&#233;tienne&lt;/strong&gt; ; et j'ai &#224; peine commenc&#233; &#224; l'&#234;tre. A cette vocation g&#233;n&#233;rale qui m'est commune avec tout ce qui reconna&#238;t ici la religion de Charlemagne et de saint Louis, vous en avez ajout&#233; une particuli&#232;re pour moi, celle du haut rang o&#249; vous m'avez fait na&#238;tre : et le dernier peut-&#234;tre des citoyens qui forment ce vaste Empire, est plus grand &#224; vos yeux que moi. Au milieu des exemples pieux qui m'environnent, au milieu des pi&#232;ges et des dangers dont je suis investie de toutes parts, quels motifs d'&#233;mulation auxquels je me suis trop souvent d&#233;rob&#233;e ! Que d'obstacles &#224; la fois arr&#234;tent encore les saints d&#233;sirs que vous m'inspirez sans cesse ! Si quelquefois des affections c&#233;lestes m'&#233;lancent vers vous, comme &#224; l'instant les inqui&#233;tudes d'un rang qui ne fait pas le bonheur me font retomber au-dessous des r&#233;solutions que je prends, et des promesses que je vous fais. D'o&#249; me viennent, &#212; mon Dieu ! ces agitations p&#233;nibles et redoutables pour ma faiblesse : car je le sens trop, je n'ai pas encore m&#233;rit&#233; de souffrir. Eh, que je suis loin d'apprendre &#224; la m&#233;riter ! Ce ne sont pas des &#233;preuves qu'il faut &#224; mon &#226;me : et quoique vous soyez le Dieu de force et de vertu, quoique vos serviteurs ne soient jamais plus puissants, que quand ils sont dans le creuset de la tribulation, ah ! j'ai besoin de ne go&#251;ter de votre joug que ses douceurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous m'avez fait, Seigneur, une &#226;me sensible&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, et dont l'activit&#233; ne peut se reposer que dans votre sein.&lt;/strong&gt; Tout ce qui est autour de moi semble m'inviter &#224; m'arr&#234;ter sur cette terre, en apparence, riante et heureuse : tout ce qui est dans moi me crie qu'elle n'est en effet qu'une terre d'exil et de p&#232;lerinage, et qu'il est ailleurs une patrie qui seule peut &#234;tre l'asile de la paix, l'image de la f&#233;licit&#233;. &lt;strong&gt;Seigneur, mon &#226;me vous interroge et vous &#233;coute. &lt;/strong&gt; Venez fixer ses irr&#233;solutions, dissiper ses tristesses et ses langueurs ; venez y assurer &#224; jamais votre empire. D&#232;s mes plus tendres ann&#233;es, mon c&#339;ur d&#233;j&#224; pr&#233;venu par votre gr&#226;ce, d&#233;j&#224; d&#233;tromp&#233; sur l'&#233;clat trop souvent perfide de ces honneurs, de ces distinctions qui font les grands de la terre, cherchait dans vos tabernacles le calme et la f&#233;licit&#233; qu'il ne trouvait pas encore la terre. D&#233;tachez-le de plus en plus de tous les liens qui pourraient l'y retenir. Dieu, qui commandez aux orages et aux temp&#234;tes, apaisez les troubles int&#233;rieurs qui pourraient emp&#234;cher votre voix de se faire entendre toute seule au-dedans de moi ; calmez, s'il le faut, jusqu'&#224; mes esp&#233;rances ; an&#233;antissez en moi jusqu'aux regrets ; remplissez mon &#226;me de cette s&#233;r&#233;nit&#233; pure qui fait le v&#339;u de toutes ses puissances, et qui surpasse tout sentiment. Dieu d'amour et de paix, paraissez pour toujours au milieu de moi ; &lt;strong&gt;r&#233;gnez sur tout mon c&#339;ur, et rendez-le digne de vous poss&#233;der dans le myst&#232;re de votre amour.&lt;/strong&gt; Que chacune des solennit&#233;s &#233;tablies par l'&#201;glise pour &#234;tre des &#233;poques plus particuli&#232;res de sanctification, soit pour moi une occasion de ferveur et de pieuses r&#233;solutions : que chacun des intervalles qui les s&#233;parent, soit un cercle perp&#233;tuel de pr&#233;paration et d'actions de gr&#226;ces, pour la participation aux saints myst&#232;res :&lt;strong&gt; que chaque ann&#233;e soit une suite toujours renouvel&#233;e d'exercices et de M&#233;ditations&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, inspir&#233;es et dirig&#233;es par vous-m&#234;me, pour la gloire de votre nom, et pour ma sanctification.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute ma vie j'aurai donc le bonheur de m'entretenir avec vous, &#244; mon Dieu ! De converser avec votre gr&#226;ce qui parlera &#224; mon c&#339;ur : bonheur ineffable, dont j'anticipe les jouissances par les v&#339;ux les plus ardents ! &lt;strong&gt;Esprit saint ! Apprenez &#224; mon c&#339;ur la science du salut, la science qui fait les Saints, et que vous seul pouvez faire descendre sur la terre &lt;/strong&gt; ; ramenez &#224; vous le d&#233;sordre de mes id&#233;es, mais surtout renversez l'idole de la vanit&#233; ; consumez toute flamme qui n'est pas celle de la charit&#233; ; disposez-moi &#224; la c&#233;l&#233;bration des myst&#232;res et de l'av&#232;nement de notre R&#233;dempteur, en m'inspirant vous-m&#234;me les obligations que je dois me prescrire, et surtout, en me donnant la gr&#226;ce de les accomplir. Ah ! si mon c&#339;ur venait &#224; oublier ces saintes r&#233;solutions, ce papier tout muet qu'il est, s'&#233;l&#232;vera contre moi, il m'accusera hautement de mes pr&#233;varications, et si je puis devenir un jour infid&#232;le, au moins ne serai-je point parjure au serment que je fais de ne l'&#234;tre qu'un moment.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4598 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/IMG/pdf/au_fil_de_l_annee_liturgique_-_printemps.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 572.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1782924709' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4598 '&gt;&lt;strong&gt;Printemps
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4599 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;5&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/IMG/pdf/au_fil_de_l_annee_liturgique_-_ete.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 336.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1782924709' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4599 '&gt;&lt;strong&gt;&#201;t&#233;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4601 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/IMG/pdf/au_fil_de_l_annee_liturgique_-_automne.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 252.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1782924709' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4601 '&gt;&lt;strong&gt;Automne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4600 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;8&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/IMG/pdf/au_fil_de_l_annee_liturgique_-_hivers.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 301 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1782924709' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4600 '&gt;&lt;strong&gt;Hivers
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'appel du Carmel</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/L-appel-du-Carmel.html</link>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - Le d&#233;sir d'une vie retir&#233;e En fait, Louise m&#232;ne &#224; la Cour une vie retir&#233;e, autant que le lui permet son rang. Sa r&#233;serve ne vient pas de sa timidit&#233;, elle aurait plut&#244;t un temp&#233;rament emport&#233; qu'elle ma&#238;trise &#224; force de volont&#233;. Pas de langueur non plus chez cette jeune femme qui n'est pas insensible aux plaisirs de l'existence. Pas de r&#234;verie romantique pour cet esprit lucide. La princesse est sans illusion sur elle-m&#234;me. Mais elle a tr&#232;s t&#244;t l'intuition profonde d'un appel indicible (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Sa-vie-163-.html" rel="directory"&gt;Sa vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L122xH150/arton2115-df7bf.jpg?1782937007' class='spip_logo spip_logo_right' width='122' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Le d&#233;sir d'une vie retir&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En fait,&lt;strong&gt; Louise m&#232;ne &#224; la Cour une vie retir&#233;e, autant que le lui permet son rang&lt;/strong&gt;. Sa r&#233;serve ne vient pas de sa timidit&#233;, elle aurait plut&#244;t un temp&#233;rament emport&#233; qu'elle ma&#238;trise &#224; force de volont&#233;. Pas de langueur non plus chez cette jeune femme qui n'est pas insensible aux plaisirs de l'existence. Pas de r&#234;verie romantique pour cet esprit lucide. La princesse est sans illusion sur elle-m&#234;me. Mais elle a tr&#232;s t&#244;t l'intuition profonde d'un appel indicible qui se confirmera de plus en plus.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Je le sens [le Seigneur] m'appelle &#224; quelque chose de plus &#233;lev&#233; et qui m'attache plus particuli&#232;rement &#224; son service. Ce qu'il veut, ce qu'il exige de moi, c'est une conformit&#233; plus exacte &#224; la morale de l'Evangile qui dit &#8220;Que celui qui veut &#234;tre &#224; moi porte sa croix et qu'il me suive&#8221; -Mt 16,24- (&#8220;M&#233;ditations eucharistiques, F&#234;te de P&#226;ques, exercice pour le temps d'apr&#232;s la communion pascale&#8221;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e au Carmel, en 1751, de&lt;strong&gt; Madame de Rupelmonde&lt;/strong&gt; qui vient de perdre en quelques mois son &#233;poux, son fils de quatre ans et son p&#232;re, frappe la princesse qui assiste &#224; la c&#233;r&#233;monie de prise d'habit. &lt;strong&gt;Sa vocation se pr&#233;cise&lt;/strong&gt;, bien qu'elle ne sache pas encore vers quel ordre se diriger.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Pendant la c&#233;r&#233;monie et avant de sortir de l'&#233;glise, je pris la r&#233;solution de demander tous les jours &#224; Dieu qu'il me donn&#226;t les moyens de briser les liens qui me retenaient dans le monde, et de pouvoir &#234;tre un jour, sinon carm&#233;lite, car je n'osais me flatter d'en avoir la force, du moins religieuse dans une maison bien r&#233;guli&#232;re. (Lettre de Madame Louise, s.d.n.l., cit&#233;e par l'abb&#233; Proyart, &#8220;Vie de Madame Louise de France&#8221;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Je vais vous dire les motifs qui m'ont engag&#233;e &#224; quitter le monde, tout brillant qu'il p&#251;t &#234;tre pour moi [&#8230;] : mes p&#233;ch&#233;s, ce qu'il en a co&#251;t&#233; &#224; J&#233;sus-Christ pour nous sauver, la n&#233;cessit&#233; de la p&#233;nitence en cette vie ou en l'autre, bien difficile dans une vie ais&#233;e, surtout aimant autant ses aises que je les aimais, &lt;strong&gt;la parabole du chameau qui passerait plut&#244;t par le trou d'une aiguille qu'un riche n'entrerait dans le Royaume du Ciel&lt;/strong&gt;, la n&#233;cessit&#233; de l'aum&#244;ne qui doit s'&#233;tendre sur tout le superflu, et ce superflu pour moi &#233;tait immense, enfin le d&#233;sir de poss&#233;der Dieu &#233;ternellement et de jouir de la couronne qui nous est pr&#233;par&#233;e dans le ciel. (Lettre de Madame Louise, 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; avril 1774 , archives du carmel d'Avignon)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Carmel, auquel sa m&#232;re est attach&#233;e, l'attire. En 1762 en tous cas, elle est d&#233;termin&#233;e &#224; y entrer. Elle se procure les constitutions de Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila et une robe de bure qu'elle s'habitue &#224; porter d&#232;s qu'elle se retrouve seule dans ses appartements.&lt;strong&gt; A l'insu de tous, elle m&#232;ne au c&#339;ur du ch&#226;teau une vie monacale : sans attendre que son d&#233;sir se r&#233;alise, elle s'exerce &#224; la vie &#224; laquelle elle aspire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;J'avais pris, d&#232;s lors quelques renseignements sur la vie que m&#232;nent les carm&#233;lites et, sans avoir encore de vocation exclusive pour l'ordre dans lequel je me consacrerais au Seigneur, j'&#233;tais n&#233;anmoins assez d&#233;cid&#233;e pour le leur, &#224; moins que des difficult&#233;s insurmontables ne m'en fermassent l'entr&#233;e. (Lettre de Madame Louise, slnd, cit&#233;e par l'abb&#233; Proyart, &#8220;Vie de Madame Louise de France&#8221;) &lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II- Princesse ou Carm&#233;lite&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L300xH380/madame-louise-de-france-carmelite-ecole-francaise-0c1b4.jpg?1782937007' width='300' height='380' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4592 '&gt;&lt;strong&gt;Madame Louise de France en carmelite
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Retenue &#224; Versailles pendant de longues ann&#233;es, elle ne cherche pas de vain pr&#233;texte pour remettre &#224; plus tard l'effort quotidien de la r&#233;gularit&#233; d'une existence consacr&#233;e. Au jour le jour, tout en respectant les obligations de son rang, elle trouve l'occasion d'une &lt;strong&gt;existence humble et fid&#232;le&lt;/strong&gt;. Au fil de l'ann&#233;e liturgique elle r&#233;dige le &lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=174'&gt;&lt;strong&gt;carnet de bord de sa longue travers&#233;e du d&#233;sert&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque grande f&#234;te de la vie du Christ lui est un rep&#232;re dont elle tire enseignement de m&#234;me qu'elle s'inspire de la vie des saints pour en suivre l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;div class='hrspip'&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Mes pri&#232;res toujours pr&#233;par&#233;es par l'exercice de la pr&#233;sence de Dieu, vers qui je m'&#233;l&#232;verai par intervalles, ne souffriront plus, ou de la vivacit&#233; de mon imagination, ou de la malheureuse dissipation qu'entra&#238;nent presque n&#233;cessairement des rapport trop &#233;tendus avec le monde, ou de la trop grande occupation de soi-m&#234;me. (&#8220;M&#233;ditations eucharistiques&#8221;)&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Tout ce qui est autour de moi serait de m'inviter &#224; m'arr&#234;ter sur cette terre en apparence riante et heureuse ; tout ce qui est dans moi me dit qu'elle n'est qu'un lieu d'exil et de p&#232;lerinage&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle s'applique continuellement et sans complaisance &#224; un&lt;strong&gt; examen de conscience&lt;/strong&gt; o&#249; elle ne laisse rien &#233;chapper au regard mis&#233;ricordieux de son Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Me suis-je toujours attach&#233;e s&#233;rieusement &#224; m'examiner, &#224; me suivre de pr&#232;s, &#224; d&#233;velopper tous les motifs habituels qui dirigent mes actions, &#224; peser dans la balance du sanctuaire mes iniquit&#233;s, &#224; les d&#233;tester toutes sans r&#233;serve, sans m&#233;lange, &#224; les pr&#233;venir par des pr&#233;servatifs n&#233;cessaires, &#224; les r&#233;parer par les saintes mortifications de la p&#233;nitence, par les humiliations et les douleurs d'un repentir sinc&#232;re ? N'ai-je point eu peut-&#234;tre plus de r&#233;pugnance &#224; les accuser que de contrition en les pleurant ? Et mes communions, ne serais-je pas du nombre, du grand nombre des profanes qui, en recevant le corps du Sauveur, ne font que manger et boire leur propre jugement et condamnation ? ( &#8220;M&#233;ditations eucharistiques, Exercice pour la Communion pascale&#8221;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ceptions d'ambassadeurs, d&#238;ners officiels en public, pr&#233;sentation des dames de la Cour en grande robe noire dans la chambre de la reine, bal dans la grande galerie ou la galerie des glaces, expositions d'&#339;uvres d'art dans le salon d'Hercule, revues militaires, repr&#233;sentations de th&#233;&#226;tre ou concerts se succ&#232;dent sans que la princesse ait &#224; se soucier de l'organisation de son emploi du temps. Quand trouve-t-elle donc le loisir de se retirer dans ses appartements pour poursuivre dans le plus grand secret, au rythme de l'ann&#233;e liturgique, le silencieux dialogue qu'elle entretient jour apr&#232;s jour avec son Dieu ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Qu'est-ce que le monde avec ses enchantements pourrait jamais m'offrir de comparable aux c&#233;lestes douceurs que vous prodiguez, &#212; mon Dieu, &#224; ceux qui vous aiment.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La vie de repr&#233;sentation &#224; laquelle la contraint son rang lui p&#232;se de plus en plus. Elle en vient &#224; se sentir prisonni&#232;re dans ce ch&#226;teau o&#249; son &#226;me s'&#233;gare de demeure en demeure, dans les mirages renvoy&#233;s &#224; l'infini par les miroirs o&#249; se refl&#232;tent les scintillements du si&#232;cle des Lumi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Voyez l'esclavage o&#249; je suis, l'agitation o&#249; je vis, mes pri&#232;res g&#234;n&#233;es, mes m&#233;ditations coup&#233;es, mes d&#233;votions contrari&#233;es ; voyez les affaires temporelles dont je suis assaillie, voyez le monde qui s&#232;me sous mes pas ses pompes, ses jeux, ses spectacles, ses conversations, ses d&#233;lices, ses vanit&#233;s, ses m&#233;chancet&#233;s, ses tentations sans que je puisse ni fuir ni me d&#233;tourner. (&#8220;M&#233;ditations eucharistiques, Neuvaine &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se&#8221; )&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Dilatez, &#233;tendez dans mon &#226;me toutes les vertus religieuses. Que, d&#232;s &#224; pr&#233;sent, j'en pratique tout ce qui m'est possible. Donnez-moi des occasions fr&#233;quentes d'ob&#233;ir, de me mortifier, de m'humilier, de me confondre avec mes inf&#233;rieurs, de descendre au dessous d'eux, de fouler aux pieds le monde et ses vanit&#233;s, de glorifier Dieu sans respect humain, d'embrasser sans honte la croix de J&#233;sus-Christ, de confesser hautement sa religion et son &#201;glise, de renoncer &#224; moi-m&#234;me et &#224; toutes mes affections, [&#8230;] de me d&#233;pouiller de ma propre volont&#233;, de me r&#233;signer &#224; celle de Dieu, de m'&#233;lever &#224; lui, de le prier, de converser avec lui, de l'aller visiter au pied de ses autels, de participer &#224; sa table, d'entendre sa parole, d'assister aux offices. Multipliez toutes les occasions pareilles, je n'en perdrai pas une. Que partout, m&#234;me dans les lieux les plus consacr&#233;s au monde, je porte un c&#339;ur crucifi&#233;, un c&#339;ur de carm&#233;lite.&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4593 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L200xH269/christophe_de_beaumont_colour-b9ff9.jpg?1782937007' width='200' height='269' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4593 '&gt;&lt;strong&gt;Christophe de Beaumont
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Seul &lt;strong&gt;Christophe de Beaumont&lt;/strong&gt;, archev&#234;que de Paris, est dans la confidence. Il incite la princesse &#224; la patience. Bien que sa sant&#233; soit fragile, l&#224; n'est pas la raison de cette longue attente. Depuis le retour &#224; Versailles en 1750, vingt ans se sont &#233;coul&#233;s avant que le v&#339;u le plus cher de Louise se r&#233;alise. Elle commence &#224; se d&#233;soler d'&#234;tre ainsi sans cesse retard&#233;e dans l'accomplissement de sa vocation et s'en remet &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus dans une &lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/Neuvaine-a-sainte-Therese-de-Jesus-318.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;neuvaine&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; o&#249; elle clame son impatience.&lt;/p&gt;
&lt;div class='hrspip'&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#244; ma bonne M&#232;re, que faut-il donc de plus ? Mes jours se dissipent, mes ann&#233;es s'&#233;coulent ; h&#233;las ! Que me restera-t-il &#224; donner &#224; Dieu ? Vos filles elles-m&#234;mes ne me trouveront-elles pas trop &#226;g&#233;e ? Ouvrez-moi donc enfin, &#244; ma M&#232;re, ouvrez-moi la porte de votre maison, tracez-moi la route, frayez-moi le chemin, aplanissez-moi tout obstacle ; d&#232;s le premier pas, j'ai besoin de tous vos secours pour me d&#233;clarer &#224; celui dont le consentement m'est n&#233;cessaire ; faites-moi na&#238;tre une occasion favorable, pr&#233;parez-moi son c&#339;ur, disposez-le &#224; m'&#233;couter, d&#233;fendez-moi de sa tendresse, d&#233;fendez-moi de la mienne, donnez-moi avec le courage de lui parler, des paroles persuasives qui vainquent toutes ses r&#233;pugnances ; mettez-moi sur les l&#232;vres ce que je dois lui dire, ce que je dois lui r&#233;pondre ; parlez-lui vous-m&#234;me pour moi, et r&#233;pondez-moi pour lui. (&#8220;M&#233;ditations eucharistiques, Neuvaine &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se&#8221;) &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les deuils successifs qui frappent la famille royale la retiennent sans doute aupr&#232;s des siens. Le Dauphin, meurt en 1765, suivi deux ans plus tard par la Dauphine. Entre temps, le grand p&#232;re Stanislas Leszczynski a disparu, br&#251;l&#233; vif accidentellement. Puis c'est le tour de la reine qui s'&#233;teint en 1768. Louise n'est plus retenue &#224; la Cour que par l'affection profonde qu'elle porte &#224; son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;O&#249; sont tant de personnes que j'ai ch&#233;ries ? Si [la religion] m'a autoris&#233;e dans les premiers &#233;panchements de ma douleur, si elle me permet encore de l'&#233;couter parler dans un souvenir qui me retrace la grandeur des pertes que j'ai faites, elle m'interdit aussi tout ce qui ne serait pas assez chr&#233;tien dans cette sensibilit&#233; d'ailleurs si l&#233;gitime. Le foi m'apprend que ces s&#233;parations ne sont pas &#233;ternelles, qu'un jour viendra, o&#249;, ressuscit&#233;e avec ceux que je pleure aujourd'hui, nous nous r&#233;unirons par des n&#339;uds qui subsisteront au-del&#224; des si&#232;cles ; qu'une liaison fond&#233;e sur les droits du sang et du c&#339;ur ne porte point avec elle l'assurance de ne jamais finir sur la terre, mais qu'il est un terme o&#249; ces liens interrompus doivent se renouer d'une mani&#232;re plus pure et plus durable. (&#8220;M&#233;ditations eucharistiques, Pour le jour des morts&#8221;)&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - Le d&#233;part au Carmel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le 30 janvier 1770, Christophe de Beaumont demande audience au roi et lui annonce l'intention de sa fille de se faire carm&#233;lite. Louis XV est constern&#233;, mais connaissant la d&#233;termination de Louise il sait qu'elle ne s'engage pas sur un coup de t&#234;te : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;c'est cruel, c'est cruel, c'est cruel&lt;/em&gt; r&#233;p&#232;te-t-il &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;mais si Dieu la demande je ne puis pas la refuser, je r&#233;pondrai dans quinze jours&lt;/em&gt; (Annales du carmel de Saint-Denis, vol II, p. 3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 f&#233;vrier suivant, il accepte, la mort dans l'&#226;me. Sa lettre, dont l'original a disparu, a &#233;t&#233; pieusement recopi&#233;e dans le livre des Annales du carmel de Saint-Denis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Monsieur l'Archev&#234;que, ch&#232;re fille, m'ayant rendu compte de ce que vous lui avez dit et mand&#233;, vous a s&#251;rement rapport&#233; exactement tout ce que je lui ai r&#233;pondu. &lt;strong&gt;Si c'est pour Dieu seul, je ne puis m'opposer &#224; sa volont&#233; et &#224; votre d&#233;termination.&lt;/strong&gt; Depuis dix huit ans vous devez avoir fait toutes vos r&#233;flexions, ainsi je ne puis plus vous en demander. Il me para&#238;t que vos arrangements sont faits, vous pourrez en parler &#224; vos s&#339;urs quand vous le jugerez &#224; propos. Compi&#232;gne n'est pas possible, partout ailleurs c'est &#224; vous de d&#233;cider et je serais bien f&#226;ch&#233; de rien vous prescrire l&#224;-dessus. Jamais une belle-fille ne peut remplacer une fille, elle peut tout au plus distraire. Mon petit fils m'occupe beaucoup, il est vrai, mais comment se tournera-t-il ? J'ai fait des sacrifices forc&#233;s, celui-ci sera de volont&#233; de votre part. Dieu vous donne la force de soutenir votre nouvel &#233;tat, car une fois cette premi&#232;re d&#233;marche faite, il n'y a plus &#224; y revenir. Je vous embrasse de tout mon c&#339;ur, ch&#232;re fille, et vous donne ma b&#233;n&#233;diction. (Lettre de Louis XV &#224; Madame Louise, 16 f&#233;vrier 1771, recopi&#233;e dans les Annales du Carmel de Saint-Denis, vol. III, p. 4)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la princesse, apr&#232;s avoir tant attendu, a-telle voulu pr&#233;cipiter son d&#233;part ? La pr&#233;sentation de Madame du Barry &#224; la Cour en avril 1769 a d&#251; la convaincre qu'&#224; Versailles elle ne peut plus &#234;tre de grande utilit&#233; et que sa pri&#232;re &#224; l'abri du couvent sera d&#233;sormais la meilleure intercession pour le salut de son p&#232;re. Sinc&#232;rement chr&#233;tien, celui-ci est conscient de son indignit&#233; et de son p&#233;ch&#233;. Refusant toute hypocrisie, il a depuis longtemps renonc&#233; &#224; faire ses P&#226;ques et ne veut plus toucher les &#233;crouelles. Hant&#233; par la peur de la mort et de la damnation, il traverse parfois de longues crises de neurasth&#233;nie. Quand sa vie est mise en danger, &#224; Metz, en 1744, en pleine campagne militaire, puis en 1757, lors de l'attentat de Damiens, il fait preuve de contrition et de repentir au point de c&#233;der aux objurgations de l'&#201;glise et du clan familial de renvoyer sa ma&#238;tresse du moment. Mais le danger pass&#233;, la vie et le d&#233;sir reprennent le dessus, ou simplement l'habitude, et le besoin d'avoir pr&#232;s de lui une amie s&#251;re et fid&#232;le. La mort de Madame de Pompadour en 1764, le laisse face &#224; la solitude que ses filles s'emploient &#224; lui faire oublier par la tendresse dont elles redoublent apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de leur m&#232;re en 1768. Mais alors il a d&#233;j&#224; fait connaissance de Madame du Barry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affection qu'elle porte &#224; son p&#232;re, le d&#233;sir de le voir s'amender ont sans aucun doute pes&#233; sur la d&#233;cision de Louise :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Verra-t-il [ma r&#233;solution] sans &#234;tre touch&#233; de Dieu et sans retourner enti&#232;rement &#224; Lui ? Moi carm&#233;lite et le Roi tout &#224; Dieu !&lt;/em&gt; ( &#8220;M&#233;ditations eucharistiques, Neuvaine &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se&#8221;).&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sa vocation de carm&#233;lite pourtant, ne saurait reposer sur ce seul d&#233;sir, si louable qu'il soit. Il s'agit de la r&#233;ponse &#224; un appel entendu depuis longtemps, r&#233;ponse longuement m&#251;rie et s'enracinant dans une foi profonde et une r&#233;elle aspiration &#224; la solitude et au silence pour l'orientation de toute une vie vers l'union &#224; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;N'ai-je pas connu assez le monde, pour le d&#233;tester &#224; jamais, pour ne jamais le regretter ? J'ai consid&#233;r&#233; tant de fois une &#224; une, toutes les douceurs de cet &#233;tat, auquel je veux renoncer ! Vous m'&#234;tes t&#233;moin, &#244; mon J&#233;sus, qu'il n'en est point que j'aie balanc&#233; &#224; vous sacrifier. Vaines douceurs, douceurs pleines d'amertumes, fussent-elles mille fois plus pures, je pr&#233;f&#232;re le calice de mon Sauveur&#8230; Ne me dites point, ma Sainte m&#232;re, que je ne connais pas encore assez votre r&#232;gle. Ah ! ne m'avez-vous pas vu la lire sans cesse, la m&#233;diter, la porter toujours sur moi, en faire mes d&#233;lices ? Je ne me suis rien d&#233;guis&#233;, abaissements, pauvret&#233;, aust&#233;rit&#233;s de toutes esp&#232;ces, privations de toutes sortes, solitude, d&#233;laissement, contradictions, humiliations, m&#233;pris, mauvais traitements, j'ai mis tout au pis ; rien ne m'a effray&#233;e, j'ai compar&#233; &lt;strong&gt;l'&#233;tat de Princesse et l'&#233;tat de Carm&#233;lite, et toujours j'ai prononc&#233; que celui de Carm&#233;lite valait mieux que celui de Princesse &lt;/strong&gt; ; et jamais ce jugement ne s'effacera de mon c&#339;ur&#8230; (&#8220;M&#233;ditations eucharistiques, Neuvaine &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se&#8221;)&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1197 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L347xH133/0020r-400x261-7acfd.jpg?1782937007' width='347' height='133' alt='Sentence' title='Sentence' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Mais tandis que je m'occupe de mon c&#339;ur, que je m'en propose les vertus, et que je m'y exerce, ne me laissez pas non plus, &#244; ma sainte M&#232;re, n&#233;gliger l'&#233;tat o&#249; la Providence me retient encore, quelque court que doive &#234;tre le temps qu'elle m'y retiendra. Sugg&#233;rez-moi aussi tous les devoirs, obtenez-moi de les remplir ponctuellement avec autant d'exactitude, d'&#233;mulation, et de perfection, que si je devais &#234;tre toute ma vie ce que je suis &#224; pr&#233;sent ; multipliez aussi, sous mes mains, les occasions de faire le bien propre de cet &#233;tat, le bien que je ne pourrai plus faire dans le clo&#238;tre. H&#233;las ! qu'ai-je fait ici pour r&#233;pondre &#224; la Providence, et la justifier de m'avoir plac&#233;e, et de m'avoir tenue plus de trente ans dans ce rang d'&#233;l&#233;vation ? &#212; mon Dieu ! Remplissez le peu de jours qui me restent de cette grandeur, et que de leur pl&#233;nitude soient combl&#233;s tous les vides de ma vie pass&#233;e. Donnez-moi dans ce court espace de temps de servir la Religion, l'Eglise et l'Etat ; de tirer de la mis&#232;re tous les malheureux, de soutenir, de ranimer, d'encourager la pi&#233;t&#233;, de prot&#233;ger l'innocence opprim&#233;e, d'imposer un silence &#233;ternel &#224; la calomnie et &#224; la m&#233;disance, de vous gagner toute ma maison, d'&#233;difier toute la Cour ; et avant de m'enfermer pour travailler uniquement &#224; mon salut, d'avoir procur&#233; celui de tous ceux &#224; qui l'&#233;l&#233;vation dont je descends m'aura donn&#233;e en spectacle.&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - L'entourage familial &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Mesdames cadettes reviennent &#224; Versailles Louis XV est &#226;g&#233; de quarante ans. En pleine maturit&#233;, il est alors encore sans aucun doute le plus bel homme de tout le royaume. Sa prestance lui donne un air de majest&#233; qui ne peut qu'intimider au premier abord. Vers le milieu de ce si&#232;cle, son cr&#233;dit commence cependant &#224; d&#233;cro&#238;tre : bient&#244;t il ne sera plus le roi &#171; Bien aim&#233; &#187; de ses peuples. A Versailles, tout en veillant &#224; reproduire scrupuleusement le c&#233;r&#233;monial voulu par Louis XIV, il am&#233;liore l'espace de vie priv&#233;e que s'&#233;tait d&#233;j&#224; am&#233;nag&#233; son a&#239;eul &#224; partir de 1680. Ainsi &#224; certaines heures, peut-il &#233;chapper au rituel et &#224; la repr&#233;sentation dans ses appartements int&#233;rieurs, au premier &#233;tage, donnant sur la cour de marbre et la cour royale. Mieux encore, dans les petits appartements priv&#233;s am&#233;nag&#233;s au second &#233;tage ou dans les combles, seuls les intimes sont admis. Ce mode de vie ne fait qu'accentuer la s&#233;paration du couple royal. Avant m&#234;me d'avoir seize ans, Louis a &#233;t&#233; mari&#233; &#224; une obscure petite princesse, fille du roi d&#233;tr&#244;n&#233; de Pologne dont il n'avait fait la connaissance que la veille. Bien qu'&#233;pris, dans les premi&#232;res ann&#233;es, de cette &#233;pouse de sept ans son a&#238;n&#233;e, il ne trouve pas aupr&#232;s d'elle le r&#233;confort d'une affection maternelle dont, orphelin de ses deux parents &#224; l'&#226;ge de deux ans, il a cruellement manqu&#233;. Pas plus Marie ne lui offre-t-elle le chaleureux refuge d'un foyer et d'une tendre complicit&#233;. Il respecte la reine, qui remplit de fa&#231;on exemplaire ses devoirs mais cesse toute relation avec elle l'ann&#233;e qui suit la naissance de Louise. Entre temps deux gar&#231;ons sont n&#233;s, le Dauphin en 1729 puis le duc d'Anjou qui n'a v&#233;cu que trois ans. L'avenir du tr&#244;ne repose donc sur le seul fils du couple royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1733, Louis XV prend une ma&#238;tresse. Trois s&#339;urs se succ&#232;dent d'abord dans ses faveurs, puis vient la d&#233;licieuse Madame d'Etiolles. Mais derri&#232;re l'apparence de s&#233;ducteur se cache en v&#233;rit&#233; un homme timide, introverti et dont la grande r&#233;serve va jusqu'&#224; la dissimulation : &#171; Le caract&#232;re de notre ma&#238;tre est peut-&#234;tre plus difficile &#224; d&#233;peindre qu'on ne se l'imagine ; c'est un caract&#232;re cach&#233; non seulement imp&#233;n&#233;trable dans son secret, mais encore tr&#232;s souvent dans les mouvements qui se passent dans son &#226;me &#187; (duc de Luynes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rares, mais combien pr&#233;cieux sont les moments pass&#233;s avec &#034;papa-roi&#034; qui a affubl&#233; ses quatre filles cadettes, selon la mode du temps, de surnoms affectueux et ridicules : Torche (Ad&#233;la&#239;de), Coche (Victoire), Graille (Sophie) et Chiffe (Louise). Les visites que ses enfants rendent chaque jour &#224; Louis XV sont entour&#233;es de tout un c&#233;r&#233;monial :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Tous les soirs &#224; six heures, Mesdames interrompaient la lecture que je leur faisais pour se rendre avec les jeunes princes chez Louis XV : cette visite s'appelait le &#171; d&#233;botter du Roi &#187; et s'accompagnait d'une sorte d'&#233;tiquette. Les princesses passaient un &#233;norme panier qui portait une jupe chamarr&#233;e d'or ou de broderies ; elles attachaient autour de leur taille une longue queue et cachaient le n&#233;glig&#233; du reste de leur habillement par un grand mantelet de taffetas noir qui les enveloppait jusque sous le menton. Les chevaliers d'honneur, les dames, les pages, les &#233;cuyers, les huissiers portant de gros flambeaux les accompagnaient chez le roi. En un instant, tout le palais, habituellement solitaire, se trouvait en mouvement ; le roi baisait chaque princesse au front et la visite &#233;tait si courte que la lecture interrompue [&#8230;] recommen&#231;ait souvent au bout d'un quart d'heure. (M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Campan, &#034;M&#233;moires&#034;) &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; partir de l'automne 1750, Louis XV prend l'habitude de convier r&#233;guli&#232;rement ses enfants &#224; souper avec lui dans ses appartements priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Quant &#224; Louis XV, il essaye, malgr&#233; les devoirs de sa charge de trouver des moments d'intimit&#233; avec ses enfants. En v&#233;rit&#233;, rien n'est plus touchant que ces entrevues, la tendresse du roi pour ses enfants est incroyable et ils y r&#233;pondent de tout leur c&#339;ur&lt;/em&gt; (Lettre de Madame de Pompadour &#224; son fr&#232;re, 20 octobre 1750)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les princesses admirent aussi la reine et leur fr&#232;re, qui leur semblent des mod&#232;les de vertu dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la frivolit&#233; est de bon ton.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Quand Mesdames, fort jeunes encore, furent revenues &#224; la Cour, elles jouirent de l'amiti&#233; de Monseigneur le Dauphin et profit&#232;rent de ses conseils. Elles se livr&#232;rent avec ardeur &#224; l'&#233;tude et y consacr&#232;rent presque tout leur temps. (Madame Campan, &#171; M&#233;moires &#187;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Entour&#233; de l'admiration de ses s&#339;urs et de leur affection le Dauphin &#233;tait un homme de cabinet, cultiv&#233; et grand amateur de musique, il pr&#233;f&#233;rait la conversation &#224; tout autre plaisir, notamment ceux de la chasse, du bal ou du spectacle. Il go&#251;tait l'intimit&#233; familiale &#224; la fa&#231;on d'un prince bourgeois, surveillant de pr&#232;s l'&#233;ducation de ses enfants, et passait de longues heures &#224; lire dans son cabinet, tandis que sa femme, Marie-Jos&#232;phe de Saxe, toute d&#233;vou&#233;e &#224; lui assurer une abondante post&#233;rit&#233;, brodait &#224; ses c&#244;t&#233;s. Mais Louis XV, tout en l'admettant au Conseil, ne lui accorda jamais une grande responsabilit&#233; : peut&#8211;&#234;tre y &#233;tait-il d'autant moins dispos&#233; qu'il percevait chez son fils, tr&#232;s pieux, une sourde r&#233;probation de sa conduite [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ardent partisan de la Compagnie de J&#233;sus, comme sa m&#232;re et ses s&#339;urs, [le Dauphin] avait adopt&#233; sa spiritualit&#233; et ses d&#233;votions, notamment le culte du Sacr&#233; C&#339;ur. Inlassablement, il avait sollicit&#233; Rome avec la reine, pour que sa f&#234;te f&#251;t officiellement reconnue par l'Eglise. Il devait obtenir gain de cause en 1765.&#171; (Bernard Hours, &#187;Madame Louise princesse au carmel&#034;, Cerf, 1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la Reine, femme de devoir, elle manifeste peu ses sentiments. Elle dira cependant de sa fille cadette : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;je n'aime pas seulement Louise, je la respecte.&lt;/em&gt; La princesse &#233;prouve aussi une grande admiration envers elle et souhaite suivre son exemple.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;J'admirais souvent comment la Reine, qui avait de grands devoirs &#224; remplir, et auxquels elle &#233;tait tr&#232;s fid&#232;le, avait su se mettre en libert&#233; et vivre comme une sainte au milieu de la Cour. J'aurais souvent d&#233;sir&#233; &#234;tre aupr&#232;s d'elle plus longtemps et plus particuli&#232;rement avec elle ; mais il y a des usages &#224; la Cour auxquels il faut faire plier jusqu'aux sentiments de la nature. J'aurais voulu lui ressembler. (Lettre de Madame Louise, slnd, cit&#233;e par l'abb&#233; Proyart, &#171; Vie de Madame Louise de France &#187;) &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;De m&#234;me Louise est-elle &#233;difi&#233;e par la conduite de sa s&#339;ur Henriette dont la mort, survenue en 1752, l'affecte profond&#233;ment. Henriette vivait comme la Reine. Tout le monde disait que c'&#233;tait une sainte et ce que nous en voyions nous le disait aussi. Sa mort me fit la plus grande impression. Je sentais combien il &#233;tait doux de mourir aussi saintement qu'elle, mais ma vie &#233;tait bien diff&#233;rente de la sienne, et j'avais grand peur de mourir avant d'avoir commenc&#233; &#224; mieux vivre. (Lettre de Madame Louise, slnd, cit&#233;e par l'abb&#233; Proyart, &#171; Vie de Madame Louise de France &#187;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tomb&#233;e malade &#224; Versailles, le jour de la Chandeleur, la princesse, atteinte de tuberculose intestinale, meurt le 10 f&#233;vrier, &#224; l'&#226;ge de vingt quatre ans. Imm&#233;diatement elle est transport&#233;e aux Tuileries, assise au fond de son carrosse, le visage maquill&#233;, le corps maintenu par des sangles. La coutume veut en effet que l'on ne meure pas au ch&#226;teau. L'enterrement a lieu le Jeudi saint dans la basilique de Saint-Denis, n&#233;cropole royale. L'oraison fun&#232;bre prononc&#233;e par Monseigneur Poncet de la Rivi&#232;re &#233;voque la caducit&#233; de l'existence. Madame Louise y fait ici &#233;cho : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je m'applique &#224; consid&#233;rer les caducit&#233;s des grandeurs de ce monde, la rapidit&#233; avec laquelle elles s'&#233;vanouissent, le peu qu'il faut pour les enlever, &#224; quoi elles se terminent ; une pompeuse d&#233;coration, un &#233;loge fun&#232;bre, un lugubre c&#233;r&#233;monial, tristes restes des vains honneurs qui ont &#233;t&#233; rendus pendant la vie.&lt;/em&gt; (&#171; M&#233;ditations eucharistiques, Exercice pour une Communion anniversaire, &#224; l'occasion des devoirs de charit&#233; rendus aux morts &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henriette morte, Madame Elisabeth ayant quitt&#233; la Cour apr&#232;s son mariage avec l'Infant d'Espagne (1739), restent les quatre plus jeunes. Tout enfant d&#233;j&#224;, refusant de quitter la Cour pour Fontevraud, Ad&#233;la&#239;de s'&#233;tait signal&#233;e par une force de caract&#232;re qui ne fera que s'accentuer avec l'&#226;ge. Sa personnalit&#233; efface celles de ses deux cadettes, Victoire et Sophie. Seule, Madame Louise aurait pu face &#224; elle s'affirmer par la vigueur de son temp&#233;rament. Mais tout en accomplissant avec ponctualit&#233; tous les devoirs de son &#233;tat elle ne tend qu'&#224; la solitude d'une vie cach&#233;e en Dieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Contexte historique et chronologie</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Contexte-historique-2114.html</link>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

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&lt;p&gt;I - La nouvelle g&#233;n&#233;ration En 1770, quand Madame Louise quitte Versailles, le duc de Berry n'a pas encore 16 ans. Il est n&#233; du second mariage du Dauphin avec Marie-Jos&#232;phe de Saxe ; son fr&#232;re a&#238;n&#233;, le duc de Bourgogne, est mort pr&#233;matur&#233;ment, de tuberculose intestinale. En d&#233;cembre 1765, par le d&#233;c&#232;s de son p&#232;re que suit de peu celui de sa m&#232;re, il est devenu, &#224; l'&#226;ge de 11 ans, l'h&#233;ritier pr&#233;somptif du tr&#244;ne. Son &#233;ducation, confi&#233;e depuis 1760 au duc de La Vauguyon, s'oriente alors (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - La nouvelle g&#233;n&#233;ration&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4591 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L300xH375/800px-danloux_-_charles_ferdinand_d_artois__1778-1820__duc_de_berry-11da7.jpg?1782937007' width='300' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4591 '&gt;&lt;strong&gt;Le duc de Berry
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1770, quand &lt;strong&gt;Madame Louise&lt;/strong&gt; quitte Versailles, le duc de Berry n'a pas encore 16 ans. Il est n&#233; du second mariage du Dauphin avec Marie-Jos&#232;phe de Saxe ; son fr&#232;re a&#238;n&#233;, le duc de Bourgogne, est mort pr&#233;matur&#233;ment, de tuberculose intestinale. En d&#233;cembre 1765, par le d&#233;c&#232;s de son p&#232;re que suit de peu celui de sa m&#232;re, il est devenu, &#224; l'&#226;ge de 11 ans, l'h&#233;ritier pr&#233;somptif du tr&#244;ne. Son &#233;ducation, confi&#233;e depuis 1760 au duc de La Vauguyon, s'oriente alors nettement vers la formation d'un futur roi. Malingre, myope, timide et r&#233;serv&#233;, le jeune homme n'a certes pas l'&#233;toffe de son a&#239;eul Louis XIV, pas m&#234;me celle de son grand p&#232;re, Louis XV. Mais il est loin d'&#234;tre l'imb&#233;cile que certains portraits r&#233;ducteurs et caricaturaux le font para&#238;tre. La chasse &#224; laquelle il s'adonne avec passion, la serrurerie qu'il pratique avec m&#233;ticulosit&#233;, lui permettent de se d&#233;penser physiquement et de se d&#233;lasser. Ses lectures, ses centres d'int&#233;r&#234;ts r&#233;v&#232;leraient plut&#244;t un &#171; honn&#234;te homme &#187;. Ouvert aux id&#233;es nouvelles, il s'int&#233;resse &#224; la pens&#233;e des philosophes, avec une pr&#233;dilection pour Montesquieu. Curieux de sciences et de d&#233;couvertes, une fois roi, il commanditera et suivra avec attention, les exp&#233;ditions de Bougainville et de La P&#233;rouse autour du monde. Lucide cependant, d&#232;s l'adolescence il avoue une certaine paresse d'esprit, une certaine indolence, contre lesquelles il se promet de lutter. Soucieux du bien public, il s'entourera de conseillers en vue de r&#233;former la soci&#233;t&#233;, mais manquera, pour imposer ses d&#233;cisions, de l'autorit&#233; qui sied au gouvernement des peuples. Accueilli avec espoir au lendemain de la mort de Louis XV, il restera, m&#234;me au d&#233;but de la R&#233;volution, consid&#233;r&#233; comme le P&#232;re de la nation. La fuite &#224; Varennes, le d&#233;consid&#233;rera d&#233;finitivement aux yeux de l'opinion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e du d&#233;part de sa tante pour le carmel, le duc de Berry est fianc&#233; avec une jeune princesse autrichienne fille de &lt;strong&gt;Marie-Th&#233;r&#232;se de Habsbourg&lt;/strong&gt;. Ce mariage tend &#224; consolider l'alliance entre deux puissances longtemps ennemies et confirme le retournement de la diplomatie fran&#231;aise inaugur&#233; en 1756. A quatorze ans et demi, Antonia est une toute jeune fille, charmante, mais fantasque, l&#233;g&#232;re, insouciante. Son pr&#233;cepteur, l'abb&#233; Vermond, envoy&#233; de France, pour parfaire une &#233;ducation plus que lacunaire, a vite compris que pour lui enseigner quelque chose il faut le faire comme par jeu. Cette femme-enfant n'est gu&#232;re pr&#233;par&#233;e &#224; devenir reine de France. Arrach&#233;e &#224; Sch&#246;nbrunn, elle d&#233;couvre la Cour de Versailles qui l'&#233;blouit un temps par sa magnificence. Mais l'&#233;tiquette y est si s&#233;v&#232;re, les intrigues si fr&#233;quentes qu'elle s'y sent prisonni&#232;re et s'en &#233;vade pour se distraire avec sa coterie d'amis, &#233;chappant par l&#224;-m&#234;me &#224; un devoir matrimonial qui la rebute. Apr&#232;s huit ann&#233;es d'union st&#233;rile, une fois m&#232;re, et excellente m&#232;re, elle se r&#233;fugie au petit Trianon, cadeau de son &#233;poux, o&#249; elle trouve un havre de paix. Tout pr&#232;s de l'ancien pavillon de Madame de Pompadour, elle fait construire par Richard Mique le petit hameau. L&#224;, elle souhaite tout autant &#233;lever ses enfants &#171; selon l'esprit de nature &#187;, que jouer aux berg&#232;res dans un d&#233;cor d'op&#233;rette. Le refus de tenir son rang, ses d&#233;penses, ses caprices voire ses &#171; d&#233;bordements &#187;, sont d&#233;nonc&#233;s par les pamphl&#233;taires qui focalisent sur elle la haine autrefois r&#233;serv&#233;e aux ma&#238;tresses royales. Mais son origine surtout, fait na&#238;tre dans l'opinion le soup&#231;on qu'elle est rest&#233;e toujours solidaire de son pays et suscitera bient&#244;t la haine contre &#171; l'Autrichienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e en 1764, &#171; &lt;strong&gt;Babet&lt;/strong&gt; &#187;, dernier enfant du Dauphin Louis et de Marie Jos&#232;phe de Saxe, devint orpheline &#224; l'&#226;ge de trois ans. Tr&#232;s pieuse, bonne et charitable, mais d'une grande force de caract&#232;re, elle a aussi une haute id&#233;e de son rang. Dou&#233;e pour l'&#233;tude, passionn&#233;e de botanique, amateur de grandes courses en for&#234;t elle s'est aussi initi&#233;e aux agr&#233;ments de la vie &#224; la Cour o&#249; elle est appr&#233;ci&#233;e pour son charme et sa vivacit&#233; joyeuse et o&#249; d&#232;s l'&#226;ge de 14 ans elle est jug&#233;e apte &#224; se voir attribuer une Maison. En 1770, quand Madame Louise quitte Versailles, Elisabeth n'est encore qu'une toute petite fille. Par la suite, ses fr&#233;quentes visites &#224; Saint-Denis, laissent &#224; penser qu'elle souhaite y rejoindre sa tante. Madame Louise elle-m&#234;me d&#233;c&#232;le en elle &#171; par la gr&#226;ce de Dieu, une volont&#233; bien d&#233;cid&#233;e d'&#234;tre &#224; lui. &#187; Mais elle d&#233;ment cependant la rumeur qui se r&#233;pand : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Il n'est point vrai qu'Elisabeth demande &#224; se faire carm&#233;lite, quoique le bruit en ait couru partout. J'en serais fort aise car bien s&#251;rement c'est l'&#233;tat le plus heureux, sans compter la vie future.&lt;/em&gt; &#187; (lettre &#224; S&#339;ur Marie-Anne-Bernard de Sainte Th&#233;r&#232;se, 2 ao&#251;t 1782). Tr&#232;s attach&#233;e &#224; ses trois fr&#232;res -(les deux autres : Provence et Artois r&#232;gneront sous les noms de Louis XVIII et Charles X)- Madame Elisabeth &#233;prouve un respect m&#234;l&#233; de tendresse pour Louis XVI. Refusant les partis qui s'offrent &#224; elle, elle renonce aussi au couvent pour rester proche de sa famille depuis son domaine de Montreuil, re&#231;u en cadeau du roi en 1782. A partir de mai 1789, elle d&#233;cide de ne plus quitter Versailles et suit d&#233;sormais partout la famille royale jusqu'&#224; la prison du Temple o&#249; elle devient la seule compagne de Marie-Antoinette apr&#232;s la mort du roi. C'est &#224; elle que la reine, lors de la nuit pr&#233;c&#233;dant son ex&#233;cution, adresse une lettre bouleversante lui confiant ses enfants. Elle ne la recevra jamais et meurt elle-m&#234;me sur l'&#233;chafaud le 10 mai 1794.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Les Lumi&#232;res du Si&#232;cle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Revenue en octobre 1750 &#224; Versailles, avec sa s&#339;ur Sophie, Louise restera &#224; la Cour jusqu'en 1770. L'&#233;tat du personnel employ&#233; au service de sa Chambre donne une id&#233;e du nombre des personnes qui s'empressent autour des princesses ou continuent de recevoir leurs gages, m&#234;me une fois leur service termin&#233;, comme Anne d'Hoppen, la nourrice. Pour la seule Chambre de Mesdames cadettes, on trouve mentionn&#233;s douze femmes de chambre, deux valets, une coiffeuse, une faiseuse et empeseuse de collerettes, une blanchisseuse, des valets et gar&#231;ons de chambre, des valets de garde robe, un portefaix, un argentier. Il faut y ajouter l'&#233;cuyer et le portemanteau qui sont au service de chacune des princesse, la dame d'honneur, Madame de Duras, et la Dame d'atours, la marquise de Clermont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre &#233;blouie par tout ce faste, Louise observe et se tient &#224; distance des querelles et des intrigues. Il lui faut pourtant, comme son fr&#232;re et ses s&#339;urs, composer avec Madame de Pompadour qui r&#232;gne sur le c&#339;ur du roi. Succ&#233;dant aux trois s&#339;urs de Nesles, Jeanne-Antoinette, n&#233;e Poisson, devenue par son mariage Madame d'Etiolles, a rencontr&#233; le roi lors de ses chasses en for&#234;t de S&#233;nart. Les apparitions de la jeune femme conduisant son cabriolet au d&#233;tours des all&#233;es, ne sont pas tout &#224; fait fortuites. Elle habite &#224; l'or&#233;e de ces bois, et sait fort bien que le roi les parcourt souvent. Toute petite encore, ne s'&#233;tait-elle pas laiss&#233; dire par une diseuse de bonne aventure qu'un jour elle serait sa ma&#238;tresse ? Une telle perspective n'est pas pour effaroucher l'ambitieuse et charmante demoiselle dont la m&#232;re d&#233;fraye depuis longtemps la chronique pas ses aventures amoureuses au point que l'on h&#233;site sur l'identit&#233; de son v&#233;ritable p&#232;re. Celui que la loi d&#233;signe comme tel travaille pour les milieux de la haute finance et la fourniture des arm&#233;es. Constamment en d&#233;placement, il a veill&#233; cependant &#224; l'&#233;ducation de sa fille : confi&#233;e d'abord aux religieuses ursulines de Poissy, puis parfaite dans les salons parisiens fr&#233;quent&#233;s par les meilleurs esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune femme n'est pas seulement belle, mais aussi intelligente, cultiv&#233;e et raffin&#233;e. Louis XV s'attache &#224; elle au point de la pr&#233;senter officiellement en 1745, sous le titre de marquise de Pompadour. C'est l&#224; objet de scandale, non pas que le monarque s'enfonce dans l'adult&#232;re, mais bien plut&#244;t qu'il prenne sa favorite hors de &#171; ce pays-ci &#187;, selon la formule d&#233;signant la Cour. Une tendre complicit&#233; succ&#233;dant &#224; la passion subsiste entre le roi et Madame de Pompadour, qui bravant tous les obstacles hi&#233;rarchiques parvient &#224; obtenir en 1752 le rang de duchesse, c'est &#224; dire le droit de s'asseoir en pr&#233;sence des souverains. En 1756 elle est admise comme dame du palais de la reine. Celle-ci s'accommode tant bien que mal de la pr&#233;sence de sa rivale : &#171; autant celle-l&#224; qu'une autre ! &#187; La d&#233;f&#233;rence dont elle fait toujours preuve &#224; son &#233;gard finit par susciter de la part de Marie une certaine estime pour la favorite. Les enfants royaux, d'abord tout &#224; fait hostiles adoptent une attitude polie. De la guerre feutr&#233;e aux relations de simple courtoisie, Mesdames, quant &#224; elles, passent par quelques tentatives de rapprochement mais s'insurgent quand Madame de Pompadour pr&#233;tend s'installer dans l'appartement du rez-de-chauss&#233;e de l'aile nord du ch&#226;teau qu'elles souhaitent elles-m&#234;mes investir. Elles devront patienter jusqu'&#224; la mort de la favorite pour se voir attribuer la totalit&#233; des pi&#232;ces situ&#233;es juste sous l'appartement int&#233;rieur de leur p&#232;re. C'est dire toute l'influence de Madame de Pompadour. Si elle ne joue jamais le r&#244;le de premier ministre aupr&#232;s de lui, elle est sa confidente de tous les instants, sa conseill&#232;re, et exerce sur les arts et la culture une influence certaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisant partie de la suite de Madame Victoire venue &#224; la rencontre de ses cadettes &#224; Bouron, la favorite est l'une des premi&#232;res &#224; voir Louise qui lui fait plut&#244;t bonne impression : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Madame Louise est grande comme rien, point form&#233;e, les traits plut&#244;t mal que bien, avec cela une physionomie fine qui pla&#238;t beaucoup plus que si elle &#233;tait belle.&lt;/em&gt; (Madame de Pompadour, Lettre &#224; son fr&#232;re M. de Vandi&#232;res, 20 oct. 1750. BnF, coll. Morrisson, vol. III K-L) A la Cour, les fillettes sont attendues avec curiosit&#233;. Louise passe pour &#034;fort jolie, gaie avec de l'esprit&#034; (Barbier, &#8220;Journal&#8221;,t. III) ; &#034;petite sans doute, mais avec beaucoup de physionomie&#034; (duc de Luynes, &#8220;M&#233;moires&#8221;, t. X)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces propos tenus par sa s&#339;ur laissent &#224; penser que c'est bien sans illusion et avec un regard lucide que Madame Louise a fait son entr&#233;e dans le monde : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'une jeune personne entre dans le monde, que de dangers, Grand Dieu, naissent sous ses pas. Elle s'expose &#224; &#234;tre libre avec celles qui n'ont pas de retenue, railleuse et m&#233;disante avec celles qui ont de mauvaises langues, joueuse et dissipatrice avec celles qui font profession ouverte de jouer, les fain&#233;antes la porteront &#224; l'oisivet&#233;, les capricieuses &#224; la bizarrerie, les opini&#226;tres &#224; l'ent&#234;tement, les hypocrites &#224; la dissimulation, les ind&#233;votes &#224; l'impi&#233;t&#233;.&lt;/em&gt; (Sermon de Madame Sophie, archives du S&#233;minaire de Saint-Sulpice)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, malgr&#233; l'apparat et le faste, la vie &#224; la Cour est d'un ennui mortel. M&#234;me all&#233;g&#233;e depuis la mort de Louis XIV, l'&#233;tiquette s'y r&#233;v&#232;le extr&#234;mement contraignante. &lt;strong&gt;L'existence des princesses est d'une languissante monotonie. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bal, au spectacle, aux r&#233;ceptions, aux repas pris en public, il faut para&#238;tre par devoir plus que par plaisir : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je sentais que j'avais besoin de repos, mais l'heure du jeu &#233;tait venue, j'allais au jeu par complaisance. Suivait l'heure du spectacle, la complaisance m'y conduisait encore et je m'y endormais de lassitude. Ce train de vie me fatiguait et m'&#233;chauffait le sang. Mais j'&#233;tais &#224; la Cour, et je le faisais sans me plaindre, contre mes inclinations et au pr&#233;judice de ma sant&#233;.&lt;/em&gt; (Cit&#233; par l'abb&#233; Proyart, &#171; Vie de Madame Louise de France &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louise ne faillit cependant pas &#224; ses obligations. Elle s'astreint scrupuleusement &#224; remplir les devoirs qui incombent &#224; son rang, mais elle suit volontiers les chasses du roi. A Choisy au printemps, &#224; Compi&#232;gne l'&#233;t&#233;, &#224; Fontainebleau en automne, la cour se d&#233;place au fil des saisons. Excellente cavali&#232;re, elle suit son p&#232;re dans les parties de chasse qu'il pr&#233;pare lui-m&#234;me avec soin faisant l'admiration de ses officiers de v&#233;nerie. La princesse se rend aussi chaque printemps &#224; la plaine des Sablons pour y assister &#224; la revue des gardes fran&#231;aises et suisses. De la voiture qu'elle partage avec ses s&#339;urs, elle peut voir son p&#232;re et son fr&#232;re, le Dauphin, inspecter les troupes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Condamn&#233;e &#224; couler mes jours dans ce monde, v&#233;ritable exil pour moi &#8230; je dois m'y regarder comme &#233;trang&#232;re, comme captive.&#171; M&#233;ditations eucharistiques &#187;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - Chronologie&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;15 juillet 1737&lt;/strong&gt; : Naissance de Louise-Marie, Madame Septi&#232;me n&#233;e Huiti&#232;me, (en 1728 une premi&#232;re petite Louise-Marie &#233;tait n&#233;e, morte en f&#233;vrier 1733), dixi&#232;me et dernier enfant du couple royal.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;16 juin 1738&lt;/strong&gt; : D&#233;part de Mesdames cadettes (Victoire, Sophie et Louise) pour Fontevraud.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;20 d&#233;cembre&lt;/strong&gt; : Bapt&#234;me de Louise.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;26 ao&#251;t 1739 &lt;/strong&gt; : Mariage de Madame Elisabeth avec l'Infant Dom Philippe (futur duc de Parme).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1740&lt;/strong&gt; : Guerre de succession d'Autriche.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1743 &lt;/strong&gt; : D&#233;but du r&#232;gne personnel de Louis XV.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;23 f&#233;vrier 1745 &lt;/strong&gt; : Mariage du Dauphin Louis, et de Marie-Th&#233;r&#232;se, infante d'Espagne.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;11 mai&lt;/strong&gt; : Victoire de Fontenoy.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;15 ao&#251;t&lt;/strong&gt; : Confirmation de Louise et de ses s&#339;urs &#224; Fontevraud.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;14 septembre&lt;/strong&gt; : Pr&#233;sentation de Madame de Pompadour &#224; la Cour.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 juillet 1746&lt;/strong&gt; : Mort de Marie-Th&#233;r&#232;se, Dauphine.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;9 f&#233;vrier 1747 &lt;/strong&gt; : Second mariage du Dauphin avec Marie-Jos&#232;phe de Saxe.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;28 octobre 1748&lt;/strong&gt; : Fin de la guerre de Succession d'Autriche.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;21 novembre&lt;/strong&gt; : Premi&#232;re communion de Madame Louise.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;14-18 octobre 1750&lt;/strong&gt; : Retour de Mesdames Sophie et Louise &#224; la Cour (Victoire les a pr&#233;c&#233;d&#233;es d'un an).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1751&lt;/strong&gt; :Publication du Premier volume de l'&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Encyclop&#233;die&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;13 septembre&lt;/strong&gt; : Naissance du duc de Bourgogne, fils du Dauphin.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;10 f&#233;vrier 1752&lt;/strong&gt; : Mort de Madame Henriette (Ad&#233;la&#239;de devient &#171; Madame &#187;).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;7 octobre&lt;/strong&gt; : Prise d'habit de Madame de Rupelmonde au carmel de la rue de Grenelle sous le nom de s&#339;ur Tha&#239;s de J&#233;sus.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;8 sept. 1753&lt;/strong&gt; : Naissance du duc d'Aquitaine, second fils du Dauphin.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 f&#233;vrier 1754 &lt;/strong&gt; : Mort du duc d'Aquitaine.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;23 ao&#251;t &lt;/strong&gt; : Naissance du duc de Berry, troisi&#232;me fils du dauphin (futur Louis XVI).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;17 nov. 1755&lt;/strong&gt; : Naissance de Louis-Stanislas-Xavier, fils du Dauphin, comte de Provence (futur Louis XVIII).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1756 &lt;/strong&gt; : Guerre de Sept ans.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;5 janvier 1757&lt;/strong&gt; : Attentat de Damiens.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;9 oct&lt;/strong&gt; : Naissance de Charles-Philippe, comte d'Artois, fils du Dauphin (futur Charles X).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;6 d&#233;c. 1759&lt;/strong&gt; : Mort de Madame Infante (Madame Elisabeth).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 mars 1761 &lt;/strong&gt; : Mort de Louis-Joseph-Xavier, duc de Bourgogne.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1762&lt;/strong&gt; : Affaire Calas.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1763 &lt;/strong&gt; : Fin de la guerre de Sept ans.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;15 avril 1764&lt;/strong&gt; : Mort de Madame de Pompadour.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;26 nov.&lt;/strong&gt; : Edit supprimant l'Ordre des J&#233;suites en France.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;20 d&#233;c. 1765 &lt;/strong&gt; : Mort du Dauphin.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;23 f&#233;vrier 1766&lt;/strong&gt; : Mort de Stanislas Leszczynski.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;13 mars 1767 &lt;/strong&gt; : Mort de Marie-Jos&#232;phe de Saxe.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;24 juin 1768 &lt;/strong&gt; : Mort de Marie Leszczynska.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 avril 1769 &lt;/strong&gt; : Pr&#233;sentation de Madame du Barry &#224; la Cour.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;30 Janvier 1770 &lt;/strong&gt; : Monseigneur de Beaumont annonce &#224; Louis XV la d&#233;cision de Madame Louise d'entrer au Carmel.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;16 f&#233;vrier 1770 &lt;/strong&gt; : Lettre de Louis XV &#224; sa fille.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;11 avril&lt;/strong&gt; : Entr&#233;e de Madame Louise au Carmel.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;16 mai&lt;/strong&gt; : Mariage du Dauphin et de Marie-Antoinette.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;10 septembre&lt;/strong&gt; : Prise d'habit de Madame Louise, S&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;12 septembre 1771&lt;/strong&gt; : Profession de s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre&lt;/strong&gt; : Prise de voile de s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;2 octobre&lt;/strong&gt; : Nomination de s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin comme ma&#238;tresse des novices.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;d&#233;cembre &lt;/strong&gt; : Nomination de s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin comme d&#233;positaire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;27 novembre 1773&lt;/strong&gt; : Election de s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin comme Prieure.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;10 mai 1774&lt;/strong&gt; : Mort de Louis XV.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;11 juin &lt;/strong&gt; : Sacre de Louis XVI.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 septembre&lt;/strong&gt; : Mort du Pape Cl&#233;ment XIV.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1775&lt;/strong&gt; : Visite &#224; Saint-Denis de l'archiduc Maximilien d'Autriche, fr&#232;re de Marie-Antoinette.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;15 f&#233;vrier&lt;/strong&gt; : Election de Pie VI.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;5 juillet&lt;/strong&gt; : Retour au carmel de Saint-Denis de la s&#339;ur Marie-Marthe, sortie au moment de la &#171; crise &#187; jans&#233;niste.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;d&#233;c. 1776&lt;/strong&gt; : R&#233;&#233;lection de M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin comme Prieure.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;17 mai 1777 &lt;/strong&gt; : Visite &#224; Saint-Denis de l'empereur Joseph II sous le nom de comte de Falkenstein.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1778&lt;/strong&gt; : Trait&#233; entre la France et les Insurgents am&#233;ricains.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;15 septembre &lt;/strong&gt; : Pose de la premi&#232;re pierre du r&#233;fectoire du carmel par Mesdames Ad&#233;la&#239;de, Victoire et Sophie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;30 novembre&lt;/strong&gt; : Nomination de s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin comme d&#233;positaire, M&#232;re Julie de Mac-Mahon &#233;lue Prieure.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;19 mai 1781 &lt;/strong&gt; : Disgr&#226;ce de Necker.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 octobre &lt;/strong&gt; : Naissance de Louis-Joseph-Xavier, Dauphin, fils de Louis XVI.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;29 novembre&lt;/strong&gt; : Edit de Joseph II, empereur d'Autriche, supprimant les ordres contemplatifs dans ses &#201;tats.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;3 mars 1782&lt;/strong&gt; : Mort de Madame Sophie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre&lt;/strong&gt; : R&#233;&#233;lection de M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin comme d&#233;positaire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;10 mai 1783&lt;/strong&gt; : Annonce aux carm&#233;lites de Bruxelles du d&#233;cret supprimant leur monast&#232;re.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;14 juin &lt;/strong&gt; : Arriv&#233;e des treize carm&#233;lites de Bruxelles &#224; Saint-Denis.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;10 novembre&lt;/strong&gt; : Ascension de Montgolfier et de Pil&#226;tre de Rozier en ballon.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1785 &lt;/strong&gt; : Affaire du collier de la Reine.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;27 mars&lt;/strong&gt; : Naissance de Louis-Charles, duc de Normandie (futur Louis XVII).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;27 septembre&lt;/strong&gt; : Mort de M&#232;re Julie de Mac-Mahon.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;octobre&lt;/strong&gt; : M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, Prieure.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;9 octobre 1786 &lt;/strong&gt; : Cons&#233;cration par l'archev&#234;que de Paris de la nouvelle &#233;glise de Saint-Denis, construite par Richard Mique.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 f&#233;vrier 1787&lt;/strong&gt; : Ouverture de l'Assembl&#233;e des notables &#224; la salle des Menus Plaisirs &#224; Versailles.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;19 novembre&lt;/strong&gt; : Edit de tol&#233;rance accordant l'&#233;tat civil aux protestants.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;23 d&#233;cembre&lt;/strong&gt; : Mort de Madame Louise.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madame Louise, aujourd'hui</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Madame-Louise-aujourd-hui-312.html</link>
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		<dc:date>2006-04-10T18:56:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;Sur le mur de cl&#244;ture construit en 1893 le long de la rue de Paris (actuelle rue Gabriel P&#233;ri), &#224; la demande des carm&#233;lites revenues dans leur ancien couvent, une inscription est r&#233;apparue un soir &#224; la lumi&#232;re du soleil couchant : Mur de la mont&#233;e des anges. Les religieuses &#233;voquaient-elles ainsi le souvenir de celles qui les avaient pr&#233;c&#233;d&#233;es ? Celui de Madame Louise, rest&#233; tr&#232;s pr&#233;sent dans l'Ordre du Carmel, marque encore ces lieux o&#249; elle voulut consacrer sa vie &#224; la solitude et &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Sa-vie-163-.html" rel="directory"&gt;Sa vie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_669 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L266xH408/0031r-e393f.jpg?1782937007' width='266' height='408' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-669 '&gt;&lt;strong&gt;Mur de la mont&#233;e des anges (carmel de Saint-Denis)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur le mur de cl&#244;ture construit en 1893 le long de la rue de Paris (actuelle rue Gabriel P&#233;ri), &#224; la demande des carm&#233;lites revenues dans leur ancien couvent, une inscription est r&#233;apparue un soir &#224; la lumi&#232;re du soleil couchant : &lt;strong&gt;Mur de la mont&#233;e des anges. &lt;/strong&gt; Les religieuses &#233;voquaient-elles ainsi le souvenir de celles qui les avaient pr&#233;c&#233;d&#233;es ? Celui de Madame Louise, rest&#233; tr&#232;s pr&#233;sent dans l'Ordre du Carmel, marque encore ces lieux o&#249; elle voulut consacrer sa vie &#224; la solitude et &#224; la pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La cause de b&#233;atification&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, Louise de France est &#224; nouveau sortie de l'ombre o&#249; elle se trouvait depuis plusieurs d&#233;cennies. Elle avait cependant toujours gard&#233; ses fid&#232;les : les carmels de Montgeron et d'Autun, h&#233;ritiers vivants de sa m&#233;moire, conservaient pr&#233;cieusement objets et documents la concernant. Avec la diminution du nombre des carm&#233;lites que nous connaissons en Europe, ces deux carmels ont ferm&#233;. Les s&#339;urs qui restaient &#224; Autun se retrouvent toutes maintenant au Carmel de Nogent-sur-Marne. S&#339;ur Bernadette, elle-m&#234;me, m&#233;moire vivante, qui s'&#233;tait tout particuli&#232;rement consacr&#233;e &#224; la cause de b&#233;atification, s'en est all&#233; rejoindre la V&#233;n&#233;rable le 15 juin 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel des archives concernant Madame Louise se trouve aujourd'hui r&#233;parti entre divers lieux :&lt;strong&gt; le carmel de Jonqui&#232;re&lt;/strong&gt; (Compi&#232;gne) dont les liens avec l'Histoire sont connus ; le &lt;strong&gt;carmel de Pontoise&lt;/strong&gt; ; &lt;strong&gt;le mus&#233;e d'art et d'histoire de Saint-Denis &lt;/strong&gt; o&#249; est demeur&#233; quelque chose de la pr&#233;sence de celles qui y consacr&#232;rent autrefois leur vie &#224; Dieu pendant des si&#232;cles ; &lt;strong&gt;le mus&#233;e d'art sacr&#233; de Dijon&lt;/strong&gt; ; le &lt;strong&gt;Centre historique des archives nationales&lt;/strong&gt;, etc.&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que se poursuit, avec pers&#233;v&#233;rance et discr&#233;tion le travail pour le soutien de la Cause, les sollicitations pour la B&#233;atification ne manquent pas. Les premi&#232;res &#233;tapes sont anciennes : le proc&#232;s ordinaire a eu lieu de 1855 &#224; 1867 ; le d&#233;cret d'introduction de la cause, le 19 juin 1873 ; le proc&#232;s alors n&#233;cessaire de non culte, en 1885-1886 ; le proc&#232;s de saintet&#233;, en 1891-1892 ; le proc&#232;s des vertus, de 1896 &#224; 1904 ; le d&#233;cret de validit&#233; du proc&#232;s, le 28 novembre 1906. Selon le droit canonique en cours &#224; cette &#233;poque, Madame Louise &#233;tait d&#232;s lors d&#233;j&#224; consid&#233;r&#233;e comme V&#233;n&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cause a &#233;t&#233; reprise &#224; Rome le 13 d&#233;cembre 1985, comme cause historique de canonisation, selon la nouvelle proc&#233;dure. Une nouvelle biographie a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e par &lt;strong&gt;Bernard Hours&lt;/strong&gt;, Professeur d'histoire moderne &#224; l'Universit&#233; Jean Moulin &#224; Lyon, &#8220;Madame Louise, Princesse au Carmel&#8221;, publi&#233;e au Cerf en 1987.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acte essentiel a &#233;t&#233; pos&#233; par la Congr&#233;gation pour la cause des saints au Vatican le 22 avril 1997. La commission sp&#233;ciale, ayant entendu et lu le rapport fait par le P&#232;re Ivon Baudoin O.M.I., canadien, a reconnu l'h&#233;ro&#239;cit&#233; des vertus de Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin et a pr&#233;sent&#233; &#224; l'unanimit&#233; la V&#233;n&#233;rable au Saint-P&#232;re pour la B&#233;atification. Dans une br&#232;ve information, le journal La Croix du samedi 20 d&#233;cembre 1997 disait :&lt;strong&gt; &#8220;Jean-Paul II a proclam&#233; jeudi v&#233;n&#233;rable Padre Pio da Pieltralcina capucin, italien stigmatis&#233;&#8230; De m&#234;me, les vertus h&#233;ro&#239;ques de Louise de France (1737-1787), fille de Louis XV, devenue carm&#233;lite sous le nom de Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, ont &#233;t&#233; reconnues&#8221;&lt;/strong&gt;. L'introduction de son proc&#232;s en b&#233;atification avait &#233;t&#233; approuv&#233; par Pie IX le 19 juin 1873. Selon le Vatican, Louise de France &#8220;a exerc&#233; les vertus chr&#233;tiennes &#224; un degr&#233; h&#233;ro&#239;que et s'est battue avec force contre le gallicanisme&#8221;.
Le texte du document de 1997, assez long, est en italien et en latin, langue officielle au Vatican. Il est riche d'enseignements et montre l'actualit&#233; d'une telle cause&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, l'association, fond&#233;e en janvier 1986 pour soutenir cette cause de b&#233;atification, organise une activit&#233; : conf&#233;rence, visite d'un lieu ou d'une exposition dont le th&#232;me est li&#233; &#224; la vie de Louise de France. Peut-&#234;tre est-il temps de faire un pas de plus pour garder vivante sa m&#233;moire, la faire mieux conna&#238;tre encore, en montrant l'actualit&#233; de son exemple, la solliciter enfin en esp&#233;rant le miracle requis pour que la volont&#233; du Saint-P&#232;re s'engage.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Dieu, notre P&#232;re,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;tu as &#233;tabli Roi des nations&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;ton Fils bien-aim&#233;, le Christ J&#233;sus ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#224; la pri&#232;re de sa m&#232;re&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;la Vierge Marie, Reine et beaut&#233; du Carmel&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;accorde &#224; ton Eglise de recevoir comme mod&#232;le&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;la v&#233;n&#233;rable Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Madame Louise de France,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;en confirmant la saintet&#233; de sa vie.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Par son intercession&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et dans la communion de l'Esprit Saint,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;enseigne-nous la pratique de l'Evangile&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;dans le contexte social du quotidien ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;fais que les responsables politiques&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#339;uvrent pour le bien des peuples&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et travaillent au mieux &#234;tre des plus d&#233;munis ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;d&#233;veloppe en nous le z&#232;le eccl&#233;sial&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;dans le combat contre les forces du mal ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;donne-nous l'amour de la vie religieuse&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;qui est recherche de Dieu et service fraternel.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Amen&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='hrspip'&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Pour prendre contact avec
&lt;strong&gt;L'association des Amis de Louise de France, il est possible de s'adresser au : Couvent des Carmes, 6 rue Jean Ferrandi, 75006 PARIS&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sa vie au Carmel</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Sa-vie-au-Carmel-299.html</link>
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		<dc:date>2006-04-10T18:55:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - L'entr&#233;e au Carmel C'est &#224; Saint-Denis, &#224; deux pas de la n&#233;cropole des rois de France, que Louise a d&#233;cid&#233; de passer d&#233;sormais sa vie. Elle a choisi un couvent pauvre, si aust&#232;re aussi qu'on le surnomme &#171; la trappe du Carmel &#187;. Pour la communaut&#233; sa venue est providentielle. Menac&#233;es d'&#234;tre dispers&#233;es en raison de leur trop grande pauvret&#233;, les religieuses ont entam&#233;, d&#232;s le 8 f&#233;vrier, une neuvaine au C&#339;ur de Marie pour obtenir un secours du ciel. L'une d'entre elles en plaisantant a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - L'entr&#233;e au Carmel&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4586 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L296xH344/ldf41-8e63f-adeb2.jpg?1782931468' width='296' height='344' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4586 '&gt;&lt;strong&gt;LdF41-8e63f
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; &lt;strong&gt;Saint-Denis&lt;/strong&gt;, &#224; deux pas de la n&#233;cropole des rois de France, que Louise a d&#233;cid&#233; de passer d&#233;sormais sa vie. Elle a choisi un couvent pauvre, si aust&#232;re aussi qu'on le surnomme &#171; la trappe du Carmel &#187;. Pour la communaut&#233; sa venue est providentielle. Menac&#233;es d'&#234;tre dispers&#233;es en raison de leur trop grande pauvret&#233;, les religieuses ont entam&#233;, d&#232;s le 8 f&#233;vrier, une neuvaine au C&#339;ur de Marie pour obtenir un secours du ciel. L'une d'entre elles en plaisantant a fait la remarque &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;il nous faudrait au moins une fille de roi !&lt;/em&gt; La pri&#232;re des s&#339;urs a donc &#233;t&#233; exauc&#233;e au-del&#224; de ce qu'elles pouvaient imaginer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amour du Christ, le d&#233;sir de le suivre, de trouver dans les sacrements de l'Eucharistie la gr&#226;ce de la fid&#233;lit&#233; en toutes choses et d'une existence toujours plus unifi&#233;e dans le don total de soi, telles sont les aspirations de Louise.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Agr&#233;ez, &#244; mon bien-aim&#233; ! &#244; le plus aimable des Epoux !&lt;strong&gt; agr&#233;ez ce c&#339;ur qui br&#251;le d'&#234;tre &#224; vous&lt;/strong&gt;. Vous avez tant de droits &#224; sa possession ! R&#233;gnez seul, et r&#233;gnez pour toujours sur mon &#226;me et sur toutes ses facult&#233;s, sur ma volont&#233; et sur toutes ses affections, sur mon corps et sur tous ses sens [&#8230;] Que ma m&#233;moire ne soit plus occup&#233;e que du souvenir de vos bienfaits ; que mon esprit fasse ses occupations les plus ch&#232;res de la m&#233;ditation de vos qualit&#233;s aimables ; que mon c&#339;ur ne soit rempli que des ardeurs ineffables dont vous br&#251;lez ici pour moi. Que tout mon corps soit purifi&#233; aux approches de votre chair adorable ; qu'il se sacrifie pour votre gloire, par le travail et l'infirmit&#233;, et que ses efforts uniques, ses v&#339;ux les plus habituels soient de vous imiter et de devenir semblable &#224; vous. (&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; M&#233;ditations eucharistiques, Entretien avec notre Seigneur au Saint-Sacrement, pour l'octave de la F&#234;te-Dieu &#187;&lt;/em&gt;)&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4587 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L265xH336/ldf45-ba20c-616c2.jpg?1782931468' width='265' height='336' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4587 '&gt;&lt;strong&gt;Madame Louise lavant la vaisselle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'intention de Louise n'est pas qu'on la traite comme une princesse du sang. Elle vient ici pour partager la vie humble et cach&#233;e des moniales et accepte bien malgr&#233; elle quelques am&#233;nagements &#224; la R&#232;gle qui lui permettront de s'habituer &#224; son nouveau sort. S'il en est un qu'elle appr&#233;cie toutefois, c'est de pouvoir s'aider de cordes qui lui servent de rampe dans l'&#233;troit et raide escalier du couvent. Jamais elle n'a descendu seule les marches du ch&#226;teau. Toujours aid&#233;e par un page, elle est maintenant prise de vertige face au vide et doit s'asseoir pour ne pas tomber.
Mais mis &#224; part quelques d&#233;tails de la vie quotidienne, elle se met avec bonheur &#224; sa nouvelle existence et supporte avec abn&#233;gation la rudesse de sa nouvelle condition. A part quelques rhumes et des attaques de goutte, les rigueurs de l'hiver, pas plus que les chaleurs de l'&#233;t&#233;, qu'elle endure sto&#239;quement sous sa robe de bure, n'alt&#233;reront une sant&#233; bien plus florissante qu'au ch&#226;teau. &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je ne suis pas revenue de la joie qui s'est empar&#233;e de mon c&#339;ur depuis que je suis dans ce monast&#232;re&lt;/em&gt; (Lettre de mai 1770, cit&#233;e par l'abb&#233; Proyart, &#171; Vie de Madame Louise &#187;) Louise qui a re&#231;u le nom de S&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin se coule avec facilit&#233; dans cette nouvelle vie &#224; laquelle elle s'est secr&#232;tement pr&#233;par&#233;e.&lt;strong&gt; Elle entend &#234;tre trait&#233;e &#224; l'&#233;gal de ses nouvelles s&#339;urs, et n'accepte que par ob&#233;issance et &#224; contrec&#339;ur quelques accommodements.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses s&#339;urs, qui n'ont appris qu'apr&#232;s son d&#233;part sa d&#233;cision, viennent la visiter. La toute jeune Marie-Antoinette &#224; peine arriv&#233;e en France pour &#233;pouser le Dauphin, futur Louis XVI, se rend aussi &#224; Saint-Denis pour faire la connaissance de sa tante. C'est m&#234;me elle qui lui remettra le voile le 10 septembre 1770, jour de sa prise d'habit. Un an plus tard, le 11 septembre 1771, Madame Louise fait profession. A la c&#233;r&#233;monie priv&#233;e, en succ&#232;de une seconde, publique, au cours de laquelle, en pr&#233;sence d'une vingtaine d'&#233;v&#234;ques et d'une nombreuse assembl&#233;e, elle re&#231;oit le voile noir des mains de la comtesse de Provence (&#233;pouse du futur Louis XVIII).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles gr&#226;ces n'ai-je pas &#224; vous rendre, &#244; mon Dieu, de m'avoir amen&#233;e dans votre sainte Maison ? C'est donc aux pieds de vos saints autels que mes jours vont d&#233;sormais s'&#233;couler jusqu'au dernier de ma vie. Quel bonheur, mon Dieu ! Est-ce trop que de vous faire l'oblation de tout moi-m&#234;me, sous le joug de la sainte r&#232;gle que je suis venue embrasser ? Puis-je regretter rien de ce que j'ai quitt&#233; ? Ce que j'ai quitt&#233; n'est rien, et ce que j'ai trouv&#233; ici est tout, puisque c'est vous que j'y ai trouv&#233;. &#212; mon Dieu, mon tout ! d&#233;sormais la pauvret&#233; fera mes richesses. H&#233; ! Quel tr&#233;sor, puisqu'il m'acquerra votre Royaume ! quelle proportion entre quelques jours de p&#233;nitence et un poids immense de gloire ? Oui, mon J&#233;sus, j'embrasse votre croix, je l'embrasse de tout mon c&#339;ur. Faites que je ne m'en s&#233;pare jamais ; accordez-moi, Seigneur, toutes les gr&#226;ces qui me sont n&#233;cessaires pour achever mon sacrifice pour parvenir &#224; &#234;tre votre victime ; ah ! J&#233;sus ! Quel beau titre, et qu'il est honorable de quitter les vains honneurs du monde, pour prendre celui de votre victime !&lt;/em&gt;
(Pri&#232;re de Madame Louise au moment de sa prise de voile, in &#171; M&#233;ditations eucharistiques &#187;)&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Ma&#238;tresse des novices&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_644 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L500xH148/LdF48B-8d44f.jpg?1782937007' width='500' height='148' alt='Carm&#233;lites au jardin' title='Carm&#233;lites au jardin' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le lendemain de sa prise de voile, elle est nomm&#233;e &lt;strong&gt;ma&#238;tresse des novices&lt;/strong&gt;. Son exp&#233;rience du monde, sa &lt;strong&gt;finesse psychologique&lt;/strong&gt;, la font appr&#233;cier par celles qui lui sont confi&#233;es. Toutes gardent le souvenir des conseils avis&#233;s qu'elle a su leur donner pour les guider avec une ferme douceur. Elle leur est elle-m&#234;me tr&#232;s attach&#233;e et se dit &#233;difi&#233;e par leur ferveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Comment voulez-vous que j'aie un moment &#224; moi ; charg&#233;e de treize novices qui m'aiment au point de venir me le r&#233;p&#233;ter plusieurs fois par jour ? Elles me le prouvent encore mieux par leur vertu. Leur petit c&#339;ur est toujours sur leurs l&#232;vres. Elles sont d'une ferveur qu'il faut s'&#233;tudier continuellement &#224; mod&#233;rer. Je n'ai de difficult&#233; que quand il faut les faire reposer. Au plus grand go&#251;t pour la pri&#232;re, elles joignent le plus grand z&#232;le pour les travaux p&#233;nibles : elles avaleraient comme du miel ce que la R&#232;gle nous tol&#232;re de surplus, si l'on n'apportait la plus grande prudence pour les arr&#234;ter.&lt;/em&gt; (Lettre de Madame Louise &#224; la M&#232;re D&#233;positaire de Grenelle, 29 ao&#251;t 1782, in &#8220;Oraison fun&#232;bre&#8221; prononc&#233;e par le P&#232;re Fran&#231;ois)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je ne puis voir mes novices sans me sentir encourag&#233;e au service du Seigneur. Leur ferveur s'&#233;l&#232;ve sans cesse contre mes l&#226;chet&#233;s. &lt;strong&gt;Je rends gr&#226;ce &#224; la divine Providence d'avoir environn&#233; ma faiblesse de ce petit groupe d'anges qui ne respirent que le pur amour de Dieu&lt;/strong&gt;, et qui en faisant ma confusion, font cependant aussi ma joie. Je regarde mes novices comme autant de ma&#238;tresses que le Seigneur m'a donn&#233;es dans sa mis&#233;ricorde pour m'apprendre &#224; &#234;tre humble, mortifi&#233;e, courageuse, p&#233;nitente et fervente&lt;/em&gt; (M&#232;re Stanislas Tourel, &#8220;Vie de la r&#233;v&#233;rende M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin&#8221;, 1857, t. I.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachant avec lucidit&#233; et discr&#233;tion aider ses &#171; filles &#187; &#224; discerner et approfondir leur vocation, S&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, sait gagner leur confiance et leur c&#339;ur. Une humble pers&#233;v&#233;rance, la constance, &lt;strong&gt;la mod&#233;ration dans les t&#226;ches et les &#233;preuves quotidiennes &lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;assum&#233;es avec bonne humeur&lt;/strong&gt; telle sont ses recommandations essentielles. Apr&#232;s sa mort, on a retrouv&#233; les papiers o&#249; &#233;taient &#233;crits ses instructions et ses conseils. On en a form&#233; un petit recueil sous le titre de &lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/Testaments-spirituels,502.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#8220;Testaments spirituels&#8221;&lt;/a&gt;, publi&#233; &#224; la suite des &lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/-Textes-de-Mere-Therese-de-St-Augustin-.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; M&#233;ditations eucharistiques &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Ma fille, c'est l'amour qui &#233;largit le chemin de la p&#233;nitence et qui nous le fait para&#238;tre uni et spacieux.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Faisons toutes nos actions pour Dieu seul et de notre mieux, avec une grande confiance et un grand amour.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Dieu demande de nous la plus grande fid&#233;lit&#233; plut&#244;t que les aust&#233;rit&#233;s, et en cela il ne nous traite pas plus doucement que ceux &#224; qui il demande des choses extraordinaires.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Quand vous vivriez cent ans souvenez-vous, jusqu'au dernier jour de votre vie, que votre ma&#238;tresse vous recommandait la fid&#233;lit&#233; aux petites choses. &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;L'&#233;tat de s&#233;cheresse o&#249; nous nous trouvons quelquefois est peut-&#234;tre, de la part de Dieu, une grande mis&#233;ricorde. Dans le penchant qu'il nous voit, &#224; nous complaire en nous-m&#234;me [&#8230;] si les louanges des hommes nous tentent que serait-ce des louanges de Dieu lui-m&#234;me !&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Tout ce que Dieu voudra, quand il voudra, comme il voudra : telle doit &#234;tre notre constante disposition ; et c'est l&#224; cette simplicit&#233; chr&#233;tienne qu'il faut nous proposer de pratiquer.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Toute la force d'une &#233;pouse de J&#233;sus-Christ est dans la communion ; le moyen le plus s&#251;r pour elle d'avancer dans la perfection, c'est la communion ; le secours le plus puissant contre ses ennemis, c'est encore la communion&#8230;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_942 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L356xH101/0028r-bee90.jpg?1782931468' width='356' height='101' alt='Sentence St Denis' title='Sentence St Denis' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si la p&#233;dagogie de Madame Louise &#224; l'&#233;gard des jeunes religieuses qui lui sont confi&#233;es s'appuie sur un jugement sain et &#233;quilibr&#233;, l'exemple qu'elle donne jour apr&#232;s jour lui vaut aussi l'estime de toutes les s&#339;urs. Sa pi&#233;t&#233; est aussi &#233;loign&#233;e du Qui&#233;tisme que du Jans&#233;nisme. Sereine, mais sans complaisance, lucide, mais sans rigueur excessive ou vain orgueil, elle repose sur un fond de bons sens qui fait bien le propre de son caract&#232;re. Sa charit&#233; active se traduit par maints petits gestes attentionn&#233;s envers ses s&#339;urs. Elle qui, &#224; Versailles, avait toujours &#233;t&#233; servie, n'h&#233;site pas &#224; arranger la paillasse de telle d'entre elles pour lui en &#233;viter la peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'infirmerie elle pr&#233;c&#232;de celle qui doit t&#244;t le matin administrer des potions aux malades pour all&#233;ger son travail :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#8230;J'&#233;tais bien aise d'apporter tous mes soins &#224; cette pauvre s&#339;ur. On ne peut &#234;tre indiff&#233;rente en religion pour aucune, car c'est l'&#226;me que je consid&#232;re en toutes et je serais d&#233;sol&#233;e de les voir priv&#233;es par ma faute de la plus petite consolation chr&#233;tienne et religieuse. (Lettre de Madame Louise &#224; l'abb&#233; Bertin 1775, cit&#233; par l'abb&#233; Proyart &#8220;Vie de Madame Louise de France&#8221;).&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Elle &#233;tait pour nous une r&#232;gle vivante. Toujours &#224; la t&#234;te de la communaut&#233;, et la premi&#232;re &#224; toutes les observances, elle &#233;tait si &#233;loign&#233;e de s'&#233;couter pour quelques incommodit&#233;s, qu'&#224; peine on pouvait obtenir d'elle qu'elle se tranquillis&#226;t dans la maladie. Dure et aust&#232;re pour elle-m&#234;me, elle r&#233;servait pour ses s&#339;urs toute sa douceur et ses m&#233;nagements. Elle les portait aussi loin que pouvait le permettre la charit&#233;, sans nuire au devoir et &#224; la r&#233;gularit&#233;&lt;/em&gt; (T&#233;moignage cit&#233; par l'Abb&#233; Proyart, &#8220;Vie de Madame Louise de France&#8221;, Paris, Lyon, 1860, t. I. )&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle ne boude pas non plus les r&#233;cr&#233;ations au cours desquelles la communaut&#233; se r&#233;unit et se distrait. Les s&#339;urs y font de menus travaux de broderie ou d'aiguilles, d'autres pr&#233;parent des po&#232;mes ou des sayn&#232;tes. A l'occasion de l'un des premiers essais de vol en montgolfi&#232;re, l'une d'elles s'amuse &#224; repr&#233;senter sur un mode fantaisiste les adieux de la princesse &#224; &#171; Mesdames &#187; ses soeurs. Cette invention toute nouvelle (comme un si&#232;cle plus tard l'ascenseur pour Th&#233;r&#232;se de l'Enfant J&#233;sus !) inspire d&#233;j&#224; &#224; la fac&#233;tieuse moniale le moyen le plus rapide de gagner le ciel. Madame Louise, quant &#224; elle ne manifeste gu&#232;re d'enthousiasme pour ces exp&#233;riences p&#233;rilleuses. T&#233;moin cette lettre amusante o&#249; elle fait part de ses inqui&#233;tudes lors des premiers essais d'a&#233;rostation.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Oh ! quelle folie d'aller dans les airs ! Il en partit [un ballon] hier des Tuileries, il passa ici, m'a-t-on dit, pendant v&#234;pres. Je b&#233;nis Dieu qu'il ne soit pas tomb&#233; dans notre enclos. Si cela dure, personne ne sera en s&#251;ret&#233; chez soi, la compagnie tombera des nues comme la gr&#234;le. Moi qui ne suis pas physicienne, j'ai fait une remarque [&#8230;] c'est qu'ils nous emm&#232;neront beaucoup de brouillards et de pluie ; on dit que non, mais l'exp&#233;rience prouvera si j'ai tort ; il fait aujourd'hui beaucoup de brouillard [&#8230;] Cela vous fera juger jusqu'o&#249; va la folie des hommes puisque jusqu'&#224; une pauvre carm&#233;lite en est occup&#233;e, il est vrai beaucoup plus pour les pauvres humains qui s'y sont nich&#233;s que pour les cons&#233;quences qu'on en pourra tirer. Je crains pour eux quelque pr&#233;cipice d'o&#249;, avec toutes les choses utiles et savantes qu'ils auront ramass&#233;es par les airs, ils n'auront pas la science de se tirer, et je prie beaucoup pour eux.&lt;/em&gt; (Lettre au cardinal de Bernis, 2 d&#233;cembre 1783)&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - Chef de travaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A la fin de l'ann&#233;e 1771, Madame Louise est nomm&#233;e d&#233;positaire, c'est &#224; dire s&#339;ur &#233;conome. Elle gardera longtemps cette t&#226;che qu'elle accomplira avec perspicacit&#233;. Elle fait effectuer de nombreux travaux dans le carmel dont elle surveille de pr&#232;s l'ex&#233;cution, comme l'attestent ses nombreux billets &#224; M. Collemberg, le charg&#233; d'affaires de la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne de Louis XVI, le projet - d&#233;j&#224; envisag&#233; sous Louis XV - de reconstruire l'&#233;glise d&#233;labr&#233;e, est men&#233; &#224; bien. Les plans &#233;tablis par Fleuret, professeur &#224; l'&#233;cole militaire ne sont pas retenus ; les travaux sont confi&#233;s d&#232;s 1779 &#224; Richard Mique. Originaire de Nancy, cet architecte a travaill&#233; pour le roi Stanislas Leszczynski. A la mort de celui-ci en 1766, il passe au service de sa fille la reine Marie Leszczynska, qui meurt en 1768. D&#232;s 1770, il travaille pour la nouvelle dauphine, Marie-Antoinette. En 1782, il est nomm&#233; architecte du roi et directeur de l'Acad&#233;mie royale d'architecture. La correspondance de Madame Louise refl&#232;te toute l'attention qu'elle porte au chantier qui dure jusqu'en 1785.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Ce qui m'inqui&#232;te le plus aujourd'hui, c'est que quand on a b&#226;ti l'&#233;glise du couvent de Versailles, ni les religieuses ni mes s&#339;urs n'ont pu obtenir de Monsieur Mique qu'on n'y travaill&#226;t pas les dimanches et f&#234;tes. Mais je vous avertis que je n'entends pas cela et il est temps d'en parler. Il vaut mieux qu'on soit un an de plus &#224; b&#226;tir et qu'on observe les pr&#233;ceptes de Dieu et de l'Eglise (&#8230;) Faites le promettre &#224; M. Mique et par &#233;crit pour plus de s&#251;ret&#233;. Travailler &#224; nous b&#226;tir une &#233;glise est une excellente chose sans doute, mais vouloir y travailler sans aucune n&#233;cessit&#233; les jours de f&#234;te, c'est un acte antireligieux et antichr&#233;tien auquel, s'il pla&#238;t &#224; Dieu, je ne donnerai jamais la main. J'ai d&#233;j&#224; fait dire &#224; plusieurs ouvriers que s'ils s'avisaient de travailler ces jours-l&#224; pour nous, ils le feraient pour la gloire de Dieu, et que je saurais si bien tenir les cordons de la bourse, qu'assur&#233;ment leur profanation ne serait pas pay&#233;e. Ces pauvres gens n'auraient m&#234;me pas cette pens&#233;e, si elle n'&#233;tait pas dans la t&#234;te de ceux qui les emploient&lt;/em&gt; (Lettre de Madame Louise &#224; l'abb&#233; Bertin, 1780, cit&#233;e par l'abb&#233; Proyart, &#8220;Vie de Madame Louise de France&#8221;). &lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Je br&#251;le de z&#232;le pour toi mon Seigneur !!! (&#8220;Livre des Rois&#8221;, 1, 19)&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse du gros &#339;uvre, des finitions ou de la d&#233;coration, d'une &#233;criture h&#226;tive, o&#249; l'orthographe est souvent malmen&#233;e, M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin donne des instructions pr&#233;cises :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Voici Monsieur la liste des saints que vous m'avez demand&#233; pour le sculpteur 1&#176; au fronton l'adoration des mages 2&#176; sur la porte de l'&#233;glise l'assomption de la Ste Vierge 3&#176; d'un c&#244;t&#233; du portail St Joseph et le m&#233;daillon au-dessus le sommeil de St Joseph qu'un ange rassure [?] de l'autre c&#244;t&#233; notre Ste M&#232;re Th&#233;r&#232;se et le m&#233;daillon au-dessus Ste Th&#233;r&#232;se avec un s&#233;raphin qui lui perce le c&#339;ur d'un dard enflam[m]&#233;. Les 4 figures de l'&#201;glise &#224; la place des 4 &#233;vang&#233;listes qui sont &#224; la congr&#233;gation de Versailles, le proph&#232;te &#201;lie avec son chariot de feu, le second le proph&#232;te &#201;lis&#233;e recevant du ciel le manteau du proph&#232;te, la 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; St Albert patriarche de J&#233;rusalem tenant &#224; sa main la r&#232;gle du Carmel et la 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; St Jean de la Croix en carme avec un crucifix rayonnant qui lui appara&#238;t&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A ce programme iconographique s'ajoutent trois bas reliefs dans le vestibule : la &#171; D&#233;position de croix &#187;, la &#171; Pr&#233;sentation de J&#233;sus au temple &#187; et &#171; J&#233;sus devant les Docteurs &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne manque pas &#224; l'occasion de manifester son impatience, voire son agacement devant la lenteur des travaux et ne s'en laisse pas conter quant &#224; la qualit&#233; et au co&#251;t des mat&#233;riaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;J'ai &#233;t&#233; fort surprise l'autre jour, Monsieur, en / pressant le charpentier pour travailler vite &#224; / notre clocher qui avait l'air d'en rester l&#224;. Il dit / qu'il &#233;tait tout pr&#234;t mais que dans ce moment, / il n'avait rien &#224; faire pour ce qu'il attendait le menuisier/ Vous m'aviez promis qu'il serait / rev&#234;tu de plomb et j'apprends que ce ne sera que / du bois peint. Comment voulez-vous que cela / dure ? Peut-&#234;tre cela ira-t-il 20 ou 30 ans et fort / sujet &#224; des r&#233;parations fort co&#251;teuses Pour une / communaut&#233; il faut que cela soit plus durable/ Je vous prie si la menuiserie est n&#233;cessaire / que cela n'emp&#234;che pas qu'il soit rev&#234;tu de plomb / par dessus. Les cloches sont fondues et arriv&#233;es, je / suis tr&#232;s press&#233;e. Donnez je vous prie des ordres, / Monsieur, pour que cela aille promptement et solidement [&#8230;]&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le chantier est aussi retard&#233; par des &#034;accidents de travail. En 1780, un charretier est &#233;cras&#233; sous les pierres qu'il transporte. La communaut&#233; &#233;mue assure les frais de son enterrement. En 1782, un ouvrier a le doigt &#233;cras&#233; ; Madame Louise le d&#233;plore : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;cela fait grand piti&#233;&lt;/em&gt;. Quand le Saint Sacrement est install&#233; dans le nouveau ch&#339;ur le 28 mai 1784, reste l'am&#233;nagement et la d&#233;coration &#224; terminer. Madame Louise demande &#224; Richard Mique d'intervenir aupr&#232;s du sculpteur Deschamps :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Je crois qu'il a mont&#233; sur l'&#233;chafaud une ou deux fois depuis que vous &#234;tes venu, il n'y laisse pas m&#234;me d'ouvriers, si bien que l'&#233;glise est ferm&#233;e, tandis que ces temps-ci on devrait travailler d&#232;s cinq heures du matin ; et on ne peut pas nous tromper l&#224;-dessus, car on entend bien de notre ch&#339;ur si on travaille ou ne travaille pas.&lt;/em&gt; (Lettre de Madame Louise &#224; Richard Mique, 30 Juin 1785, Centre historique des archives nationales, AB XIX 3319, d. 9)
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4594 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;223&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L500xH226/akg332390-1dc8a.jpg?1782937007' width='500' height='226' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4594 '&gt;&lt;strong&gt;&#8220;Les carm&#233;lites au chauffoir&#8221;. (Seule pi&#232;ce chauff&#233;e du carmel de Saint-Denis ; &#224; gauche Madame Louise et l'une de ses compagnes, en robes de cour peu apr&#232;s leur entr&#233;e au couvent en 1770). Peinture de Guillot
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - Carm&#233;lite et princesse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En novembre 1773, Madame Louise est &#233;lue prieure, puis r&#233;&#233;lue trois ans plus tard. Elle sera &#224; nouveau appel&#233;e &#224; cette charge en 1785. Toujours active, elle refuse cependant d'intervenir en toute affaire de privil&#232;ge : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Il faut faire oublier tout ce que j'ai &#233;t&#233;&lt;/em&gt;. Pourtant elle sait rappeler l'autorit&#233; de sa naissance et se d&#233;pense sans compter d&#232;s qu'il s'agit du bien de l'Ordre et de l'int&#233;r&#234;t de la Religion. Elle qui voulait dispara&#238;tre du monde, comprend peu &#224; peu qu'il lui faut accepter sa naissance et assumer son rang jusqu'au fond de son couvent, pour la plus grande gloire de Dieu. &lt;strong&gt;Elle sera princesse et carm&#233;lite&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi appuie-t-elle de son autorit&#233; le r&#232;glement de la question jans&#233;niste dans les carmels qui avaient adh&#233;r&#233; &#224; la bulle &#171; Unigenitus &#187;. La querelle jans&#233;niste empoisonne en effet la vie religieuse et politique durant tout le si&#232;cle : une minorit&#233; active, en particulier dans le clerg&#233; et dans la magistrature, n'a jamais accept&#233; la condamnation d&#233;finitive par la bulle Unigenitus en 1713, des th&#232;ses forg&#233;es dans le sillage de Port-Royal. La pol&#233;mique entrave trop souvent le traitement des vrais probl&#232;mes et nuit &#224; l'image du clerg&#233;. Les parlementaires eux-m&#234;mes, en intervenant dans les conflits n&#233;s des refus de sacrements entendent d&#233;fendre leur autorit&#233; et leurs privil&#232;ges face &#224; l'absolutisme monarchique. Madame Louise n'entre pas dans la pol&#233;mique ou dans le d&#233;bat th&#233;ologique. Son souci est avant tout inspir&#233; par la crainte de voir ses s&#339;urs se perdre dans l'erreur. Elle essaie de faire revenir les &#171; brebis &#233;gar&#233;es &#187; qui avaient fui le couvent au plus fort de la crise d'&#233;puration. Seule la s&#339;ur Marie-Marthe de Saint-Joseph r&#233;int&#233;grera le carmel, apr&#232;s trente ann&#233;es pass&#233;es dans le si&#232;cle. &#194;g&#233;e de 89 ans, les jambes paralys&#233;es, elle a gard&#233; toute sa t&#234;te. Madame Louise tout en l'entourant de soins attentifs s'attache &#224; la &lt;strong&gt;ramener &#224; la vraie foi&lt;/strong&gt;. La vieille religieuse apr&#232;s avoir satisfait &#224; un examen tendant &#224; prouver qu'elle adh&#232;re &#224; la bulle Unigenitus, renouvelle ses v&#339;ux le 15 ao&#251;t 1775.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les affaires du si&#232;cle, ses sympathies vont plut&#244;t au parti d&#233;vot. Sa foi est sinc&#232;re et pure, mais sans compromission avec les id&#233;es des Philosophes : pour elle l'impi&#233;t&#233; cro&#238;t avec l'influence des Lumi&#232;res. Ainsi s'insurge-t-elle contre les &#171; glissements &#187; de vocabulaire par lesquels des mots &#224; connotation par trop &#171; pieuse &#187; disparaissent du langage, remplac&#233;s par des termes mieux adapt&#233;s &#224; un humanisme de bon aloi. A titre d'exemple, dans son mandement de Car&#234;me 1783, Monseigneur Le Clerc de Juign&#233;, regrette de voir le vocable &#171; bienfaisance &#187; remplacer celui de &#171; charit&#233; &#187;, la carm&#233;lite prend aussit&#244;t le pas :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Oh le beau mandement ! Comme il drape la bienfaisance ! J'en suis ravie, car je d&#233;teste dans la bouche des chr&#233;tiens ces expressions que la philosophie ne fait tant ronfler que pour bannir la charit&#233;. Ce n'est pas que la bienfaisance soit un mal, mais ses motifs trop humains sont insuffisants pour faire l'aum&#244;ne et en remplir le pr&#233;cepte.&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L330xH425/sacrer-2-ab11c.jpg?1782931468' width='330' height='425' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-1111 '&gt;&lt;strong&gt;All&#233;gorie sur le sacre de Louis XVI
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'application la plus aboutie de l'influence des Lumi&#232;res en politique est la signature par Louis XVI de l'&#233;dit de tol&#233;rance, par lequel l'&#233;tat civil est reconnu aux protestants, sans que toutefois leur soit accord&#233;e une totale libert&#233; de culte. Madame Louise ressent la mesure comme une v&#233;ritable trahison. Sans doute, ici ne fait elle pas preuve d'ouverture d'esprit ! Mais elle est de son temps, droite, coh&#233;rente avec elle-m&#234;me, ferme dans ses convictions. Fille de France, elle n'admet pas que le roi puisse manquer au serment du Sacre de d&#233;fendre la foi catholique et de combattre l'h&#233;r&#233;sie. Nous sommes-l&#224; sur le plan des id&#233;es, et comme dans son combat contre le Jans&#233;nisme, M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin ne se montre jamais ti&#232;de. &lt;strong&gt;Mais devant toute humanit&#233; bless&#233;e ou diminu&#233;e, par la maladie ou l'&#226;ge, elle se r&#233;v&#232;le pleine de compassion. &lt;/strong&gt; Ainsi prodigue-t-elle sans compter soins et attentions &#224; cette vieille s&#339;ur jans&#233;niste revenue mourir &#224; Saint-Denis qu'elle s'applique &#224; servir au d&#233;triment de sa propre sant&#233;. Bien s&#251;r tant de sollicitude s'explique aussi par le souci de ne pas laisser de jeunes s&#339;urs et surtout des novices s'approcher de cette brebis subversive ; bien s&#251;r s'attache-t-elle &#224; la ramener sur la bonne voie autant qu'&#224; rem&#233;dier &#224; ses maux. Peut-on lui reprocher de se soucier du salut de l'&#226;me en m&#234;me temps que du r&#233;confort moral et physique de ses semblables ? Peut-on lui reprocher de se d&#233;soler de l'&#233;dit de 1787, elle qui pense sans doute sinc&#232;rement que son neveu, en c&#233;dant &#224; la mode des temps laisse s'&#233;garer des chr&#233;tiens dans des chemins de perdition ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L500xH328/LdF55-09c73.jpg?1782937007' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-654 '&gt;&lt;strong&gt;D&#233;part et arriv&#233;e des carm&#233;lites de Bruxelles
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'id&#233;ologiques, ses prises de position sont avant tout empreintes d'une charit&#233; active. Et c'est bien en ce sens, qu'en juin 1783, elle accueille &#224; Saint-Denis les treize religieuses du carmel de Bruxelles, chass&#233;es de leur couvent par la politique de Joseph II, fr&#232;re de Marie-Antoinette, qui gouverne seul l'empire autrichien depuis 1780 et qui entend que les Flandres soient &#171; balay&#233;es de tous les fain&#233;ants contemplatifs &#187;. En &#171; catholique &#233;clair&#233; &#187;, il pense que l'Eglise, soumise &#224; l'Etat, doit participer &#224; la construction du bonheur d&#232;s ici-bas. Pour cela, la foi doit &#234;tre &#233;pur&#233;e de toute superstition et le clerg&#233; de ses membres parasites : contrairement aux enseignantes et aux hospitali&#232;res, les contemplatives, &#224; ses yeux, ne contribuent en rien au bien commun. Pour recevoir ses s&#339;urs bannies, Madame Louise ouvre son couvent o&#249; s'entasseront, en 1787, cinquante huit religieuses qui devront fraternellement apprendre &#224; s'accepter mutuellement, malgr&#233; leurs diff&#233;rences d'habitudes et de mode de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle qui avait tant souhait&#233; qu'on oublie son &#233;tat comprend peu &#224; peu que par les relations que lui valent son rang, elle peut se mettre au service de l'&#201;glise. Toujours elle refusera d'intervenir en toute affaire de privil&#232;ge ou de b&#233;n&#233;fice, mais d&#232;s qu'il y va de l'int&#233;r&#234;t de l'Ordre et de la d&#233;fense de la puret&#233; de la foi, elle se d&#233;m&#232;ne sans compter. Tout au long de sa vie, elle entretient une correspondance suivie avec de nombreuses personnalit&#233;s, n'h&#233;sitant pas &#224; jouer de son influence pour venir en aide &#224; une communaut&#233; en difficult&#233;, ou &#224; encourager une vocation. Ainsi fait-elle parrainer par Marie-Antoinette Madame Lidoine qui, reconnaissante, prendra en religion le nom de Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin. Devenue prieure du carmel de Compi&#232;gne, elle montera la derni&#232;re &#224; l'&#233;chafaud apr&#232;s toute sa communaut&#233;, le 17 juillet 1794.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madame Louise elle, ne conna&#238;tra pas le martyre. Brutalement frapp&#233;e par la maladie, elle meurt en 1787, &#226;g&#233;e de cinquante ans. Ses derni&#232;res paroles disent toute son impatience pour enfin rejoindre l'Epoux en son Royaume : &lt;strong&gt;&#171; Allons vite au galop, au Paradis ! &#187; &lt;/strong&gt; En son temps, elle avait d&#233;j&#224; compris le prix des petits sacrifices quotidiens assum&#233;s avec discr&#233;tion et pers&#233;v&#233;rance. Son plus grand titre de gloire se trouve dans la fid&#233;lit&#233; &#224; un &#171; Oui &#187; renouvel&#233; jour apr&#232;s jour. &#171; L'h&#233;ro&#239;cit&#233; &#187; de ses vertus, se fonde dans une constante attitude d'ob&#233;issance face &#224; une r&#233;alit&#233; joyeusement assum&#233;e ; le secret de sa saintet&#233;, dans l'intuition d'une &#171; petite voie bien droite &#187; :&lt;strong&gt; une voie royale !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1162 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L327xH145/LdF56r-e631a.jpg?1782931468' width='327' height='145' alt='Sentence' title='Sentence' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enfance</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Enfance.html</link>
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		<dc:date>2006-04-10T18:54:19Z</dc:date>
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		<dc:subject>PasDansQuoiDeNeuf</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - L'aile des Princes Louise na&#238;t &#224; Versailles le 15 juillet 1737. Elle est d&#233;sign&#233;e comme Madame Septi&#232;me, n&#233;e Huiti&#232;me, puisque l'une de ses s&#339;urs est morte quatre ans auparavant. En dix ans, la reine a mis au monde dix enfants. Un seul des deux gar&#231;ons, le petit Dauphin, a surv&#233;cu. Epuis&#233;e par tant de naissances qui ont assur&#233; fragilement l'avenir de la dynastie, Marie Leszczynska continue de tenir sa cour tout en se m&#233;nageant une vie intime de pri&#232;re et de m&#233;ditation. La petite (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Sa-vie-163-.html" rel="directory"&gt;Sa vie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-PasDansQuoiDeNeuf-+.html" rel="tag"&gt;PasDansQuoiDeNeuf&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - L'aile des Princes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Louise na&#238;t &#224; Versailles&lt;/strong&gt; le 15 juillet 1737. Elle est d&#233;sign&#233;e comme Madame Septi&#232;me, n&#233;e Huiti&#232;me, puisque l'une de ses s&#339;urs est morte quatre ans auparavant. En dix ans, la reine a mis au monde dix enfants. Un seul des deux gar&#231;ons, le petit Dauphin, a surv&#233;cu. Epuis&#233;e par tant de naissances qui ont assur&#233; fragilement l'avenir de la dynastie, &lt;strong&gt;Marie Leszczynska continue de tenir sa cour tout en se m&#233;nageant une vie intime de pri&#232;re et de m&#233;ditation&lt;/strong&gt;. La petite princesse rejoint ses s&#339;urs a&#238;n&#233;es dans l'aile des Princes qui domine le parterre du Midi et l'Orangerie. D&#232;s ses premiers jours, elle est entour&#233;e des soins empress&#233;s de sa nourrice et des douze personnes attach&#233;es &#224; sa Chambre sous les ordres de Madame de Tallard, gouvernante des Enfants de France.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_552 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L425xH283/18r-4b051.jpg?1782937007' width='425' height='283' alt='Vue de l'aile des Princes' title='Vue de l'aile des Princes' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Madame Septi&#232;me &#187; jouit d&#232;s ses premiers jours d'un train de vie princier, soumis &#224; une &#233;tiquette parfois bien contraignante. Elle fut entour&#233;e de soins attentifs et soigneusement r&#233;gl&#233;s &#224; l'avance : une premi&#232;re femme de chambre, qui veillait en permanence sur l'enfant et conduisait tous ses d&#233;placements, assist&#233;e de huit autres femmes de chambre qui prenaient leur service par quartiers, c'est &#224; dire en &#233;quipe de deux par trimestre. La nourrice du corps, nourrice en titre, jouait un r&#244;le capital&#8230; Elle n'&#233;tait bien s&#251;r charg&#233;e que de l'allaitement&#8230; la remueuse habillait et d&#233;shabillait le b&#233;b&#233;, lui donnait son bain, bref veillait &#224; tous les soins mat&#233;riels&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_554 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L383xH510/meubles1737r-21e41.jpg?1782937007' width='383' height='510' alt='Etat des meubles fournis pour la naissance de Madame Louise' title='Etat des meubles fournis pour la naissance de Madame Louise' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &#8230; C'e&#251;t &#233;t&#233; un grave manquement et une injure aux personnes que de m&#233;langer les attributions, dont certaines (celle de femme de chambre) revenaient &#224; des dames de condition, tandis que d'autres (nourrice ou remueuse) allaient &#224; des roturi&#232;res, femmes du peuple g&#233;n&#233;ralement [&#8230;] notre petite derni&#232;re voyait &#233;galement s'affairer autour d'elle un valet et un gar&#231;on de chambre, un portefaix charg&#233; du m&#233;nage, une blanchisseuse, une empeseuse [de collerettes], une baigneuse, une coiffeuse, un gar&#231;on portemanteau, une servante de cuisine, qui servait en fait les femmes de chambre.&#034; (Bernard Hours, &#034;Madame Louise princesse au Carmel&#034;, Cerf, 1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meubles et fournitures sont livr&#233;s quinze jours avant la naissance de la princesse, destin&#233;s &#224; l'enfant &#224; sa gouvernante et &#224; sa nourrice ainsi qu'&#224; la veilleuse, &#224; un gar&#231;on de chambre et &#224; un portefaix. Est aussi livr&#233;e de la vaisselle d'or et de vermeil, grav&#233;e des armes du roi et de la l&#233;gende des Enfants de France. Le document est sign&#233; &#034;en re&#231;u&#034; par la duchesse de Ventadour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ann&#233;e &#224; peine a pass&#233; quand le couple royal se s&#233;pare de ses filles cadettes. Les quatre plus jeunes princesses sont conduites &#224; l'abbaye de Fontevraud. Leur &#233;ducation est confi&#233;e aux religieuses. Les personnes de leur suite qui composent la &#171; Maison de Mesdames &#187; se relaient par roulement aupr&#232;s d'elles. De co&#251;teux travaux d'am&#233;nagement ont &#233;t&#233; entrepris pour recevoir tant de monde. La d&#233;cision d'&#233;loigner les petites princesses de Versailles n'est sans doute pas due &#224; un souci d'&#233;conomie, mais plut&#244;t au d&#233;sir de&lt;strong&gt; les faire grandir dans un climat plus sain et plus serein&lt;/strong&gt; que celui du ch&#226;teau, o&#249; s'entassent les courtisans et o&#249;, paradoxalement, l'espace commence &#224; manquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le voyage fut une v&#233;ritable exp&#233;dition qui &#233;grena lentement, &#224; travers les plaines de la Beauce, un lourd cort&#232;ge de neuf voitures et vingt fourgons, encadr&#233; d'un d&#233;tachement des Gardes du Corps. Il dura treize jours, que Madame Septi&#232;me passa assise sur les genoux de sa premi&#232;re femme de chambre, munie d'un hochet de vermeil. Dans le m&#234;me carrosse se trouvaient ses trois s&#339;urs, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; de La Lande qui avait re&#231;u la responsabilit&#233; du voyage, et deux autres femmes de chambre. Le passage de Mesdames, avec leur suite de cent vingt personnes et deux cents chevaux, provoquait quelque d&#233;rangement : la population devait fournir draps et matelas, les auberges &#233;taient r&#233;quisitionn&#233;es, les milices bourgeoises mises sur pied de guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Le 28 juin, le cort&#232;ge quitta Saumur pour l'&#233;tape finale, Fontevraud, o&#249; les petites princesses, acclam&#233;es par la population, firent leur entr&#233;e au milieu d'une haie d'honneur form&#233;e par la mar&#233;chauss&#233;e de la province. Dans la cour de l'abbaye, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; de La Lande les remit &#224; la garde de l'abbesse, Madame de Rochechouart. En leur honneur, on donna une f&#234;te avec un d&#238;ner de plus de deux cents couverts, pr&#233;sid&#233; par l'abbesse, suivi, le soir par des illuminations et un feu d'artifice. Le lendemain, Madame de La Lande repartait sans d&#233;lai rendre compte au roi de sa mission.&#171; (Bernard Hours, &#187;Madame Louise princesse au Carmel&#034;, Cerf, 1987)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Fontevraud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e 1739, des travaux sont entrepris pour am&#233;nager l'ancien logis Bourbon construit par la tante d'Henri IV, El&#233;onore de Bourbon, tout proche du logis abbatial. On y ajoute une aile suppl&#233;mentaire. Mais les princesses ne pourront emm&#233;nager qu'en 1741.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&#8230;Pendant trois ans on logea les princesses par des moyens de fortune : Mesdames Quatri&#232;me et Cinqui&#232;me dans les appartements de l'abbesse, Mesdames Sixi&#232;me et Septi&#232;me dans un b&#226;timent d&#233;labr&#233;, voisin du logis abbatial. Ce qui devait arriver arriva : d&#232;s les premi&#232;res froidures de l'automne 1738, Mesdames Cinqui&#232;me, Sixi&#232;me et Septi&#232;me tomb&#232;rent malades. On craignit m&#234;me pour la vie de la derni&#232;re, et l'on d&#233;cida de la baptiser sans plus tarder [&#8230;] La c&#233;r&#233;monie eut lieu le 20 d&#233;cembre 1738, dans l'&#233;glise paroissiale Saint-Michel, en pr&#233;sence du cur&#233; et de Madame [l'abbesse] de Rochechouart. [&#8230;] la petite fille re&#231;ut le nom de&lt;strong&gt; Louise-Marie&lt;/strong&gt;. Vu les circonstances, elle fut plac&#233;e sous la protection particuli&#232;re de la Vierge Marie, et, selon la tradition, vou&#233;e au blanc pour un an [&#8230;] Madame Louise une fois revenue &#224; Versailles, n'oublia pas cette paroisse o&#249; elle avait aussi re&#231;u la premi&#232;re communion et la confirmation. Les princesses continu&#232;rent d'y faire leurs P&#226;ques chaque ann&#233;e, m&#234;me apr&#232;s l'ach&#232;vement de leur chapelle priv&#233;e. En 1755, elles envoy&#232;rent au cur&#233; un tableau repr&#233;sentant &#171; Saint Joseph tenant dans ses bras l'enfant J&#233;sus &#187;.&#034; (Bernard Hours,&#034;Madame Louise, princesse au Carmel&#034;, Cerf, 1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation que la petite princesse re&#231;oit des religieuses &#224; qui elle est confi&#233;e tend &#224; la pr&#233;parer au rang qu'elle aura &#224; tenir dans le monde, mais aussi &#224; dompter son orgueil et sa vivacit&#233; parfois mordante. A une suivante qui, un jour, tarde &#224; la satisfaire, elle rappelle avec d&#233;dain &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je suis la fille de votre roi !&lt;/em&gt;&#8230; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Et moi, Madame, je suis la fille de votre Dieu !&lt;/em&gt; s'entend-elle r&#233;pondre. Elle acquiert ainsi une lucidit&#233; qui lui permet de se remettre en question et de se corriger. Sans doute se souviendra-t-elle des talents p&#233;dagogiques de ses &#233;ducatrices quand elle aura elle-m&#234;me la charge du noviciat &#224; Saint-Denis.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L296xH489/LdF13-11f87.jpg?1782937007' width='296' height='489' alt='Clo&#238;tre de Fontevraud' title='Clo&#238;tre de Fontevraud' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Tout ce qui ne vient pas de Dieu ne saurait &#234;tre bon et les scrupules ne sont pas de lui. Faisons-nous non une conscience large, mais une conscience paisible.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;(M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, conseils &#224; ses novices)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute petite, Madame Louise apprend &#224; aimer Dieu, ressentant d&#233;j&#224;, de fa&#231;on enfantine le &lt;strong&gt;d&#233;sir de se donner toute &#224; lui&lt;/strong&gt;. Sa g&#233;n&#233;rosit&#233; allant avec l'imp&#233;tuosit&#233; de son temp&#233;rament est accompagn&#233;e cependant du scrupule d'&#234;tre indigne de tant d'amour. Cela au point qu'elle appr&#233;hende presque le moment de sa premi&#232;re communion : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Il n'est pas encore temps d'y penser.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;r&#233;monie a lieu le 21 novembre 1748, jour de la f&#234;te de la Pr&#233;sentation de la Vierge. Elle a alors douze ans et en gardera toujours un souvenir &#233;mu : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;A peine mes premi&#232;res ann&#233;es s'&#233;taient-elles &#233;coul&#233;es, &#224; peine les enseignements de votre sainte religion avaient-ils p&#233;n&#233;tr&#233; mon &#226;me, que vous y f&#238;tes na&#238;tre une pi&#233;t&#233; affectueuse pour le sacrement de vos autels. Je ne soupirai plus qu'apr&#232;s le moment de vous y recevoir, de vous y poss&#233;der : une foi vive, un ardent amour, avec de nouveaux dons de votre gr&#226;ce, accrurent encore mes d&#233;sirs. Vous les entend&#238;tes pour les exaucer, Dieu de bont&#233; ! Vous les avez couronn&#233;s en me donnant votre corps pour nourriture. &#212; faveur qui jusqu'au dernier instant de ma vie sera pr&#233;sente &#224; ma reconnaissance !&lt;/em&gt; (&#171; M&#233;ditations Eucharistiques, F&#234;te de la pr&#233;sentation de la Sainte Vierge &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais le couple royal ne fera le voyage pour rendre visite &#224; ses filles. En septembre 1747 cependant, Jean-Marc Nattier est d&#233;p&#234;ch&#233; aupr&#232;s d'elles pour faire leurs portraits. En d&#233;couvrant le visage de Louise la reine commente : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#8230;je n'ai jamais rien vu de si agr&#233;able que la petite. Elle a la physionomie attendrissante et fort &#233;loign&#233;e de la tristesse [&#8230;] elle est touchante, douce spirituelle&lt;/em&gt; (Lettre &#224; la duchesse de Luynes, cit&#233;e par le duc de Luynes, &#034;M&#233;moires&#034;, t. VIII, p. 309). Le peintre a su faire ressortir le charme et la fra&#238;cheur de la petite princesse. Il a aussi habilement &#171; gomm&#233; &#187; la d&#233;formation de son dos, due &#224; une scoliose ou &#224; une mauvaise chute que Louise aurait faite en voulant descendre seule de son lit alors qu'elle &#233;tait encore &#224; Fontevraud. Il y a loin du charme de la petite fille &#224; l'apparence, peu avenante il faut bien le dire, de la femme qui plus tard se d&#233;peindra ainsi, avec un humour teint&#233; de cruaut&#233; : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Votre servante est fort petite, grosse t&#234;te, grand front, sourcils noirs, yeux bleu-gris-brun, nez long et crochu, menton fourchu, grasse comme une boule et bossue.&lt;/em&gt; (Lettre &#224; la Prieure du carmel de Bruxelles, 6 mars 1783)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#194;g&#233;e de quinze ans, Victoire retourne &#224; Versailles en 1748. Louise et Sophie devront patienter deux ann&#233;es encore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Neuvaine &#224; sainte Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus</title>
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		<dc:date>2006-04-10T18:53:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



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&lt;p&gt;Neuvaine &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus Premier jour Me voici encore &#224; vos pieds, &#244; ma M&#232;re ; et toujours pour obtenir la gr&#226;ce que je sollicite depuis tant d'ann&#233;es ; mes esp&#233;rances sont augment&#233;es, mais, h&#233;las ! ce ne sont que des esp&#233;rances, je suis toujours dans le monde, toujours loin de vos saints asiles, et je ne vois pas m&#234;me de route certaine pour y arriver. Je persiste, &#244; mon Dieu, &#224; me soumettre sans r&#233;serve &#224; votre sainte volont&#233; ; je ne demandais que de la conna&#238;tre. E&#251;t-elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Textes-de-Mere-Therese-de-St-Augustin-.html" rel="directory"&gt;Textes de M&#232;re Th&#233;r&#232;se de St Augustin&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Neuvaine &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus&lt;/h2&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier jour&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L168xH189/LdF39B-5dacb.jpg?1782933178' width='168' height='189' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-675 '&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;r&#232;se d'Avila
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Me voici encore &#224; vos pieds, &#244; ma M&#232;re ; et toujours pour obtenir la gr&#226;ce que je sollicite depuis tant d'ann&#233;es ; mes esp&#233;rances sont augment&#233;es, mais, h&#233;las ! ce ne sont que des esp&#233;rances, je suis toujours dans le monde, toujours loin de vos saints asiles, et je ne vois pas m&#234;me de route certaine pour y arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je persiste, &#244; mon Dieu, &#224; me soumettre sans r&#233;serve &#224; votre sainte volont&#233; ; je ne demandais que de la conna&#238;tre. E&#251;t-elle &#233;t&#233; oppos&#233;e &#224; mes v&#339;ux, sur le champ je m'y serais soumise, j'aurais renonc&#233; &#224; mes plus chers desseins, et je me serais fix&#233;e dans l'&#233;tat o&#249; votre adorable Providence m'aurait retenue. Mais soyez-en lou&#233; &#224; jamais, &#244; mon Dieu, votre mis&#233;ricorde n'a point rejet&#233; mes v&#339;ux ; votre oracle a parl&#233; ; vous avez agr&#233;&#233; mon sacrifice ; et il ne me reste qu'&#224; attendre le moment que vous avez marqu&#233;. Je l'attends &#244; mon Dieu, et c'est avec autant de soumission que d'empressement : mais vous nous permettez de vous prier, et vous ne prenez point mes sollicitations pour des r&#233;voltes. H&#226;tez donc, &#244; mon Dieu, h&#226;tez, pr&#233;cipitez cet heureux moment.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#212; ma bonne M&#232;re, joignez vos instances &#224; celles d'un enfant que vous ne pouvez plus d&#233;savouer : jetez les yeux sur moi, voyez l'esclavage o&#249; je suis, l'agitation o&#249; je vis ; mes pri&#232;res g&#234;n&#233;es, mes m&#233;ditations coup&#233;es, mes d&#233;votions contrari&#233;es ; voyez les affaires temporelles dont je suis assaillie ; voyez le monde, qui s&#232;me sous mes pas ses pompes, ses jeux, ses spectacles, ses conversations, ses d&#233;lices, ses vanit&#233;s, ses m&#233;chancet&#233;s, ses tentations, sans que je puisse ni fuir ni me d&#233;tourner ; voyez les dangers que je cours, les &#233;pines sur lesquelles je marche, mes fautes, le peu de bien que je fais ; voyez mes d&#233;solations, mes tristesses, mes ennuis ; ayez piti&#233; de moi ; obtenez-moi, enfin la sainte libert&#233; des enfants de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troisi&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ne suis-je pas assez &#233;prouv&#233;e, ne connaissez-vous pas &#224; fond le v&#339;u de mon c&#339;ur ; apr&#232;s tant d'ann&#233;es de constance ? Doutez-vous de ma r&#233;solution, m'avez-vous vue varier un seul instant, ne m'avez-vous pas toujours aper&#231;ue toute tourn&#233;e vers la voix qui m'appelle, tendant &#224; elle de toutes mes pens&#233;es, de tous mes d&#233;sirs et de toutes mes forces ; soupirant sans cesse apr&#232;s le bonheur de la suivre ; fondant en larmes de me voir ainsi renvoy&#233;e d'ann&#233;e en ann&#233;e ; conjurant Dieu de toute la ferveur, et dans toute la sinc&#233;rit&#233; de mon &#226;me, de briser, enfin, mes liens ; vous pressant, vous sollicitant de m'aider &#224; les rompre, employant pour vous y engager, l'intercession de vos plus ch&#232;res filles ? N'ai-je pas connu assez le monde pour le d&#233;tester &#224; jamais, pour ne jamais le regretter ? J'ai consid&#233;r&#233; tant de fois, une &#224; une, toutes les douceurs de cet &#233;tat, auquel je veux renoncer ! Vous m'&#234;tes t&#233;moin, &#244; mon J&#233;sus, qu'il n'en est point que j'aie balanc&#233; &#224; vous sacrifier. Vaines douceurs, douceurs pleines d'amertume, fussent-elles mille fois plus pures, je pr&#233;f&#232;re le Calice de mon Sauveur. Ne me dites point, ma Sainte M&#232;re, que je ne connais pas encore assez votre r&#232;gle. Ah ! ne m'avez-vous pas vu la lire sans cesse, la m&#233;diter, la porter toujours sur moi, en faire mes d&#233;lices ? Je ne me suis rien d&#233;guis&#233;, abaissements, pauvret&#233;, aust&#233;rit&#233;s de toutes esp&#232;ces, privations de toutes sortes, solitude, d&#233;laissements, contradictions, humiliations, m&#233;pris, mauvais traitements, j'ai mis tout au pis ; rien ne m'a effray&#233;e, j'ai compar&#233; l'&#233;tat de Princesse et l'&#233;tat de Carm&#233;lite, et toujours j'ai prononc&#233; que celui de Carm&#233;lite valait mieux que celui de Princesse ; et jamais ce jugement ne s'effacera de mon c&#339;ur ; j'ai vu, &#244; mon J&#233;sus, j'ai soupes&#233; la croix, dont je, vous prie de me charger. Ah ! que n'est-elle aussi pesante que la v&#244;tre !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatri&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#212; ma bonne M&#232;re, que faut-il donc de plus ? Mes jours se dissipent, mes ann&#233;es s'&#233;coulent ; h&#233;las ! que me restera-t-il &#224; donner &#224; Dieu ? Vos filles elles-m&#234;mes ne me trouveront-elles pas trop &#226;g&#233;e ? Ouvrez-moi donc enfin, &#244; ma M&#232;re, ouvrez-moi la porte de votre maison, tracez-moi la route, frayez-moi le chemin, aplanissez-moi tout obstacle ; d&#232;s le premier pas, j'ai besoin de tous vos secours pour me d&#233;clarer &#224; celui dont le consentement m'est n&#233;cessaire ; faites-moi na&#238;tre une occasion favorable, pr&#233;parez-moi son c&#339;ur, disposez-le &#224; m'&#233;couter, d&#233;fendez-moi de sa tendresse, d&#233;fendez-moi de la mienne, donnez-moi avec le courage de lui parler, des paroles persuasives qui vainquent toutes ses r&#233;pugnances ; mettez-moi sur les l&#232;vres ce que je dois lui dire, ce que je dois lui r&#233;pondre ; parlez-lui vous-m&#234;me pour moi, et r&#233;pondez-moi pour lui. Vous obt&#238;ntes autrefois tant de gr&#226;ces pour rompre les liens qui vous retenaient dans le monde ; vous en obtenez tant de pareilles pour vos filles ; interc&#233;dez donc aussi pour moi, &#244; ma M&#232;re, et dites &#224; mon c&#339;ur, avant que je sorte d'ici, que je puis parler quand je voudrai et que le c&#339;ur du Roi est inclin&#233; &#224; mes v&#339;ux ; mais, ma sainte M&#232;re, comment apprendra-t-il ma r&#233;solution ? Y consentira-t-il ? La verra-t-il s'ex&#233;cuter sans &#234;tre touch&#233; de Dieu, et sans retourner enti&#232;rement vers lui. Moi Carm&#233;lite et le Roi tout &#224; Dieu. Quel bonheur ! Dieu le peut, Dieu le fera, &#244; ma sainte M&#232;re, si vous le lui demandez. H&#233;las ! il le ferait m&#234;me pour moi, si j'avais autant de foi que de d&#233;sir ; ah ! je crois, &#244; mon Dieu, je crois, &#244; ma bonne M&#232;re, pr&#233;sentez ma foi aux pieds de votre divin &#201;poux ; qu'elle croisse, qu'elle s'augmente entre vos mains, et qu'elle &#233;gale la v&#244;tre ; et comme elle a m&#233;rit&#233; des miracles, apr&#232;s cela qu'aurais-je &#224; d&#233;sirer ? Mourir, et mourir Carm&#233;lite ; et laisser ici-bas toute ma famille dans le chemin du Ciel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cinqui&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais s'il faut encore par quelque d&#233;lai acheter de si grandes gr&#226;ces ; ah ! du moins, ma sainte M&#232;re, augmentez-en le pressentiment dans mon c&#339;ur ; faites-y luire le plein jour de la volont&#233; de Dieu ; daignez sans cesse m'y certifier ma vocation, mais surtout ne me laissez pas perdre cet intervalle, quel qu'encore qu'il puisse &#234;tre, aidez-moi &#224; me d&#233;faire d&#232;s aujourd'hui de tous les attachements contraires &#224; ma vocation. H&#233;las ! &#224; quoi ne s'attache pas notre c&#339;ur, et presque toujours sans que nous nous doutions de l'attachement. Parents, amis, honneurs, richesses, appartements, meubles, habits, bijoux, bonne ch&#232;re, commodit&#233;s, habitudes, consolations humaines : que sais-je ? Voyez, faites moi voir, arrachez-y tout ce que je ne dois pas porter chez vous. Ah ! n'&#233;pargnez rien au-dedans de moi ; mais au dehors, ma bonne M&#232;re, retenez par vos instances les plus vives, ce bras terrible qui a d&#233;chir&#233; mon &#226;me par tant de funestes coups. &#212; mon Dieu, conservez la Reine ; donnez-lui la consolation de me voir au nombre de ses ch&#232;res Carm&#233;lites ; conservez toute ma famille, conservez tous ceux que j'aime, ne m'en d&#233;tachez que par votre gr&#226;ce. Non, je ne serai pas rebelle, et je foulerai aux pieds toutes mes inclinations pour suivre votre voix. Mais, &#244; ma sainte M&#232;re, pendant que je travaille &#224; d&#233;raciner toutes mes anciennes attaches, ne permettez pas que j'en contracte de nouvelles ; prot&#233;gez-moi contre toutes les occasions, contre tous les pi&#232;ges qu'on me tend.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sixi&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A mesure que mon c&#339;ur se videra de toutes les pens&#233;es de la terre, il se remplira de celles de ma vocation, de celles du Ciel. &#212; ma M&#232;re, dilatez, &#233;tendez dans mon &#226;me toutes les vertus religieuses ; que d&#232;s &#224; pr&#233;sent j'en pratique tout ce qu'il m'est possible de pratiquer dans le monde ; donnez-moi des occasions fr&#233;quentes d'ob&#233;ir, de me mortifier, de m'humilier, de me confondre avec mes inf&#233;rieurs, de descendre au-dessous d'eux, de fouler aux pieds le monde et ses vanit&#233;s, de glorifier Dieu sans respect humain, d'embrasser, sans honte, la croix de J&#233;sus, de confesser hautement sa Religion et son Eglise, de renoncer &#224; moi-m&#234;me et &#224; toutes mes affections, de go&#251;ter les contradictions, les d&#233;laissements, le d&#233;faut de consolations humaines ; de sentir le froid, le chaud, la faim, la lassitude, de me d&#233;pouiller de ma propre volont&#233;, de me r&#233;signer &#224; celle de Dieu ; de m'&#233;lever &#224; lui ; de le prier, de converser avec lui, de l'aller visiter au pieds de ses autels ; de participer &#224; sa Sainte-Table, d'entendre sa Parole, d'assister &#224; ses saints offices. Multipliez toutes les occasions pareilles, et que je n'en perde pas une ; que partout, et dans les lieux les plus consacr&#233;s au monde, je porte un c&#339;ur crucifi&#233;, un c&#339;ur de Carm&#233;lite ; que toutes mes pens&#233;es soient dignes de vous.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Septi&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Soyez sans cesse &#224; mes c&#244;t&#233;s, &#244; ma sainte M&#232;re, pour me dire, sans rel&#226;che, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;songez &#224; votre vocation, il vous reste peu de temps, songez &#224; former une Carm&#233;lite ; une Carm&#233;lite ne penserait pas, ne dirait pas, ne ferait pas cela&lt;/em&gt;. Ah ! qu'avec cette assistance, j'esp&#233;rerais former en moi d&#232;s &#224; pr&#233;sent, et au milieu m&#234;me du monde, une parfaite Carm&#233;lite, &#224; qui il ne manquerait que le clo&#238;tre et l'habit. Daignez donc, ma sainte M&#232;re, si vous voulez encore me laisser dans le monde, daignez ne me pas perdre un moment de vue ; veillez sur moi comme sur une de vos filles, soyez mon soutien, soyez ma s&#251;re garde, soyez mon conseil assidu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Huiti&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je vous recommande non seulement mon c&#339;ur pour y former toutes les vertus et toutes la perfection de votre r&#232;gle, mais encore mon corps pour le mettre en &#233;tat d'en soutenir les aust&#233;rit&#233;s ; je ne demande pas une sant&#233; parfaite, je veux &#244; ma sainte M&#232;re, vous ressembler en tout point, je veux ressembler &#224; J&#233;sus-Christ, mon divin mod&#232;le, et porter sa croix en mon c&#339;ur et en mon corps jusqu'au dernier soupir. &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Ou souffrir ou mourir&lt;/em&gt;, sera ma devise, comme ce fut la v&#244;tre ; mais qu'au milieu des douleurs et des infirmit&#233;s, mon temp&#233;rament se fortifie, afin que sa faiblesse ne soit pas un obstacle &#224; ma vocation, quand par la mis&#233;ricorde de Dieu, tous les autres obstacles seront lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Neuvi&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais tandis que je m'occupe de mon c&#339;ur, que je m'en propose les vertus, et que je m'y exerce, ne me laissez pas non plus, &#244; ma sainte M&#232;re, n&#233;gliger l'&#233;tat o&#249; la Providence me retient encore, quelque court que doive &#234;tre le temps qu'elle m'y retiendra. Sugg&#233;rez-moi aussi tous les devoirs, obtenez-moi de les remplir ponctuellement avec autant d'exactitude, d'&#233;mulation, et de perfection, que si je devais &#234;tre toute ma vie ce que je suis &#224; pr&#233;sent ; multipliez aussi, sous mes mains, les occasions de faire le bien propre de cet &#233;tat, le bien que je ne pourrai plus faire dans le clo&#238;tre. H&#233;las ! qu'ai-je fait jusqu'ici pour r&#233;pondre &#224; la Providence, et la justifier de m'avoir plac&#233;e, et de m'avoir tenue plus de trente ans dans ce rang d'&#233;l&#233;vation ? &#212; mon Dieu ! Remplissez le peu de jours qui me restent de cette grandeur, et que de leur pl&#233;nitude soient combl&#233;s tous les vides de ma vie pass&#233;e. Donnez-moi dans ce court espace de temps de servir la Religion, l'&#201;glise et l'&#201;tat ; de tirer de la mis&#232;re tous les malheureux, de soutenir, de ranimer, d'encourager la pi&#233;t&#233;, de prot&#233;ger l'innocence opprim&#233;e, d'imposer un silence &#233;ternel &#224; la calomnie et &#224; la m&#233;disance, de vous gagner toute ma maison, d'&#233;difier toute la Cour ; et avant de m'enfermer pour travailler uniquement &#224; mon salut, d'avoir procur&#233; celui de tous ceux &#224; qui l'&#233;l&#233;vation dont je descends m'aura donn&#233;e en spectacle. Ainsi soit-il.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Testaments spirituels</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Testaments-spirituels,502.html</link>
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		<dc:date>2006-04-10T18:53:02Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Testaments spirituels I Ma fille, c'est l'amour qui &#233;largit le chemin de la p&#233;nitence et qui nous le fait para&#238;tre uni et spacieux ; et, par un effet tout contraire, la gr&#226;ce qui poursuit le p&#233;cheur remplit de g&#234;nes, d'&#233;pines, de montuosit&#233;s, le chemin o&#249; il marche. Telle est cette mis&#233;ricorde adorable, soit qu'elle coure apr&#232;s nous pour nous regagner, soit qu'elle se montre &#224; c&#244;t&#233; de nous pour nous soutenir. Ah ! ne nous lassons jamais de la b&#233;nir, de la louer, de l'invoquer, d'avoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Textes-de-Mere-Therese-de-St-Augustin-.html" rel="directory"&gt;Textes de M&#232;re Th&#233;r&#232;se de St Augustin&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_598 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L500xH316/LdF32-b2c98.jpg?1782937007' width='500' height='316' alt='Cellule de Madame Louise' title='Cellule de Madame Louise' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Testaments spirituels&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;I&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, c'est l'amour qui &#233;largit le chemin de la p&#233;nitence et qui nous le fait para&#238;tre uni et spacieux ; et, par un effet tout contraire, la gr&#226;ce qui poursuit le p&#233;cheur remplit de g&#234;nes, d'&#233;pines, de montuosit&#233;s, le chemin o&#249; il marche. Telle est cette mis&#233;ricorde adorable, soit qu'elle coure apr&#232;s nous pour nous regagner, soit qu'elle se montre &#224; c&#244;t&#233; de nous pour nous soutenir. Ah ! ne nous lassons jamais de la b&#233;nir, de la louer, de l'invoquer, d'avoir les yeux sur elle, de nous y confier, de nous y appuyer, de pr&#234;ter l'oreille &#224; sa voix, de suivre son attrait sans balancer, avec courage, amour, ferveur et d&#233;votion.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;AVIS&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Faisons toutes nos actions pour Dieu seul et de notre mieux, avec une grande confiance et un grand amour. Qui m&#233;ritera jamais mieux d'&#234;tre aim&#233; ?&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;II&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, les mis&#233;ricordes de Dieu toutes nombreuses, toutes infinies qu'elles aient &#233;t&#233; pour nous jusqu'ici, ne sont pas &#233;puis&#233;es ; il nous reste encore &#224; les &#233;prouver avec la m&#234;me abondance, si nous le voulons. Oui, si nous le voulons, quelque grands, quelque multipli&#233;s qu'aient &#233;t&#233; nos &#233;garements, il suffit que nous revenions &#224; Dieu sinc&#232;rement, de tout notre c&#339;ur, pour qu'aussit&#244;t il pardonne tout, il oublie tout, il se livre &#224; nous comme si jamais nous n'avions &#233;t&#233; ses ennemis. &#212; bont&#233; ! &#244; mis&#233;ricorde ! Quand on l'a m&#233;dit&#233;, peut-on aimer autre chose que lui ? Peut-on ne pas mourir de regret de l'avoir offens&#233; ? Peut-on en m&#234;me temps ne pas mourir de joie de se sentir bien avec lui ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toutes mes s&#339;urs ont plus sacrifi&#233; &#224; Dieu que moi, car elles lui ont fait le sacrifice de leur libert&#233;, au lieu que j'&#233;tais esclave &#224; la Cour, et mes cha&#238;nes, pour &#234;tre plus brillantes, n'en &#233;taient pas moins des cha&#238;nes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;III&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille regardons la Sainte Vierge se reconna&#238;tre pauvre, et attribuer &#224; l'aveu que son c&#339;ur en faisait sans cesse, toutes les gr&#226;ces dont elle est combl&#233;e. Qui pourrait ne pas s'an&#233;antir en consid&#233;rant l'humilit&#233; d'une cr&#233;ature si parfaite ? Mais aussi, qui pourrait n'&#234;tre pas rempli de confiance au milieu m&#234;me de son an&#233;antissement, en consid&#233;rant dans un si bel exemple, la r&#233;compense de l'humilit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je redoute tout ce qui tient &#224; mon ancien rang, et je fuis m&#234;me les bonnes choses qui pourraient m'en faire souvenir et en faire souvenir les autres.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;IV&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, lorsque, pour d&#233;sarmer le Seigneur, nous nous armons contre nous-m&#234;mes, il faut que la vue de nos p&#233;ch&#233;s nous an&#233;antisse en pr&#233;sence de ce Dieu si grand, si terrible, que nous avons eu le malheur d'offenser ; il faut qu'elle brise notre c&#339;ur de crainte et de regret ; il faut qu'elle nous p&#233;n&#232;tre d'une sainte haine contre nous-m&#234;mes. Cependant, il ne faut pas que la vue des mis&#233;ricordes de Dieu nous abandonne, que le souvenir du sang pr&#233;cieux qui a coul&#233; pour effacer ces p&#233;ch&#233;s que nous d&#233;testons nous &#233;chappe. C'est du fond de l'accablement o&#249; David &#233;tait plong&#233; par la vive image de ses p&#233;ch&#233;s, c'est en se repliant sur la contrition m&#234;me dont son c&#339;ur &#233;tait d&#233;chir&#233;, et sur la profonde humiliation o&#249; il &#233;tait, qu'il s'&#233;crie avec la plus ferme et la plus douce confiance : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Mon Dieu, vous ne rejetterez pas un c&#339;ur contrit et humili&#233; !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout mon but, dans ce que j'ai fait pour l'Ordre, a &#233;t&#233; de sauver des &#226;mes, pour lesquelles je donnerais jusqu'&#224; la derni&#232;re goutte de mon sang, &#224; l'imitation de notre divin Epoux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;V&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, Dieu demande de nous la plus grande fid&#233;lit&#233; plut&#244;t que les aust&#233;rit&#233;s, et en cela il ne nous traite pas plus doucement que ceux &#224; qui il demande des choses extraordinaires. Non, les haires, les cilices, les ceintures de fer, les bracelets, les disciplines n'ont rien de plus difficile, rien m&#234;me de si difficile que l'exactitude, la ponctualit&#233; constante et soutenue dans cette suite continuelle d'exercices qui ne finissent point, qui renaissent toujours, et qui ne laissent pas un moment pour reprendre haleine. Il n'est pas douteux que c'est &#224; cette fid&#233;lit&#233; que Dieu a attach&#233; les consolations que nous d&#233;sirons tant ; elles en sont, dans l'ordre de la gr&#226;ce, comme l'effet naturel. Dieu est fid&#232;le &#224; ceux qui le sont.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;AVIS&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand vous vivriez cent ans, souvenez-vous, jusqu'au dernier jour de votre vie, que votre ma&#238;tresse vous recommandait la fid&#233;lit&#233; aux petites choses.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;VI&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, armons-nous de courage et de constance, suivons J&#233;sus-Christ que nous avons toujours sur les l&#232;vres, toujours dans le c&#339;ur ; suivons-le pas &#224; pas ; ne le laissons jamais lorsqu'il nous appelle &#224; l'oraison, &#224; l'office, &#224; quelque devoir de charit&#233; ; ne tergiversons jamais avec lui, ne lui disputons rien, ne le contristons pas. Faisons sa volont&#233; franchement, enti&#232;rement ; sacrifions-lui toute la n&#244;tre sans r&#233;serve ; n'ayons qu'un c&#339;ur avec lui, et ne craignons pas de tomber dans son esclavage, car son joug est doux et l&#233;ger, et l&#224; o&#249; il y a de l'amour il n'y a point de peine.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais &#233;crire partout la formule de mes v&#339;ux, afin, si cela se pouvait, de rendre mon engagement plus &#233;troit. Il n'y a pas de couronne qui vaille le contentement que j'&#233;prouve m&#234;me d&#232;s cette vie de les avoir faits.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;VII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, ne nous alarmons pas si, d'apr&#232;s la faiblesse dont nous ne saurions nous d&#233;pouiller tant que nous porterons ce corps mortel, nous nous apercevons de quelque manquement, ou m&#234;me si nous sentons notre d&#233;votion se refroidir. Ce n'est qu'un avertissement que Dieu nous donne pour nous r&#233;veiller, pour nous renouveler. Il faut partir de l&#224; pour faire une autre course, avec un nouveau courage, une nouvelle ferveur, reconnaissant que c'est avec justice que Dieu nous prive de ses consolations. Demandons-les-lui humblement pour nous aider &#224; le mieux servir, nous soumettant cependant, si c'est sa volont&#233;, &#224; en &#234;tre priv&#233;es toute notre vie, nous r&#233;duisant alors &#224; lui demander la force dont nous avons besoin pour pers&#233;v&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un grand sacrifice qui nous arrache au monde peut bien prouver notre crainte de nous damner avec le monde ; mais ce sont les souffrances journali&#232;res qui prouvent la puret&#233; du d&#233;sir que nous avons de plaire &#224; notre divin Epoux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;VIII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, bannissons de notre esprit tous les scrupules et demandons &#224; Dieu la paix et la joie d'une bonne conscience, sans que cela affaiblisse en nous les sentiments de p&#233;nitence auxquels nous sommes oblig&#233;es. Nos propres forces ne sont rien ; nous sommes des enfants que leur ombre effraie ; mais avec Dieu nous sommes des braves que le fer, la mort et l'enfer m&#234;me ne feraient pas reculer&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qu'est tout ce que nous pouvons souffrir, pour marquer notre amour &#224; celui auquel notre &#226;me a co&#251;t&#233; tout son sang ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;IX&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, lorsque nous avons &#233;t&#233; touch&#233;es des bont&#233;s de Dieu, prions-le de conserver ces sentiments dans notre c&#339;ur, et d'y graver en traits ineffa&#231;ables le souvenir de ses mis&#233;ricordes, afin qu'elles se repr&#233;sentent continuellement &#224; nos yeux, qu'elles soient notre consolation, notre force, notre unique appui. H&#233;las ! dans notre faiblesse, dans notre mis&#232;re, o&#249; trouverions-nous un autre soutien ? Mais d'ailleurs, quel soutien que celui de la fid&#233;lit&#233; d'un Dieu, de la toute puissance, de la bont&#233; de Dieu m&#234;me ! Appuy&#233;es sur ce roc in&#233;branlable, quel est l'ennemi que nous ne devions braver ? &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous&lt;/em&gt; ? Que ce soit notre devise ; opposons-la &#224; tous les obstacles qui se rencontreront sur notre chemin, et nous les verrons tous s'aplanir et nous livrer un passage ais&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aucune de nos paroles, aucun de nos soupirs ne doit &#234;tre sans m&#233;rite pour l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;X&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, ne nous confions point dans nos propres forces ; mais uniquement en celles de Dieu. Le manque de cette confiance est un outrage &#224; Celui auquel nous devons nous confier. Nous &#233;prouvons chaque jour ce que l'on gagne &#224; n'aimer rien que Dieu et pour Dieu. Autant d'affections naturelles que nous retournons vers lui, autant d'&#233;pines que nous arrachons de notre c&#339;ur. L'&#233;preuve que nous en ferons nous animera &#224; travailler de plus en plus sur nous-m&#234;mes. Quelle paix, quelle joie nous go&#251;terons lorsque notre conscience nous rendra ce t&#233;moignage consolant, qu'il n'y a plus rien du tout dans notre c&#339;ur qui ne soit &#224; Dieu, qui ne vienne de Dieu, qui n'appartienne &#224; Dieu ; que surtout Dieu vit en nous et que nous vivons en Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toute la joie que j'ai pu ressentir dans les f&#234;tes du monde ne m'est rien pour le ciel, au lieu qu'au Carmel tout, jusqu'&#224; la moindre poussi&#232;re, peut me valoir des diamants pour l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XI&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, l'&#233;tat de s&#233;cheresse o&#249; nous nous trouvons quelquefois est peut-&#234;tre de la part de Dieu une grande mis&#233;ricorde. Si notre vanit&#233; nous porte &#224; nous complaire dans les louanges des hommes, que ferions-nous des louanges de Dieu m&#234;me ? Et ces gr&#226;ces sensibles dont nous sommes priv&#233;es, ces douceurs, ces consolations, ne sont-ce pas des signes que Dieu est content de nous ? Ne sont-ce pas de v&#233;ritables louanges de la part de Dieu ? Mais qu'elles sont flatteuses ! Il faut &#234;tre bien fort pour les soutenir ; Saint Paul lui-m&#234;me aurait pu craindre d'y succomber, et elles ne lui furent donn&#233;es qu'avec un terrible contre-poids qui l'avertissait sans cesse de s'humilier. B&#233;nissons donc la mis&#233;ricorde de Dieu quand elle nous &#233;pargne cette tentation, en nous conduisant par des voies plus p&#233;nibles, mais peut-&#234;tre plus s&#251;res, et beaucoup moins dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les bonnes religieuses se piquent moins d'intelligence dans les biens&#233;ances de la soci&#233;t&#233;, que de ponctualit&#233; au service de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, un temps viendra o&#249; Dieu, nous ayant fortifi&#233;s contre toutes sortes d'&#233;preuves, se livrera &#224; nous avec toutes ses douceurs ; mais il faut attendre ce temps avec patience, avec r&#233;signation, avec constance. Prions-le, sollicitons-le, exposons-lui nos peines ; mais sans murmurer, sans nous rebuter, sans nous d&#233;courager. Soyons toujours soumises, toujours humbles, toujours reconnaissantes, toujours r&#233;solues de le servir &#224; quelque prix que ce soit, et &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;ce jusqu'&#224; la mort&lt;/em&gt;. Et apr&#232;s tout, quand cela durerait jusque-l&#224;, serait-ce trop pour m&#233;riter le ciel ? Serait-ce trop pour faire p&#233;nitence ? La vie est-elle donc si longue ? L'&#233;ternit&#233; est-elle si peu de choses ? J&#233;sus-Christ, notre chef, notre mod&#232;le, a-t-il &#233;t&#233; trait&#233; autrement ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout dans le monde m'est indiff&#233;rent, et par la gr&#226;ce de Dieu je ne me sens de d&#233;sirs que pour l'&#233;ternit&#233; et ce qui peut m'y conduire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XIII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, nous avons &#224; faire &#224; un Dieu fid&#232;le qui ne permettra pas que nous soyons tent&#233;es au-dessus de nos forces. Aimons la p&#233;nitence, non seulement parce qu'elle nous obtient le pardon de nos fautes, mais encore l'amiti&#233; de Dieu que nous avons offens&#233;. Notre p&#233;nitence, c'est l'&#233;tat que nous avons embrass&#233; ; elle est du choix de Celui &#224; qui nous voulons la faire agr&#233;er, ce qui doit nous porter &#224; l'accomplir avec joie, comme la meilleure que nous puissions faire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faut que le monde me croie impropre au royaume des cieux, puisqu'il est si &#233;merveill&#233; de me voir faire, pour y parvenir, ce que tant d'autres font chaque jour sans qu'on s'en aper&#231;oive.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XIV&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, lorsque nous avons quelque chose de plus p&#233;nible &#224; soutenir qu'&#224; l'ordinaire, soit du genre de vie que nous avons embrass&#233;, soit de l'influence des saisons, souvenons-nous de ce que J&#233;sus-Christ a souffert pour nous ; repr&#233;sentons-nous ce poids immense de gloire auquel il veut nous faire participer, et dont la comparaison, avec le poids le plus lourd que nous ayons &#224; supporter dans ce monde, est si propre &#224; le faire dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;sirerais qu'il n'y e&#251;t pas dans l'Ordre de monast&#232;re plus simplement b&#226;ti que le n&#244;tre, et qu'on p&#251;t toujours le citer comme un mod&#232;le de l'esprit de notre sainte M&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XV&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, le Seigneur se pla&#238;t &#224; exercer ses &#233;lus, tant&#244;t au-dehors, tant&#244;t au-dedans, et en cela il agit envers nous avec mis&#233;ricorde ; s'il nous laissait tranquilles ici-bas, nous nous y &#233;tablirions, nous ne songerions point au ciel, et lorsque pourtant il faudrait y partir, nous regretterions la terre. Ces &#233;preuves dont nous nous plaignons sont donc propres &#224; nous d&#233;tacher de ce monde et &#224; nous &#233;lever vers les cieux. C'est pourquoi laissons les vents gronder, la mer s'agiter ; allons &#224; J&#233;sus-Christ avec confiance ; sa main, quelque invisible qu'elle soit, nous soutient. T&#226;chons de ne pas m&#233;riter le reproche qu'il fit &#224; Saint Pierre : &#171; Homme de peu de foi, pourquoi avez-vous dout&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A Dieu ne plaise que je me permette jamais en pr&#233;sence du ciel une action pour laquelle je craindrais les regards de la terre ! Soyons partout ce que nous devons &#234;tre, nous ne craindrons nulle part de para&#238;tre ce que nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XVI&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, dans le ciel nous serons &#224; Dieu sans peine, sans travail, sans contention d'esprit, sans ti&#233;deur ; plus de corps qui nous affaisse, plus de besoins qui nous occupent, plus de peines qui nous distraient ; point de sommeil, point de maladies, point de froid, point de chaud, point de faim, point de g&#234;nes, point de souffrances. Soutenons donc nos mis&#232;res avec courage, avec patience, avec r&#233;signation, en vue de cette bienheureuse &#233;ternit&#233; ; secouons de nos faiblesses ce que nous pouvons, mais ne nous d&#233;courageons pas par ce qui nous en reste ; si nous ne courons pas, si nous ne volons pas, du moins tra&#238;nons-nous toujours vers le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une religieuse ne doit pas trop facilement se croire malade, et lorsqu'elle n'est qu'incommod&#233;e, elle doit se r&#233;jouir d'avoir quelque chose de plus que ses s&#339;urs &#224; offrir au divin Epoux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XVII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, il faut se faire tout &#224; tous comme l'Ap&#244;tre : rire avec ceux qui rient, pleurer avec ceux qui pleurent, &#234;tre malade avec ceux qui le sont ; mais il faut n&#233;anmoins tenir son c&#339;ur dans la d&#233;pendance de Dieu seul, et ne jamais le tirer de ce centre de notre repos.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si j'ai joui du bonheur de faire du bien aux malheureux, en me consacrant &#224; Dieu je lui ai sacrifi&#233; jusqu'&#224; cette douceur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XVIII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, la science des saints consiste &#224; n'aimer que Dieu, &#224; n'avoir de v&#233;ritable estime que pour lui. Puisse cet amour s'accro&#238;tre en notre c&#339;ur de plus en plus, et remplir tellement toutes nos facult&#233;s, qu'immuables comme son appui, la paix de notre &#226;me soit &#224; toute &#233;preuve et ne re&#231;oive plus aucune alt&#233;ration dans les vicissitudes des objets qui nous environnent, et qui ne sont que des ombres sans r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Que faisons-nous en ce monde si nous n'y retra&#231;ons la mortification de notre divin Ma&#238;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XIX&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, lorsqu'il pla&#238;t &#224; Dieu de nous envoyer des croix, il faut adorer l'usage qu'il fait de son souverain domaine sur nous ; nous savons qu'il n'en use que dans sa mis&#233;ricorde, et pour notre bien ; que c'est par les &#233;preuves, les contradictions qu'il a conduit tous les saints, et le premier de tous, J&#233;sus-Christ, son Fils bien-aim&#233;, notre Sauveur, notre mod&#232;le, notre divin Epoux. Et nous n'embrasserions pas notre croix avec des transports d'amour, de joie, et de reconnaissance ! Et nous nous plaindrions d'&#234;tre trait&#233;es comme J&#233;sus-Christ.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui nous calomnient nous font plus de bien que ceux qui nous flattent, et lorsque nous prions pour nos bienfaiteurs, nous devons les avoir particuli&#232;rement en vue.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XX&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, il est difficile qu'&#224; l'aspect d'une croix qui se pr&#233;sente, le premier mouvement ne soit de tristesse et d'affliction ; la nature est si prompte &#224; se r&#233;volter contre ce qui lui r&#233;pugne, et la raison si lente &#224; venir &#224; son secours ! Mais au moins le second mouvement, le mouvement de la r&#233;flexion, doit &#234;tre tout d'all&#233;gresse et de joie. Laissons faire le Seigneur, ne nous occupons qu'&#224; le suivre, il nous conduira bien ; c'est lui-m&#234;me qui nous en assure.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Dieu du Paradis vaut bien nos sacrifices. Je n'ai pas pay&#233; trop cher par douze ans complets de peine le commencement de tranquillit&#233; dont je jouis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XXI&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, &#224; la suite de J&#233;sus-Christ, point de t&#233;n&#232;bres ; elles ne surviennent que lorsque, loin de le suivre, nous pr&#233;tendons le mener ; alors, n'ayant pas de lumi&#232;re devant nous et nous &#233;cartant d'elle &#224; chaque pas, nous tombons dans une nuit profonde o&#249; nous nous &#233;garons de plus en plus. Tout ce que Dieu voudra, quand il voudra, comme il voudra : telle doit &#234;tre notre constante disposition ; et c'est l&#224; cette simplicit&#233; chr&#233;tienne qu'il faut nous proposer de pratiquer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le joug d'une Carm&#233;lite est l&#233;ger ou pesant, selon le courage ou la pusillanimit&#233; de celle qui le porte.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XXII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, confions-nous en Dieu et il subviendra &#224; tous nos besoins. La seule perte de Dieu serait pour nous d&#233;plorable, rien ne pourrait nous en d&#233;dommager. Rien, rien au monde ne serait capable de remplacer celui qui est notre tout. C'est donc sur lui seul que nous devons arr&#234;ter nos regards. Qu'il nous reste et que toutes les cr&#233;atures s'&#233;vanouissent devant nous, rien ne nous manquera. Ce n'est que dans le ciel que nous sentirons bien cette v&#233;rit&#233; ; mais il faut cependant en cette vie la m&#233;diter, la go&#251;ter, nous en nourrir et nous en convaincre de plus en plus.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;AVIS&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Conservons notre vocation au prix de tous les sacrifices. Pour moi, j'aimerais mieux &#234;tre Carm&#233;lite &#224; Constantinople que de retourner au ch&#226;teau de Versailles.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XXIII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, nos peines et nos &#233;preuves sont-elles donc si grandes que nous ne puissions suffisamment les exprimer en disant avec notre divin ma&#238;tre : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Mon Dieu, pourquoi m'avez vous abandonn&#233;e ?&lt;/em&gt; Et, vous le savez, notre divin Epoux est mort ayant encore pour ainsi dire ces paroles sur les l&#232;vres. Pourrions-nous donc nous plaindre de vivre comme il a v&#233;cu, et de mourir avec lui dans les rigueurs et sur la croix du Calvaire ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;AVIS&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce qui doit nous soutenir dans notre solitude, lorsque nous sommes priv&#233;es de la lumi&#232;re divine, c'est que du moins nous habitons une terre sainte, et que si Dieu se d&#233;robe &#224; nos regards, il ne peut jamais &#234;tre bien loin de nous.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XXIV&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, si tout &#224; coup J&#233;sus-Christ, levant le voile qui le cache &#224; nos yeux dans le Saint-Sacrement, nous apparaissait comme aux disciples sur le Thabor ; si la divinit&#233;, sortant du nuage qui la couvre, se communiquait face &#224; face &#224; notre &#226;me, de cette mani&#232;re ineffable qui fait le bonheur des saints dans le ciel, sans doute toutes les glaces de notre c&#339;ur seraient fondues &#224; l'instant, et nous serions embras&#233;es de l'amour le plus vif et le plus pur pour cet aimable objet ; toutes les autres affections, tous nos attachements dispara&#238;traient en un clin d'&#339;il. Que manque-t-il &#224; la sainte Eucharistie pour op&#233;rer en nous ces merveilleux effets ?&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence r&#233;elle de notre divin Epoux au Saint-Sacrement &#233;claire et &#233;pure la conscience, &#233;largit le c&#339;ur, en bannit l'ennui, la tristesse et les vains scrupules, pour n'y laisser r&#233;gner que la confiance et l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XXV&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, Dieu seul est notre bien et notre tout. C'est avec cette conviction que nous devons approcher de la sainte Table, en nous p&#233;n&#233;trant, par de vives consid&#233;rations, du don que renferme pour nous ce grand myst&#232;re. Faudrait-il, parce qu'un voile l&#233;ger le cache &#224; nos regards, manquer de recueillir les fruits pr&#233;cieux qu'il renferme pour nous ? et notre foi ne saurait-elle percer ce voile ? Prions le Seigneur d'augmenter de plus en plus notre foi ; il ne faut que cela pour nous faire jouir sans mesure du bienfait inestimable que J&#233;sus-Christ nous a pr&#233;par&#233; dans la sainte Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toute la force d'une &#233;pouse de J&#233;sus-Christ est dans la communion ; le moyen le plus s&#251;r pour elle d'avancer dans la perfection, c'est la communion ; le secours le plus puissant contre ses ennemis, c'est encore la communion.
Une Carm&#233;lite doit &#234;tre toujours pr&#234;te &#224; se confesser, &#224; communier et &#224; mourir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;moignage de l'auteur de cette pr&#233;sentation de Louise de France</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Temoignage-de-l-auteur-de-cette-presentation-de-Louise-de.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.carmel.asso.fr/Temoignage-de-l-auteur-de-cette-presentation-de-Louise-de.html</guid>
		<dc:date>2006-04-10T18:52:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;La relecture du parcours effectu&#233; par Madame Louise depuis ses premi&#232;res ann&#233;es &#224; la Cour jusqu'&#224; ses derniers instants m'a rappel&#233; l'expression selon laquelle le P&#232;re Dominique Poirot aime &#224; &#233;voquer &#171; l'unit&#233; royale &#187; de cette vie. &#192; y bien regarder, la rupture a-t-elle &#233;t&#233; si radicale entre les ann&#233;es o&#249; la princesse a su mener, malgr&#233; ses obligations, une vie effac&#233;e vou&#233;e &#224; la pri&#232;re et &#224; la m&#233;ditation et celles o&#249; la carm&#233;lite, investie de charges qu'elle soup&#231;onnait lui avoir &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Temoignages,197-.html" rel="directory"&gt;T&#233;moignages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La relecture du parcours effectu&#233; par Madame Louise depuis ses premi&#232;res ann&#233;es &#224; la Cour jusqu'&#224; ses derniers instants m'a rappel&#233; l'expression selon laquelle le P&#232;re Dominique Poirot aime &#224; &#233;voquer&lt;strong&gt; &#171; l'unit&#233; royale &#187;&lt;/strong&gt; de cette vie. &#192; y bien regarder, la rupture a-t-elle &#233;t&#233; si radicale entre les ann&#233;es o&#249; la princesse a su mener, malgr&#233; ses obligations, une vie effac&#233;e vou&#233;e &#224; la pri&#232;re et &#224; la m&#233;ditation et celles o&#249; la carm&#233;lite, investie de charges qu'elle soup&#231;onnait lui avoir &#233;t&#233; confi&#233;es en raison de son origine, se vit sollicit&#233;e maintes fois pour intervenir dans quelque affaire ou l'int&#233;r&#234;t de l'Ordre ou de l'&#201;glise &#233;tait en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi de chacun d'entre nous qui sommes souvent conduits &#224; renoncer &#224; ce que nous aurions id&#233;alement voulu qu'il adv&#238;nt de notre vie, pour &lt;strong&gt;nous mettre &#224; l'&#233;coute de la seule volont&#233; du Seigneur&lt;/strong&gt; dans la quotidiennet&#233; la plus incarn&#233;e de nos existences d'hommes et de femmes du XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. &#201;lev&#233;s par la gr&#226;ce du bapt&#234;me &#224; la dignit&#233; de fils et filles de Dieu, ne sommes nous pas appel&#233;s &#224; assumer &#224; chaque instant &#171; Ici et maintenant &#187; l'appel qui nous a saisis, en tout ce que nous sommes, pour nous faire avec J&#233;sus Christ, pr&#234;tres proph&#232;tes et rois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Princesse et carm&#233;lite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout au long des ann&#233;es qu'elle a d&#251; patienter &#224; Versailles, Madame Louise s'est trouv&#233;e devant cette question. Serait-elle un jour vraiment carm&#233;lite ou resterait-elle toujours princesse, prisonni&#232;re des cha&#238;nes dor&#233;es en lesquelles sa naissance l'avait enferm&#233;e ? Sa pri&#232;re &#224; Sainte-Th&#233;r&#232;se &#224; la veille de quitter le ch&#226;teau, au bout de dix huit ann&#233;es de patience, disait l'ardeur de son d&#233;sir de se voir lib&#233;r&#233;e d&#233;finitivement de sa condition pour se donner toute &#224; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Ne suis-je pas assez &#233;prouv&#233;e, ne connaissez-vous pas &#224; fond le v&#339;u de mon c&#339;ur apr&#232;s tant d'ann&#233;es de constance ? Doutez-vous de ma r&#233;solution, m'avez-vous vue varier un seul instant, ne m'avez-vous pas toujours aper&#231;ue toute tourn&#233;e vers la voix qui m'appelle, tendant &#224; elle de toutes mes pens&#233;es, de tous mes d&#233;sirs et de toutes mes forces ?&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de sa prise de voile, son action de gr&#226;ce exprimait bien le soulagement de se voir enfin admise en ce lieu devenu pour elle une &lt;strong&gt;Terre promise&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Ce que j'ai quitt&#233; n'est rien, et ce que j'ai trouv&#233; ici est tout, puisque c'est vous que j'y ai trouv&#233;. &#212; mon Dieu, mon tout !&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comparant son sacrifice &#224; celui de ses compagnes elle disait :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Toutes mes s&#339;urs ont plus sacrifi&#233; &#224; Dieu que moi, car elles lui ont fait le sacrifice de leur libert&#233;, au lieu que j'&#233;tais esclave &#224; la Cour, et mes cha&#238;nes pour &#234;tre plus brillantes, n'en &#233;taient pas moins des cha&#238;nes.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette radicalit&#233; qui lui a fait, m&#234;me au milieu des fastes de la Cour, rechercher le plus grand effacement en se retirant seule d&#232;s que ses devoirs le lui permettaient la poussa &#224; d&#233;sirer instamment &#234;tre oubli&#233;e, perdue aux yeux des hommes pour ne plus vivre que sous le regard de Dieu :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Ne craignez pas que je me rappelle jamais ce que j'ai &#233;t&#233;, je veux oublier jusqu'&#224; mon nom. &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Or d&#232;s son entr&#233;e &#224; Saint Denis, ce saint et pieux d&#233;sir ne s'av&#233;ra-t-il pas vain ? E&#251;t-elle pu rester en cl&#244;ture en renvoyant sa suite si elle n'avait pris la pr&#233;caution de pr&#233;senter ce billet &#233;crit de la main m&#234;me du roi :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Les dames qui suivront ma fille Louise, lors de son d&#233;part pour le couvent o&#249; elle d&#233;sire se retirer avec mon agr&#233;ment et permission, lui ob&#233;iront ainsi que l'officier de mes Gardes et les gardes du corps et &#233;cuyers, sur tout ce qu'elle leur commandera, comme si c'&#233;tait moi-m&#234;me qui le leur disait.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il lui fallut donc bien se pr&#233;valoir de l'autorit&#233; de son p&#232;re pour qu'on la laiss&#226;t. On peut s'imaginer l'&#233;tonnement des religieuses, apprenant par leur Sup&#233;rieur, l'abb&#233; Bertin, que la princesse serait d&#233;sormais des leurs. L'une d'elles, quand la communaut&#233; menac&#233;e d'&#234;tre dispers&#233;e par la Commission des r&#233;guliers avait fait une neuvaine pour recevoir une novice, n'avait-elle pas dit : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Il nous faudrait au moins une fille de roi !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'habituer &#224; l'&#226;pre vie du Carmel ne fut sans doute pas chose facile, mais &lt;strong&gt;tous les petits sacrifices de sa sensibilit&#233; lui furent doux&lt;/strong&gt;. D'ailleurs, pour &#234;tre rude la bure de sa nouvelle tenue &#233;tait-elle tellement plus inconfortable que les roides soieries, les dentelles raides d'amidon dont elle devait se parer &#224; Versailles ? La jeune Marie-Antoinette quand elle lan&#231;a la mode des tissus l&#233;gers et vaporeux ne le fit pas seulement par coquetterie, mais pour se sentir plus libre dans ses mouvements. Sans doute descendre seule l'escalier du couvent, quand on n'a jamais fait un pas sans &#234;tre accompagn&#233;e d'un page, chausser des alpargates, alors que l'on est habitu&#233;e aux talons hauts et que les cheville gonflent au bout de quelques heures : voil&#224; bien quelques petites mortifications accept&#233;es et vite surmont&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le plus difficile fut de se faire reconna&#238;tre comme une carm&#233;lite ordinaire.&lt;/strong&gt; Quand il s'agit de lui choisir un nouveau nom elle se contenta de dire : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Tous les noms me sont &#233;gaux pourvu qu'on ne me donne ni celui de Marie ni celui de Louise : il faut faire oublier ce que j'ai &#233;t&#233;.&lt;/em&gt; Elle accepta donc de bon c&#339;ur celui qui lui fut propos&#233;, rappelant toujours avec insistance : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;La s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin ou une autre carm&#233;lite c'est la m&#234;me chose, &#224; la diff&#233;rence pr&#232;s qu'elle est la moins vertueuse de toutes&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne plus s'entendre appeler &#171; Madame &#187;, tel &#233;tait bien son souhait. N'obtenant pas satisfaction, spontan&#233;ment, elle se tourna vers son p&#232;re pour qu'il demande que cessent tous ces &#233;gards. La r&#233;ponse de Louis XV fut toute simple et pleine de bon sens. L'ob&#233;issance ne consistait-elle pas aller jusqu'&#224; accepter humblement de ne pas &#234;tre mise tout de suite au m&#234;me rang que les autres : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Si vous &#234;tes venue pour faire votre volont&#233;, on vous les &#244;tera [les m&#233;nagements ] par respect &#224; vos ordres, mais si vous &#234;tes venue pour ob&#233;ir on vous les laissera parce que je les ai ordonn&#233;s.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madame Louise, en v&#233;rit&#233;, ne put jamais obtenir que l'on oubli&#226;t totalement son origine. Le faste de la c&#233;r&#233;monie de la prise de voile qu'elle re&#231;ut des mains de la jeune Marie-Antoinette le confirme. D'ailleurs sa seule venue &#224; Saint-Denis changea compl&#232;tement le sort de la communaut&#233;. La pension accord&#233;e par le roi permit non seulement de r&#233;gler les dettes du couvent et d'y faire des travaux n&#233;cessaires mais aussi de venir en aide &#224; d'autres maisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e de Madame Louise &#224; Saint-Denis eut aussi un effet d'entra&#238;nement : le noviciat se repeupla. Au lendemain de sa prise de voile elle fut nomm&#233;e ma&#238;tresse des novices. Nouvelle faveur ? Ou plut&#244;t choix judicieux, tenant compte de l'exp&#233;rience du monde de cette femme de trente quatre ans qui avait su pers&#233;v&#233;rer dans sa vocation au milieu d'une soci&#233;t&#233; o&#249; tout aurait pu l'inciter &#224; se laisser aller &#224; la douceur de vivre. Surmontant son scrupule de n'avoir &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;e qu'en raison de sa dignit&#233;, d&#233;passant l'appr&#233;hension de ne pas &#234;tre &#224; la hauteur de la t&#226;che, S&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, s'appliqua &#224; faire de celles qui lui &#233;taient confi&#233;es de vraies filles de Sainte Th&#233;r&#232;se. D&#233;pass&#233;es ses premi&#232;res craintes, elle ne cessa de rendre gr&#226;ce et de s'&#233;merveiller :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Je ne puis voir mes novices sans me sentir encourag&#233;e au service du Seigneur. Leur ferveur s'&#233;l&#232;ve sans cesse contre mes l&#226;chet&#233;s. Je rends gr&#226;ce &#224; la divine Providence d'avoir environn&#233; ma faiblesse de ce petit groupe d'anges qui ne respirent que le pur amour de Dieu, et qui en faisant ma confusion, font cependant aussi ma joie&#8230;. Je regarde mes novices comme autant de ma&#238;tresses que le Seigneur m'a donn&#233;es dans sa mis&#233;ricorde pour m'apprendre &#224; &#234;tre humble, mortifi&#233;e, courageuse, p&#233;nitente et fervente.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ses filles lui rendaient bien la m&#234;me estime et les conseils qu'elle leur prodigua, tant pendant les deux ans o&#249; elle fut investie de cette charge que lorsqu'elle devint &#224; trois reprises leur prieure, t&#233;moignent de l'&#233;quilibre, du bon sens avec lequel elle les guidait. Rapport&#233;s au proc&#232;s de b&#233;atification leurs t&#233;moignages furent r&#233;unis dans un recueil publi&#233; &#224; la suite des &#8220;&lt;strong&gt;M&#233;ditations eucharistiques&lt;/strong&gt;&#8221; sous le titre de &#8220;&lt;strong&gt;Testaments spirituels&lt;/strong&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Je ne sais qu'une chose, c'est de faire la R&#232;gle de mon mieux, et de la faire faire aux autres de son mieux aussi, mais avec beaucoup de charit&#233;, de condescendance pour les faibles, sans tomber dans la faiblesse.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi d&#233;finissait-elle sa &#171; m&#233;thode &#187; p&#233;dagogique fond&#233;e avant tout sur l'exemple. Aucun laxisme, aucune rigueur, une grande humanit&#233;, un brin d'humour, une sinc&#233;rit&#233;, une spontan&#233;it&#233; qui lui faisaient dire sans d&#233;tour sa pens&#233;e. Au quotidien une attention toujours en &#233;veil la rendait soucieuse des moindres besoins de ses compagnes. Mais elle veillait aussi &#224; une discr&#233;tion n&#233;cessaire qui perm&#238;t non seulement d'&#233;viter entre elles tout attachement particulier mais aussi de divulguer quelque confidence qu'elle aurait re&#231;ue de l'une d'elles :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Il y a une infinit&#233; de choses qu'elles [les sup&#233;rieures] ne doivent pas communiquer parce que c'est le secret des c&#339;urs.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sa pi&#233;t&#233; &#233;tait simple, aussi &#233;loign&#233;e du Qui&#233;tisme que du Jans&#233;nisme, et &#224; mille lieues des pens&#233;es des Philosophes. Mais elle n'entra pas vraiment dans les d&#233;bats id&#233;ologiques de son temps. Son seul souci :&lt;strong&gt; pr&#233;server la puret&#233; de la foi et ramener les &#226;mes &#233;gar&#233;es vers leur unique Pasteur&lt;/strong&gt; ; voir rentrer au bercail les brebis &#233;gar&#233;es dont elle croyait sinc&#232;rement qu'elles allaient &#224; leur perte. D'o&#249; les efforts d&#233;ploy&#233;s pour que la S&#339;ur Marthe revenue &#226;g&#233;e et impotente &#224; Saint-Denis apr&#232;s en avoir fui au moment de la crise jans&#233;niste adh&#233;r&#226;t &#224; la bulle Unigenitus. D'o&#249; sa consternation en apprenant que son neveu le roi Louis XVI avait sign&#233; l'&#233;dit de Tol&#233;rance. D'o&#249; aussi sa r&#233;ticence &#224; l'id&#233;e de toute s&#233;cularisation, moyen commode en ce si&#232;cle de caser les cadet(te)s de famille tout en leur permettant une vie facile. Elle r&#234;va m&#234;me peut-&#234;tre de contribuer &#224; r&#233;tablir une plus stricte observance au sein de l'Ordre. Son enthousiasme l'entra&#238;na en cela &#224; agir inconsid&#233;r&#233;ment en saisissant directement le Pape Cl&#233;ment XIV du projet de r&#233;forme des Carmes de Charenton d&#233;sireux de revenir &#224; plus de fid&#233;lit&#233; &#224; la R&#232;gle primitive. Envisageant que l'exemple p&#251;t se propager, elle saisit Rome par l'interm&#233;diaire du cardinal de Bernis en &#171; court-circuitant &#187;, il faut bien le dire, le provincial des Carmes. Peut-on en conclure pour autant, &#224; l'instar de Marie-Antoinette qu'elle fut &#171; la petite carm&#233;lite la plus intrigante du royaume ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#034;En entrant ici j'ai renonc&#233; au bonheur de faire des heureux&#034;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vu son &lt;strong&gt;caract&#232;re entier&lt;/strong&gt;, Madame Louise n'a pu prononcer ces paroles sans penser s'y tenir. Mais &#224; l'&#233;preuve des circonstances, entre le d&#233;sir de se retirer du monde et d'en &#234;tre oubli&#233;e et la tentation d'user de ses relations familiales pour servir l'&#201;glise, quelle a donc &#233;t&#233; r&#233;ellement son attitude ? A y regarder de plus pr&#232;s, on constate qu'elle agit toujours, avec pragmatisme, souvent sur un coup de c&#339;ur, parfois avec maladresse, mais toujours avec une grande sinc&#233;rit&#233;. Refusant syst&#233;matiquement toute intervention dans une affaire de privil&#232;ge ou d'honneur, elle se laissait toucher d&#232;s lors qu'il s'agissait de favoriser une vocation sinc&#232;re, de promouvoir l'Ordre mais aussi de &lt;strong&gt;d&#233;fendre les valeurs auxquelles elle &#233;tait sinc&#232;rement attach&#233;e&lt;/strong&gt;. S'agissait-il de la fondation d'un nouveau couvent &#224; Alen&#231;on, elle se d&#233;pensa sans compter. S'agissait-il d'encourager la vocation d'une jeune fille d&#233;sireuse de prendre le voile, elle s'entremettait pour lever le veto familial ou pour faire payer sa dot si l'obstacle ne venait que d'un manque de moyens. Ainsi obtint-t-elle la protection de la Reine pour Madame Lidoine qui prit par reconnaissance le m&#234;me nom qu'elle en religion. L'h&#233;ro&#239;que sacrifice de celle qui, devenue prieure du carmel de Compi&#232;gne, fut la derni&#232;re &#224; monter &#224; l'&#233;chafaud apr&#232;s avoir soutenu le courage de ses filles, donne &#224; penser de quelle trempe &#233;tait les religieuses form&#233;es pourrait on dire &#171; &#224; l'&#233;cole de Madame Louise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En toute chose, on reconna&#238;t bien le temp&#233;rament fougueux et la franche spontan&#233;it&#233; qui lui feront de la m&#234;me fa&#231;on s'adresser avec tant de vivacit&#233; &#224; Mique, l'architecte de Marie-Antoinette pour se plaindre de la lenteur des travaux pour la construction de la nouvelle &#233;glise du carmel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Je suis d&#233;sesp&#233;r&#233;e Monsieur, notre &#233;glise n'avance point, toutes les fois que je veux presser les ouvriers&#8230; ils me r&#233;pondent qu'ils attendent vos ordres et vous ne venez ni ne les envoyez. On m'a dit derni&#232;rement que vous &#233;tiez enrhum&#233;, mais vous ne l'&#234;tes pas depuis trois mois !&#8230;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle suivit attentivement le chantier ; refusant que l'on y travaill&#226;t le dimanche, elle ne s'en laissa pas conter sur la fa&#231;on dont il devait &#234;tre conduit : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;ce temps ci on devrait travailler d&#232;s cinq heures du matin ; et on ne peut pas nous tromper l&#224;-dessus, car on entend bien de notre ch&#339;ur si on travaille ou ne travaille pas&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette v&#233;h&#233;mence a peut-&#234;tre parfois pouss&#233; Madame Louise &#224; se d&#233;partir de sa r&#233;serve au point d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e comme la t&#234;te du parti d&#233;vot. R&#233;sistance spirituelle &#224; l'image du z&#232;le ardent qui enflammait le proph&#232;te Elie ? Elle n'&#233;tait pourtant pas toujours si libre qu'on peut le croire, du fait m&#234;me de sa position. Le meilleur exemple qui en soit est celui de l'accueil &#224; Saint-Denis des carm&#233;lites des Flandres. Chass&#233;es de leurs couvents par l'&#233;dit de Joseph II, qui ne voulait plus dans ses &#233;tats de congr&#233;gations qui ne fussent vou&#233;es &#224; quelque &#339;uvre &#171; utile &#187;, les religieux et religieuses contemplatifs se voyaient condamn&#233;s &#224; s'exiler ou &#224; retourner dans le si&#232;cle. Les carm&#233;lites &#233;taient &#233;videmment au premier titre frapp&#233;es par cette mesure. Madame Louise en fut touch&#233;e mais ne fut pourtant pas la premi&#232;re &#224; leur ouvrir son couvent. Pour elle l'affaire, in&#233;vitablement, se tournait en affaire de famille. Joseph II n'&#233;tait-il pas le fr&#232;re de la Reine ! Quand elle l'avait re&#231;u &#224; Saint-Denis quelques ann&#233;es auparavant, alors qu'il &#233;tait en visite en France sous le nom de comte de Falkenstein, il avait manifest&#233; son peu d'enthousiasme pour la vie men&#233;e au couvent : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Vraiment Madame, j'aimerais mieux &#234;tre pendu que vivre ici comme vous vivez !&lt;/em&gt; Ce &#224; quoi elle avait r&#233;pondu : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Croyez ma double exp&#233;rience : je suis en droit de prononcer que la carm&#233;lite est plus heureuse dans sa cellule que la princesse dans son palais.&lt;/em&gt; Il n'en avait &#233;videmment pas &#233;t&#233; convaincu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment obtenir de Louis XVI qu'il invit&#226;t officiellement les religieuses vivant sur les &#233;tats de son beau fr&#232;re &#224; venir se r&#233;fugier en France sans que cela par&#251;t une provocation, un d&#233;fi, une ing&#233;rence pourrait-on dire dans l'exercice du pouvoir de ce prince ? La prudence de Madame Louise au commencement de cette affaire s'explique donc. Toute carm&#233;lite qu'elle f&#251;t, elle restait tenue par son devoir d'&#233;tat qui, eu &#233;gard au jeu des alliances de la France dans le concert europ&#233;en, l'obligeait &#224; tenir compte de la raison d'&#233;tat ! Mais d&#232;s lors que son neveu e&#251;t autoris&#233; la venue des religieuses clo&#238;tr&#233;es en son royaume, M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin laissa libre cours &#224; son naturel. Saint-Denis devint la plaque tournante par laquelle les moniales &#233;trang&#232;res passaient avant d'&#234;tre redirig&#233;es vers d'autres couvents. A certain moment les effectifs y atteignirent la soixantaine ! Rien ne fut &#233;pargn&#233; surtout pour accueillir et garder les treize s&#339;urs du carmel de Bruxelles. Il fallut d'abord vaincre leurs r&#233;ticences : le climat, la nourriture, mais, aussi les usages du Carmel fran&#231;ais o&#249; la R&#232;gle n'&#233;tait pas appliqu&#233;e comme &#171; chez elles &#187;. L'abb&#233; Consolin, confesseur de Saint-Denis d&#233;p&#234;ch&#233; aupr&#232;s d'elles, finit par les rassurer. Elles arriv&#232;rent avec lui en juin 1783, re&#231;ues chaleureusement elles s'int&#233;gr&#232;rent dans leur nouvelle communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, fatal retournement de l'histoire, quand &#233;clata la R&#233;volution elles quitt&#232;rent la France. Bient&#244;t celles-l&#224; m&#234;me qui les y avaient accueillies durent &#224; leur tour abandonner le couvent pour se cacher dans leurs familles ou s'exiler. Madame Louise, morte en 1787, ne connut pas le d&#233;ferlement qui balaya la monarchie. Dans la biographie qu'elle lui consacr&#232;rent au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, ses h&#233;riti&#232;res du carmel d'Autun pr&#233;tendirent qu'elle avait &#233;t&#233; victime d'un complot des &#171; ennemis de la religion &#187;. Il n'en est rien bien s&#251;r, mais l'on ne peut leur reprocher d'avoir voulu embellir l'histoire pour que la princesse p&#251;t elle aussi &#234;tre d&#233;clar&#233;e martyre. L'ouvrage de M&#232;re Tourel ne fait qu'emprunter au style hagiographique courant &#224; son &#233;poque pour mettre en valeur celle qui &#233;tait rest&#233;e un exemple de saintet&#233; dans la plupart des communaut&#233;s reconstitu&#233;es apr&#232;s la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, frapp&#233;e par la maladie, Madame Louise a expir&#233; au milieu de ses filles. Ses derni&#232;res paroles furent pieusement recueillies : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Au galop, au galop, au paradis !&lt;/em&gt; Et l&#224; on la reconna&#238;t bien &#224; l'imp&#233;tuosit&#233; qu'elle mit en toute chose. Elle voyait s'ouvrir enfin les portes du royaume, et c'est bien d'une allure princi&#232;re qu'elle y courait ! Elle qui avait tant voulu &#234;tre oubli&#233;e ne le fut m&#234;me pas par ceux-l&#224; qui, en 1793, profan&#232;rent les tombes des Bourbons dans la basilique de Saint-Denis. Se rappelant que la princesse dormait non loin de l&#224;. Ils y vinrent chercher ses restes, enterr&#233;s comme ceux des autres religieuses autour du clo&#238;tre, pour les jeter avec ceux de sa famille dans la fosse commune. Ainsi rejoignait-elle les siens. Peut-&#234;tre le fallait-il pour qu'elle les entra&#238;na &#224; sa suite. L'un de ses v&#339;ux les plus chers exprim&#233; au moment de quitter Versailles n'avait il pas &#233;t&#233; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Moi carm&#233;lite, le roi, tout &#224; Dieu et toute ma famille dans le chemin du ciel.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, le souvenir de Madame Louise a de nouveau resurgi de l'ombre o&#249; il semblait qu'elle e&#251;t fini par entrer au d&#233;but de ce si&#232;cle. Il a resurgi en ce lieu m&#234;me o&#249; elle avait voulu s'enfouir, devenu apr&#232;s bien des avatars Mus&#233;e des arts et d'histoire de Saint-Denis. Tandis qu'au rez-de-chauss&#233;e se trouvent pr&#233;sent&#233;s les vestiges arch&#233;ologiques de la ville, au premier &#233;tage, dans les anciennes cellules, sont expos&#233;s les souvenirs du passage de Louise de France au carmel, alors qu'au second, sont &#233;voqu&#233;s les &#233;v&#233;nements de la Commune. Providentielle rencontre en ces lieux o&#249; se sont pos&#233;es sans les accaparer les traces de divers courants de notre histoire. Comment ne pas redire les mots que Madame Louise ne pronon&#231;ait peut-&#234;tre que pour elle-m&#234;me mais qui prennent ici une signification presque proph&#233;tique : &lt;strong&gt;&#8220;Travailler au grand ouvrage de notre r&#233;conciliation&#8221;&lt;/strong&gt;. Cela peut-&#234;tre, s&#251;rement m&#234;me, a commenc&#233; &#224; se produire l&#224;-m&#234;me o&#249; une municipalit&#233; communiste a contribu&#233; activement &#224; pr&#233;server ces b&#226;timents de l'avidit&#233; des promoteurs pour en faire un lieu de m&#233;moire ; l&#224; m&#234;me o&#249; vivent aujourd'hui des hommes venus de toutes les nations, &#224; l'ombre de la basilique des rois de France tout pr&#232;s de l'endroit o&#249; beaucoup, s'ils n'y p&#233;n&#232;trent, ignoreront toujours que v&#233;cut la fille de Louis XV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brigitte-Marie L. B. (ocds)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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