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		<title>Carmel en France</title>
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		<title>L'appel du Carmel</title>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - Le d&#233;sir d'une vie retir&#233;e En fait, Louise m&#232;ne &#224; la Cour une vie retir&#233;e, autant que le lui permet son rang. Sa r&#233;serve ne vient pas de sa timidit&#233;, elle aurait plut&#244;t un temp&#233;rament emport&#233; qu'elle ma&#238;trise &#224; force de volont&#233;. Pas de langueur non plus chez cette jeune femme qui n'est pas insensible aux plaisirs de l'existence. Pas de r&#234;verie romantique pour cet esprit lucide. La princesse est sans illusion sur elle-m&#234;me. Mais elle a tr&#232;s t&#244;t l'intuition profonde d'un appel indicible (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Sa-vie-163-.html" rel="directory"&gt;Sa vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L122xH150/arton2115-df7bf.jpg?1782937007' class='spip_logo spip_logo_right' width='122' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Le d&#233;sir d'une vie retir&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En fait,&lt;strong&gt; Louise m&#232;ne &#224; la Cour une vie retir&#233;e, autant que le lui permet son rang&lt;/strong&gt;. Sa r&#233;serve ne vient pas de sa timidit&#233;, elle aurait plut&#244;t un temp&#233;rament emport&#233; qu'elle ma&#238;trise &#224; force de volont&#233;. Pas de langueur non plus chez cette jeune femme qui n'est pas insensible aux plaisirs de l'existence. Pas de r&#234;verie romantique pour cet esprit lucide. La princesse est sans illusion sur elle-m&#234;me. Mais elle a tr&#232;s t&#244;t l'intuition profonde d'un appel indicible qui se confirmera de plus en plus.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Je le sens [le Seigneur] m'appelle &#224; quelque chose de plus &#233;lev&#233; et qui m'attache plus particuli&#232;rement &#224; son service. Ce qu'il veut, ce qu'il exige de moi, c'est une conformit&#233; plus exacte &#224; la morale de l'Evangile qui dit &#8220;Que celui qui veut &#234;tre &#224; moi porte sa croix et qu'il me suive&#8221; -Mt 16,24- (&#8220;M&#233;ditations eucharistiques, F&#234;te de P&#226;ques, exercice pour le temps d'apr&#232;s la communion pascale&#8221;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e au Carmel, en 1751, de&lt;strong&gt; Madame de Rupelmonde&lt;/strong&gt; qui vient de perdre en quelques mois son &#233;poux, son fils de quatre ans et son p&#232;re, frappe la princesse qui assiste &#224; la c&#233;r&#233;monie de prise d'habit. &lt;strong&gt;Sa vocation se pr&#233;cise&lt;/strong&gt;, bien qu'elle ne sache pas encore vers quel ordre se diriger.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Pendant la c&#233;r&#233;monie et avant de sortir de l'&#233;glise, je pris la r&#233;solution de demander tous les jours &#224; Dieu qu'il me donn&#226;t les moyens de briser les liens qui me retenaient dans le monde, et de pouvoir &#234;tre un jour, sinon carm&#233;lite, car je n'osais me flatter d'en avoir la force, du moins religieuse dans une maison bien r&#233;guli&#232;re. (Lettre de Madame Louise, s.d.n.l., cit&#233;e par l'abb&#233; Proyart, &#8220;Vie de Madame Louise de France&#8221;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Je vais vous dire les motifs qui m'ont engag&#233;e &#224; quitter le monde, tout brillant qu'il p&#251;t &#234;tre pour moi [&#8230;] : mes p&#233;ch&#233;s, ce qu'il en a co&#251;t&#233; &#224; J&#233;sus-Christ pour nous sauver, la n&#233;cessit&#233; de la p&#233;nitence en cette vie ou en l'autre, bien difficile dans une vie ais&#233;e, surtout aimant autant ses aises que je les aimais, &lt;strong&gt;la parabole du chameau qui passerait plut&#244;t par le trou d'une aiguille qu'un riche n'entrerait dans le Royaume du Ciel&lt;/strong&gt;, la n&#233;cessit&#233; de l'aum&#244;ne qui doit s'&#233;tendre sur tout le superflu, et ce superflu pour moi &#233;tait immense, enfin le d&#233;sir de poss&#233;der Dieu &#233;ternellement et de jouir de la couronne qui nous est pr&#233;par&#233;e dans le ciel. (Lettre de Madame Louise, 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; avril 1774 , archives du carmel d'Avignon)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Carmel, auquel sa m&#232;re est attach&#233;e, l'attire. En 1762 en tous cas, elle est d&#233;termin&#233;e &#224; y entrer. Elle se procure les constitutions de Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila et une robe de bure qu'elle s'habitue &#224; porter d&#232;s qu'elle se retrouve seule dans ses appartements.&lt;strong&gt; A l'insu de tous, elle m&#232;ne au c&#339;ur du ch&#226;teau une vie monacale : sans attendre que son d&#233;sir se r&#233;alise, elle s'exerce &#224; la vie &#224; laquelle elle aspire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;J'avais pris, d&#232;s lors quelques renseignements sur la vie que m&#232;nent les carm&#233;lites et, sans avoir encore de vocation exclusive pour l'ordre dans lequel je me consacrerais au Seigneur, j'&#233;tais n&#233;anmoins assez d&#233;cid&#233;e pour le leur, &#224; moins que des difficult&#233;s insurmontables ne m'en fermassent l'entr&#233;e. (Lettre de Madame Louise, slnd, cit&#233;e par l'abb&#233; Proyart, &#8220;Vie de Madame Louise de France&#8221;) &lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II- Princesse ou Carm&#233;lite&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L300xH380/madame-louise-de-france-carmelite-ecole-francaise-0c1b4.jpg?1782937007' width='300' height='380' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4592 '&gt;&lt;strong&gt;Madame Louise de France en carmelite
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Retenue &#224; Versailles pendant de longues ann&#233;es, elle ne cherche pas de vain pr&#233;texte pour remettre &#224; plus tard l'effort quotidien de la r&#233;gularit&#233; d'une existence consacr&#233;e. Au jour le jour, tout en respectant les obligations de son rang, elle trouve l'occasion d'une &lt;strong&gt;existence humble et fid&#232;le&lt;/strong&gt;. Au fil de l'ann&#233;e liturgique elle r&#233;dige le &lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=174'&gt;&lt;strong&gt;carnet de bord de sa longue travers&#233;e du d&#233;sert&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque grande f&#234;te de la vie du Christ lui est un rep&#232;re dont elle tire enseignement de m&#234;me qu'elle s'inspire de la vie des saints pour en suivre l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;div class='hrspip'&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Mes pri&#232;res toujours pr&#233;par&#233;es par l'exercice de la pr&#233;sence de Dieu, vers qui je m'&#233;l&#232;verai par intervalles, ne souffriront plus, ou de la vivacit&#233; de mon imagination, ou de la malheureuse dissipation qu'entra&#238;nent presque n&#233;cessairement des rapport trop &#233;tendus avec le monde, ou de la trop grande occupation de soi-m&#234;me. (&#8220;M&#233;ditations eucharistiques&#8221;)&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Tout ce qui est autour de moi serait de m'inviter &#224; m'arr&#234;ter sur cette terre en apparence riante et heureuse ; tout ce qui est dans moi me dit qu'elle n'est qu'un lieu d'exil et de p&#232;lerinage&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle s'applique continuellement et sans complaisance &#224; un&lt;strong&gt; examen de conscience&lt;/strong&gt; o&#249; elle ne laisse rien &#233;chapper au regard mis&#233;ricordieux de son Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Me suis-je toujours attach&#233;e s&#233;rieusement &#224; m'examiner, &#224; me suivre de pr&#232;s, &#224; d&#233;velopper tous les motifs habituels qui dirigent mes actions, &#224; peser dans la balance du sanctuaire mes iniquit&#233;s, &#224; les d&#233;tester toutes sans r&#233;serve, sans m&#233;lange, &#224; les pr&#233;venir par des pr&#233;servatifs n&#233;cessaires, &#224; les r&#233;parer par les saintes mortifications de la p&#233;nitence, par les humiliations et les douleurs d'un repentir sinc&#232;re ? N'ai-je point eu peut-&#234;tre plus de r&#233;pugnance &#224; les accuser que de contrition en les pleurant ? Et mes communions, ne serais-je pas du nombre, du grand nombre des profanes qui, en recevant le corps du Sauveur, ne font que manger et boire leur propre jugement et condamnation ? ( &#8220;M&#233;ditations eucharistiques, Exercice pour la Communion pascale&#8221;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ceptions d'ambassadeurs, d&#238;ners officiels en public, pr&#233;sentation des dames de la Cour en grande robe noire dans la chambre de la reine, bal dans la grande galerie ou la galerie des glaces, expositions d'&#339;uvres d'art dans le salon d'Hercule, revues militaires, repr&#233;sentations de th&#233;&#226;tre ou concerts se succ&#232;dent sans que la princesse ait &#224; se soucier de l'organisation de son emploi du temps. Quand trouve-t-elle donc le loisir de se retirer dans ses appartements pour poursuivre dans le plus grand secret, au rythme de l'ann&#233;e liturgique, le silencieux dialogue qu'elle entretient jour apr&#232;s jour avec son Dieu ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Qu'est-ce que le monde avec ses enchantements pourrait jamais m'offrir de comparable aux c&#233;lestes douceurs que vous prodiguez, &#212; mon Dieu, &#224; ceux qui vous aiment.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La vie de repr&#233;sentation &#224; laquelle la contraint son rang lui p&#232;se de plus en plus. Elle en vient &#224; se sentir prisonni&#232;re dans ce ch&#226;teau o&#249; son &#226;me s'&#233;gare de demeure en demeure, dans les mirages renvoy&#233;s &#224; l'infini par les miroirs o&#249; se refl&#232;tent les scintillements du si&#232;cle des Lumi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Voyez l'esclavage o&#249; je suis, l'agitation o&#249; je vis, mes pri&#232;res g&#234;n&#233;es, mes m&#233;ditations coup&#233;es, mes d&#233;votions contrari&#233;es ; voyez les affaires temporelles dont je suis assaillie, voyez le monde qui s&#232;me sous mes pas ses pompes, ses jeux, ses spectacles, ses conversations, ses d&#233;lices, ses vanit&#233;s, ses m&#233;chancet&#233;s, ses tentations sans que je puisse ni fuir ni me d&#233;tourner. (&#8220;M&#233;ditations eucharistiques, Neuvaine &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se&#8221; )&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Dilatez, &#233;tendez dans mon &#226;me toutes les vertus religieuses. Que, d&#232;s &#224; pr&#233;sent, j'en pratique tout ce qui m'est possible. Donnez-moi des occasions fr&#233;quentes d'ob&#233;ir, de me mortifier, de m'humilier, de me confondre avec mes inf&#233;rieurs, de descendre au dessous d'eux, de fouler aux pieds le monde et ses vanit&#233;s, de glorifier Dieu sans respect humain, d'embrasser sans honte la croix de J&#233;sus-Christ, de confesser hautement sa religion et son &#201;glise, de renoncer &#224; moi-m&#234;me et &#224; toutes mes affections, [&#8230;] de me d&#233;pouiller de ma propre volont&#233;, de me r&#233;signer &#224; celle de Dieu, de m'&#233;lever &#224; lui, de le prier, de converser avec lui, de l'aller visiter au pied de ses autels, de participer &#224; sa table, d'entendre sa parole, d'assister aux offices. Multipliez toutes les occasions pareilles, je n'en perdrai pas une. Que partout, m&#234;me dans les lieux les plus consacr&#233;s au monde, je porte un c&#339;ur crucifi&#233;, un c&#339;ur de carm&#233;lite.&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4593 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L200xH269/christophe_de_beaumont_colour-b9ff9.jpg?1782937007' width='200' height='269' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4593 '&gt;&lt;strong&gt;Christophe de Beaumont
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Seul &lt;strong&gt;Christophe de Beaumont&lt;/strong&gt;, archev&#234;que de Paris, est dans la confidence. Il incite la princesse &#224; la patience. Bien que sa sant&#233; soit fragile, l&#224; n'est pas la raison de cette longue attente. Depuis le retour &#224; Versailles en 1750, vingt ans se sont &#233;coul&#233;s avant que le v&#339;u le plus cher de Louise se r&#233;alise. Elle commence &#224; se d&#233;soler d'&#234;tre ainsi sans cesse retard&#233;e dans l'accomplissement de sa vocation et s'en remet &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus dans une &lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/Neuvaine-a-sainte-Therese-de-Jesus-318.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;neuvaine&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; o&#249; elle clame son impatience.&lt;/p&gt;
&lt;div class='hrspip'&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#244; ma bonne M&#232;re, que faut-il donc de plus ? Mes jours se dissipent, mes ann&#233;es s'&#233;coulent ; h&#233;las ! Que me restera-t-il &#224; donner &#224; Dieu ? Vos filles elles-m&#234;mes ne me trouveront-elles pas trop &#226;g&#233;e ? Ouvrez-moi donc enfin, &#244; ma M&#232;re, ouvrez-moi la porte de votre maison, tracez-moi la route, frayez-moi le chemin, aplanissez-moi tout obstacle ; d&#232;s le premier pas, j'ai besoin de tous vos secours pour me d&#233;clarer &#224; celui dont le consentement m'est n&#233;cessaire ; faites-moi na&#238;tre une occasion favorable, pr&#233;parez-moi son c&#339;ur, disposez-le &#224; m'&#233;couter, d&#233;fendez-moi de sa tendresse, d&#233;fendez-moi de la mienne, donnez-moi avec le courage de lui parler, des paroles persuasives qui vainquent toutes ses r&#233;pugnances ; mettez-moi sur les l&#232;vres ce que je dois lui dire, ce que je dois lui r&#233;pondre ; parlez-lui vous-m&#234;me pour moi, et r&#233;pondez-moi pour lui. (&#8220;M&#233;ditations eucharistiques, Neuvaine &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se&#8221;) &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les deuils successifs qui frappent la famille royale la retiennent sans doute aupr&#232;s des siens. Le Dauphin, meurt en 1765, suivi deux ans plus tard par la Dauphine. Entre temps, le grand p&#232;re Stanislas Leszczynski a disparu, br&#251;l&#233; vif accidentellement. Puis c'est le tour de la reine qui s'&#233;teint en 1768. Louise n'est plus retenue &#224; la Cour que par l'affection profonde qu'elle porte &#224; son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;O&#249; sont tant de personnes que j'ai ch&#233;ries ? Si [la religion] m'a autoris&#233;e dans les premiers &#233;panchements de ma douleur, si elle me permet encore de l'&#233;couter parler dans un souvenir qui me retrace la grandeur des pertes que j'ai faites, elle m'interdit aussi tout ce qui ne serait pas assez chr&#233;tien dans cette sensibilit&#233; d'ailleurs si l&#233;gitime. Le foi m'apprend que ces s&#233;parations ne sont pas &#233;ternelles, qu'un jour viendra, o&#249;, ressuscit&#233;e avec ceux que je pleure aujourd'hui, nous nous r&#233;unirons par des n&#339;uds qui subsisteront au-del&#224; des si&#232;cles ; qu'une liaison fond&#233;e sur les droits du sang et du c&#339;ur ne porte point avec elle l'assurance de ne jamais finir sur la terre, mais qu'il est un terme o&#249; ces liens interrompus doivent se renouer d'une mani&#232;re plus pure et plus durable. (&#8220;M&#233;ditations eucharistiques, Pour le jour des morts&#8221;)&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - Le d&#233;part au Carmel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le 30 janvier 1770, Christophe de Beaumont demande audience au roi et lui annonce l'intention de sa fille de se faire carm&#233;lite. Louis XV est constern&#233;, mais connaissant la d&#233;termination de Louise il sait qu'elle ne s'engage pas sur un coup de t&#234;te : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;c'est cruel, c'est cruel, c'est cruel&lt;/em&gt; r&#233;p&#232;te-t-il &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;mais si Dieu la demande je ne puis pas la refuser, je r&#233;pondrai dans quinze jours&lt;/em&gt; (Annales du carmel de Saint-Denis, vol II, p. 3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 f&#233;vrier suivant, il accepte, la mort dans l'&#226;me. Sa lettre, dont l'original a disparu, a &#233;t&#233; pieusement recopi&#233;e dans le livre des Annales du carmel de Saint-Denis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Monsieur l'Archev&#234;que, ch&#232;re fille, m'ayant rendu compte de ce que vous lui avez dit et mand&#233;, vous a s&#251;rement rapport&#233; exactement tout ce que je lui ai r&#233;pondu. &lt;strong&gt;Si c'est pour Dieu seul, je ne puis m'opposer &#224; sa volont&#233; et &#224; votre d&#233;termination.&lt;/strong&gt; Depuis dix huit ans vous devez avoir fait toutes vos r&#233;flexions, ainsi je ne puis plus vous en demander. Il me para&#238;t que vos arrangements sont faits, vous pourrez en parler &#224; vos s&#339;urs quand vous le jugerez &#224; propos. Compi&#232;gne n'est pas possible, partout ailleurs c'est &#224; vous de d&#233;cider et je serais bien f&#226;ch&#233; de rien vous prescrire l&#224;-dessus. Jamais une belle-fille ne peut remplacer une fille, elle peut tout au plus distraire. Mon petit fils m'occupe beaucoup, il est vrai, mais comment se tournera-t-il ? J'ai fait des sacrifices forc&#233;s, celui-ci sera de volont&#233; de votre part. Dieu vous donne la force de soutenir votre nouvel &#233;tat, car une fois cette premi&#232;re d&#233;marche faite, il n'y a plus &#224; y revenir. Je vous embrasse de tout mon c&#339;ur, ch&#232;re fille, et vous donne ma b&#233;n&#233;diction. (Lettre de Louis XV &#224; Madame Louise, 16 f&#233;vrier 1771, recopi&#233;e dans les Annales du Carmel de Saint-Denis, vol. III, p. 4)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la princesse, apr&#232;s avoir tant attendu, a-telle voulu pr&#233;cipiter son d&#233;part ? La pr&#233;sentation de Madame du Barry &#224; la Cour en avril 1769 a d&#251; la convaincre qu'&#224; Versailles elle ne peut plus &#234;tre de grande utilit&#233; et que sa pri&#232;re &#224; l'abri du couvent sera d&#233;sormais la meilleure intercession pour le salut de son p&#232;re. Sinc&#232;rement chr&#233;tien, celui-ci est conscient de son indignit&#233; et de son p&#233;ch&#233;. Refusant toute hypocrisie, il a depuis longtemps renonc&#233; &#224; faire ses P&#226;ques et ne veut plus toucher les &#233;crouelles. Hant&#233; par la peur de la mort et de la damnation, il traverse parfois de longues crises de neurasth&#233;nie. Quand sa vie est mise en danger, &#224; Metz, en 1744, en pleine campagne militaire, puis en 1757, lors de l'attentat de Damiens, il fait preuve de contrition et de repentir au point de c&#233;der aux objurgations de l'&#201;glise et du clan familial de renvoyer sa ma&#238;tresse du moment. Mais le danger pass&#233;, la vie et le d&#233;sir reprennent le dessus, ou simplement l'habitude, et le besoin d'avoir pr&#232;s de lui une amie s&#251;re et fid&#232;le. La mort de Madame de Pompadour en 1764, le laisse face &#224; la solitude que ses filles s'emploient &#224; lui faire oublier par la tendresse dont elles redoublent apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de leur m&#232;re en 1768. Mais alors il a d&#233;j&#224; fait connaissance de Madame du Barry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affection qu'elle porte &#224; son p&#232;re, le d&#233;sir de le voir s'amender ont sans aucun doute pes&#233; sur la d&#233;cision de Louise :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Verra-t-il [ma r&#233;solution] sans &#234;tre touch&#233; de Dieu et sans retourner enti&#232;rement &#224; Lui ? Moi carm&#233;lite et le Roi tout &#224; Dieu !&lt;/em&gt; ( &#8220;M&#233;ditations eucharistiques, Neuvaine &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se&#8221;).&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sa vocation de carm&#233;lite pourtant, ne saurait reposer sur ce seul d&#233;sir, si louable qu'il soit. Il s'agit de la r&#233;ponse &#224; un appel entendu depuis longtemps, r&#233;ponse longuement m&#251;rie et s'enracinant dans une foi profonde et une r&#233;elle aspiration &#224; la solitude et au silence pour l'orientation de toute une vie vers l'union &#224; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;N'ai-je pas connu assez le monde, pour le d&#233;tester &#224; jamais, pour ne jamais le regretter ? J'ai consid&#233;r&#233; tant de fois une &#224; une, toutes les douceurs de cet &#233;tat, auquel je veux renoncer ! Vous m'&#234;tes t&#233;moin, &#244; mon J&#233;sus, qu'il n'en est point que j'aie balanc&#233; &#224; vous sacrifier. Vaines douceurs, douceurs pleines d'amertumes, fussent-elles mille fois plus pures, je pr&#233;f&#232;re le calice de mon Sauveur&#8230; Ne me dites point, ma Sainte m&#232;re, que je ne connais pas encore assez votre r&#232;gle. Ah ! ne m'avez-vous pas vu la lire sans cesse, la m&#233;diter, la porter toujours sur moi, en faire mes d&#233;lices ? Je ne me suis rien d&#233;guis&#233;, abaissements, pauvret&#233;, aust&#233;rit&#233;s de toutes esp&#232;ces, privations de toutes sortes, solitude, d&#233;laissement, contradictions, humiliations, m&#233;pris, mauvais traitements, j'ai mis tout au pis ; rien ne m'a effray&#233;e, j'ai compar&#233; &lt;strong&gt;l'&#233;tat de Princesse et l'&#233;tat de Carm&#233;lite, et toujours j'ai prononc&#233; que celui de Carm&#233;lite valait mieux que celui de Princesse &lt;/strong&gt; ; et jamais ce jugement ne s'effacera de mon c&#339;ur&#8230; (&#8220;M&#233;ditations eucharistiques, Neuvaine &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se&#8221;)&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1197 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L347xH133/0020r-400x261-7acfd.jpg?1782937007' width='347' height='133' alt='Sentence' title='Sentence' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Mais tandis que je m'occupe de mon c&#339;ur, que je m'en propose les vertus, et que je m'y exerce, ne me laissez pas non plus, &#244; ma sainte M&#232;re, n&#233;gliger l'&#233;tat o&#249; la Providence me retient encore, quelque court que doive &#234;tre le temps qu'elle m'y retiendra. Sugg&#233;rez-moi aussi tous les devoirs, obtenez-moi de les remplir ponctuellement avec autant d'exactitude, d'&#233;mulation, et de perfection, que si je devais &#234;tre toute ma vie ce que je suis &#224; pr&#233;sent ; multipliez aussi, sous mes mains, les occasions de faire le bien propre de cet &#233;tat, le bien que je ne pourrai plus faire dans le clo&#238;tre. H&#233;las ! qu'ai-je fait ici pour r&#233;pondre &#224; la Providence, et la justifier de m'avoir plac&#233;e, et de m'avoir tenue plus de trente ans dans ce rang d'&#233;l&#233;vation ? &#212; mon Dieu ! Remplissez le peu de jours qui me restent de cette grandeur, et que de leur pl&#233;nitude soient combl&#233;s tous les vides de ma vie pass&#233;e. Donnez-moi dans ce court espace de temps de servir la Religion, l'Eglise et l'Etat ; de tirer de la mis&#232;re tous les malheureux, de soutenir, de ranimer, d'encourager la pi&#233;t&#233;, de prot&#233;ger l'innocence opprim&#233;e, d'imposer un silence &#233;ternel &#224; la calomnie et &#224; la m&#233;disance, de vous gagner toute ma maison, d'&#233;difier toute la Cour ; et avant de m'enfermer pour travailler uniquement &#224; mon salut, d'avoir procur&#233; celui de tous ceux &#224; qui l'&#233;l&#233;vation dont je descends m'aura donn&#233;e en spectacle.&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - L'entourage familial &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Mesdames cadettes reviennent &#224; Versailles Louis XV est &#226;g&#233; de quarante ans. En pleine maturit&#233;, il est alors encore sans aucun doute le plus bel homme de tout le royaume. Sa prestance lui donne un air de majest&#233; qui ne peut qu'intimider au premier abord. Vers le milieu de ce si&#232;cle, son cr&#233;dit commence cependant &#224; d&#233;cro&#238;tre : bient&#244;t il ne sera plus le roi &#171; Bien aim&#233; &#187; de ses peuples. A Versailles, tout en veillant &#224; reproduire scrupuleusement le c&#233;r&#233;monial voulu par Louis XIV, il am&#233;liore l'espace de vie priv&#233;e que s'&#233;tait d&#233;j&#224; am&#233;nag&#233; son a&#239;eul &#224; partir de 1680. Ainsi &#224; certaines heures, peut-il &#233;chapper au rituel et &#224; la repr&#233;sentation dans ses appartements int&#233;rieurs, au premier &#233;tage, donnant sur la cour de marbre et la cour royale. Mieux encore, dans les petits appartements priv&#233;s am&#233;nag&#233;s au second &#233;tage ou dans les combles, seuls les intimes sont admis. Ce mode de vie ne fait qu'accentuer la s&#233;paration du couple royal. Avant m&#234;me d'avoir seize ans, Louis a &#233;t&#233; mari&#233; &#224; une obscure petite princesse, fille du roi d&#233;tr&#244;n&#233; de Pologne dont il n'avait fait la connaissance que la veille. Bien qu'&#233;pris, dans les premi&#232;res ann&#233;es, de cette &#233;pouse de sept ans son a&#238;n&#233;e, il ne trouve pas aupr&#232;s d'elle le r&#233;confort d'une affection maternelle dont, orphelin de ses deux parents &#224; l'&#226;ge de deux ans, il a cruellement manqu&#233;. Pas plus Marie ne lui offre-t-elle le chaleureux refuge d'un foyer et d'une tendre complicit&#233;. Il respecte la reine, qui remplit de fa&#231;on exemplaire ses devoirs mais cesse toute relation avec elle l'ann&#233;e qui suit la naissance de Louise. Entre temps deux gar&#231;ons sont n&#233;s, le Dauphin en 1729 puis le duc d'Anjou qui n'a v&#233;cu que trois ans. L'avenir du tr&#244;ne repose donc sur le seul fils du couple royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1733, Louis XV prend une ma&#238;tresse. Trois s&#339;urs se succ&#232;dent d'abord dans ses faveurs, puis vient la d&#233;licieuse Madame d'Etiolles. Mais derri&#232;re l'apparence de s&#233;ducteur se cache en v&#233;rit&#233; un homme timide, introverti et dont la grande r&#233;serve va jusqu'&#224; la dissimulation : &#171; Le caract&#232;re de notre ma&#238;tre est peut-&#234;tre plus difficile &#224; d&#233;peindre qu'on ne se l'imagine ; c'est un caract&#232;re cach&#233; non seulement imp&#233;n&#233;trable dans son secret, mais encore tr&#232;s souvent dans les mouvements qui se passent dans son &#226;me &#187; (duc de Luynes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rares, mais combien pr&#233;cieux sont les moments pass&#233;s avec &#034;papa-roi&#034; qui a affubl&#233; ses quatre filles cadettes, selon la mode du temps, de surnoms affectueux et ridicules : Torche (Ad&#233;la&#239;de), Coche (Victoire), Graille (Sophie) et Chiffe (Louise). Les visites que ses enfants rendent chaque jour &#224; Louis XV sont entour&#233;es de tout un c&#233;r&#233;monial :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Tous les soirs &#224; six heures, Mesdames interrompaient la lecture que je leur faisais pour se rendre avec les jeunes princes chez Louis XV : cette visite s'appelait le &#171; d&#233;botter du Roi &#187; et s'accompagnait d'une sorte d'&#233;tiquette. Les princesses passaient un &#233;norme panier qui portait une jupe chamarr&#233;e d'or ou de broderies ; elles attachaient autour de leur taille une longue queue et cachaient le n&#233;glig&#233; du reste de leur habillement par un grand mantelet de taffetas noir qui les enveloppait jusque sous le menton. Les chevaliers d'honneur, les dames, les pages, les &#233;cuyers, les huissiers portant de gros flambeaux les accompagnaient chez le roi. En un instant, tout le palais, habituellement solitaire, se trouvait en mouvement ; le roi baisait chaque princesse au front et la visite &#233;tait si courte que la lecture interrompue [&#8230;] recommen&#231;ait souvent au bout d'un quart d'heure. (M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Campan, &#034;M&#233;moires&#034;) &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; partir de l'automne 1750, Louis XV prend l'habitude de convier r&#233;guli&#232;rement ses enfants &#224; souper avec lui dans ses appartements priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Quant &#224; Louis XV, il essaye, malgr&#233; les devoirs de sa charge de trouver des moments d'intimit&#233; avec ses enfants. En v&#233;rit&#233;, rien n'est plus touchant que ces entrevues, la tendresse du roi pour ses enfants est incroyable et ils y r&#233;pondent de tout leur c&#339;ur&lt;/em&gt; (Lettre de Madame de Pompadour &#224; son fr&#232;re, 20 octobre 1750)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les princesses admirent aussi la reine et leur fr&#232;re, qui leur semblent des mod&#232;les de vertu dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la frivolit&#233; est de bon ton.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Quand Mesdames, fort jeunes encore, furent revenues &#224; la Cour, elles jouirent de l'amiti&#233; de Monseigneur le Dauphin et profit&#232;rent de ses conseils. Elles se livr&#232;rent avec ardeur &#224; l'&#233;tude et y consacr&#232;rent presque tout leur temps. (Madame Campan, &#171; M&#233;moires &#187;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Entour&#233; de l'admiration de ses s&#339;urs et de leur affection le Dauphin &#233;tait un homme de cabinet, cultiv&#233; et grand amateur de musique, il pr&#233;f&#233;rait la conversation &#224; tout autre plaisir, notamment ceux de la chasse, du bal ou du spectacle. Il go&#251;tait l'intimit&#233; familiale &#224; la fa&#231;on d'un prince bourgeois, surveillant de pr&#232;s l'&#233;ducation de ses enfants, et passait de longues heures &#224; lire dans son cabinet, tandis que sa femme, Marie-Jos&#232;phe de Saxe, toute d&#233;vou&#233;e &#224; lui assurer une abondante post&#233;rit&#233;, brodait &#224; ses c&#244;t&#233;s. Mais Louis XV, tout en l'admettant au Conseil, ne lui accorda jamais une grande responsabilit&#233; : peut&#8211;&#234;tre y &#233;tait-il d'autant moins dispos&#233; qu'il percevait chez son fils, tr&#232;s pieux, une sourde r&#233;probation de sa conduite [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ardent partisan de la Compagnie de J&#233;sus, comme sa m&#232;re et ses s&#339;urs, [le Dauphin] avait adopt&#233; sa spiritualit&#233; et ses d&#233;votions, notamment le culte du Sacr&#233; C&#339;ur. Inlassablement, il avait sollicit&#233; Rome avec la reine, pour que sa f&#234;te f&#251;t officiellement reconnue par l'Eglise. Il devait obtenir gain de cause en 1765.&#171; (Bernard Hours, &#187;Madame Louise princesse au carmel&#034;, Cerf, 1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la Reine, femme de devoir, elle manifeste peu ses sentiments. Elle dira cependant de sa fille cadette : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;je n'aime pas seulement Louise, je la respecte.&lt;/em&gt; La princesse &#233;prouve aussi une grande admiration envers elle et souhaite suivre son exemple.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;J'admirais souvent comment la Reine, qui avait de grands devoirs &#224; remplir, et auxquels elle &#233;tait tr&#232;s fid&#232;le, avait su se mettre en libert&#233; et vivre comme une sainte au milieu de la Cour. J'aurais souvent d&#233;sir&#233; &#234;tre aupr&#232;s d'elle plus longtemps et plus particuli&#232;rement avec elle ; mais il y a des usages &#224; la Cour auxquels il faut faire plier jusqu'aux sentiments de la nature. J'aurais voulu lui ressembler. (Lettre de Madame Louise, slnd, cit&#233;e par l'abb&#233; Proyart, &#171; Vie de Madame Louise de France &#187;) &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;De m&#234;me Louise est-elle &#233;difi&#233;e par la conduite de sa s&#339;ur Henriette dont la mort, survenue en 1752, l'affecte profond&#233;ment. Henriette vivait comme la Reine. Tout le monde disait que c'&#233;tait une sainte et ce que nous en voyions nous le disait aussi. Sa mort me fit la plus grande impression. Je sentais combien il &#233;tait doux de mourir aussi saintement qu'elle, mais ma vie &#233;tait bien diff&#233;rente de la sienne, et j'avais grand peur de mourir avant d'avoir commenc&#233; &#224; mieux vivre. (Lettre de Madame Louise, slnd, cit&#233;e par l'abb&#233; Proyart, &#171; Vie de Madame Louise de France &#187;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tomb&#233;e malade &#224; Versailles, le jour de la Chandeleur, la princesse, atteinte de tuberculose intestinale, meurt le 10 f&#233;vrier, &#224; l'&#226;ge de vingt quatre ans. Imm&#233;diatement elle est transport&#233;e aux Tuileries, assise au fond de son carrosse, le visage maquill&#233;, le corps maintenu par des sangles. La coutume veut en effet que l'on ne meure pas au ch&#226;teau. L'enterrement a lieu le Jeudi saint dans la basilique de Saint-Denis, n&#233;cropole royale. L'oraison fun&#232;bre prononc&#233;e par Monseigneur Poncet de la Rivi&#232;re &#233;voque la caducit&#233; de l'existence. Madame Louise y fait ici &#233;cho : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je m'applique &#224; consid&#233;rer les caducit&#233;s des grandeurs de ce monde, la rapidit&#233; avec laquelle elles s'&#233;vanouissent, le peu qu'il faut pour les enlever, &#224; quoi elles se terminent ; une pompeuse d&#233;coration, un &#233;loge fun&#232;bre, un lugubre c&#233;r&#233;monial, tristes restes des vains honneurs qui ont &#233;t&#233; rendus pendant la vie.&lt;/em&gt; (&#171; M&#233;ditations eucharistiques, Exercice pour une Communion anniversaire, &#224; l'occasion des devoirs de charit&#233; rendus aux morts &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henriette morte, Madame Elisabeth ayant quitt&#233; la Cour apr&#232;s son mariage avec l'Infant d'Espagne (1739), restent les quatre plus jeunes. Tout enfant d&#233;j&#224;, refusant de quitter la Cour pour Fontevraud, Ad&#233;la&#239;de s'&#233;tait signal&#233;e par une force de caract&#232;re qui ne fera que s'accentuer avec l'&#226;ge. Sa personnalit&#233; efface celles de ses deux cadettes, Victoire et Sophie. Seule, Madame Louise aurait pu face &#224; elle s'affirmer par la vigueur de son temp&#233;rament. Mais tout en accomplissant avec ponctualit&#233; tous les devoirs de son &#233;tat elle ne tend qu'&#224; la solitude d'une vie cach&#233;e en Dieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Contexte historique et chronologie</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Contexte-historique-2114.html</link>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - La nouvelle g&#233;n&#233;ration En 1770, quand Madame Louise quitte Versailles, le duc de Berry n'a pas encore 16 ans. Il est n&#233; du second mariage du Dauphin avec Marie-Jos&#232;phe de Saxe ; son fr&#232;re a&#238;n&#233;, le duc de Bourgogne, est mort pr&#233;matur&#233;ment, de tuberculose intestinale. En d&#233;cembre 1765, par le d&#233;c&#232;s de son p&#232;re que suit de peu celui de sa m&#232;re, il est devenu, &#224; l'&#226;ge de 11 ans, l'h&#233;ritier pr&#233;somptif du tr&#244;ne. Son &#233;ducation, confi&#233;e depuis 1760 au duc de La Vauguyon, s'oriente alors (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Sa-vie-163-.html" rel="directory"&gt;Sa vie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L122xH150/arton2114-4236c.jpg?1782937007' class='spip_logo spip_logo_right' width='122' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - La nouvelle g&#233;n&#233;ration&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4591 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L300xH375/800px-danloux_-_charles_ferdinand_d_artois__1778-1820__duc_de_berry-11da7.jpg?1782937007' width='300' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4591 '&gt;&lt;strong&gt;Le duc de Berry
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1770, quand &lt;strong&gt;Madame Louise&lt;/strong&gt; quitte Versailles, le duc de Berry n'a pas encore 16 ans. Il est n&#233; du second mariage du Dauphin avec Marie-Jos&#232;phe de Saxe ; son fr&#232;re a&#238;n&#233;, le duc de Bourgogne, est mort pr&#233;matur&#233;ment, de tuberculose intestinale. En d&#233;cembre 1765, par le d&#233;c&#232;s de son p&#232;re que suit de peu celui de sa m&#232;re, il est devenu, &#224; l'&#226;ge de 11 ans, l'h&#233;ritier pr&#233;somptif du tr&#244;ne. Son &#233;ducation, confi&#233;e depuis 1760 au duc de La Vauguyon, s'oriente alors nettement vers la formation d'un futur roi. Malingre, myope, timide et r&#233;serv&#233;, le jeune homme n'a certes pas l'&#233;toffe de son a&#239;eul Louis XIV, pas m&#234;me celle de son grand p&#232;re, Louis XV. Mais il est loin d'&#234;tre l'imb&#233;cile que certains portraits r&#233;ducteurs et caricaturaux le font para&#238;tre. La chasse &#224; laquelle il s'adonne avec passion, la serrurerie qu'il pratique avec m&#233;ticulosit&#233;, lui permettent de se d&#233;penser physiquement et de se d&#233;lasser. Ses lectures, ses centres d'int&#233;r&#234;ts r&#233;v&#232;leraient plut&#244;t un &#171; honn&#234;te homme &#187;. Ouvert aux id&#233;es nouvelles, il s'int&#233;resse &#224; la pens&#233;e des philosophes, avec une pr&#233;dilection pour Montesquieu. Curieux de sciences et de d&#233;couvertes, une fois roi, il commanditera et suivra avec attention, les exp&#233;ditions de Bougainville et de La P&#233;rouse autour du monde. Lucide cependant, d&#232;s l'adolescence il avoue une certaine paresse d'esprit, une certaine indolence, contre lesquelles il se promet de lutter. Soucieux du bien public, il s'entourera de conseillers en vue de r&#233;former la soci&#233;t&#233;, mais manquera, pour imposer ses d&#233;cisions, de l'autorit&#233; qui sied au gouvernement des peuples. Accueilli avec espoir au lendemain de la mort de Louis XV, il restera, m&#234;me au d&#233;but de la R&#233;volution, consid&#233;r&#233; comme le P&#232;re de la nation. La fuite &#224; Varennes, le d&#233;consid&#233;rera d&#233;finitivement aux yeux de l'opinion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e du d&#233;part de sa tante pour le carmel, le duc de Berry est fianc&#233; avec une jeune princesse autrichienne fille de &lt;strong&gt;Marie-Th&#233;r&#232;se de Habsbourg&lt;/strong&gt;. Ce mariage tend &#224; consolider l'alliance entre deux puissances longtemps ennemies et confirme le retournement de la diplomatie fran&#231;aise inaugur&#233; en 1756. A quatorze ans et demi, Antonia est une toute jeune fille, charmante, mais fantasque, l&#233;g&#232;re, insouciante. Son pr&#233;cepteur, l'abb&#233; Vermond, envoy&#233; de France, pour parfaire une &#233;ducation plus que lacunaire, a vite compris que pour lui enseigner quelque chose il faut le faire comme par jeu. Cette femme-enfant n'est gu&#232;re pr&#233;par&#233;e &#224; devenir reine de France. Arrach&#233;e &#224; Sch&#246;nbrunn, elle d&#233;couvre la Cour de Versailles qui l'&#233;blouit un temps par sa magnificence. Mais l'&#233;tiquette y est si s&#233;v&#232;re, les intrigues si fr&#233;quentes qu'elle s'y sent prisonni&#232;re et s'en &#233;vade pour se distraire avec sa coterie d'amis, &#233;chappant par l&#224;-m&#234;me &#224; un devoir matrimonial qui la rebute. Apr&#232;s huit ann&#233;es d'union st&#233;rile, une fois m&#232;re, et excellente m&#232;re, elle se r&#233;fugie au petit Trianon, cadeau de son &#233;poux, o&#249; elle trouve un havre de paix. Tout pr&#232;s de l'ancien pavillon de Madame de Pompadour, elle fait construire par Richard Mique le petit hameau. L&#224;, elle souhaite tout autant &#233;lever ses enfants &#171; selon l'esprit de nature &#187;, que jouer aux berg&#232;res dans un d&#233;cor d'op&#233;rette. Le refus de tenir son rang, ses d&#233;penses, ses caprices voire ses &#171; d&#233;bordements &#187;, sont d&#233;nonc&#233;s par les pamphl&#233;taires qui focalisent sur elle la haine autrefois r&#233;serv&#233;e aux ma&#238;tresses royales. Mais son origine surtout, fait na&#238;tre dans l'opinion le soup&#231;on qu'elle est rest&#233;e toujours solidaire de son pays et suscitera bient&#244;t la haine contre &#171; l'Autrichienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e en 1764, &#171; &lt;strong&gt;Babet&lt;/strong&gt; &#187;, dernier enfant du Dauphin Louis et de Marie Jos&#232;phe de Saxe, devint orpheline &#224; l'&#226;ge de trois ans. Tr&#232;s pieuse, bonne et charitable, mais d'une grande force de caract&#232;re, elle a aussi une haute id&#233;e de son rang. Dou&#233;e pour l'&#233;tude, passionn&#233;e de botanique, amateur de grandes courses en for&#234;t elle s'est aussi initi&#233;e aux agr&#233;ments de la vie &#224; la Cour o&#249; elle est appr&#233;ci&#233;e pour son charme et sa vivacit&#233; joyeuse et o&#249; d&#232;s l'&#226;ge de 14 ans elle est jug&#233;e apte &#224; se voir attribuer une Maison. En 1770, quand Madame Louise quitte Versailles, Elisabeth n'est encore qu'une toute petite fille. Par la suite, ses fr&#233;quentes visites &#224; Saint-Denis, laissent &#224; penser qu'elle souhaite y rejoindre sa tante. Madame Louise elle-m&#234;me d&#233;c&#232;le en elle &#171; par la gr&#226;ce de Dieu, une volont&#233; bien d&#233;cid&#233;e d'&#234;tre &#224; lui. &#187; Mais elle d&#233;ment cependant la rumeur qui se r&#233;pand : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Il n'est point vrai qu'Elisabeth demande &#224; se faire carm&#233;lite, quoique le bruit en ait couru partout. J'en serais fort aise car bien s&#251;rement c'est l'&#233;tat le plus heureux, sans compter la vie future.&lt;/em&gt; &#187; (lettre &#224; S&#339;ur Marie-Anne-Bernard de Sainte Th&#233;r&#232;se, 2 ao&#251;t 1782). Tr&#232;s attach&#233;e &#224; ses trois fr&#232;res -(les deux autres : Provence et Artois r&#232;gneront sous les noms de Louis XVIII et Charles X)- Madame Elisabeth &#233;prouve un respect m&#234;l&#233; de tendresse pour Louis XVI. Refusant les partis qui s'offrent &#224; elle, elle renonce aussi au couvent pour rester proche de sa famille depuis son domaine de Montreuil, re&#231;u en cadeau du roi en 1782. A partir de mai 1789, elle d&#233;cide de ne plus quitter Versailles et suit d&#233;sormais partout la famille royale jusqu'&#224; la prison du Temple o&#249; elle devient la seule compagne de Marie-Antoinette apr&#232;s la mort du roi. C'est &#224; elle que la reine, lors de la nuit pr&#233;c&#233;dant son ex&#233;cution, adresse une lettre bouleversante lui confiant ses enfants. Elle ne la recevra jamais et meurt elle-m&#234;me sur l'&#233;chafaud le 10 mai 1794.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Les Lumi&#232;res du Si&#232;cle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Revenue en octobre 1750 &#224; Versailles, avec sa s&#339;ur Sophie, Louise restera &#224; la Cour jusqu'en 1770. L'&#233;tat du personnel employ&#233; au service de sa Chambre donne une id&#233;e du nombre des personnes qui s'empressent autour des princesses ou continuent de recevoir leurs gages, m&#234;me une fois leur service termin&#233;, comme Anne d'Hoppen, la nourrice. Pour la seule Chambre de Mesdames cadettes, on trouve mentionn&#233;s douze femmes de chambre, deux valets, une coiffeuse, une faiseuse et empeseuse de collerettes, une blanchisseuse, des valets et gar&#231;ons de chambre, des valets de garde robe, un portefaix, un argentier. Il faut y ajouter l'&#233;cuyer et le portemanteau qui sont au service de chacune des princesse, la dame d'honneur, Madame de Duras, et la Dame d'atours, la marquise de Clermont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre &#233;blouie par tout ce faste, Louise observe et se tient &#224; distance des querelles et des intrigues. Il lui faut pourtant, comme son fr&#232;re et ses s&#339;urs, composer avec Madame de Pompadour qui r&#232;gne sur le c&#339;ur du roi. Succ&#233;dant aux trois s&#339;urs de Nesles, Jeanne-Antoinette, n&#233;e Poisson, devenue par son mariage Madame d'Etiolles, a rencontr&#233; le roi lors de ses chasses en for&#234;t de S&#233;nart. Les apparitions de la jeune femme conduisant son cabriolet au d&#233;tours des all&#233;es, ne sont pas tout &#224; fait fortuites. Elle habite &#224; l'or&#233;e de ces bois, et sait fort bien que le roi les parcourt souvent. Toute petite encore, ne s'&#233;tait-elle pas laiss&#233; dire par une diseuse de bonne aventure qu'un jour elle serait sa ma&#238;tresse ? Une telle perspective n'est pas pour effaroucher l'ambitieuse et charmante demoiselle dont la m&#232;re d&#233;fraye depuis longtemps la chronique pas ses aventures amoureuses au point que l'on h&#233;site sur l'identit&#233; de son v&#233;ritable p&#232;re. Celui que la loi d&#233;signe comme tel travaille pour les milieux de la haute finance et la fourniture des arm&#233;es. Constamment en d&#233;placement, il a veill&#233; cependant &#224; l'&#233;ducation de sa fille : confi&#233;e d'abord aux religieuses ursulines de Poissy, puis parfaite dans les salons parisiens fr&#233;quent&#233;s par les meilleurs esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune femme n'est pas seulement belle, mais aussi intelligente, cultiv&#233;e et raffin&#233;e. Louis XV s'attache &#224; elle au point de la pr&#233;senter officiellement en 1745, sous le titre de marquise de Pompadour. C'est l&#224; objet de scandale, non pas que le monarque s'enfonce dans l'adult&#232;re, mais bien plut&#244;t qu'il prenne sa favorite hors de &#171; ce pays-ci &#187;, selon la formule d&#233;signant la Cour. Une tendre complicit&#233; succ&#233;dant &#224; la passion subsiste entre le roi et Madame de Pompadour, qui bravant tous les obstacles hi&#233;rarchiques parvient &#224; obtenir en 1752 le rang de duchesse, c'est &#224; dire le droit de s'asseoir en pr&#233;sence des souverains. En 1756 elle est admise comme dame du palais de la reine. Celle-ci s'accommode tant bien que mal de la pr&#233;sence de sa rivale : &#171; autant celle-l&#224; qu'une autre ! &#187; La d&#233;f&#233;rence dont elle fait toujours preuve &#224; son &#233;gard finit par susciter de la part de Marie une certaine estime pour la favorite. Les enfants royaux, d'abord tout &#224; fait hostiles adoptent une attitude polie. De la guerre feutr&#233;e aux relations de simple courtoisie, Mesdames, quant &#224; elles, passent par quelques tentatives de rapprochement mais s'insurgent quand Madame de Pompadour pr&#233;tend s'installer dans l'appartement du rez-de-chauss&#233;e de l'aile nord du ch&#226;teau qu'elles souhaitent elles-m&#234;mes investir. Elles devront patienter jusqu'&#224; la mort de la favorite pour se voir attribuer la totalit&#233; des pi&#232;ces situ&#233;es juste sous l'appartement int&#233;rieur de leur p&#232;re. C'est dire toute l'influence de Madame de Pompadour. Si elle ne joue jamais le r&#244;le de premier ministre aupr&#232;s de lui, elle est sa confidente de tous les instants, sa conseill&#232;re, et exerce sur les arts et la culture une influence certaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisant partie de la suite de Madame Victoire venue &#224; la rencontre de ses cadettes &#224; Bouron, la favorite est l'une des premi&#232;res &#224; voir Louise qui lui fait plut&#244;t bonne impression : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Madame Louise est grande comme rien, point form&#233;e, les traits plut&#244;t mal que bien, avec cela une physionomie fine qui pla&#238;t beaucoup plus que si elle &#233;tait belle.&lt;/em&gt; (Madame de Pompadour, Lettre &#224; son fr&#232;re M. de Vandi&#232;res, 20 oct. 1750. BnF, coll. Morrisson, vol. III K-L) A la Cour, les fillettes sont attendues avec curiosit&#233;. Louise passe pour &#034;fort jolie, gaie avec de l'esprit&#034; (Barbier, &#8220;Journal&#8221;,t. III) ; &#034;petite sans doute, mais avec beaucoup de physionomie&#034; (duc de Luynes, &#8220;M&#233;moires&#8221;, t. X)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces propos tenus par sa s&#339;ur laissent &#224; penser que c'est bien sans illusion et avec un regard lucide que Madame Louise a fait son entr&#233;e dans le monde : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'une jeune personne entre dans le monde, que de dangers, Grand Dieu, naissent sous ses pas. Elle s'expose &#224; &#234;tre libre avec celles qui n'ont pas de retenue, railleuse et m&#233;disante avec celles qui ont de mauvaises langues, joueuse et dissipatrice avec celles qui font profession ouverte de jouer, les fain&#233;antes la porteront &#224; l'oisivet&#233;, les capricieuses &#224; la bizarrerie, les opini&#226;tres &#224; l'ent&#234;tement, les hypocrites &#224; la dissimulation, les ind&#233;votes &#224; l'impi&#233;t&#233;.&lt;/em&gt; (Sermon de Madame Sophie, archives du S&#233;minaire de Saint-Sulpice)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, malgr&#233; l'apparat et le faste, la vie &#224; la Cour est d'un ennui mortel. M&#234;me all&#233;g&#233;e depuis la mort de Louis XIV, l'&#233;tiquette s'y r&#233;v&#232;le extr&#234;mement contraignante. &lt;strong&gt;L'existence des princesses est d'une languissante monotonie. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bal, au spectacle, aux r&#233;ceptions, aux repas pris en public, il faut para&#238;tre par devoir plus que par plaisir : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je sentais que j'avais besoin de repos, mais l'heure du jeu &#233;tait venue, j'allais au jeu par complaisance. Suivait l'heure du spectacle, la complaisance m'y conduisait encore et je m'y endormais de lassitude. Ce train de vie me fatiguait et m'&#233;chauffait le sang. Mais j'&#233;tais &#224; la Cour, et je le faisais sans me plaindre, contre mes inclinations et au pr&#233;judice de ma sant&#233;.&lt;/em&gt; (Cit&#233; par l'abb&#233; Proyart, &#171; Vie de Madame Louise de France &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louise ne faillit cependant pas &#224; ses obligations. Elle s'astreint scrupuleusement &#224; remplir les devoirs qui incombent &#224; son rang, mais elle suit volontiers les chasses du roi. A Choisy au printemps, &#224; Compi&#232;gne l'&#233;t&#233;, &#224; Fontainebleau en automne, la cour se d&#233;place au fil des saisons. Excellente cavali&#232;re, elle suit son p&#232;re dans les parties de chasse qu'il pr&#233;pare lui-m&#234;me avec soin faisant l'admiration de ses officiers de v&#233;nerie. La princesse se rend aussi chaque printemps &#224; la plaine des Sablons pour y assister &#224; la revue des gardes fran&#231;aises et suisses. De la voiture qu'elle partage avec ses s&#339;urs, elle peut voir son p&#232;re et son fr&#232;re, le Dauphin, inspecter les troupes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Condamn&#233;e &#224; couler mes jours dans ce monde, v&#233;ritable exil pour moi &#8230; je dois m'y regarder comme &#233;trang&#232;re, comme captive.&#171; M&#233;ditations eucharistiques &#187;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - Chronologie&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;15 juillet 1737&lt;/strong&gt; : Naissance de Louise-Marie, Madame Septi&#232;me n&#233;e Huiti&#232;me, (en 1728 une premi&#232;re petite Louise-Marie &#233;tait n&#233;e, morte en f&#233;vrier 1733), dixi&#232;me et dernier enfant du couple royal.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;16 juin 1738&lt;/strong&gt; : D&#233;part de Mesdames cadettes (Victoire, Sophie et Louise) pour Fontevraud.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;20 d&#233;cembre&lt;/strong&gt; : Bapt&#234;me de Louise.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;26 ao&#251;t 1739 &lt;/strong&gt; : Mariage de Madame Elisabeth avec l'Infant Dom Philippe (futur duc de Parme).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1740&lt;/strong&gt; : Guerre de succession d'Autriche.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1743 &lt;/strong&gt; : D&#233;but du r&#232;gne personnel de Louis XV.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;23 f&#233;vrier 1745 &lt;/strong&gt; : Mariage du Dauphin Louis, et de Marie-Th&#233;r&#232;se, infante d'Espagne.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;11 mai&lt;/strong&gt; : Victoire de Fontenoy.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;15 ao&#251;t&lt;/strong&gt; : Confirmation de Louise et de ses s&#339;urs &#224; Fontevraud.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;14 septembre&lt;/strong&gt; : Pr&#233;sentation de Madame de Pompadour &#224; la Cour.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 juillet 1746&lt;/strong&gt; : Mort de Marie-Th&#233;r&#232;se, Dauphine.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;9 f&#233;vrier 1747 &lt;/strong&gt; : Second mariage du Dauphin avec Marie-Jos&#232;phe de Saxe.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;28 octobre 1748&lt;/strong&gt; : Fin de la guerre de Succession d'Autriche.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;21 novembre&lt;/strong&gt; : Premi&#232;re communion de Madame Louise.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;14-18 octobre 1750&lt;/strong&gt; : Retour de Mesdames Sophie et Louise &#224; la Cour (Victoire les a pr&#233;c&#233;d&#233;es d'un an).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1751&lt;/strong&gt; :Publication du Premier volume de l'&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Encyclop&#233;die&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;13 septembre&lt;/strong&gt; : Naissance du duc de Bourgogne, fils du Dauphin.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;10 f&#233;vrier 1752&lt;/strong&gt; : Mort de Madame Henriette (Ad&#233;la&#239;de devient &#171; Madame &#187;).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;7 octobre&lt;/strong&gt; : Prise d'habit de Madame de Rupelmonde au carmel de la rue de Grenelle sous le nom de s&#339;ur Tha&#239;s de J&#233;sus.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;8 sept. 1753&lt;/strong&gt; : Naissance du duc d'Aquitaine, second fils du Dauphin.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 f&#233;vrier 1754 &lt;/strong&gt; : Mort du duc d'Aquitaine.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;23 ao&#251;t &lt;/strong&gt; : Naissance du duc de Berry, troisi&#232;me fils du dauphin (futur Louis XVI).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;17 nov. 1755&lt;/strong&gt; : Naissance de Louis-Stanislas-Xavier, fils du Dauphin, comte de Provence (futur Louis XVIII).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1756 &lt;/strong&gt; : Guerre de Sept ans.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;5 janvier 1757&lt;/strong&gt; : Attentat de Damiens.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;9 oct&lt;/strong&gt; : Naissance de Charles-Philippe, comte d'Artois, fils du Dauphin (futur Charles X).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;6 d&#233;c. 1759&lt;/strong&gt; : Mort de Madame Infante (Madame Elisabeth).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 mars 1761 &lt;/strong&gt; : Mort de Louis-Joseph-Xavier, duc de Bourgogne.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1762&lt;/strong&gt; : Affaire Calas.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1763 &lt;/strong&gt; : Fin de la guerre de Sept ans.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;15 avril 1764&lt;/strong&gt; : Mort de Madame de Pompadour.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;26 nov.&lt;/strong&gt; : Edit supprimant l'Ordre des J&#233;suites en France.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;20 d&#233;c. 1765 &lt;/strong&gt; : Mort du Dauphin.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;23 f&#233;vrier 1766&lt;/strong&gt; : Mort de Stanislas Leszczynski.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;13 mars 1767 &lt;/strong&gt; : Mort de Marie-Jos&#232;phe de Saxe.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;24 juin 1768 &lt;/strong&gt; : Mort de Marie Leszczynska.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 avril 1769 &lt;/strong&gt; : Pr&#233;sentation de Madame du Barry &#224; la Cour.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;30 Janvier 1770 &lt;/strong&gt; : Monseigneur de Beaumont annonce &#224; Louis XV la d&#233;cision de Madame Louise d'entrer au Carmel.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;16 f&#233;vrier 1770 &lt;/strong&gt; : Lettre de Louis XV &#224; sa fille.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;11 avril&lt;/strong&gt; : Entr&#233;e de Madame Louise au Carmel.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;16 mai&lt;/strong&gt; : Mariage du Dauphin et de Marie-Antoinette.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;10 septembre&lt;/strong&gt; : Prise d'habit de Madame Louise, S&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;12 septembre 1771&lt;/strong&gt; : Profession de s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre&lt;/strong&gt; : Prise de voile de s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;2 octobre&lt;/strong&gt; : Nomination de s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin comme ma&#238;tresse des novices.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;d&#233;cembre &lt;/strong&gt; : Nomination de s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin comme d&#233;positaire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;27 novembre 1773&lt;/strong&gt; : Election de s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin comme Prieure.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;10 mai 1774&lt;/strong&gt; : Mort de Louis XV.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;11 juin &lt;/strong&gt; : Sacre de Louis XVI.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 septembre&lt;/strong&gt; : Mort du Pape Cl&#233;ment XIV.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1775&lt;/strong&gt; : Visite &#224; Saint-Denis de l'archiduc Maximilien d'Autriche, fr&#232;re de Marie-Antoinette.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;15 f&#233;vrier&lt;/strong&gt; : Election de Pie VI.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;5 juillet&lt;/strong&gt; : Retour au carmel de Saint-Denis de la s&#339;ur Marie-Marthe, sortie au moment de la &#171; crise &#187; jans&#233;niste.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;d&#233;c. 1776&lt;/strong&gt; : R&#233;&#233;lection de M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin comme Prieure.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;17 mai 1777 &lt;/strong&gt; : Visite &#224; Saint-Denis de l'empereur Joseph II sous le nom de comte de Falkenstein.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1778&lt;/strong&gt; : Trait&#233; entre la France et les Insurgents am&#233;ricains.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;15 septembre &lt;/strong&gt; : Pose de la premi&#232;re pierre du r&#233;fectoire du carmel par Mesdames Ad&#233;la&#239;de, Victoire et Sophie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;30 novembre&lt;/strong&gt; : Nomination de s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin comme d&#233;positaire, M&#232;re Julie de Mac-Mahon &#233;lue Prieure.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;19 mai 1781 &lt;/strong&gt; : Disgr&#226;ce de Necker.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 octobre &lt;/strong&gt; : Naissance de Louis-Joseph-Xavier, Dauphin, fils de Louis XVI.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;29 novembre&lt;/strong&gt; : Edit de Joseph II, empereur d'Autriche, supprimant les ordres contemplatifs dans ses &#201;tats.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;3 mars 1782&lt;/strong&gt; : Mort de Madame Sophie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre&lt;/strong&gt; : R&#233;&#233;lection de M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin comme d&#233;positaire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;10 mai 1783&lt;/strong&gt; : Annonce aux carm&#233;lites de Bruxelles du d&#233;cret supprimant leur monast&#232;re.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;14 juin &lt;/strong&gt; : Arriv&#233;e des treize carm&#233;lites de Bruxelles &#224; Saint-Denis.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;10 novembre&lt;/strong&gt; : Ascension de Montgolfier et de Pil&#226;tre de Rozier en ballon.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;1785 &lt;/strong&gt; : Affaire du collier de la Reine.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;27 mars&lt;/strong&gt; : Naissance de Louis-Charles, duc de Normandie (futur Louis XVII).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;27 septembre&lt;/strong&gt; : Mort de M&#232;re Julie de Mac-Mahon.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;octobre&lt;/strong&gt; : M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, Prieure.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;9 octobre 1786 &lt;/strong&gt; : Cons&#233;cration par l'archev&#234;que de Paris de la nouvelle &#233;glise de Saint-Denis, construite par Richard Mique.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;22 f&#233;vrier 1787&lt;/strong&gt; : Ouverture de l'Assembl&#233;e des notables &#224; la salle des Menus Plaisirs &#224; Versailles.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;19 novembre&lt;/strong&gt; : Edit de tol&#233;rance accordant l'&#233;tat civil aux protestants.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;23 d&#233;cembre&lt;/strong&gt; : Mort de Madame Louise.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madame Louise, aujourd'hui</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Madame-Louise-aujourd-hui-312.html</link>
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		<dc:date>2006-04-10T18:56:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;Sur le mur de cl&#244;ture construit en 1893 le long de la rue de Paris (actuelle rue Gabriel P&#233;ri), &#224; la demande des carm&#233;lites revenues dans leur ancien couvent, une inscription est r&#233;apparue un soir &#224; la lumi&#232;re du soleil couchant : Mur de la mont&#233;e des anges. Les religieuses &#233;voquaient-elles ainsi le souvenir de celles qui les avaient pr&#233;c&#233;d&#233;es ? Celui de Madame Louise, rest&#233; tr&#232;s pr&#233;sent dans l'Ordre du Carmel, marque encore ces lieux o&#249; elle voulut consacrer sa vie &#224; la solitude et &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Sa-vie-163-.html" rel="directory"&gt;Sa vie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_669 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L266xH408/0031r-e393f.jpg?1782937007' width='266' height='408' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-669 '&gt;&lt;strong&gt;Mur de la mont&#233;e des anges (carmel de Saint-Denis)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur le mur de cl&#244;ture construit en 1893 le long de la rue de Paris (actuelle rue Gabriel P&#233;ri), &#224; la demande des carm&#233;lites revenues dans leur ancien couvent, une inscription est r&#233;apparue un soir &#224; la lumi&#232;re du soleil couchant : &lt;strong&gt;Mur de la mont&#233;e des anges. &lt;/strong&gt; Les religieuses &#233;voquaient-elles ainsi le souvenir de celles qui les avaient pr&#233;c&#233;d&#233;es ? Celui de Madame Louise, rest&#233; tr&#232;s pr&#233;sent dans l'Ordre du Carmel, marque encore ces lieux o&#249; elle voulut consacrer sa vie &#224; la solitude et &#224; la pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La cause de b&#233;atification&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, Louise de France est &#224; nouveau sortie de l'ombre o&#249; elle se trouvait depuis plusieurs d&#233;cennies. Elle avait cependant toujours gard&#233; ses fid&#232;les : les carmels de Montgeron et d'Autun, h&#233;ritiers vivants de sa m&#233;moire, conservaient pr&#233;cieusement objets et documents la concernant. Avec la diminution du nombre des carm&#233;lites que nous connaissons en Europe, ces deux carmels ont ferm&#233;. Les s&#339;urs qui restaient &#224; Autun se retrouvent toutes maintenant au Carmel de Nogent-sur-Marne. S&#339;ur Bernadette, elle-m&#234;me, m&#233;moire vivante, qui s'&#233;tait tout particuli&#232;rement consacr&#233;e &#224; la cause de b&#233;atification, s'en est all&#233; rejoindre la V&#233;n&#233;rable le 15 juin 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel des archives concernant Madame Louise se trouve aujourd'hui r&#233;parti entre divers lieux :&lt;strong&gt; le carmel de Jonqui&#232;re&lt;/strong&gt; (Compi&#232;gne) dont les liens avec l'Histoire sont connus ; le &lt;strong&gt;carmel de Pontoise&lt;/strong&gt; ; &lt;strong&gt;le mus&#233;e d'art et d'histoire de Saint-Denis &lt;/strong&gt; o&#249; est demeur&#233; quelque chose de la pr&#233;sence de celles qui y consacr&#232;rent autrefois leur vie &#224; Dieu pendant des si&#232;cles ; &lt;strong&gt;le mus&#233;e d'art sacr&#233; de Dijon&lt;/strong&gt; ; le &lt;strong&gt;Centre historique des archives nationales&lt;/strong&gt;, etc.&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que se poursuit, avec pers&#233;v&#233;rance et discr&#233;tion le travail pour le soutien de la Cause, les sollicitations pour la B&#233;atification ne manquent pas. Les premi&#232;res &#233;tapes sont anciennes : le proc&#232;s ordinaire a eu lieu de 1855 &#224; 1867 ; le d&#233;cret d'introduction de la cause, le 19 juin 1873 ; le proc&#232;s alors n&#233;cessaire de non culte, en 1885-1886 ; le proc&#232;s de saintet&#233;, en 1891-1892 ; le proc&#232;s des vertus, de 1896 &#224; 1904 ; le d&#233;cret de validit&#233; du proc&#232;s, le 28 novembre 1906. Selon le droit canonique en cours &#224; cette &#233;poque, Madame Louise &#233;tait d&#232;s lors d&#233;j&#224; consid&#233;r&#233;e comme V&#233;n&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cause a &#233;t&#233; reprise &#224; Rome le 13 d&#233;cembre 1985, comme cause historique de canonisation, selon la nouvelle proc&#233;dure. Une nouvelle biographie a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e par &lt;strong&gt;Bernard Hours&lt;/strong&gt;, Professeur d'histoire moderne &#224; l'Universit&#233; Jean Moulin &#224; Lyon, &#8220;Madame Louise, Princesse au Carmel&#8221;, publi&#233;e au Cerf en 1987.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acte essentiel a &#233;t&#233; pos&#233; par la Congr&#233;gation pour la cause des saints au Vatican le 22 avril 1997. La commission sp&#233;ciale, ayant entendu et lu le rapport fait par le P&#232;re Ivon Baudoin O.M.I., canadien, a reconnu l'h&#233;ro&#239;cit&#233; des vertus de Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin et a pr&#233;sent&#233; &#224; l'unanimit&#233; la V&#233;n&#233;rable au Saint-P&#232;re pour la B&#233;atification. Dans une br&#232;ve information, le journal La Croix du samedi 20 d&#233;cembre 1997 disait :&lt;strong&gt; &#8220;Jean-Paul II a proclam&#233; jeudi v&#233;n&#233;rable Padre Pio da Pieltralcina capucin, italien stigmatis&#233;&#8230; De m&#234;me, les vertus h&#233;ro&#239;ques de Louise de France (1737-1787), fille de Louis XV, devenue carm&#233;lite sous le nom de Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, ont &#233;t&#233; reconnues&#8221;&lt;/strong&gt;. L'introduction de son proc&#232;s en b&#233;atification avait &#233;t&#233; approuv&#233; par Pie IX le 19 juin 1873. Selon le Vatican, Louise de France &#8220;a exerc&#233; les vertus chr&#233;tiennes &#224; un degr&#233; h&#233;ro&#239;que et s'est battue avec force contre le gallicanisme&#8221;.
Le texte du document de 1997, assez long, est en italien et en latin, langue officielle au Vatican. Il est riche d'enseignements et montre l'actualit&#233; d'une telle cause&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, l'association, fond&#233;e en janvier 1986 pour soutenir cette cause de b&#233;atification, organise une activit&#233; : conf&#233;rence, visite d'un lieu ou d'une exposition dont le th&#232;me est li&#233; &#224; la vie de Louise de France. Peut-&#234;tre est-il temps de faire un pas de plus pour garder vivante sa m&#233;moire, la faire mieux conna&#238;tre encore, en montrant l'actualit&#233; de son exemple, la solliciter enfin en esp&#233;rant le miracle requis pour que la volont&#233; du Saint-P&#232;re s'engage.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Dieu, notre P&#232;re,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;tu as &#233;tabli Roi des nations&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;ton Fils bien-aim&#233;, le Christ J&#233;sus ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#224; la pri&#232;re de sa m&#232;re&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;la Vierge Marie, Reine et beaut&#233; du Carmel&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;accorde &#224; ton Eglise de recevoir comme mod&#232;le&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;la v&#233;n&#233;rable Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Madame Louise de France,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;en confirmant la saintet&#233; de sa vie.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Par son intercession&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et dans la communion de l'Esprit Saint,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;enseigne-nous la pratique de l'Evangile&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;dans le contexte social du quotidien ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;fais que les responsables politiques&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#339;uvrent pour le bien des peuples&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et travaillent au mieux &#234;tre des plus d&#233;munis ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;d&#233;veloppe en nous le z&#232;le eccl&#233;sial&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;dans le combat contre les forces du mal ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;donne-nous l'amour de la vie religieuse&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;qui est recherche de Dieu et service fraternel.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Amen&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='hrspip'&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Pour prendre contact avec
&lt;strong&gt;L'association des Amis de Louise de France, il est possible de s'adresser au : Couvent des Carmes, 6 rue Jean Ferrandi, 75006 PARIS&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sa vie au Carmel</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Sa-vie-au-Carmel-299.html</link>
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		<dc:date>2006-04-10T18:55:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - L'entr&#233;e au Carmel C'est &#224; Saint-Denis, &#224; deux pas de la n&#233;cropole des rois de France, que Louise a d&#233;cid&#233; de passer d&#233;sormais sa vie. Elle a choisi un couvent pauvre, si aust&#232;re aussi qu'on le surnomme &#171; la trappe du Carmel &#187;. Pour la communaut&#233; sa venue est providentielle. Menac&#233;es d'&#234;tre dispers&#233;es en raison de leur trop grande pauvret&#233;, les religieuses ont entam&#233;, d&#232;s le 8 f&#233;vrier, une neuvaine au C&#339;ur de Marie pour obtenir un secours du ciel. L'une d'entre elles en plaisantant a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - L'entr&#233;e au Carmel&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4586 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L296xH344/ldf41-8e63f-adeb2.jpg?1782931468' width='296' height='344' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4586 '&gt;&lt;strong&gt;LdF41-8e63f
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; &lt;strong&gt;Saint-Denis&lt;/strong&gt;, &#224; deux pas de la n&#233;cropole des rois de France, que Louise a d&#233;cid&#233; de passer d&#233;sormais sa vie. Elle a choisi un couvent pauvre, si aust&#232;re aussi qu'on le surnomme &#171; la trappe du Carmel &#187;. Pour la communaut&#233; sa venue est providentielle. Menac&#233;es d'&#234;tre dispers&#233;es en raison de leur trop grande pauvret&#233;, les religieuses ont entam&#233;, d&#232;s le 8 f&#233;vrier, une neuvaine au C&#339;ur de Marie pour obtenir un secours du ciel. L'une d'entre elles en plaisantant a fait la remarque &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;il nous faudrait au moins une fille de roi !&lt;/em&gt; La pri&#232;re des s&#339;urs a donc &#233;t&#233; exauc&#233;e au-del&#224; de ce qu'elles pouvaient imaginer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amour du Christ, le d&#233;sir de le suivre, de trouver dans les sacrements de l'Eucharistie la gr&#226;ce de la fid&#233;lit&#233; en toutes choses et d'une existence toujours plus unifi&#233;e dans le don total de soi, telles sont les aspirations de Louise.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Agr&#233;ez, &#244; mon bien-aim&#233; ! &#244; le plus aimable des Epoux !&lt;strong&gt; agr&#233;ez ce c&#339;ur qui br&#251;le d'&#234;tre &#224; vous&lt;/strong&gt;. Vous avez tant de droits &#224; sa possession ! R&#233;gnez seul, et r&#233;gnez pour toujours sur mon &#226;me et sur toutes ses facult&#233;s, sur ma volont&#233; et sur toutes ses affections, sur mon corps et sur tous ses sens [&#8230;] Que ma m&#233;moire ne soit plus occup&#233;e que du souvenir de vos bienfaits ; que mon esprit fasse ses occupations les plus ch&#232;res de la m&#233;ditation de vos qualit&#233;s aimables ; que mon c&#339;ur ne soit rempli que des ardeurs ineffables dont vous br&#251;lez ici pour moi. Que tout mon corps soit purifi&#233; aux approches de votre chair adorable ; qu'il se sacrifie pour votre gloire, par le travail et l'infirmit&#233;, et que ses efforts uniques, ses v&#339;ux les plus habituels soient de vous imiter et de devenir semblable &#224; vous. (&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; M&#233;ditations eucharistiques, Entretien avec notre Seigneur au Saint-Sacrement, pour l'octave de la F&#234;te-Dieu &#187;&lt;/em&gt;)&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4587 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L265xH336/ldf45-ba20c-616c2.jpg?1782931468' width='265' height='336' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4587 '&gt;&lt;strong&gt;Madame Louise lavant la vaisselle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'intention de Louise n'est pas qu'on la traite comme une princesse du sang. Elle vient ici pour partager la vie humble et cach&#233;e des moniales et accepte bien malgr&#233; elle quelques am&#233;nagements &#224; la R&#232;gle qui lui permettront de s'habituer &#224; son nouveau sort. S'il en est un qu'elle appr&#233;cie toutefois, c'est de pouvoir s'aider de cordes qui lui servent de rampe dans l'&#233;troit et raide escalier du couvent. Jamais elle n'a descendu seule les marches du ch&#226;teau. Toujours aid&#233;e par un page, elle est maintenant prise de vertige face au vide et doit s'asseoir pour ne pas tomber.
Mais mis &#224; part quelques d&#233;tails de la vie quotidienne, elle se met avec bonheur &#224; sa nouvelle existence et supporte avec abn&#233;gation la rudesse de sa nouvelle condition. A part quelques rhumes et des attaques de goutte, les rigueurs de l'hiver, pas plus que les chaleurs de l'&#233;t&#233;, qu'elle endure sto&#239;quement sous sa robe de bure, n'alt&#233;reront une sant&#233; bien plus florissante qu'au ch&#226;teau. &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je ne suis pas revenue de la joie qui s'est empar&#233;e de mon c&#339;ur depuis que je suis dans ce monast&#232;re&lt;/em&gt; (Lettre de mai 1770, cit&#233;e par l'abb&#233; Proyart, &#171; Vie de Madame Louise &#187;) Louise qui a re&#231;u le nom de S&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin se coule avec facilit&#233; dans cette nouvelle vie &#224; laquelle elle s'est secr&#232;tement pr&#233;par&#233;e.&lt;strong&gt; Elle entend &#234;tre trait&#233;e &#224; l'&#233;gal de ses nouvelles s&#339;urs, et n'accepte que par ob&#233;issance et &#224; contrec&#339;ur quelques accommodements.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses s&#339;urs, qui n'ont appris qu'apr&#232;s son d&#233;part sa d&#233;cision, viennent la visiter. La toute jeune Marie-Antoinette &#224; peine arriv&#233;e en France pour &#233;pouser le Dauphin, futur Louis XVI, se rend aussi &#224; Saint-Denis pour faire la connaissance de sa tante. C'est m&#234;me elle qui lui remettra le voile le 10 septembre 1770, jour de sa prise d'habit. Un an plus tard, le 11 septembre 1771, Madame Louise fait profession. A la c&#233;r&#233;monie priv&#233;e, en succ&#232;de une seconde, publique, au cours de laquelle, en pr&#233;sence d'une vingtaine d'&#233;v&#234;ques et d'une nombreuse assembl&#233;e, elle re&#231;oit le voile noir des mains de la comtesse de Provence (&#233;pouse du futur Louis XVIII).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles gr&#226;ces n'ai-je pas &#224; vous rendre, &#244; mon Dieu, de m'avoir amen&#233;e dans votre sainte Maison ? C'est donc aux pieds de vos saints autels que mes jours vont d&#233;sormais s'&#233;couler jusqu'au dernier de ma vie. Quel bonheur, mon Dieu ! Est-ce trop que de vous faire l'oblation de tout moi-m&#234;me, sous le joug de la sainte r&#232;gle que je suis venue embrasser ? Puis-je regretter rien de ce que j'ai quitt&#233; ? Ce que j'ai quitt&#233; n'est rien, et ce que j'ai trouv&#233; ici est tout, puisque c'est vous que j'y ai trouv&#233;. &#212; mon Dieu, mon tout ! d&#233;sormais la pauvret&#233; fera mes richesses. H&#233; ! Quel tr&#233;sor, puisqu'il m'acquerra votre Royaume ! quelle proportion entre quelques jours de p&#233;nitence et un poids immense de gloire ? Oui, mon J&#233;sus, j'embrasse votre croix, je l'embrasse de tout mon c&#339;ur. Faites que je ne m'en s&#233;pare jamais ; accordez-moi, Seigneur, toutes les gr&#226;ces qui me sont n&#233;cessaires pour achever mon sacrifice pour parvenir &#224; &#234;tre votre victime ; ah ! J&#233;sus ! Quel beau titre, et qu'il est honorable de quitter les vains honneurs du monde, pour prendre celui de votre victime !&lt;/em&gt;
(Pri&#232;re de Madame Louise au moment de sa prise de voile, in &#171; M&#233;ditations eucharistiques &#187;)&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Ma&#238;tresse des novices&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_644 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L500xH148/LdF48B-8d44f.jpg?1782937007' width='500' height='148' alt='Carm&#233;lites au jardin' title='Carm&#233;lites au jardin' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le lendemain de sa prise de voile, elle est nomm&#233;e &lt;strong&gt;ma&#238;tresse des novices&lt;/strong&gt;. Son exp&#233;rience du monde, sa &lt;strong&gt;finesse psychologique&lt;/strong&gt;, la font appr&#233;cier par celles qui lui sont confi&#233;es. Toutes gardent le souvenir des conseils avis&#233;s qu'elle a su leur donner pour les guider avec une ferme douceur. Elle leur est elle-m&#234;me tr&#232;s attach&#233;e et se dit &#233;difi&#233;e par leur ferveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Comment voulez-vous que j'aie un moment &#224; moi ; charg&#233;e de treize novices qui m'aiment au point de venir me le r&#233;p&#233;ter plusieurs fois par jour ? Elles me le prouvent encore mieux par leur vertu. Leur petit c&#339;ur est toujours sur leurs l&#232;vres. Elles sont d'une ferveur qu'il faut s'&#233;tudier continuellement &#224; mod&#233;rer. Je n'ai de difficult&#233; que quand il faut les faire reposer. Au plus grand go&#251;t pour la pri&#232;re, elles joignent le plus grand z&#232;le pour les travaux p&#233;nibles : elles avaleraient comme du miel ce que la R&#232;gle nous tol&#232;re de surplus, si l'on n'apportait la plus grande prudence pour les arr&#234;ter.&lt;/em&gt; (Lettre de Madame Louise &#224; la M&#232;re D&#233;positaire de Grenelle, 29 ao&#251;t 1782, in &#8220;Oraison fun&#232;bre&#8221; prononc&#233;e par le P&#232;re Fran&#231;ois)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je ne puis voir mes novices sans me sentir encourag&#233;e au service du Seigneur. Leur ferveur s'&#233;l&#232;ve sans cesse contre mes l&#226;chet&#233;s. &lt;strong&gt;Je rends gr&#226;ce &#224; la divine Providence d'avoir environn&#233; ma faiblesse de ce petit groupe d'anges qui ne respirent que le pur amour de Dieu&lt;/strong&gt;, et qui en faisant ma confusion, font cependant aussi ma joie. Je regarde mes novices comme autant de ma&#238;tresses que le Seigneur m'a donn&#233;es dans sa mis&#233;ricorde pour m'apprendre &#224; &#234;tre humble, mortifi&#233;e, courageuse, p&#233;nitente et fervente&lt;/em&gt; (M&#232;re Stanislas Tourel, &#8220;Vie de la r&#233;v&#233;rende M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin&#8221;, 1857, t. I.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachant avec lucidit&#233; et discr&#233;tion aider ses &#171; filles &#187; &#224; discerner et approfondir leur vocation, S&#339;ur Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, sait gagner leur confiance et leur c&#339;ur. Une humble pers&#233;v&#233;rance, la constance, &lt;strong&gt;la mod&#233;ration dans les t&#226;ches et les &#233;preuves quotidiennes &lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;assum&#233;es avec bonne humeur&lt;/strong&gt; telle sont ses recommandations essentielles. Apr&#232;s sa mort, on a retrouv&#233; les papiers o&#249; &#233;taient &#233;crits ses instructions et ses conseils. On en a form&#233; un petit recueil sous le titre de &lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/Testaments-spirituels,502.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#8220;Testaments spirituels&#8221;&lt;/a&gt;, publi&#233; &#224; la suite des &lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/-Textes-de-Mere-Therese-de-St-Augustin-.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; M&#233;ditations eucharistiques &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Ma fille, c'est l'amour qui &#233;largit le chemin de la p&#233;nitence et qui nous le fait para&#238;tre uni et spacieux.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Faisons toutes nos actions pour Dieu seul et de notre mieux, avec une grande confiance et un grand amour.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Dieu demande de nous la plus grande fid&#233;lit&#233; plut&#244;t que les aust&#233;rit&#233;s, et en cela il ne nous traite pas plus doucement que ceux &#224; qui il demande des choses extraordinaires.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Quand vous vivriez cent ans souvenez-vous, jusqu'au dernier jour de votre vie, que votre ma&#238;tresse vous recommandait la fid&#233;lit&#233; aux petites choses. &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;L'&#233;tat de s&#233;cheresse o&#249; nous nous trouvons quelquefois est peut-&#234;tre, de la part de Dieu, une grande mis&#233;ricorde. Dans le penchant qu'il nous voit, &#224; nous complaire en nous-m&#234;me [&#8230;] si les louanges des hommes nous tentent que serait-ce des louanges de Dieu lui-m&#234;me !&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Tout ce que Dieu voudra, quand il voudra, comme il voudra : telle doit &#234;tre notre constante disposition ; et c'est l&#224; cette simplicit&#233; chr&#233;tienne qu'il faut nous proposer de pratiquer.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Toute la force d'une &#233;pouse de J&#233;sus-Christ est dans la communion ; le moyen le plus s&#251;r pour elle d'avancer dans la perfection, c'est la communion ; le secours le plus puissant contre ses ennemis, c'est encore la communion&#8230;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_942 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L356xH101/0028r-bee90.jpg?1782931468' width='356' height='101' alt='Sentence St Denis' title='Sentence St Denis' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si la p&#233;dagogie de Madame Louise &#224; l'&#233;gard des jeunes religieuses qui lui sont confi&#233;es s'appuie sur un jugement sain et &#233;quilibr&#233;, l'exemple qu'elle donne jour apr&#232;s jour lui vaut aussi l'estime de toutes les s&#339;urs. Sa pi&#233;t&#233; est aussi &#233;loign&#233;e du Qui&#233;tisme que du Jans&#233;nisme. Sereine, mais sans complaisance, lucide, mais sans rigueur excessive ou vain orgueil, elle repose sur un fond de bons sens qui fait bien le propre de son caract&#232;re. Sa charit&#233; active se traduit par maints petits gestes attentionn&#233;s envers ses s&#339;urs. Elle qui, &#224; Versailles, avait toujours &#233;t&#233; servie, n'h&#233;site pas &#224; arranger la paillasse de telle d'entre elles pour lui en &#233;viter la peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'infirmerie elle pr&#233;c&#232;de celle qui doit t&#244;t le matin administrer des potions aux malades pour all&#233;ger son travail :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#8230;J'&#233;tais bien aise d'apporter tous mes soins &#224; cette pauvre s&#339;ur. On ne peut &#234;tre indiff&#233;rente en religion pour aucune, car c'est l'&#226;me que je consid&#232;re en toutes et je serais d&#233;sol&#233;e de les voir priv&#233;es par ma faute de la plus petite consolation chr&#233;tienne et religieuse. (Lettre de Madame Louise &#224; l'abb&#233; Bertin 1775, cit&#233; par l'abb&#233; Proyart &#8220;Vie de Madame Louise de France&#8221;).&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Elle &#233;tait pour nous une r&#232;gle vivante. Toujours &#224; la t&#234;te de la communaut&#233;, et la premi&#232;re &#224; toutes les observances, elle &#233;tait si &#233;loign&#233;e de s'&#233;couter pour quelques incommodit&#233;s, qu'&#224; peine on pouvait obtenir d'elle qu'elle se tranquillis&#226;t dans la maladie. Dure et aust&#232;re pour elle-m&#234;me, elle r&#233;servait pour ses s&#339;urs toute sa douceur et ses m&#233;nagements. Elle les portait aussi loin que pouvait le permettre la charit&#233;, sans nuire au devoir et &#224; la r&#233;gularit&#233;&lt;/em&gt; (T&#233;moignage cit&#233; par l'Abb&#233; Proyart, &#8220;Vie de Madame Louise de France&#8221;, Paris, Lyon, 1860, t. I. )&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle ne boude pas non plus les r&#233;cr&#233;ations au cours desquelles la communaut&#233; se r&#233;unit et se distrait. Les s&#339;urs y font de menus travaux de broderie ou d'aiguilles, d'autres pr&#233;parent des po&#232;mes ou des sayn&#232;tes. A l'occasion de l'un des premiers essais de vol en montgolfi&#232;re, l'une d'elles s'amuse &#224; repr&#233;senter sur un mode fantaisiste les adieux de la princesse &#224; &#171; Mesdames &#187; ses soeurs. Cette invention toute nouvelle (comme un si&#232;cle plus tard l'ascenseur pour Th&#233;r&#232;se de l'Enfant J&#233;sus !) inspire d&#233;j&#224; &#224; la fac&#233;tieuse moniale le moyen le plus rapide de gagner le ciel. Madame Louise, quant &#224; elle ne manifeste gu&#232;re d'enthousiasme pour ces exp&#233;riences p&#233;rilleuses. T&#233;moin cette lettre amusante o&#249; elle fait part de ses inqui&#233;tudes lors des premiers essais d'a&#233;rostation.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Oh ! quelle folie d'aller dans les airs ! Il en partit [un ballon] hier des Tuileries, il passa ici, m'a-t-on dit, pendant v&#234;pres. Je b&#233;nis Dieu qu'il ne soit pas tomb&#233; dans notre enclos. Si cela dure, personne ne sera en s&#251;ret&#233; chez soi, la compagnie tombera des nues comme la gr&#234;le. Moi qui ne suis pas physicienne, j'ai fait une remarque [&#8230;] c'est qu'ils nous emm&#232;neront beaucoup de brouillards et de pluie ; on dit que non, mais l'exp&#233;rience prouvera si j'ai tort ; il fait aujourd'hui beaucoup de brouillard [&#8230;] Cela vous fera juger jusqu'o&#249; va la folie des hommes puisque jusqu'&#224; une pauvre carm&#233;lite en est occup&#233;e, il est vrai beaucoup plus pour les pauvres humains qui s'y sont nich&#233;s que pour les cons&#233;quences qu'on en pourra tirer. Je crains pour eux quelque pr&#233;cipice d'o&#249;, avec toutes les choses utiles et savantes qu'ils auront ramass&#233;es par les airs, ils n'auront pas la science de se tirer, et je prie beaucoup pour eux.&lt;/em&gt; (Lettre au cardinal de Bernis, 2 d&#233;cembre 1783)&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - Chef de travaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A la fin de l'ann&#233;e 1771, Madame Louise est nomm&#233;e d&#233;positaire, c'est &#224; dire s&#339;ur &#233;conome. Elle gardera longtemps cette t&#226;che qu'elle accomplira avec perspicacit&#233;. Elle fait effectuer de nombreux travaux dans le carmel dont elle surveille de pr&#232;s l'ex&#233;cution, comme l'attestent ses nombreux billets &#224; M. Collemberg, le charg&#233; d'affaires de la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne de Louis XVI, le projet - d&#233;j&#224; envisag&#233; sous Louis XV - de reconstruire l'&#233;glise d&#233;labr&#233;e, est men&#233; &#224; bien. Les plans &#233;tablis par Fleuret, professeur &#224; l'&#233;cole militaire ne sont pas retenus ; les travaux sont confi&#233;s d&#232;s 1779 &#224; Richard Mique. Originaire de Nancy, cet architecte a travaill&#233; pour le roi Stanislas Leszczynski. A la mort de celui-ci en 1766, il passe au service de sa fille la reine Marie Leszczynska, qui meurt en 1768. D&#232;s 1770, il travaille pour la nouvelle dauphine, Marie-Antoinette. En 1782, il est nomm&#233; architecte du roi et directeur de l'Acad&#233;mie royale d'architecture. La correspondance de Madame Louise refl&#232;te toute l'attention qu'elle porte au chantier qui dure jusqu'en 1785.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Ce qui m'inqui&#232;te le plus aujourd'hui, c'est que quand on a b&#226;ti l'&#233;glise du couvent de Versailles, ni les religieuses ni mes s&#339;urs n'ont pu obtenir de Monsieur Mique qu'on n'y travaill&#226;t pas les dimanches et f&#234;tes. Mais je vous avertis que je n'entends pas cela et il est temps d'en parler. Il vaut mieux qu'on soit un an de plus &#224; b&#226;tir et qu'on observe les pr&#233;ceptes de Dieu et de l'Eglise (&#8230;) Faites le promettre &#224; M. Mique et par &#233;crit pour plus de s&#251;ret&#233;. Travailler &#224; nous b&#226;tir une &#233;glise est une excellente chose sans doute, mais vouloir y travailler sans aucune n&#233;cessit&#233; les jours de f&#234;te, c'est un acte antireligieux et antichr&#233;tien auquel, s'il pla&#238;t &#224; Dieu, je ne donnerai jamais la main. J'ai d&#233;j&#224; fait dire &#224; plusieurs ouvriers que s'ils s'avisaient de travailler ces jours-l&#224; pour nous, ils le feraient pour la gloire de Dieu, et que je saurais si bien tenir les cordons de la bourse, qu'assur&#233;ment leur profanation ne serait pas pay&#233;e. Ces pauvres gens n'auraient m&#234;me pas cette pens&#233;e, si elle n'&#233;tait pas dans la t&#234;te de ceux qui les emploient&lt;/em&gt; (Lettre de Madame Louise &#224; l'abb&#233; Bertin, 1780, cit&#233;e par l'abb&#233; Proyart, &#8220;Vie de Madame Louise de France&#8221;). &lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Je br&#251;le de z&#232;le pour toi mon Seigneur !!! (&#8220;Livre des Rois&#8221;, 1, 19)&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse du gros &#339;uvre, des finitions ou de la d&#233;coration, d'une &#233;criture h&#226;tive, o&#249; l'orthographe est souvent malmen&#233;e, M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin donne des instructions pr&#233;cises :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Voici Monsieur la liste des saints que vous m'avez demand&#233; pour le sculpteur 1&#176; au fronton l'adoration des mages 2&#176; sur la porte de l'&#233;glise l'assomption de la Ste Vierge 3&#176; d'un c&#244;t&#233; du portail St Joseph et le m&#233;daillon au-dessus le sommeil de St Joseph qu'un ange rassure [?] de l'autre c&#244;t&#233; notre Ste M&#232;re Th&#233;r&#232;se et le m&#233;daillon au-dessus Ste Th&#233;r&#232;se avec un s&#233;raphin qui lui perce le c&#339;ur d'un dard enflam[m]&#233;. Les 4 figures de l'&#201;glise &#224; la place des 4 &#233;vang&#233;listes qui sont &#224; la congr&#233;gation de Versailles, le proph&#232;te &#201;lie avec son chariot de feu, le second le proph&#232;te &#201;lis&#233;e recevant du ciel le manteau du proph&#232;te, la 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; St Albert patriarche de J&#233;rusalem tenant &#224; sa main la r&#232;gle du Carmel et la 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; St Jean de la Croix en carme avec un crucifix rayonnant qui lui appara&#238;t&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A ce programme iconographique s'ajoutent trois bas reliefs dans le vestibule : la &#171; D&#233;position de croix &#187;, la &#171; Pr&#233;sentation de J&#233;sus au temple &#187; et &#171; J&#233;sus devant les Docteurs &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne manque pas &#224; l'occasion de manifester son impatience, voire son agacement devant la lenteur des travaux et ne s'en laisse pas conter quant &#224; la qualit&#233; et au co&#251;t des mat&#233;riaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;J'ai &#233;t&#233; fort surprise l'autre jour, Monsieur, en / pressant le charpentier pour travailler vite &#224; / notre clocher qui avait l'air d'en rester l&#224;. Il dit / qu'il &#233;tait tout pr&#234;t mais que dans ce moment, / il n'avait rien &#224; faire pour ce qu'il attendait le menuisier/ Vous m'aviez promis qu'il serait / rev&#234;tu de plomb et j'apprends que ce ne sera que / du bois peint. Comment voulez-vous que cela / dure ? Peut-&#234;tre cela ira-t-il 20 ou 30 ans et fort / sujet &#224; des r&#233;parations fort co&#251;teuses Pour une / communaut&#233; il faut que cela soit plus durable/ Je vous prie si la menuiserie est n&#233;cessaire / que cela n'emp&#234;che pas qu'il soit rev&#234;tu de plomb / par dessus. Les cloches sont fondues et arriv&#233;es, je / suis tr&#232;s press&#233;e. Donnez je vous prie des ordres, / Monsieur, pour que cela aille promptement et solidement [&#8230;]&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le chantier est aussi retard&#233; par des &#034;accidents de travail. En 1780, un charretier est &#233;cras&#233; sous les pierres qu'il transporte. La communaut&#233; &#233;mue assure les frais de son enterrement. En 1782, un ouvrier a le doigt &#233;cras&#233; ; Madame Louise le d&#233;plore : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;cela fait grand piti&#233;&lt;/em&gt;. Quand le Saint Sacrement est install&#233; dans le nouveau ch&#339;ur le 28 mai 1784, reste l'am&#233;nagement et la d&#233;coration &#224; terminer. Madame Louise demande &#224; Richard Mique d'intervenir aupr&#232;s du sculpteur Deschamps :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Je crois qu'il a mont&#233; sur l'&#233;chafaud une ou deux fois depuis que vous &#234;tes venu, il n'y laisse pas m&#234;me d'ouvriers, si bien que l'&#233;glise est ferm&#233;e, tandis que ces temps-ci on devrait travailler d&#232;s cinq heures du matin ; et on ne peut pas nous tromper l&#224;-dessus, car on entend bien de notre ch&#339;ur si on travaille ou ne travaille pas.&lt;/em&gt; (Lettre de Madame Louise &#224; Richard Mique, 30 Juin 1785, Centre historique des archives nationales, AB XIX 3319, d. 9)
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4594 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;223&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L500xH226/akg332390-1dc8a.jpg?1782937007' width='500' height='226' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4594 '&gt;&lt;strong&gt;&#8220;Les carm&#233;lites au chauffoir&#8221;. (Seule pi&#232;ce chauff&#233;e du carmel de Saint-Denis ; &#224; gauche Madame Louise et l'une de ses compagnes, en robes de cour peu apr&#232;s leur entr&#233;e au couvent en 1770). Peinture de Guillot
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - Carm&#233;lite et princesse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En novembre 1773, Madame Louise est &#233;lue prieure, puis r&#233;&#233;lue trois ans plus tard. Elle sera &#224; nouveau appel&#233;e &#224; cette charge en 1785. Toujours active, elle refuse cependant d'intervenir en toute affaire de privil&#232;ge : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Il faut faire oublier tout ce que j'ai &#233;t&#233;&lt;/em&gt;. Pourtant elle sait rappeler l'autorit&#233; de sa naissance et se d&#233;pense sans compter d&#232;s qu'il s'agit du bien de l'Ordre et de l'int&#233;r&#234;t de la Religion. Elle qui voulait dispara&#238;tre du monde, comprend peu &#224; peu qu'il lui faut accepter sa naissance et assumer son rang jusqu'au fond de son couvent, pour la plus grande gloire de Dieu. &lt;strong&gt;Elle sera princesse et carm&#233;lite&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi appuie-t-elle de son autorit&#233; le r&#232;glement de la question jans&#233;niste dans les carmels qui avaient adh&#233;r&#233; &#224; la bulle &#171; Unigenitus &#187;. La querelle jans&#233;niste empoisonne en effet la vie religieuse et politique durant tout le si&#232;cle : une minorit&#233; active, en particulier dans le clerg&#233; et dans la magistrature, n'a jamais accept&#233; la condamnation d&#233;finitive par la bulle Unigenitus en 1713, des th&#232;ses forg&#233;es dans le sillage de Port-Royal. La pol&#233;mique entrave trop souvent le traitement des vrais probl&#232;mes et nuit &#224; l'image du clerg&#233;. Les parlementaires eux-m&#234;mes, en intervenant dans les conflits n&#233;s des refus de sacrements entendent d&#233;fendre leur autorit&#233; et leurs privil&#232;ges face &#224; l'absolutisme monarchique. Madame Louise n'entre pas dans la pol&#233;mique ou dans le d&#233;bat th&#233;ologique. Son souci est avant tout inspir&#233; par la crainte de voir ses s&#339;urs se perdre dans l'erreur. Elle essaie de faire revenir les &#171; brebis &#233;gar&#233;es &#187; qui avaient fui le couvent au plus fort de la crise d'&#233;puration. Seule la s&#339;ur Marie-Marthe de Saint-Joseph r&#233;int&#233;grera le carmel, apr&#232;s trente ann&#233;es pass&#233;es dans le si&#232;cle. &#194;g&#233;e de 89 ans, les jambes paralys&#233;es, elle a gard&#233; toute sa t&#234;te. Madame Louise tout en l'entourant de soins attentifs s'attache &#224; la &lt;strong&gt;ramener &#224; la vraie foi&lt;/strong&gt;. La vieille religieuse apr&#232;s avoir satisfait &#224; un examen tendant &#224; prouver qu'elle adh&#232;re &#224; la bulle Unigenitus, renouvelle ses v&#339;ux le 15 ao&#251;t 1775.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les affaires du si&#232;cle, ses sympathies vont plut&#244;t au parti d&#233;vot. Sa foi est sinc&#232;re et pure, mais sans compromission avec les id&#233;es des Philosophes : pour elle l'impi&#233;t&#233; cro&#238;t avec l'influence des Lumi&#232;res. Ainsi s'insurge-t-elle contre les &#171; glissements &#187; de vocabulaire par lesquels des mots &#224; connotation par trop &#171; pieuse &#187; disparaissent du langage, remplac&#233;s par des termes mieux adapt&#233;s &#224; un humanisme de bon aloi. A titre d'exemple, dans son mandement de Car&#234;me 1783, Monseigneur Le Clerc de Juign&#233;, regrette de voir le vocable &#171; bienfaisance &#187; remplacer celui de &#171; charit&#233; &#187;, la carm&#233;lite prend aussit&#244;t le pas :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Oh le beau mandement ! Comme il drape la bienfaisance ! J'en suis ravie, car je d&#233;teste dans la bouche des chr&#233;tiens ces expressions que la philosophie ne fait tant ronfler que pour bannir la charit&#233;. Ce n'est pas que la bienfaisance soit un mal, mais ses motifs trop humains sont insuffisants pour faire l'aum&#244;ne et en remplir le pr&#233;cepte.&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L330xH425/sacrer-2-ab11c.jpg?1782931468' width='330' height='425' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-1111 '&gt;&lt;strong&gt;All&#233;gorie sur le sacre de Louis XVI
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'application la plus aboutie de l'influence des Lumi&#232;res en politique est la signature par Louis XVI de l'&#233;dit de tol&#233;rance, par lequel l'&#233;tat civil est reconnu aux protestants, sans que toutefois leur soit accord&#233;e une totale libert&#233; de culte. Madame Louise ressent la mesure comme une v&#233;ritable trahison. Sans doute, ici ne fait elle pas preuve d'ouverture d'esprit ! Mais elle est de son temps, droite, coh&#233;rente avec elle-m&#234;me, ferme dans ses convictions. Fille de France, elle n'admet pas que le roi puisse manquer au serment du Sacre de d&#233;fendre la foi catholique et de combattre l'h&#233;r&#233;sie. Nous sommes-l&#224; sur le plan des id&#233;es, et comme dans son combat contre le Jans&#233;nisme, M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin ne se montre jamais ti&#232;de. &lt;strong&gt;Mais devant toute humanit&#233; bless&#233;e ou diminu&#233;e, par la maladie ou l'&#226;ge, elle se r&#233;v&#232;le pleine de compassion. &lt;/strong&gt; Ainsi prodigue-t-elle sans compter soins et attentions &#224; cette vieille s&#339;ur jans&#233;niste revenue mourir &#224; Saint-Denis qu'elle s'applique &#224; servir au d&#233;triment de sa propre sant&#233;. Bien s&#251;r tant de sollicitude s'explique aussi par le souci de ne pas laisser de jeunes s&#339;urs et surtout des novices s'approcher de cette brebis subversive ; bien s&#251;r s'attache-t-elle &#224; la ramener sur la bonne voie autant qu'&#224; rem&#233;dier &#224; ses maux. Peut-on lui reprocher de se soucier du salut de l'&#226;me en m&#234;me temps que du r&#233;confort moral et physique de ses semblables ? Peut-on lui reprocher de se d&#233;soler de l'&#233;dit de 1787, elle qui pense sans doute sinc&#232;rement que son neveu, en c&#233;dant &#224; la mode des temps laisse s'&#233;garer des chr&#233;tiens dans des chemins de perdition ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L500xH328/LdF55-09c73.jpg?1782937007' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-654 '&gt;&lt;strong&gt;D&#233;part et arriv&#233;e des carm&#233;lites de Bruxelles
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'id&#233;ologiques, ses prises de position sont avant tout empreintes d'une charit&#233; active. Et c'est bien en ce sens, qu'en juin 1783, elle accueille &#224; Saint-Denis les treize religieuses du carmel de Bruxelles, chass&#233;es de leur couvent par la politique de Joseph II, fr&#232;re de Marie-Antoinette, qui gouverne seul l'empire autrichien depuis 1780 et qui entend que les Flandres soient &#171; balay&#233;es de tous les fain&#233;ants contemplatifs &#187;. En &#171; catholique &#233;clair&#233; &#187;, il pense que l'Eglise, soumise &#224; l'Etat, doit participer &#224; la construction du bonheur d&#232;s ici-bas. Pour cela, la foi doit &#234;tre &#233;pur&#233;e de toute superstition et le clerg&#233; de ses membres parasites : contrairement aux enseignantes et aux hospitali&#232;res, les contemplatives, &#224; ses yeux, ne contribuent en rien au bien commun. Pour recevoir ses s&#339;urs bannies, Madame Louise ouvre son couvent o&#249; s'entasseront, en 1787, cinquante huit religieuses qui devront fraternellement apprendre &#224; s'accepter mutuellement, malgr&#233; leurs diff&#233;rences d'habitudes et de mode de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle qui avait tant souhait&#233; qu'on oublie son &#233;tat comprend peu &#224; peu que par les relations que lui valent son rang, elle peut se mettre au service de l'&#201;glise. Toujours elle refusera d'intervenir en toute affaire de privil&#232;ge ou de b&#233;n&#233;fice, mais d&#232;s qu'il y va de l'int&#233;r&#234;t de l'Ordre et de la d&#233;fense de la puret&#233; de la foi, elle se d&#233;m&#232;ne sans compter. Tout au long de sa vie, elle entretient une correspondance suivie avec de nombreuses personnalit&#233;s, n'h&#233;sitant pas &#224; jouer de son influence pour venir en aide &#224; une communaut&#233; en difficult&#233;, ou &#224; encourager une vocation. Ainsi fait-elle parrainer par Marie-Antoinette Madame Lidoine qui, reconnaissante, prendra en religion le nom de Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin. Devenue prieure du carmel de Compi&#232;gne, elle montera la derni&#232;re &#224; l'&#233;chafaud apr&#232;s toute sa communaut&#233;, le 17 juillet 1794.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madame Louise elle, ne conna&#238;tra pas le martyre. Brutalement frapp&#233;e par la maladie, elle meurt en 1787, &#226;g&#233;e de cinquante ans. Ses derni&#232;res paroles disent toute son impatience pour enfin rejoindre l'Epoux en son Royaume : &lt;strong&gt;&#171; Allons vite au galop, au Paradis ! &#187; &lt;/strong&gt; En son temps, elle avait d&#233;j&#224; compris le prix des petits sacrifices quotidiens assum&#233;s avec discr&#233;tion et pers&#233;v&#233;rance. Son plus grand titre de gloire se trouve dans la fid&#233;lit&#233; &#224; un &#171; Oui &#187; renouvel&#233; jour apr&#232;s jour. &#171; L'h&#233;ro&#239;cit&#233; &#187; de ses vertus, se fonde dans une constante attitude d'ob&#233;issance face &#224; une r&#233;alit&#233; joyeusement assum&#233;e ; le secret de sa saintet&#233;, dans l'intuition d'une &#171; petite voie bien droite &#187; :&lt;strong&gt; une voie royale !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1162 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L327xH145/LdF56r-e631a.jpg?1782931468' width='327' height='145' alt='Sentence' title='Sentence' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enfance</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Enfance.html</link>
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		<dc:date>2006-04-10T18:54:19Z</dc:date>
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		<dc:subject>PasDansQuoiDeNeuf</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - L'aile des Princes Louise na&#238;t &#224; Versailles le 15 juillet 1737. Elle est d&#233;sign&#233;e comme Madame Septi&#232;me, n&#233;e Huiti&#232;me, puisque l'une de ses s&#339;urs est morte quatre ans auparavant. En dix ans, la reine a mis au monde dix enfants. Un seul des deux gar&#231;ons, le petit Dauphin, a surv&#233;cu. Epuis&#233;e par tant de naissances qui ont assur&#233; fragilement l'avenir de la dynastie, Marie Leszczynska continue de tenir sa cour tout en se m&#233;nageant une vie intime de pri&#232;re et de m&#233;ditation. La petite (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Sa-vie-163-.html" rel="directory"&gt;Sa vie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-PasDansQuoiDeNeuf-+.html" rel="tag"&gt;PasDansQuoiDeNeuf&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - L'aile des Princes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Louise na&#238;t &#224; Versailles&lt;/strong&gt; le 15 juillet 1737. Elle est d&#233;sign&#233;e comme Madame Septi&#232;me, n&#233;e Huiti&#232;me, puisque l'une de ses s&#339;urs est morte quatre ans auparavant. En dix ans, la reine a mis au monde dix enfants. Un seul des deux gar&#231;ons, le petit Dauphin, a surv&#233;cu. Epuis&#233;e par tant de naissances qui ont assur&#233; fragilement l'avenir de la dynastie, &lt;strong&gt;Marie Leszczynska continue de tenir sa cour tout en se m&#233;nageant une vie intime de pri&#232;re et de m&#233;ditation&lt;/strong&gt;. La petite princesse rejoint ses s&#339;urs a&#238;n&#233;es dans l'aile des Princes qui domine le parterre du Midi et l'Orangerie. D&#232;s ses premiers jours, elle est entour&#233;e des soins empress&#233;s de sa nourrice et des douze personnes attach&#233;es &#224; sa Chambre sous les ordres de Madame de Tallard, gouvernante des Enfants de France.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_552 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L425xH283/18r-4b051.jpg?1782937007' width='425' height='283' alt='Vue de l'aile des Princes' title='Vue de l'aile des Princes' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Madame Septi&#232;me &#187; jouit d&#232;s ses premiers jours d'un train de vie princier, soumis &#224; une &#233;tiquette parfois bien contraignante. Elle fut entour&#233;e de soins attentifs et soigneusement r&#233;gl&#233;s &#224; l'avance : une premi&#232;re femme de chambre, qui veillait en permanence sur l'enfant et conduisait tous ses d&#233;placements, assist&#233;e de huit autres femmes de chambre qui prenaient leur service par quartiers, c'est &#224; dire en &#233;quipe de deux par trimestre. La nourrice du corps, nourrice en titre, jouait un r&#244;le capital&#8230; Elle n'&#233;tait bien s&#251;r charg&#233;e que de l'allaitement&#8230; la remueuse habillait et d&#233;shabillait le b&#233;b&#233;, lui donnait son bain, bref veillait &#224; tous les soins mat&#233;riels&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_554 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L383xH510/meubles1737r-21e41.jpg?1782937007' width='383' height='510' alt='Etat des meubles fournis pour la naissance de Madame Louise' title='Etat des meubles fournis pour la naissance de Madame Louise' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &#8230; C'e&#251;t &#233;t&#233; un grave manquement et une injure aux personnes que de m&#233;langer les attributions, dont certaines (celle de femme de chambre) revenaient &#224; des dames de condition, tandis que d'autres (nourrice ou remueuse) allaient &#224; des roturi&#232;res, femmes du peuple g&#233;n&#233;ralement [&#8230;] notre petite derni&#232;re voyait &#233;galement s'affairer autour d'elle un valet et un gar&#231;on de chambre, un portefaix charg&#233; du m&#233;nage, une blanchisseuse, une empeseuse [de collerettes], une baigneuse, une coiffeuse, un gar&#231;on portemanteau, une servante de cuisine, qui servait en fait les femmes de chambre.&#034; (Bernard Hours, &#034;Madame Louise princesse au Carmel&#034;, Cerf, 1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meubles et fournitures sont livr&#233;s quinze jours avant la naissance de la princesse, destin&#233;s &#224; l'enfant &#224; sa gouvernante et &#224; sa nourrice ainsi qu'&#224; la veilleuse, &#224; un gar&#231;on de chambre et &#224; un portefaix. Est aussi livr&#233;e de la vaisselle d'or et de vermeil, grav&#233;e des armes du roi et de la l&#233;gende des Enfants de France. Le document est sign&#233; &#034;en re&#231;u&#034; par la duchesse de Ventadour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ann&#233;e &#224; peine a pass&#233; quand le couple royal se s&#233;pare de ses filles cadettes. Les quatre plus jeunes princesses sont conduites &#224; l'abbaye de Fontevraud. Leur &#233;ducation est confi&#233;e aux religieuses. Les personnes de leur suite qui composent la &#171; Maison de Mesdames &#187; se relaient par roulement aupr&#232;s d'elles. De co&#251;teux travaux d'am&#233;nagement ont &#233;t&#233; entrepris pour recevoir tant de monde. La d&#233;cision d'&#233;loigner les petites princesses de Versailles n'est sans doute pas due &#224; un souci d'&#233;conomie, mais plut&#244;t au d&#233;sir de&lt;strong&gt; les faire grandir dans un climat plus sain et plus serein&lt;/strong&gt; que celui du ch&#226;teau, o&#249; s'entassent les courtisans et o&#249;, paradoxalement, l'espace commence &#224; manquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le voyage fut une v&#233;ritable exp&#233;dition qui &#233;grena lentement, &#224; travers les plaines de la Beauce, un lourd cort&#232;ge de neuf voitures et vingt fourgons, encadr&#233; d'un d&#233;tachement des Gardes du Corps. Il dura treize jours, que Madame Septi&#232;me passa assise sur les genoux de sa premi&#232;re femme de chambre, munie d'un hochet de vermeil. Dans le m&#234;me carrosse se trouvaient ses trois s&#339;urs, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; de La Lande qui avait re&#231;u la responsabilit&#233; du voyage, et deux autres femmes de chambre. Le passage de Mesdames, avec leur suite de cent vingt personnes et deux cents chevaux, provoquait quelque d&#233;rangement : la population devait fournir draps et matelas, les auberges &#233;taient r&#233;quisitionn&#233;es, les milices bourgeoises mises sur pied de guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Le 28 juin, le cort&#232;ge quitta Saumur pour l'&#233;tape finale, Fontevraud, o&#249; les petites princesses, acclam&#233;es par la population, firent leur entr&#233;e au milieu d'une haie d'honneur form&#233;e par la mar&#233;chauss&#233;e de la province. Dans la cour de l'abbaye, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; de La Lande les remit &#224; la garde de l'abbesse, Madame de Rochechouart. En leur honneur, on donna une f&#234;te avec un d&#238;ner de plus de deux cents couverts, pr&#233;sid&#233; par l'abbesse, suivi, le soir par des illuminations et un feu d'artifice. Le lendemain, Madame de La Lande repartait sans d&#233;lai rendre compte au roi de sa mission.&#171; (Bernard Hours, &#187;Madame Louise princesse au Carmel&#034;, Cerf, 1987)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Fontevraud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e 1739, des travaux sont entrepris pour am&#233;nager l'ancien logis Bourbon construit par la tante d'Henri IV, El&#233;onore de Bourbon, tout proche du logis abbatial. On y ajoute une aile suppl&#233;mentaire. Mais les princesses ne pourront emm&#233;nager qu'en 1741.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&#8230;Pendant trois ans on logea les princesses par des moyens de fortune : Mesdames Quatri&#232;me et Cinqui&#232;me dans les appartements de l'abbesse, Mesdames Sixi&#232;me et Septi&#232;me dans un b&#226;timent d&#233;labr&#233;, voisin du logis abbatial. Ce qui devait arriver arriva : d&#232;s les premi&#232;res froidures de l'automne 1738, Mesdames Cinqui&#232;me, Sixi&#232;me et Septi&#232;me tomb&#232;rent malades. On craignit m&#234;me pour la vie de la derni&#232;re, et l'on d&#233;cida de la baptiser sans plus tarder [&#8230;] La c&#233;r&#233;monie eut lieu le 20 d&#233;cembre 1738, dans l'&#233;glise paroissiale Saint-Michel, en pr&#233;sence du cur&#233; et de Madame [l'abbesse] de Rochechouart. [&#8230;] la petite fille re&#231;ut le nom de&lt;strong&gt; Louise-Marie&lt;/strong&gt;. Vu les circonstances, elle fut plac&#233;e sous la protection particuli&#232;re de la Vierge Marie, et, selon la tradition, vou&#233;e au blanc pour un an [&#8230;] Madame Louise une fois revenue &#224; Versailles, n'oublia pas cette paroisse o&#249; elle avait aussi re&#231;u la premi&#232;re communion et la confirmation. Les princesses continu&#232;rent d'y faire leurs P&#226;ques chaque ann&#233;e, m&#234;me apr&#232;s l'ach&#232;vement de leur chapelle priv&#233;e. En 1755, elles envoy&#232;rent au cur&#233; un tableau repr&#233;sentant &#171; Saint Joseph tenant dans ses bras l'enfant J&#233;sus &#187;.&#034; (Bernard Hours,&#034;Madame Louise, princesse au Carmel&#034;, Cerf, 1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation que la petite princesse re&#231;oit des religieuses &#224; qui elle est confi&#233;e tend &#224; la pr&#233;parer au rang qu'elle aura &#224; tenir dans le monde, mais aussi &#224; dompter son orgueil et sa vivacit&#233; parfois mordante. A une suivante qui, un jour, tarde &#224; la satisfaire, elle rappelle avec d&#233;dain &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je suis la fille de votre roi !&lt;/em&gt;&#8230; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Et moi, Madame, je suis la fille de votre Dieu !&lt;/em&gt; s'entend-elle r&#233;pondre. Elle acquiert ainsi une lucidit&#233; qui lui permet de se remettre en question et de se corriger. Sans doute se souviendra-t-elle des talents p&#233;dagogiques de ses &#233;ducatrices quand elle aura elle-m&#234;me la charge du noviciat &#224; Saint-Denis.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L296xH489/LdF13-11f87.jpg?1782937007' width='296' height='489' alt='Clo&#238;tre de Fontevraud' title='Clo&#238;tre de Fontevraud' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Tout ce qui ne vient pas de Dieu ne saurait &#234;tre bon et les scrupules ne sont pas de lui. Faisons-nous non une conscience large, mais une conscience paisible.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;(M&#232;re Th&#233;r&#232;se de Saint-Augustin, conseils &#224; ses novices)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute petite, Madame Louise apprend &#224; aimer Dieu, ressentant d&#233;j&#224;, de fa&#231;on enfantine le &lt;strong&gt;d&#233;sir de se donner toute &#224; lui&lt;/strong&gt;. Sa g&#233;n&#233;rosit&#233; allant avec l'imp&#233;tuosit&#233; de son temp&#233;rament est accompagn&#233;e cependant du scrupule d'&#234;tre indigne de tant d'amour. Cela au point qu'elle appr&#233;hende presque le moment de sa premi&#232;re communion : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Il n'est pas encore temps d'y penser.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;r&#233;monie a lieu le 21 novembre 1748, jour de la f&#234;te de la Pr&#233;sentation de la Vierge. Elle a alors douze ans et en gardera toujours un souvenir &#233;mu : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;A peine mes premi&#232;res ann&#233;es s'&#233;taient-elles &#233;coul&#233;es, &#224; peine les enseignements de votre sainte religion avaient-ils p&#233;n&#233;tr&#233; mon &#226;me, que vous y f&#238;tes na&#238;tre une pi&#233;t&#233; affectueuse pour le sacrement de vos autels. Je ne soupirai plus qu'apr&#232;s le moment de vous y recevoir, de vous y poss&#233;der : une foi vive, un ardent amour, avec de nouveaux dons de votre gr&#226;ce, accrurent encore mes d&#233;sirs. Vous les entend&#238;tes pour les exaucer, Dieu de bont&#233; ! Vous les avez couronn&#233;s en me donnant votre corps pour nourriture. &#212; faveur qui jusqu'au dernier instant de ma vie sera pr&#233;sente &#224; ma reconnaissance !&lt;/em&gt; (&#171; M&#233;ditations Eucharistiques, F&#234;te de la pr&#233;sentation de la Sainte Vierge &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais le couple royal ne fera le voyage pour rendre visite &#224; ses filles. En septembre 1747 cependant, Jean-Marc Nattier est d&#233;p&#234;ch&#233; aupr&#232;s d'elles pour faire leurs portraits. En d&#233;couvrant le visage de Louise la reine commente : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#8230;je n'ai jamais rien vu de si agr&#233;able que la petite. Elle a la physionomie attendrissante et fort &#233;loign&#233;e de la tristesse [&#8230;] elle est touchante, douce spirituelle&lt;/em&gt; (Lettre &#224; la duchesse de Luynes, cit&#233;e par le duc de Luynes, &#034;M&#233;moires&#034;, t. VIII, p. 309). Le peintre a su faire ressortir le charme et la fra&#238;cheur de la petite princesse. Il a aussi habilement &#171; gomm&#233; &#187; la d&#233;formation de son dos, due &#224; une scoliose ou &#224; une mauvaise chute que Louise aurait faite en voulant descendre seule de son lit alors qu'elle &#233;tait encore &#224; Fontevraud. Il y a loin du charme de la petite fille &#224; l'apparence, peu avenante il faut bien le dire, de la femme qui plus tard se d&#233;peindra ainsi, avec un humour teint&#233; de cruaut&#233; : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Votre servante est fort petite, grosse t&#234;te, grand front, sourcils noirs, yeux bleu-gris-brun, nez long et crochu, menton fourchu, grasse comme une boule et bossue.&lt;/em&gt; (Lettre &#224; la Prieure du carmel de Bruxelles, 6 mars 1783)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#194;g&#233;e de quinze ans, Victoire retourne &#224; Versailles en 1748. Louise et Sophie devront patienter deux ann&#233;es encore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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