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		<title>Carmel en France</title>
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		<title>Au fil de l'ann&#233;e liturgique</title>
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		<description>
&lt;p&gt;R&#233;flexions g&#233;n&#233;rales Il d&#233;pendait, Seigneur, de votre volont&#233; souveraine de me laisser pour jamais ensevelie dans les ab&#238;mes du n&#233;ant, plut&#244;t que de m'&#233;lever &#224; l'existence, comme vous l'avez fait. Apr&#232;s le bienfait de la vie, vous &#233;tiez libre de m'abandonner, comme tant d'autres, aux t&#233;n&#232;bres d'une de ces conditions obscures et nulles, selon les pr&#233;jug&#233;s du monde. Eh ! que serait-ce encore de la gr&#226;ce d'&#234;tre n&#233;e, que serait-ce des avantages divers dont il vous a plu de gratifier tous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Textes-de-Mere-Therese-de-St-Augustin-.html" rel="directory"&gt;Textes de M&#232;re Th&#233;r&#232;se de St Augustin&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L122xH150/arton2116-1f0ca.jpg?1782937007' class='spip_logo spip_logo_right' width='122' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;flexions g&#233;n&#233;rales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;pendait, Seigneur, de votre volont&#233; souveraine de me laisser pour jamais ensevelie dans les ab&#238;mes du n&#233;ant, plut&#244;t que de m'&#233;lever &#224; l'existence, comme vous l'avez fait. Apr&#232;s le bienfait de la vie, vous &#233;tiez libre de m'abandonner, comme tant d'autres, aux t&#233;n&#232;bres d'une de ces conditions obscures et nulles, selon les pr&#233;jug&#233;s du monde. Eh ! que serait-ce encore de la gr&#226;ce d'&#234;tre n&#233;e, que serait-ce des avantages divers dont il vous a plu de gratifier tous les temps de ma vie, que serait-ce du privil&#232;ge d'une naissance qui semble me transporter dans une sph&#232;re &#233;trang&#232;re &#224; la plupart des hommes, si vous n'eussiez plac&#233; mon berceau dans un Royaume qui s'honore plus encore du titre de Royaume tr&#232;s-chr&#233;tien, que du nom antique et c&#233;l&#232;bre qui le distingue des autres Empires du monde, o&#249; votre nom est ador&#233;, o&#249; votre culte est b&#233;ni, o&#249; votre religion sainte compte dans tous les ordres de citoyens, des sanctuaires vivants, et des temples aussi augustes que ceux que vous &#233;l&#232;ve la main des hommes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, Seigneur, en me rappelant vos bienfaits, quels souvenirs affligeants viennent en m&#234;me temps se retracer &#224; mon esprit ! &lt;strong&gt;Vous ne m'avez plac&#233;e dans ce monde que pour &#234;tre chr&#233;tienne&lt;/strong&gt; ; et j'ai &#224; peine commenc&#233; &#224; l'&#234;tre. A cette vocation g&#233;n&#233;rale qui m'est commune avec tout ce qui reconna&#238;t ici la religion de Charlemagne et de saint Louis, vous en avez ajout&#233; une particuli&#232;re pour moi, celle du haut rang o&#249; vous m'avez fait na&#238;tre : et le dernier peut-&#234;tre des citoyens qui forment ce vaste Empire, est plus grand &#224; vos yeux que moi. Au milieu des exemples pieux qui m'environnent, au milieu des pi&#232;ges et des dangers dont je suis investie de toutes parts, quels motifs d'&#233;mulation auxquels je me suis trop souvent d&#233;rob&#233;e ! Que d'obstacles &#224; la fois arr&#234;tent encore les saints d&#233;sirs que vous m'inspirez sans cesse ! Si quelquefois des affections c&#233;lestes m'&#233;lancent vers vous, comme &#224; l'instant les inqui&#233;tudes d'un rang qui ne fait pas le bonheur me font retomber au-dessous des r&#233;solutions que je prends, et des promesses que je vous fais. D'o&#249; me viennent, &#212; mon Dieu ! ces agitations p&#233;nibles et redoutables pour ma faiblesse : car je le sens trop, je n'ai pas encore m&#233;rit&#233; de souffrir. Eh, que je suis loin d'apprendre &#224; la m&#233;riter ! Ce ne sont pas des &#233;preuves qu'il faut &#224; mon &#226;me : et quoique vous soyez le Dieu de force et de vertu, quoique vos serviteurs ne soient jamais plus puissants, que quand ils sont dans le creuset de la tribulation, ah ! j'ai besoin de ne go&#251;ter de votre joug que ses douceurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous m'avez fait, Seigneur, une &#226;me sensible&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, et dont l'activit&#233; ne peut se reposer que dans votre sein.&lt;/strong&gt; Tout ce qui est autour de moi semble m'inviter &#224; m'arr&#234;ter sur cette terre, en apparence, riante et heureuse : tout ce qui est dans moi me crie qu'elle n'est en effet qu'une terre d'exil et de p&#232;lerinage, et qu'il est ailleurs une patrie qui seule peut &#234;tre l'asile de la paix, l'image de la f&#233;licit&#233;. &lt;strong&gt;Seigneur, mon &#226;me vous interroge et vous &#233;coute. &lt;/strong&gt; Venez fixer ses irr&#233;solutions, dissiper ses tristesses et ses langueurs ; venez y assurer &#224; jamais votre empire. D&#232;s mes plus tendres ann&#233;es, mon c&#339;ur d&#233;j&#224; pr&#233;venu par votre gr&#226;ce, d&#233;j&#224; d&#233;tromp&#233; sur l'&#233;clat trop souvent perfide de ces honneurs, de ces distinctions qui font les grands de la terre, cherchait dans vos tabernacles le calme et la f&#233;licit&#233; qu'il ne trouvait pas encore la terre. D&#233;tachez-le de plus en plus de tous les liens qui pourraient l'y retenir. Dieu, qui commandez aux orages et aux temp&#234;tes, apaisez les troubles int&#233;rieurs qui pourraient emp&#234;cher votre voix de se faire entendre toute seule au-dedans de moi ; calmez, s'il le faut, jusqu'&#224; mes esp&#233;rances ; an&#233;antissez en moi jusqu'aux regrets ; remplissez mon &#226;me de cette s&#233;r&#233;nit&#233; pure qui fait le v&#339;u de toutes ses puissances, et qui surpasse tout sentiment. Dieu d'amour et de paix, paraissez pour toujours au milieu de moi ; &lt;strong&gt;r&#233;gnez sur tout mon c&#339;ur, et rendez-le digne de vous poss&#233;der dans le myst&#232;re de votre amour.&lt;/strong&gt; Que chacune des solennit&#233;s &#233;tablies par l'&#201;glise pour &#234;tre des &#233;poques plus particuli&#232;res de sanctification, soit pour moi une occasion de ferveur et de pieuses r&#233;solutions : que chacun des intervalles qui les s&#233;parent, soit un cercle perp&#233;tuel de pr&#233;paration et d'actions de gr&#226;ces, pour la participation aux saints myst&#232;res :&lt;strong&gt; que chaque ann&#233;e soit une suite toujours renouvel&#233;e d'exercices et de M&#233;ditations&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, inspir&#233;es et dirig&#233;es par vous-m&#234;me, pour la gloire de votre nom, et pour ma sanctification.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute ma vie j'aurai donc le bonheur de m'entretenir avec vous, &#244; mon Dieu ! De converser avec votre gr&#226;ce qui parlera &#224; mon c&#339;ur : bonheur ineffable, dont j'anticipe les jouissances par les v&#339;ux les plus ardents ! &lt;strong&gt;Esprit saint ! Apprenez &#224; mon c&#339;ur la science du salut, la science qui fait les Saints, et que vous seul pouvez faire descendre sur la terre &lt;/strong&gt; ; ramenez &#224; vous le d&#233;sordre de mes id&#233;es, mais surtout renversez l'idole de la vanit&#233; ; consumez toute flamme qui n'est pas celle de la charit&#233; ; disposez-moi &#224; la c&#233;l&#233;bration des myst&#232;res et de l'av&#232;nement de notre R&#233;dempteur, en m'inspirant vous-m&#234;me les obligations que je dois me prescrire, et surtout, en me donnant la gr&#226;ce de les accomplir. Ah ! si mon c&#339;ur venait &#224; oublier ces saintes r&#233;solutions, ce papier tout muet qu'il est, s'&#233;l&#232;vera contre moi, il m'accusera hautement de mes pr&#233;varications, et si je puis devenir un jour infid&#232;le, au moins ne serai-je point parjure au serment que je fais de ne l'&#234;tre qu'un moment.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4598 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/IMG/pdf/au_fil_de_l_annee_liturgique_-_printemps.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 572.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1782924709' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4598 '&gt;&lt;strong&gt;Printemps
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4599 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;5&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/IMG/pdf/au_fil_de_l_annee_liturgique_-_ete.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 336.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1782924709' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4599 '&gt;&lt;strong&gt;&#201;t&#233;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4601 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/IMG/pdf/au_fil_de_l_annee_liturgique_-_automne.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 252.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1782924709' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4601 '&gt;&lt;strong&gt;Automne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4600 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;8&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/IMG/pdf/au_fil_de_l_annee_liturgique_-_hivers.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 301 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1782924709' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4600 '&gt;&lt;strong&gt;Hivers
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Neuvaine &#224; sainte Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Neuvaine-a-sainte-Therese-de-Jesus-318.html</link>
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		<dc:date>2006-04-10T18:53:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;Neuvaine &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus Premier jour Me voici encore &#224; vos pieds, &#244; ma M&#232;re ; et toujours pour obtenir la gr&#226;ce que je sollicite depuis tant d'ann&#233;es ; mes esp&#233;rances sont augment&#233;es, mais, h&#233;las ! ce ne sont que des esp&#233;rances, je suis toujours dans le monde, toujours loin de vos saints asiles, et je ne vois pas m&#234;me de route certaine pour y arriver. Je persiste, &#244; mon Dieu, &#224; me soumettre sans r&#233;serve &#224; votre sainte volont&#233; ; je ne demandais que de la conna&#238;tre. E&#251;t-elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Textes-de-Mere-Therese-de-St-Augustin-.html" rel="directory"&gt;Textes de M&#232;re Th&#233;r&#232;se de St Augustin&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Neuvaine &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus&lt;/h2&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier jour&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L168xH189/LdF39B-5dacb.jpg?1782933178' width='168' height='189' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-675 '&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;r&#232;se d'Avila
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Me voici encore &#224; vos pieds, &#244; ma M&#232;re ; et toujours pour obtenir la gr&#226;ce que je sollicite depuis tant d'ann&#233;es ; mes esp&#233;rances sont augment&#233;es, mais, h&#233;las ! ce ne sont que des esp&#233;rances, je suis toujours dans le monde, toujours loin de vos saints asiles, et je ne vois pas m&#234;me de route certaine pour y arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je persiste, &#244; mon Dieu, &#224; me soumettre sans r&#233;serve &#224; votre sainte volont&#233; ; je ne demandais que de la conna&#238;tre. E&#251;t-elle &#233;t&#233; oppos&#233;e &#224; mes v&#339;ux, sur le champ je m'y serais soumise, j'aurais renonc&#233; &#224; mes plus chers desseins, et je me serais fix&#233;e dans l'&#233;tat o&#249; votre adorable Providence m'aurait retenue. Mais soyez-en lou&#233; &#224; jamais, &#244; mon Dieu, votre mis&#233;ricorde n'a point rejet&#233; mes v&#339;ux ; votre oracle a parl&#233; ; vous avez agr&#233;&#233; mon sacrifice ; et il ne me reste qu'&#224; attendre le moment que vous avez marqu&#233;. Je l'attends &#244; mon Dieu, et c'est avec autant de soumission que d'empressement : mais vous nous permettez de vous prier, et vous ne prenez point mes sollicitations pour des r&#233;voltes. H&#226;tez donc, &#244; mon Dieu, h&#226;tez, pr&#233;cipitez cet heureux moment.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#212; ma bonne M&#232;re, joignez vos instances &#224; celles d'un enfant que vous ne pouvez plus d&#233;savouer : jetez les yeux sur moi, voyez l'esclavage o&#249; je suis, l'agitation o&#249; je vis ; mes pri&#232;res g&#234;n&#233;es, mes m&#233;ditations coup&#233;es, mes d&#233;votions contrari&#233;es ; voyez les affaires temporelles dont je suis assaillie ; voyez le monde, qui s&#232;me sous mes pas ses pompes, ses jeux, ses spectacles, ses conversations, ses d&#233;lices, ses vanit&#233;s, ses m&#233;chancet&#233;s, ses tentations, sans que je puisse ni fuir ni me d&#233;tourner ; voyez les dangers que je cours, les &#233;pines sur lesquelles je marche, mes fautes, le peu de bien que je fais ; voyez mes d&#233;solations, mes tristesses, mes ennuis ; ayez piti&#233; de moi ; obtenez-moi, enfin la sainte libert&#233; des enfants de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troisi&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ne suis-je pas assez &#233;prouv&#233;e, ne connaissez-vous pas &#224; fond le v&#339;u de mon c&#339;ur ; apr&#232;s tant d'ann&#233;es de constance ? Doutez-vous de ma r&#233;solution, m'avez-vous vue varier un seul instant, ne m'avez-vous pas toujours aper&#231;ue toute tourn&#233;e vers la voix qui m'appelle, tendant &#224; elle de toutes mes pens&#233;es, de tous mes d&#233;sirs et de toutes mes forces ; soupirant sans cesse apr&#232;s le bonheur de la suivre ; fondant en larmes de me voir ainsi renvoy&#233;e d'ann&#233;e en ann&#233;e ; conjurant Dieu de toute la ferveur, et dans toute la sinc&#233;rit&#233; de mon &#226;me, de briser, enfin, mes liens ; vous pressant, vous sollicitant de m'aider &#224; les rompre, employant pour vous y engager, l'intercession de vos plus ch&#232;res filles ? N'ai-je pas connu assez le monde pour le d&#233;tester &#224; jamais, pour ne jamais le regretter ? J'ai consid&#233;r&#233; tant de fois, une &#224; une, toutes les douceurs de cet &#233;tat, auquel je veux renoncer ! Vous m'&#234;tes t&#233;moin, &#244; mon J&#233;sus, qu'il n'en est point que j'aie balanc&#233; &#224; vous sacrifier. Vaines douceurs, douceurs pleines d'amertume, fussent-elles mille fois plus pures, je pr&#233;f&#232;re le Calice de mon Sauveur. Ne me dites point, ma Sainte M&#232;re, que je ne connais pas encore assez votre r&#232;gle. Ah ! ne m'avez-vous pas vu la lire sans cesse, la m&#233;diter, la porter toujours sur moi, en faire mes d&#233;lices ? Je ne me suis rien d&#233;guis&#233;, abaissements, pauvret&#233;, aust&#233;rit&#233;s de toutes esp&#232;ces, privations de toutes sortes, solitude, d&#233;laissements, contradictions, humiliations, m&#233;pris, mauvais traitements, j'ai mis tout au pis ; rien ne m'a effray&#233;e, j'ai compar&#233; l'&#233;tat de Princesse et l'&#233;tat de Carm&#233;lite, et toujours j'ai prononc&#233; que celui de Carm&#233;lite valait mieux que celui de Princesse ; et jamais ce jugement ne s'effacera de mon c&#339;ur ; j'ai vu, &#244; mon J&#233;sus, j'ai soupes&#233; la croix, dont je, vous prie de me charger. Ah ! que n'est-elle aussi pesante que la v&#244;tre !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatri&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#212; ma bonne M&#232;re, que faut-il donc de plus ? Mes jours se dissipent, mes ann&#233;es s'&#233;coulent ; h&#233;las ! que me restera-t-il &#224; donner &#224; Dieu ? Vos filles elles-m&#234;mes ne me trouveront-elles pas trop &#226;g&#233;e ? Ouvrez-moi donc enfin, &#244; ma M&#232;re, ouvrez-moi la porte de votre maison, tracez-moi la route, frayez-moi le chemin, aplanissez-moi tout obstacle ; d&#232;s le premier pas, j'ai besoin de tous vos secours pour me d&#233;clarer &#224; celui dont le consentement m'est n&#233;cessaire ; faites-moi na&#238;tre une occasion favorable, pr&#233;parez-moi son c&#339;ur, disposez-le &#224; m'&#233;couter, d&#233;fendez-moi de sa tendresse, d&#233;fendez-moi de la mienne, donnez-moi avec le courage de lui parler, des paroles persuasives qui vainquent toutes ses r&#233;pugnances ; mettez-moi sur les l&#232;vres ce que je dois lui dire, ce que je dois lui r&#233;pondre ; parlez-lui vous-m&#234;me pour moi, et r&#233;pondez-moi pour lui. Vous obt&#238;ntes autrefois tant de gr&#226;ces pour rompre les liens qui vous retenaient dans le monde ; vous en obtenez tant de pareilles pour vos filles ; interc&#233;dez donc aussi pour moi, &#244; ma M&#232;re, et dites &#224; mon c&#339;ur, avant que je sorte d'ici, que je puis parler quand je voudrai et que le c&#339;ur du Roi est inclin&#233; &#224; mes v&#339;ux ; mais, ma sainte M&#232;re, comment apprendra-t-il ma r&#233;solution ? Y consentira-t-il ? La verra-t-il s'ex&#233;cuter sans &#234;tre touch&#233; de Dieu, et sans retourner enti&#232;rement vers lui. Moi Carm&#233;lite et le Roi tout &#224; Dieu. Quel bonheur ! Dieu le peut, Dieu le fera, &#244; ma sainte M&#232;re, si vous le lui demandez. H&#233;las ! il le ferait m&#234;me pour moi, si j'avais autant de foi que de d&#233;sir ; ah ! je crois, &#244; mon Dieu, je crois, &#244; ma bonne M&#232;re, pr&#233;sentez ma foi aux pieds de votre divin &#201;poux ; qu'elle croisse, qu'elle s'augmente entre vos mains, et qu'elle &#233;gale la v&#244;tre ; et comme elle a m&#233;rit&#233; des miracles, apr&#232;s cela qu'aurais-je &#224; d&#233;sirer ? Mourir, et mourir Carm&#233;lite ; et laisser ici-bas toute ma famille dans le chemin du Ciel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cinqui&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais s'il faut encore par quelque d&#233;lai acheter de si grandes gr&#226;ces ; ah ! du moins, ma sainte M&#232;re, augmentez-en le pressentiment dans mon c&#339;ur ; faites-y luire le plein jour de la volont&#233; de Dieu ; daignez sans cesse m'y certifier ma vocation, mais surtout ne me laissez pas perdre cet intervalle, quel qu'encore qu'il puisse &#234;tre, aidez-moi &#224; me d&#233;faire d&#232;s aujourd'hui de tous les attachements contraires &#224; ma vocation. H&#233;las ! &#224; quoi ne s'attache pas notre c&#339;ur, et presque toujours sans que nous nous doutions de l'attachement. Parents, amis, honneurs, richesses, appartements, meubles, habits, bijoux, bonne ch&#232;re, commodit&#233;s, habitudes, consolations humaines : que sais-je ? Voyez, faites moi voir, arrachez-y tout ce que je ne dois pas porter chez vous. Ah ! n'&#233;pargnez rien au-dedans de moi ; mais au dehors, ma bonne M&#232;re, retenez par vos instances les plus vives, ce bras terrible qui a d&#233;chir&#233; mon &#226;me par tant de funestes coups. &#212; mon Dieu, conservez la Reine ; donnez-lui la consolation de me voir au nombre de ses ch&#232;res Carm&#233;lites ; conservez toute ma famille, conservez tous ceux que j'aime, ne m'en d&#233;tachez que par votre gr&#226;ce. Non, je ne serai pas rebelle, et je foulerai aux pieds toutes mes inclinations pour suivre votre voix. Mais, &#244; ma sainte M&#232;re, pendant que je travaille &#224; d&#233;raciner toutes mes anciennes attaches, ne permettez pas que j'en contracte de nouvelles ; prot&#233;gez-moi contre toutes les occasions, contre tous les pi&#232;ges qu'on me tend.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sixi&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A mesure que mon c&#339;ur se videra de toutes les pens&#233;es de la terre, il se remplira de celles de ma vocation, de celles du Ciel. &#212; ma M&#232;re, dilatez, &#233;tendez dans mon &#226;me toutes les vertus religieuses ; que d&#232;s &#224; pr&#233;sent j'en pratique tout ce qu'il m'est possible de pratiquer dans le monde ; donnez-moi des occasions fr&#233;quentes d'ob&#233;ir, de me mortifier, de m'humilier, de me confondre avec mes inf&#233;rieurs, de descendre au-dessous d'eux, de fouler aux pieds le monde et ses vanit&#233;s, de glorifier Dieu sans respect humain, d'embrasser, sans honte, la croix de J&#233;sus, de confesser hautement sa Religion et son Eglise, de renoncer &#224; moi-m&#234;me et &#224; toutes mes affections, de go&#251;ter les contradictions, les d&#233;laissements, le d&#233;faut de consolations humaines ; de sentir le froid, le chaud, la faim, la lassitude, de me d&#233;pouiller de ma propre volont&#233;, de me r&#233;signer &#224; celle de Dieu ; de m'&#233;lever &#224; lui ; de le prier, de converser avec lui, de l'aller visiter au pieds de ses autels ; de participer &#224; sa Sainte-Table, d'entendre sa Parole, d'assister &#224; ses saints offices. Multipliez toutes les occasions pareilles, et que je n'en perde pas une ; que partout, et dans les lieux les plus consacr&#233;s au monde, je porte un c&#339;ur crucifi&#233;, un c&#339;ur de Carm&#233;lite ; que toutes mes pens&#233;es soient dignes de vous.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Septi&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Soyez sans cesse &#224; mes c&#244;t&#233;s, &#244; ma sainte M&#232;re, pour me dire, sans rel&#226;che, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;songez &#224; votre vocation, il vous reste peu de temps, songez &#224; former une Carm&#233;lite ; une Carm&#233;lite ne penserait pas, ne dirait pas, ne ferait pas cela&lt;/em&gt;. Ah ! qu'avec cette assistance, j'esp&#233;rerais former en moi d&#232;s &#224; pr&#233;sent, et au milieu m&#234;me du monde, une parfaite Carm&#233;lite, &#224; qui il ne manquerait que le clo&#238;tre et l'habit. Daignez donc, ma sainte M&#232;re, si vous voulez encore me laisser dans le monde, daignez ne me pas perdre un moment de vue ; veillez sur moi comme sur une de vos filles, soyez mon soutien, soyez ma s&#251;re garde, soyez mon conseil assidu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Huiti&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je vous recommande non seulement mon c&#339;ur pour y former toutes les vertus et toutes la perfection de votre r&#232;gle, mais encore mon corps pour le mettre en &#233;tat d'en soutenir les aust&#233;rit&#233;s ; je ne demande pas une sant&#233; parfaite, je veux &#244; ma sainte M&#232;re, vous ressembler en tout point, je veux ressembler &#224; J&#233;sus-Christ, mon divin mod&#232;le, et porter sa croix en mon c&#339;ur et en mon corps jusqu'au dernier soupir. &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Ou souffrir ou mourir&lt;/em&gt;, sera ma devise, comme ce fut la v&#244;tre ; mais qu'au milieu des douleurs et des infirmit&#233;s, mon temp&#233;rament se fortifie, afin que sa faiblesse ne soit pas un obstacle &#224; ma vocation, quand par la mis&#233;ricorde de Dieu, tous les autres obstacles seront lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Neuvi&#232;me jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais tandis que je m'occupe de mon c&#339;ur, que je m'en propose les vertus, et que je m'y exerce, ne me laissez pas non plus, &#244; ma sainte M&#232;re, n&#233;gliger l'&#233;tat o&#249; la Providence me retient encore, quelque court que doive &#234;tre le temps qu'elle m'y retiendra. Sugg&#233;rez-moi aussi tous les devoirs, obtenez-moi de les remplir ponctuellement avec autant d'exactitude, d'&#233;mulation, et de perfection, que si je devais &#234;tre toute ma vie ce que je suis &#224; pr&#233;sent ; multipliez aussi, sous mes mains, les occasions de faire le bien propre de cet &#233;tat, le bien que je ne pourrai plus faire dans le clo&#238;tre. H&#233;las ! qu'ai-je fait jusqu'ici pour r&#233;pondre &#224; la Providence, et la justifier de m'avoir plac&#233;e, et de m'avoir tenue plus de trente ans dans ce rang d'&#233;l&#233;vation ? &#212; mon Dieu ! Remplissez le peu de jours qui me restent de cette grandeur, et que de leur pl&#233;nitude soient combl&#233;s tous les vides de ma vie pass&#233;e. Donnez-moi dans ce court espace de temps de servir la Religion, l'&#201;glise et l'&#201;tat ; de tirer de la mis&#232;re tous les malheureux, de soutenir, de ranimer, d'encourager la pi&#233;t&#233;, de prot&#233;ger l'innocence opprim&#233;e, d'imposer un silence &#233;ternel &#224; la calomnie et &#224; la m&#233;disance, de vous gagner toute ma maison, d'&#233;difier toute la Cour ; et avant de m'enfermer pour travailler uniquement &#224; mon salut, d'avoir procur&#233; celui de tous ceux &#224; qui l'&#233;l&#233;vation dont je descends m'aura donn&#233;e en spectacle. Ainsi soit-il.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Testaments spirituels</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Testaments-spirituels,502.html</link>
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		<dc:date>2006-04-10T18:53:02Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Testaments spirituels I Ma fille, c'est l'amour qui &#233;largit le chemin de la p&#233;nitence et qui nous le fait para&#238;tre uni et spacieux ; et, par un effet tout contraire, la gr&#226;ce qui poursuit le p&#233;cheur remplit de g&#234;nes, d'&#233;pines, de montuosit&#233;s, le chemin o&#249; il marche. Telle est cette mis&#233;ricorde adorable, soit qu'elle coure apr&#232;s nous pour nous regagner, soit qu'elle se montre &#224; c&#244;t&#233; de nous pour nous soutenir. Ah ! ne nous lassons jamais de la b&#233;nir, de la louer, de l'invoquer, d'avoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Textes-de-Mere-Therese-de-St-Augustin-.html" rel="directory"&gt;Textes de M&#232;re Th&#233;r&#232;se de St Augustin&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_598 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L500xH316/LdF32-b2c98.jpg?1782937007' width='500' height='316' alt='Cellule de Madame Louise' title='Cellule de Madame Louise' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Testaments spirituels&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;I&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, c'est l'amour qui &#233;largit le chemin de la p&#233;nitence et qui nous le fait para&#238;tre uni et spacieux ; et, par un effet tout contraire, la gr&#226;ce qui poursuit le p&#233;cheur remplit de g&#234;nes, d'&#233;pines, de montuosit&#233;s, le chemin o&#249; il marche. Telle est cette mis&#233;ricorde adorable, soit qu'elle coure apr&#232;s nous pour nous regagner, soit qu'elle se montre &#224; c&#244;t&#233; de nous pour nous soutenir. Ah ! ne nous lassons jamais de la b&#233;nir, de la louer, de l'invoquer, d'avoir les yeux sur elle, de nous y confier, de nous y appuyer, de pr&#234;ter l'oreille &#224; sa voix, de suivre son attrait sans balancer, avec courage, amour, ferveur et d&#233;votion.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;AVIS&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Faisons toutes nos actions pour Dieu seul et de notre mieux, avec une grande confiance et un grand amour. Qui m&#233;ritera jamais mieux d'&#234;tre aim&#233; ?&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;II&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, les mis&#233;ricordes de Dieu toutes nombreuses, toutes infinies qu'elles aient &#233;t&#233; pour nous jusqu'ici, ne sont pas &#233;puis&#233;es ; il nous reste encore &#224; les &#233;prouver avec la m&#234;me abondance, si nous le voulons. Oui, si nous le voulons, quelque grands, quelque multipli&#233;s qu'aient &#233;t&#233; nos &#233;garements, il suffit que nous revenions &#224; Dieu sinc&#232;rement, de tout notre c&#339;ur, pour qu'aussit&#244;t il pardonne tout, il oublie tout, il se livre &#224; nous comme si jamais nous n'avions &#233;t&#233; ses ennemis. &#212; bont&#233; ! &#244; mis&#233;ricorde ! Quand on l'a m&#233;dit&#233;, peut-on aimer autre chose que lui ? Peut-on ne pas mourir de regret de l'avoir offens&#233; ? Peut-on en m&#234;me temps ne pas mourir de joie de se sentir bien avec lui ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toutes mes s&#339;urs ont plus sacrifi&#233; &#224; Dieu que moi, car elles lui ont fait le sacrifice de leur libert&#233;, au lieu que j'&#233;tais esclave &#224; la Cour, et mes cha&#238;nes, pour &#234;tre plus brillantes, n'en &#233;taient pas moins des cha&#238;nes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;III&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille regardons la Sainte Vierge se reconna&#238;tre pauvre, et attribuer &#224; l'aveu que son c&#339;ur en faisait sans cesse, toutes les gr&#226;ces dont elle est combl&#233;e. Qui pourrait ne pas s'an&#233;antir en consid&#233;rant l'humilit&#233; d'une cr&#233;ature si parfaite ? Mais aussi, qui pourrait n'&#234;tre pas rempli de confiance au milieu m&#234;me de son an&#233;antissement, en consid&#233;rant dans un si bel exemple, la r&#233;compense de l'humilit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je redoute tout ce qui tient &#224; mon ancien rang, et je fuis m&#234;me les bonnes choses qui pourraient m'en faire souvenir et en faire souvenir les autres.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;IV&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, lorsque, pour d&#233;sarmer le Seigneur, nous nous armons contre nous-m&#234;mes, il faut que la vue de nos p&#233;ch&#233;s nous an&#233;antisse en pr&#233;sence de ce Dieu si grand, si terrible, que nous avons eu le malheur d'offenser ; il faut qu'elle brise notre c&#339;ur de crainte et de regret ; il faut qu'elle nous p&#233;n&#232;tre d'une sainte haine contre nous-m&#234;mes. Cependant, il ne faut pas que la vue des mis&#233;ricordes de Dieu nous abandonne, que le souvenir du sang pr&#233;cieux qui a coul&#233; pour effacer ces p&#233;ch&#233;s que nous d&#233;testons nous &#233;chappe. C'est du fond de l'accablement o&#249; David &#233;tait plong&#233; par la vive image de ses p&#233;ch&#233;s, c'est en se repliant sur la contrition m&#234;me dont son c&#339;ur &#233;tait d&#233;chir&#233;, et sur la profonde humiliation o&#249; il &#233;tait, qu'il s'&#233;crie avec la plus ferme et la plus douce confiance : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Mon Dieu, vous ne rejetterez pas un c&#339;ur contrit et humili&#233; !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout mon but, dans ce que j'ai fait pour l'Ordre, a &#233;t&#233; de sauver des &#226;mes, pour lesquelles je donnerais jusqu'&#224; la derni&#232;re goutte de mon sang, &#224; l'imitation de notre divin Epoux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;V&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, Dieu demande de nous la plus grande fid&#233;lit&#233; plut&#244;t que les aust&#233;rit&#233;s, et en cela il ne nous traite pas plus doucement que ceux &#224; qui il demande des choses extraordinaires. Non, les haires, les cilices, les ceintures de fer, les bracelets, les disciplines n'ont rien de plus difficile, rien m&#234;me de si difficile que l'exactitude, la ponctualit&#233; constante et soutenue dans cette suite continuelle d'exercices qui ne finissent point, qui renaissent toujours, et qui ne laissent pas un moment pour reprendre haleine. Il n'est pas douteux que c'est &#224; cette fid&#233;lit&#233; que Dieu a attach&#233; les consolations que nous d&#233;sirons tant ; elles en sont, dans l'ordre de la gr&#226;ce, comme l'effet naturel. Dieu est fid&#232;le &#224; ceux qui le sont.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;AVIS&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand vous vivriez cent ans, souvenez-vous, jusqu'au dernier jour de votre vie, que votre ma&#238;tresse vous recommandait la fid&#233;lit&#233; aux petites choses.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;VI&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, armons-nous de courage et de constance, suivons J&#233;sus-Christ que nous avons toujours sur les l&#232;vres, toujours dans le c&#339;ur ; suivons-le pas &#224; pas ; ne le laissons jamais lorsqu'il nous appelle &#224; l'oraison, &#224; l'office, &#224; quelque devoir de charit&#233; ; ne tergiversons jamais avec lui, ne lui disputons rien, ne le contristons pas. Faisons sa volont&#233; franchement, enti&#232;rement ; sacrifions-lui toute la n&#244;tre sans r&#233;serve ; n'ayons qu'un c&#339;ur avec lui, et ne craignons pas de tomber dans son esclavage, car son joug est doux et l&#233;ger, et l&#224; o&#249; il y a de l'amour il n'y a point de peine.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais &#233;crire partout la formule de mes v&#339;ux, afin, si cela se pouvait, de rendre mon engagement plus &#233;troit. Il n'y a pas de couronne qui vaille le contentement que j'&#233;prouve m&#234;me d&#232;s cette vie de les avoir faits.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;VII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, ne nous alarmons pas si, d'apr&#232;s la faiblesse dont nous ne saurions nous d&#233;pouiller tant que nous porterons ce corps mortel, nous nous apercevons de quelque manquement, ou m&#234;me si nous sentons notre d&#233;votion se refroidir. Ce n'est qu'un avertissement que Dieu nous donne pour nous r&#233;veiller, pour nous renouveler. Il faut partir de l&#224; pour faire une autre course, avec un nouveau courage, une nouvelle ferveur, reconnaissant que c'est avec justice que Dieu nous prive de ses consolations. Demandons-les-lui humblement pour nous aider &#224; le mieux servir, nous soumettant cependant, si c'est sa volont&#233;, &#224; en &#234;tre priv&#233;es toute notre vie, nous r&#233;duisant alors &#224; lui demander la force dont nous avons besoin pour pers&#233;v&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un grand sacrifice qui nous arrache au monde peut bien prouver notre crainte de nous damner avec le monde ; mais ce sont les souffrances journali&#232;res qui prouvent la puret&#233; du d&#233;sir que nous avons de plaire &#224; notre divin Epoux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;VIII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, bannissons de notre esprit tous les scrupules et demandons &#224; Dieu la paix et la joie d'une bonne conscience, sans que cela affaiblisse en nous les sentiments de p&#233;nitence auxquels nous sommes oblig&#233;es. Nos propres forces ne sont rien ; nous sommes des enfants que leur ombre effraie ; mais avec Dieu nous sommes des braves que le fer, la mort et l'enfer m&#234;me ne feraient pas reculer&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qu'est tout ce que nous pouvons souffrir, pour marquer notre amour &#224; celui auquel notre &#226;me a co&#251;t&#233; tout son sang ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;IX&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, lorsque nous avons &#233;t&#233; touch&#233;es des bont&#233;s de Dieu, prions-le de conserver ces sentiments dans notre c&#339;ur, et d'y graver en traits ineffa&#231;ables le souvenir de ses mis&#233;ricordes, afin qu'elles se repr&#233;sentent continuellement &#224; nos yeux, qu'elles soient notre consolation, notre force, notre unique appui. H&#233;las ! dans notre faiblesse, dans notre mis&#232;re, o&#249; trouverions-nous un autre soutien ? Mais d'ailleurs, quel soutien que celui de la fid&#233;lit&#233; d'un Dieu, de la toute puissance, de la bont&#233; de Dieu m&#234;me ! Appuy&#233;es sur ce roc in&#233;branlable, quel est l'ennemi que nous ne devions braver ? &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous&lt;/em&gt; ? Que ce soit notre devise ; opposons-la &#224; tous les obstacles qui se rencontreront sur notre chemin, et nous les verrons tous s'aplanir et nous livrer un passage ais&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aucune de nos paroles, aucun de nos soupirs ne doit &#234;tre sans m&#233;rite pour l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;X&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, ne nous confions point dans nos propres forces ; mais uniquement en celles de Dieu. Le manque de cette confiance est un outrage &#224; Celui auquel nous devons nous confier. Nous &#233;prouvons chaque jour ce que l'on gagne &#224; n'aimer rien que Dieu et pour Dieu. Autant d'affections naturelles que nous retournons vers lui, autant d'&#233;pines que nous arrachons de notre c&#339;ur. L'&#233;preuve que nous en ferons nous animera &#224; travailler de plus en plus sur nous-m&#234;mes. Quelle paix, quelle joie nous go&#251;terons lorsque notre conscience nous rendra ce t&#233;moignage consolant, qu'il n'y a plus rien du tout dans notre c&#339;ur qui ne soit &#224; Dieu, qui ne vienne de Dieu, qui n'appartienne &#224; Dieu ; que surtout Dieu vit en nous et que nous vivons en Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toute la joie que j'ai pu ressentir dans les f&#234;tes du monde ne m'est rien pour le ciel, au lieu qu'au Carmel tout, jusqu'&#224; la moindre poussi&#232;re, peut me valoir des diamants pour l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XI&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, l'&#233;tat de s&#233;cheresse o&#249; nous nous trouvons quelquefois est peut-&#234;tre de la part de Dieu une grande mis&#233;ricorde. Si notre vanit&#233; nous porte &#224; nous complaire dans les louanges des hommes, que ferions-nous des louanges de Dieu m&#234;me ? Et ces gr&#226;ces sensibles dont nous sommes priv&#233;es, ces douceurs, ces consolations, ne sont-ce pas des signes que Dieu est content de nous ? Ne sont-ce pas de v&#233;ritables louanges de la part de Dieu ? Mais qu'elles sont flatteuses ! Il faut &#234;tre bien fort pour les soutenir ; Saint Paul lui-m&#234;me aurait pu craindre d'y succomber, et elles ne lui furent donn&#233;es qu'avec un terrible contre-poids qui l'avertissait sans cesse de s'humilier. B&#233;nissons donc la mis&#233;ricorde de Dieu quand elle nous &#233;pargne cette tentation, en nous conduisant par des voies plus p&#233;nibles, mais peut-&#234;tre plus s&#251;res, et beaucoup moins dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les bonnes religieuses se piquent moins d'intelligence dans les biens&#233;ances de la soci&#233;t&#233;, que de ponctualit&#233; au service de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, un temps viendra o&#249; Dieu, nous ayant fortifi&#233;s contre toutes sortes d'&#233;preuves, se livrera &#224; nous avec toutes ses douceurs ; mais il faut attendre ce temps avec patience, avec r&#233;signation, avec constance. Prions-le, sollicitons-le, exposons-lui nos peines ; mais sans murmurer, sans nous rebuter, sans nous d&#233;courager. Soyons toujours soumises, toujours humbles, toujours reconnaissantes, toujours r&#233;solues de le servir &#224; quelque prix que ce soit, et &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;ce jusqu'&#224; la mort&lt;/em&gt;. Et apr&#232;s tout, quand cela durerait jusque-l&#224;, serait-ce trop pour m&#233;riter le ciel ? Serait-ce trop pour faire p&#233;nitence ? La vie est-elle donc si longue ? L'&#233;ternit&#233; est-elle si peu de choses ? J&#233;sus-Christ, notre chef, notre mod&#232;le, a-t-il &#233;t&#233; trait&#233; autrement ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout dans le monde m'est indiff&#233;rent, et par la gr&#226;ce de Dieu je ne me sens de d&#233;sirs que pour l'&#233;ternit&#233; et ce qui peut m'y conduire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XIII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, nous avons &#224; faire &#224; un Dieu fid&#232;le qui ne permettra pas que nous soyons tent&#233;es au-dessus de nos forces. Aimons la p&#233;nitence, non seulement parce qu'elle nous obtient le pardon de nos fautes, mais encore l'amiti&#233; de Dieu que nous avons offens&#233;. Notre p&#233;nitence, c'est l'&#233;tat que nous avons embrass&#233; ; elle est du choix de Celui &#224; qui nous voulons la faire agr&#233;er, ce qui doit nous porter &#224; l'accomplir avec joie, comme la meilleure que nous puissions faire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faut que le monde me croie impropre au royaume des cieux, puisqu'il est si &#233;merveill&#233; de me voir faire, pour y parvenir, ce que tant d'autres font chaque jour sans qu'on s'en aper&#231;oive.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XIV&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, lorsque nous avons quelque chose de plus p&#233;nible &#224; soutenir qu'&#224; l'ordinaire, soit du genre de vie que nous avons embrass&#233;, soit de l'influence des saisons, souvenons-nous de ce que J&#233;sus-Christ a souffert pour nous ; repr&#233;sentons-nous ce poids immense de gloire auquel il veut nous faire participer, et dont la comparaison, avec le poids le plus lourd que nous ayons &#224; supporter dans ce monde, est si propre &#224; le faire dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;sirerais qu'il n'y e&#251;t pas dans l'Ordre de monast&#232;re plus simplement b&#226;ti que le n&#244;tre, et qu'on p&#251;t toujours le citer comme un mod&#232;le de l'esprit de notre sainte M&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XV&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, le Seigneur se pla&#238;t &#224; exercer ses &#233;lus, tant&#244;t au-dehors, tant&#244;t au-dedans, et en cela il agit envers nous avec mis&#233;ricorde ; s'il nous laissait tranquilles ici-bas, nous nous y &#233;tablirions, nous ne songerions point au ciel, et lorsque pourtant il faudrait y partir, nous regretterions la terre. Ces &#233;preuves dont nous nous plaignons sont donc propres &#224; nous d&#233;tacher de ce monde et &#224; nous &#233;lever vers les cieux. C'est pourquoi laissons les vents gronder, la mer s'agiter ; allons &#224; J&#233;sus-Christ avec confiance ; sa main, quelque invisible qu'elle soit, nous soutient. T&#226;chons de ne pas m&#233;riter le reproche qu'il fit &#224; Saint Pierre : &#171; Homme de peu de foi, pourquoi avez-vous dout&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A Dieu ne plaise que je me permette jamais en pr&#233;sence du ciel une action pour laquelle je craindrais les regards de la terre ! Soyons partout ce que nous devons &#234;tre, nous ne craindrons nulle part de para&#238;tre ce que nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XVI&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, dans le ciel nous serons &#224; Dieu sans peine, sans travail, sans contention d'esprit, sans ti&#233;deur ; plus de corps qui nous affaisse, plus de besoins qui nous occupent, plus de peines qui nous distraient ; point de sommeil, point de maladies, point de froid, point de chaud, point de faim, point de g&#234;nes, point de souffrances. Soutenons donc nos mis&#232;res avec courage, avec patience, avec r&#233;signation, en vue de cette bienheureuse &#233;ternit&#233; ; secouons de nos faiblesses ce que nous pouvons, mais ne nous d&#233;courageons pas par ce qui nous en reste ; si nous ne courons pas, si nous ne volons pas, du moins tra&#238;nons-nous toujours vers le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une religieuse ne doit pas trop facilement se croire malade, et lorsqu'elle n'est qu'incommod&#233;e, elle doit se r&#233;jouir d'avoir quelque chose de plus que ses s&#339;urs &#224; offrir au divin Epoux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XVII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, il faut se faire tout &#224; tous comme l'Ap&#244;tre : rire avec ceux qui rient, pleurer avec ceux qui pleurent, &#234;tre malade avec ceux qui le sont ; mais il faut n&#233;anmoins tenir son c&#339;ur dans la d&#233;pendance de Dieu seul, et ne jamais le tirer de ce centre de notre repos.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;SENTIMENT&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si j'ai joui du bonheur de faire du bien aux malheureux, en me consacrant &#224; Dieu je lui ai sacrifi&#233; jusqu'&#224; cette douceur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XVIII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, la science des saints consiste &#224; n'aimer que Dieu, &#224; n'avoir de v&#233;ritable estime que pour lui. Puisse cet amour s'accro&#238;tre en notre c&#339;ur de plus en plus, et remplir tellement toutes nos facult&#233;s, qu'immuables comme son appui, la paix de notre &#226;me soit &#224; toute &#233;preuve et ne re&#231;oive plus aucune alt&#233;ration dans les vicissitudes des objets qui nous environnent, et qui ne sont que des ombres sans r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Que faisons-nous en ce monde si nous n'y retra&#231;ons la mortification de notre divin Ma&#238;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XIX&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, lorsqu'il pla&#238;t &#224; Dieu de nous envoyer des croix, il faut adorer l'usage qu'il fait de son souverain domaine sur nous ; nous savons qu'il n'en use que dans sa mis&#233;ricorde, et pour notre bien ; que c'est par les &#233;preuves, les contradictions qu'il a conduit tous les saints, et le premier de tous, J&#233;sus-Christ, son Fils bien-aim&#233;, notre Sauveur, notre mod&#232;le, notre divin Epoux. Et nous n'embrasserions pas notre croix avec des transports d'amour, de joie, et de reconnaissance ! Et nous nous plaindrions d'&#234;tre trait&#233;es comme J&#233;sus-Christ.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui nous calomnient nous font plus de bien que ceux qui nous flattent, et lorsque nous prions pour nos bienfaiteurs, nous devons les avoir particuli&#232;rement en vue.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XX&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, il est difficile qu'&#224; l'aspect d'une croix qui se pr&#233;sente, le premier mouvement ne soit de tristesse et d'affliction ; la nature est si prompte &#224; se r&#233;volter contre ce qui lui r&#233;pugne, et la raison si lente &#224; venir &#224; son secours ! Mais au moins le second mouvement, le mouvement de la r&#233;flexion, doit &#234;tre tout d'all&#233;gresse et de joie. Laissons faire le Seigneur, ne nous occupons qu'&#224; le suivre, il nous conduira bien ; c'est lui-m&#234;me qui nous en assure.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Dieu du Paradis vaut bien nos sacrifices. Je n'ai pas pay&#233; trop cher par douze ans complets de peine le commencement de tranquillit&#233; dont je jouis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XXI&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, &#224; la suite de J&#233;sus-Christ, point de t&#233;n&#232;bres ; elles ne surviennent que lorsque, loin de le suivre, nous pr&#233;tendons le mener ; alors, n'ayant pas de lumi&#232;re devant nous et nous &#233;cartant d'elle &#224; chaque pas, nous tombons dans une nuit profonde o&#249; nous nous &#233;garons de plus en plus. Tout ce que Dieu voudra, quand il voudra, comme il voudra : telle doit &#234;tre notre constante disposition ; et c'est l&#224; cette simplicit&#233; chr&#233;tienne qu'il faut nous proposer de pratiquer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le joug d'une Carm&#233;lite est l&#233;ger ou pesant, selon le courage ou la pusillanimit&#233; de celle qui le porte.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XXII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, confions-nous en Dieu et il subviendra &#224; tous nos besoins. La seule perte de Dieu serait pour nous d&#233;plorable, rien ne pourrait nous en d&#233;dommager. Rien, rien au monde ne serait capable de remplacer celui qui est notre tout. C'est donc sur lui seul que nous devons arr&#234;ter nos regards. Qu'il nous reste et que toutes les cr&#233;atures s'&#233;vanouissent devant nous, rien ne nous manquera. Ce n'est que dans le ciel que nous sentirons bien cette v&#233;rit&#233; ; mais il faut cependant en cette vie la m&#233;diter, la go&#251;ter, nous en nourrir et nous en convaincre de plus en plus.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;AVIS&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Conservons notre vocation au prix de tous les sacrifices. Pour moi, j'aimerais mieux &#234;tre Carm&#233;lite &#224; Constantinople que de retourner au ch&#226;teau de Versailles.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XXIII&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, nos peines et nos &#233;preuves sont-elles donc si grandes que nous ne puissions suffisamment les exprimer en disant avec notre divin ma&#238;tre : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Mon Dieu, pourquoi m'avez vous abandonn&#233;e ?&lt;/em&gt; Et, vous le savez, notre divin Epoux est mort ayant encore pour ainsi dire ces paroles sur les l&#232;vres. Pourrions-nous donc nous plaindre de vivre comme il a v&#233;cu, et de mourir avec lui dans les rigueurs et sur la croix du Calvaire ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;AVIS&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce qui doit nous soutenir dans notre solitude, lorsque nous sommes priv&#233;es de la lumi&#232;re divine, c'est que du moins nous habitons une terre sainte, et que si Dieu se d&#233;robe &#224; nos regards, il ne peut jamais &#234;tre bien loin de nous.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XXIV&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, si tout &#224; coup J&#233;sus-Christ, levant le voile qui le cache &#224; nos yeux dans le Saint-Sacrement, nous apparaissait comme aux disciples sur le Thabor ; si la divinit&#233;, sortant du nuage qui la couvre, se communiquait face &#224; face &#224; notre &#226;me, de cette mani&#232;re ineffable qui fait le bonheur des saints dans le ciel, sans doute toutes les glaces de notre c&#339;ur seraient fondues &#224; l'instant, et nous serions embras&#233;es de l'amour le plus vif et le plus pur pour cet aimable objet ; toutes les autres affections, tous nos attachements dispara&#238;traient en un clin d'&#339;il. Que manque-t-il &#224; la sainte Eucharistie pour op&#233;rer en nous ces merveilleux effets ?&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence r&#233;elle de notre divin Epoux au Saint-Sacrement &#233;claire et &#233;pure la conscience, &#233;largit le c&#339;ur, en bannit l'ennui, la tristesse et les vains scrupules, pour n'y laisser r&#233;gner que la confiance et l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;XXV&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma fille, Dieu seul est notre bien et notre tout. C'est avec cette conviction que nous devons approcher de la sainte Table, en nous p&#233;n&#233;trant, par de vives consid&#233;rations, du don que renferme pour nous ce grand myst&#232;re. Faudrait-il, parce qu'un voile l&#233;ger le cache &#224; nos regards, manquer de recueillir les fruits pr&#233;cieux qu'il renferme pour nous ? et notre foi ne saurait-elle percer ce voile ? Prions le Seigneur d'augmenter de plus en plus notre foi ; il ne faut que cela pour nous faire jouir sans mesure du bienfait inestimable que J&#233;sus-Christ nous a pr&#233;par&#233; dans la sainte Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;MAXIME&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toute la force d'une &#233;pouse de J&#233;sus-Christ est dans la communion ; le moyen le plus s&#251;r pour elle d'avancer dans la perfection, c'est la communion ; le secours le plus puissant contre ses ennemis, c'est encore la communion.
Une Carm&#233;lite doit &#234;tre toujours pr&#234;te &#224; se confesser, &#224; communier et &#224; mourir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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