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		<title>Carmel en France</title>
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		<title>Hom&#233;lie 22e Dimanche du Temps Ordinaire</title>
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&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs, Hypocrites, orgueilleux, sectateurs, d&#233;voyeurs de la Loi, &#233;gocentriques, [et j'en passe], la figure du pharisien dans l'&#233;vangile (qui n'est sans doute pas le portrait exact des pharisiens historiques) nous montre les &#233;cueils toujours possibles d'une vie religieuse, dont la suite du Christ veut nous affranchir. Mais qui ne s'est jamais trouv&#233; concern&#233; par l'une ou l'autre de ces caricatures spirituelles ? Bien plus, ne faut-il pas faire l'exp&#233;rience de ces impasses pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2007-2008-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2007-2008 Ann&#233;e A&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hypocrites, orgueilleux, sectateurs, d&#233;voyeurs de la Loi, &#233;gocentriques, [et j'en passe], la figure du pharisien dans l'&#233;vangile (qui n'est sans doute pas le portrait exact des pharisiens historiques) nous montre les &#233;cueils toujours possibles d'une vie religieuse, dont la suite du Christ veut nous affranchir. Mais qui ne s'est jamais trouv&#233; concern&#233; par l'une ou l'autre de ces caricatures spirituelles ? Bien plus, ne faut-il pas faire l'exp&#233;rience de ces impasses pour &#233;prouver la n&#233;cessit&#233; d'&#234;tre lib&#233;r&#233; par le Christ, lui le seul homme vrai, humble, universel, ob&#233;issant &#224; la Loi car totalement donn&#233; au P&#232;re et &#224; ses fr&#232;res ? La page d'&#233;vangile de ce jour nous invite &#224; parcourir un tel chemin en nous faisant passer de l'obsession des mains sales au d&#233;sir du c&#339;ur pur. Plus largement, elle souligne deux d&#233;viations qui me semblent caract&#233;ristiques de notre soci&#233;t&#233;, donc de nous-m&#234;mes et que je nomme ainsi : la pr&#233;occupation aseptique et la manie proc&#233;durale. Pr&#233;cisons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, la forte pr&#233;sence, au d&#233;but de notre &#233;vangile, des termes relatifs au nettoyage (lavage, aspersion) indique le souci pharisien de la propret&#233;. Depuis Louis Pasteur, ce souci est le n&#244;tre, mais pour des raisons hygi&#233;niques cette fois et non plus rituelles, si bien que, pris &#224; un premier degr&#233;, la n&#233;gligence des disciples de J&#233;sus en ce domaine nous semble peu imitable. Il ne s'agit &#233;videmment pas de remettre en cause des acquis sanitaire. Mais l'obsession pharisienne de la puret&#233; rituelle ne rejoint-elle pas &#233;trangement la mentalit&#233; de notre soci&#233;t&#233; du risque z&#233;ro, de l'asepsie, de la prudence pr&#233;servative et des pr&#233;cautions multiples ? Dans notre &#233;vangile, J&#233;sus ne fait pas l'&#233;loge de la puret&#233; ni de la propret&#233;, morale ou spirituelle, mais indique o&#249; se trouvent les authentiques impuret&#233;s : il n'y a pas tant &#224; craindre les mains sales que le c&#339;ur qui salit et pollue. On connait le mot de P&#233;guy, fustigeant le kantisme mais plus largement un certain catholicisme bien-pensant : il &#171; a les mains pures mais il n'a pas de main. Et nous, avec nos mains calleuses, nos mains noueuses, nos mains p&#233;cheresses, nous avons quelque fois les mains pleines &#187;. De fait, notre foi au Christ ne nous invite pas &#224; vivre comme des s&#233;par&#233;s, (des pharisiens), des pr&#233;serv&#233;s, dont la grande illusion serait de croire que c'est par nos propres efforts que nous pouvons nous nettoyer, nous prot&#233;ger et rester purs. Au contraire, il n'y a qu'une seule eau qui nettoie, celle que nous donne le Christ, celle qui jaillit de son c&#244;t&#233; ouvert&#8230; Heureuse exp&#233;rience des mains sales si elle nous permet de croire vraiment que la seule et vraie puret&#233; est celle que donne Dieu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la manie proc&#233;durale de notre soci&#233;t&#233;, qui est une r&#233;alit&#233; &#224; la fois technique et juridique, peut ressembler &#224; la multiplicit&#233; rituelle que fustige J&#233;sus. Nous &#233;voquons bien s&#251;r deux univers diff&#233;rents : la &#171; tradition des hommes &#187; comme l'appelle J&#233;sus et les nombreuses proc&#233;dures techniques, informatiques ou juridiques qui &#233;maillent la vie des entreprises et des administrations, et donc la n&#244;tre, n'ont pas les m&#234;mes raisons. Concernant notre soci&#233;t&#233;, ces proc&#233;dures ont ind&#233;niablement valeur de soutien et de protection mais la mentalit&#233; proc&#233;durale risque la pesanteur, l'inhumanit&#233; voire l'opacit&#233; &#224; la R&#233;v&#233;lation, en un mot l'idol&#226;trie. Les pharisiens avaient remplac&#233; le commandement de Dieu par des traditions humaines, plus imm&#233;diatement utilisables, explicables et donc transmissibles. Quel contraste entre l'id&#233;al mosa&#239;que exprim&#233; dans le livre du Deut&#233;ronome (notre premi&#232;re lecture) et les d&#233;rives pharisiennes de notre &#233;vangile ! Notre soci&#233;t&#233;, elle, a tendance &#224; remplacer la r&#233;f&#233;rence &#224; des droits inviolables par des proc&#233;dures juridiques que l'on pourrait changer selon le go&#251;t du moment, dans le recours &#224; des arguments qui ressemblent &#233;trangement &#224; la casuistique pharisienne que d&#233;veloppe saint Marc dans des versets de notre &#233;vangile que le lectionnaire n'a pas retenus. Dans les deux cas &#61485; ma comparaison s'arr&#234;te l&#224; &#61485; le risque est l&#224; de faire des lois &#224; notre image, ce qui est de l'idol&#226;trie, m&#234;me si on en r&#233;cuse le nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;rives aseptiques ou proc&#233;durales qui nous menacent et font penser aux travers pharisiens que condamne J&#233;sus : il ne s'agit pas tant de pourfendre que d'attirer notre attention et d'envisager un chemin spirituel pour nous aujourd'hui. Je l'esquisserai en deux traits : &#233;coute et engagement. Il bon de relire, en ne les confondant pas avec les caricatures du formalisme et du ritualisme, les appels du Deut&#233;ronome : &#233;couter les commandements du Seigneur, les garder et les mettre en pratique pour vivre. C'est aussi l'invitation de saint Jacques : &#171; &#233;couter humblement la Parole de Dieu sem&#233;e en vous &#187;. Nous n'aurons jamais fini d'apprendre &#224; &#233;couter. Ecouter c'est accueillir, la Parole du Seigneur, en en respectant l'alt&#233;rit&#233; et l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;. Ecouter est toujours une sortie de soi : ouvrir la porte de son c&#339;ur pour aller &#224; la rencontre de la Parole. Mais &#233;couter, c'est aussi s'approprier la Parole du Seigneur, en la faisant sienne, en en percevant l'homog&#233;n&#233;it&#233; avec ce que nous sommes et vivons, d'o&#249; l'importance du dedans et de l'int&#233;rieur, dont parle J&#233;sus. Ecouter est toujours une entr&#233;e en soi : ouvrir la porte de son c&#339;ur pour accueillir la Parole. Cette &#233;coute requiert la vigilance &#224; ce que dit le Seigneur, dans le geste de toujours revenir &#224; lui. S'engager en r&#233;ponse &#224; cette parole est le second trait de notre esquisse. Nous avons soulign&#233; que la peur des mains sales ou salies ne peut &#234;tre la n&#244;tre. Nous connaissons les enfants : une spiritualit&#233; de l'enfance serait-elle compatible avec la peur des mains sales ? Garder la Parole ne va donc pas sans une mise en application, ce qui implique du risque, des d&#233;cisions, des interpr&#233;tations. L'attitude spirituelle requise est encore la vigilance, comprise comme discernement de ce qu'il convient de faire et de dire. La tradition des anciens p&#232;res du d&#233;sert concernant la garde du c&#339;ur, duquel sort le meilleur et le pire de l'homme, nous est utile. Je deviens au fond ce que j'&#233;coute mais aussi ce que je dis, ce que je fais et ce que pense (non que les pens&#233;es mauvaises ne peuvent m'assaillir mais le combat des pens&#233;es consiste justement &#224; les refuser).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecouter et s'engager, dans la vigilance du c&#339;ur et un travail de v&#233;rit&#233; - fondamentalement re&#231;u de Dieu car il n'y a pas de v&#233;ritable puret&#233; sans la purification par le feu de l'Esprit - voil&#224; le chemin auquel nous invite le Seigneur. L&#224; est notre joie, l&#224; est notre avenir : &#171; Heureux les c&#339;urs purs, ils verront Dieu ! &#187; Amen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Guillaume, ocd&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Hom&#233;lie 20e Dimanche du Temps Ordinaire</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Vous vous souvenez peut-&#234;tre de l'histoire du Petit Poucet, de Charles Perrault. Cet enfant qui s&#232;me des cailloux tout au long de sa marche en for&#234;t pour retrouver plus tard le chemin de la maison familiale, lorsqu'avec ses fr&#232;res et s&#339;urs il sera abandonn&#233; ; et cela, gr&#226;ce aux cailloux. Je ne veux pas revenir au temps des contes enfantins, mais permettez-moi de vous rappeler cette histoire. Elle peut illustrer la dynamique des textes de la liturgie de ce dimanche et ouvrir pour nous un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2007-2008-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2007-2008 Ann&#233;e A&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous vous souvenez peut-&#234;tre de l'histoire du Petit Poucet, de Charles Perrault. Cet enfant qui s&#232;me des cailloux tout au long de sa marche en for&#234;t pour retrouver plus tard le chemin de la maison familiale, lorsqu'avec ses fr&#232;res et s&#339;urs il sera abandonn&#233; ; et cela, gr&#226;ce aux cailloux.
Je ne veux pas revenir au temps des contes enfantins, mais permettez-moi de vous rappeler cette histoire. Elle peut illustrer la dynamique des textes de la liturgie de ce dimanche et ouvrir pour nous un espace de foi nouveau. Les 3 textes, re&#231;us en ce jour, pourraient &#234;tre comme ces petits cailloux qui vont nous aider &#224; rejoindre la maison, la maison de Dieu, notre maison, pour y trouver des forces et des encouragements si n&#233;cessaires &#224; notre vie d'ap&#244;tre. A nous d'accueillir la Parole et d'en remplir nos poches, comme les cailloux du petit Poucet. La Parole de Dieu sera pr&#233;cieuse pour guider et renouveler notre vie chr&#233;tienne d'aujourd'hui, comme elle a fortifi&#233; la foi de ceux qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s. Elle nous conduira toujours &#224; l'aujourd'hui de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le livre des Proverbes nous propose de quitter notre folie pr&#233;tentieuse en suivant le chemin de l'intelligence. Nous voyons bien que notre foi chr&#233;tienne n'est pas une loterie aux nombreux cadeaux-gadgets, ou une option momentan&#233;e selon le go&#251;t du temps, encore moins une mode. De plus en plus notre vie humaine est appel&#233;e &#224; &#234;tre en r&#233;sonance avec notre foi. Par sa Parole, Dieu nous sollicite toujours &#224; harmoniser notre foi et les choix de vie que nous faisons. Nos paroles, nos actes sont-ils en accord avec le projet de Dieu r&#233;v&#233;l&#233; en J&#233;sus-Christ ? Bien s&#251;r, le discernement n'est jamais facile, mais l'Esprit Saint est toujours avec nous et permet de nous guider vers des d&#233;cisions qui portent en elles le parfum de l'Evangile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'ap&#244;tre Paul, il ne n&#233;glige pas ses efforts pour nous alerter : sur qui, sur quoi repose notre vie humaine, notre vie chr&#233;tienne ? L'une et l'autre sont appel&#233;es &#224; se d&#233;velopper sous le regard de Dieu, &#224; la lumi&#232;re de son enseignement et &#224; s'harmoniser. Aujourd'hui, le missionnaire intr&#233;pide, l'Ap&#244;tre des pa&#239;ens, nous appelle &#224; l'action de gr&#226;ce pour tous les bienfaits dont Dieu nous pourvoit, non sans nous avoir dans un premier temps invit&#233; &#224; v&#233;rifier notre conduite de vie. Quelles sont les valeurs que je mets en avant, sur lesquelles je peux m'appuyer et avancer sans crainte ni peur ? &#171; Fr&#232;res, prenez bien garde &#224; votre conduite : ne vivez pas comme des fous, mais comme des sages &#187;. Nous risquons souvent de nous laisser entra&#238;ner si nous sommes peu vigilants, vers des id&#233;es qui nous &#233;cartent de notre foi. Notre Dieu veut nous lib&#233;rer de toutes les entraves qui nous rendraient alors esclaves. N'a-t-il pas eu piti&#233; jadis de son peuple encha&#238;n&#233; par la servitude de Pharaon ? Nous sommes tent&#233;s de nous tourner vers des idoles, certes bien plus discr&#232;tes aujourd'hui, mais n&#233;anmoins aussi toxiques pour notre vie de foi, notre vie humaine. Il est temps d'opter pour une expression de notre vie de foi, sans peur ni lassitude ni crainte. Nous risquerons l'incompr&#233;hension, la mise &#224; l'&#233;cart ou l'&#233;loignement de nos proches ou amis, mais nous savons que Dieu sera toujours notre alli&#233;. Avec respect des autres, mais non sans audace, aimons dire la foi qui habite notre c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite l'&#201;vangile avec toute sa force : &#171; Moi, je suis le Pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra &#233;ternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donn&#233;e pour que le monde ait la vie. &#187;
Comme les auditeurs d'hier nous sommes interpell&#233;s : quelle place a pour moi l'Eucharistie ? Suis-je simplement un consommateur ? Cette nourriture n'est-elle pas une force qui me rend toujours pr&#233;sent celui que je cherche et que j'aime : le Christ &#224; jamais vivant et agissant en moi et par moi ? Lorsque nous nous approchons pour recevoir le Pain de Vie et le Sang vers&#233; par le Christ, nous n'accomplissons jamais un acte isol&#233;, ind&#233;pendamment de la vie du monde, de la vie de nos fr&#232;res et s&#339;urs en humanit&#233;. Chaque eucharistie nous ouvre un espace de vie toujours plus large. Alors une solidarit&#233; peut se renouveler &#224; l'image du Christ qui s'est fait proche de tous celles et ceux qui cherchaient &#224; &#234;tre reconnus et aim&#233;s comme des personnes humaines, habill&#233;es de dignit&#233;. Notre esp&#233;rance peut aussi se d&#233;velopper et notre foi pourra oser emprunter un chemin de renouveau pour aimer dire que Dieu est Amour, Mis&#233;ricorde, tendresse infinie Merveille que ce geste du Christ li&#233; &#224; son dernier repas et qui reste in&#233;puisable. A quelques heures de son offrande totale par amour pour nous, Il prend ces simples choses que sont le pain et le vin, fruits de la terre et du travail des hommes, pour en faire son Corps et son Sang. L'ordinaire de la vie devient l'extraordinaire de la vie en Dieu. Par des aliments du quotidien, le Christ s'offre &#224; nous pour &#234;tre mang&#233;. Il nous permet alors de rendre pr&#233;sente la m&#233;moire de sa vie, de sa mort et de sa r&#233;surrection dans l'attente de son retour glorieux. C'est le repas des messagers de la Bonne Nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Toute Eucharistie nous ouvre vers l'aujourd'hui de la pr&#233;sence de Dieu, et nous relie &#224; toute l'histoire de l'humanit&#233; qui accueille et s'&#233;merveille de cette proximit&#233; de Dieu rendue pr&#233;sente par le repas eucharistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend alors que certains soient choqu&#233;s par une telle proposition : manger la chair. Mais reconnaissons-le : c'est le c&#339;ur de notre vie de foi ! Nous avons besoin de nous nourrir du Pain de Vie, le Pain de Dieu, pour poursuivre et actualiser sans cesse la vie du Christ. Si nous sommes rassembl&#233;s, ce n'est ni par habitude, ni par devoir. Mais nous savons que sans la force que nous donne l'eucharistie nous risquerions de nous dess&#233;cher, de mourir d'inanition spirituelle. Alors nous comprenons mieux la violente r&#233;action de l'auditoire de J&#233;sus : &#171; Comment cet homme-l&#224; peut-il nous donner sa chair &#224; manger ? &#187;. En nous donnant sa chair &#224; manger, J&#233;sus le Christ nous offre un double cadeau : Il nous ouvre &#224; la fois &#224; sa vie divine et &#224; sa vie humaine : &#171; Celui qui me mangera vivra par moi. &#187;. Heureux sommes-nous d'&#234;tre invit&#233;s &#224; la table du Seigneur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayons pas peur de remplir nos poches de tous ces petits cailloux ramass&#233;s au cours de cette eucharistie, de chaque eucharistie. Dans quelques heures ou quelques jours, ils nous aideront &#224; faire m&#233;moire de ce temps pass&#233; avec Dieu en communion avec nos fr&#232;res. Cailloux pr&#233;cieux pour nous aider &#224; mieux vivre notre foi, &#224; t&#233;moigner avec plus d'audace, &#224; aimer sans concession, &#224; vivre sans restriction parce que nous savons que Celui qui s'est fait nourriture n'a pas fini de nous nourrir. Oui vraiment : &#171; Heureux, les invit&#233;s au repas du Seigneur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#232;re Didier Joseph&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Hom&#233;lie 18e dimanche du Temps Ordinaire</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Homelie-18e-dimanche-du-Temps-Ordinaire.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.carmel.asso.fr/Homelie-18e-dimanche-du-Temps-Ordinaire.html</guid>
		<dc:date>2012-08-08T14:56:55Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs, C'est notre feuilleton de l'&#233;t&#233;, en cinq &#233;pisodes : le chapitre 6 de saint Jean vient interrompre la lecture de l'&#233;vangile selon saint Marc, mis ainsi en vacance durant ce mois d'ao&#251;t. Redisons-ces divers &#233;pisodes. Il y en a fait six. Apr&#232;s le r&#233;cit &#224; proprement parler de la multiplication des pains (premier &#233;pisode, lu la semaine derni&#232;re) et la marche sur les eaux (&#233;pisode omis par le lectionnaire), la foule se met &#224; la recherche de J&#233;sus qui livre son myst&#232;re : &#171; Je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2007-2008-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2007-2008 Ann&#233;e A&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est notre feuilleton de l'&#233;t&#233;, en cinq &#233;pisodes : le chapitre 6 de saint Jean vient interrompre la lecture de l'&#233;vangile selon saint Marc, mis ainsi en vacance durant ce mois d'ao&#251;t. Redisons-ces divers &#233;pisodes. Il y en a fait six. Apr&#232;s le r&#233;cit &#224; proprement parler de la multiplication des pains (premier &#233;pisode, lu la semaine derni&#232;re) et la marche sur les eaux (&#233;pisode omis par le lectionnaire), la foule se met &#224; la recherche de J&#233;sus qui livre son myst&#232;re : &#171; Je suis le pain de la vie &#187;. C'est l'&#233;pisode d'aujourd'hui. Ensuite, apr&#232;s un discours christologique &#233;galement omis par le lectionnaire, une premi&#232;re r&#233;action n&#233;gative de son auditoire se fait entendre : comment cet homme que l'on connait bien peut-il parler ainsi ? J&#233;sus rench&#233;rit dans un discours &#224; proprement parler eucharistique &#171; ma chair est une vraie nourriture et mon sang, une vraie boisson &#187; qui en scandalisera beaucoup. Le dernier &#233;pisode acculera chaque auditeur &#224; se positionner pour ou contre J&#233;sus. &#171; A qui irions-nous ? &#187; confessent alors Pierre et les disciples. Bel itin&#233;raire et riche chapitre &#224; reprendre tout au long de ces semaines&#8230; Aujourd'hui, notre &#233;pisode fait explicitement r&#233;f&#233;rence au r&#233;cit de la Manne du livre de l'Exode : dans le croisement de ces deux r&#233;cits avec notre propre exp&#233;rience, je voudrais souligner quelques aspects de notre &#171; travail de la foi &#187;, pour reprendre les mots de l'&#233;vangile : la conversion du d&#233;sir, la reconnaissance des signes et la confession du myst&#232;re de J&#233;sus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que cherchons-nous ? &#187; est la grande question que le Seigneur nous pose quand nous allons prier, quand nous allons &#224; la messe. Dans notre &#233;vangile, J&#233;sus d&#233;busque les motivations ambigu&#235;s de ses auditeurs : &#171; vous me cherchez parce que vous avez &#233;t&#233; rassasi&#233;s &#187;. Nous aussi pouvons porter de telles ambigu&#239;t&#233;s. Comme cette foule, ambigu&#239;t&#233; de l'int&#233;r&#234;t, quand, par exemple, notre d&#233;sir de prier est autant vouloir recevoir du bien-&#234;tre, de la paix, la solution &#224; nos probl&#232;mes ou des gr&#226;ces sensibles que rencontrer le Seigneur. C'est, dit Th&#233;r&#232;se d'Avila, un fruit des s&#233;cheresses dans la pri&#232;re que de pouvoir prendre davantage conscience de cela : prier, c'est &#234;tre l&#224; pour lui, et pour lui seul ! Comme Isra&#235;l au d&#233;sert, ambigu&#239;t&#233; de la nostalgie, qui peut fausser notre d&#233;sir. Que r&#233;criminons-nous &#224; Dieu ? Le souvenir de gr&#226;ces re&#231;ues ou le r&#234;ve de certaines autres, &#224; notre convenance, nous d&#233;tournent souvent de celles que Dieu nous fait, dans le pr&#233;sent. C'est donc &#224; une conversion de notre d&#233;sir que le Seigneur nous invite et c'est ainsi qu'il travaille en nous. Ses mani&#232;res de faire sont diverses. Dans les &#233;pisodes du d&#233;sert, il recourt &#224; la strat&#233;gie de l'&#233;c&#339;urement (il enverra des cailles jusqu'&#224; transformer le d&#233;sir de viande en d&#233;go&#251;t) ou du pas &#224; pas (il envoie jour apr&#232;s jour la ration qui convient pour apaiser notre peur de manquer, souvent si pr&#233;gnante et handicapante dans nos vies). Dans l'&#233;vangile, le contraste est grand entre la motivation initiale, tr&#232;s int&#233;ress&#233;e, de la foule et sa supplique finale : &#171; Seigneur, donne-nous de ce pain-l&#224; toujours &#187;. C'est le fruit du dialogue avec J&#233;sus, image de notre vie de pri&#232;re, qui est dialogue avec le Seigneur venant convertir notre d&#233;sir. Prier, c'est apprendre &#224; vraiment d&#233;sirer Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la bonne lecture des signes que donne le Seigneur est au c&#339;ur du travail de la foi. &#171; Vous avez re&#231;u un signe qu'il vous faut croire &#187; dit en quelque sorte J&#233;sus &#224; la foule, ce qu'elle ne comprend pas puisque peu apr&#232;s elle qu&#233;mande : &#171; montre-nous un signe &#187; pour que nous croyions. Or, les signes ne donnent pas la foi ; c'est cette derni&#232;re qui les reconnait comme venant du Seigneur. Le livre de l'Exode parle d'&#233;preuve de la foi : &#233;preuve pour faire preuve de foi. On connait le proverbe : le sage montre la lune et l'insens&#233; regarde le doigt. Dans l'Alliance avec Dieu, c'est la foi qui &#233;vite la m&#233;prise. Mais avec le Christ, nous pourrions dire qu'il n'y a plus de signe, ou que tout est signe. Plus de signe, car le signe d&#233;finitif fut l'envoi du Fils mort et ressuscit&#233; pour nous. Tout a &#233;t&#233; dit : la foi, c'est consentir &#224; cela. D&#232;s lors, tout est signe, tout est gr&#226;ce, non au sens de gr&#226;ce extraordinaire mais au sens o&#249; tout peut faire r&#233;f&#233;rence &#224; l'unique gr&#226;ce qui nous a &#233;t&#233; d&#233;finitivement donn&#233;e et dont nous disposons toujours. Tel est le travail de la foi : &#171; l'&#339;uvre de Dieu, c'est croire en celui qu'il a envoy&#233; &#187; dit J&#233;sus. A nous de le vivre dans la pri&#232;re, dans l'&#233;coute de sa parole, dans l'eucharistie et les sacrements o&#249; le contraste entre l'aspect du signe et sa r&#233;alit&#233; est extr&#234;me, dans la rencontre fraternelle. Pour cela, sachons au quotidien accueillir ce qui nous est donn&#233;, accueillir la vie, sachons nous &#233;tonner et dire &#171; Mann hou ? &#187; pour y voir, pour y croire l'action de Dieu et rendre gr&#226;ce&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, le travail de la foi culmine dans la confession de J&#233;sus, reconnu et accueilli comme le Seigneur, le &#171; Je Suis &#187; qui se r&#233;v&#232;le dans le pain de vie, reconnu et accueilli comme celui qui accomplit en toute gratuit&#233; et v&#233;rit&#233; nos d&#233;sirs les plus profonds : &#171; Tu es le pain de vie et tu combles en moi toute faim et toute soif &#187;. L&#224; est le c&#339;ur de la vie chr&#233;tienne, son secret, sa joie que nul ne peut ravir et son fondement in&#233;branlable. Prenons le temps de redire au Seigneur cette merveille de notre foi et d'aller vers lui en toute confiance. C'est cela se laisser &#171; guider int&#233;rieurement par un esprit renouvel&#233; &#187; dont parle saint Paul, l'esprit de celui qui sait que Dieu est &#224; l'&#339;uvre, qu'il se donne, que lui seul peut nous combler en v&#233;rit&#233;, lui la source de tout bien. Amen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Guillaume, ocd&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Christ Roi de l'Univers ; Mt 25,31-46</title>
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&lt;p&gt;Le myst&#232;re de la royaut&#233; du Christ, c'est le myst&#232;re de son pouvoir universel, de son emprise totale et d&#233;finitive sur les hommes, sur le destin des hommes et le monde o&#249; ils vivent. Et ce myst&#232;re de la royaut&#233; de l'Homme-Dieu ressuscit&#233; &#233;chappe &#224; tel point &#224; nos analyses, et fait &#224; tel point craquer les limites de notre vision de l'histoire, que nous sommes contraints de le cerner par approches successives, tel un photographe qui multiplie les prises de vues, dans l'impuissance o&#249; il est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2007-2008-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2007-2008 Ann&#233;e A&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le myst&#232;re de la royaut&#233; du Christ, c'est le myst&#232;re de son pouvoir universel, de son emprise totale et d&#233;finitive sur les hommes, sur le destin des hommes et le monde o&#249; ils vivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce myst&#232;re de la royaut&#233; de l'Homme-Dieu ressuscit&#233; &#233;chappe &#224; tel point &#224; nos analyses, et fait &#224; tel point craquer les limites de notre vision de l'histoire, que nous sommes contraints de le cerner par approches successives, tel un photographe qui multiplie les prises de vues, dans l'impuissance o&#249; il est d'embrasser en une fois tout un monument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La liturgie d'aujourd'hui nous propose trois flashes sur le myst&#232;re du Christ Roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier fixe le Christ dans son r&#244;le de juge &#224; fin des temps : &#171; Et toi, mon troupeau, disait Yahweh par la voix d'&#201;z&#233;chiel, apprends que je vais juger entre brebis et brebis &#187;. Et J&#233;sus reprend &#224; son compte cette image, du tri, du discernement d&#233;finitif :&#171; Quand le Fils de l'Homme viendra dans sa gloire &#8230; toutes les nations seront rassembl&#233;s devant lui &#8230; Il s&#233;parera les hommes les uns des autres &#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#201;trange besogne pour celui qui est venu rassembler les hommes et les appeler &#224; l'unit&#233; de son Corps. Et pourtant le message est clair, et ineffa&#231;able : J&#233;sus jugera ; il aura le dernier mot, il dira pour chacun le dernier mot. Et le crit&#232;re du discernement, face au d&#233;finitif, face &#224; l'&#233;ternit&#233;, ce sera l'amour fraternel, l'amour terrestre v&#233;cu au nom du Christ. Il s'agira de faim, de soif, de chaussures et de paletots, d'h&#244;pitaux et de prison. Il s'agira des besoins de nos fr&#232;res et s&#339;urs, du bien-&#234;tre de nos fr&#232;res et s&#339;urs, de la solitude de nos fr&#232;res et s&#339;urs. Et pour chacune de nos initiatives d'amour, pour chacune aussi des occasions n&#233;glig&#233;es, J&#233;sus dira :&#171; J'ai pris cela pour moi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me flash est sign&#233; Paul. Quel photographe ! Quel coup d'&#339;il ! Il a saisi en un seul clich&#233; le premier Adam et le Christ, Homme Nouveau, le peuple de ceux qui meurent et le peuple de ceux qui seront vivifi&#233;s ; il a fix&#233; en une seule image les deux temps du sc&#233;nario de la r&#233;surrection : d'abord le Christ, &#171; pr&#233;mices de tous ceux qui se sont endormis &#187;, puis &#171; ceux du Christ &#187; lors de sa Parousie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fascine Paul, c'est le Christ glorieux et le myst&#232;re de pouvoir et de soumission qui se joue et se jouera dans le ciel entre le Fils et le P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Christ ressuscit&#233; &#233;tend son pouvoir sur toutes les forces du mal, sur la mort elle-m&#234;me, et toutes ces conqu&#234;tes du Fils sont autant de cadeaux du P&#232;re, car c'est le P&#232;re qui lui soumet tout, qui met toutes choses &#224; ses pieds. Viendra le jour o&#249; le Christ dira au P&#232;re :&#171; Tout est achev&#233; ; tout est soumis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors le Fils fera du sommet de son pouvoir le sommet de sa soumission, il remettra la royaut&#233; &#224; Dieu le P&#232;re, il remettra au P&#232;re la royaut&#233; qu'il tient de lui ; &#224; travers sa propre royaut&#233;, l'univers entier fera retour au P&#232;re. Alors le monde sera ordonn&#233; selon Dieu, selon la hi&#233;rarchie d&#233;finitive des valeurs, celle-l&#224; m&#234;me que Paul inculquait aux chr&#233;tiens : &#171; Tout est &#224; vous, mais vous, vous &#234;tes au Christ, et le Christ est &#224; Dieu ! &#187; Dieu sera tout en tous, parce que tout et tous seront pass&#233;s par le pouvoir et la soumission du Fils, le Christ roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me image nous ram&#232;ne &#224; l'aujourd'hui du peuple de Dieu. C'est une image en mouvement, qui nous d&#233;crit une royaut&#233; de tendresse, la royaut&#233; du Pasteur. Tout commence un jour de brouillard et d'obscurit&#233;, un brouillard si &#233;pais que les brebis, tout en broutant droit devant elle, ont perdu de vue leurs s&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dispersion, solitude ; brouillard, isolement, blessures. Rien ne manque au tableau de la d&#233;tresse. &#171; J'irai moi-m&#234;me, dit Dieu, &#224; la recherche de mes brebis. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispers&#233;es, ainsi je veillerai sur mes brebis. C'est moi qui ferai pa&#238;tre mon troupeau, et c'est moi qui le ferai reposer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Jean-Christian L&#233;v&#234;que, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>33e Dimanche T.O., Mt 25,14-30</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/33eme-Dimanche-T-O-Mt-25-14-30.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Serviteur bon et fid&#232;le, tu as &#233;t&#233; fid&#232;le pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton ma&#238;tre. &#187; Les lectures de ce dimanche veulent nous stimuler dans notre attente du Seigneur. Les derniers dimanches du temps ordinaire rejoignent et pr&#233;parent le temps de l'avent qui est toujours trop court. D&#232;s lors, sans tarder, la Parole de Dieu nous invite &#224; la vigilance active. Tout d'abord parce que, comme le rappelle St Paul dans son &#233;p&#238;tre aux Thessaloniciens, nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Serviteur bon et fid&#232;le, tu as &#233;t&#233; fid&#232;le pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton ma&#238;tre. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les lectures de ce dimanche veulent nous stimuler dans notre attente du Seigneur. Les derniers dimanches du temps ordinaire rejoignent et pr&#233;parent le temps de l'avent qui est toujours trop court. D&#232;s lors, sans tarder, la Parole de Dieu nous invite &#224; la vigilance active. Tout d'abord parce que, comme le rappelle St Paul dans son &#233;p&#238;tre aux Thessaloniciens, nous ne savons pas la date de cette venue du Christ en gloire, et d'ailleurs cela n'a pas d'importance. &#171; Au sujet de la venue du Seigneur, il n'est pas n&#233;cessaire qu'on vous parle de d&#233;lais ou de dates &#187;. Ce qui importe r&#233;ellement, ce n'est pas de savoir quand le Seigneur viendra, mais de savoir si nous serons pr&#234;ts &#224; l'accueillir. Et si nous sommes pr&#234;ts &#224; l'accueillir, qu'importe qu'il vienne demain ou apr&#232;s-demain, nous serons l&#224; en tenue de service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette incertitude du moment o&#249; le Christ viendra peut entrainer chez nous diff&#233;rentes attitudes, c'est pourquoi la liturgie de ce jour veut nous indiquer la meilleure voie pour ne pas manquer le rendez-vous : nous sommes invit&#233;s &#224; une vigilance active et confiante et non &#224; une inqui&#233;tude peureuse et paralysante. Ce que saint Paul traduit en disant : &#171; ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, dans l'attente du Seigneur, il ne s'agit pas seulement de rester actif, de s'occuper, mais d'&#234;tre pr&#234;t &#224; recevoir, &#224; accueillir pour une rencontre d'amour. Il ne s'agit pas simplement de savoir qu'il viendra, mais de nous r&#233;jouir de son retour, comme d'une f&#234;te, car ce sera alors la r&#233;alisation des promesses, l'accomplissement du Royaume. C'est pourquoi la premi&#232;re lecture nous donne en exemple la femme au foyer dont la seule raison du service est l'amour partag&#233; dans la famille. La femme, m&#232;re de famille et &#233;pouse, pr&#233;pare joyeusement le retour des enfants et de son mari, sa joie est celle de la r&#233;ussite de l'amour familial et conjugal. Et il doit en &#234;tre de m&#234;me du travail de l'homme mari&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard d'ailleurs, nous pouvons noter que le serviteur qui sera bl&#226;m&#233; au retour du ma&#238;tre pour ne pas avoir fait fructifier ses talents connaissait et attendait le retour de son ma&#238;tre, il ne s'&#233;tait pas endormi. Mais cette attente &#233;tait v&#233;cue dans l'inqui&#233;tude et la crainte : &#171; je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes l&#224; o&#249; tu n'as pas sem&#233;, tu ramasses l&#224; o&#249; tu n'as pas r&#233;pandu le grain. J'ai eu peur, et je suis all&#233; enfouir ton talent dans la terre. &#187; Et en contrepoint, l'&#233;vang&#233;liste ne nous dit presque rien des pens&#233;es et des r&#233;flexions des deux autres serviteurs apr&#232;s le d&#233;part de leur ma&#238;tre. Il nous dit seulement qu'ils se mettent tout simplement au travail, sans plus de pr&#233;occupations. &#171; Aussit&#244;t, celui qui avait re&#231;u cinq talents s'occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres. De m&#234;me, celui qui avait re&#231;u deux talents en gagna deux autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Mathieu nous montre ainsi qu'il y a diff&#233;rentes mani&#232;res de garder au c&#339;ur la m&#233;moire du Seigneur, une qui paralyse, la peur et la crainte, et une autre qui lib&#232;re les &#233;nergies, la confiance. L'appel &#224; la vigilance, &#224; garder la m&#233;moire du Seigneur dans l'attente de son retour glorieux, cet appel n'est pas une invitation &#224; nous torturer l'esprit sur une probable date et encore moins &#224; nous laisser envahir par l'ins&#233;curit&#233; du temps ou les menaces. Car tout cela ne produira aucun bon fruit. La parabole des talents nous montre que chacun des serviteurs agit selon l'image de Dieu qu'il porte en son c&#339;ur, et le fruit de son travail correspond &#224; l'image positive ou n&#233;gative qu'il se fait de son Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous gardons au c&#339;ur de la m&#233;moire du Seigneur, c'est la pens&#233;e de sa mis&#233;ricorde qui doit r&#233;sonner en nous. Si nous l'attendons, sans conna&#238;tre de date pour sa venue glorieuse, c'est un espace ouvert &#224; notre libert&#233; et &#224; notre responsabilit&#233; pour faire fructifier nos dons, pour pr&#233;parer les festivit&#233;s et la venue du Royaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de faire confiance au Seigneur qui lui a fait un don, le 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; serviteur se d&#233;fie de lui, il en a peur et ne voulant courir aucun risque, il n'entreprend rien pour faire fructifier le talent confi&#233;. La peur et le manque de confiance rompent la relation d'amour initi&#233;e par le Seigneur. Au lieu de devenir acteur de la relation, en accueillant le talent et en le faisant fructifier, il se place en spectateur inactif et craintif des pr&#233;paratifs du Royaume. Ainsi il d&#233;truit la relation amicale avec son Seigneur qui n'est pour lui qu'un ma&#238;tre exigeant. Car, comme nous l'enseigne notre ch&#232;re petite Th&#233;r&#232;se de Lisieux, c'est la confiance et rien que la confiance qui nous conduit &#224; l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Seigneur offre &#224; tous au moins un talent, celui de son amour offert et auquel nous r&#233;pondons d'abord par la confiance qui nous ouvre &#224; la relation. Dans la confiance nous attendons sa venue, nous gardons au c&#339;ur de la m&#233;moire de J&#233;sus. Nous patientons sans crainte, et travaillons joyeusement, sans esprit de calcul. Confiant dans le Seigneur qui vient, en son amour mis&#233;ricordieux, nous attendons activement d'entrer dans sa joie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Antoine-Marie Leduc, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dimanche, d&#233;dicace du Latran, Jean 2, 13-22</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Dimanche-dedicace-du-Latran-Jean-2-13-22.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.carmel.asso.fr/Dimanche-dedicace-du-Latran-Jean-2-13-22.html</guid>
		<dc:date>2008-11-07T20:13:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;&#171; La maison de mon P&#232;re &#187; Qu'est-ce qu'un temple ? - Un lieu de beaut&#233; o&#249; l'on rencontre Dieu ; un lieu o&#249; Dieu se fait proche, et o&#249; l'homme accepte de s'approcher de Dieu. C'est bien cela que devait &#234;tre le temple de J&#233;rusalem dans la pens&#233;e de Salomon, son premier b&#226;tisseur, et dans le d&#233;sir de la communaut&#233; de pauvres, courageuse et enthousiaste, qui l'avait reb&#226;ti au retour d'un exil de quarante ans. D'o&#249; vient, alors cette s&#233;v&#233;rit&#233; de J&#233;sus ? Elle semble motiv&#233;e par plusieurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2007-2008-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2007-2008 Ann&#233;e A&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; La maison de mon P&#232;re &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'un temple ? - Un lieu de beaut&#233; o&#249; l'on rencontre Dieu ; un lieu o&#249; Dieu se fait proche, et o&#249; l'homme accepte de s'approcher de Dieu. C'est bien cela que devait &#234;tre le temple de J&#233;rusalem dans la pens&#233;e de Salomon, son premier b&#226;tisseur, et dans le d&#233;sir de la communaut&#233; de pauvres, courageuse et enthousiaste, qui l'avait reb&#226;ti au retour d'un exil de quarante ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient, alors cette s&#233;v&#233;rit&#233; de J&#233;sus ? Elle semble motiv&#233;e par plusieurs raisons &#224; la fois. Tout d'abord le Temple, dont Dieu d&#233;sirait faire une maison de pri&#232;re pour tous les peuples (Is 56,7), un signe de ralliement et d'accueil universel, ne r&#233;pondait encore que partiellement &#224; sa vocation (Jn 4,21). De plus sa beaut&#233; et sa richesse, &#224; l'&#233;poque de J&#233;sus, flattaient un peu l'orgueil des hommes au lieu de servir uniquement la gloire de Dieu (Mt 24,1). Enfin et surtout, la d&#233;sinvolture des hommes g&#234;nait, dans le Temple, la rencontre avec le Seigneur. Pour rejoindre Dieu, il fallait passer, trop souvent, &#224; travers tout un r&#233;seau de marchands, de marchandises et de marchandages. Les sacrifices, quand ils &#233;taient mal compris, pouvaient devenir un signe ext&#233;rieur de richesse, et le culte, que certains mat&#233;rialisaient, installait pour ainsi dire dans le Temple m&#234;me la vieille idole du c&#339;ur humain : le profit. Au Temple, trop d'interm&#233;diaires voulaient servir &#224; la fois Dieu et Mam&#244;n : &#171; Enlevez cela d'ici, s'&#233;crie J&#233;sus ; ne faites pas de la maison de mon P&#232;re une maison de trafic ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La maison de mon P&#232;re ! &#187; Quelle extraordinaire pr&#233;tention de la part de ce Galil&#233;en qui vient de chasser brebis et b&#339;ufs ! Et les responsables l'interpellent. Ils ne lui reprochent pas son coup d'audace, car tous les Juifs pieux devaient s'en r&#233;jouir, mais ils lui demandent : &#171; Comment peux-tu justifier ce que tu fais l&#224; ? Par quelle autorit&#233; le fais-tu ? &#187; J&#233;sus, dans un langage assez inattendu, les renvoie &#224; l'&#339;uvre supr&#234;me de Dieu, la r&#233;surrection, et pour toute justification, J&#233;sus r&#233;pond cette phrase qui p&#232;sera si lourd dans son proc&#232;s : &#171; D&#233;truisez ce temple, et en trois jours je le rel&#232;verai &#187;. Et l'&#233;vang&#233;liste de commenter : &#171; Mais lui parlait du temple de son corps &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est bien , en effet, le myst&#232;re central de cet &#233;pisode. Le corps de J&#233;sus, c'est-&#224;-dire non pas seulement sa chair, mais sa Personne vivante et bien concr&#232;te, est d&#233;sormais le seul lieu de la rencontre entre Dieu et les hommes, entre Dieu et ceux qui l'adorent en v&#233;rit&#233; (Jn 4,24) ; ce corps est le lieu o&#249; Dieu se fait proche et o&#249; l'homme s'approche de Dieu, parce que justement il est le corps de l'Homme-Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien lui, J&#233;sus Christ, en effet, qui est pour nous le Temple de la nouvelle alliance ; c'est par lui et en lui que nous avons acc&#232;s aupr&#232;s du P&#232;re (E 2,18) et que le P&#232;re vient au-devant de nous ; c'est lui qui, conjointement avec le P&#232;re, nous envoie chaque jour l'Esprit qui fait vivre. Il est l'unique m&#233;diateur (1 Tm 2,5) ; lui seul fait remonter vers Dieu notre pri&#232;re unanime et notre sacrifice quotidien ; lui seul reverse sur le monde et en chacun de nous &#171; la pl&#233;nitude dont il est rempli &#187; (E 1,23), c'est-&#224;-dire la force de sanctification concentr&#233;e pour toujours dans sa Personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Temple-l&#224;, ce lieu o&#249; Dieu rencontre l'homme, personne ne pouvait et personne ne pourra jamais le d&#233;truire, et Dieu le P&#232;re l'a signifi&#233; solennellement au monde en ressuscitant son Fils le troisi&#232;me jour. &#171; Aussi, ajoute l'&#233;vang&#233;liste, lorsque J&#233;sus se releva d'entre les morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait parl&#233; ainsi, et ils crurent &#224; l'&#201;criture ainsi qu'&#224; la parole qu'il avait dite. &#187; La r&#233;surrection, en effet, authentifiera les actions du Christ et son message ; elle proclamera que J&#233;sus &#233;tait vraiment l'Envoy&#233; du P&#232;re, et que &#171; Dieu &#233;tait dans le Christ, se r&#233;conciliant le monde &#187; (2 Co 5,19).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Fr&#232;res et s&#339;urs, nous le croyons, J&#233;sus Christ est pour nous, vraiment et &#224; jamais, le lieu de la rencontre du P&#232;re ; mais le P&#232;re nous trouve-t-il chaque jour ouverts &#224; cette rencontre, en attente de ce dialogue o&#249; il va nous promouvoir dans notre libert&#233; filiale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me quand nous nous approchons de Dieu pour la pri&#232;re, notre c&#339;ur de croyants demeure parfois encombr&#233; de marchandises et de calculs, comme un temple profan&#233;. M&#234;me quand nous d&#233;sirons sinc&#232;rement les rendez-vous d'alliance avec le P&#232;re qui nous appelle, des tr&#233;sors factices, une lassitude de la joie, une fixation sur l'imm&#233;diat ou une propension trop humaine &#224; la facilit&#233; peuvent toujours retarder ou d&#233;valuer la rencontre. Il est des jours o&#249; J&#233;sus pourrait surgir dans notre vie, pour nous dire, &#224; nous aussi, avec l'insistance d'un v&#233;ritable ami : &#171; Enl&#232;ve cela d'ici ; ne fais pas de la maison de mon P&#232;re une maison de trafic. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Car le temple de Dieu est saint, et ce temple, c'est nous. &#187; Ici l'enseignement de saint Paul vient s'articuler sur celui de J&#233;sus : puisque le Corps ressuscit&#233; de J&#233;sus, &#171; en qui habite corporellement la divinit&#233; &#187; (Col 2,9), est le Temple de Dieu par excellence, nous, chr&#233;tiens, membres de ce Corps, sommes avec le Christ le temple o&#249; habite l'Esprit de Dieu. Cela se v&#233;rifie pour chaque disciple personnellement et pour tous les fr&#232;res et s&#339;urs en coh&#233;sion de foi et de charit&#233;. Tous nous entrons, comme autant de pierres vivantes, dans la construction d'une vivante maison de Dieu, l'&#201;glise sainte, d'o&#249; est bannie toute distinction de race, de classe et de culture ( 1 P 2,5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Temple, qui n'est pas fait de main d'homme, le Voyant de l'Apocalypse le contemple sous son aspect achev&#233; et d&#233;finitif : la J&#233;rusalem d'en haut. Il nous transporte en pens&#233;e &#224; la fin des temps, quand Dieu aura fini de faire toutes choses nouvelles. Alors la communaut&#233; des rachet&#233;s rejoindra le Christ, combl&#233;e de joie, comme une jeune &#233;pous&#233;e, et avec le pressentiment d'un immense bonheur &#224; vivre. Dieu lui-m&#234;me essuiera toute larme de nos yeux, et il n'y aura plus de mort, plus de pleurs, de cris ni de d&#233;tresse, car la premi&#232;re cr&#233;ation aura disparu (Ap 21,1-4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Paul, lui, pr&#233;f&#232;re regarder le Temple de Dieu en train de se faire sous nos yeux, dans notre histoire. C'est Dieu qui construit, certes : nous sommes &#171; l'&#233;difice b&#226;ti par Dieu &#187; ( 1 Co 3,9) ; c'est lui qui a choisi et pos&#233; la pierre d'angle, celle que les hommes b&#226;tisseurs sont toujours tent&#233;s de rejeter : le Christ, sur qui repose toute la construction ; mais sur cette fondation divine, les hommes doivent continuer &#224; b&#226;tir le Temple. S'il n'est pas fait de main d'homme, les hommes doivent y mettre la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, selon Paul, les disciples ne b&#226;tiront pas n'importe comment. Tout d'abord on ne peut &#233;difier que sur le Christ, sur le projet et les paroles du Christ. Non pas un Christ r&#233;duit aux dimensions d'un sage ou d'un r&#233;formateur, mais l'Homme-Dieu parlant de Dieu et donnant Dieu : &#171; Nul ne peut poser d'autre fondement que celui qui s'y trouve, et qui est J&#233;sus Messie &#187; (1 Co 3,11). D'autre part chacun des b&#226;tisseurs doit regarder avec quoi il construit. Dans l'&#201;glise, seule la charit&#233; b&#226;tit en dur, seul l'amour assure l'&#233;ternit&#233; de la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est bien ce que le Seigneur veut nous rappeler en nous rassemblant tous autour de sa table, b&#226;tisseurs et b&#226;tisseuses en habits de dimanche, mais porteurs de nos outils de tous les jours. &#171; Si le Seigneur ne b&#226;tit la maison, en vain peinent les ma&#231;ons &#187; (Ps 127,1). R&#233;unis dans la maison de pri&#232;re, laissons Dieu cimenter entre nous son &#201;glise par l'amour que l'Esprit verse en nos c&#339;urs et par la communion qu'il nous offre au corps et au sang de son Fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Jean-Christian L&#233;v&#234;que, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dimanche des d&#233;funts</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Dimanche-des-defunts.html</link>
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		<dc:date>2008-10-31T07:02:48Z</dc:date>
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&lt;p&gt;&#171; Car la volont&#233; de mon P&#232;re, c'est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie &#233;ternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. &#187; En nous invitant aujourd'hui &#224; prier pour nos fr&#232;res d&#233;funts, l'Eglise nous appelle aussi &#224; lever notre regard au-del&#224; de la r&#233;alit&#233; douloureuse de la mort vers les r&#233;alit&#233;s d'en haut, &#224; nous laisser renouveler dans l'esp&#233;rance de ressusciter un jour dans le Christ pour vivre de la vie m&#234;me de Dieu. Aujourd'hui, il est devenu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2007-2008-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2007-2008 Ann&#233;e A&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Car la volont&#233; de mon P&#232;re, c'est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie &#233;ternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En nous invitant aujourd'hui &#224; prier pour nos fr&#232;res d&#233;funts, l'Eglise nous appelle aussi &#224; lever notre regard au-del&#224; de la r&#233;alit&#233; douloureuse de la mort vers les r&#233;alit&#233;s d'en haut, &#224; nous laisser renouveler dans l'esp&#233;rance de ressusciter un jour dans le Christ pour vivre de la vie m&#234;me de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il est devenu difficile de parler de la mort car notre soci&#233;t&#233; marqu&#233;e par le bien-&#234;tre et l'h&#233;donisme a tendance &#224; occulter cette r&#233;alit&#233;. La seule pens&#233;e de devoir mourir un jour angoisse et beaucoup pr&#233;f&#232;re l'&#233;liminer de leur champ de conscience. Il est vrai qu' &#171; en face de la mort, comme le rappelle le Concile Vatican II, l'&#233;nigme de la condition humaine atteint son sommet &#187; (Gaudium et spes, n. 18).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, les textes de la liturgie de ce jour sont particuli&#232;rement significatifs. Le livre de la Sagesse nous dit que ce qui fait la valeur d'une vie, ce ne sont pas le nombre des ann&#233;es, &#171; c'est une vie sans t&#226;che &#187;, fut-elle courte car &#171; la sagesse surpasse les cheveux blancs &#187;. Face &#224; la r&#233;volte et l'incompr&#233;hension qui peuvent habiter le c&#339;ur de l'homme devant la mort de quelqu'un de jeune, l'Ecriture d&#233;clare que c'est &#171; Dieu qui l'a repris pour que le mensonge n'&#233;gare pas son &#226;me &#187;. Non pas pour nous dire que Dieu aurait provoqu&#233; la mort mais pour nous r&#233;v&#233;ler qu'il veille sur nous et ne nous abandonne pas jusque dans notre mort : &#171; Les gens voient cela sans comprendre ; il ne leur vient pas &#224; l'esprit que Dieu accorde &#224; ses &#233;lus gr&#226;ce et mis&#233;ricorde, et qu'il veille sur ses amis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; M&#234;me s'il meurt avant l'&#226;ge, le juste trouvera le repos &#187; : Non seulement, Dieu ne l&#226;che la main &#224; personne au moment de la mort, mais il promet &#224; chacun le repos et la vie &#233;ternelle dans la mesure o&#249; il nous trouvera juste. Attention &#224; bien interpr&#233;ter ici ce que signifie &#171; &#234;tre trouv&#233; juste &#187;. Nous devons nous rappeler que, dans la Bible, est d&#233;clar&#233; juste celui qui est ajust&#233; &#224; la volont&#233; de Dieu c'est-&#224;-dire orient&#233; vers lui par toute sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de notre mort, il y a donc bien un jugement qui nous attend. Mais ce jugement particulier, c'est finalement nous qui en serons les responsables. Il ne s'agira pas d'un moment o&#249; Dieu nous r&#233;tribuera en fonction du poids de nos bonnes actions. Non, car la volont&#233; du P&#232;re c'est que le Fils ne perde aucun ceux qu'il lui a donn&#233;s et qu'il les ressuscite tous au dernier jour (Cf. Evangile). Il s'agira d'un moment o&#249; nous aurons rendez-vous avec la mis&#233;ricorde divine, aussi p&#233;cheur que nous soyons, et o&#249; nous serons appel&#233;s &#224; l'accueillir mais cette fois-ci d'une fa&#231;on d&#233;finitive car nous ne nous trouverons plus sous le r&#233;gime de la foi. C'est ici que se scellera d'une fa&#231;on d&#233;finitive l'orientation de fond que nous aurons voulu donner &#224; toute notre vie. M&#234;me si nous ne pouvons douter de la puissance de Dieu qui se d&#233;ploie jusque dans sa mis&#233;ricorde envers le p&#233;cheur le plus endurci, nous devons quand m&#234;me nous rendre compte que les choix que nous posons durant notre vie terrestre orientent d&#233;j&#224; le choix d&#233;finitif que nous poserons au moment de notre mort. C'est dans ce sens qu'il nous faut lire la deuxi&#232;me lecture de ce jour et particuli&#232;rement sa finale qui d&#233;clare : &#171; Chacun de nous devra rendre compte &#224; Dieu pour soi-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors selon que nous aurons accueilli la lumi&#232;re ou pr&#233;f&#233;r&#233; les t&#233;n&#232;bres nous nous retrouverons lumi&#232;re ou t&#233;n&#232;bres. Nous percevons donc ici toute l'importance de prier pour nos fr&#232;res d&#233;funts afin qu'ils puissent accueillir pleinement la mis&#233;ricorde infinie de notre P&#232;re c&#233;leste qu'il nous a rendue accessible en son Fils unique en dehors de qui personne ne peut aller vers le P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forts de notre foi en la victoire de J&#233;sus ressuscit&#233; sur la mort et le p&#233;ch&#233;, et dans l'esp&#233;rance de ressusciter en Christ pour vivre &#233;ternellement de l'Amour de Dieu nous voulons prier avec eux ces paroles du Psaume 24 : &#171; Rappelle-toi Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours. Oublie les r&#233;voltes, les p&#233;ch&#233;s de ma jeunesse ; dans ton amour de ne m'oublie pas&#8230; Vois ma mis&#232;re et ma peine, enl&#232;ve tous mes p&#233;ch&#233;s. Garde mon &#226;me d&#233;livre-moi ; je m'abrite en toi : &#233;pargne-moi la honte. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>30e Dimanche T.O. ; Mt 22, 34-40</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/30eme-Dimanche-T-O-Mt-22-34-40.html</link>
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		<dc:date>2008-10-24T07:08:34Z</dc:date>
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&lt;p&gt;&#034;Quel est le grand commandement ? &#187; &#171; Quel est le grand commandement ? &#187; Ce passage fait partie d'un ensemble de quatre controverses qui, dans le temple de J&#233;rusalem, opposent J&#233;sus aux principaux groupes du juda&#239;sme de son &#233;poque : pharisiens, h&#233;rodiens, sadduc&#233;ens. Par trois fois, J&#233;sus est interrog&#233; en qualit&#233; de Rabbi, c'est-&#224;-dire comme un ma&#238;tre dont on veut v&#233;rifier l'autorit&#233;. Par ses r&#233;ponses, J&#233;sus m&#232;ne ses interlocuteurs &#224; une interrogation de plus en plus radicale sur la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;Quel est le grand commandement ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Quel est le grand commandement ? &#187; Ce passage fait partie d'un ensemble de quatre controverses qui, dans le temple de J&#233;rusalem, opposent J&#233;sus aux principaux groupes du juda&#239;sme de son &#233;poque : pharisiens, h&#233;rodiens, sadduc&#233;ens. Par trois fois, J&#233;sus est interrog&#233; en qualit&#233; de Rabbi, c'est-&#224;-dire comme un ma&#238;tre dont on veut v&#233;rifier l'autorit&#233;. Par ses r&#233;ponses, J&#233;sus m&#232;ne ses interlocuteurs &#224; une interrogation de plus en plus radicale sur la v&#233;rit&#233; de leur attachement &#224; Dieu et sur le myst&#232;re de sa personne. Apr&#232;s avoir r&#233;solu le probl&#232;me de l'imp&#244;t d&#251; &#224; C&#233;sar, J&#233;sus affronte la question du plus grand parmi les commandements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le juda&#239;sme, cette question rev&#234;tait une particuli&#232;re importance, &#233;tant donn&#233; la multiplicit&#233; des pr&#233;ceptes de la loi ; on n'en comptait pas moins de 613, r&#233;partis en 365 d&#233;fenses, le nombre des jours d'une ann&#233;e, et en 248 commandements, selon le nombre des composants du corps humain. On comprend d&#232;s lors la n&#233;cessit&#233; de d&#233;gager et l'essentiel de l'accessoire, et la pr&#233;occupation des croyants qui cherchaient quel &#233;tait le pr&#233;cepte fondamental et central de toute la Loi. La question est plus profonde qu'il n'y para&#238;t, elle vise moins &#224; &#233;tablir une hi&#233;rarchie de pr&#233;cepte qu'&#224; &#233;lucider l'essence m&#234;me de l'exigence morale et &#224; en d&#233;terminer l'ultime motivation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si Dieu fait alliance avec l'homme et lui d&#233;voile sa volont&#233; &#224; travers des pr&#233;ceptes de la loi, le respect le plus &#233;l&#233;mentaire exige que l'on s'enqui&#232;re de l'orientation majeure de cette volont&#233;, afin que l'observance des pr&#233;ceptes particuliers soit elle-m&#234;me assum&#233;e dans un &#233;lan de base. Bref, il faut se demander dans quel esprit de vivre l'alliance, si l'on ne veut pas r&#233;duire la volont&#233; divine &#224; la conception ou &#224; l'image que chacun pourrait s'en faire, ou bien &#224; la mat&#233;rialit&#233; d'une ex&#233;cution sans souffle, sans dynamisme. La mise &#224; l'&#233;preuve de J&#233;sus se situe, non seulement au plan d'une discussion de principe, mais encore au niveau du t&#233;moignage de vie. On pressent que c'est par l'engagement de toute son existence que J&#233;sus fera la preuve de la v&#233;rit&#233; de sa r&#233;ponse. Le ma&#238;tre interrog&#233; commence par citer le texte du Deut&#233;ronome qui ram&#232;ne l'essence de la loi &#224; l'amour du Dieu unique, ce texte formait le c&#339;ur de la pri&#232;re matinale du juif pieux : &#233;coute, Isra&#235;l, le seigneur notre Dieu est le Dieu unique. Tu aimeras le seigneur ton Dieu de tout ton c&#339;ur, de tout on avait tout en esprit. En cela, ses interlocuteurs ne peuvent que lui donner raison. Mais il y joint aussit&#244;t la citation de cet autre commandement fondamental qui appara&#238;t sur la liste des prescriptions morales et cultuelles du L&#233;vitique : tu aimeras ton prochain comme toi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus lie donc l'amour du prochain et l'amour de Dieu, tout en mettant l'amour de Dieu en premier puisque c'est le second commandement qui est semblable au premier et non l'inverse. Cependant, ce terme de semblable attire notre attention et &#233;tablit une relation &#233;troite entre les deux commandements. Relation &#233;troite qui ne peut cependant &#234;tre comment&#233;e de mani&#232;re simpliste par des affirmations cat&#233;goriques du genre : &#171; Il n'y a d'amour de Dieu que dans l'amour du prochain &#187;. D'autant plus qu'il est difficile de faire une stricte &#233;quivalence entre l'amour de celui qui est bon, le mis&#233;ricordieux, l'&#234;tre parfait, et l'amour du prochain avec lequel j'entretiens une relation imparfaite marqu&#233;e par le p&#233;ch&#233; r&#233;ciproque, voire par la violence. Cependant, une fois admis cette r&#233;flexion, il reste que l'id&#233;e d'&#233;quivalence entre les deux commandements de l'amour d&#233;route la conscience chr&#233;tienne, qui se laisse aller facilement &#224; privil&#233;gier l'un des deux pour oublier l'autre. J&#233;sus nous invite donc &#224; ne pas opposer l'amour de Dieu et celui des hommes. Les 2 commandements sont semblables : aimer Dieu, le cr&#233;ateur et le r&#233;dempteur de l'homme, et aimer l'homme, image et ressemblance de Dieu. Th&#233;oriquement, il nous est facile de comprendre cette non-opposition entre les deux amours. Ils sont m&#234;me compl&#233;mentaires, comme nous le dit Saint-Jean dans la premi&#232;re &#233;p&#238;tre : &#171; Bien-aim&#233;, aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour est de Dieu, et que quiconque aime est n&#233; de Dieu et conna&#238;t Dieu. Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour. &#187; (1 Jean 4,7)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant de mani&#232;re pratique, chaque jour, il nous faut choisir quelquefois entre un acte qui manifeste notre amour de Dieu et un autre acte qui manifesterait notre amour de l'homme. Il est une th&#233;orie de l'amour du prochain, ou une pratique de cet amour, qui en vient &#224; se passer de Dieu. Comme il est une doctrine de l'amour de Dieu qui oublierait le prochain. Pourtant, malgr&#233; les difficult&#233;s th&#233;oriques et pratiques, la vie de J&#233;sus nous montre un chemin possible. Le disciple du verbe incarn&#233; s'ouvre &#224; une recherche qui vise les deux r&#233;alit&#233;s : un amour du prochain prolongeant l'intimit&#233; personnelle avec le seigneur, et un l'amour de Dieu dont l'authenticit&#233; se v&#233;rifie dans la rencontre fraternelle avec autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui se sait aimer de mani&#232;re inconditionnelle, qui accueille en lui l'onction apaisante et gu&#233;rissant de l'amour paternel de Dieu, origines et termes de tout amour, est bien pr&#232;s d'aimer lui-m&#234;me son prochain. N'est-ce pas sur la certitude que les deux attitudes sont dans une &#233;troite continuit&#233; que se base de l'affirmation de J&#233;sus ? N'est-ce pas sur la certitude qu'il n'y a finalement qu'un amour, qu'il n'est qu'un don de soi, qu'une ouverture &#224; autrui : ouverture aux autres qui devient ouverture &#224; l'Autre, et accueil du tout Autre qui se fait accueil de tous les autres ? N'est-ce pas sur cette certitude que ce fond de la recherche indiff&#233;renci&#233;e, &#224; laquelle sont appel&#233;s tous les chr&#233;tiens, de l'amour de Dieu et du prochain ? Car en d&#233;finitive l'unification de l'amour de Dieu et du prochain se produit moins dans le choix de telle ou telle action que dans la mani&#232;re dont on aime. Ne s'agit-il pas plus d'apprendre du P&#232;re &#224; aimer comme il nous aime pour garantir notre amour fraternel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>B&#233;atification Louis et Z&#233;lie Martin, Dimanche 19 octobre 2008</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Beatification-Louis-et-Zelie-Martin-Dimanche-19-octobre.html</link>
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		<dc:date>2008-10-17T08:52:37Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Pour tout savoir sur la b&#233;atification de Louis et Z&#233;lie Martin, parents de Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus voir . Pour les &#233;poux chr&#233;tiens, le sacrement de mariage les invite &#224; devenir signe et participation tant de l'amour trinitaire que de l'amour du Christ et de l'Eglise. En effet, par ce sacrement, les &#233;poux se promettent une fid&#233;lit&#233; enti&#232;re pour toute la vie en s'engageant sur les valeurs d'unit&#233;, d'indissolubilit&#233; et de f&#233;condit&#233;, et ils forment une communaut&#233; de vie et d'amour en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2007-2008-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2007-2008 Ann&#233;e A&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour tout savoir sur la b&#233;atification de Louis et Z&#233;lie Martin, parents de Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus voir &lt;a href=&#034;https://www.therese-de-lisieux.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.therese-de-lisieux.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour les &#233;poux chr&#233;tiens, le sacrement de mariage les invite &#224; devenir signe et participation tant de l'amour trinitaire que de l'amour du Christ et de l'Eglise. En effet, par ce sacrement, les &#233;poux se promettent une fid&#233;lit&#233; enti&#232;re pour toute la vie en s'engageant sur les valeurs d'unit&#233;, d'indissolubilit&#233; et de f&#233;condit&#233;, et ils forment une communaut&#233; de vie et d'amour en vivant au quotidien le dialogue, le respect et le service mutuels. Or en s'engageant et en vivant les valeurs d'unit&#233;, d'indissolubilit&#233; et de f&#233;condit&#233;, les &#233;poux tendent &#224; exprimer l'amour m&#234;me qui existe au sein de la Trinit&#233; qui vit cette unit&#233; substantielle et &#233;ternelle qui est &#224; l'origine de la cr&#233;ation. De m&#234;me, ils peuvent devenir signe et participation de l'amour du Christ pour l'Eglise en imitant J&#233;sus qui sut toujours accueillir ceux qu'il croisait sur son chemin, leur adresser une parole bienveillante et constructive, les servir dans leurs besoins concrets. Tour &#224; tour, les &#233;poux deviennent Christ et Eglise l'un pour l'autre lorsqu'ils entrent dans un dialogue vrai, vivent un respect profond et servent le bien commun familial. Donc pour r&#233;pondre &#224; la question de savoir quelle est la saintet&#233; des &#233;poux Martin, il faudrait montrer que leur vie conjugale fut un chemin de saintet&#233; en devenant signe et participation de l'amour de Dieu, amour trinitaire et amour du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons que, tant Louis et que Z&#233;lie, les &#233;poux Martin &#233;taient profond&#233;ment chr&#233;tiens, et engag&#233;s dans une vie spirituelle personnelle authentique. Du fait de cet engagement et de la g&#233;n&#233;rosit&#233; de leur c&#339;ur, tous les deux ont song&#233; tout d'abord &#224; s'engager dans la vie religieuse pour &#233;tancher leur soif de l'amour divin. Mais ils s'engag&#232;rent sur un autre chemin, le mariage v&#233;cu non comme un rem&#232;de &#224; la concupiscence, selon une formule ancienne d&#233;pr&#233;ciative, mais, selon une note &#233;crite de la main m&#234;me de M. Martin &#171; une mani&#232;re plus parfaite (de vivre) l'union chaste et toute spirituelle de J&#233;sus-Christ avec son Eglise &#187;. C'est pourquoi ils d&#233;siraient au point de d&#233;part vivre la continence &#224; l'int&#233;rieur de leur mariage. Regrettant tous les deux l'id&#233;al religieux, qui leur paraissait plus pur, ils se comprenaient facilement l'un l'autre, ayant des objectifs et des d&#233;sirs semblables. Ceci explique les pleurs et la d&#233;licatesse mutuelle au lendemain de leur mariage quand ils rendaient visite &#224; la s&#339;ur de Z&#233;lie visitandine au Mans : &#171; J'ai &#233;t&#233; la voir pour la premi&#232;re fois &#224; son monast&#232;re le jour de mon mariage ; je puis dire que j'ai pleur&#233; ce jour-l&#224; toutes mes larmes, plus que je n'avais jamais pleur&#233; dans ma vie, et plus que je ne pleurerai jamais ; cette pauvre s&#339;ur ne savait comment me consoler. Je n'avais pourtant pas de chagrin de la voir l&#224;, non, au contraire, mais j'aurais voulu y &#234;tre aussi ; je comparais ma vie &#224; la sienne et les larmes redoublaient. Enfin, pendant bien longtemps, je n'avais mon esprit et mon c&#339;ur qu'&#224; la Visitation. (&#8230;) Toi qui aimes tant ton p&#232;re, ma Pauline, tu vas penser que je lui faisais de la peine et que je lui en avais fait le jour de mon mariage ? Mais non, il me comprenait et me consolait de son mieux, car il avait des go&#251;ts semblables au mien ; je crois m&#234;me que notre affection r&#233;ciproque s'en est trouv&#233;e augmenter, nos sentiments &#233;taient toujours &#224; l'unisson et il me fut toujours un consolateur et un soutien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc rempli d'attention et de respect mutuel, dans une communion de valeur, que les nouveaux &#233;poux vivent leurs relations. Et c'est bien du fait de l'existence de ces valeurs partag&#233;es et de d&#233;sirs spirituels communs que Louis et Z&#233;lie Martin vont tout d'abord s'engager &#224; vivre comme fr&#232;re et s&#339;ur puis ils vont &#233;voluer vers le projet de fonder effectivement une famille. La droiture de leurs intentions, v&#233;ritablement spirituelles, et non par d&#233;go&#251;t psychologique de la sexualit&#233;, se v&#233;rifie par la rapidit&#233; avec laquelle ils chang&#232;rent d'orientation une fois &#233;clair&#233;s par un &#8220;bon confesseur&#8221;. Il leur montra qu'ils pouvaient mener de front leur id&#233;al de saintet&#233; et une pleine vie conjugale qui s'&#233;panouirait dans la f&#233;condit&#233;. Ils gardent pour eux leur objectif de saintet&#233; qui, con&#231;ue au d&#233;part d'un point de vue personnel, s'&#233;largit &#224; la communaut&#233; familiale : &#171; Quand nous avons eu nos enfants, nos id&#233;es ont chang&#233; un peu ; nous ne vivions plus que pour eux, c'&#233;tait tout notre bonheur, et nous ne l'avons jamais trouv&#233; qu'en eux. Enfin, rien ne nous co&#251;tait plus ; le monde ne nous &#233;tait plus &#224; charge. Pour moi, c'&#233;tait la grande compensation, aussi je d&#233;sirais en avoir beaucoup, afin de les &#233;lever pour le ciel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette citation, Z&#233;lie Martin nous r&#233;v&#232;le d&#233;j&#224; que l'amour familial se vit dans un service bien r&#233;el et concret au profit de toute la famille. Ce service pour elle, ce fut le travail quotidien dans les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res et son artisanat de points d'Alen&#231;on. Il s'agit avant tout pour les parents Martin de subvenir par leur travail aux besoins de la famille : &#171; Ce n'est pas le d&#233;sir d'amasser une plus grande fortune qui me pousse ; J'en ai plus que je n'en ai jamais d&#233;sir&#233;, mais je crois que ce serait folie &#224; moi de laisser cette entreprise, ayant cinq enfants &#224; &#233;tablir. Je dois aller jusqu'au bout pour eux&#8230; &#187; (CF 152). Mais leur vraie joie est dans la r&#233;ussite spirituelle de leur famille, &#171; Pourvu que j'arrive au Paradis avec mon cher Louis et que je les vois tous bien mieux plac&#233;s que moi, je serais assez heureuse comme cela &#187;. L'amour permet de mieux supporter le poids du service : &#171; C'est un travail si doux de s'occuper de ses petits-enfants ! Si je n'avais que cela &#224; faire, il me semble que je serais la plus heureuse des femmes. &#187; (CF 31) et la maman a bien conscience de s'&#234;tre livr&#233;e sans r&#233;serve dans ce service du travail : &#171; Je me dis souvent que si j'avais fait la moiti&#233; de tout cela pour gagner le ciel, je serais une sainte a canonis&#233; ! &#187; (CF 152).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les &#233;poux Martin ne perdent pas de vue leur objectif spirituel qui les r&#233;unissait d&#232;s le commencement de leur vie conjugale, la saintet&#233;. Tout entier le foyer est ordonn&#233; &#224; accueillir et &#224; rayonner l'amour de Dieu, c'est pourquoi le c&#339;ur des &#233;poux est r&#233;solument orient&#233; vers le Seigneur dans la pri&#232;re conscient que tout repose dans ses mains : &#171; &#171; Je lui ai dit de ne pas se creuser la t&#234;te pour cela, qu'il n'y avait qu'une chose &#224; faire : prier le bon Dieu, car, ni elle, ni moi, ne pouvions t'aider d'une autre mani&#232;re. Mais Lui, qui n'est pas embarrass&#233;, nous tirera de l&#224; quand il trouvera que nous avons assez souffert, et alors, tu reconna&#238;tras que ce n'est ni &#224; tes capacit&#233;s, ni &#224; ton intelligence que tu dois ta r&#233;ussite, mais &#224; Dieu seul, comme moi, avec mon point d'Alen&#231;on ; cette conviction est tr&#232;s salutaire, je l'ai &#233;prouv&#233; par moi-m&#234;me &#187; (CF 81).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette primaut&#233; de Dieu dans la famille Martin se traduit concr&#232;tement, non seulement par la pri&#232;re, mais aussi par des choix de vie : la fid&#233;lit&#233; aux enseignements de l'Eglise catholique, l'honn&#234;tet&#233; dans le travail, la justice et m&#234;me la charit&#233; dans les rapports avec les employ&#233;s, la r&#233;gularit&#233; dans la participation aux offices liturgiques, les p&#232;lerinages, et l'engagement dans des mouvements catholiques, surtout pour M. Martin. Nous n'illustrerons cela que par un seul point qui pourrait nous interpeller encore aujourd'hui, &#224; savoir la sanctification du dimanche. Il n'&#233;tait pas question de travailler ce jour-l&#224;, de faire commerce, Dieu devait &#234;tre le premier servi. Et pour Z&#233;lie Martin il semblerait que son mari &#233;tait encore plus exigeant qu'elle sur ce point : &#171; je me dis : &#171; Voil&#224; un homme qui n'a jamais essay&#233; de faire fortune ; quand il s'est &#233;tabli, son confesseur lui disait d'ouvrir sa bijouterie le dimanche, jusqu'&#224; midi. Il n'a pas voulu accepter la permission, pr&#233;f&#233;rant manquer de belles ventes. Et malgr&#233; tout, le voil&#224; riche. &#187; Je ne puis attribuer l'aisance dont il jouit &#224; autre chose qu'&#224; une b&#233;n&#233;diction sp&#233;ciale, fruits et de son observance fid&#232;le du dimanche. &#187; (CF 140)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis et Z&#233;lie se sont engag&#233;s r&#233;ellement dans leur sacrement de mariage pour vivre et rayonner l'amour de Dieu. Recherchant l'unit&#233; de toute la vie, avec une belle f&#233;condit&#233;, ils se sont mis g&#233;n&#233;reusement au service de tous pour le bien commun, dans l'Eglise et le monde, en laissant toujours &#224; Dieu la seule place qui lui vaille, la premi&#232;re. Et nous pouvons terminer en laissant la parole &#224; M. Martin avec une conclusion d'une lettre &#224; sa femme qui exprime merveilleusement toute la qualit&#233; relationnelle des &#233;poux : &#171; Ton mari et vrai ami, qui t'aime pour la vie ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Antoine-Marie Leduc, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>29e Dimanche T.O. ; Mt 22, 15-21</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/29eme-Dimanche-T-O-Mt-22-15-21.html</link>
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		<dc:date>2008-10-17T08:47:24Z</dc:date>
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		<description>&lt;p&gt;&#171; Rendez &#224; C&#233;sar ce qui est &#224; C&#233;sar, et &#224; Dieu ce qui est &#224; Dieu. &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2007-2008-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2007-2008 Ann&#233;e A&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Rendez &#224; C&#233;sar ce qui est &#224; C&#233;sar, et &#224; Dieu ce qui est &#224; Dieu. &#187; Voici une des formules de J&#233;sus les plus connues par les chr&#233;tiens, et plus largement, qui est pass&#233; dans la sagesse et le langage populaire. il ne faut pas cependant se laisser aveugler par ce qui peut appara&#238;tre comme un slogan facile &#224; retenir. Cette formule ne vise pas d'abord &#224; d&#233;terminer une ligne de d&#233;marcation entre le temporel et le spirituel, et encore moins &#224; justifier ceux qui veulent cantonner le religieux &#224; la stricte sph&#232;re de la vie priv&#233;e. Le contexte de cette phrase et la tradition biblique nous aident &#224; en comprendre le sens profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons tout d'abord les intentions mal honn&#234;tes des interlocuteurs de J&#233;sus. Ils ne cherchent pas une r&#233;ponse &#224; une question qui les pr&#233;occupe, et encore moins la v&#233;rit&#233;. Ce qui leur importe, c'est de prendre en faute J&#233;sus, comme nous le rapporte l'&#233;vang&#233;liste. Dans leur esprit, en posant cette question, ils tendent un pi&#232;ge &#224; celui qui les g&#234;ne, pi&#232;ge duquel il ne peut sortir sans dommage. Car payer l'imp&#244;t romain, c'est reconna&#238;tre la l&#233;gitimit&#233; de l'autorit&#233; d'occupation, alors que, selon la foi juive, la seule loi applicable en Isra&#235;l est la loi de Dieu. D'ailleurs, une partie de la population r&#233;sistait passivement en ne payant pas les redevances romaines. La dimension religieuse et politique de la question des pharisiens apparait dans sa formulation. Ils ne demandent pas &#8220;est-il obligatoire de payer l'imp&#244;t&#8221; comme nous pouvons poser cette question pour nous vis &#224; vis de l'&#233;tat fran&#231;ais, mais &#8220;est-il permis&#8220;, sous-entendu permis par la loi de Dieu. Donc, si J&#233;sus leur r&#233;pond qu'il faut payer l'imp&#244;t &#224; C&#233;sar, il se fait le collaborateur de l'occupant romain, et il est infid&#232;le &#224; la loi juive. S'il r&#233;pond qu'il ne faut pas payer l'imp&#244;t, les pharisiens pourront le d&#233;noncer aux autorit&#233;s romaine pour r&#233;bellion. Souvenez vous de ce qu'il oseront dire lors du proc&#232;s pour justifier sa mise &#224; mort (Jn 19, 12-15). Les pr&#234;tres, pour pousser Pilate &#224; mettre &#224; mort J&#233;sus, diront qu'il est l'ennemi de l'empereur car il se dit &#8220;roi de juifs&#8221; et ainsi J&#233;sus pousserait les juifs &#224; la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la logique des pharisiens, J&#233;sus est pris au pi&#232;ge, quoiqu'il dise, ils pourront lui nuire. Le coup de g&#233;nie de J&#233;sus est de leur demander d'apporter une pi&#232;ce de denier romain. Car la monnaie est le signe par excellence de l'autorit&#233;, battre monnaie est un droit r&#233;galien du pouvoir politique l&#233;gitime. La monnaie est l'instrument quotidien de la vie pratique fourni par l'&#201;tat qui lui imprime sa marque pour que personne n'ignore l'origine de l'autorit&#233;. Les pharisiens acceptaient la monnaie romaine puisqu'ils en ont sur eux pour la montrer &#224; J&#233;sus. Ils entrent dans le jeu &#233;conomique dirig&#233; par l'occupant, il en accepte donc la souverainet&#233;. Il est donc logique qu'ils acceptent toutes les r&#232;gles du jeu &#233;conomique, notamment l'imp&#244;t. Une fois de plus, J&#233;sus a renvoy&#233; ces interlocuteurs &#224; eux-m&#234;me, et voyant leur propre incoh&#233;rence ils restent muets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout pourrait s'arr&#234;ter l&#224;, mais la bont&#233; de J&#233;sus ne satisfait jamais de simplement boucler la bouche &#224; ses ennemis. Ce qui l'importe d'avantage que d'avoir raison, c'est d'ouvrir l'esprit de ces contemporains &#224; la lumi&#232;re de la v&#233;rit&#233;. Il aurait pu se contenter du &#8220;rendez &#224; c&#233;sar ce qui est &#224; C&#233;sar&#8221;, mais il va plus loin en nommant Dieu. Il veut faire r&#233;fl&#233;chir ses interlocuteurs sur la dimension cach&#233;e, spirituelle de sa r&#233;ponse. Pour r&#233;pondre aux pharisiens, J&#233;sus leur a demand&#233; une pi&#232;ce, et il a pos&#233; la question de savoir de qui est l'effigie de cette pi&#232;ce. En reconnaissant l'image de l'autorit&#233; supr&#234;me de l'empire, les juifs reconnaissaient une certaine soumission au pouvoir politique en place. Mais en posant la question de l'image qui figure sur la pi&#232;ce, J&#233;sus nous invite &#224; penser &#224; une autre image. S'il faut rendre &#224; C&#233;sar ce qui porte l'image de C&#233;sar, que doit-on rendre &#224; Dieu ? Qu'est-ce qui porte l'image de Dieu ? Souvenons-nous du livre de la Gen&#232;se. &#171; Dieu dit : &#8220;Faisons l'homme &#224; notre image, comme notre ressemblance, (&#8230;) et Dieu cr&#233;a l'homme &#224; son image, &#224; l'image de Dieu il le cr&#233;a, homme et femme il les cr&#233;a. &#187; En nous rappelant ce texte, la parole de J&#233;sus prend une nouvelle couleur. Les pharisiens se posent des questions sur l'argent, mais la question la plus importante ne concerne-t-elle pas d'abord l'homme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vivre, nous acceptons les r&#232;gles du jeu de l'&#233;conomie, mais ce n'est pas le tout de notre vie. Nous savons nous adapter aux r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles et politiques, car il faut bien vivre en soci&#233;t&#233;. Mais nous sommes peut-&#234;tre moins appliqu&#233;s &#224; reconna&#238;tre et &#224; honorer les exigences de notre vie spirituelle. Il nous est plus facile d'oublier ce qui est plus t&#233;nu, plus cach&#233;, et qui ne s'impose pas comme s'impose l'autorit&#233; politique, &#224; savoir la pr&#233;sence de Dieu. Nous oublions facilement cette pr&#233;sence discr&#232;te de Dieu en chacun de nous. Nous sommes faits &#224; l'image et &#224; la ressemblance de Dieu, nous sommes appel&#233;s &#224; vivre en communion avec lui. Si l'argent qui porte la marque de l'autorit&#233; politique retourne l&#233;gitimement vers cette autorit&#233; en payant l'imp&#244;t. La personne humaine qui est marqu&#233; d&#232;s l'origine par l'image de Dieu a vocation &#224; retourner vers Dieu. Ce retour vers celui qui a marqu&#233; notre c&#339;ur de son image ne se r&#233;alise pas seulement &#224; la fin de notre vie, nous sommes invit&#233;s &#224; reconna&#238;tre la pr&#233;sence et l'autorit&#233; de Dieu dans notre vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'image de l'imp&#244;t que nous payons, nous aide &#224; comprendre ce qui est juste de faire envers Celui qui nous a cr&#233;&#233; &#224; son image. Si l'argent qui porte l'image de l'autorit&#233; politique retourne en partie &#224; l'Etat via l'imp&#244;t, l'homme qui porte l'image de Dieu &#224; aussi vocation de se tourner vers son cr&#233;ateur. &#171; Rendez &#224; C&#233;sar ce qui est &#224; C&#233;sar, et &#224; Dieu ce qui est &#224; Dieu. &#187; En effet, aujourd'hui les imp&#244;ts et les taxes nous cernent de toute part, derri&#232;re chaque acte de notre vie courante se dissimule un pr&#233;l&#232;vement de l'&#201;tat. L'imagination des hommes politiques et des technocrates est en la mati&#232;re intarissable. Chaque jour nous payons directement ou indirectement une taxe ou un imp&#244;t. Qu'en est-il de notre relation &#224; Dieu, est-elle aussi fr&#233;quente ? La pression spirituelle du Seigneur sur ces fid&#232;les est nettement moins forte que la pression fiscale de l'&#201;tat, car le Seigneur fait appel &#224; notre libert&#233;. Mais la libert&#233; que nous avons de nous tourner vers notre P&#232;re du ciel n'enl&#232;ve rien &#224; la n&#233;cessit&#233; du temps que nous consacrons au Seigneur. Etant marqu&#233; du sceau de l'Esprit saint, c'est toute notre vie qui est appel&#233; &#224; devenir une offrande pour Dieu, par la pri&#232;re et les services que nous pouvons rendre en &#201;glise. Quand nous prenons le temps de la pri&#232;re, quand nous assumons un service ou une &#339;uvre de charit&#233;, nous rendons simplement &#224; Dieu ce qui lui appartient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;pondant aux pharisiens &#171; Rendez &#224; C&#233;sar ce qui est &#224; C&#233;sar, et &#224; Dieu ce qui est &#224; Dieu. &#187;, J&#233;sus les invitait &#224; r&#233;fl&#233;chir sur la mani&#232;re dont ils organisaient leur vie. Les pharisiens posent une question sur l'imp&#244;t d&#251; aux romains, encore une fois, ils ne se posent que des questions qui concerne l'ext&#233;rieur de leur vie. J&#233;sus leur rappelle l'essentiel, en s'appuyant sur les &#233;vidences de la vie courante. Pour tous, il semble &#233;vident qu'il faille participer aux relations et au jeu de l'&#233;conomie dirig&#233; par l'autorit&#233; politique, et rendre en partie la monnaie qui porte son image. Mais comment participons-nous aux relations spirituelles qui nous lient avec celui dont nous portons l'image pour dire avec Saint Augustin : &#171; je suis &#224; toi Seigneur, et mon c&#339;ur est sans repos tant qu'il ne demeure en toi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Antoine-Marie Leduc, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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