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		<title>Carmel en France</title>
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		<title>La vie fraternelle</title>
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		<dc:subject>Quoi de neuf ?</dc:subject>

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&lt;p&gt;I - La vie Fraternelle Nous vivons dans un monde o&#249; la communication a une place pr&#233;pond&#233;rante. Mais au del&#224; des &#233;changes d'informations, prenons-nous encore le temps de nous rencontrer ? En d&#233;couvrant progressivement le regard que Dieu porte sur chacun de nous, la spiritualit&#233; carm&#233;litaine nous invite &#224; ne pas vivre en individus isol&#233;s, mais &#224; tisser des relations entre des personnes qui ont du prix aux yeux de Dieu. Ces relations constituent la trame d'une vie fraternelle qui se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Presence-au-autres-.html" rel="directory"&gt;Pr&#233;sence au autres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-Quoi-de-neuf-+.html" rel="tag"&gt;Quoi de neuf ?&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/marlene_goulard_photography_img_7992-a14b5.jpg?1782946399' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - La vie Fraternelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons dans un monde o&#249; la communication a une place pr&#233;pond&#233;rante. Mais au del&#224; des &#233;changes d'informations, prenons-nous encore le temps de nous rencontrer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;couvrant progressivement &lt;strong&gt;le regard que Dieu porte sur chacun de nous&lt;/strong&gt;, la spiritualit&#233; carm&#233;litaine nous invite &#224; ne pas vivre en individus isol&#233;s, mais &#224; tisser des relations entre des personnes qui ont du prix aux yeux de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces relations constituent la trame d'une vie fraternelle qui se r&#233;alise diversement selon les engagements de chacun. Elles expriment cette dimension importante de l'&#234;tre humain :&lt;strong&gt; vivre en communion avec les autres&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre toutes formes d'exclusion, de rejet ou de condamnation, nous apprenons ainsi &#224; nous accueillir, &#224; nous aider les uns les autres dans notre vie, &#224; nous pardonner mutuellement afin de reconna&#238;tre en chacun l'image et la ressemblance de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Le t&#233;moignage d'une s&#339;ur carm&#233;lite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque carm&#233;lite, comme tout &#234;tre humain, a son histoire et le Seigneur appelle chacune &#224; travers des itin&#233;raires tr&#232;s diff&#233;rents, bien que ce soit pour vivre une m&#234;me vocation :&lt;strong&gt; l'appel demeure toujours tr&#232;s personnel&lt;/strong&gt;. Certaines, parce qu'elles portaient un d&#233;sir missionnaire, ont compris que le Seigneur leur demandait de le vivre dans une vie cach&#233;e, enfouie pour le r&#233;aliser pleinement. D'autres qui pensaient surtout &#224; une vie toute d'intimit&#233; et de contemplation, ont &#233;t&#233; amen&#233;es &#224; &#233;largir leur regard et leur c&#339;ur aux dimensions du monde. En d&#233;finitive, c'est le Seigneur qui nous &#233;duque et nous fait d&#233;couvrir peu &#224; peu la pl&#233;nitude de notre appel au Carmel et c'est Lui qui fait grandir ce qui n'&#233;tait qu'&#224; l'&#233;tat de germe. Cette exp&#233;rience, je l'ai faite en entrant au Carmel. L'id&#233;e d'&#234;tre missionnaire ne m'avait jamais effleur&#233;e.&lt;strong&gt; J'ignorais aussi que le Carmel &#233;tait missionnaire d'une fa&#231;on cach&#233;e, mais si profonde.&lt;/strong&gt; La vie contemplative m'attirait : c'&#233;tait l'intimit&#233; du Seigneur que je recherchais, dont j'avais soif surtout : le conna&#238;tre et demeurer avec Lui. Pourtant, ce n'&#233;tait pas indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de la soci&#233;t&#233;, ni refus du monde - j'aimais intens&#233;ment la vie - ni &#233;go&#239;sme que ce besoin, inscrit dans notre &#234;tre, celui de vivre la pl&#233;nitude de l'Amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans l'amour, la vie n'a aucun sens. D&#233;sirant l'Amour aussi passionn&#233;ment que je go&#251;tais &#224; la vie, &#233;tant faite, comme tout &#234;tre humain, pour aimer, rien cependant ni personne ne parvenait &#224; combler cet ab&#238;me que je portais en moi. C'est ainsi que le Seigneur m'a fait comprendre que cette pl&#233;nitude, Lui seul pouvait me la donner, que je ne la trouverais qu'en lui. Dieu m'attirait d'abord parce que Lui seul pouvait &#233;teindre ce feu qu'Il avait allum&#233; en moi et qui me d&#233;vorait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que Mo&#239;se fut d'abord attir&#233; par le Buisson ardent qui ne se consumait pas et s'est approch&#233; pour voir, de m&#234;me Dieu m'a d'abord attir&#233;e &#224; Lui par son feu. Ce n'est qu'ensuite, lorsque Mo&#239;se eut compris que ce feu, c'&#233;tait Dieu, qu'il a pu recevoir la mission de conduire le peuple &#224; travers le d&#233;sert. Et ce n'est aussi que plus tard, au Carmel, que j'ai compris la mission que comportait cette suite du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se lier au Christ, ce n'est pas jouir &#233;go&#239;stement d'une intimit&#233;, mais c'est coop&#233;rer totalement &#224; la Mission de Celui qui nous appelle, c'est adh&#233;rer &#224; son &#339;uvre : &lt;strong&gt;faire conna&#238;tre le Nom du P&#232;re aux hommes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant cette soif d'amour qui m'habitait, me faisait ressentir de mani&#232;re aigu&#235; tout ce qui n'&#233;tait pas amour dans le monde o&#249; je vivais, surtout la souffrance et le mal autour de moi vis &#224; vis desquels je sentais ma radicale impuissance, et cela me br&#251;lait aussi. J'aurais voulu agir, et je sentais que toute action &#233;tait une goutte d'eau perdue dans l'immensit&#233; de l'oc&#233;an. Cela ne pouvait me suffire, cela ne pouvait m'apaiser, il me fallait trouver un moyen plus efficace. La pri&#232;re alors m'est apparue comme le levier, le seul &#224; ma port&#233;e, avec lequel je pourrais changer quelque chose en ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La racine du p&#233;ch&#233; se trouve dans le c&#339;ur de l'homme et c'est l&#224;, me semblait-il, qu'il fallait d'abord agir. La seule solution v&#233;ritable, c'&#233;tait de transformer les c&#339;urs, de les convertir &#224; l'Amour. Mais qui peut changer le c&#339;ur des hommes, sinon Dieu ? M'enfouir et prier, &lt;strong&gt;prier de toutes mes forces, de tout mon &#234;tre pour tous ceux que j'aimais et qui ne croyaient pas&lt;/strong&gt;, pour tous ceux qui luttaient dans la nuit, tous ceux qui souffraient et ne connaissaient pas Dieu, tous ceux qui ne savaient pas que Lui, Dieu, &#233;tait le Salut, la Joie, l'Amour, et qu'en Lui tous seraient rassasi&#233;s et d&#233;salt&#233;r&#233;s. Ma vocation peu &#224; peu s'&#233;largissait, et c'est Lui, le Seigneur, qui me mettait au c&#339;ur ce besoin intense de le faire conna&#238;tre, Lui, le Chemin, la V&#233;rit&#233;, la Vie, Lui l'Amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul ne peut le contenir l'infini de l'Amour. Dieu qui avait ouvert en moi un gouffre, avait fait &#233;clater mes petites limites. Ce tr&#233;sor qu'Il m'avait d'abord r&#233;v&#233;l&#233;, cette eau vive qu'Il m'avait fait go&#251;ter, Il me demandait de les partager, d'ouvrir cet infini au monde. N'ayant rien, c'est de Lui seul que je re&#231;ois tout. Et pour pouvoir donner, il faut ces longues heures de rencontre avec Lui dans le silence et la solitude. Nous ne pouvons avoir de mission sans ce ressourcement continuel. Alors seulement, quelque chose qui vient de Lui peut nous traverser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les petits riens</title>
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&lt;p&gt;&#171; Rien n'est petit &#187; quand l'enjeu est si grand, voil&#224; la pens&#233;e qui doit nous guider en ce domaine des petits riens, et nous entendons par ce mot les humbles r&#233;alit&#233;s de notre existence : petits devoirs, petits renoncements, petites souffrances, petites joies, qui s'offrent en nombre infini le long de nos journ&#233;es et semblent, &#224; premi&#232;re vue, quantit&#233;s n&#233;gligeables. Elles prennent au contraire de l'importance si on les envisage sous l'angle du progr&#232;s spirituel et deviennent selon notre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Presence-au-autres-.html" rel="directory"&gt;Pr&#233;sence au autres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Rien n'est petit &#187; quand l'enjeu est si grand&lt;/strong&gt;, voil&#224; la pens&#233;e qui doit nous guider en ce domaine des petits riens, et nous entendons par ce mot les humbles r&#233;alit&#233;s de notre existence : petits devoirs, petits renoncements, petites souffrances, petites joies, qui s'offrent en nombre infini le long de nos journ&#233;es et semblent, &#224; premi&#232;re vue, quantit&#233;s n&#233;gligeables. Elles prennent au contraire de l'importance si on les envisage sous l'angle du progr&#232;s spirituel et deviennent selon notre attitude : obstacles &#224; l'amour de Dieu ; d&#233;ceptions dans l'exercice de cet amour ; ou, au contraire, occasions d'amour de notre part et m&#234;me reflets du grand amour de Dieu pour nous.
&lt;strong&gt;La vie d'oraison va de pair avec un sens avis&#233; de l'usage des plus humbles r&#233;alit&#233;s &lt;/strong&gt; ; ainsi la spiritualit&#233; du Carmel se penche-t-elle sur le d&#233;tail de notre vie parce que l'amour qui l'anime se doit d'&#233;carter tous les obstacles qui s'opposent &#224; son exercice, les petits comme les grands.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Les humbles r&#233;alit&#233;s, obstacles &#224; l'amour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La spiritualit&#233; carm&#233;litaine &#233;claire d'abord ceux qui la suivent sur &lt;strong&gt;l'importance des d&#233;tails m&#234;me insignifiants de l'existence&lt;/strong&gt;, lorsqu'elle nous apprend combien leur m&#233;connaissance peut causer de dommage &#224; notre vie spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rien n'est petit quand le p&#233;ril est si consid&#233;rable ! &#187; Ce cri de la sainte M&#232;re est comme le r&#233;sum&#233; de tous les conseils de prudence que nous donnent les mystiques du Carmel lorsqu'il s'agit de r&#233;gler notre commerce avec les cr&#233;atures. Il faut si peu pour qu'elles fassent obstacle &#224; nos progr&#232;s dans l'amour ! &#171; L&#224; o&#249; est ton tr&#233;sor, l&#224; aussi est ton c&#339;ur &#187; a dit Notre-Seigneur, et si cela vaut des tr&#233;sors d'amour que nous engrangeons dans les cieux par nos m&#233;rites accumul&#233;s, cette formule se retourne contre celui qui s'attache immod&#233;r&#233;ment aux cr&#233;atures. Facilement, h&#233;las ! &#171; les c&#339;urs humains tombent de leur dignit&#233; et se souillent s'ils s'abaissent &#224; jouir des cr&#233;atures &#187;, un de nos plus vieux textes le d&#233;clare longtemps avent Saint Jean de la Croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est bien le m&#233;rite de ce dernier d'avoir &#233;clair&#233; et pr&#233;cis&#233; de fa&#231;on d&#233;finitive cette question. Sa doctrine est formelle : &lt;strong&gt;on n'atteindra pas normalement la contemplation et la vraie union &#224; Dieu si l'on garde une attache r&#233;fl&#233;chie et d&#233;lib&#233;r&#233;e &#224; une cr&#233;ature quelconque&lt;/strong&gt;. Si petite soit-elle, cette attache suffit &#224; retenir le c&#339;ur dans son &#233;lan, &#224; le souiller, eu &#233;gard &#224; l'infinie puret&#233; &#224; laquelle elle d&#233;sire s'unir. Le Saint se demande : &#171; Est-il n&#233;cessaire que l'&#226;me ait mortifi&#233; ses tendances, si petites qu'elles soient ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est reprendre l'objection de ceux qui voudraient que la fid&#233;lit&#233; aux petits riens de notre vie import&#226;t peu &#224; notre progr&#232;s spirituel. Il r&#233;pond cat&#233;goriquement : &#171; Quant aux tendances volontaires, qu'il s'agisse des plus graves qui portent au p&#233;ch&#233; mortel, ou des moins graves qui portent au imperfections, si petites qu'elles soient, il les faire dispara&#238;tre compl&#232;tement, sans quoi l'esprit est incapable d'arriver &#224; l'union parfaite avec Dieu. En voici les raisons : si l'esprit s'attache &#224; quelque imperfection que Dieu ne veut pas, il n'est pas encore arriv&#233; &#224; avoir une seule volont&#233; avec celle de Dieu. &#187; Le saint Docteur ne craint pas de citer de tr&#232;s petites choses qui peuvent devenir obstacles &#224; l'amour lorsque l'on n'a pas la force de rompre avec elles :&#171; Quant &#224; nos tendances volontaires, il suffit, je le r&#233;p&#232;te, qu'il y en ait envers des choses tr&#232;s minimes pour emp&#234;cher l'union divine. Ces imperfections habituelles sont, par exemple, la coutume de parler beaucoup, une petite attache dont on ne veut jamais se d&#233;faire, &#224; un objet quelconque, une personne, un v&#234;tement, un livre, une cellule, tel genre de nourriture, petites conversations, petits go&#251;ts, petits d&#233;sirs de savoir, d'entendre, et autres semblables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, une chose &#171; m&#234;me insignifiante &#187; suffit &#224; arr&#234;ter l'&#226;me, &#224; la rendre &#171; semblable &#224; la mouche toute englu&#233;e de miel &#187;, &#171; &#224; l'oiseau qu'un l&#233;ger fil retient prisonnier et qui ne peut prendre son vol &#187;. Voil&#224; l'&#233;lan entrav&#233;, et barr&#233;e l'entr&#233;e de la demeure si douce et accueillante de la contemplation. Telle est bien souvent la cause profonde de notre aridit&#233;, de notre manque de ferveur vis-&#224;-vis de Dieu. &lt;strong&gt;Nous sentons bien qu'Il nous demande ces sacrifices&#8230; mais nous feignons de ne pas voir. &lt;/strong&gt; Nous passons outre. Alors nous nous tra&#238;nons pour n'avoir pas eu le courage de trancher sur le vif. Et apr&#232;s avoir essay&#233; une foule d'autres moyens, il faudra bien, un jour ou l'autre, &#233;carter cet obstacle, rompre ce fil, pour aller plus avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous murmurez peut-&#234;tre, comme certains auditeurs du Christ : &#171; Cette parole est dure&#8230; qui peut l'entendre. &#187; Et cependant tous nos mystiques ont le courage de prof&#233;rer cet enseignement apr&#232;s l'avoir mis en pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sainte Th&#233;r&#232;se est &#224; l'unisson de Saint Jean de la Croix lorsqu'elle &#233;crit : &#171; Si chacune de nous ne se pr&#233;occupe comme d'une affaire importante entre toutes de contredire continuellement sa volont&#233;, mille choses nous &#244;teront cette sainte libert&#233; de l'esprit qui permet &#224; l'esprit de voler vers son Cr&#233;ateur, libre d'une charge de terre et de plomb. &#187; C'est presque l'image employ&#233;e par Saint Jean de la Croix de l'oiseau qui doit s'envoler l&#233;ger vers Dieu. Et voici une phrase qu'on dirait encore de lui : &#171; Ayons bien soin aussi, dans les plus petites choses, d&#232;s lors que nous sentons y avoir quelque attache, d'en &#233;loigner notre pens&#233;e pour la ramener &#224; Dieu. &#187; Cependant Th&#233;r&#232;se sait rester elle-m&#234;me en usant de ses images favorites : &#171; Si nous remplissons le palais de petites gens et de toutes sortes de babioles, comment le Souverain pourra-t-il y trouver place avec sa cour ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'appui de cette doctrine, faut-il citer encore Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus g&#233;missant sur ces personnes, religieuses ou la&#239;ques, qui en prennent &#224; leur aise avec les petits riens : &#171; Oh ! qu'il y a peu d'&#226;mes religieuses qui ne font rien par &#224; peu pr&#232;s, se disant : Je ne suis pas tenue &#224; ceci, &#224; cela&#8230; ; apr&#232;s tout, il n'y a pas grand mal &#224; parler ici, &#224; se contenter l&#224;, etc&#8230; &lt;strong&gt;Qu'elles sont rares les &#226;mes qui font tout le mieux possible !&lt;/strong&gt; &#187; Pour elle, elle se surveillait de pr&#232;s afin de garder son c&#339;ur libre ; c'&#233;tait le fruit de l'exp&#233;rience : &#171; Il en est de cela comme du reste : il faut que je rencontre en tout l'abn&#233;gation et le sacrifice ; ainsi je sens qu'une lettre ne produira aucun fruit tant que je ne l'&#233;crirai pas avec une certaine r&#233;pugnance et pour le seul motif d'ob&#233;ir. &lt;strong&gt;Quand je parle avec une novice, je veille &#224; me mortifier, j'&#233;vite de lui adresser des questions qui satisferaient ma curiosit&#233;.&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces textes soulignent assez le p&#233;ril auquel les petits riens peuvent sournoisement nous exposer. Ils nous disent aussi de quelle fa&#231;on large nous devons nous comporter. Aucune minutie exag&#233;r&#233;e dans cette chasse aux obstacles de la perfection contemplative, mais beaucoup de souplesse et de largeur de vue. Nos saints, si soigneux qu'ils soient des d&#233;tails, ne sont pas occup&#233;s &#224; tenir des cahiers de p&#233;nitence ni &#224; se livrer &#224; des comptes spirituels. Si Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus fit usage du carnet que lui avait donn&#233; sa s&#339;ur au moment de sa premi&#232;re communion, au point de compter 818 sacrifices en trois mois, elle devait plus tard convenir que de tels calculs &#233;taient peu profitables et que seul l'esprit de mortification constant devait &#234;tre conserv&#233;. Cet esprit nous aidera &#224; d&#233;couvrir dans notre vie &lt;strong&gt;les petits riens qui font &#233;chec &#224; l'amour de Dieu, et &#224; les supprimer&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Les humbles r&#233;alit&#233;s, d&#233;ception de l'amour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier p&#233;ril &#233;cart&#233;, il en reste un second. C'est d'&#233;prouver en face des riens dont notre vie est faite une immense d&#233;ception en croyant qu'ils ne nous offrent pas le moyen de t&#233;moigner &#224; Dieu notre amour. Ne songeons-nous pas parfois qu'il se r&#233;v&#232;lerait davantage, cet amour, en de grandes occasions que dans les menus faits de la vie quotidienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;cart entre la r&#233;alit&#233; et le songe se retrouve m&#234;me dans la vie mystique. &lt;/strong&gt; L&#224; encore le r&#234;ve de l'adolescence, immense, tout palpitant d'espoir, menace de s'&#233;crouler sous les coups redoubl&#233;s et implacables de la r&#233;alit&#233; ; et l'embarquement joyeux pour une &#238;le id&#233;ale d'aboutir &#224; une interminable travers&#233;e. Combien pourraient dire de l'existence, comme &#200;ve du serpent : elle m'a tromp&#233;e ! On songe, pour peindre cette d&#233;convenue, &#224; la po&#233;tique parabole de l'&#201;vangile : &#171; Les hommes sont semblables &#224; des enfants assis sur la place publique s'interpellant mutuellement en disant : nous avons jou&#233; de la fl&#251;te et vous n'avez pas dans&#233; ; nous nous sommes lament&#233;s et vous n'avez pas pleur&#233;. &#187; Il y a eu d&#233;saccord entre la r&#233;alit&#233; et le r&#234;ve : l'esprit aspirait &#224; de grandes choses, l'existence ne lui a offert qu'un chapelet de petits riens aux grains gris et monotones&#8230; et il n'a pas devin&#233; la grandeur qui se cache sous cette apparente petitesse, exacerbant son r&#234;ve, s'y r&#233;fugiant en proportion m&#234;me des d&#233;mentis de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en est-il parfois, h&#233;las ! de la vie int&#233;rieure : &lt;strong&gt;les grands d&#233;sirs de perfection viennent se perdre dans les sables de la vie quotidienne&lt;/strong&gt;, et les personnes qui ne savent pas marcher dans la v&#233;rit&#233; s'enlisent. M&#234;me si les petits riens ne deviennent pas chez elles des obstacles &#224; l'amour de Dieu, ils n'en constituent pas moins une perp&#233;tuelle d&#233;sillusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour dissiper cette &#233;quivoque, il faut encore recourir &#224; l'exemple des saints. Ceux-ci nous apprennent par leur vie humble, volontairement effac&#233;e, &#224; ne pas nous lasser du quotidien. Pourtant, quelles ardeurs dans leurs c&#339;urs ! Th&#233;r&#232;se d'Avila, enfant, r&#234;ve du martyre et se met en route pour le conqu&#233;rir ; toute sa vie elle conserve, au milieu des t&#226;ches de chaque jour, de grands &#233;lans vers la perfection : &#171; Tout ce que l'&#226;me peut faire pour Dieu lui para&#238;t peu de chose tant ses d&#233;sirs de le glorifier sont immenses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces aspirations se retrouvent sous une autre forme chez Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus : &#171; Je me sens la vocation de guerrier, de pr&#234;tre, d'ap&#244;tre, de docteur, de martyr. Je voudrais accomplir toutes les &#339;uvres les plus h&#233;ro&#239;ques ; je me sens le courage d'un crois&#233; ; je voudrais mourir sur un champs de bataille pour la d&#233;fense de l'&#201;glise. &#187; Enthousiasmes v&#233;ritables, car ils ne sont pas tomb&#233;s au contact de la r&#233;alit&#233; monotone et grise. Les mystiques n'ont pas voulu conna&#238;tre la d&#233;ception des petits riens parce qu'ils ont su les envisager dans leur r&#233;alisme et les transformer en &lt;strong&gt;occasions d'aimer&lt;/strong&gt;. Ainsi leur existence s'est-elle joyeusement consum&#233;e en des travaux souvent obscurs et fastidieux, et il nous est bon de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que fut le labeur journalier de ces saints que nous sommes habitu&#233;s &#224; consid&#233;rer en des attitudes hi&#233;ratiques sur leurs autels ou dans leurs niches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila&lt;/strong&gt; est peut-&#234;tre celle qui connut le plus de grandeur humaine dans l'accomplissement de sa t&#226;che de fondatrice ; cependant elle s'est livr&#233;e &#224; des besognes fort humbles. &#171; A Saint Joseph d'Avila, raconte une de ses premi&#232;res filles, durant les premiers temps on ne recevait pas de s&#339;urs converses et chaque s&#339;ur avait sa semaine pour prendre soin de la cuisine. Malgr&#233; ses occupations qui &#233;taient nombreuses, notre sainte M&#232;re faisait sa semaine comme les autres. C'&#233;tait une grande joie pour nous de la voir &#224; la cuisine, car elle s'acquittait de cet emploi avec beaucoup d'all&#233;gresse et une grande attention &#224; nous bien servir toutes. &#187; A Malagon, &#171; tout le temps que dur&#232;rent les travaux pour la construction du monast&#232;re, la sainte M&#232;re se trouva, depuis le point du jour jusqu'au milieu de la nuit, parmi les ouvriers. Elle &#233;tait la premi&#232;re &#224; prendre en mains le panier et le balai. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saint Jean de la Croix&lt;/strong&gt;, &#224; la fondation de Grenade, travaillait t&#234;te nue en plein soleil, portant des pierres afin d'aider les ma&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sainte Marie-Madeleine de Pazzi &lt;/strong&gt; s'appropriait les besognes les plus dures dans son couvent ; occup&#233;e &#224; la lessive un jour d'hiver et saisie par l'extase dans cette occupation, il fallut briser la glace qui emprisonnait ses mains. &lt;strong&gt;
Laurent de la R&#233;surrection &lt;/strong&gt; s'activait &#224; la cuisine de son monast&#232;re ; ou bien s'en allait p&#233;niblement faire en Bourgogne les emplettes de vin du couvent &#171; ce qui lui &#233;tait fort p&#233;nible parce qu'il &#233;tait estropi&#233; d'une jambe &#187; ; il fut ensuite plac&#233; &#171; &#224; la savaterie o&#249; &#233;taient ses d&#233;lices &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les occupations qui attendent Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus dans le carmel de ses r&#234;ves, o&#249; elle entre adolescente ? Balayer les clo&#238;tres, faire la lessive, conduire une vieille s&#339;ur infirme au r&#233;fectoire. Petits faits sans doute, mais riches, &#233;loquents, car ils nous disent que des personnes g&#233;n&#233;reuses, aux aspirations immenses, ont su passer toute leur existence dans des &#171; travaux ennuyeux et faciles &#187; ; et cela sans d&#233;ception aucune parce qu &#8216;elles savaient tirer parti des moindres petits riens, convaincues que l'amour vrai ne se laisse arr&#234;ter dans son &#233;lan par aucune contingence. Oserons-nous maintenant nous plaindre ? Laisserons-nous nos d&#233;sirs s'&#233;crouler devant la pauvret&#233; de notre vie ? Ou, au contraire, chercherons-nous &#224; entrer en possession du secret qui permet de n'&#234;tre pas d&#233;&#231;u par la petitesse apparente de l'existence et d'en tirer un merveilleux profit ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - Les petits riens, occasions de grand Amour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce secret le voici : &lt;strong&gt;les petits riens, comme les grandes choses, peuvent fournir &#224; l'amour des occasions presque infinies de se t&#233;moigner et de se prouver&lt;/strong&gt;. Si &#171; la plus grande preuve d'amour est de donner sa vie pour celui qu'on aime &#187;, on ne saurait dire ce qui est le meilleur : s'immoler sur un champs de bataille et tout d'un coup, ou bien goutte &#224; goutte dans les renoncements quotidiens de l'existence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re mani&#232;re constitue encore un v&#233;ritable holocauste : &#171; La vie de celui qui veut &#234;tre du nombre des amis intimes de Dieu est un long martyre &#187;, dit Sainte Th&#233;r&#232;se. C'est le plus fr&#233;quent. Aussi nos saints ont compris, chacun &#224; sa fa&#231;on, ce que Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus exprime si bien :&lt;strong&gt; &#171; Les &#339;uvres &#233;clatantes me sont interdites ; je n'ai pas d'autre moyen pour prouver mon amour que de jeter des fleurs, c'est-&#224;-dire de ne laisser &#233;chapper aucun petit sacrifice, aucun regard, aune parole, de profiter des moindres actions et de les faire par amour. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'&#226;me carm&#233;litaine, tout en conservant des d&#233;sirs infinis, apprend &#224; r&lt;strong&gt;encontrer cet infini non dans la grandeur mais dans la petitesse des actions&lt;/strong&gt;. Ne s'y trouve-t-il pas ? La doctrine pascalienne consid&#232;re deux infinis, &#171; l'un de grandeur et l'autre de petitesse. Comme c'est nous qui surpassons les petites choses, nous nous croyons capable de les poss&#233;der et cependant il ne faut pas moins de capacit&#233; pour aller jusqu'au n&#233;ant que jusqu'au tout. L'un d&#233;pend de l'autre et l'un conduit &#224; l'autre. &#187; &lt;strong&gt;Il faut m&#234;me presque plus de g&#233;nie pour d&#233;couvrir l'infini de petitesse car il est moins sensible. &lt;/strong&gt; Or, &#171; il me semble que S&#339;ur Th&#233;r&#232;se a justement d&#233;voil&#233; sa force dans la multiplicit&#233; d'actes petits et microscopiques, si l'on peut ainsi s'exprimer &#187;. Elle a utilis&#233; tout cet infini de la vie courante que nous n&#233;gligeons de mettre en valeur ; avec elle nous sommes dans le domaine des petits riens o&#249; elle est reine ; &#171; Une tr&#232;s petite &#226;me qui ne peut offrir au bon Dieu que de tr&#232;s petites choses &#187;, c'est ainsi qu'elle se caract&#233;rise apr&#232;s avoir d&#233;crit quelques-unes de ses mortifications : supporter &#224; l'oraison une s&#339;ur qui ne cesse de remuer son chapelet, accepter d'&#234;tre asperg&#233;e durant la lessive, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je m'appliquais surtout aux petits actes de vertu bien cach&#233;s ; ainsi j'aimais &#224; plier les manteaux oubli&#233;s par les s&#339;urs, et je cherchais mille occasions de leur rendre service. &#187; Fait infiniment touchant, &#224; trois si&#232;cles de distance, Th&#233;r&#232;se de Lisieux renouvelle les gestes d'amour de Th&#233;r&#232;se d'Avila : &#171; Lorsque le soir, faisant son examen dans son oratoire, la sainte M&#232;re constatait qu'elle n'avait accompli aucune &#339;uvre de charit&#233;, elle se rendait au ch&#339;ur et recousait tous les manteaux qu'elle trouvait d&#233;cousus dans les armoires, et sans doute qu'il y en avait beaucoup, puisque la communaut&#233; se composait de deux cents religieuses. D'autre fois, elle allait, munie d'une petite lanterne, se placer dans les escaliers, pour emp&#234;cher de tomber les S&#339;urs qui n'avaient pas de lumi&#232;re, comme aussi pour en donner &#224; celles qui en cherchaient. &#187;
&lt;strong&gt;
Mais de ces riens nos vies pourraient &#234;tre remplies&#8230;&lt;/strong&gt; Que d'occasions de t&#233;moigner &#224; Dieu de l'amour, un amour vari&#233; nuanc&#233; ! Nombre infini de petits actes, de petites peines que comporte une seule journ&#233;e, mani&#232;re sans cesse plus parfaite de les accomplir ou de les endurer durant des jours et des jours, tout le long des semaines, des mois, des ann&#233;es&#8230; Il y a l&#224; un infini, une occasion d'aimer &#224; l'infini, aussi exaltante que celle qu'auraient pu nous offrir de grandes actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retournons &#224; l'&#201;vangile. Notre Seigneur y livre cette doctrine des petits riens : &lt;strong&gt;il condamne le formalisme st&#233;rile des pharisiens qui, parce qu'ils sont attach&#233;s &#224; leurs menues observances de fa&#231;on trop humaine, les ont vid&#233;es de leur s&#232;ve et en ont fait des obstacles &#224; l'amour &lt;/strong&gt; ; il nous montre l'erreur du prodigue qui, d&#233;&#231;u sans doute par l'apparente monotonie d'une existence banale, cherche l'aventure et ne r&#233;colte que d&#233;boires. Mais en m&#234;me temps il exalte pour ceux qui en comprennent la grandeur infini de petitesse ; n'a-t-il pas un respect profond des plus petites choses ? Il ne voudrait pas changer &#171; un iota ou une virgule &#187; &#224; la loi ; malheur &#224; &#171; celui qui se dispensera du plus petit de ses commandements, il sera le plus petit dans le royaume des cieux &#187;. Au contraire, &#171; le serviteur fid&#232;le, minutieux &#187;, sera r&#233;compens&#233; de son labeur quotidien et ingrat : &lt;strong&gt;&#171; Parce que tu as &#233;t&#233; fid&#232;le dans les petites choses, je t'&#233;tablirai sur les grandes. &#187;&lt;/strong&gt; C'est la doctrine que reprennent nos auteurs ; ils n'ont fait, une fois de plus, que nous redire l'&#201;vangile apr&#232;s l'avoir v&#233;cu. Saint Jean de la Croix insiste peut-&#234;tre davantage sur l'aspect n&#233;gatif des petits riens, obstacles &#224; l'amour contemplatif ; &lt;strong&gt;Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant &#8211;J&#233;sus et Laurent de la R&#233;surrection montrent plut&#244;t le positif, se r&#233;jouissent d'avoir &#224; aimer Dieu dans le d&#233;tail de leur existence.&lt;/strong&gt; Il y a d'admirables textes, sur ce sujet, chez l'humble fr&#232;re Laurent ; lui aussi avait d&#233;couvert qu'&#171; il n &#8216;est pas n&#233;cessaire d'avoir de grandes choses &#224; faire ; &lt;strong&gt;je retourne ma petite omelette dans la po&#234;le pour l'amour de Dieu &lt;/strong&gt; ; quand elle est achev&#233;e, si je n'ai rien &#224; faire, je me prosterne &#224; terre et adore mon Dieu de qui n'est venue la gr&#226;ce de la faire ; apr&#232;s quoi, je me rel&#232;ve plus content qu'un roi. Quand je ne puis autre chose, c'est assez pour moi d'avoir lev&#233; une paille de terre pour l'amour de Dieu &#187;. Son biographe nous explique l'&#226;me de cette doctrine d'abandon en nous disant : &#171; Son seul moyen pour aller &#224; Dieu &#233;tant de tout faire pour l'amour de lui, il lui &#233;tait indiff&#233;rent d'&#234;tre occup&#233; d'une chose ou d'une autre, pourvu qu'il la fit pour Dieu. C'&#233;tait lui et non la chose qu'il regardait.&lt;strong&gt; Il savait que la petitesse de la chose ne diminuait en rien le prix de son offrande, parce que Dieu n'ayant besoin de rien ne consid&#232;re dans nos &#339;uvres que l'amour dont elles sont accompagn&#233;es. &lt;/strong&gt; &#187; Ne croirait-on pas entendre Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus : &#171; Il n'a pas besoin de nos &#339;uvres, mais de notre amour &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est plus instructif pour notre propos que de nous pencher ainsi sur la vie de nos saints. Le disciple est-il au-dessus du ma&#238;tre ? Quelqu'un viendra-t-il nous enseigner un autre &#201;vangile que celui de Notre Seigneur r&#233;compensant le &#171; serviteur fid&#232;le dans les petites choses &#187; ? Alors, pour vivre de fa&#231;on carm&#233;litaine regardons avec amour les d&#233;tails de notre vie, surtout peut-&#234;tre, ce que nous croyons obstacle &#224; notre perfection : nos occupations les plus insignifiantes, nos devoirs d'&#233;tat, nos relations avec le prochain, afin d'&#233;carter ce qui met obstacle &#224; notre avancement spirituel, de repousser la tentation de d&#233;couragement au contact des banalit&#233;s de l'existence, et de trouver, au contraire, tout au long de nos journ&#233;es mille occasions cach&#233;es d'aimer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - Les petits riens, reflets du grand amour de Dieu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si, par amour, nous apprenons &#224; faire tout le mieux possible, nous recevrons d&#232;s ici-bas un centuple, m&#234;me du c&#244;t&#233; de ces riens qu'il nous eut &#233;t&#233; facile de d&#233;daigner. Ces petites choses, mais elles sont l'&#339;uvre de Dieu. Il a &#171; promen&#233; sur elles son regard &#187;, et les a &#171; rev&#234;tues de beaut&#233; &#187;. Seulement, il faut apprendre &#224; poser sur elles un regard d'enfant, tout extasi&#233; et pur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, elles laissent parfois filtrer un &#171; je ne sais quoi &#187; de leur Cr&#233;ateur, telles des perles de ros&#233;e qui, au sein d'une grande prairie ensoleill&#233;e, refl&#232;tent, diapr&#233;es, le soleil du matin. Et l'&#226;me que meut l'Esprit d&#233;chiffre &#233;merveill&#233;e quelques mesures de l'hymne de la cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre elles et les choses les plus minimes qui l'entourent, il s'&#233;tablit une sorte de commerce fraternel, de communion en Dieu. Cela est vraiment r&#233;gner sur la cr&#233;ation. Nous avons recueilli cet aveu sur les l&#232;vres de Laurent de la R&#233;surrection qu'il &#171; se trouvait heureux comme un roi &#187; en ses travaux culinaires. Il avait profond&#233;ment, lui, le sens des petits riens et savait y trouver Dieu. Son biographe nous raconte que &#171; dans tout ce qu'il voyait, dans tout ce qui lui arrivait, il s'&#233;levait en passant de la cr&#233;ature au Cr&#233;ateur &#187; ; et cet exemple surprenant est cit&#233; : &#171; Un arbre qu'il vit sec en hiver le fit tout &#224; coup remonter jusqu'&#224; Dieu et lui en inspira une si sublime connaissance qu'elle &#233;tait encore aussi forte et aussi vive en son &#226;me apr&#232;s quarante ans que lorsqu'il la re&#231;ut &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurions des textes admirables &#224; citer sur cet amour de nos mystiques pour la nature. Sainte Th&#233;r&#232;se dit la joie qu'elle &#233;prouve en son ermitage parce que &#171; de son lit elle peut contempler la rivi&#232;re et les levers de soleil &#187;. Saint Jean de la Croix assiste, lui aussi de l'escalier de son couvent, au spectacle f&#233;erique de l'aurore sur l'Alhambra. Qu'il nous suffise d'avoir simplement touch&#233; cet aspect tr&#232;s consolant de notre spiritualit&#233;. Il vient sinon att&#233;nuer, du moins contrebalancer la s&#233;v&#233;rit&#233; de nos saints vis-&#224;-vis des petits riens, tant que ceux-ci s'opposent au progr&#232;s spirituel. Il nous met en garde contre la contrainte sotte, l'effort exag&#233;r&#233; ; il nous rappelle l'extraordinaire souplesse exig&#233;e des esprits carm&#233;litains &#224; qui l'on demande tour &#224; tour &#8211; quand ce n'est pas simultan&#233;ment &#8211; de tout sacrifier et de se servir de tout pour aimer, et d'aimer toutes choses dans l'Amour. Il y a temps pour tout, en effet, Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus, qui a pouss&#233; l'ing&#233;niosit&#233; du renoncement &#224; ses limites extr&#234;mes &#8211;au point d'en venir &#224; &#171; &#233;prouver un v&#233;ritable amour pour les objets les plus laids et les moins commodes &#187;- savait aussi se livrer &#224; d'innocentes distractions, se pencher avec amour sur les choses pour y chercher un reflet de l'amour de Dieu : car elle &#171; n'&#233;tait pas d'un rigorisme absolu au sujet des satisfactions permises. En cela comme en tout elle proc&#233;dait avec simplicit&#233; et ne refusait pas de b&#233;nir le bon Dieu dans ses &#339;uvres. Elle aimait &#224; toucher les fruits &#8211; la p&#234;che en particulier, admirant sa peau velout&#233;e - de m&#234;me &#224; distinguer entre eux les parfums de leurs. Elle aurait cru p&#233;cher contre la temp&#233;rance en ne jouissant pas, quand elle y &#233;tait attir&#233;e par une pens&#233;e d'amour et reconnaissance envers Dieu, des charmes de la nature, de la musique, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses sont ce que nous les faisons. Ces textes cit&#233;s, si &#233;pisodiques qu'ils soient, &#233;taient n&#233;cessaires pour montrer, apr&#232;s l'expos&#233; des grandes lignes de la spiritualit&#233; carm&#233;litaine, combien celle-ci sait descendre dans le d&#233;tail. Seulement l&#224; encore, dans l'attitude qu'elle nous dicte, elle conserve son cachet personnel, son charme propre : elle est l'amour s'exprimant avec le plus de puret&#233; possible, mais aussi avec une souveraine souplesse et spontan&#233;it&#233;, s'&#233;chappant des petits riens lorsqu'ils risquent de le retenir captif ; s'en servant, au contraire, pour aimer, se laissant enfin captiver par eux lorsqu'ils lui parlent de Dieu : lorsque, occasions de grand amour, ils deviennent pour un moment reflets du grand amour de Dieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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