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		<title>Carmel en France</title>
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		<title>La diffusion carm&#233;litaine de la d&#233;votion &#224; saint Joseph</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Article du fr. Marc Fortin ocd paru dans la Revue Carmel 139 Il est largement re&#231;u qu'il existe un lien entre l'essor de la d&#233;votion &#224; saint Joseph et la tradition carm&#233;litaine. Deux faits, parmi d'autres, en t&#233;moignent. Etienne Fouilloux a r&#233;v&#233;l&#233;, dans le premier volume de la monumentale Histoire du concile Vatican II parue &#224; la fois aux &#233;ditions du Cerf et Peeters en 1997, un premier t&#233;moignage. En effet, dans la phase ant&#233;pr&#233;paratoire du concile, les th&#233;ologiens carm&#233;litains consult&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Saint-Joseph-.html" rel="directory"&gt;Saint Joseph&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L127xH150/arton2130-b60b0.jpg?1782946461' class='spip_logo spip_logo_right' width='127' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;smallcaps&#034;&gt;Article du fr. Marc Fortin ocd paru dans la &lt;a href=&#034;http://www.editionsducarmel.fr/librairie-chretienne,saint-joseph-n-139,carmel,revues,149.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Revue Carmel 139&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est largement re&#231;u qu'il existe un lien entre l'essor de la&lt;strong&gt; d&#233;votion &#224; saint Joseph&lt;/strong&gt; et la &lt;strong&gt;tradition carm&#233;litaine&lt;/strong&gt;. Deux faits, parmi d'autres, en t&#233;moignent. Etienne Fouilloux a r&#233;v&#233;l&#233;, dans le premier volume de la monumentale &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; Histoire du concile Vatican II &lt;/em&gt; parue &#224; la fois aux &#233;ditions du Cerf et Peeters en 1997, un premier t&#233;moignage. En effet, dans la phase ant&#233;pr&#233;paratoire du concile, les th&#233;ologiens carm&#233;litains consult&#233;s par la commission souhaitaient, dans leur &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;app&#233;tit dogmatique&lt;/em&gt; &#187;, &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;obtenir de Vatican II la cons&#233;cration solennelle de nouveaux privil&#232;ges pour Joseph&lt;/em&gt; &#187; (p. 154). Bien plus en amont, un article du chanoine Lucot paru dans les volumes 1 et 2 des &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;tudes carm&#233;litaines&lt;/em&gt; de 1911-1912, a attribu&#233; &#224; l'Ordre des Carmes la paternit&#233; du premier office liturgique consacr&#233; &#224; ce saint dans le Moyen-&#194;ge occidental. L'histoire s'arr&#234;te-t-elle entre ces deux attestations ? Celles-ci justifient-elles un r&#244;le majeur des Ermites du Mont Carmel &#224; elles seules ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant en 1962, l'article de Max Lieberman, dans le tome 10 des &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Cahiers de jos&#233;phologie&lt;/em&gt; (pp. 17-57 et 189-249), a entam&#233; le monopole liturgique en &#233;ditant un office tourangeau, contemporain de l'office carm&#233;litain, attest&#233; par plusieurs manuscrits. Une br&#232;che est donc ouverte&#8230; Qu'en sera-t-il de la d&#233;votion de cet Ordre en France au XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle au chef de la Sainte Famille ? La comptabilit&#233; des chapelles ou des noms de religieux consacr&#233;s &#224; ce saint peut parler d'elle-m&#234;me et donner ce m&#234;me sentiment d'&#233;vidence dans ce si&#232;cle d'or de la d&#233;votion au p&#232;re putatif du sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rents travaux r&#233;cents nous permettent d'interroger cette &#233;vidence dans trois directions : le r&#244;le de sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila dans la diffusion d'un mod&#232;le de d&#233;votion, la production d'ouvrages de spiritualit&#233; et l'encadrement des fid&#232;les dans des confr&#233;ries. Il s'agit-l&#224; de rep&#232;res essentiels dans la pastorale de la R&#233;forme catholique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Th&#233;r&#232;se d'Avila&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me num&#233;ro de la trente-troisi&#232;me livraison des &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;langes de la Casa de Vel&#225;zquez &lt;/em&gt; est revenu sur &#171; le temps des saints &#187; en 2003. La revue &#233;voque ainsi les dispositifs romains, et leurs cons&#233;quences, apr&#232;s le concile de Trente sur la ronde des bienheureux et saints. Un article du p&#232;re Jean-Robert Armogathe revient en d&#233;tail sur la promulgation de nouvelles normes pour la canonisation des figures chr&#233;tiennes port&#233;e sur les autels : &#171; La fabrique des saints ; causes espagnoles et proc&#233;dures romaines d'Urbain VIII &#224; Beno&#238;t XIV (XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; -XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles) &#187; (pp. 15-31). L'historien parle, &#224; ce propos, d' &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;un si&#232;cle de la saintet&#233; sous contr&#244;le&lt;/em&gt; &#187; (p. 17). Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus a &#233;t&#233; l'un des mod&#232;les de ces nouvelles fa&#231;ons de vivre la foi. Canonis&#233;e en 1622, avec Ignace de Loyola et Fran&#231;ois Xavier, elle est certes au premier chef une fondatrice. Mais, elle est devenue aussi &lt;strong&gt;le t&#233;moin de pratiques renouvel&#233;es de d&#233;votions&lt;/strong&gt;. Parmi celles-ci, saint Joseph prend particuli&#232;rement du relief. Ce dernier va &#233;chapper ainsi &#224; la quasi-exclusivit&#233; des religieux, franciscains, serv&#238;tes ou carmes comme agents de propagation du culte, par la liturgie, ou de la spiritualit&#233;, par les questions th&#233;ologiques disput&#233;es. Du c&#244;t&#233; des la&#239;cs, il va d&#233;border la stricte et l&#233;gitime adh&#233;sion des artisans charpentiers pour s&#233;duire celles et ceux que l'on ne va pas tarder &#224; qualifier de &#171; d&#233;vots &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; lui vient cet attachement ? Elle est l'h&#233;riti&#232;re de multiples traditions. D'une part la p&#233;ninsule ib&#233;rique, et notamment la Catalogne, a &#233;t&#233; le terrain pr&#233;coce de la diffusion du culte &#224; l'&#233;poux de Marie d&#232;s le XIV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. D'autre part, sa vie spirituelle est tributaire de lectures et de rencontres franciscaines. Nous retrouvons l&#224; l'Ordre religieux qui a ardemment diffus&#233; la premi&#232;re litt&#233;rature spirituelle consacr&#233;e &#224; saint Joseph. Les historiens h&#233;sitent quant &#224; savoir si elle a lu ou pas la &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Josefina&lt;/em&gt;. &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;En relacion de misterios del glorioso sant Joseph&lt;/em&gt; publi&#233;e par Bernadino de Laredo, &#224; la suite de sa &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Subida del Monte Sion&lt;/em&gt;, &#224; S&#233;ville en 1535.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, elle a bien connu le carme J&#233;r&#244;me Gracian, auteur d'un nouveau succ&#232;s de ce m&#234;me type de litt&#233;rature : une autre &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Josefina &lt;/em&gt; parue &#224; Bruxelles en 1609, bien apr&#232;s la mort de notre sainte. Ces faits ne doivent pas faire oublier l'essentiel. Th&#233;r&#232;se s'est attach&#233;e &#224; la protection du saint ouvrier de Nazareth dans ses fondations de monast&#232;res. Ces &#339;uvres autobiographiques l'attestent &#224; diff&#233;rentes reprises. Elles seront lues avidement en France par des spirituels influents &#224; l'aube du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Ces lectures ach&#232;veront de faire de la r&#233;formatrice du Carmel une diligente actrice de la propagation de diff&#233;rentes pratiques de d&#233;votion. Paradoxalement, l'une des plus populaires d'entre elles ne se retrouve qu'indirectement dans les &#233;crits : le port d'une image du saint. En effet si &lt;strong&gt;la sainte pr&#233;conise de placer ses couvents sous la tutelle visible d'une statue de saint Joseph&lt;/strong&gt;, elle ne dit rien du port d'une image. Nous sommes donc, avec la sainte d'Avila, &#224; la crois&#233;e d'une exp&#233;rience v&#233;cue et d'une mod&#233;lisation institutionnalis&#233;e et ritualis&#233;e ; l'une contaminant l'autre, sans contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ouvrages de spiritualit&#233; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un second temps, il est bon d'interroger les ouvrages de spiritualit&#233;. Le XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle fran&#231;ais voit la diffusion imprim&#233;e de nombreux ouvrages destin&#233;s &#224; &#233;duquer et &#224; nourrir la pri&#232;re des fid&#232;les. Dans un premier temps, la librairie parisienne et provinciale traduit des livres &#233;crits en espagnol ; ainsi de la &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Josefina&lt;/em&gt; de Gracian, cit&#233;e plus haut, propos&#233;e en fran&#231;ais d&#232;s 1619. Dans la foul&#233;e de nombreux religieux r&#233;digent des &lt;strong&gt;trait&#233;s de jos&#233;phologie&lt;/strong&gt;. On pourrait s'attendre &#224; une forte pr&#233;sence carm&#233;litaine, dans le sillage de la canonisation de leur &#171; institutrice &#187;. Le professeur Bernard Dompnier est revenu sur cette biblioth&#232;que dans le seizi&#232;me num&#233;ro de la revue &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Si&#232;cles ; cahiers du centre d'histoire &#171; Espaces et cultures &#187;&lt;/em&gt; au premier semestre 2003. Sa contribution, intitul&#233;e &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Les religieux et saint Joseph dans la France de la premi&#232;re moiti&#233; du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/em&gt; &#187;, comporte une surprise de taille aux pages 57-75 dudit num&#233;ro. La chronologie de parution des diff&#233;rents trait&#233;s spirituels ne laisse qu'une place tardive et secondaire aux auteurs carm&#233;litains. La palme revient aux P&#232;res feuillants Charles de saint Paul et Pierre de sainte Marie pour la pr&#233;cocit&#233;. Le &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Tableau des qualit&#233;s &#233;minentes de saint Joseph&lt;/em&gt;, de l'un, et la &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;votion &#224; saint Joseph&lt;/em&gt;, de l'autre, paraissent respectivement en 1629 et en 1631. Quant &#224; la multiplicit&#233; des &#233;ditions, il faut se tourner vers les P&#232;res j&#233;suites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le record doit &#234;tre attribu&#233; au P&#232;re Paul de Barry pour sa &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;votion &#224; saint Joseph&lt;/em&gt;, parue en 1639 et r&#233;guli&#232;rement r&#233;&#233;dit&#233;e. Finalement les P&#232;res carmes le disputent avec les P&#232;res de l'Oratoire. En effet, nous ne trouverons un carme qu'en queue de peloton lorsque le P&#232;re Antoine de la M&#232;re de Dieu aura publi&#233; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Le thr&#233;sor inestimable de saint Joseph en Avignon&lt;/em&gt; en 1645.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Confr&#233;ries&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si les livres de d&#233;votion ne manifestent pas cette &#233;minence carm&#233;litaine, comment s'attestera-t-elle ? Il nous faudra nous tourner vers un troisi&#232;me mode de pastorale catholique baroque : les confr&#233;ries la&#239;ques. D&#232;s le seizi&#232;me si&#232;cle&lt;strong&gt; les confr&#233;ries de d&#233;votion migrent de l'Italie au royaume de France via l'&#201;tat pontifical d'Avignon&lt;/strong&gt;. Le roi lui-m&#234;me, Henri III, s'y enr&#244;le y entra&#238;nant l'&#233;lite baroque soucieuse de se distinguer de la noblesse huguenote. Le retour &#224; la paix, cons&#233;cutif de l'&#233;dit de Nantes, renforce et installe ces adh&#233;sions pieuses. En s'ouvrant aux cat&#233;gories plus humbles de la soci&#233;t&#233;, le mod&#232;le se diffuse. Cependant, la confr&#233;rie n'a pas le monopole de telle ou telle ob&#233;dience spirituelle. Diff&#233;rents ordres accompagnent ou dirigent ces solidarit&#233;s religieuses. Leurs membres, &#224; la diff&#233;rence des confr&#233;ries de m&#233;tier m&#233;di&#233;vales, visent &#224; une croissance spirituelle par l'exercice de telle ou telle pratique rituelle : Rosaire, adoration du Saint-Sacrement, &#8230; Et bien s&#251;r : saint Joseph.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les carmes d&#233;chauss&#233;s proposaient aux fid&#232;les de partager son &#171; thr&#233;sor inestimable &#187;, selon le titre de la somme du P&#232;re Antoine pr&#233;cit&#233;. Dans le cadre de l'Universit&#233; de Clermont-Ferrand, monsieur Gilles Sinicropi a soutenu &#224; l'hiver 2009 une th&#232;se d'histoire consacr&#233;e &#224; l'Ordre des carmes d&#233;chauss&#233;s en France au XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Il revient, dans l'un de ses chapitres, sur cette sp&#233;cificit&#233;, v&#233;ritable &#171; Mont de pi&#233;t&#233; spirituel &#187;. Par bonheur, il a publi&#233; en 2002 un article, sous ce titre, dans le deux cent dixi&#232;me fascicule de la revue &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Provence historique&lt;/em&gt; (pp. 435-458). Ses recherches ont mis &#224; jour ce que nous nommerions aujourd'hui &lt;strong&gt;un v&#233;ritable r&#233;seau carm&#233;litain de confr&#233;ries rayonnant autour du couvent carm&#233;litain d'Avignon&lt;/strong&gt; dans les villes proven&#231;ales d'Arles, d'Aix, de Marseille et de Toulon, toutes munies d'un couvent de P&#232;res. Malheureusement, les archives sont quasi muettes sur les personnes adh&#233;rentes &#224; ce r&#233;seau. Bien &#233;videmment, le livre du P&#232;re Antoine de la M&#232;re de Dieu leur &#233;tait destin&#233;, ainsi que d'autres livrets plus modestes que certaines biblioth&#232;ques publiques conservent encore de nos jours dans leurs fonds ancien. Ironie du sort, le livre de ce P&#232;re carme est aujourd'hui disponible gratuitement sur le net, &lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=VmXlOyTaI-0C&amp;printsec=frontcover&amp;dq=saint+joseph+antoine+de+la+m%C3%A8re+de+Dieu&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwj35Kf789zkAhVL1xoKHZcwAd0Q6AEIKDAA#v=onepage&amp;q=saint%20joseph%20antoine%20de%20la%20m%C3%A8re%20de%20Dieu&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;num&#233;ris&#233; par Google&lt;/a&gt; &#8230; le petit dernier n'aura pas d&#233;m&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les carmes sont donc bien des agents efficaces de la diffusion de la d&#233;votion &#224; saint Joseph en France au XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/strong&gt;. Il convient, cependant, de limiter cet impact spirituel &#224; des territoires circonscrits et, surtout, ne pas trop vite extrapoler leur modeste, mais bien r&#233;elle, influence. L'heure n'est plus aux ambitieuses d&#233;monstrations jos&#233;phologiques des ann&#233;es 1950&#8230; La compr&#233;hension de la place de la d&#233;votion &#224; saint Joseph progressera davantage dans la patiente mise &#224; jour d'humbles pratiques dissimul&#233;es dans les tr&#233;sors de nos archives. Bien s&#251;r, il restera toujours les somptueux t&#233;moignages de l'iconographie d&#233;cod&#233;s par le regrett&#233; P&#232;re Daniel Ferrand dans cette revue &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Carmel&lt;/em&gt; dans les ann&#233;es 1980 (D. Ferrand, &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;L'iconographie de saint Joseph au xviie s.&lt;/em&gt; &#187;, Carmel 1989/1, p. 55-77.). Elles manifesteront toujours plus leur pertinence dans le patient va-et-vient entre les pratiques v&#233;cues, les traces &#233;crites et les liturgies c&#233;l&#233;br&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bibliographie</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Bibliographie-2131.html</link>
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		<dc:subject>PasDansQuoiDeNeuf</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A. Doze, Joseph, ombre du P&#232;re, Nouan-le-Fuzelier, Lion de Juda, 1989. A. Doze, Joseph, gardien du sabbat, Nouan-le-Fuzelier, B&#233;atitudes, 1993. R. Gauthier, Le culte liturgique de Saint Joseph en Occident : d'apr&#232;s les manuscrits des quinze premiers si&#232;cles, Montr&#233;al, Fides, 2002. Philippe Lefebvre, Joseph, l'&#233;loquence d'un taciturne (Bible en main), Paris, Salvator, 2012. P. Payan, Joseph, Une image de la paternit&#233; dans l'Occident m&#233;di&#233;val, Paris, Flammarion, 2006. J. Trinquet, &#171; Saint (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Saint-Joseph-.html" rel="directory"&gt;Saint Joseph&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-PasDansQuoiDeNeuf-+.html" rel="tag"&gt;PasDansQuoiDeNeuf&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; A. Doze, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Joseph, ombre du P&#232;re&lt;/em&gt;, Nouan-le-Fuzelier, Lion de Juda, 1989.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; A. Doze,&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; Joseph, gardien du sabbat&lt;/em&gt;, Nouan-le-Fuzelier, B&#233;atitudes, 1993.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; R. Gauthier, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Le culte liturgique de Saint Joseph en Occident : d'apr&#232;s les manuscrits des quinze premiers si&#232;cles&lt;/em&gt;, Montr&#233;al, Fides, 2002.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Philippe Lefebvre, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Joseph, l'&#233;loquence d'un taciturne&lt;/em&gt; (Bible en main), Paris, Salvator, 2012.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; P. Payan, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Joseph, Une image de la paternit&#233; dans l'Occident m&#233;di&#233;val&lt;/em&gt;, Paris, Flammarion, 2006.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; J. Trinquet, &#171; Saint Joseph, l'&#201;poux de Marie, m&#232;re de J&#233;sus &#187;, dans &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Catholicisme hier, aujourd'hui, demain&lt;/em&gt;, Paris, Letouzey &amp; An&#233;, 1965, col. 970-971.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; J.-M. Verlinde, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Avec toi Joseph : de Nazareth &#224; Nazareth&lt;/em&gt; (Famille de Saint Joseph), Mesnil Saint-Loup, Le Livre Ouvert, 2012.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vie et culte</title>
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&lt;p&gt;Article sur saint Joseph par fr. Emanuele Boaga O.Carm. extrait du Grand livre des saints et bienheureux du Carmel Le nom de Joseph appara&#238;t dans la g&#233;n&#233;alogie de J&#233;sus, lequel est consid&#233;r&#233; comme son fils. Joseph, homme droit charpentier de profession dont nous ne savons rien des jeunes ann&#233;es, est de lign&#233;e davidique. Les &#233;vang&#233;listes affirment qu'il est l'&#233;poux de Marie de qui est n&#233; J&#233;sus con&#231;u du Saint Esprit. Il accepte avec foi le message de l'ange &#8211; qui apaise ses craintes &#224; propos (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-Saint-Joseph-.html" rel="directory"&gt;Saint Joseph&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article sur saint Joseph par fr. Emanuele Boaga O.Carm. extrait du &lt;a href=&#034;http://www.editionsducarmel.fr/librairie-chretienne,le-grand-livre-des-saints-et-bienheureux-du-carmel,saints-et-bienheureux-du-carmel,autres-editeurs,960.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Grand livre des saints et bienheureux du Carmel&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4617 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L300xH597/saint_joseph-88b3e.jpg?1782940432' width='300' height='597' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4617 '&gt;&lt;strong&gt;Statue de St Joseph au couvent d'Avon
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le nom de Joseph appara&#238;t dans la g&#233;n&#233;alogie de J&#233;sus, lequel est consid&#233;r&#233; comme son fils. Joseph, homme droit charpentier de profession dont nous ne savons rien des jeunes ann&#233;es, est de lign&#233;e davidique. Les &#233;vang&#233;listes affirment qu&lt;strong&gt;'il est l'&#233;poux de Marie de qui est n&#233; J&#233;sus con&#231;u du Saint Esprit&lt;/strong&gt;. Il accepte avec foi le message de l'ange &#8211; qui apaise ses craintes &#224; propos de la myst&#233;rieuse conception de Marie &#8211; et se soumet &#224; la volont&#233; de Dieu. Il accompagne Marie &#224; Bethl&#233;em, nomme l'enfant &#8216;J&#233;sus', l'emm&#232;ne au Temple avec sa m&#232;re, fuit avec eux en &#201;gypte et, &#224; leur retour, s'installe avec toute la Sainte Famille &#224; Nazareth, en Galil&#233;e. Le saint est certainement mort avant que J&#233;sus ne commence sa vie publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;votion et culte &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;votion &#224; saint Joseph a commenc&#233; via des pr&#234;tres grecs et latins, puis s'est particuli&#232;rement d&#233;velopp&#233;e en orient au IX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle o&#249; les Grecs c&#233;l&#233;braient l'&#233;poux de Marie trois fois par an : le dimanche avant No&#235;l, le 26 d&#233;cembre et le dimanche apr&#232;s No&#235;l. En occident, on trouve les indications d'un culte sp&#233;cifique &#224; saint Joseph principalement aux XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles. Saint Bernard, saint Thomas d'Aquin, saint Bonaventure et sainte Brigitte entre autres ont apport&#233; des contributions d&#233;cisives &#224; la propagation du culte. Sixte IV fut le premier pape &#224; reconna&#238;tre officiellement la &lt;strong&gt;f&#234;te de saint Joseph en 1474&lt;/strong&gt; et elle fut &#233;tendue &#224; l'&#201;glise enti&#232;re par Gr&#233;goire XV en 1621. Le 3 f&#233;vrier 1741, Cl&#233;ment XI promulgua un nouvel office pour la f&#234;te du 19 mars (ce texte resta en vigueur jusqu'&#224; la r&#233;forme faisant suite &#224; Vatican II).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois hymnes de Joseph, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Caelitum&lt;/em&gt; Joseph et &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Iste quem laeti&lt;/em&gt; sont attribu&#233;s par quelques &#233;rudits au carme espagnol Juan Escalar de la Concepci&#243;n, tandis que d'autres les attribuent au Cardinal Girolamo Casanate (&#8224; 1700).
En plus de cette f&#234;te, l'un des patronages de saint Joseph fut ajout&#233; au calendrier universel en 1847, mais supprim&#233; par la r&#233;forme faisant suite &#224; Vatican II. En revanche, depuis 1955, la &lt;strong&gt;m&#233;moire de saint Joseph travailleur&lt;/strong&gt;, institu&#233;e par Pie XII, est c&#233;l&#233;br&#233;e le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai afin de pourvoir les travailleurs d'un saint patron et de donner un sens chr&#233;tien &#224; la c&#233;l&#233;bration de la F&#234;te du Travail. Le 8 d&#233;cembre 1870, Pie IX d&#233;clara &lt;strong&gt;saint Joseph patron de l'&#201;glise universelle&lt;/strong&gt;. L&#233;on XIII l'invoqua en tant que mod&#232;le pour les p&#232;res de famille et les travailleurs et Jean XXIII inclut son nom dans le Canon Romain (d&#233;cret de la sacr&#233;e congr&#233;gation des rites du 13 novembre 1962).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe aux XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et XIV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles, avec les franciscains et les servites de Marie, les carmes furent les premiers &#224; &#233;tendre largement le culte de saint Joseph. Depuis la fin du XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle est clairement apparente l'influence de sainte Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus sur la diffusion du culte envers ce saint, lequel aurait profond&#233;ment influenc&#233; la r&#233;forme des carmes d&#233;chaux.
Au sein de l'Ordre, la f&#234;te liturgique du saint patriarcal &#233;merge dans la seconde moiti&#233; du XV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle dot&#233;e d'un office qui lui est enti&#232;rement propre. Cet office sp&#233;cifique est imprim&#233; dans le br&#233;viaire publi&#233; &#224; Bruxelles en 1480 et dans les br&#233;viaires suivants, tandis que la messe sp&#233;cifique se trouve dans les missels publi&#233;s &#224; partir de 1500.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'office particulier &#8211; dont les lectures viennent de Pierre d'Ailly (&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;De duodecim honoribus S. Josephi&lt;/em&gt;) et dont les hymnes semblent exposer l'&#233;l&#233;gance et la douceur po&#233;tique du Mantouan &#8211; fut d&#233;crit comme &#171; le premier monument &#233;rig&#233; dans l'&#201;glise latine &#224; la gloire de saint Joseph &#187; et constitue sans aucun doute un t&#233;moignage &#233;loquent de la passion et de la ferveur avec lesquelles les carmes de l'&#233;poque honoraient saint Joseph.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1680, le chapitre g&#233;n&#233;ral des grands carmes choisit &#224; l'unanimit&#233; &lt;strong&gt;saint Joseph comme protecteur principal de l'Ordre&lt;/strong&gt;. Cette qualification fut subs&#233;quemment ajout&#233;e &#224; la f&#234;te du saint, le 19 mars, dans toutes les &#233;ditions du missel carm&#233;litain. La m&#234;me ann&#233;e, le pape Innocent XI octroya aux carmes d&#233;chaux la permission de c&#233;l&#233;brer la f&#234;te du patronage de saint Joseph le troisi&#232;me dimanche de P&#226;ques, avec une liturgie propre et au rang de f&#234;te
double de seconde classe. Cette messe fut rapidement adopt&#233;e aussi par les grands carmes et fut imprim&#233;e pour la premi&#232;re fois dans le missel carm&#233;litain en 1703. En 1721, une octave fut accord&#233;e &#224; cette f&#234;te et &#8211; comme il est &#233;crit plus haut &#8211; elle fut &#233;tendue &#224; l'&#201;glise enti&#232;re par Pie IX en 1847 avec les changements n&#233;cessaires dans l'eucologe. En 1913, la date de la c&#233;l&#233;bration fut d&#233;plac&#233;e au mercredi pr&#233;c&#233;dant le troisi&#232;me dimanche apr&#232;s P&#226;ques. Bien que la f&#234;te f&#251;t supprim&#233;e pour l'&#201;glise universelle avec la r&#233;forme du calendrier faisant suite &#224; Vatican II, les deux branches du Carmel gagn&#232;rent &#224; voir ajouter le titre de &#171; protecteur de notre Ordre &#187; &#224; la f&#234;te du 19 mars. De surcro&#238;t, les carmes d&#233;chaux rendirent la m&#233;moire &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; ad libitum&lt;/em&gt; &#187; du travailleur saint Joseph obligatoire (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en savoir davantage, vous pouvez lire &lt;a href=&#034;http://www.editionsducarmel.fr/librairie-chretienne,saint-joseph-n-139,carmel,revues,149.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la revue Carmel 139&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;T&#233;moignage de Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Extrait de la Vie de Sainte Th&#233;r&#232;se (V 6,6-9)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Je pris pour avocat et ma&#238;tre le glorieux saint Joseph&lt;/strong&gt; et je me recommandai beaucoup &#224; lui. De cette d&#233;tresse comme d'autres plus graves, o&#249; l'honneur et l'&#226;me &#233;taient en danger, je vis clairement mon p&#232;re et Seigneur me tirer avec plus de profit que je ne savais lui en demander. Je n'ai pas souvenir, jusqu'&#224; ce jour, de l'avoir jamais suppli&#233; de m'accorder quelque chose qu'il m'ait refus&#233;. Les grandes faveurs que Dieu m'a faites par l'interm&#233;diaire de ce bienheureux saint sont chose stup&#233;fiante, ainsi que les p&#233;rils dont il m'a sauvegard&#233;e, corps et &#226;me ; il semblerait que le Seigneur a donn&#233; &#224; d'autres saints le pouvoir de nous secourir dans certains cas, mais l'exp&#233;rience m'a prouv&#233; que ce glorieux saint nous secourt en toutes circonstances ; le Seigneur veut ainsi nous faire entendre que de m&#234;me qu'il fut soumis sur terre &#224; celui qu'on appelait son p&#232;re, qui &#233;tait son p&#232;re nourricier, et qui &#224; ce titre pouvait lui commander, il fait encore au ciel tout ce qu'il lui demande. D'autres personnes &#224; qui j'ai conseill&#233; de se recommander &#224; lui ont fait, elles aussi, la m&#234;me exp&#233;rience ; et encore aujourd'hui nombreux sont ceux dont la ferveur &#224; son &#233;gard est renouvel&#233;e par l'exp&#233;rience de cette v&#233;rit&#233;. Je t&#226;chais de c&#233;l&#233;brer sa f&#234;te avec toute la solennit&#233; possible, mais j'y mettais plus de vanit&#233; que d'esprit, malgr&#233; mes bonnes intentions, voulant que tout f&#251;t d'un grand raffinement et fait au mieux. J'avais ceci de mauvais : si le Seigneur m'accordait la gr&#226;ce d'accomplir quelque chose de bien, j'y m&#234;lais beaucoup d'imperfections et d'erreurs. Pour le mal, les raffinements, les vanit&#233;s, j'&#233;tais fort ing&#233;nieuse et diligente ; que le Seigneur me pardonne. Je voulais persuader tout le monde d'avoir de la d&#233;votion pour ce glorieux saint, car j'avais une grande exp&#233;rience des bienfaits qu'il obtient de Dieu. Jamais je n'ai connu quelqu'un qui ait pour lui une sinc&#232;re d&#233;votion et le serve tout particuli&#232;rement sans mieux progresser dans la vertu ; les &#226;mes gagnent beaucoup &#224; se confier &#224; lui. Depuis plusieurs ann&#233;es, ce me semble, que je lui demande quelque chose le jour de sa f&#234;te, il m'a toujours exauc&#233;e ; lorsque ma demande n'est pas tout &#224; fait juste, il la redresse, pour mon plus grand bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'&#233;tais une personne d'assez d'autorit&#233; pour &#233;crire, je m'attarderais de bon c&#339;ur &#224; dire par le menu les faveurs que ce glorieux saint a accord&#233;es &#224; moi-m&#234;me et &#224; d'autres ; mais pour ne pas dire plus qu'on ne m'a command&#233;, je serai plus br&#232;ve sur certains points que je ne le voudrais, et sur d'autres plus longue qu'il ne le faudrait ; je me montrerai enfin comme &#224; l'habitude, peu habile &#224; bien faire. Je demande seulement, pour l'amour de Dieu, &#224; ceux qui ne me croient pas d'en faire l'&#233;preuve ; l'exp&#233;rience leur montrera&lt;strong&gt; combien il est bienfaisant de se confier &#224; ce glorieux patriarche et d'avoir de la d&#233;votion pour lui&lt;/strong&gt;. Les personnes d'oraison, en particulier, devraient toujours s'attacher &#224; lui ; car je ne sais comment on peut penser &#224; la Reine des Anges, au temps qu'elle v&#233;cut aupr&#232;s de l'enfant J&#233;sus, sans remercier saint Joseph de les avoir si efficacement aid&#233;s. Que ceux qui ne trouveraient pas de ma&#238;tre pour leur enseigner l'oraison prennent pour ma&#238;tre ce glorieux saint, et ils ne s'&#233;gareront pas en chemin. Pl&#251;t au Seigneur que je ne me sois pas moi-m&#234;me &#233;gar&#233;e en osant parler de lui, car tout en proclamant ma d&#233;votion pour lui, j'ai toujours mal r&#233;ussi &#224; le servir et &#224; l'imiter. Il me fit pourtant la faveur bien digne de lui de me permettre de me lever, de marcher, et de ne pas rester impotente ; mais pareille &#224; moi-m&#234;me, je fis mauvais usage de cette faveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui e&#251;t pu croire que je tomberais si vite, apr&#232;s tous ces r&#233;gals que Dieu m'avait accord&#233;s, alors que le Seigneur avait commenc&#233; &#224; me donner les vertus m&#234;mes qui m'invitaient &#224; le servir ; apr&#232;s avoir &#233;t&#233; &#224; la mort et en si grand danger d'&#234;tre damn&#233;e ; apr&#232;s qu'il m'eut ressuscit&#233;e corps et &#226;me, car tous ceux qui me virent s'&#233;merveill&#232;rent de me retrouver vivante ! Qu'est-ce l&#224;, mon Seigneur ? Devons-nous vivre une si dangereuse vie ? Tandis que j'&#233;cris cela, il me semble qu'avec votre faveur et par votre mis&#233;ricorde je pourrais dire comme saint Paul, mais, avec moins de perfection : &lt;strong&gt;&#171; Ce n'est pas moi qui vis, mais c'est Vous, mon Cr&#233;ateur, qui vivez en moi &#187;&lt;/strong&gt; ; car il y a plusieurs ann&#233;es, &#224; ce que je puis comprendre, que vous me tenez par la main ; je vois en moi certaines aspirations, certaines r&#233;solutions de ne rien faire qui soit un tant soit peu contraire &#224; votre volont&#233;, je l'ai prouv&#233; en quelque sorte par l'exp&#233;rience, en bien des choses, pendant ces ann&#233;es, quoiqu'il doive m'arriver de beaucoup offenser Votre Majest&#233; sans m'en rendre compte. Il me semble aussi qu'il n'est rien que je ne d&#233;ciderais d'entreprendre pour l'amour de vous, et vous m'avez parfois aid&#233;e vous-m&#234;me &#224; y r&#233;ussir ; je ne recherche pas le monde ni rien qui le rappelle, rien en dehors de vous ne semble me satisfaire, et le reste me semble une lourde croix. Je puis me tromper, je ne me comporte peut-&#234;tre pas comme je l'ai dit, mais vous voyez bien, Vous, mon Seigneur, qu'&#224; ma connaissance je ne mens point et que je redoute, avec raison, d'&#234;tre &#224; nouveau abandonn&#233;e de vous ; car je sais ce que deviennent ma force et mes rares vertus lorsque vous ne m'en donnez pas sans cesse, m'aidant &#224; ne pas vous quitter ; et plaise &#224; Votre Majest&#233; que je ne sois pas abandonn&#233;e de vous en ce moment m&#234;me, o&#249; je suppose tout cela de moi. Je ne sais comment nous pouvons vouloir vivre, alors que tout est si incertain ! D&#233;j&#224;, mon Seigneur, je croyais impossible de vous quitter si compl&#232;tement ; mais je vous ai si souvent quitt&#233; que je ne puis m'emp&#234;cher de craindre, car d&#232;s que vous vous &#233;cartiez un peu de moi, tout s'&#233;croulait. Soyez b&#233;ni &#224; jamais, puisque m&#234;me lorsque je vous quittais, vous ne me quittiez pas compl&#232;tement, Vous, et pour me relever, toujours Vous me tendiez la main ; souvent, Seigneur, je la repoussais, et je refusais de comprendre que vous m'appeliez de nouveau &lt;/em&gt;.&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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