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		<title>Carmel en France</title>
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		<title>La r&#233;forme th&#233;r&#233;sienne au 16e si&#232;cle en Espagne</title>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Quoi de neuf ?</dc:subject>

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&lt;p&gt;I - Pourquoi Teresa de J&#233;sus a-t-elle quitt&#233; son couvent de l'Incarnation d'Avila ? Nous voici maintenant en Espagne, plus particuli&#232;rement dans la ville d'Avila, &#171; terre des pierres et terre des saints &#187;, en l'ann&#233;e 1562. C'est le 24 Ao&#251;t. Une religieuse du monast&#232;re des Carm&#233;lites de l'Incarnation a quitt&#233; son couvent et inaugure ce jour-l&#224; un nouveau mode de vie carm&#233;litaine en donnant un pauvre habit de bure &#224; quatre novices dans un tout petit monast&#232;re appel&#233; &#171; Saint-Joseph &#187;. Cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-La-Reforme-theresienne-et-son-extension-16e-18e-siecles-.html" rel="directory"&gt;La R&#233;forme th&#233;r&#233;sienne et son extension (16e - 18e si&#232;cles)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-Quoi-de-neuf-+.html" rel="tag"&gt;Quoi de neuf ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Pourquoi Teresa de J&#233;sus a-t-elle quitt&#233; son couvent de l'Incarnation d'Avila ?&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_485 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L279xH400/teresac1-2-4588a.jpg?1782931609' width='279' height='400' alt='Th&#233;r&#232;se' title='Th&#233;r&#232;se' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Nous voici maintenant en Espagne, plus particuli&#232;rement dans la ville d'Avila, &#171; terre des pierres et terre des saints &#187;, en l'ann&#233;e 1562. C'est le 24 Ao&#251;t. Une religieuse du monast&#232;re des Carm&#233;lites de l'Incarnation a quitt&#233; son couvent et inaugure ce jour-l&#224; un nouveau mode de vie carm&#233;litaine en donnant un pauvre habit de bure &#224; quatre novices dans un tout petit monast&#232;re appel&#233; &#171; Saint-Joseph &#187;. Cette religieuse va devenir c&#233;l&#232;bre dans le monde entier. Elle s'appelle pour l'instant &lt;strong&gt;Do&#241;a Teresa de Ahumada&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ordre des Carm&#233;lites n'appara&#238;t qu'au milieu du XV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, donc deux si&#232;cles et demi apr&#232;s celui des Carmes. Le &lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/Jean-Soreth-reformateur-du-XVe.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Bienheureux Jean Soreth&lt;/a&gt; qui &#233;tait alors Prieur G&#233;n&#233;ral de l'Ordre d&#233;sirait ardemment qu'il y e&#251;t une branche f&#233;minine du Carmel, puisque celui-ci avait &#233;t&#233; fond&#233; pour la gloire et la louange de la Vierge Marie. C'est ainsi qu'un Carmel f&#233;minin avait &#233;t&#233; fond&#233; en Avila vers la fin du XV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Do&#241;a Teresa de Ahumada, brillante et belle jeune fille de la noblesse castillane, y entre &#224; l'&#226;ge de 20 ans en 1535. A cette &#233;poque, le &lt;strong&gt;monast&#232;re de l'Incarnation&lt;/strong&gt; compte une soixantaine de religieuses. Puis leur nombre va augmenter selon une proportion vertigineuse en l'espace de quelques ann&#233;es, au point de tripler, lorsqu'en 1562, Do&#241;a Teresa quitte son monast&#232;re. Pourquoi cet accroissement ? La raison est simple : les filles des bonnes familles de la ville ne trouvent pas &#224; se marier. Les gar&#231;ons partent en tr&#232;s grand nombre pour la conqu&#234;te de ce que l'on appelle alors &#171; les Indes occidentales &#187; et aujourd'hui l'Am&#233;rique latine. Tel est le cas de la famille m&#234;me de Th&#233;r&#232;se puisque presque tous ses fr&#232;res y sont partis ou vont y partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est facile de comprendre dans ce contexte qu'un certain nombre de religieuses n'avaient pas vraiment la vocation religieuse. Cela entra&#238;nait des cons&#233;quences faciles &#224; imaginer en ce qui concerne le degr&#233; de ferveur des religieuses. Le monast&#232;re vivait de ses &#171; rentes &#187;. Mais celles-ci n'avaient pas augment&#233; en fonction du nombre des entr&#233;es : &lt;strong&gt;la communaut&#233; &#233;tait &#224; peine capable d'assurer le minimum vital &#224; chaque s&#339;ur&lt;/strong&gt;. Chacune s'en tirait donc comme elle pouvait. Cela veut dire qu'elle se voyait tr&#232;s souvent dans l'obligation de sortir de son couvent et de demander parfois pour quelques mois l'hospitalit&#233; aux membres de sa famille, tout simplement pour ne pas mourir de faim. Et pourtant le monast&#232;re n'&#233;tait pas des plus rel&#226;ch&#233;s, mais il y r&#233;gnait une effervescence, une inqui&#233;tude qui n'&#233;taient favorables ni au silence, ni &#224; la contemplation, ni &#224; la ferveur. De plus, cette absence d'organisation entra&#238;nait &lt;strong&gt;des in&#233;galit&#233;s criantes entre les s&#339;urs&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_486 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L281xH350/teresac2-2-a3585.jpg?1782931609' width='281' height='350' alt='Transverb&#233;ration de Th&#233;r&#232;se' title='Transverb&#233;ration de Th&#233;r&#232;se' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Or Do&#241;a Teresa s'&#233;tait sentie &lt;strong&gt;appel&#233;e tr&#232;s t&#244;t &#224; l'absolu d'une vie toute donn&#233;e &#224; Dieu&lt;/strong&gt;. D&#232;s 1538, ann&#233;e de sa grave maladie, elle avait d&#233;couvert la pratique de l'oraison qui lui permettait de vivre sa relation au Christ comme&lt;strong&gt; une amiti&#233; exigeante&lt;/strong&gt;. Cela &#233;tait devenu particuli&#232;rement clair &#224; partir de 1554, ann&#233;e de ce qu'elle appelle sa &#171; conversion &#187;. Bref, le genre de vie qui &#233;tait le sien au monast&#232;re de l'Incarnation ne la satisfaisait plus du tout ; &lt;strong&gt;elle recherchait quelque chose de plus authentique, de plus radical&lt;/strong&gt;. Un beau jour (c'&#233;tait en 1560), elle r&#233;unit un groupe de jeunes filles dans son petit appartement. L'une d'entre elles lance l'id&#233;e d'une fondation carm&#233;litaine o&#249; l'on essaierait de vivre dans son int&#233;grit&#233; la R&#232;gle &#171; primitive &#187; du Carmel. Ainsi est n&#233;e l'id&#233;e du monast&#232;re de Saint-Joseph d'Avila.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Que voulait-elle vivre &#224; Saint-Joseph d'Avila ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut souligner en premier lieu et qui constitue une sorte de nouveaut&#233; pour un monast&#232;re contemplatif de femmes, c'est&lt;strong&gt; l'orientation nettement apostolique, eccl&#233;siale et m&#234;me missionnaire de la toute r&#233;cente fondation de Saint-Joseph&lt;/strong&gt;. Comment celle-ci est-elle n&#233;e dans le c&#339;ur de Th&#233;r&#232;se ? Par la prise de conscience suraigu&#235; des maux dont souffre l'&#201;glise de son temps, la division des chr&#233;tiens, le rel&#226;chement des ordres religieux, l'infid&#233;lit&#233; de tant de pr&#234;tres, et, &#224; partir d'une certaine &#233;poque, la &#171; vue de ces millions d'&#226;mes qui se perdent &#187;, en Am&#233;rique ou ailleurs, faute d'&#234;tre &#233;vang&#233;lis&#233;es. &lt;strong&gt;Th&#233;r&#232;se voudrait faire quelque chose pour arr&#234;ter ces maux&lt;/strong&gt;. Mais &#224; l'&#233;poque il n'y a de vocation possible pour la femme que dans le mariage ou la vie religieuse clo&#238;tr&#233;e. Th&#233;r&#232;se est Carm&#233;lite. Elle comprend soudain que si elle est une Carm&#233;lite selon le c&#339;ur de Dieu, c'est-&#224;-dire si elle suit sa R&#232;gle dans toute sa rigueur, elle sera une authentique disciple et &#171; amie &#187; du Christ et que cette vie offerte dans le silence et la contemplation peut &#234;tre d'un tr&#232;s grand prix pour le salut du monde. Son intention est m&#234;me plus pr&#233;cise. Elle comprend aussi le r&#244;le fondamental que jouent dans l'&#201;glise les pr&#234;tres, les th&#233;ologiens, les missionnaires. La saintet&#233; de l'&#201;glise d&#233;pend en grande partie de leur saintet&#233; &#224; eux. Voil&#224; pourquoi la Carm&#233;lite, selon le c&#339;ur de Th&#233;r&#232;se, doit &#234;tre &lt;strong&gt;&#171; l'ap&#244;tre des ap&#244;tres &#187;&lt;/strong&gt;, non pas au sens o&#249; elle aurait &#224; leur faire la le&#231;on, mais au sens o&#249; &lt;strong&gt;sa vie enti&#232;re est offerte &#224; Dieu pour la saintet&#233; des ministres de l'&#201;glise&lt;/strong&gt;. Un peu comme sainte Marie-Madeleine qui reste tr&#232;s pr&#233;sente &#224; l'esprit de Th&#233;r&#232;se et qui constitue comme son &#171; mod&#232;le &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d&#233;coule de l&#224;. &lt;strong&gt;Il s'agit d'&#234;tre une vraie Carm&#233;lite, c'est-&#224;-dire une vraie contemplative. &lt;/strong&gt; Tout est donc centr&#233; sur la pri&#232;re, une pri&#232;re v&#233;cue comme une &lt;strong&gt;&#171; vie d'intimit&#233; et d'amiti&#233; &#187;&lt;/strong&gt; avec le Seigneur ressuscit&#233;. C'est ce que Th&#233;r&#232;se appelle &#171; l'oraison &#187;. Celle-ci conna&#238;t, bien s&#251;r, des moments privil&#233;gi&#233;s, mais elle est surtout une vie, c'est-&#224;-dire qu'elle tend &#224; devenir continuelle, car, comme dit la sainte, &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;le v&#233;ritable amant aime partout son bien-aim&#233; et ne perd jamais son souvenir &lt;/em&gt; &#187;. C'est pour cette raison que Th&#233;r&#232;se est si attach&#233;e &#224; la solitude et &#224; la cl&#244;ture, ainsi qu'au silence, afin que rien ne distraie ses s&#339;urs de la recherche du Seigneur. Leur vie doit ressembler le plus possible &#224; celle de leur Ma&#238;tre, s'alignant sur les &#171; conseils &#187; que celui-ci donna jadis &#224; ses disciples, sp&#233;cialement ceux de la pauvret&#233;, du d&#233;tachement et de l'humilit&#233;. Le tout est couronn&#233; par&lt;strong&gt; l'amour fraternel&lt;/strong&gt; grandement favoris&#233; par le fait que les communaut&#233;s th&#233;r&#233;siennes ne sont jamais nombreuses et qu'elles veulent ressembler au &lt;strong&gt;&#171; petit coll&#232;ge du Christ &#187;&lt;/strong&gt; o&#249; l'on s'aime dans la joie et la simplicit&#233;. D'o&#249; l'importance toute particuli&#232;re des &#171; r&#233;cr&#233;ations &#187;. Elle veut aussi une forme d'&#233;galit&#233; et choisir de changer de nom pour ne plus &#234;tre appel&#233;e Do&#241;a : elle s'appelle d&#233;sormais Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - Pourquoi a-t-elle fond&#233; tant de monast&#232;res ?&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_487 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L282xH350/teresac3-2-94ebf.jpg?1782931609' width='282' height='350' alt='Couronnement de Th&#233;r&#232;se' title='Couronnement de Th&#233;r&#232;se' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Nous trouvons la r&#233;ponse &#224; cette question dans la &#171; Relation &#187; du 9 f&#233;vrier 1570 o&#249; Th&#233;r&#232;se raconte une faveur divine re&#231;ue au Carmel de Malag&#243;n. Un jour apr&#232;s la communion, &lt;strong&gt;elle &#171; voit &#187; le Christ recouvert non d'une couronne d'&#233;pines mais d'une couronne resplendissante&lt;/strong&gt;. Le Seigneur lui fait comprendre la signification de cette &#171; vision &#187;. Compar&#233;es aux souffrances qu'il subit actuellement dans son corps qui est l'&#201;glise, celles qu'on lui infligea lors de sa passion ne sont pas grand chose. La r&#233;action d'une amie du Christ de la qualit&#233; de Th&#233;r&#232;se ne nous surprend pas :&lt;strong&gt; &#171; Mais que puis-je faire, Seigneur, pour rem&#233;dier &#224; tant de maux ? Je suis pr&#234;te &#224; tout &#187;. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_484 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L312xH329/fondations-2-f3354.jpg?1782931609' width='312' height='329' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-484 '&gt;&lt;strong&gt;Fondations en Espagne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse du Christ ne se fait pas attendre. &lt;strong&gt;&#171; Ce n'est pas le temps de te reposer ; h&#226;te-toi de fonder ces monast&#232;res ; ma joie est d'&#234;tre pr&#232;s des &#226;mes qui les habitent &#187;&lt;/strong&gt;. On peut donc dire que le motif qui pousse Th&#233;r&#232;se &#224; fonder ses monast&#232;res est celui de la compassion pour le Christ qui souffre actuellement dans son &#201;glise. A une &#233;poque o&#249; le myst&#232;re de la Pr&#233;sence r&#233;elle du Christ dans l'Eucharistie est particuli&#232;rement rejet&#233; et bafou&#233;, elle n'a de cesse de voir s'&#233;lever de nouvelles &#233;glises o&#249; la Pr&#233;sence r&#233;elle du Christ dans le Saint Sacrement deviendra la source d'un rayonnement v&#233;ritablement missionnaire sur les populations environnantes. Nous voyons d&#233;j&#224; poindre une id&#233;e qui sera plus tard si ch&#232;re au P&#232;re de Foucauld. &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Autant que je puis m'en souvenir&lt;/em&gt;, dit Th&#233;r&#232;se, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;je n'ai jamais omis une fondation par crainte de travail&#8230; ; je consid&#232;re celui pour la gloire de qui je travaille ; je songe que dans la nouvelle fondation le Seigneur sera fid&#232;lement servi, et que le tr&#232;s Saint Sacrement y r&#233;sidera&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV- La situation spirituelle de l'Espagne au XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_488 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L271xH350/teresac5-2-f341d.jpg?1782931609' width='271' height='350' alt='St Pierre d'Alcantara' title='St Pierre d'Alcantara' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il se d&#233;veloppe en Espagne un mouvement de &#171; r&#233;forme &#187; qui a pris naissance au si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent principalement dans les milieux &#171; franciscains &#187;. Ce mouvement va faire tache d'huile sur toutes les couches de la chr&#233;tient&#233; espagnole. Les franciscains adoptent un nouveau style de vie religieuse caract&#233;ris&#233; par l'appellation de fr&#232;res &#171; D&#233;chaux &#187;, ainsi appel&#233;s parce qu'ils marchent pieds nus. Leur volont&#233; est d'imiter saint Fran&#231;ois dans le &#171; radicalisme &#187; de sa pauvret&#233;, de sa vie p&#233;nitente et de sa contemplation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me r&#233;alit&#233; issue du r&#233;formisme franciscain espagnol est un mouvement de spiritualit&#233; qui, tout en s'apparentant &#224; ce que l'on a appel&#233; la &#171; d&#233;votion moderne &#187; venue des pays nordiques poss&#232;de une forte note d'originalit&#233; ; c'est un mouvement qui insiste beaucoup sur la n&#233;cessit&#233; du &lt;strong&gt;&#171; recueillement &#187;&lt;/strong&gt; et de l'oraison mentale, d'o&#249; le nom de &#171; recueillis &#187; (&#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;recogidos&lt;/em&gt; &#187;) donn&#233; &#224; ses adeptes. Ce mouvement est d'abord consid&#233;r&#233; avec m&#233;fiance par les autorit&#233;s eccl&#233;siastiques qui redoutent &#8212; non sans quelque motif &#8212; les d&#233;viations de l' &lt;strong&gt;&#171; illuminisme &#187; &lt;/strong&gt; et du subjectivisme. Certains th&#233;ologiens se montrent hostiles, parfois m&#234;me jusqu'au ridicule, &#224; la pratique de la pri&#232;re silencieuse par les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se s'est trouv&#233;e au confluent de ces deux cr&#233;ations du g&#233;nie mystique espagnol. Le trait d'union a &#233;t&#233; pour elle le fondateur d'une branche de Franciscains D&#233;chaux et l'auteur de petits livres de spiritualit&#233; sur l'oraison, Pierre d'Alcantara. Avec sa gr&#226;ce personnelle, elle s'en est inspir&#233;e pour introduire ce nouveau mode de vie carm&#233;litaine qu'est un monast&#232;re de Carm&#233;lites D&#233;chauss&#233;es. Bien s&#251;r, elle a re&#231;u d'autres influences venant notamment des Dominicains et des J&#233;suites. Ces Ordres religieux connaissent alors en Espagne un essor magnifique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;V - Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila : une femme d'audace&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_489 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L302xH360/teresac4-2-67f94.jpg?1782931609' width='302' height='360' alt='Th&#233;r&#232;se et La Vierge Marie' title='Th&#233;r&#232;se et La Vierge Marie' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;La situation de la femme en Espagne, &#224; cette &#233;poque, n'est pas tr&#232;s enviable. Assez curieusement, la vie religieuse peut repr&#233;senter pour certaines, une forme d'&#233;mancipation par rapport &#224; l'homme. Au monast&#232;re de l'Incarnation, les s&#339;urs ne se laissaient pas mener facilement par les hommes, comme en t&#233;moigne l'histoire mouvement&#233;e de leur communaut&#233;. Th&#233;r&#232;se a re&#231;u un charisme tout &#224; fait exceptionnel car &lt;strong&gt;elle a r&#233;alis&#233; des choses &#233;tonnantes pour une femme de cette &#233;poque&lt;/strong&gt; et l'on trouve souvent dans ses &#233;crits une critique de l'antif&#233;minisme forcen&#233; de certains th&#233;ologiens de son temps qui voulaient interdire aux femmes l'oraison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait certainement exag&#233;r&#233; de voir en Th&#233;r&#232;se la premi&#232;re &#171; f&#233;ministe &#187; des temps modernes, mais il est incontestable qu'elle a jou&#233; un r&#244;le non n&#233;gligeable dans la naissance de ce ph&#233;nom&#232;ne &#224; la fois culturel et spirituel. Par son action, par sa pens&#233;e mais plus encore par sa vie elle-m&#234;me, elle a contribu&#233; &#224; la prise de conscience de la mission et de&lt;strong&gt; la dignit&#233; de la femme dans l'&#201;glise et dans la soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;. &#201;tant donn&#233; les circonstances dans lesquelles elle a v&#233;cu et qui &#233;taient peu favorables &#224; cette prise de conscience, il faut voir en elle une manifestation toute sp&#233;ciale de l'action de l'Esprit-Saint parlant aux &#201;glises. Au reste, ce n'est pas pour rien que le Pape Paul VI l'a proclam&#233;e &lt;strong&gt;&#171; Docteur de l'&#201;glise &#187;&lt;/strong&gt; il y a une quinzaine d'ann&#233;es. Avec Catherine de Sienne, elle est la premi&#232;re femme ayant re&#231;u pareille dignit&#233; dans l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VI - Le r&#244;le de Jean de la Croix &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_490 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L254xH350/jean3-2-9b45d.jpg?1782931609' width='254' height='350' alt='Jean de la Croix' title='Jean de la Croix' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Dans la province de Castille, il y avait non seulement des Carm&#233;lites, mais aussi des Carmes. Lorsque la premi&#232;re rencontre entre les deux grands saints du Carmel a lieu en 1567, Th&#233;r&#232;se a cinquante-deux ans et Jean de la Croix, vingt-cinq. A l'&#233;poque, il s'appelle Jean de Saint-Mathias et il est Carme de la province de Castille. Il vient tout juste d'&#234;tre ordonn&#233; pr&#234;tre &#224; Salamanque o&#249; il termine ses &#233;tudes de th&#233;ologie. Il vient passer ses vacances au couvent de Medina del Campo. Th&#233;r&#232;se se trouve pr&#233;cis&#233;ment en cette ville pour y r&#233;aliser une fondation de Carm&#233;lites (la deuxi&#232;me apr&#232;s Saint-Joseph d'Avila).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le P&#232;re Rubeo, Prieur G&#233;n&#233;ral de l'Ordre, de passage &#224; Avila lors du Car&#234;me de cette m&#234;me ann&#233;e, lui a donn&#233; l'autorisation de &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;fonder autant de monast&#232;res de Carm&#233;lites qu'elle avait de cheveux sur la t&#234;te&lt;/em&gt; &#187;. Bien entendu, elle jubile. Mais elle est femme, &#171; charg&#233;e de patentes &#187; certes, c'est-&#224;-dire de toutes les autorisations voulues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, elle se sent tellement d&#233;munie. Et puis, elle d&#233;sire travailler au salut des &#226;mes. C'est alors qu'il lui vient une id&#233;e g&#233;niale : &lt;strong&gt;obtenir l'autorisation de fonder des couvents de Carmes &#171; contemplatifs &#187;&lt;/strong&gt; (bient&#244;t, on les appellera eux aussi &#171; Carmes D&#233;chaux &#187;) afin que ces derniers puissent lui apporter leur aide si n&#233;cessaire pour toutes les d&#233;marches requises par la fondation de ses propres monast&#232;res et surtout pour la direction de ses s&#339;urs. Vivant de la m&#234;me mani&#232;re que les Carm&#233;lites, ils pourront mieux les comprendre et, de plus, ils auront la possibilit&#233; de s'adonner au minist&#232;re apostolique, alors que les s&#339;urs ne peuvent travailler au salut du monde que par leurs pri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui va commencer ce nouveau genre de vie parmi les Carmes ? Il faut des hommes sur qui l'on puisse vraiment compter. Tel est le cas de ce jeune Fr&#232;re Jean de Saint-Mathias dont on a dit tant de bien &#224; la M&#232;re Th&#233;r&#232;se. &lt;strong&gt;Il est tellement d&#233;sireux d'une vie fervente&lt;/strong&gt; qu'il a d&#233;j&#224; obtenu de ses sup&#233;rieurs la permission, &#224; titre personnel, de suivre la R&#232;gle primitive des Carmes dans toute sa rigueur. On dit m&#234;me que, d&#233;&#231;u par le manque de ferveur des religieux de sa province, pourtant consid&#233;r&#233;e comme &#171; r&#233;form&#233;e &#187; au niveau de l'Ordre, il a con&#231;u le projet de se faire Chartreux. La M&#232;re Th&#233;r&#232;se veut le rattraper au vol. Elle lui demande s'il accepte d'&#234;tre le premier Carme de la nouvelle observance. Jean de Saint-Mathias accepte, mais &#224; une condition que cette fondation intervienne sans tarder. C'est ce qui va se passer. Un peu plus d'un an apr&#232;s l'entrevue c&#233;l&#232;bre de Medina del Campo, sera inaugur&#233; le premier couvent de Carmes D&#233;chaux, dans un pauvre village de Castille, Duruelo. Ce sera le 28 novembre 1568.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean de Saint-Mathias changera de nom ce jour-l&#224;. Il s'appellera d&#233;sormais &lt;strong&gt;Jean de la Croix&lt;/strong&gt;. Avec Antoine de J&#233;sus, il est donc l'un des deux premiers D&#233;chaux. Plus tard il exercera des charges importantes dans la R&#233;forme, mais son r&#244;le a &#233;t&#233; avant tout celui de P&#232;re spirituel des Carmes et des Carm&#233;lites. Il a exerc&#233; ce charisme en premier lieu par le rayonnement de son exemple, et par son enseignement oral. Mais peu &#224; peu ses &#233;crits commencent &#224; circuler dans les couvents et les fr&#232;res et s&#339;urs en sont &#233;blouis. Tel a &#233;t&#233; le vrai r&#244;le de Jean de la Croix.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VII - Le couvent de Duruelo&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se dit tout, avec son talent inimitable, en comparant le nouveau couvent &#224; &lt;strong&gt;&#171; l'&#233;table de Bethl&#233;em &#187;&lt;/strong&gt;. Au Car&#234;me de l'ann&#233;e 1569, elle vient rendre visite au P&#232;re Jean et au P&#232;re Antoine, son compagnon et sup&#233;rieur. Elle nous en a laiss&#233; le r&#233;cit dans un passage de ses &lt;strong&gt;&#171; Fondations &#187;&lt;/strong&gt;. Mieux vaut lui laisser la parole.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Je n'oublierai jamais, dit-elle, une petite croix de bois plac&#233;e au b&#233;nitier et sur laquelle &#233;tait coll&#233;e une image en papier repr&#233;sentant le Christ. Elle me donnait vraiment plus de d&#233;votion que si elle e&#251;t &#233;t&#233; d'une mati&#232;re artistement travaill&#233;e. L'ancien galetas servait de ch&#339;ur ; comme il &#233;tait &#233;lev&#233; vers le milieu, on y pouvait r&#233;citer les heures, mais on devait se baisser beaucoup pour y entrer&#8230; aux deux angles de ce ch&#339;ur donnant sur l'&#233;glise, se trouvaient deux petits ermitages o&#249; l'on ne pouvait se tenir que couch&#233; ou assis&#8230; L&#224; les p&#232;res avaient deux pierres en guise d'oreiller.. J'appris qu'apr&#232;s Matines (c'est-&#224;-dire l'office du milieu de la nuit) ils n'allaient point prendre de repos&#8230; Leur oraison &#233;tait tellement &#233;lev&#233;e qu'en se rendant &#224; Prime (l'office du matin), ils se trouvaient partout couverts de neige sans avoir rien senti &#187;.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce qui la comble de joie c'est de voir aussi &#224; quel point&lt;strong&gt; ces deux p&#232;res sont pr&#233;occup&#233;s par la vie spirituelle des pauvres paysans du voisinage&lt;/strong&gt;. Ils font beaucoup de bien autour d'eux, &#224; tel point qu'en tr&#232;s peu de temps ils sont l'objet d'une v&#233;ritable v&#233;n&#233;ration de la part des habitants. Ceux-ci leur apportent tout ce qui est n&#233;cessaire &#224; leur subsistance ; eux se contentent de peu et m&#234;me de tr&#232;s peu. Ils s'adonnent au travail, &#224; la pri&#232;re, &#224; la pr&#233;dication et aux confessions. Pour ce qui est de la nourriture, Dieu y pourvoira !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point seulement inqui&#232;te la M&#232;re Th&#233;r&#232;se : &lt;strong&gt;la rigueur de leurs p&#233;nitences lui semble vraiment excessive&lt;/strong&gt; ; elle craint pour leur sant&#233;. Elle leur en fait la remarque, mais ils ne semblent gu&#232;re l'&#233;couter. Ce sera le point faible de la nouvelle r&#233;forme des Carmes. Certains d'entre eux seront bien d&#233;pourvus de l'&#233;quilibre sup&#233;rieur si caract&#233;ristique du g&#233;nie th&#233;r&#233;sien. Quant &#224; Jean de la Croix, disons simplement qu'il est encore un peu jeune. Un peu d'exp&#233;rience lui fera comprendre &#224; la fois la n&#233;cessit&#233; d'une vie mortifi&#233;e et celle de la mod&#233;ration dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VIII - Pourquoi Jean de la Croix a-t-il &#233;t&#233; emprisonn&#233; ?&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_491 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L273xH350/jean2-2-3b3e8.jpg?1782931609' width='273' height='350' alt='Jean de la Croix' title='Jean de la Croix' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il nous faut maintenant franchir d'un bond une dizaine d'ann&#233;es. Le Renouveau du Carmel de Th&#233;r&#232;se prend de l'extension, qu'il s'agisse des couvents des s&#339;urs ou de ceux des fr&#232;res. Malheureusement, des tensions et m&#234;me des affrontements commencent &#224; surgir entre les Carmes et Carm&#233;lites de la nouvelle Observance et ceux de l'ancienne. Les raisons sont complexes, notamment en raison d'un conflit de juridictions entre le pouvoir royal et celui du G&#233;n&#233;ral des Carmes. En 1571, Th&#233;r&#232;se est nomm&#233;e Prieure de son ancien monast&#232;re de l'Incarnation.&lt;strong&gt; Elle comprend imm&#233;diatement que le point cl&#233; de la r&#233;forme de ce monast&#232;re se trouve dans le choix des confesseurs&lt;/strong&gt;. Jusqu'&#224; pr&#233;sent les confesseurs attitr&#233;s des s&#339;urs de l'Incarnation &#233;taient leurs fr&#232;res du couvent tout proche des Carmes de l'ancienne observance. Th&#233;r&#232;se n'a pas gard&#233; un tr&#232;s bon souvenir de leur direction spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle pense tr&#232;s vite &#224; les remplacer par d'autres confesseurs, selon son c&#339;ur. Elle conna&#238;t la valeur du fr&#232;re Jean de la Croix et elle va obtenir sans tarder qu'il soit nomm&#233; confesseur du monast&#232;re de l'Incarnation, ce qui se r&#233;alise &#224; l'&#233;t&#233; de 1572. Il va d&#233;sormais habiter dans une maisonnette situ&#233;e dans les parages du monast&#232;re et exercer son minist&#232;re de confesseur et de directeur spirituel des s&#339;urs pour leur plus grand bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'est pas du go&#251;t de ses fr&#232;res de l'ancienne observance qui lui en veulent de les avoir supplant&#233;s. Ils sont bless&#233;s par l'attachement m&#234;l&#233; de v&#233;n&#233;ration que lui portent les moniales de l'Incarnation. Bref, apr&#232;s plusieurs escarmouches, ils le font appr&#233;hender dans sa maison le 3 d&#233;cembre 1577 et le m&#232;nent au couvent de Tol&#232;de o&#249; r&#233;side le provincial de Castille pour que celui-ci puisse le juger tout &#224; loisir. En attendant, il est condamn&#233; &#224; la prison comme religieux &#171; rebelle &#187;. Il va rester pendant neuf mois environ dans ce qu'il appellera plus tard, non sans humour, &#171; le ventre de la baleine &#187;. Il y est trait&#233; avec une rigueur parfois inhumaine et qui ne peut &#234;tre jug&#233;e avec &#233;quit&#233; que si l'on tient compte du contexte passionnel dans lequel se d&#233;roule alors le conflit entre les Carmes de l'ancienne observance et les D&#233;chaux. Toujours est-il que &lt;strong&gt;Jean de la Croix, cet homme doux, humble et pacifique, vit alors une exp&#233;rience extr&#234;mement douloureuse et crucifiante qui le m&#232;ne jusqu'au sommet de l'exp&#233;rience mystique.&lt;/strong&gt; C'est dans la prison de Tol&#232;de qu'il compose son immortel &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Cantique spirituel&lt;/em&gt; &#187;. Durant l'Octave de l'Assomption 1578, il r&#233;ussit &#224; s'enfuir de sa prison dans la nuit et il trouve refuge dans le monast&#232;re des Carm&#233;lites D&#233;chauss&#233;es de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IX - Les relations entre Teresa et Juan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ils ont v&#233;cu ensemble &#224; certaines p&#233;riodes de leur vie. Tout d'abord pendant les deux mois de l'&#233;t&#233; finissant de 1568 o&#249; elle le prend avec elle &#224; Valladolid pour l'initier au genre de vie du Carmel r&#233;form&#233;. Puis pendant deux ans et demi environ au monast&#232;re de l'Incarnation d'Avila dont elle est prieure et lui confesseur. C'est surtout pendant cette p&#233;riode qu'ils ont eu le loisir de faire connaissance et de s'entretenir tr&#232;s souvent. En dehors de ces deux p&#233;riodes, ils ne se rencontrent que de mani&#232;re &#233;pisodique. Ils ont d&#251; s'&#233;crire tr&#232;s souvent. Malheureusement, saint Jean de la Croix a br&#251;l&#233; par d&#233;tachement toutes les lettres que lui avait envoy&#233;es la M&#232;re Th&#233;r&#232;se. C'est en novembre 1581 que les deux saints se voient pour la derni&#232;re fois. Jean de la Croix vient demander &#224; Th&#233;r&#232;se de participer personnellement &#224; la fondation du monast&#232;re des Carm&#233;lites de Grenade. Celle-ci se voit oblig&#233;e de lui refuser cette gr&#226;ce, non seulement en raison de son &#226;ge et de ses infirmit&#233;s qui lui interdisent d'entreprendre un si long voyage (d'Avila jusqu'&#224; Grenade), mais surtout parce qu'elle est engag&#233;e dans la fondation du monast&#232;re de Burgos qui sera sa derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_492 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L400xH199/juanteresa2-2-8069c.jpg?1782931609' width='400' height='199' alt='Jean et Th&#233;r&#232;se' title='Jean et Th&#233;r&#232;se' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Entre les deux saints existait une affection et une admiration mutuelles. &lt;strong&gt;On ne peut toutefois imaginer deux g&#233;nies plus diff&#233;rents. Th&#233;r&#232;se est la vie en expansion. Jean de la Croix est tout int&#233;rioris&#233;, peu expansif, quoique tr&#232;s affable&lt;/strong&gt;. La mystique de Th&#233;r&#232;se est celle de la lumi&#232;re. Celle de Jean de la Croix serait plut&#244;t celle de la t&#233;n&#232;bre, bien qu'il ne faille rien exag&#233;rer. Dans quelle mesure se sont-ils influenc&#233;s r&#233;ciproquement ? Cela reste difficile &#224; dire. Toutefois le fait m&#234;me de cette influence r&#233;ciproque ne peut &#234;tre ni&#233;. Un mot r&#233;sume tout. Th&#233;r&#232;se appelait affectueusement Fr&#232;re Jean &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;mon petit S&#233;n&#232;que&lt;/em&gt; &#187; et il lui arrivait de le taquiner gentiment sur son s&#233;rieux. Rien ne refl&#232;te mieux la profondeur de ses sentiments &#224; son &#233;gard que la lettre qu'elle &#233;crit &#224; sa fille Anne de J&#233;sus, juste apr&#232;s sa derni&#232;re entrevue avec le saint : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Vous m'amusez, ma fille, de vous plaindre sans raison, alors que vous avez l&#224;-bas mon P&#232;re Fray Juan de la Cruz, qui est un homme c&#233;leste et divin ; je vous le dis, ma fille, apr&#232;s son d&#233;part, je n'en ai pas trouv&#233; un comme lui dans toute la Castille, ni qui communique une telle ferveur pour s'acheminer vers le ciel. Vous ne sauriez croire en quelle solitude il m'a laiss&#233;e. Songez-y bien, vous avez en ce saint un grand tr&#233;sor&#8230; Je vous le certifie, j'estimerais avoir par ici mon P&#232;re Fray Juan de la Cruz, il est vraiment le p&#232;re de mon &#226;me, et l'un de ceux dont l'entretien me fut le plus profitable&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fondation du Carmel th&#233;r&#233;sien en France</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Fondation-du-Carmel-theresien-en-France.html</link>
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		<dc:date>2018-08-04T15:29:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - Une rencontre providentielle Au d&#233;but du car&#234;me de 1583, Jean de Br&#233;tigny, gentilhomme de Rouen dont la famille est originaire de S&#233;ville, les Quintanaduenias, accompagne un ami, bienfaiteur du carmel qui va rendre visite &#224; la m&#232;re prieure, Marie de Saint-Joseph, une proche de Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus. La conversation qui s'ensuit le bouleverse, les documents qui lui sont remis, les contacts successifs, les &#171; Avis &#187; de la M&#232;re Th&#233;r&#232;se qu'il m&#233;dite, lui permettent de comprendre davantage la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-La-Reforme-theresienne-et-son-extension-16e-18e-siecles-.html" rel="directory"&gt;La R&#233;forme th&#233;r&#233;sienne et son extension (16e - 18e si&#232;cles)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Une rencontre providentielle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du car&#234;me de 1583, &lt;strong&gt;Jean de Br&#233;tigny&lt;/strong&gt;, gentilhomme de Rouen dont la famille est originaire de S&#233;ville, les Quintanaduenias, accompagne un ami, bienfaiteur du carmel qui va rendre visite &#224; la m&#232;re prieure, Marie de Saint-Joseph, une proche de Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus. La conversation qui s'ensuit le bouleverse, les documents qui lui sont remis, les contacts successifs, les &#171; Avis &#187; de la M&#232;re Th&#233;r&#232;se qu'il m&#233;dite, lui permettent de comprendre davantage la sp&#233;cificit&#233; du carmel r&#233;nov&#233; : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Travailler par la pri&#232;re et la p&#233;nitence &#224; l'av&#232;nement du r&#232;gne de Dieu&lt;/em&gt; &#187;. &lt;strong&gt;Son d&#233;sir sera d&#233;sormais de fonder un carmel &#224; Rouen, sa ville natale&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contact est pris avec le P&#232;re Provincial des Carmes D&#233;chaux, J&#233;r&#244;me Gratien, tout aussi sen&#173;sible que Marie de Saint-Joseph &#224; la dimension missionnaire de l'Ordre. Tr&#232;s rapidement, il est d&#233;sign&#233; comme procureur des Carmes pour la fondation d'un couvent de Carmes &#224; Rouen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les religieuses entament des s&#233;ries de neuvaines pour le succ&#232;s de l'entreprise mais &lt;strong&gt;la situation politique particuli&#232;rement difficile en France &#224; cause des luttes entre catholiques et protestants ainsi que les relations conflictuelles avec l'Espagne&lt;/strong&gt; (assassinats du Duc de Guise et d'Henri III) font &#233;chouer la fondation de Rouen.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Une attente fructueuse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jean de Br&#233;tigny, ordonn&#233; pr&#234;tre en 1598, se tourne vers un autre projet. &lt;strong&gt;Apr&#232;s avoir financ&#233; en 1588, l'&#233;dition, &#224; Madrid, des &#339;uvres de la M&#232;re Th&#233;r&#232;se, il d&#233;cide de les traduire lui-m&#234;me en fran&#231;ais&lt;/strong&gt; pour mieux les faire conna&#238;tre dans son pays. Le 31 janvier 1601, para&#238;t &#224; Paris l'&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Autobiographie&lt;/em&gt; rapidement suivie du &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Chemin de la Perfection&lt;/em&gt; et du &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Ch&#226;teau Int&#233;rieur&lt;/em&gt;. Il fait aussi circuler des images de Th&#233;r&#232;se, le succ&#232;s est impressionnant. Il est vrai que le contexte est porteur, nombreux sont ceux qui aspirent profond&#233;ment &#224; un renouveau spirituel vivant et vrai.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - Un &#171; salon mystique &#187; : l'H&#244;tel Acarie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'H&#244;tel Acarie va r&#233;pondre &#224; ces aspirations en offrant un lieu de r&#233;unions, d'&#233;changes, de m&#233;di&#173;tation &#224; tous ces hommes et femmes d&#233;sireux de vivre une spiritualit&#233; exigeante et authentique par l'approfondissement de la vie int&#233;rieure. Le roi Henri IV, lui-m&#234;me, soutient et favorise cette ini&#173;tiative. Certaines grandes dames de la Cour dont la Princesse de Longueville, fr&#233;quentent ce lieu assid&#251;ment ainsi que des universitaires comme le P&#232;re Andr&#233; Duval qui deviendra le sup&#233;rieur des Carm&#233;lites de France avec le P&#232;re &lt;strong&gt;Pierre de B&#233;rulle, futur fondateur de l'Oratoire&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la r&#233;putation de saintet&#233; de &lt;strong&gt;Madame Acarie&lt;/strong&gt; qui les attire. D&#233;sireuse de rentrer chez les Augustines de l'H&#244;tel-Dieu, elle est, cependant, mari&#233;e par son p&#232;re &#224; 16 ans et demi &#224; Pierre Acarie, conseiller du Roi et ma&#238;tre de la Chambre des Comptes. Ils auront six enfants dont trois filles seront carm&#233;lites. Grande mystique, elle a fr&#233;quemment des extases, d&#232;s 1588. Dirig&#233;e par le P&#232;re Beno&#238;t de Canfeld, un capucin, ainsi que par Dom Beaucousin, de la Chartreuse de Paris, elle sera initi&#233;e, avec toute l'&#233;lite d&#233;vote qu'elle r&#233;unira chez elle, &#224; la mystique germanique, &#224; tra&#173;vers Ruysbroek, en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1601, Madame Acarie lit les &#233;crits de la r&#233;formatrice, mais ce n'est qu'apr&#232;s une vision de la M&#232;re Th&#233;r&#232;se elle-m&#234;me, qu'elle comprend qu'elle est appel&#233;e &#224; la fondation du Carmel en France. Il faut une fondatrice s&#233;culi&#232;re, elle la trouvera en la personne de la Princesse de Longueville qui s'engagera &#224; verser une rente de 800 &#233;cus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est boulevers&#233; : &lt;strong&gt;la fondation fran&#231;aise se fera &#224; Paris&lt;/strong&gt;, ce sera un monast&#232;re de Carm&#233;lites, on ne souhaite pas que s'installent des p&#232;res carmes, alors que les probl&#232;mes avec la Ligue et le Parti D&#233;vot sont encore loin d'&#234;tre r&#233;solus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - La fondation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trois sup&#233;rieurs sont d&#233;sign&#233;s : les P&#232;res Jacques Gallement, Andr&#233; Duval et Pierre de B&#233;rulle. Le Roi accordera les lettres patentes le 18 juillet 1602.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madame Acarie trouvera une maison au Faubourg Saint Jacques, le Prieur&#233; Notre-Dame-des Champs, mais les accords avec les b&#233;n&#233;dictins seront longs &#224; obtenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 avril 1603, la duchesse de Nemours, la princesse de Longueville et la princesse d'Estouteville posent les premi&#232;res pierres ; Pierre de B&#233;rulle, la premi&#232;re pierre du ch&#339;ur quelques jours plus tard. Le nouveau monast&#232;re doit &#234;tre absolument conforme aux normes &#233;ta&#173;blies par la M&#232;re Th&#233;r&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait encore obtenir la bulle d'&#233;rection canonique du Pape Cl&#233;ment VIII. A la suite de la sup&#173;plique r&#233;dig&#233;e par la princesse de Longueville et les douze postulantes et de la lettre du roi Henri IV, la bulle est enfin accord&#233;e avec l'aide de Fran&#231;ois de Sales le 13 novembre 1603, mais ce n'est que le 4 ao&#251;t 1604 que le P&#232;re Carme G&#233;n&#233;ral de la congr&#233;gation d'Espagne, Fran&#231;ois de la M&#232;re de Dieu, signa &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; la patente qui autorisait quatre carm&#233;lites espagnoles &#224; quitter leur patrie pour aller fonder en France&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#233;tait pr&#233;par&#233; d&#233;sormais pour l'arriv&#233;e des carm&#233;lites espagnoles qui implanteraient en France l'esprit de la r&#233;forme th&#233;r&#233;sienne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;V - Les futures carm&#233;lites fran&#231;aises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la Congr&#233;gation Sainte Genevi&#232;ve, situ&#233;e en face de l'&#233;glise du m&#234;me nom, Madame Acarie, avait pr&#233;par&#233; un certain nombre de postulantes d&#233;sireuses d'entrer dans la future congr&#233;gation du Carmel r&#233;form&#233;. Elle y accueillit, en particulier, Madeleine de Fontaine-Marans, d&#233;j&#224; accompa&#173;gn&#233;e par Pierre de B&#233;rulle et qui sera la future Madeleine de Saint-Joseph, tr&#232;s vite prieure de ce premier carmel fran&#231;ais, le Carmel de l'Incarnation, et fondatrice de nombreux autres. Marie d'Hannivel, parente de Br&#233;tigny, Marie de la Trinit&#233;, par sa connaissance de l'espagnol assurera les fonctions de secr&#233;taire et d'interpr&#232;te de la prieure espagnole, Anne de J&#233;sus. Louise Jourdain qui participera au voyage en Espagne, Louise de J&#233;sus, et Andr&#233;e Levoix, femme de chambre de Madame Acarie, Andr&#233;e de Tous-les-Saints, prendront l'habit le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 1604.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation spirituelle de la Congr&#233;gation &#233;tait assur&#233;e par les P&#232;res capucins ; Jean de Br&#233;tigny les initiait &#224; la vie dans les carmels d&#233;chauss&#233;s espagnols, M. Gallement et M. Duval donnaient des conf&#233;rences, Pierre de B&#233;rulle &#233;tait leur confesseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie :&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Histoire litt&#233;raire du sentiment religieux en France &#187; t.2 Henri Br&#233;mond (&#233;puis&#233;)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; Pierre de B&#233;rulle et les Carm&#233;lites de France &#187; St&#233;phane Marie Morgain ocd, Cerf&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VI - Le temps des n&#233;gocations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;marches pour obtenir la fondation en France ne furent pas simples et ce ne fut pas sans difficult&#233;s que les carm&#233;lites espagnoles (que le P&#232;re de B&#233;rulle avait choisies, car il n'&#233;tait pas question d'envoyer en France n'importe qui), quitt&#232;rent leur pays, pour fonder &#224; Paris le premier monast&#232;re de Carm&#233;lites D&#233;chauss&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur de Br&#233;tigny &#233;tait toujours d&#233;vor&#233; du d&#233;sir d'implanter en France le Carmel de sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila si pr&#233;occup&#233;e par le &#171; salut de la France &#187; et les &#171; coups port&#233;s &#224; la foi catho&#173;lique &#187;, comme elle l'&#233;crivait dans &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Le Chemin de la Perfection&lt;/em&gt; &#187;. D'interminables n&#233;gociations avaient &#233;t&#233; men&#233;es &#224; bien dans cette p&#233;riode plus que troubl&#233;e des relations entre nos deux pays. Comme utiliser les Constitutions ne semblait pas suffisant, &lt;strong&gt;il fut d&#233;cid&#233; d'aller chercher sur place des compagnes de sainte Th&#233;r&#232;se &lt;/strong&gt; qui permettraient de s'impr&#233;gner au mieux des exigences de cette nouvelle vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois dames fran&#231;aises partirent avec M. de Br&#233;tigny : Madame Jourdain, la future Louise de J&#233;sus, une des trois premi&#232;res postulantes, Madame du Pulcheu dont le fr&#232;re &#233;tait Docteur en Th&#233;ologie en Espagne, et Rose Lesgue qui sera carm&#233;lite, elle aussi, ainsi que Monsieur Gauthier, conseiller d'&#201;tat charg&#233; de pr&#233;senter au roi Philippe III d'Espagne, la demande d'Henri IV, roi de France.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VII - L'incroyable exp&#233;dition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part de Paris le 26 septembre 1603, dans le plus grand secret. M&#234;me les noms des participants sont chang&#233;s. Carrosse, jusqu'&#224; Orl&#233;ans, descente de la Loire en bateau, arriv&#233;e &#224; Nantes o&#249; r&#232;gne la peste mais impossibilit&#233; de prendre la mer pendant six semaines. Apr&#232;s dix jours de mer d&#233;mont&#233;e, on ne peut acc&#233;der au port de Laredo, sur la c&#244;te cantabrique. N'ayant rien pu man&#173;ger pendant une semaine, les voyageurs, encore bien incommod&#233;s, se voient confisquer tous leurs livres par l'Inquisition&#8230; Dans les montagnes, la pluie glac&#233;e, les pr&#233;cipices, les mules qui se cabrent, le logis qu'on doit partager avec les b&#234;tes&#8230; Burgos, enfin : quelle joie d'&#234;tre l&#224;, d'entrer dans un carmel, le dernier fond&#233; par sainte Th&#233;r&#232;se, le premier dans lequel p&#233;n&#232;trent les fran&#231;ais ! On arrive &#224; Valladolid, le premier dimanche de l'Avent, non sans embarras : les roues des voitures cassent, le cocher re&#231;oit un coup de poignard&#8230; (on croirait lire le livre des &#171; Fondations &#187; de Th&#233;r&#232;se, elle-m&#234;me). On y restera des mois, car les p&#232;res carmes ne se montrent pas d&#233;cid&#233;s &#224; lais&#173;ser partir les s&#339;urs et surtout pas celles que le P&#232;re de B&#233;rulle a choisies : Anne de J&#233;sus, un &#233;l&#233;&#173;ment d'&#233;lite qualifi&#233;e de &#171; capitaine des prieures &#187;, Anne de Saint Barth&#233;lemy, s&#339;ur converse, fid&#232;le compagne de sainte Th&#233;r&#232;se jusqu'&#224; sa mort, &#201;l&#233;onore de Saint Bernard, Isabelle de Saint Paul, Isabelle des Anges et B&#233;atrix de la Conception. &lt;strong&gt;Seul le Nonce arrivera, par la menace, au bout du refus du P&#232;re G&#233;n&#233;ral&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VIII - Un retour prometteur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Salamanque, Avila, Burgos&#8230; le voyage vers la France peut commencer. Deux p&#232;res carmes accompagnent les religieuses, ils resteront &#224; Paris pendant quinze jours et donneront l'habit aux trois premi&#232;res novices. &lt;strong&gt;Sur le chemin du retour les p&#233;rip&#233;ties se multiplient &#224; nouveau&lt;/strong&gt; : les carrosses ne peuvent avancer, l'un d'entre eux tombe dans une rivi&#232;re, il y a des punaises dans les lits des auberges, des probl&#232;mes avec les ponts-levis, &#224; Bordeaux, les roues se d&#233;tachent en pleine ville&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les M&#232;res espagnoles sont pr&#234;tes &#224; tout, &lt;strong&gt;elles sont d&#233;cid&#233;es &#224; souffrir tous les martyres car elles pensent voir, bient&#244;t, des h&#233;r&#233;tiques au d&#233;tour de chaque chemin&lt;/strong&gt; et elles brandissent chape&#173;lets et crucifix aux porti&#232;res des carrosses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 octobre 1604, soit presque &lt;strong&gt;un an depuis le d&#233;part, on atteint Paris&lt;/strong&gt;, dans l'octave de la saint Denis. La princesse de Longueville et Madame Acarie, chevilles ouvri&#232;res de cette fondation, viennent les rejoindre au Petit Ch&#226;telet. De l&#224;, on se dirige vers l'Abbaye de Saint Denis en France, c&#233;l&#232;bre pour ses reliques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retournement de situation complet ! Anne de J&#233;sus se montre &#233;merveill&#233;e par l'architecture du lieu, ses richesses, la ferveur des 300 religieux qui chantent au ch&#339;ur sans interruption et elle va jusqu'&#224; s'exclamer que &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; tout ce qui se voit &#224; l'Escurial n'est que bagatelle&lt;/em&gt; &#187;. Son admiration redouble le lendemain, &#224; Montmartre, dans l'Abbaye des B&#233;n&#233;dictines o&#249; elle d&#233;clare qu'elles sont saintes parce qu'elles se sont r&#233;form&#233;es gr&#226;ce &#224; la lecture des livres de sainte Th&#233;r&#232;se et &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;qu'en bien des choses, elles semblent d&#233;chauss&#233;es&lt;/em&gt; &#187;. Plus d'appr&#233;hension, les espagnoles avouent m&#234;me que le roi est tr&#232;s catholique, qu'&#224; Paris il y a &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;une fr&#233;quentation des sacrements [qui] ressemble &#224; celle de la primitive &#201;glise&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 17 octobre 1604, les religieuses s'installent dans leur nouveau monast&#232;re&lt;/strong&gt;, am&#233;nag&#233; dans le Prieur&#233; Notre-Dame-des-Champs. Tr&#232;s rapidement, l&lt;strong&gt;es sept premi&#232;res carm&#233;lites fran&#231;aises prennent l'habit&lt;/strong&gt; et se mettent &#224; l'&#233;cole des espagnoles impressionn&#233;es par leur saintet&#233; et leurs qualit&#233;s humaines. La vie s'organise, les M&#232;res espagnoles les initient &#224; la vie carm&#233;litaine et, en plein Paris, elles vont vivre d&#233;sormais comme dans un carmel espagnol de Sainte Th&#233;r&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vocations affluent, on fondera un second couvent &#224; Paris, rue Chapon, puis &#224; Pontoise, Dijon, Amiens, Tours, Rouen, Bordeaux, Ch&#226;lons, Besan&#231;on, Dieppe en dix ans seulement. L'essor &#233;tait donn&#233;, le Carmel rayonnait en France et comblait les d&#233;sirs de ses fondateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Chroniques de l'Ordre des Carm&#233;lites &#187; - Troyes 1846&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; M&#233;moire sur la fondation, le gouvernement et l'observance des Carm&#233;lites D&#233;chauss&#233;es &#187; - Reims 1894&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; Histoire litt&#233;raire du sentiment religieux en France &#187; t.2 Henri Br&#233;mond (&#233;puis&#233;)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IX - Les religieuses carm&#233;lites espagnoles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi avec beaucoup de difficult&#233;s et apr&#232;s vingt ans de tergiversations que M. de B&#233;rulle et Jean de Br&#233;tigny finirent par obtenir du P&#232;re G&#233;n&#233;ral des Carmes et du Sup&#233;rieur des Carmes d'Espagne la permission de ramener en France des s&#339;urs carm&#233;lites et surtout, des religieuses de leur choix. Ils d&#233;siraient qu'elles aient &#233;t&#233; tr&#232;s proches de la M&#232;re Th&#233;r&#232;se pour que les traditions et l'esprit du Carmel r&#233;form&#233; soient transmis avec la plus pure authenticit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne de J&#233;sus&lt;/strong&gt; fut choisie pour &#234;tre la M&#232;re fondatrice ; &lt;strong&gt;Anne de Saint-Barth&#233;lemy&lt;/strong&gt;, converse, la fid&#232;le et sainte compagne de Th&#233;r&#232;se jusqu'&#224; sa mort, quitta son carmel de Saint Joseph d'Avila ; deux professes de Salamanque, &lt;strong&gt;Isabelle des Anges et B&#233;atrix de la Conception&lt;/strong&gt; suivirent ; la plus jeune, &lt;strong&gt;&#201;l&#233;onore de Saint Bernard&lt;/strong&gt; du carmel de Loeches, &#233;tait tout indiqu&#233;e, c'&#233;tait la seule qui parlait fran&#231;ais. Le carmel de Burgos donnera &lt;strong&gt;Isabelle de Saint-Paul&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;X - Anne de J&#233;sus (1545 - 1621)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4632 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L300xH487/_recueil_portraits_d_anne_de_jesus__.__btv1b8538643f-b3d82.jpg?1782933948' width='300' height='487' alt='[Recueil_Portraits_d'Anne_de_Jesus_[&#8230;]_btv1b8538643f' title='[Recueil_Portraits_d'Anne_de_Jesus_[&#8230;]_btv1b8538643f' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ana de Lobera, sourde et muette de naissance, fut, dit-on, miraculeusement gu&#233;rie par la Vierge Marie &#224; l'&#226;ge de sept ans. Tr&#232;s appr&#233;ci&#233;e et recherch&#233;e dans le monde, elle sut pourtant y mener une vie pleine de pi&#233;t&#233;, p&#233;nitence et charit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 24 ans, elle prend l'habit des Carm&#233;lites D&#233;chauss&#233;es au carmel saint Joseph d'Avila.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Soyez la bienvenue, je ne vous regarderai pas comme ma novice, mais comme ma coadjutrice dans l'&#339;uvre de Dieu&lt;/em&gt; &#187;, lui &#233;crit Th&#233;r&#232;se d'Avila qui la consid&#233;rera comme l'une des colonnes de son &#339;uvre. Elle fait profession le 22 octobre 1571 et d&#232;s 1574, elle fonde le carmel de B&#233;as en Andalousie dont elle devient la prieure. D'une exceptionnelle &#233;nergie, elle prend une part active dans la lutte qui opposa les Carmes D&#233;chauss&#233;s aux Mitig&#233;s. Favoris&#233;e de nombreuses gr&#226;ces, elle acquit tr&#232;s vite la r&#233;putation d'&#234;tre une sainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Quand je vois la M&#232;re Anne de J&#233;sus, je crois voir un s&#233;raphin&lt;/em&gt; &#187; disait Jean de la Croix, son directeur spirituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle participa aux fondations de &lt;strong&gt;Grenade &lt;/strong&gt; en 1582 et &lt;strong&gt;Madrid &lt;/strong&gt; en 1586. A la mort de la M&#232;re Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus, elle fit imprimer l'int&#233;gralit&#233; de ses &#339;uvres et par un bref, fit approuver et confirmer les Constitutions et Lois des Carm&#233;lites D&#233;chauss&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On con&#231;oit ais&#233;ment que les sup&#233;rieurs espagnols, aient longuement r&#233;sist&#233; avant de lui permettre de partir pour fonder &#224; &lt;strong&gt;Paris &lt;/strong&gt; le Carmel de l'Incarnation au Faubourg Saint Jacques. Elle ira ensuite &#224; &lt;strong&gt;Pontoise, Dijon, Amiens&lt;/strong&gt;. Sa rigueur et sa raideur seront parfois difficilement accep&#173;t&#233;es. Voyant que les p&#232;res carmes n'arrivent toujours pas, elle se laisse souvent gagner par l'amertume. C'est sans doute pourquoi, en 1607, sollicit&#233;e une fois de plus par l'Infante Isabelle, la V&#233;n&#233;rable Anne de J&#233;sus quitte d&#233;finitivement la France pour aller fonder d'autres carmels dans les &lt;strong&gt;Flandres&lt;/strong&gt;, terres d'Espagne &#224; cette &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;XI- Anne de Saint Barth&#233;lemy (1549 - 1626)&lt;/h2&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Si nous voulons r&#233;ussir &#224; marcher tout droit vers la perfection que nous cherchons et &#224; laquelle nous sommes appel&#233;es, prenons notre Sainte M&#232;re pour avocate &#187;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4631 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L200xH308/ana_de_san_bartolome-c17da.jpg?1782933948' width='200' height='308' alt='Ana_de_San_Bartolom&#233;' title='Ana_de_San_Bartolom&#233;' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Anne Garcia, orpheline d&#232;s l'&#226;ge de dix ans. Humble et remplie d'une grande tendresse, elle sut r&#233;sister aux projets de mariage qu'on faisait pour elle. Elle entre &#224; 21 ans au carmel de saint Joseph d'Avila, ce sera la premi&#232;re s&#339;ur converse. Elle fait profession le 15 ao&#251;t 1572 et ne quit&#173;tera plus jamais la M&#232;re Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus. Elle lui sert d'infirmi&#232;re, de secr&#233;taire, elle apprendra &#224; &#233;crire pour soulager Th&#233;r&#232;se accabl&#233;e sous le poids de la correspondance. Elle &#233;crira beaucoup par la suite et en particulier de nombreuses lettres et un manuscrit &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Instructions aux novices&lt;/em&gt; &#187;. Th&#233;r&#232;se mourra dans ses bras dix ans plus tard &#224; Alba de Tormes, elle regagnera alors son carmel d'origine &#224; Avila. Choisie pour faire partie des s&#339;urs fondatrices pour la France, &#224; 54 ans, elle se laissera imposer le voile noir des choristes pour &#234;tre prieure &#224; Pontoise et deviendra m&#234;me prieu&#173;re du Carmel de l'Incarnation &#224; Paris. Elle fondera &#224; &lt;strong&gt;Tours &lt;/strong&gt; en 1608 et &#224; la fin de son mandat, sur les instances d'Anne de J&#233;sus, elle partira dans les Flandres et fondera le carmel d'&lt;strong&gt;Anvers&lt;/strong&gt; o&#249; elle mourra le 7 juin 1626. Elle entretint une correspondance tr&#232;s suivie avec la m&#232;re prieure du carmel anglais voisin o&#249; se m&#234;lent conseils pour la vie spirituelle et directives pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute de douceur et de patience, elle sera particuli&#232;rement appr&#233;ci&#233;e par les novices, et b&#233;atifi&#233;e par le Pape Beno&#238;t XV en 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En savoir plus : &lt;a href='http://www.carmel.asso.fr/-Anne-de-Saint-Barthelemy-.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Anne de Saint-Barth&#233;l&#233;my&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;XII - Isabelle des Anges (1565 - 1644)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Elle aima les Fran&#231;aises autant qu'elle en fut aim&#233;e&lt;/em&gt; &#187;
Ce fut, en effet, la seule religieuse espagnole parmi les fondatrices qui resta en France jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e le 5 f&#233;vrier 1565 &#224; Villacastin, elle entre dans le carmel le plus pauvre de l'Ordre, &lt;strong&gt;Salamanque &lt;/strong&gt; en 1589. Professe en 1591, elle devient sous-prieure en 1602. Sous-prieure de &lt;strong&gt;Paris &lt;/strong&gt; en 1604, elle suivit Anne de J&#233;sus &#224; &lt;strong&gt;Dijon &lt;/strong&gt; en 1605 puis fonda &lt;strong&gt;Amiens &lt;/strong&gt; en 1606, &lt;strong&gt;Rouen &lt;/strong&gt; en 1609, &lt;strong&gt;Bordeaux &lt;/strong&gt; en 1610, &lt;strong&gt;Toulouse &lt;/strong&gt; en 1616, &lt;strong&gt;Limoges &lt;/strong&gt; en 1619 o&#249; elle mourut le 14 octobre 1644.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isabelle de Saint-Paul et B&#233;atrix de la Conception ont peu s&#233;journ&#233; au monast&#232;re de l'Incarnation et n'y ont pas exerc&#233; de charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El&#233;onore de Saint Bernard fut charg&#233;e &#224; Paris du noviciat &#224; cause de sa connaissance de la langue fran&#231;aise, mais d&#232;s 1605, elle fut remplac&#233;e par Anne de Saint-Barth&#233;lemy qui devint plus tard prieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie :&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; La belle Acarie &#187; : Bruno de J&#233;sus-Marie ocd, DDB (&#233;puis&#233;)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; Anne de Saint Barth&#233;lemy, lettres d'Anvers &#187; : Pierre S&#233;rouet, DDB 1981 - &#171; Histoire du sentiment religieux en France &#187; t. 2 : Henri Br&#233;mond (&#233;puis&#233;)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;XIII - Les futures carm&#233;lites fran&#231;aises&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la &lt;strong&gt;Congr&#233;gation Sainte Genevi&#232;ve&lt;/strong&gt;, situ&#233;e en face de l'&#233;glise du m&#234;me nom, Madame Acarie, avait pr&#233;par&#233; un certain nombre de postulantes d&#233;sireuses d'entrer dans la vie religieuse et, en particulier, dans la future congr&#233;gation du Carmel r&#233;form&#233;. Elle y accueillit Madeleine de Fontaine-Marans, d&#233;j&#224; accompagn&#233;e par Pierre de B&#233;rulle et qui sera la future &lt;strong&gt;Madeleine de Saint Joseph&lt;/strong&gt;, tr&#232;s vite prieure de ce premier carmel fran&#231;ais, le Carmel de l'Incarnation, et fondatrice de nombreux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation spirituelle de la Congr&#233;gation &#233;tait assur&#233;e par les P&#232;res Capucins ; Jean de Br&#233;tigny les initiait &#224; la vie dans les carmels d&#233;chauss&#233;s espagnols ; M. Gallement et M. Duval donnaient des con&#173;f&#233;rences ; Pierre de B&#233;rulle &#233;tait leur confesseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res carm&#233;lites fran&#231;aises sont issues de ce c&#233;nacle : Marie d'Hannivel, parente de Br&#233;tigny, Marie de la Trinit&#233; qui par sa connaissance de l'espagnol, assurera les fonctions de secr&#233;taire et d'in&#173;terpr&#232;te de la prieure espagnole, Anne de J&#233;sus et accompagnera, pour cette raison aussi, Anne de Saint-Barth&#233;lemy pour la fondation de Pontoise ; Madame Jourdain, Louise de J&#233;sus qui participa au voyage en Espagne ; Andr&#233;e Levoix, femme de chambre de Madame Acarie, Andr&#233;e de Tous-les&#173;-Saints, prendront l'habit le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 1604.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mademoiselle Deschamps, Aim&#233;e de J&#233;sus, Madame du Coudray, Marie de la Trinit&#233;, Charlotte Sancy, Marie de J&#233;sus les suivront tr&#232;s vite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;XIV - Madame Acarie (1566 - 1618)&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4634 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L300xH257/retouche_st_merry_blesses-517b9.jpg?1782933948' width='300' height='257' alt='Madame Acarie avec des bl&#233;ss&#233;s' title='Madame Acarie avec des bl&#233;ss&#233;s' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Barbe Avrillot fille d'un conseiller du roi fut attir&#233;e tr&#232;s t&#244;t par la vie religieuse mais pour ob&#233;ir &#224; ses parents, elle &#233;pouse &#224; seize ans Pierre Acarie, ma&#238;tre des comptes. Elle lui donnera six enfants. Elle sera une &#233;pouse parfaite, paisible et joyeuse. Elle a un charme extr&#234;me qui fait d'elle une exquise dame de la haute soci&#233;t&#233; qui la surnommera &#171; la belle Acarie &#187;. Elle a une vie int&#233;rieure intense : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Trop est avare &#224; qui Dieu ne suffit&lt;/em&gt;. &#187; disait-elle ajoutant : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Quand on donne du temps &#224; Dieu, on en trouve pour tout le reste&lt;/em&gt;. &#187; &lt;strong&gt;Elle mena de front une vie tr&#232;s active de m&#232;re de famille et une profonde vie d'o&#173;raison&lt;/strong&gt;. La situation politique tr&#232;s troubl&#233;e de cette &#233;poque et les engagements de son mari qui sera arr&#234;t&#233; pour cause d'opposition politique, la mettent dans une situation tr&#232;s difficile ; mais son h&#244;tel particulier devint assez rapidement un centre spirituel dont le rayonnement fut tr&#232;s grand, o&#249; l'on rencontrait des universitaires de l'&#233;poque et des grands hommes d'&#201;glise comme saint Vincent de Paul, Fran&#231;ois de Sales et Monsieur de B&#233;rulle, son cousin, qui l'initie &#224; la lecture des mystiques. Elle contribuera &#224; l'installation des Ursulines et &#224; la fondation des Pr&#234;tres de l'Oratoire. Elle s'occupa de la r&#233;forme de certains monast&#232;res, tout particuli&#232;rement des B&#233;n&#233;dictines de Montmartre et des religieuses de l'Ordre de Fontevrault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite de la lecture des &#339;uvres de Th&#233;r&#232;se d'Avila, et surtout d'une vision de celle-ci, elle entreprend de fonder en France le Carmel r&#233;form&#233;, projet approuv&#233; par Fran&#231;ois de Sales et par B&#233;rulle. Les carm&#233;lites arrivent &#224; Paris en 1604. Avec son aide les fondations vont se succ&#233;der : Pontoise, Dijon, Amiens, Tours, Rouen. Trois de ses filles entr&#232;rent dans les nou&#173;velles fondations. A la mort de son mari, ayant &#233;tabli ses enfants, elle entre au carmel d'Amiens o&#249; elle deviendra Marie de l'Incarnation, simple s&#339;ur converse. Elle fit courageusement les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res malgr&#233; les s&#233;quelles d'une chute de cheval qui l'handicapaient beaucoup, avec une ob&#233;issance et une charit&#233; admirables. Transf&#233;r&#233;e au carmel de Pontoise, elle rentre dans la paix de ce Dieu qui tant lui suffisait, en 1618 et fut b&#233;atifi&#233;e par Pie VI en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle entretint avec sa femme de chambre, &lt;strong&gt;Andr&#233;e Levoix&lt;/strong&gt; : s&#339;ur Andr&#233;e de Tous-les-Saints, &#224; peu pr&#232;s de son &#226;ge, des relations privil&#233;gi&#233;es, elles vivaient ensemble comme deux s&#339;urs. Ses parents la lui avait donn&#233;e pour la servir et lui tenir compagnie. Elle suivit Barbe dans la maison de M. Acarie, et demeura avec elle jusqu'&#224; la fondation des carm&#233;lites. Elle fut une des premi&#232;res &#224; entrer au Carmel de l'Incarnation et c'est la premi&#232;re qui y prit l'habit.
Atteinte d'une douloureuse maladie elle mourra six mois plus tard, le Vendredi Saint, apr&#232;s avoir fait profession sur son lit de mort.
Le d&#233;sir d'avancer dans le chemin de la perfection les a pro&#173;fond&#233;ment unies. On raconte qu'elles avaient l'habitude de s'accuser tous les soirs, l'une apr&#232;s l'autre, de ce qu'elles avaient fait de r&#233;pr&#233;hensible pendant la journ&#233;e. Madame Acarie, &#224; genoux aux pieds de sa femme de chambre, lui avouait ses moindres fautes, et la suppliait de lui dire si elle ne lui en avait pas vu faire d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En savoir plus : &lt;a href=&#034;http://www.madame-acarie.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Madame Acarie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;XV - Magdeleine de Saint Joseph (1578 - 1637)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s t&#244;t favoris&#233;e de gr&#226;ces sp&#233;ciales, elle pensait entrer chez les Capucines mais au cours d'une visite chez elle, elle fut remarqu&#233;e par M. de B&#233;rulle qui lui parla de l'Ordre du Carmel r&#233;form&#233; par Th&#233;r&#232;se d'Avila. Il la recommanda &#224; Madame Acarie qui la pr&#233;senta aux Carm&#233;lites espagnoles. A cause de probl&#232;mes de sant&#233;, elle ne put prendre l'habit que le 11 novembre 1604, en la f&#234;te de saint Martin, Patron de la Touraine, sa r&#233;gion d'origine, &#224; laquelle elle &#233;tait tr&#232;s attach&#233;e. Son p&#232;re, tr&#232;s affect&#233; par son d&#233;part, op&#233;ra un chemin de conversion &#224; cette occasion. A la mort de sa femme, il se fit pr&#234;tre et entra dans la Congr&#233;gation de l'Oratoire fond&#233;e par M. de B&#233;rulle. D&#232;s 1605 et jusqu'en 1608, elle deviendra une extraordinaire ma&#238;tresse des novices. Elle &#233;crivit des &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Avis pour la conduite des novices&lt;/em&gt; &#187; dans lesquels transpara&#238;t son id&#233;al th&#233;r&#233;sien tr&#232;s pur, fid&#232;le &#233;cho des enseignements des fondatrices espagnoles. Sa pr&#233;occupation constante &#233;tait d'inculquer l'esprit &#233;r&#233;mitique et apostolique du Carmel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elle devient la premi&#232;re prieure fran&#231;aise le 20 avril 1608,&lt;/strong&gt; participera &#224; la fondation du carmel Notre-Dame de Piti&#233; &#224; Lyon, puis revint &#224; Paris pour la cr&#233;ation du deuxi&#232;me carmel parisien, celui de la rue Chapon. Elle sera de nouveau prieure au Carmel de l'Incarnation de 1624 &#224; 1630. Les reines, Marie de M&#233;dicis et Anne d'Autriche, nombre de grands personnages venaient la consulter mais son humil&#173;it&#233; &#233;tait tr&#232;s grande. Elle mourut en odeur de saintet&#233; le 30 avril 1637 et fut plus tard d&#233;clar&#233;e &#171; v&#233;n&#233;rable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Elle imprimait dans les &#226;mes ce qu'elle y voulait, et tout c&#233;dait si suavement &#224; ses volont&#233;s que c'&#233;tait un ciel en terre que de vivre sous sa conduite. L'on n'y sentait que paix. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que pensaient les religieuses de leur prieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie :&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; B&#233;rulle et les Carm&#233;lites fran&#231;aises &#187; - St&#233;phane-Marie Morgain ocd&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; Madame Acarie &#187; - Salmon Malebranche (Association du vert buisson)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; La belle Acarie &#187; - Bruno de J&#233;sus Marie ocd - DDB (&#233;puis&#233;)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; La v&#233;n&#233;rable Madeleine de Saint-Joseph &#187; - Carmel de l'Incarnation (&#233;puis&#233;)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Extension du Carmel r&#233;form&#233; en Europe</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Extension-du-Carmel-reforme-en-Europe.html</link>
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		<dc:date>2005-07-11T15:03:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;Doria, deuxi&#232;me provincial des Fr&#232;res Carmes D&#233;chaux en Espagne, estimait que la r&#233;forme th&#233;r&#233;sienne ne devait pas s'&#233;tendre au-del&#224; des Espagnes et ses successeurs suivirent cette ligne. Toutefois, Nicolas de J&#233;sus-Marie avait fond&#233; un couvent de d&#233;chaux &#224; G&#234;nes, en 1584, sur l'ordre de J&#233;r&#244;me Gratien. Or, &#224; la fin du 16&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, on proposa aux religieux de G&#234;nes de faire une fondation &#224; Rome. Le pr&#233;pos&#233; g&#233;n&#233;ral espagnol s'&#233;tant r&#233;cus&#233;, Cl&#233;ment VIII intervint par le motu proprio du 20 mars (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-La-Reforme-theresienne-et-son-extension-16e-18e-siecles-.html" rel="directory"&gt;La R&#233;forme th&#233;r&#233;sienne et son extension (16e - 18e si&#232;cles)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Doria, deuxi&#232;me provincial des Fr&#232;res Carmes D&#233;chaux en Espagne, estimait que la r&#233;forme th&#233;r&#233;sienne ne devait pas s'&#233;tendre au-del&#224; des Espagnes et ses successeurs suivirent cette ligne. Toutefois, Nicolas de J&#233;sus-Marie avait fond&#233; un couvent de d&#233;chaux &#224; G&#234;nes, en 1584, sur l'ordre de J&#233;r&#244;me Gratien. Or, &#224; la fin du 16&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, on proposa aux religieux de G&#234;nes de faire une fondation &#224; Rome. Le pr&#233;pos&#233; g&#233;n&#233;ral espagnol s'&#233;tant r&#233;cus&#233;, Cl&#233;ment VIII intervint par le motu proprio du 20 mars 1597, par lequel il s&#233;parait les d&#233;chaux de G&#234;nes et de Rome de ceux d'Espagne. Le couvent de la Scala fut &#233;rig&#233; la m&#234;me ann&#233;e dans la ville &#233;ternelle. Le 13 novembre 1600, Le pape divisa l'Ordre des d&#233;chaux en deux congr&#233;gations autonomes :&lt;strong&gt; celle de Saint-Joseph pour l'Espagne, le Portugal et le Mexique &lt;/strong&gt; et celle de &lt;strong&gt;Saint-&#201;lie pour l'Italie et les autres r&#233;gions d'Europe et du monde&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques carmes &#233;minents venus d'Espagne, en particulier Jean de J&#233;sus-Marie et Thomas de J&#233;sus, rest&#232;rent en Italie et contribu&#232;rent &#224; former les premiers d&#233;chaux de ce pays. Entre 1602 et 1623, dix nouveaux couvents y furent &#233;tablis. Des &#233;trangers de diverses nations entraient dans les noviciats italiens, afin de pouvoir cr&#233;er ensuite des maisons dans leurs patries. Le monast&#232;re des carm&#233;lites de G&#234;nes essaima en Avignon (1613), puis &#224; Terni (1618). Trois autres carmels suivirent, dont deux &#224; Rome.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4628 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L250xH548/sigismond_ier_du_saint-empire_v2-03541.jpg?1782934196' width='250' height='548' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4628 '&gt;&lt;strong&gt;Roi Sigismond
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1604, trois carmes d&#233;chaux missionnaires, en route vers la Perse, pass&#232;rent par la Pologne, o&#249; le roi Sigismond les accueillit avec joie. Cette rencontre est &#224; l'origine de la fondation du premier couvent polonais &#224; Cracovie (1605) auquel, en peu d'ann&#233;es, neuf autres maisons vinrent s'adjoindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, les carm&#233;lites th&#233;r&#233;siennes furent implant&#233;es avant les carmes. Jean de Quintanadoine de Br&#233;tigny, espagnol par son p&#232;re et fran&#231;ais par sa m&#232;re, exer&#231;a un r&#244;le primordial bien qu'effac&#233;. Son biographe, Pierre S&#233;rouet, lui a restitu&#233; son titre de &#171; premier promoteur en France et des pays de Flandre de l'Ordre des carm&#233;lites d&#233;chauss&#233;es &#187;. En 1582, &#224; l'occasion d'un voyage, Br&#233;tigny rencontra au carmel de S&#233;ville Marie de Saint-Joseph, une fille de pr&#233;dilection de sainte Th&#233;r&#232;se. Conquis, il &#233;tudie l'esprit de la r&#233;forme, sous la direction du P. Gratien. En 1585, il se rend &#224; Pastrana au chapitre des d&#233;chaux et leur soumet son d&#233;sir d'introduire des carm&#233;lites en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il obtient une r&#233;ponse favorable, &#224; condition que les carmes pr&#233;c&#232;dent les moniales afin de pouvoir les assister ensuite. Br&#233;tigny rentre en France, fait quantit&#233; de d&#233;marches, puis repart en Espagne. Bien des choses avaient chang&#233; : Doria et Philippe II se montraient r&#233;ticents. Les relations politiques entre la France et l'Espagne n'&#233;taient pas au beau fixe. Apr&#232;s deux ans d'efforts inutiles, Jean de Br&#233;tigny regagne la France, d&#233;&#231;u, et se met &#224; traduire les &#339;uvres de Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4629 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L316xH476/marie_acarie_45_01-7d1b1.jpg?1782934196' width='316' height='476' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4629 '&gt;&lt;strong&gt;Barbe Acarie
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A Paris, &lt;a href=&#034;http://www.madame-acarie.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Madame Barbe Acarie&lt;/a&gt; va se les faire lire, sans grand enthousiasme. Et voici que&lt;strong&gt; la sainte M&#232;re lui appara&#238;t &lt;/strong&gt; et l'engage imp&#233;rieusement &#224; faire venir ses filles en France. Une fois les amis eccl&#233;siastiques de Barbe acquis &#224; sa cause, les choses vont bon train et tout se d&#233;cide : le premier monast&#232;re sera fond&#233; &#224; Paris. On demandera les constitutions et ira chercher en Espagne des filles de sainte Th&#233;r&#232;se, capables de transmettre son esprit aux Fran&#231;aises ; &#224; d&#233;faut de carmes d&#233;chaux, trois sup&#233;rieurs furent choisis parmi les intimes de Madame Acarie : Duval, Gallemant et B&#233;rulle. Le Saint-Si&#232;ge ayant approuv&#233; le projet, on se mit &#224; am&#233;nager le futur monast&#232;re. Depuis quelque temps d&#233;j&#224;, Madame Acarie formait des jeunes filles &#224; la vie religieuse. Seules manquaient les moniales espagnoles. Il fallut toute la diplomatie de Pierre de B&#233;rulle et un bref du Saint-Si&#232;ge pour les obtenir du provincial r&#233;calcitrant. Parmi elles se trouvaient Anne de J&#233;sus, fille tr&#232;s aim&#233;e de M&#232;re Th&#233;r&#232;se, et Anne de Saint-Barth&#233;lemy, la compagne ins&#233;parable de ses derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1604 eut lieu l'inauguration du carmel de l'Incarnation &#224; Paris. Anne de J&#233;sus en devint la premi&#232;re prieure. Des difficult&#233;s ayant surgi, elle quitta Paris un an plus tard pour fonder &#224; Dijon. Anne de Saint-Barth&#233;lemy, qui venait d'&#233;riger le monast&#232;re de Pontoise, lui succ&#233;da. En 1607, &#224; la demande des archiducs des Pays-Bas, Anne de J&#233;sus quitta la France avec deux autres m&#232;res espagnoles et quelques Fran&#231;aises pour &#233;tablir un carmel &#224; Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne de Saint-Barth&#233;lemy, apr&#232;s avoir fond&#233; &#224; Tours, se rendit, elle aussi, aux Pays-Bas. &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je n'oublierai pas mes Fran&#231;aises !&lt;/em&gt; &#187; &#233;crira-t-elle. Des Espagnoles, seule la M&#232;re Isabelle des Anges resta en France jusqu'&#224; sa mort. Le Carmel de France &#233;tait bien assis d&#233;sormais. La premi&#232;re prieure fran&#231;aise fut Louise de J&#233;sus qui succ&#233;da &#224; Anne de Saint-Barth&#233;lemy &#224; Paris. On a conserv&#233; d'elle cette pri&#232;re : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Seigneur, vous avez pris ma nature, prenez encore ma personne ! &lt;/em&gt; &#187; Apr&#232;s la mort de son mari, &lt;strong&gt;Barbe Acarie entra au carmel d'Amiens&lt;/strong&gt; en qualit&#233; de converse (1614).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Beaune, &lt;strong&gt;S&#339;ur Marguerite du Saint-Sacrement&lt;/strong&gt; p&#233;n&#233;tra, par la porte de l'enfance de J&#233;sus, dans les profondeurs des myst&#232;res divins. Elle inaugura la d&#233;votion au saint Enfant-J&#233;sus de Beaune. A la mort d'Isabelle des Anges (1644), le Carmel fran&#231;ais comptait 55 monast&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les carmes d&#233;chaux s'&#233;tablirent tout d'abord en Avignon, alors territoire pontifical (1608). Un an plus tard, ils obtinrent l'autorisation royale de fonder en France. Leur premier couvent fut &#233;tabli &#224; Paris, rue de Vaugirard, en 1611. La m&#234;me ann&#233;e vit l'inauguration de celui de Nancy, et Charenton ne tarda pas &#224; avoir le sien. D'autres fondations suivirent &#224; un rythme rapide : 20 entre 1615 et 1635.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1640, celui qui deviendra &lt;strong&gt;Fr&#232;re Laurent de la R&#233;surrection&lt;/strong&gt; (1614-1691) entre comme fr&#232;re convers au couvent des Carmes de la rue de Vaugirard &#224; Paris. De nombreuses t&#226;ches humbles lui sont confi&#233;es : cuisine, cordonnerie &#8230; Toutes les occupations sont pour lui un chemin vers Dieu. Sa doctrine spirituelle centr&#233;e sur la pratique de la pr&#233;sence de Dieu est expos&#233;e dans ses &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Maximes &lt;/em&gt; et ses &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Entretiens&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Belgique, Anne de J&#233;sus fonda encore des monast&#232;res &#224; Louvain, puis &#224; Mons, et Anne de Saint-Barth&#233;lemy &#233;tablit celui d'Anvers, o&#249; elle conquit l'estime g&#233;n&#233;rale de la population. D&#232;s son arriv&#233;e en Flandre, la prieure de Bruxelles avait insist&#233; aupr&#232;s des souverains pour qu'ils fassent venir des carmes d&#233;chaux. En 1610, les premiers d'entre eux furent accueillis triomphalement dans la capitale o&#249;, le 2 septembre, ils inaugur&#232;rent solennellement leur couvent. Une seconde maison fut &#233;tablie &#224; Louvain. Dans l'espace de quelques ann&#233;es, quarante &#233;tudiants de l'universit&#233; y demand&#232;rent leur admission. Entre 1610 et 1652, les d&#233;chaux des Pays-Bas ne firent pas moins de 24 fondations. Quant aux moniales, elles &#233;tablirent sept monast&#232;res en douze ans. En 1612, cinq carm&#233;lites partirent des Pays-Bas pour la Pologne afin de r&#233;pondre &#224; l'appel de la comtesse Myrow Myszkoski. Celle-ci leur fit construire un monast&#232;re &#224; Cracovie, o&#249; elle prit le voile trois ans plus tard. D'autres fondations suivirent &#224; Lemberg, Varsovie et Cracovie-Wesola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne de J&#233;sus &#233;tait rest&#233;e l'&#226;me du Carmel th&#233;r&#233;sien de Flandre. Au plus fort d'une grande &#233;preuve, elle avait &#233;crit : &#171; c&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;e ne sont pas les hommes qui nous &#233;prouvent, mais celui-l&#224; m&#234;me qui sait comment doivent &#234;tre taill&#233;es les pierres vivantes de la J&#233;rusalem c&#233;leste&lt;/em&gt;. &#187; S'&#233;tant laiss&#233;e tailler jusqu'au bout, &#171; toute disloqu&#233;e et tremblante &#187;, cette grande moniale mourut saintement &#224; Bruxelles le 4 mars 1621.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1613, un groupe de d&#233;chaux de Flandre s'&#233;taient rendus &#224; Cologne, o&#249; ils &#233;tablirent le &lt;strong&gt;premier couvent allemand de l'Ordre&lt;/strong&gt;. D'autres ont pour origine les p&#233;rip&#233;ties de la guerre de Trente Ans. Dominique de J&#233;sus-Marie, un Espagnol de la congr&#233;gation d'Italie, avait contribu&#233; largement, en sa qualit&#233; de l&#233;gat de Gr&#233;goire XV, &#224; la victoire remport&#233;e par les catholiques &#224; la Montagne Blanche pr&#232;s de Prague en 1620. En reconnaissance, l'empereur Ferdinand II permit aux d&#233;chaux deux ans plus tard de fonder leur premier couvent autrichien &#224; Vienne et le duc Maximilien de Bavi&#232;re les appela &#224; Munich en 1629 pour la m&#234;me raison. Bient&#244;t l'empire austro-hongrois compta six monast&#232;res. Anne de Saint-Barth&#233;l&#233;my avait d&#233;sir&#233; faire &#224; Cologne une fondation dont elle pr&#233;dit qu'elle serait glorieuse. Mais le carmel Notre-Dame de la Paix y fut inaugur&#233; seulement apr&#232;s sa mort, en 1649. Il fut suivi de cinq autres maisons allemandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1617, les &lt;strong&gt;six premi&#232;res provinces de la congr&#233;gation d'Italie&lt;/strong&gt; furent canoniquement &#233;rig&#233;es : celles de G&#234;nes, Rome, Pologne, France, Flandres Belges et Lombardie. Neuf ans plus tard, les couvents de Cologne, Vienne et Prague constitu&#232;rent la province d'Allemagne, dont fut d&#233;tach&#233;e en 1701 celle d'Autriche. En France, les provinces de Paris, Aquitaine, Bourgogne et Normandie sont &#233;rig&#233;es respectivement en 1635, 1641, 1653 et 1686. Celle de Lorraine, &#233;rig&#233;e en 1740, est rattach&#233;e au royaume de Louis XV en 1766.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Historique de la r&#233;forme th&#233;r&#233;sienne</title>
		<link>http://www.carmel.asso.fr/Historique-de-la-reforme-theresienne-284.html</link>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

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&lt;p&gt;I - Les origines d'un renouveau Do&#241;a Teresa de Ahumada avait vingt ans lorsqu'elle entra &#224; l'Incarnation d'Avila. Les fr&#233;quentes visites des s&#233;culiers, l'absence de cl&#244;ture et la grande pauvret&#233; y avaient fait na&#238;tre bien des abus, ce qui n'emp&#234;chait pas, cependant, la pr&#233;sence d'un bon noyau de religieuses ferventes. D'embl&#233;e, Th&#233;r&#232;se en fit partie, m&#234;me si pendant de longues ann&#233;es, elle r&#233;sista &#224; Dieu. Dans sa quaranti&#232;me ann&#233;e, une gr&#226;ce puissante lui donna la force de se d&#233;cider pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-La-Reforme-theresienne-et-son-extension-16e-18e-siecles-.html" rel="directory"&gt;La R&#233;forme th&#233;r&#233;sienne et son extension (16e - 18e si&#232;cles)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Les origines d'un renouveau&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Do&#241;a Teresa de Ahumada avait vingt ans lorsqu'elle entra &#224; l'Incarnation d'Avila. Les fr&#233;quentes visites des s&#233;culiers, l'absence de cl&#244;ture et la grande pauvret&#233; y avaient fait na&#238;tre bien des abus, ce qui n'emp&#234;chait pas, cependant, la pr&#233;sence d'un bon noyau de religieuses ferventes. D'embl&#233;e, Th&#233;r&#232;se en fit partie, m&#234;me si pendant de longues ann&#233;es, elle r&#233;sista &#224; Dieu. Dans sa quaranti&#232;me ann&#233;e, une gr&#226;ce puissante lui donna la force de se d&#233;cider pour lui seul. Cette femme, &#233;minemment dou&#233;e humainement et spirituellement, &#233;tait pr&#234;te &#224; entreprendre l'&#339;uvre que Dieu lui destinait.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_493 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L243xH350/teresab5-afce4.jpg?1782942620' width='243' height='350' alt='Th&#233;r&#232;se' title='Th&#233;r&#232;se' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se avait conscience que l'id&#233;al premier du Carmel n'&#233;tait pas int&#233;gralement v&#233;cu dans son couvent. &lt;strong&gt;Sa soif de pri&#232;re, de silence, de solitude allait grandissant.&lt;/strong&gt; D'autre part, en 1560, un appel de Philippe II lui avait fait conna&#238;tre les plaies inflig&#233;es &#224; l'&#201;glise par la r&#233;forme protestante. &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;J'aurais volontiers sacrifi&#233; mille vies pour une seule de ces &#226;mes qui se perdaient ! &lt;/em&gt; &#187;, s'&#233;crie-t-elle. Que faire pour que ce d&#233;sir intense d'une vie &#224; la fois purement contemplative et pleinement apostolique devienne r&#233;alit&#233; ? Une conversation fortuite fit na&#238;tre dans l'esprit de la sainte l'id&#233;e de fonder un monast&#232;re de religieuses d&#233;chauss&#233;es o&#249; serait observ&#233;e dans toute sa rigueur la r&#232;gle &#171; primitive &#187; de l'Ordre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - La fondation de Saint-Joseph d'Avila&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dieu lui ayant fait comprendre qu'il voulait cette fondation, Do&#241;a Teresa se mit &#224; l'&#339;uvre de toute son ardeur. Pr&#233;voyant l'opposition du provincial des carmes, elle suivit la recommandation de ses conseillers eccl&#233;siastiques : en grand secret et par l'interm&#233;diaire d'amis s&#251;rs, elle s'adressa au Saint Si&#232;ge afin d'obtenir pour son carmel un rescrit qui la placerait sous la juridiction de l'&#233;v&#234;que du lieu et le privil&#232;ge de la pauvret&#233; absolue. Ce document lui ayant &#233;t&#233; accord&#233; le 7 f&#233;vrier 1562, Don Alvaro de Mendoza, &#233;v&#234;que d'Avila, accepta de prendre le futur monast&#232;re sous son ob&#233;dience. D&#233;j&#224; la fondatrice avait achet&#233; et fait am&#233;nager une petite maison avec l'aide de sa s&#339;ur Juana, de son beau-fr&#232;re Juan de Ovalle et de son amie Do&#241;a Guiomar de Ulloa. Le 24 ao&#251;t, tout &#233;tant pr&#234;t, Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus ainsi qu'elle se nommera d&#233;sormais va s'enfermer avec quatre novices dans son tout petit monast&#232;re d&#233;di&#233; &#224; saint Joseph. Il n'en fallait pas plus pour d&#233;clencher un violent orage contre le nouveau couvent et sa fondatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour m&#234;me, la prieure de l'Incarnation ordonna &#224; Th&#233;r&#232;se de r&#233;int&#233;grer sa communaut&#233;. Sans h&#233;siter, la carm&#233;lite ob&#233;it. Le lendemain, on soumit son cas au provincial, Ange de Salazar, qui fut conquis par son humilit&#233;. Il lui promet de la laisser rentrer &#224; San Jos&#233;, si la fondation subsiste. Car dans la ville, on s'&#233;tait jur&#233; de faire dispara&#238;tre ce monast&#232;re fond&#233; sans rentes. La temp&#234;te s'&#233;tant calm&#233;e, Th&#233;r&#232;se y retourna fin 1562 ou au d&#233;but de l'ann&#233;e 1563. &lt;strong&gt;Peu &#224; peu, elle organise la vie conventuelle et r&#233;dige ses constitutions, chef-d'&#339;uvre d'&#233;quilibre humain et spirituel. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - De nouvelles fondations f&#233;minines &#8230; et masculines !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ayant appris par un missionnaire, en 1566, la grande mis&#232;re spirituelle des Indiens du Nouveau Monde, elle supplie le Seigneur de lui donner d'attirer des &#226;mes &#224; son service. Elle re&#231;ut cette r&#233;ponse : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Tu verras de grandes choses !&lt;/em&gt; &#187;. La promesse divine devait se r&#233;aliser sans tarder. Lors de sa visite canonique &#224; Avila l'ann&#233;e suivante, le prieur g&#233;n&#233;ral Rubeo ne se contenta pas d'approuver l'&#339;uvre de la Madre. Il lui donna des patentes pour fonder dans les provinces de Nouvelle et Vieille Castille d'autres monast&#232;res en nombre illimit&#233; et soumis &#224; la juridiction imm&#233;diate du P&#232;re G&#233;n&#233;ral. Quant &#224; l'&#233;rection de couvents de carmes d&#233;chaux, le p&#232;re de l'Ordre se montra moins empress&#233;. Mais Th&#233;r&#232;se parvint &#224; vaincre ses r&#233;ticences et, par lettre du 10 ao&#251;t 1567, il lui donna licence de fonder deux maisons de &#171; carmes contemplatifs &#187; qui devront rester perp&#233;tuellement soumises &#224; la province de Castille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e, un deuxi&#232;me monast&#232;re de carm&#233;lites fut &#233;rig&#233; &#224; &lt;strong&gt;Medina del Campo&lt;/strong&gt;. La fondatrice y rencontra les deux premiers carmes qui embrasseront la r&#233;forme : le prieur du couvent de cette m&#234;me ville, Antoine de Heredia, et un jeune &#233;tudiant carme, Jean de Saint-Mathias, qui allait devenir Jean de la Croix. En 1568, deux autres fondations de moniales furent r&#233;alis&#233;es &#224; Malagon et Valladolid, suivies, le 28 novembre, par la fondation dans la plus grande pauvret&#233;, d'un premier et minuscule couvent de carmes d&#233;chaux &#224; &lt;strong&gt;Duruelo&lt;/strong&gt;. Antoine de J&#233;sus, Jean de la Croix et le diacre fr&#232;re Joseph firent leur nouvelle profession selon la r&#232;gle &#171; primitive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;V- Extension et difficult&#233;s de juridictions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la b&#233;n&#233;diction de Rubeo, la r&#233;forme continua de s'&#233;tendre rapidement : entre 1570 et 1574, le prieur g&#233;n&#233;ral donna des patentes pour la fondation de sept couvents de d&#233;chaux, leur interdisant toutefois, &#224; une exception pr&#232;s, de fonder en Andalousie. Une d&#233;rogation &#224; cette d&#233;fense allait susciter une temp&#234;te contre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rois d'Espagne s'&#233;taient arrog&#233; des privil&#232;ges tr&#232;s &#233;tendus : proposer des candidats pour les si&#232;ges &#233;piscopaux ; relever de toutes peines eccl&#233;siastiques, y compris l'excommunication ; soumettre la publication des d&#233;crets pontificaux au placet royal. Un ministre de Philippe II disait, non sans raison : &#171; &lt;strong&gt;En Espagne, il n'y a pas de pape&lt;/strong&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4625 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L300xH369/portrait_of_philip_ii_of_spain_by_sofonisba_anguissola_-_002b-1a35c.jpg?1782942620' width='300' height='369' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4625 '&gt;&lt;strong&gt;Philippe II (roi d'Espagne)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voulant r&#233;former tous les Ordres religieux d'Espagne, le roi chercha &#224; obtenir pleins pouvoirs du Saint Si&#232;ge&lt;/strong&gt;, qui se r&#233;cusa sous pr&#233;texte que le concile de Trente traiterait de cette r&#233;forme. Le 2 d&#233;cembre 1563 fut promulgu&#233;, en effet, le d&#233;cret conciliaire &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;De regularibus&lt;/em&gt; qui confiait le renouvellement des instituts religieux &#224; leurs sup&#233;rieurs respectifs. Pour tenter d'obtenir mainmise au moins sur l'Ordre du Carmel, dont le chapitre g&#233;n&#233;ral &#233;tait proche, Philippe II tenta de faire nommer, par le pape et le nouveau prieur g&#233;n&#233;ral, un vicaire g&#233;n&#233;ral pour l'Espagne. Rubeo r&#233;agit avec une prudence consomm&#233;e : il fixa les pouvoirs de l'hypoth&#233;tique vicaire g&#233;n&#233;ral et annon&#231;a &#224; Philippe II qu'il viendrait en personne introduire la r&#233;forme du concile de Trente dans les provinces du royaume. Ayant obtenu un bref pontifical &#224; cet effet, Rubeo arriva &#224; Madrid en juin 1566 pour se munir du placet royal et rencontrer Philippe II, qui le re&#231;ut aimablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral commen&#231;a sa visite par l'Andalousie, o&#249; il constata de nombreux abus et des divisions tenaces, dus surtout aux agissements du provincial, Gaspard Nieto, de ses fr&#232;res Melchior et Balthasar et de leurs partisans. Il punit s&#233;v&#232;rement les fauteurs de d&#233;sordre et promulgua au cours du chapitre final ses institutions et ordonnances, r&#233;elles constitutions conformes aux d&#233;crets tridentins. Mais &#224; peine Rubeo s'&#233;tait-il &#233;loign&#233; de cette province, que les carmes ch&#226;ti&#233;s et excommuni&#233;s se mirent &#224; intriguer odieusement contre lui &#224; la cour royale, o&#249; ils furent relev&#233;s de leurs peines. Le g&#233;n&#233;ral poursuivit sa visite canonique par le Portugal, &#171; province b&#233;nie, exemplaire quant &#224; la vie commune et de grande observance &#187; dira-t-il. Il la termina par la Castille, l'Aragon et la Catalogne dont l'&#233;tat &#233;tait assez bon malgr&#233; le petit nombre des religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, des n&#233;gociations se poursuivaient en grand secret entre la cour de Madrid et la curie romaine. Philippe II voulait pousser plus loin la r&#233;forme et finit par obtenir deux brefs (d&#233;cembre 1566 et avril 1567) qui, pour le renouveau, soumettaient les Ordres religieux d'Espagne aux &#233;v&#234;ques. Mais &#224; la suite de plaintes multiples, saint Pie V choisit d'autres visiteurs et nomma pour le Carmel, le 20 ao&#251;t 1569, trois dominicains : Pierre Fernandez en Castille, Michel de Hebrera en Catalogne et Aragon, et Fran&#231;ois de Vargas en Andalousie. Pour le temps de la visite, leur autorit&#233; primait sur celle du pouvoir ordinaire du g&#233;n&#233;ral. Il leur &#233;tait pratiquement donn&#233; carte blanche pour tout ce qui regardait la r&#233;forme et leurs pouvoirs pouvaient &#234;tre d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; d'autres dominicains ou &#224; des carmes. Certaines impr&#233;cisions, des interpr&#233;tations divergentes du document de nomination des dominicains et surtout le fait que Rubeo avait conserv&#233; les m&#234;mes droits de commissaire apostolique allaient provoquer de graves litiges entre chauss&#233;s et d&#233;chaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VI - L'&#233;mergence du conflit entre d&#233;chaux et chauss&#233;s&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_494 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L241xH350/teresab4-d9b79.jpg?1782942620' width='241' height='350' alt='Transverb&#233;ration de Th&#233;r&#232;se' title='Transverb&#233;ration de Th&#233;r&#232;se' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le P. Fernandez mit des d&#233;chaux &#224; la t&#234;te de plusieurs couvents de l'antique observance en Castille, afin de les r&#233;former conform&#233;ment au d&#233;sir du roi. Pour organiser les maisons des d&#233;chaux, il nomma vicaire provincial Balthasar de J&#233;sus (Nieto) qui s'&#233;tait joint &#224; eux. Et en 1571, le visiteur envoya Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus &#224; l'Incarnation d'Avila en qualit&#233; de prieure, afin d'amener les religieuses &#224; une vie plus r&#233;guli&#232;re. Malgr&#233; le m&#233;contentement caus&#233; par ces dispositions parmi certains chauss&#233;s, la visite de Fernandez fut un succ&#232;s : Rubeo d&#233;cida, en 1575 au chapitre de Plaisance, que ses d&#233;crets devaient &#234;tre mis en pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Andalousie, la situation &#233;tait bien plus grave. La visite du P. de Vargas, dont le jugement n'&#233;tait pas &#224; la hauteur de la t&#226;che, n'y eut pas plus d'effet que celle du prudent et v&#233;n&#233;rable p&#232;re g&#233;n&#233;ral. Le seul moyen efficace pour la r&#233;forme de cette province lui sembla l'introduction des d&#233;chaux, malgr&#233; l'interdiction formelle de Rubeo. &lt;strong&gt;Il embarqua ainsi la jeune r&#233;forme dans une situation juridique inextricable&lt;/strong&gt;. M&#234;me si, l&#233;galement, la d&#233;cision du visiteur pouvait se d&#233;fendre, elle fut un d&#233;sastre pour l'Ordre tout entier. Apr&#232;s avoir remis, en novembre 1572, le couvent de Saint-Jean-du-Port &#224; deux religieux d&#233;chaux descendus fortuitement en Andalousie, le visiteur fit venir de Castille, l'ann&#233;e suivante, le P. Balthasar de J&#233;sus pour la fondation de Grenade et le P. Gabriel de la Conception pour celle de la Penuela. Ce sont donc d'anciens chauss&#233;s rebelles et gravement sanctionn&#233;s par Rubeo, qui firent les premi&#232;res fondations de d&#233;chaux en Andalousie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 avril 1573, Vargas nomme Balthasar de J&#233;sus sup&#233;rieur des trois couvents et lui d&#233;l&#232;gue ses propres pouvoirs de visiteur pour les chauss&#233;s et les couvents de d&#233;chaux fond&#233;s ou &#224; fonder en Andalousie. Il lui enjoint aussi d'&#233;tablir une nouvelle maison &#224; S&#233;ville. Cependant, le 4 ao&#251;t de la m&#234;me ann&#233;e, Balthasar Nieto transmet ses pouvoirs &#224; un jeune d&#233;chaux, frais &#233;moulu du noviciat, tr&#232;s brillant mais manquant totalement d'exp&#233;rience : &lt;strong&gt;J&#233;r&#244;me Gratien de la M&#232;re de Dieu&lt;/strong&gt;. Sous pr&#233;texte d'accompagner Ambroise Mariano, un autre d&#233;chaux, qui devait se rendre en Andalousie pour affaires, il quitta la province de Castille sans bruit. Lorsque son provincial le rappela, Vargas prit la d&#233;fense de Jer&#244;me Gratien. En octobre, celui-ci rendit la maison de Saint-Jean-du-Port aux carmes chauss&#233;s et, en janvier 1574, ouvrit un nouveau couvent de d&#233;chaux &#224; S&#233;ville. Il en informa le P. Rubeo qui lui &#233;crivit une lettre s&#233;v&#232;re, l'accusant d'avoir &#171; agi contrairement &#224; l'ob&#233;issance alors qu'il &#233;tait &#224; peine un novice. &#187; Gratien, convaincu que ses pouvoirs apostoliques &#233;taient sup&#233;rieurs &#224; ceux du g&#233;n&#233;ral, ne lui &#233;crivit jamais plus, malgr&#233; les instances de Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 juin de la m&#234;me ann&#233;e, Vargas alla plus loin en nommant Gratien vicaire provincial des &#171; carmes, primitifs comme non primitifs &#187; d'Andalousie, lui ordonnant d'accepter sous peine d'excommunication et de rebellion. De plus en plus irrit&#233;, Rubeo obtint de Gr&#233;goire XIII, par un motu proprio du 13 ao&#251;t 1574, la r&#233;vocation des visiteurs dominicains, &#224; condition que soit maintenu ce qu'ils avaient d&#233;cr&#233;t&#233;. Les carmes seraient visit&#233;s dor&#233;navant par leur prieur g&#233;n&#233;ral ou ses d&#233;l&#233;gu&#233;s. Le nonce Ormaneto conservait pourtant ses pouvoirs apostoliques pour la r&#233;forme des Ordres religieux. Ne jugeant pas achev&#233;e celle des carmes, il la prit personnellement en mains et, le 22 septembre, nomma Vargas et Gratien solidairement visiteurs d'Andalousie. En r&#233;alit&#233;, la visite allait reposer presque exclusivement sur les jeunes &#233;paules du d&#233;chaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus &#233;tait enchant&#233;e des progr&#232;s de ses fils en Andalousie, tout en regrettant le d&#233;plaisir du prieur g&#233;n&#233;ral. Elle avait repris ses fondations avant la fin de son priorat &#224; l'Incarnation : le monast&#232;re de S&#233;govie fut &#233;rig&#233; en 1574. Puis, lib&#233;r&#233;e de sa charge, elle se rendit &#224; Beas qu'elle ne croyait pas &#234;tre en Andalousie. Beas l'&#233;tait pourtant et la Madre se trouvait ainsi soumise &#224; la juridiction de Gratien, qu'elle n'avait encore jamais vu. C'est &#224; Beas qu'ils allaient se rencontrer. &lt;strong&gt;La fondatrice, bien plus &#226;g&#233;e que Gratien, fut tellement charm&#233;e par le brillant jeune carme qu'elle lui donna imm&#233;diatement toute sa confiance&lt;/strong&gt;. Belle preuve que cette grande mystique avait su conserver intacte toute sa f&#233;minit&#233;. En mai 1575, &#224; la demande de Gratien, elle part fonder &#224; Seville, persuad&#233;e de la sup&#233;riorit&#233; des pouvoirs de Gratien sur ceux de Rubeo.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VII - Le chapitre g&#233;n&#233;ral de Piacenza&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette fondation co&#239;ncidait, &#224; quelques jours pr&#232;s, avec l'ouverture du chapitre convoqu&#233; par le prieur g&#233;n&#233;ral &#224; Plaisance pour le 21 mai 1575. La r&#233;vocation des visiteurs dominicains fut lue officiellement. Les d&#233;crets du chapitre g&#233;n&#233;ral interdisent aux &#171; contemplatifs &#187; de former une province ou congr&#233;gation s&#233;par&#233;e de la province de Castille ; ceux qui ont ouvert des maisons contre la volont&#233; du g&#233;n&#233;ral devront &#234;tre d&#233;pos&#233;s de leurs charges ; les couvents de Grenade, S&#233;ville et La Pe&#241;uela doivent &#234;tre abandonn&#233;s dans les trois jours. &lt;strong&gt;Le verdict &#233;tait s&#233;v&#232;re&lt;/strong&gt;&#8230; L'une des d&#233;cisions du chapitre ne fut pas rendue publique, mais communiqu&#233;e directement &#224; Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus : elle se voyait assign&#233;e &#224; r&#233;sidence dans un monast&#232;re de son choix. La Madre se d&#233;cida pour Tol&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 ao&#251;t 1575, le nonce Ormaneto donna &#224; Gratien des patentes de visiteur de tous les chauss&#233;s et d&#233;chaux d'Andalousie et des d&#233;chaux de Castille. Fort de ces pouvoirs et s'appuyant sur le d&#233;sir, exprim&#233; verbalement par le nonce, Gratien se crut en droit d'&#233;riger, par lettre du 3 ao&#251;t 1576, &#171; une province et congr&#233;gation &#187; soumise imm&#233;diatement au prieur g&#233;n&#233;ral, laquelle comprendrait toutes les maisons de d&#233;chaux, fond&#233;es ou &#224; fonder, afin qu'ils puissent vivre de mani&#232;re uniforme. En m&#234;me temps (28 ao&#251;t), le visiteur convoquait un chapitre des d&#233;chaux &#224; Almodovar, o&#249; ils se trouv&#232;rent r&#233;unis le premier septembre. Il parait clair que, dans ce cas, Gratien outrepassa ses droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre ouverte ne tarda pas &#224; &#233;clater&lt;/strong&gt;. Le 5 ao&#251;t 1576, le P. Jer&#244;me Tostado, d&#233;l&#233;gu&#233; de Rubeo pour l'application des d&#233;crets de Plaisance, arrive en Espagne, mais va tout d'abord visiter le Portugal : le 18 juin 1577, le protecteur des d&#233;chaux, le nonce Ormaneto, meurt. Son successeur, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;gr&lt;/sup&gt; Sega, arrive le 29 ao&#251;t, pr&#233;venu contre eux. Le m&#234;me mois, Tostado est &#224; Madrid. Le nouveau nonce interdit &#224; Gratien de poursuivre la visite. Le d&#233;chaux se soumet, s'attendant au pire. Tostado intervient &#224; l'Incarnation d'Avila, o&#249; les s&#339;urs veulent r&#233;&#233;lire Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus, qui de fait n'&#233;tait plus &#233;ligible. Le provincial des carmes pr&#233;side l'&#233;lection qui fut orageuse. Le 3 d&#233;cembre, Jean de la Croix et son compagnon, chapelains du couvent, sont emmen&#233;s de nuit comme des malfaiteurs. Apr&#232;s avoir gouvern&#233; lui-m&#234;me les d&#233;chaux jusqu'au 16 octobre, Tostado les pla&#231;a sous la juridiction des provinciaux de Castille et d'Andalousie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 septembre 1578, le grand Rubeo avait rendu son &#226;me &#224; Dieu. En apprenant la nouvelle, Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus est dans le plus grand chagrin. Si on avait eu recours &#224; lui, toutes les difficult&#233;s seraient aujourd'hui aplanies, &#233;crit-elle, sans doute avec raison.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VIII - De la province autonome des carmes d&#233;chaux &#224; un nouvel Ordre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier avril 1579, le prudent et bienveillant P. Ange de Salazar &#233;tait nomm&#233; Vicaire G&#233;n&#233;ral des d&#233;chaux. Apr&#232;s avoir examin&#233; &#224; fond le conflit qui divisait les carmes, le nonce engagea Philippe II &#224; s'adresser au pape pour obtenir l'&#233;rection d'une province s&#233;par&#233;e des fils de sainte Th&#233;r&#232;se. Gr&#233;goire XIII r&#233;pondit favorablement par le bref du 22 juin 1580. Au premier chapitre des d&#233;chaux, tenu en mars 1581 &#224; Alcal&#224;, &lt;strong&gt;J&#233;r&#244;me Gratien fut &#233;lu provincial&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_495 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L350xH244/teresab10-486ae.jpg?1782942620' width='350' height='244' alt='Mort de Ste Th&#233;r&#232;se' title='Mort de Ste Th&#233;r&#232;se' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se, bien que &#171; vieille et cass&#233;e &#187;, fonda, en 1580, les monast&#232;res de Villanueva de La Jara et Palencia, et l'ann&#233;e suivante celui de Soria. En 1582, La Madre fundadora &#233;rigea &#224; Burgos son dernier carmel au prix de grandes &#233;preuves. &lt;strong&gt;La m&#232;re du Carmel r&#233;nov&#233; mourut &#224; Alba de Torm&#232;s le 4 octobre 1582&lt;/strong&gt;. On comptait alors 15 couvents de d&#233;chaux et 17 de carm&#233;lites d&#233;chauss&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du provincialat de Gratien, le chapitre de Lisbonne (1585) lui donna pour successeur, sur sa proposition, le P. &lt;strong&gt;Nicolas de J&#233;sus-Marie Doria&lt;/strong&gt;, un G&#234;nois aust&#232;re qui mettait l'accent moins sur la contemplation d&#233;bordant en apostolat que sur l'observance r&#233;guli&#232;re. Il se proposait avant tout l'enti&#232;re s&#233;paration des d&#233;chaux d'avec les chauss&#233;s. Deux ans d&#233;j&#224; apr&#232;s son &#233;lection, il obtient un bref du pape &#233;rigeant les d&#233;chaux en congr&#233;gation ind&#233;pendante, soumise imm&#233;diatement au prieur g&#233;n&#233;ral et gouvern&#233;e par un vicaire g&#233;n&#233;ral. L'ann&#233;e suivante, Nicolas de J&#233;sus-Marie est &#233;lu &#224; cette charge. Sans tarder, il institua un &lt;strong&gt;nouveau mode de gouvernement &lt;/strong&gt; sur le mod&#232;le des J&#233;suites et des Congr&#233;gations sans Chapitres G&#233;n&#233;raux, la Consulta, form&#233;e par le vicaire g&#233;n&#233;ral et son conseil &#224; laquelle sont remis tous les pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les carm&#233;lites craignaient que Doria ne touch&#226;t aussi &#224; leurs lois. La prieure de Madrid, Anne de J&#233;sus, &#224; l'insu de Doria, s'adresse alors a Sixte-Quint et obtient un bref confirmant les constitutions des moniales approuv&#233;es &#224; Alcal&#224;, du vivant de Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus. Le vicaire g&#233;n&#233;ral se f&#226;che &#224; outrance et menace d'abandonner le gouvernement des carm&#233;lites. Saint Jean de la Croix proteste contre cette r&#233;solution et contre le dessein de Doria de chasser Gratien de l'Ordre. Tomb&#233; en disgr&#226;ce, le docteur du Carmel sort du chapitre de Madrid sans charge aucune. Il se rend, serein, &#224; La Penuela, puis &#224; Ubeda, o&#249; apr&#232;s de grandes souffrances physiques et morales, il meurt dans la joie le 13 d&#233;cembre 1591. &lt;strong&gt;Le sort de Gratien fut tragique : apr&#232;s un proc&#232;s inique, Doria l'expulsa du Carmel r&#233;nov&#233; en 1592&lt;/strong&gt;. Vingt-deux ans plus tard, le collaborateur de sainte Th&#233;r&#232;se mourut paisiblement, r&#233;int&#233;gr&#233; chez les grands carmes de Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sup&#233;rieur des d&#233;chaux se voyait enfin libre d'agir selon ses vues, puisque les r&#233;sistants avaient disparu. La r&#233;forme suivrait d&#233;sormais ses propres chemins. Au chapitre g&#233;n&#233;ral de Cr&#233;mone, en 1593, Doria fit pr&#233;senter une supplique demandant &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;pour le bien de la paix, de la tranquillit&#233; et de l'augmentation de tout l'Ordre, comme de la congr&#233;gation des d&#233;chaux, leur s&#233;paration totale d'avec l'antique observance en vue de former un Ordre ind&#233;pendant&lt;/em&gt;. &#187; Le chapitre r&#233;pondit par un vote favorable, confirm&#233; le 20 d&#233;cembre de la m&#234;me ann&#233;e, au moyen de la bulle &#171; Pastoralis officii &#187;, par Cl&#233;ment VIII, qui nomma Doria premier pr&#233;pos&#233; g&#233;n&#233;ral de l'Ordre des carmes d&#233;chaux. L'ann&#233;e suivante, le &#171; Lion du Carmel &#187; mourut &#224; l'&#226;ge de 55 ans. On lui a fait dire : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;M&#234;me apr&#232;s ma mort, mes os, s'entrechoquant dans la tombe, crieront encore : observance, observance&#8230;&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;par&#233;es juridiquement, les deux branches du Carmel restent n&#233;anmoins unies par leurs origines et leur patrimoine spirituel communs. D'ailleurs, comme par une ironie de l'histoire, Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus et Jean de la Croix &#233;taient morts au sein de l'ancien Carmel indivis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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