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		<title>Le Carmel en France</title>
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		<title>Joies et peines dans l'oraison</title>
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		<dc:creator>Fr. Antoine-Marie</dc:creator>



		<description>A. Les difficult&#233;s de la pri&#232;re 1. Distractions Il ne s'agit pas de beaucoup penser (&#224; l'oraison), mais de beaucoup aimer. Donc, tout ce qui vous incitera &#224; aimer davantage, faites-le. Nous ne savons peut-&#234;tre pas ce que c'est qu'aimer, je n'en serais pas tr&#232;s &#233;tonn&#233;e. Or il ne s'agit pas de go&#251;ter le plus grand plaisir, mais d'avoir la plus forte d&#233;termination de d&#233;sirer toujours contenter Dieu, de chercher, autant que possible, &#224; ne pas l'offenser, de le prier de faire toujours progresser l'honneur et (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;A. Les difficult&#233;s de la pri&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. Distractions&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_357 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:243px;'&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L243xH350/teresab2-2fb61.jpg' width='243' height='350' alt=&quot;Th&#233;r&#232;se d&amp;#39;Avila en pri&#232;re&quot; style='height:350px;width:243px;' /&gt; &lt;/span&gt; Il ne s'agit pas de beaucoup penser (&#224; l'oraison), mais de beaucoup aimer. Donc, tout ce qui vous incitera &#224; aimer davantage, faites-le. Nous ne savons peut-&#234;tre pas ce que c'est qu'aimer, je n'en serais pas tr&#232;s &#233;tonn&#233;e. Or il ne s'agit pas de go&#251;ter le plus grand plaisir, mais d'avoir la plus forte d&#233;termination de d&#233;sirer toujours contenter Dieu, de chercher, autant que possible, &#224; ne pas l'offenser, de le prier de faire toujours progresser l'honneur et la gloire de son Fils, et grandir l'&#201;glise Catholique. Telles sont les marques de l'amour, mais ne croyez pas qu'il s'agisse de ne pas penser &#224; autre chose, et que si vous &#234;tes un peu distrait, tout est perdu. Ces tumultes de la pens&#233;e m'ont parfois bien oppress&#233;e. Depuis un peu plus de quatre ans, j'ai enfin compris, par exp&#233;rience, que la pens&#233;e, ou, pour mieux me faire comprendre, l'imagination, n'est pas l'entendement. Je l'ai demand&#233; &#224; un homme docte. Il m'a dit qu'il en &#233;tait ainsi, pour ma plus grande satisfaction. Comme l'entendement est l'une des facult&#233;s de l'&#226;me, il m'&#233;tait dur de le voir parfois si papillonnant. Il est habituel que la pens&#233;e s'envole soudain, Dieu seul peut la lier. /&#8230;/ De m&#234;me que nous ne pouvons pas retenir le mouvement du ciel qui va vite, &#224; toute v&#233;locit&#233;, nous ne pouvons pas davantage retenir notre pens&#233;e. L'associant aux autres facult&#233;s de notre &#226;me, nous croyons que nous sommes perdues et que nous faisons mauvais usage du temps que nous passons devant Dieu. Mais l'&#226;me, d'aventure, est tout unie &#224; lui dans les Demeures les plus int&#233;rieures tandis que la pens&#233;e (l'imagination), encore aux alentours du ch&#226;teau, en proie &#224; mille b&#234;tes f&#233;roces et venimeuses, acquiert des m&#233;rites par ses souffrances. Cela ne doit donc pas nous troubler, ni nous inciter &#224; abandonner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, quatri&#232;mes Demeures, chapitre I,7-9&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. S&#233;cheresses&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Des &#226;mes, qui voient que pour rien au monde elles ne commettraient un p&#233;ch&#233; mortel, ni m&#234;me souvent un v&#233;niel de propos d&#233;lib&#233;r&#233; et qui emploient bien leur vie et leur fortune, s'impatientent pourtant de voir se fermer devant elles la porte qui conduit &#224; l'appartement de notre Roi dont elles s'estiment les vassales. /&#8230;/ Je ne sais pourquoi je suis tent&#233;e, dans ce cas, de ne pas me r&#233;soudre &#224; croire que celles qui font un tel cas des s&#233;cheresses (dans la pri&#232;re) ne manquent pas un peu d'humilit&#233;. Je r&#233;p&#232;te qu'il ne s'agit pas des grandes &#233;preuves int&#233;rieures dont j'ai parl&#233; : elles sont beaucoup plus p&#233;nibles qu'un manque de ferveur. Mettons-nous &#224; l'&#233;preuve nous-m&#234;mes, mes s&#339;urs ou que le Seigneur nous &#233;prouve, il s'en acquitte tr&#232;s bien, quoique souvent nous ne voulions pas le comprendre, et revenons &#224; ces &#226;mes si bien dispos&#233;es. Voyons ce qu'elles font pour Dieu et nous verrons aussit&#244;t que nous n'avons nulle raison de nous plaindre de Sa Majest&#233;. Si lui tournant le dos, nous nous en allons tristement, comme le jeune homme de l'&#201;vangile, quand elle nous dit ce que nous devons faire pour &#234;tre parfaits (cf. Mt.19,22). Que voulez-vous que fasse Sa Majest&#233;, qui doit mesurer sa r&#233;compense &#224; l'amour que nous lui portons ? Et cet amour, mes filles, ne doit pas &#234;tre fabriqu&#233; par notre imagination, mais prouv&#233; par des &#339;uvres et ne croyez pas que le Seigneur ait besoin de nos &#339;uvres, mais de la d&#233;cision de notre volont&#233;. /&#8230;/ Consid&#233;rez bien, mes filles, certaines des choses qui sont marqu&#233;es ici, quoique confus&#233;ment, car je ne sais m'expliquer mieux. Le Seigneur vous aidera &#224; les comprendre pour que dans les s&#233;cheresses vous puisiez de l'humilit&#233;, et non de l'inqui&#233;tude, comme le voudrait le d&#233;mon. Croyez que Dieu, m&#234;me s'il ne leur accorde point ses d&#233;lices, donnera &#224; celles qui sont vraiment humbles une paix et une acceptation qui les rendront plus heureuses que certains de ceux qu'il r&#233;gale. Souvent, comme vous l'avez lu, Sa Divine Majest&#233; r&#233;serve ces douceurs aux plus faibles. Je crois toutefois qu'ils ne les &#233;changeraient pas pour la force de ceux qui vivent dans la s&#233;cheresse. Nous sommes enclins &#224; pr&#233;f&#233;rer les joies &#224; la croix. &#201;prouve-nous, Seigneur, toi qui sais la v&#233;rit&#233;, afin que nous nous connaissions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, troisi&#232;mes Demeures, chapitre I,6.7.9&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3. Angoisses&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Il n'est sauvegarde au milieu de cette temp&#234;te, sauf d'attendre la mis&#233;ricorde de Dieu qui au moment le plus inattendu, par un seul mot ou au hasard d'un &#233;v&#233;nement, dissipe tout si promptement qu'il semble n'y avoir jamais eu de nuages en cette &#226;me qui se retrouve ensoleill&#233;e et plus consol&#233;e que jamais. Et comme ceux que la victoire a soustraits aux dangers d'une bataille, elle rend gr&#226;ces &#224; Notre Seigneur qui a combattu et vaincu. Elle voit clairement qu'elle n'a pas combattu elle-m&#234;me. Elle croit voir aux mains de ses ennemis les armes avec lesquelles elle aurait pu se d&#233;fendre. Elle per&#231;oit donc clairement sa mis&#232;re et le peu que nous pouvons faire nous-m&#234;me si le Seigneur nous abandonne. On pourrait croire qu'elle n'a plus besoin de ces consid&#233;rations pour le comprendre. Elle est pass&#233;e par l&#224;, l'exp&#233;rience lui a montr&#233; sa totale impuissance. Elle a compris notre n&#233;ant et la mis&#233;rable chose que nous sommes, mais la gr&#226;ce dont elle n'est probablement pas priv&#233;e, puisqu'elle n'offense pas Dieu dans ces orages et qu'elle ne l'offenserait pour rien au monde, est si cach&#233;e, qu'elle ne per&#231;oit pas la plus petite &#233;tincelle d'amour de Dieu en elle, et qu'elle n'imagine pas l'avoir jamais aim&#233;. Le bien qu'elle a pu faire, une faveur que Sa Majest&#233; a pu lui accorder, tout lui semble songe, ou imagination, mais elle est certaine des p&#233;ch&#233;s qu'elle a commis. &#212; J&#233;sus ! Quelle vision que celle d'une &#226;me ainsi d&#233;laiss&#233;e, pour qui, comme je l'ai dit, toute consolation terrestre est si peu de chose ! Ne pensez donc point, mes s&#339;urs, s'il vous arrive de vous trouver dans cet &#233;tat, que les riches, et ceux qui sont libres doivent y rem&#233;dier mieux que vous. Non, non, je crois, quant &#224; moi, qu'il en est d'eux comme de condamn&#233;s &#224; mort &#224; qui on offrirait tout ce qu'il y a de d&#233;licieux au monde, cela ne les soulage point, et tendrait plut&#244;t &#224; accro&#238;tre leur tourment. Il vient d'en haut, et les choses de la terre sont impuissantes. Ce grand Dieu veut que nous voyions en lui le Roi, et en nous notre mis&#232;re. C'est tr&#232;s important pour ce qui va suivre. Que fera donc cette pauvre &#226;me, quand elle passera de longs jours dans cet &#233;tat ? Si elle prie, c'est comme si elle ne priait point. Quant &#224; la consolation, je le pr&#233;cise : toute consolation ext&#233;rieure est exclue. Elle ne comprend pas le sens de sa pri&#232;re, rien qu'une pri&#232;re vocale, puisque ce n'est absolument pas le moment de la pri&#232;re mentale. Elle en est incapable. La solitude accro&#238;t plut&#244;t son mal, d'o&#249; un autre tourment, celui de vivre en compagnie, et qu'on lui parle. Ainsi, malgr&#233; ses efforts, elle ext&#233;riorise son d&#233;go&#251;t, sa mauvaise humeur, tr&#232;s ostensiblement. Saura-t-elle vraiment dire ce qu'elle a ? C'est indicible ! Il s'agit d'oppressions et de peines spirituelles auxquelles on ne saurait donner un nom. Le meilleur rem&#232;de, je ne dis pas pour gu&#233;rir, car je n'en trouve pas, mais pour supporter ce mal, c'est de s'occuper &#224; des &#339;uvres de charit&#233; ext&#233;rieures et d'esp&#233;rer en la mis&#233;ricorde de Dieu, qui ne fait jamais d&#233;faut &#224; ceux qui esp&#232;rent en lui. Qu'il soit b&#233;ni &#224; jamais. Amen.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, sixi&#232;mes Demeures, chapitre I,10-13&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;B. Gr&#226;ces extraordinaires&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. Blessures int&#233;rieures&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_494 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:241px;'&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L241xH350/teresab4-d9b79.jpg' width='241' height='350' alt=&quot;Transverb&#233;ration de Th&#233;r&#232;se&quot; style='height:350px;width:241px;' /&gt; &lt;/span&gt; Tandis que j'&#233;tais en cet &#233;tat, il plut au Seigneur de me favoriser &#224; diff&#233;rentes reprises de la vision suivante. Je voyais pr&#232;s de moi, du c&#244;t&#233; gauche, un ange sous une forme corporelle. &#8230; Il n'&#233;tait pas grand, mais petit et extr&#234;mement beau. A son visage enflamm&#233;, il paraissait &#234;tre des plus &#233;lev&#233;s parmi ceux qui semblent tout embras&#233;s d'amour. Ce sont apparemment ceux qu'on appelle Ch&#233;rubins, car ils ne me disent pas leurs noms. Mais il y a dans le ciel, je le vois clairement, une si grande diff&#233;rence de certains anges &#224; d'autres, et de ceux-ci &#224; ceux-l&#224;, que je ne saurais l'exprimer. Je voyais donc l'ange qui tenait &#224; la main un long dard en or, dont l'extr&#233;mit&#233; en fer portait, je crois, un peu de feu. Il me semblait qu'il le plongeait parfois au travers de mon c&#339;ur et l'enfon&#231;ait jusqu'aux entrailles. En le retirant, on aurait dit que ce fer les emportait avec lui et me laissait tout enti&#232;re embras&#233;e d'un immense amour de Dieu. La douleur &#233;tait si vive qu'elle me faisait pousser ces g&#233;missements dont j'ai parl&#233;. Mais la suavit&#233; caus&#233;e par ce tourment incomparable est si excessive que l'&#226;me ne peut en d&#233;sirer la fin, ni se contenter de rien en dehors de Dieu. Ce n'est pas une souffrance corporelle. Elle est spirituelle. Le corps cependant ne laisse pas d'y participer quelque peu, et m&#234;me beaucoup. C'est un &#233;change d'amour si suave entre Dieu et l'&#226;me, que je supplie le Seigneur de daigner dans sa bont&#233; en favoriser ceux qui n'ajouteraient pas foi &#224; ma parole. Les jours que durait cette faveur, j'&#233;tais comme hors de moi. J'aurais voulu ne rien voir et ne point parler, mais savourer mon tourment, car il &#233;tait pour moi une gloire au-dessus de toutes les gloires d'ici-bas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Autobiographie, chapitre XXIX,13&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fr&#233;quemment, lorsque la personne est distraite, sans m&#234;me qu'elle songe &#224; Dieu, il arrive que Sa Majest&#233; l'&#233;veille, brusquement, comme passe une &#233;toile filante, ou comme &#233;clate un coup de tonnerre, mais elle n'entend aucun bruit : l'&#226;me comprend toutefois fort bien que Dieu l'a appel&#233;e. Elle le comprend m&#234;me si bien que parfois, surtout au d&#233;but, elle fr&#233;mit et g&#233;mit, quoique rien ne lui fasse mal. Elle ressent les effets d'une blessure infiniment savoureuse, sans d&#233;celer toutefois comment elle fut bless&#233;e, ni par qui. Elle reconna&#238;t bien que c'est une chose pr&#233;cieuse et voudrait ne jamais gu&#233;rir de cette blessure. Elle se plaint &#224; son &#201;poux, parfois m&#234;me &#224; voix haute, avec des mots d'amour qu'elle ne peut retenir. Elle comprend qu'il est pr&#233;sent, mais qu'il ne veut pas se manifester ni lui permettre de jouir de sa compagnie. C'est une peine bien grande, mais savoureuse et douce. L'&#226;me ne peut se refuser &#224; la ressentir, jamais m&#234;me elle n'y consentirait. Elle y puise de bien plus grandes satisfactions que dans le savoureux an&#233;antissement, libre de toute peine, qu'est l'oraison de qui&#233;tude.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, sixi&#232;mes Demeures, chapitre II,2&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Son action sur l'&#226;me est si forte qu'elle s'an&#233;antit de d&#233;sir et ne sait que demander, car elle croit percevoir clairement que son Dieu est avec elle. Vous allez me dire : comprenant cela que peut-elle d&#233;sirer, qu'est-ce qui peut la peiner ? Quel plus grand bien veut-elle ? Je ne le sais. Je sais que cette peine semble l'atteindre aux entrailles et que lorsque celui qui la blesse arrache la fl&#232;che, il semble vraiment les lui arracher aussi, si vif est l'amoureux regret qu'elle &#233;prouve. Je me demande si on ne pourrait pas dire que de ce brasier ardent, qui est mon Dieu, une &#233;tincelle jaillit, touche l'&#226;me, et lui transmet sa flamme ardente. C'est insuffisant pour la br&#251;ler, mais si d&#233;lectable qu'elle reste tout en peine, et il a suffi d'un contact pour susciter cet effet. Telle est, me semble-t-il, la meilleure comparaison que j'aie trouv&#233;e, car cette douleur savoureuse, qui n'est pas une douleur, ne dure pas. S'il lui arrive de persister un long moment, elle peut aussi dispara&#238;tre au plus vite, selon ce que le Seigneur veut lui communiquer, car nul moyen humain ne peut l'obtenir. Aussi, bien qu'elle dure parfois un moment, elle dispara&#238;t et revient. Enfin, elle n'est jamais permanente, c'est pourquoi elle n'embrase pas l'&#226;me tout enti&#232;re. A peine l'&#233;tincelle va-t-elle l'enflammer qu'elle s'&#233;teint, mais l'&#226;me garde le d&#233;sir de souffrir &#224; nouveau l'amoureuse douleur qu'elle lui a caus&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, sixi&#232;mes Demeures, chapitre II,4&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. La jubilation&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Il arrive que Notre Seigneur accorde &#224; l'&#226;me une jubilation, une oraison &#233;trange, que l'&#226;me ne comprend pas. &#8230; S'il vous fait cette faveur, rendez-lui d'abondantes gr&#226;ces. C'est, ce me semble, une union profonde des puissances, mais Notre Seigneur les laisse, avec les sens, libres de jouir de cette joie. Ils ne comprennent toutefois ni ce dont ils jouissent ni comment ils en jouissent. J'ai l'air de parler arabe, mais cela se passe vraiment ainsi. Le bonheur de l'&#226;me est si excessif qu'elle ne voudrait pas &#234;tre seule &#224; en jouir, mais le dire &#224; tout le monde pour qu'elle l'aide &#224; louer Notre Seigneur ; elle ne tend qu'&#224; cela. Oh ! que de f&#234;tes elle c&#233;l&#233;brerait, que de d&#233;monstrations, si elle le pouvait, pour que le monde entier con&#231;oive sa joie ! Il lui semble s'&#234;tre enfin trouv&#233;e, et comme le p&#232;re de l'enfant prodigue (cf. Lc.15,22ss), elle voudrait convier tout le monde &#224; de grandes f&#234;tes, &#8230; car tant de joie int&#233;rieure, au plus profond de l'&#226;me, tant de paix, et de contentement ne tendent qu'&#224; provoquer la louange de Dieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, sixi&#232;mes Demeures, chapitre VI,10&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3. Vision intellectuelle&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Alors que l'&#226;me ne songe pas qu'on puisse lui accorder cette faveur que jamais elle n'a pens&#233; m&#233;riter, il lui arrive de sentir pr&#232;s d'elle J&#233;sus-Christ Notre Seigneur, sans toutefois le voir ni des yeux du corps ni de ceux de l'&#226;me. On appelle cela une vision intellectuelle, je ne sais pourquoi. La personne &#224; qui Dieu fit cette faveur, ainsi que d'autres dont je parlerai plus avant, je l'ai vue fort ennuy&#233;e au d&#233;but : elle ne comprenait pas ce qu'il en &#233;tait parce qu'elle ne voyait rien, mais elle &#233;tait si certaine que J&#233;sus-Christ Notre Seigneur se montrait affectueusement &#224; elle de cette fa&#231;on qu'elle ne pouvait douter de cette vision. &#8230; Je sais qu'effray&#233;e par cette vision qui se prolonge plusieurs jours, et m&#234;me parfois pendant plus d'un an, contrairement &#224; la vision imaginaire qui s'&#233;vanouit vite, elle alla trouver son confesseur, fort inqui&#232;te. Il l'interrogea : puisqu'elle ne voyait rien, comment pouvait-elle savoir que c'&#233;tait Notre Seigneur ? Et il lui demanda quel visage il avait. Elle lui dit qu'elle n'en savait rien, qu'elle ne voyait pas de visage, qu'elle ne pouvait rien ajouter, qu'elle savait seulement qu'il lui parlait, et que ce n'&#233;tait pas une id&#233;e qu'elle se faisait. &#8230; Elle voyait clairement combien cela l'aidait &#224; vivre dans l'habituelle pens&#233;e de Dieu et la grande pr&#233;occupation de ne rien faire qui lui d&#233;plaise, car il lui semblait qu'il la regardait sans cesse. Et toujours, quand elle voulait s'adresser &#224; Sa Majest&#233; dans l'oraison, et m&#234;me sans cela, Dieu lui semblait si proche qu'elle ne pouvait manquer de l'entendre. Toutefois elle n'entendait pas de paroles quand elle le voulait, mais inopin&#233;ment, quand c'&#233;tait n&#233;cessaire. Elle sentait la pr&#233;sence du Seigneur &#224; sa droite, mais non pas &#224; l'aide des sens qui nous font percevoir quelqu'un &#224; c&#244;t&#233; de nous. C'&#233;tait par une voie plus subtile, qu'on ne doit pas pouvoir d&#233;finir, mais tout aussi certaine, et qui apporte m&#234;me une bien plus grande certitude.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, sixi&#232;mes Demeures, chapitre VIII,2-3&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;4. Vision imaginaire&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_361 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:243px;'&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L243xH350/teresab7-3d606.jpg' width='243' height='350' alt=&quot;La pri&#232;re de Th&#233;r&#232;se : Un dialogue d&amp;#39;amiti&#233; avec le Christ&quot; style='height:350px;width:243px;' /&gt; &lt;/span&gt; Quand Notre Seigneur consent &#224; mieux choyer cette &#226;me, il lui montre clairement son Humanit&#233; Sacr&#233;e sous un aspect de son choix, soit tel qu'il fut dans le monde ou apr&#232;s sa r&#233;surrection. Et bien que cela se produise &#224; une vitesse que nous pourrions comparer &#224; celle de l'&#233;clair, cette image supr&#234;mement glorieuse se grave si profond&#233;ment dans l'imagination que j'estime impossible qu'elle s'efface, jusqu'&#224; ce que cette &#226;me la voie dans le s&#233;jour o&#249; elle pourra en jouir &#224; jamais. Je dis image, mais il s'entend que la personne qui la voit n'a pas le sentiment qu'elle est peinte, mais vraiment vivante. Parfois, elle parle &#224; l'&#226;me et lui r&#233;v&#232;le m&#234;me de grands secrets. Vous devez comprendre que, bien que cela dure seulement quelques instants, on ne peut pas plus regarder cette vision qu'on ne peut regarder le soleil. Elle passe donc tr&#232;s rapidement. &#8230; Cet &#233;clat est comme une lumi&#232;re infuse, celle d'un soleil couvert de quelque chose d'extr&#234;mement subtil, comme un diamant, si on pouvait le tailler. Son v&#234;tement semble de toile de Hollande, et presque toujours, lorsque Dieu fait cette faveur &#224; l'&#226;me, elle tombe en extase, car sa bassesse ne peut souffrir une vision aussi effrayante. Je dis effrayante, car bien qu'elle soit la plus belle et la plus d&#233;lectable qu'on puisse imaginer, m&#234;me si on s'employait &#224; y penser pendant mille ann&#233;es d'existence, &#8230; cette pr&#233;sence est d'une majest&#233; si grandiose que l'effroi s'empare de l'&#226;me. Il n'est nullement besoin de demander ici comment elle sait qui se montre &#224; elle sans qu'on le lui ait dit. Elle reconna&#238;t bien Celui qui est le Seigneur du Ciel et de la terre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, sixi&#232;mes Demeures, chapitre IX,3-5&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;5. Vision de l'enfer&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Un jour, &#233;tant en oraison, il me sembla que je me trouvais subitement, sans savoir comment, transport&#233;e tout enti&#232;re en enfer. Le Seigneur, je le compris, voulait me montrer la place que les d&#233;mons m'y avaient pr&#233;par&#233;e et que j'avais m&#233;rit&#233;e par mes p&#233;ch&#233;s. Cette vision dura tr&#232;s peu, mais alors m&#234;me que je vivrais de longues ann&#233;es, il me serait, je crois, impossible d'en perdre jamais le souvenir. L'entr&#233;e me parut semblable &#224; une ruelle tr&#232;s longue et tr&#232;s &#233;troite ou encore &#224; un four extr&#234;mement bas, obscur et resserr&#233;. Le fond &#233;tait comme une eau fangeuse, tr&#232;s sale, infecte et remplie de reptiles venimeux. A l'extr&#233;mit&#233; se trouvait une cavit&#233; creus&#233;e dans une muraille en forme d'alc&#244;ve o&#249; je me vis plac&#233;e tr&#232;s &#224; l'&#233;troit. Tout cela &#233;tait d&#233;licieux &#224; la vue, en comparaison de ce que je sentis alors, car je suis loin d'en avoir fait une description suffisante. Quant &#224; la souffrance que j'endurai dans ce r&#233;duit, il me semble impossible d'en donner la moindre id&#233;e, car on ne saurait jamais la comprendre. Je sentis dans mon &#226;me un feu dont je suis impuissante &#224; d&#233;crire la nature, tandis que mon corps passait par des tourments intol&#233;rables. J'avais cependant endur&#233; dans ma vie des souffrances bien cruelles et, de l'aveu des m&#233;decins, ce sont les plus grandes dont on puisse &#234;tre afflig&#233; ici-bas, car tous mes nerfs s'&#233;taient contract&#233;s quand je fus percluse de mes membres. J'avais eu aussi &#224; supporter toutes sortes d'autres maux dont quelques-uns, je l'ai dit, venaient du d&#233;mon. Mais tout cela n'est rien, en comparaison de ce que je souffris dans ce cachot. De plus, je voyais que ce tourment devait &#234;tre sans fin et sans rel&#226;che. Et cependant toutes ces souffrances ne sont rien encore aupr&#232;s de l'agonie de l'&#226;me. Elle &#233;prouve une oppression, une angoisse, une affliction si sensible, une peine si d&#233;sesp&#233;r&#233;e et si profonde, que je ne saurais l'exprimer. Si je dis que l'on vous arrache continuellement l'&#226;me, c'est peu, car, dans ce cas, c'est un autre qui semble vous &#244;ter la vie. Mais ici, c'est l'&#226;me elle-m&#234;me qui se met en pi&#232;ces. Je ne saurais, je l'avoue, donner une id&#233;e de ce feu int&#233;rieur et de ce d&#233;sespoir qui s'ajoutent &#224; des tourments et &#224; des douleurs si terribles. Je ne voyais pas qui me les faisait endurer, mais je me sentais, ce semble, br&#251;ler et hacher en morceaux. Je le r&#233;p&#232;te, ce qu'il y a de plus affreux, c'est ce feu int&#233;rieur et ce d&#233;sespoir de l'&#226;me. Dans ce lieu si infect d'o&#249; le moindre espoir de consolation est &#224; jamais banni, il est impossible de s'asseoir ou de se coucher. L'espace manque. J'y &#233;tais enferm&#233;e comme dans un trou pratiqu&#233; dans la muraille. Les parois elles-m&#234;mes, objet d'horreur pour la vue, vous accablent de tout leur poids. L&#224;, tout vous &#233;touffe. Il n'y a point de lumi&#232;re, mais les t&#233;n&#232;bres les plus &#233;paisses. Et cependant, chose que je ne saurais comprendre, malgr&#233; ce manque de lumi&#232;re, on aper&#231;oit tout ce qui peut &#234;tre un tourment pour la vue. Le Seigneur ne voulut pour lors me montrer rien plus de l'enfer. &#8230; Le Seigneur m'avait fait &#233;prouver v&#233;ritablement en esprit ces tourments et ces angoisses, comme si mon corps les avait endur&#233;s. Je ne sais comment cela se fit, mais je compris bien que c'&#233;tait une grande gr&#226;ce et que le Seigneur voulait me faire voir de mes propres yeux l'ab&#238;me d'o&#249; sa mis&#233;ricorde m'avait d&#233;livr&#233;e. &#8230; Malgr&#233; les six ans environ &#233;coul&#233;s depuis lors, ma terreur est telle en &#233;crivant ces lignes, qu'il me semble que mon sang se glace dans mes veines ici m&#234;me o&#249; je me trouve. Aussi, chaque fois que je me rappelle ce souvenir au milieu de mes travaux et de mes peines, toutes les souffrances d'ici-bas ne sont plus rien &#224; mes yeux. Il me semble m&#234;me que, sous un certain rapport, nous nous plaignons sans motif. Je ne crains pas de le redire, c'est l&#224; une des gr&#226;ces les plus insignes que le Seigneur m'ait accord&#233;es. Elle a produit en moi le plus grand profit. Elle m'a &#244;t&#233; la crainte des tribulations et des contradictions de la vie. Elle m'a donn&#233; le courage de les supporter et elle m'a stimul&#233;e &#224; remercier le Seigneur de m'avoir d&#233;livr&#233;e, comme j'ai tout lieu de le croire maintenant, de ces tourments si longs et si terribles. Depuis lors, je le r&#233;p&#232;te, tout me para&#238;t facile en comparaison d'un seul instant de ces tortures que j'endurai alors. &#8230; 0 mon Dieu, soyez &#224; jamais b&#233;ni ! Comme on voit bien que vous m'aimez beaucoup plus que je ne m'aime moi-m&#234;me ! Que de fois, &#244; Seigneur, ne m'avez-vous pas d&#233;livr&#233;e d'une si horrible prison ! Que de fois j'y retournais moi-m&#234;me contre votre volont&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Autobiographie, chapitre XXXII,1-6&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pri&#232;res de Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus</title>
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		<description>De l'autobiographie, chapitre XIV,10 : &#212; mon Seigneur et mon Bien ! Je ne puis parler de la sorte sans verser des larmes et sentir mon &#226;me inond&#233;e de bonheur. Vous voulez, Seigneur, demeurer avec nous comme vous demeurez au Sacrement de l'autel. Je puis le croire en toute v&#233;rit&#233;, puisque c'est un point de notre foi, et c'est &#224; bon droit que je puis me servir de cette comparaison. Et si nous n'y mettons obstacle par notre faute, nous pouvons mettre en vous notre bonheur. Vous-m&#234;me, vous mettez votre (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;De l'autobiographie, chapitre XIV,10 : &lt;/h2&gt; &lt;p&gt;&#212; mon Seigneur et mon Bien ! Je ne puis parler de la sorte sans verser des larmes et sentir mon &#226;me inond&#233;e de bonheur. Vous voulez, Seigneur, demeurer avec nous comme vous demeurez au Sacrement de l'autel. Je puis le croire en toute v&#233;rit&#233;, puisque c'est un point de notre foi, et c'est &#224; bon droit que je puis me servir de cette comparaison. Et si nous n'y mettons obstacle par notre faute, nous pouvons mettre en vous notre bonheur. Vous-m&#234;me, vous mettez votre bonheur &#224; demeurer en nous, puisque vous nous l'assurez en disant : &#171; Mes d&#233;lices sont d'&#234;tre avec les enfants des hommes ! &#187; 0 mon Seigneur, quelle parole que celle-l&#224;. Chaque fois que je l'ai entendue, elle a toujours &#233;t&#233; pour moi, m&#234;me au milieu de mes grandes infid&#233;lit&#233;s, la source des consolations les plus vives. Mais, &#244; mon Dieu, serait-il possible de trouver une &#226;me qui, apr&#232;s avoir re&#231;u de vous des faveurs si &#233;lev&#233;es, des joies si, intimes, et compris que vous mettiez en elle vos d&#233;lices, vous ait offens&#233; de nouveau, et ait oubli&#233; tant de faveurs et tant de marques de votre amour dont elle ne pouvait douter puisqu'elle en voyait les effets merveilleux ? Oui, cela est possible, je l'affirme. Il y a une &#226;me qui vous a offens&#233;, non pas une fois seulement, mais souvent, et cette coupable, c'est moi, &#244; mon Dieu. Plaise &#224; votre Bont&#233;, Seigneur que je sois la seule &#226;me de cette sorte, la seule qui soit tomb&#233;e dans une malice si profonde et qui ait manifest&#233; un tel exc&#232;s d'ingratitude ! Sans doute, vous avez daign&#233; dans votre infinie Bont&#233; en tirer quelque bien et plus ma mis&#232;re a &#233;t&#233; profonde, plus aussi elle fait resplendir le tr&#233;sor incomparable de vos mis&#233;ricordes. Et avec combien de raison ne puis-je pas les chanter &#233;ternellement ! Je vous en supplie, &#244; mon Dieu, qu'il en soit ainsi, que je puisse les chanter et les chanter sans fin ! Vous avez daign&#233; me les prodiguer avec tant de magnificence ! Ceux qui le voient en sont &#233;tonn&#233;s. Moi-m&#234;me j'en suis souvent ravie, et je puis mieux alors vous adresser mes louanges ! Si une fois revenue &#224; moi je me trouvais sans vous, &#244; Seigneur, je ne pourrais rien. &#8230; Ne le permettez pas, Seigneur. Ne laissez pas se perdre une &#226;me que vous avez achet&#233;e au prix de tant de souffrances.&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;Exclamation N&#176;7/A :&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;&#212; mon esp&#233;rance ! &#244; mon P&#232;re et mon Cr&#233;ateur, et mon vrai Seigneur et Fr&#232;re ! Quand je songe que vous dites que vos d&#233;lices sont d'&#234;tre avec les enfants des hommes, mon &#226;me se r&#233;jouit &#233;norm&#233;ment. 0 Seigneur du ciel et de la terre, et quelles paroles que celles-l&#224; pour qu'aucun p&#233;cheur ne perde confiance ! Vous manque-t-il, Seigneur, par hasard, quelqu'un avec qui prendre vos d&#233;lices, pour que vous cherchiez un petit ver aussi malodorant que moi ? Cette voix qui s'est fait entendre lors du Bapt&#234;me de Votre Fils, a dit que vous mettiez en Lui vos complaisances. Alors, Seigneur, devons-nous lui &#234;tre tous &#233;gaux ? &#212; quelle infinie mis&#233;ricorde, et quelle faveur tellement au-dessus de nos m&#233;rites. Et tout cela, nous l'oublierions, nous les mortels ? Vous, &#244; mon Dieu, souvenez-vous de notre extr&#234;me mis&#232;re, et regardez notre faiblesse car vous savez tout.&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;Exclamation N&#176;7/B :&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;&#212; mon &#226;me, consid&#232;re la grande joie et le grand amour qu'&#233;prouve le P&#232;re &#224; conna&#238;tre son Fils, et le Fils &#224; conna&#238;tre son P&#232;re, et l'ardeur avec laquelle le Saint-Esprit s'unit &#224; eux, et comment aucune de ces trois Personnes ne peut se d&#233;partir de cet amour ni de cette connaissance, parce qu'elles sont toutes les trois une m&#234;me chose. Ces souveraines personnes se connaissent, elles s'aiment et elles sont les d&#233;lices les unes des autres. De quelle utilit&#233; peut donc &#234;tre mon amour ? Pourquoi le voulez-vous, &#244; mon Dieu, quel gain y trouvez-vous ? 0, Vous, soyez b&#233;ni, soyez b&#233;ni, vous, &#244; mon Dieu, pour toujours. Que toutes les choses chantent vos louanges, Seigneur, &#233;ternellement, car vous &#234;tes &#233;ternel.&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;Exclamation N&#176;7/C :&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;R&#233;jouis-toi, &#244; mon &#226;me, de ce qu'il y ait quelqu'un qui aime Dieu comme Il le m&#233;rite. R&#233;jouis-toi, de ce qu'il y ait quelqu'un qui connaisse sa bont&#233; et sa souverainet&#233;. Remercie-le de nous avoir donn&#233; sur terre quelqu'un qui le conna&#238;t comme le conna&#238;t son Fils unique. Sous cette protection, tu pourras t'approcher de ton Dieu et le supplier, puisque Sa Majest&#233; prend en toi ses d&#233;lices. Que toutes les choses d'ici-bas soient impuissantes &#224; t'emp&#234;cher de prendre tes d&#233;lices et &#224; te r&#233;jouir dans les grandeurs de ton Dieu, en voyant combien il m&#233;rite d'&#234;tre aim&#233; et lou&#233; demande-lui de t'aider, afin que tu contribues quelque peu &#224; ce que son nom soit b&#233;ni, et que tu puisses dire avec v&#233;rit&#233; : &#171; Mon &#226;me chante les grandeurs et les louanges du Seigneur &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;Exclamation N&#176;8/A&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;&#212; Seigneur, &#244; mon Dieu, comme vous avez les paroles de vie ! Tous les mortels y trouveraient ce qu'ils d&#233;sirent, s'ils voulaient l'y chercher. Mais quoi d'&#233;tonnant, &#244; mon Dieu, que nous oubliions vos paroles, d&#232;s lors que nos &#339;uvres mauvaises nous rendent ali&#233;n&#233;s et malades ? 0 mon Dieu, mon Dieu, Dieu cr&#233;ateur de tout l'univers, qu'est-ce que tout le cr&#233;&#233;, si vous, Seigneur, vouliez cr&#233;er encore ? Vous &#234;tes le Tout-Puissant, vos &#339;uvres sont incompr&#233;hensibles. Faites donc, Seigneur, que ma pens&#233;e ne s'&#233;loigne jamais de vos paroles. Vous dites : &#171; Venez &#224; moi, vous tous qui souffrez et pliez sous le fardeau, et je vous consolerai &#187;. Que voulons-nous de plus, Seigneur ? Que demandons-nous, que cherchons-nous ? Pourquoi les gens du monde se perdent-ils, si ce n'est parce qu'ils cherchent du repos ? 0 grand Dieu, &#244; grand Dieu, qu'est-ce que cela, Seigneur ? Oh ! quelle piti&#233;, oh ! quel aveuglement que nous cherchions le repos l&#224; o&#249; il est impossible de le trouver.&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;Exclamation N&#176;8/B :&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Ayez piti&#233;, Cr&#233;ateur, de vos pauvres cr&#233;atures. Consid&#233;rez que nous ne nous comprenons pas, que nous ne savons pas ce que nous d&#233;sirons, ni ne parvenons &#224; trouver ce que nous demandons. Donnez-nous, Seigneur, la lumi&#232;re, consid&#233;rez qu'elle nous est plus n&#233;cessaire qu'&#224; l'aveugle-n&#233;, car celui-ci d&#233;sirait voir la lumi&#232;re, et ne le pouvait pas. Maintenant, Seigneur, on ne veut pas voir. Oh ! est-il mal plus incurable ? C'est ici, &#244; mon Dieu, que doit se montrer votre pouvoir, ici doit se manifester votre mis&#233;ricorde. Oh ! quelle chose &#226;pre je vous demande, &#244; mon vrai Dieu, que vous aimiez celui qui ne vous aime pas, que vous ouvriez &#224; celui qui ne vous appelle pas, que vous donniez la sant&#233; &#224; celui qui se pla&#238;t &#224; &#234;tre malade et recherche la maladie. Vous dites, &#244; mon Seigneur, que vous venez chercher les p&#233;cheurs. Eh bien, les voil&#224;, Seigneur, les vrais p&#233;cheurs. Ne regardez pas notre aveuglement, mon Dieu, mais le sang que votre Fils a vers&#233; abondamment pour nous. Que resplendisse votre mis&#233;ricorde au milieu d'une si insondable malignit&#233;. Consid&#233;rez, Seigneur, que nous sommes votre &#339;uvre, que votre bont&#233; et votre mis&#233;ricorde nous secourent.&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;Po&#233;sie n&#176;2 : Dans les mains de Dieu&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Souveraine Majest&#233;, &#201;ternelle Sagesse,
&lt;br /&gt;Bont&#233; douce &#224; mon &#226;me,
&lt;br /&gt;Dieu, mon Seigneur,
&lt;br /&gt;Qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis v&#244;tre puisque vous m'avez cr&#233;&#233;e,
&lt;br /&gt;V&#244;tre, puisque vous m'avez rachet&#233;e,
&lt;br /&gt;V&#244;tre, puisque vous m'avez support&#233;e,
&lt;br /&gt;V&#244;tre, puisque vous m'avez appel&#233;e,
&lt;br /&gt;V&#244;tre, puisque vous m'avez attendue,
&lt;br /&gt;V&#244;tre, puisque je ne me suis pas perdue..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici mon c&#339;ur, Je le remets entre vos mains
&lt;br /&gt;Voici mon corps, ma vie, mon &#226;me,
&lt;br /&gt;Ma tendresse et mon amour&#8230;
&lt;br /&gt;Si vous me voulez dans la joie,
&lt;br /&gt;Par amour pour vous je veux me r&#233;jouir
&lt;br /&gt;Si vous me commandez des travaux,
&lt;br /&gt;Je veux mourir &#224; l'ouvrage.
&lt;br /&gt;Dites-moi seulement o&#249;, comment et quand.
&lt;br /&gt;Parlez, &#244; doux Amour, parlez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis v&#244;tre, pour vous je suis n&#233;e,
&lt;br /&gt;Que voulez-vous faire de moi ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Oeuvre de l'homme, oeuvre de Dieu</title>
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		<description>A. M&#233;ditation 1. &#201;veiller notre amour pour le Christ Quand nous m&#233;ditons et approfondissons les souffrances que le Seigneur a endur&#233;es pour nous, nous sommes touch&#233;s de compassion. De plus, il y a de la saveur dans le chagrin et les larmes qui proc&#232;dent de cette consid&#233;ration. Quand nous pensons &#224; la gloire, objet de notre esp&#233;rance, &#224; l'amour de Notre Seigneur pour nous, &#224; sa r&#233;surrection, nous sommes port&#233;s &#224; une joie qui n'est pas enti&#232;rement spirituelle, ni enti&#232;rement sensible, mais cette joie est (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;A. M&#233;ditation&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. &#201;veiller notre amour pour le Christ&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_487 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:282px;'&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L282xH350/teresac3-2-94ebf.jpg' width='282' height='350' alt=&quot;Couronnement de Th&#233;r&#232;se&quot; style='height:350px;width:282px;' /&gt; &lt;/span&gt; Quand nous m&#233;ditons et approfondissons les souffrances que le Seigneur a endur&#233;es pour nous, nous sommes touch&#233;s de compassion. De plus, il y a de la saveur dans le chagrin et les larmes qui proc&#232;dent de cette consid&#233;ration. Quand nous pensons &#224; la gloire, objet de notre esp&#233;rance, &#224; l'amour de Notre Seigneur pour nous, &#224; sa r&#233;surrection, nous sommes port&#233;s &#224; une joie qui n'est pas enti&#232;rement spirituelle, ni enti&#232;rement sensible, mais cette joie est vertueuse, comme la peine pr&#233;c&#233;dente &#233;tait tr&#232;s m&#233;ritoire. Ainsi en est-il de tout ce qui cause une d&#233;votion qui est en partie le fruit de l'intelligence, bien que nous ne puissions ni la m&#233;riter, ni l'obtenir, si Dieu ne la donne. Une &#226;me que Dieu n'aura pas &#233;lev&#233;e au-dessus de cet &#233;tat fera tr&#232;s bien de ne pas chercher &#224; monter d'elle-m&#234;me plus haut. Qu'elle y fasse bien attention, sans quoi, elle ne pourrait qu'y perdre. Lorsqu'elle se trouve dans ce degr&#233; d'oraison (la m&#233;ditation), elle peut produire des actes nombreux ayant pour but de la stimuler &#224; de grandes &#339;uvres pour Dieu et de r&#233;veiller son amour pour lui. Elle en accomplit d'autres pour favoriser l'accroissement des vertus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Autobiographie, chapitre XII,1-2&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. Lui parler avec confiance&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Nous pouvons par la pens&#233;e nous mettre en pr&#233;sence du Christ, nous embraser peu &#224; peu du plus grand amour pour sa Sainte Humanit&#233;, lui tenir toujours compagnie, lui parler, lui recommander nos besoins, nous plaindre &#224; lui dans nos peines, nous r&#233;jouir avec lui dans les consolations, nous garder de l'oublier dans la prosp&#233;rit&#233;. Ne cherchons point &#224; lui faire de beaux discours. Parlons-lui simplement pour lui exprimer nos d&#233;sirs et nos besoins. C'est l&#224; une m&#233;thode excellente et elle nous fait avancer en tr&#232;s peu de temps. Celui qui s'&#233;tudie &#224; vivre dans cette pr&#233;cieuse compagnie, qui cherche &#224; en retirer les plus grands avantages, et y puise un amour sinc&#232;re pour ce Ma&#238;tre, auquel nous sommes redevables de tant de bienfaits, celui-l&#224;, je l'affirme, est avanc&#233; dans la voie de l'oraison. Nous ne devons donc pas, comme je l'ai dit d&#233;j&#224;, nous affliger, si la d&#233;votion sensible vient &#224; nous manquer. Remercions plut&#244;t le Seigneur, qui, malgr&#233; les imperfections de nos &#339;uvres, entretient en nous le d&#233;sir de lui plaire. Cette m&#233;thode d'oraison, qui consiste &#224; se tenir dans la compagnie du Sauveur, est un moyen tr&#232;s s&#251;r pour faire des progr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Autobiographie, chapitre XII,2&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3. Laisser parler son c&#339;ur&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Revenant donc &#224; ceux qui se servent du discours (la m&#233;ditation), je leur recommande de ne pas l'employer tout le temps de l'oraison. Comme cet exercice est tr&#232;s m&#233;ritoire plein de d&#233;lices, il leur semble qu'il ne doit y avoir pour eux ni dimanche, ni un seul instant exempt de travail, sans quoi, ils s'imaginent aussit&#244;t qu'ils perdent leur temps. Pour moi, je regarde cette perte de temps comme un gain tr&#232;s pr&#233;cieux. Qu'ils se tiennent donc, ainsi que je l'ai dit, en pr&#233;sence de Notre Seigneur, sans fatiguer leur entendement. Qu'ils lui parlent et mettent leur joie &#224; se trouver avec lui. Qu'ils ne se pr&#233;occupent point de composer des discours, mais lui exposent simplement les n&#233;cessit&#233;s de leur &#226;me et les motifs qu'il aurait de ne pas 1&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;es&lt;/sup&gt; souffrir devant lui. On doit s'appliquer tant&#244;t &#224; 1'une tant&#244;t &#224; l'autre de ces consid&#233;rations, pour ne point fatiguer l'&#226;me en lui donnant toujours la m&#234;me nourriture. Ces aliments sont pleins de saveur et tr&#232;s utiles. Quand on s'y habitue, on y prend go&#251;t et on y puise cette forte substance qui donne la vie &#224; l'&#226;me et lui procure les plus pr&#233;cieux avantages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Autobiographie, chapitre XIII,11&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;4. M&#233;diter sur la vie du Christ&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Nous m&#233;ditons, je suppose, un myst&#232;re de la Passion, par exemple celui qui nous repr&#233;sente Notre Seigneur &#224; la colonne. L'entendement recherche les motifs qui lui feront comprendre quelles grandes douleurs et quelle angoisses Sa Majest&#233; endure dans un tel abandon. S'il est actif et enrichi de connaissances, il d&#233;duira encore beaucoup d'autres consid&#233;rations. Tel est le mode d'oraison par lequel tous doivent commencer continuer et finir. Cette voie est excellente et tr&#232;s s&#251;re jusqu'&#224; ce que le Seigneur nous &#233;l&#232;ve &#224; d'autres chose surnaturelles. Je dis que ce mode est pour nous. Bien des &#226;mes n&#233;anmoins trouveront plus de profit &#224; m&#233;diter d'autres sujets que ceux de la Passion. S'il y a beaucoup de demeures au ciel, il y a ans beaucoup de chemins pour y arriver. Certaines &#226;mes profitent en se consid&#233;rant d&#233;j&#224; en enfer. D'autre que la pens&#233;e de l'enfer attriste, profiteront davantage en se consid&#233;rant au ciel. Il y en a encore pour qui la pens&#233;e de la mort est tr&#232;s utile. Certaines personnes qui ont une grande tendresse de c&#339;ur, se fatiguent beaucoup si elles m&#233;ditent constamment la Passion, mais elles trouveront du repos et du profit &#224; consid&#233;rer le pouvoir et la grandeur que Dieu manifeste dans les cr&#233;atures, l'amour qu'il a eu pour nous et qu'il fait resplendir en tous lieux. Ce mode d'oraison est admirable, mais il faut revenir souvent &#224; la Passion et &#224; la vie de Notre Seigneur, car c'est de l&#224; que nous sont venus et nous viennent tous les biens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Autobiographie, chapitre XIII,12-13&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;5. Demeurer avec lui&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Je reviens donc &#224; ce que je disais sur le myst&#232;re de Notre Seigneur &#224; la colonne. Il est bon de se servir du raisonnement pendant quelques instants. Examinons ensuite les tourments que Notre Seigneur endure et le motif pour lequel il les endure, la qualit&#233; de celui qui souffre et l'amour avec lequel il souffre. N'allons pas toutefois nous fatiguer &#224; poursuivre toujours ces consid&#233;rations. Faisons taire le raisonnement et demeurons pr&#232;s du Sauveur. Si nous le pouvons, occupons-nous &#224; consid&#233;rer qu'il nous regarde, que nous lui tenons compagnie. Parlons-lui ; exposons-lui nos suppliques ; humilions-nous ; r&#233;jouissons-nous avec lui, et souvenons-nous bien que nous ne m&#233;ritons pas d'&#234;tre en sa pr&#233;sence. Quand une &#226;me pourra produire ces actes, bien que ce soit au commencement de l'oraison, elle en retirera un tr&#232;s grand profit. Ce genre d'oraison est en effet tr&#232;s avantageux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Autobiographie, chapitre XIII,22&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;B. Contemplation&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. Un don de Dieu&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;L'eau (de la contemplation) na&#238;t de la source m&#234;me, qui est Dieu. Donc, comme Sa Majest&#233; le veut quand sa volont&#233; est d'accorder une faveur surnaturelle, elle &#233;mane avec une qui&#233;tude immense et paisible du plus intime de nous-m&#234;me. Je ne sais o&#249;, ni comment il se fait que ce contentement et cette d&#233;lectation ne se ressentent pas dans le c&#339;ur comme les joies d'ici-bas, du moins au d&#233;but, car ils finissent par tout inonder. Cette eau se r&#233;pand dans toutes les Demeures et toutes les puissances et atteint enfin le corps. C'est pourquoi j'ai dit qu'elle commence en Dieu et finit en nous, car vraiment, comme le verra quiconque l'&#233;prouvera, l'homme ext&#233;rieur tout entier jouit de ce plaisir et de cette douceur. Tout en &#233;crivant, je consid&#233;rais tout &#224; l'heure le verset que j'ai cit&#233; : &#171; Tu as dilat&#233; mon c&#339;ur &#187; (Ps.118,32). Il ne me semble pourtant pas que cela prenne naissance dans le c&#339;ur, mais en un point encore plus int&#233;rieur, comme en quelque chose de tr&#232;s profond. Je pense que ce doit &#234;tre le centre de l'&#226;me, comme je l'ai compris depuis et le dirai pour finir, car vrai, je vois en nous des myst&#232;res qui m'&#233;merveillent souvent. Combien doit-il y en avoir d'autres ! &#212; mon Seigneur et mon Dieu, que vos grandeurs sont grandes ! Nous nous conduisons ici-bas comme de na&#239;fs petits bergers, nous croyons saisir quelque chose de vous, et ce doit &#234;tre moins que rien, puisqu'il y a d&#233;j&#224; en nous-m&#234;me de grands myst&#232;res que nous ne comprenons pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, quatri&#232;mes Demeures, chapitre II,4-5&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. Une dilatation du c&#339;ur&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Pour en revenir au verset (&#171; Tu as dilat&#233; mon c&#339;ur &#187;), s'il peut &#233;clairer, ce me semble, ce que j'&#233;cris ici, c'est &#224; propos de cette dilatation, car il appara&#238;t que lorsque cette eau c&#233;leste commence &#224; couler de la source dont je parle au plus profond de nous, on dirait que tout notre int&#233;rieur se dilate et s'&#233;largit, et on ne saurait exprimer tout le bien qui en r&#233;sulte. L'&#226;me elle-m&#234;me ne peut comprendre ce qui lui est donn&#233;. Elle respire un parfum, disons-le maintenant, comme s'il y avait dans cette profondeur int&#233;rieure un brasero sur lequel on jetterait des parfums embaum&#233;s : on ne voit pas la braise, on ne sait o&#249; elle est, mais sa chaleur et la fum&#233;e odorante p&#233;n&#232;trent l'&#226;me tout enti&#232;re, et m&#234;me, comme je l'ai dit, le corps en a fort souvent sa part. Attention, comprenez-moi, on ne sent pas de chaleur, on ne respire pas une odeur, c'est chose plus d&#233;licate que ces choses-l&#224;, mais cela peut vous aider &#224; comprendre, et les personnes qui n'en ont pas l'exp&#233;rience sauront que cela se produit vraiment ainsi, qu'on le comprend plus clairement que je ne l'exprime. Ce n'est pas un de ces cas o&#249; l'on puisse se faire illusion, puisque nos plus grands efforts ne pourraient rien obtenir. Cela m&#234;me nous prouve que &#231;a n'est pas d'un m&#233;tal courant, mais l'or infiniment pur de la sagesse divine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, quatri&#232;mes Demeures, chapitre II,6&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3. Paix et repos en Dieu&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Cette qui&#233;tude et ce recueillement sont une chose dont l'&#226;me ressent profond&#233;ment la paix intime et la satisfaction, jointes &#224; l'immense bonheur et au repos des puissances dans une tr&#232;s suave d&#233;lectation. Comme elle n'a jamais rien obtenu de plus, il lui semble n'avoir plus rien &#224; d&#233;sirer, et elle dirait de bon c&#339;ur comme saint Pierre qu'elle voudrait fixer l&#224; sa demeure. Elle n'ose se d&#233;placer ni bouger. Il lui semble que ces biens vont lui glisser des mains. Elle voudrait m&#234;me parfois se retenir de respirer. Elle ne comprend pas, la pauvrette, qu'impuissante &#224; s'attirer ces biens, il lui est encore plus impossible de les garder plus longtemps que le Seigneur ne le veut. Dans ce premier recueillement de qui&#233;tude, les puissances de l'&#226;me ne sont pas inactives, mais tant que cela dure, m&#234;me si les deux puissances s'agitent, elle ne perd ni sa qui&#233;tude ni sa paix tant que la volont&#233; reste unie &#224; Dieu. Au contraire, peu &#224; peu, elle recueille &#224; nouveau l'entendement et la m&#233;moire. Sans &#234;tre totalement ab&#238;m&#233;e en Dieu, l'&#226;me est si bien occup&#233;e de lui, sans savoir comment, que pour beaucoup d'efforts que fassent les deux autres puissances, elles ne peuvent l'arracher &#224; son bonheur et &#224; sa joie. Bien plus, sans aucun effort, elle fait le n&#233;cessaire pour que cette petite &#233;tincelle d'amour de Dieu ne s'&#233;teigne point.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Autobiographie, chapitre XV,1&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;C. Union&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. Exp&#233;rimenter l'amour de Dieu&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_493 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:243px;'&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L243xH350/teresab5-afce4.jpg' width='243' height='350' alt=&quot;Th&#233;r&#232;se&quot; style='height:350px;width:243px;' /&gt; &lt;/span&gt; Ici, bien que toutes nos puissances soient endormies, et bien endormies aux choses du monde et &#224; nous-m&#234;mes, (car, en fait, on se trouve comme priv&#233;e de sens pendant le peu de temps que dure cette union, dans l'incapacit&#233; de penser, quand m&#234;me on le voudrait), ici, donc, il n'est pas n&#233;cessaire d'user d'artifices pour suspendre la pens&#233;e. Et m&#234;me pour aimer, car si elle aime, elle ne sait comment, ni qui elle aime, ni ce qu'elle aimerait. Enfin, elle est comme tout enti&#232;re morte au monde pour mieux vivre en Dieu. Et c'est une mort savoureuse, l'&#226;me s'arrache &#224; toutes les op&#233;rations qu'elle peut avoir, tout en restant dans le corps : d&#233;lectable, car l'&#226;me semble vraiment se s&#233;parer du corps pour mieux se trouver en Dieu, de telle sorte que je ne sais m&#234;me pas s'il lui reste assez de vie pour respirer. J'y pensais &#224; l'instant, et il m'a sembl&#233; que non. Du moins, si on respire, on ne s'en rend pas compte. L'entendement voudrait s'employer tout entier &#224; comprendre quelque chose de ce qu'&#233;prouve l'&#226;me, et comme ses forces n'y suffisent point, il reste &#233;bahi de telle fa&#231;on que s'il n'est pas compl&#232;tement annul&#233;, il ne bouge ni pied, ni main, comme on le dit d'une personne &#233;vanouie si profond&#233;ment quelle nous para&#238;t morte. &#212; secrets de Dieu ! Jamais je ne me lasserais de chercher &#224; vous les faire comprendre, si le pensais avoir quelque chance d'y r&#233;ussir. Je dirai donc mille folies dans l'espoir de tomber juste une fois ou autre, afin que nous louions vivement le Seigneur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, cinqui&#232;mes Demeures, chapitre I,3-4&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. La certitude d'&#234;tre aim&#233; infiniment&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Donc, pour en revenir au signe dont je dis qu'il est le vrai, vous voyez cette &#226;me que Dieu a rendue toute b&#234;te, pour mieux graver en elle la vraie science. Elle ne voit rien, n'entend ni ne comprend rien le temps que dure cet &#233;tat, temps bref, mais il lui semble &#224; elle, plus bref encore qu'il ne l'est. Dieu se fixe dans cette &#226;me de telle fa&#231;on que lorsqu'elle revient &#224; elle, elle ne peut absolument pas douter qu'elle fut en Dieu, et Dieu en elle. Cette v&#233;rit&#233; s'affirme si fortement que m&#234;me si des ann&#233;es se passent sans que Dieu lui fasse &#224; nouveau cette faveur, elle ne peut l'oublier, ni douter de l'avoir re&#231;ue. C'est ce qu'il y a de plus important. &#8230; Vous me direz donc : &#171; Comment l'a-t-elle vu ou compris puisqu'elle ne voit ni ne comprend ? &#187; Je ne dis pas quelle l'ait vu dans l'instant, mais qu'elle le voit clairement apr&#232;s coup. Ce n'est pourtant pas une vision, mais une certitude que Dieu seul peut donner &#224; l'&#226;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, cinqui&#232;mes Demeures, chapitre I,9-10&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3. Vouloir ce que Dieu veut&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Nous pouvons tr&#232;s bien atteindre &#224; la v&#233;ritable union, avec la faveur de Notre Seigneur, si nous nous effor&#231;ons de l'obtenir en n'ayant d'autre volont&#233; que celle de nous attacher en tout &#224; la volont&#233; de Dieu. Oh ! Que nous devons &#234;tre nombreux &#224; parler ainsi, &#224; croire que nous ne voulons rien d'autre et que nous sommes pr&#234;ts &#224; mourir pour cette v&#233;rit&#233;, comme je crois l'avoir dit ! Mais je dis ici, et je le r&#233;p&#233;terai souvent, que si vous pensez ainsi, cette faveur du Seigneur vous est acquise. Ne soyez donc nullement en peine des r&#233;gals de l'autre union dont j'ai parl&#233;, son int&#233;r&#234;t majeur est de d&#233;couler de celle dont je parle ici, et du fait qu'il soit impossible d'y atteindre si l'union qui asservit notre volont&#233; &#224; celle de Dieu n'est pas bien affirm&#233;e. Oh quelle union &#224; d&#233;sirer ! Heureuse l'&#226;me qui l'a obtenue, elle vivra en paix en cette vie, et &#233;galement dans l'autre, car aucun des &#233;v&#233;nements de la terre ne l'affligera, sauf de se trouver en quelque danger de perdre Dieu, ou de voir qu'on l'offense, mais ni la maladie, ni la pauvret&#233;, ni mille morts, s'il ne s'agit de quelqu'un de n&#233;cessaire au service de Dieu, car cette &#226;me voit bien qu'il sait ce qu'il fait mieux qu'elle ne sait ce qu'elle d&#233;sire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, cinqui&#232;mes Demeures, chapitre III,3&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;4. Aimer son prochain&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Si vous avez l'amour du prochain, je vous affirme que vous ne manquerez pas d'obtenir de Sa Majest&#233; l'union dont j'ai parl&#233;. Si vous constatiez qu'il vous fait d&#233;faut, m&#234;me si vous avez de la ferveur et des joies spirituelles, m&#234;me si vous croyez &#234;tre parvenues &#224; l'union, avoir eu une quelconque petite extase dans l'oraison de qui&#233;tude, croyez-moi quand je vous dis que vous n'avez pas obtenu l'union. Demandez &#224; Notre Seigneur de vous donner &#224; la perfection cet amour du prochain, et laissez faire Sa Majest&#233;. Elle vous donnera plus que vous ne sauriez d&#233;sirer, &#224; condition que vous fassiez des efforts et que vous recherchiez, tant que vous le pourrez, cet amour-l&#224;. Contraignez votre volont&#233; &#224; &#234;tre en tout conforme &#224; celle de vos s&#339;urs. M&#234;me si vous perdez vos droits, oubliez-vous pour elles, pour beaucoup que cela r&#233;volte votre nature et cherchez &#224; assumer des t&#226;ches pour en d&#233;livrer votre prochain, lorsque vous en aurez l'occasion. Ne pensez pas que cela ne vous co&#251;tera gu&#232;re, et que c'est d&#233;j&#224; chose faite. Consid&#233;rez ce que son amour pour nous a co&#251;t&#233; &#224; notre l'&#201;poux, lui qui pour vous d&#233;livrer de la mort mourut de la mort si douloureuse qu'est la mort sur la croix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, cinqui&#232;mes Demeures, chapitre III,12&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vivre pleinement</title>
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		<description>A. Charit&#233; 1. Ne pas juger Comprenons, mes filles, que la v&#233;ritable perfection est dans l'amour de Dieu et du prochain ; plus nous observerons ces deux commandements, plus parfaites nous serons. Toute notre R&#232;gle et nos Constitutions ne tendent &#224; rien d'autre. Elles ne font que nous donner le moyen de mieux les observer. Tr&#234;ve de z&#232;les indiscrets qui peuvent nous faire grand mal. Que chacune se consid&#232;re elle-m&#234;me. Cet amour que vous devez avoir les unes pour les autres est si important que je (...)

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&lt;a href="http://www.carmel.asso.fr/-L-oraison-chemin-de-saintete,211-.html" rel="directory"&gt;L' oraison, chemin de saintet&#233;&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;A. Charit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. Ne pas juger&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_335 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:300px;'&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L300xH433/Christ-7af38.jpg' width='300' height='433' alt=&quot;&quot; style='height:433px;width:300px;' /&gt; &lt;/span&gt; Comprenons, mes filles, que la v&#233;ritable perfection est dans l'amour de Dieu et du prochain ; plus nous observerons ces deux commandements, plus parfaites nous serons. Toute notre R&#232;gle et nos Constitutions ne tendent &#224; rien d'autre. Elles ne font que nous donner le moyen de mieux les observer. Tr&#234;ve de z&#232;les indiscrets qui peuvent nous faire grand mal. Que chacune se consid&#232;re elle-m&#234;me. Cet amour que vous devez avoir les unes pour les autres est si important que je voudrais que vous ne l'oubliez jamais, car &#224; force de consid&#233;rer chez les autres de petits riens, qui d'ailleurs ne sont peut-&#234;tre pas des imperfections, mais que, dans notre ignorance, nous prenons en mauvaise part, notre &#226;me peut perdre la paix, et m&#234;me inqui&#233;ter celle des autres. Consid&#233;rez que cette perfection-l&#224; co&#251;terait cher.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, premi&#232;res Demeures, chapitre II,17&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. Savoir se remettre en cause&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Consid&#233;rons nos fautes, et laissons l&#224; celles des autres, car le fait des personnes vertueuses est souvent de s'offusquer de tout, et, d'aventure, ceux dont nous nous offusquons pourraient bien avoir beaucoup &#224; nous apprendre d'essentiel. Il se peut que dans l'attitude ext&#233;rieure, la mani&#232;re d'&#234;tre, nous les surpassions, mais le principal n'est pas l&#224;, bien que ce soit important, mais il n'y a pas de quoi vouloir que tout le monde suive imm&#233;diatement le m&#234;me chemin que nous, ni de nous mettre &#224; les instruire des voies spirituelles, alors que, d'aventure, nous les ignorons. Nous pouvons en effet faire un usage fort erron&#233;, mes s&#339;urs, de ce d&#233;sir que nous donne Dieu d'aider les &#226;mes. Il vaut donc mieux nous en tenir &#224; notre R&#232;gle : &#171; Chercher &#224; vivre toujours dans le silence et l'esp&#233;rance &#187; (Is.30,15), et le Seigneur prendra soin de des &#226;mes. Tant que nous ne n&#233;gligerons pas de supplier pour elles Sa Majest&#233;, nous serons fort utiles, avec sa gr&#226;ce. Qu'elle soit b&#233;nie &#224; jamais !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, troisi&#232;mes Demeures, chapitre II,13&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3. Servir&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Quand je vois des &#226;mes s'adonner diligemment &#224; examiner leur oraison, si encapuchonn&#233;es qu'elles n'osent ni bouger ni d&#233;tourner leur pens&#233;e pour &#233;viter qu'un peu de leur plaisir et de leur ferveur ne se d&#233;robe, j'en conclus qu'elles comprennent bien mal par quel chemin on atteint &#224; l'union, et qu'elles pensent que toute l'affaire se r&#233;duit &#224; cela. Mais non, mes s&#339;urs, non : le Seigneur veut des &#339;uvres. Si tu vois une malade &#224; qui tu puisses apporter certain soulagement, peu doit t'importer de perdre cette ferveur : aie piti&#233; d'elle ! Si elle souffre, souffre, toi aussi, et si c'est n&#233;cessaire, je&#251;ne pour qu'elle mange &#224; ta place. &#8230; Si tu entends vivement louer une personne, r&#233;jouis-toi beaucoup plus que si on te louait toi-m&#234;me. &#8230; Nous r&#233;jouir qu'on reconnaisse les vertus de nos s&#339;urs est une grande chose, de m&#234;me que, si l'on voit en l'une d'elles un d&#233;faut, le d&#233;plorer comme s'il s'agissait de nous-m&#234;me, et le cacher. /&#8230;/ Demandez &#224; Notre Seigneur de vous donner, &#224; la perfection, cet amour du prochain, et laissez faire Sa Majest&#233; : elle vous donnera plus que vous ne sauriez d&#233;sirer, &#224; condition que vous fassiez des efforts et que vous recherchiez, tant que vous le pourrez, cet amour-l&#224;. Contraignez votre volont&#233; &#224; &#234;tre en tout conforme &#224; celle de vos s&#339;urs. M&#234;me si vous perdez vos droits, oubliez-vous pour elles, pour beaucoup que cela r&#233;volte votre nature et cherchez &#224; assumer des t&#226;ches pour en d&#233;livrer votre prochain, lorsque vous en aurez l'occasion. Ne pensez pas que cela ne vous co&#251;tera gu&#232;re, et que c'est d&#233;j&#224; chose faite. Consid&#233;rez ce que son amour pour nous a co&#251;t&#233; &#224; notre l'&#233;poux, lui qui pour vous d&#233;livrer de la mort mourut de la mort si douloureuse qu'est la mort sur la croix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, cinqui&#232;mes Demeures, chapitre III,11-12&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;4. Donner naissance &#224; des &#339;uvres&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Il sera bon, mes s&#339;urs, de vous dire dans quel but le Seigneur accorde tant de faveurs en ce monde. Les effets ont du vous le faire comprendre, si vous avez &#233;t&#233; attentives, mais je veux toutefois vous en reparler ici, pour qu'aucune d'entre vous n'imagine qu'il ne cherche qu'&#224; choyer ces &#226;mes, ce serait une grave erreur. Sa Majest&#233; ne peut nous accorder une plus grande faveur que de nous faire vivre dans l'imitation de la vie de son Fils tant aim&#233;. J'ai donc la certitude que ces faveurs tendent &#224; fortifier notre faiblesse, comme je l'ai parfois dit ici, afin que nous sachions, &#224; son exemple, beaucoup souffrir. /&#8230;/ &#212; mes s&#339;urs, quel oubli de son repos, quel m&#233;pris de son honneur, quel &#233;loignement de toute recherche d'estime, chez l'&#226;me qu'habite si particuli&#232;rement le Seigneur ! Comme elle vit beaucoup avec Lui, il est juste qu'elle ne pense gu&#232;re &#224; elle-m&#234;me. Sa m&#233;moire s'emploie toute &#224; chercher le meilleur moyen de le contenter, que faire dans ce but, et comment lui montrer son amour. Tel est le but de l'oraison, mes filles. Voil&#224; &#224; quoi sert ce mariage spirituel : donner toujours naissance &#224; des &#339;uvres, des &#339;uvres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, septi&#232;mes Demeures, chapitre IV,4.6&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;5. Aimer&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Aimer, c'est la passion d'agir pour qu'une &#226;me aime Dieu et en soit aim&#233;, car, comme je l'ai dit, s'il n'en est pas ainsi, ces &#226;mes savent que nul autre amour ne dure. C'est un amour qui leur co&#251;te cher, car elles ne cessent de faire tout ce qu'elles peuvent pour que leur amour soit un bienfait. Elles donneraient mille vies pour lui procurer un peu de bien &#224; la personne aim&#233;e. Il est &#233;trange de voir combien cet amour est passionn&#233;, que de larmes il co&#251;te, que de p&#233;nitences, que de pri&#232;res, quelle diligence pour recommander l'&#226;me aim&#233;e &#224; tous ceux que l'on estime puissants aupr&#232;s du Seigneur. C'est un souci constant, une insatisfaction continuelle, car si celui qui aime voit que l'&#226;me aim&#233;e et en voie de progr&#232;s retourne quelque peu en arri&#232;re, il n'aura plus, semble-t-il, de plaisir en cette vie. Il ne mange ni ne dort, habit&#233; par cette pr&#233;occupation, craignant toujours que se perde une &#226;me qu'il aime tant, et qu'il doive s'en s&#233;parer pour toujours. /&#8230;/ C'est un amour sans la moindre parcelle d'int&#233;r&#234;t. Tout son int&#233;r&#234;t consiste &#224; voir cette &#226;me riche des biens du ciel. Enfin, c'est un amour qui ressemble quelque peu &#224; celui que le Christ a eu pour nous. Il m&#233;rite le nom d'amour et n'a rien &#224; voir avec les malheureuses et frivoles amourettes terrestres ; et encore, je ne parle pas des amours d&#233;fendus. Dieu nous en pr&#233;serve !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le chemin de perfection VI,9-VII,1 texte Escorial, num&#233;rotation Valladolid&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;B. Humilit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. Ne pas se justifier&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Oh, pour l'amour de Dieu, mes s&#339;urs, faites tr&#232;s attention &#224; ce qu'aucune d'entre vous ne se laisse toucher par une charit&#233; indiscr&#232;te et ne s'apitoie sur sa s&#339;ur pour des insultes imaginaires. &#8230; Que toutes les religieuses de cette maison, et les personnes qui aspirent &#224; la perfection, fuient de mille lieues des paroles de ce genre : &#171; j'avais raison &#187; ou &#171; on m'a fait tort &#187;. Dieu nous garde des mauvaises raisons ! Y avait-il une raison pour que le Christ notre bien subisse et re&#231;oive tant d'injures ? Y en avait-il une pour qu'il support&#226;t tant d'injustices ? Je ne sais vraiment pas ce qu'est venue faire dans un monast&#232;re celle qui ne veut porter que la croix qu'elle est en parfait droit d'attendre. Qu'elle retourne dans le monde o&#249; son pr&#233;tendu bon droit ne sera pas davantage sauvegard&#233; ! /&#8230;/ Que celle qui parmi vous se croira la moins estim&#233;e se consid&#232;re comme la plus heureuse ! A dire vrai, elle l'est r&#233;ellement si elle supporte cet &#233;tat de choses comme elle le doit. /&#8230;/ Et je vous le r&#233;p&#232;te, ne consid&#233;rez pas ces choses comme n&#233;gligeables, car si vous ne faites pas diligence pour les d&#233;raciner, ce qui n'est rien aujourd'hui sera peut-&#234;tre demain un p&#233;ch&#233; v&#233;niel, et c'est une pente si dangereuse que si vous laissez les choses aller, le p&#233;ch&#233; ne restera pas seul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le chemin de perfection XIII,1.3 texte Escorial, num&#233;rotation Valladolid&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. Avoir une sainte pr&#233;somption&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;O Seigneur ! Tout notre mal vient de ce que nous n'avons pas les yeux fix&#233;s sur vous, car si nous ne regardions que le chemin nous arriverions rapidement, mais nous faisons mille chutes, mille faux pas, et nous perdons le chemin parce que nous ne fixons pas notre regard sur le vrai chemin. On dirait que ce chemin n'a jamais &#233;t&#233; parcouru, tant il nous semble nouveau. C'est chose d&#233;plorable en v&#233;rit&#233;. Je dis que nous ne semblons pas &#234;tre chr&#233;tiens, ni ne paraissons avoir lu de toute notre vie le r&#233;cit de la Passion. Grand Dieu ! Vient-on &#224; chatouiller notre point d'honneur ! C'est celui qui nous dira de ne pas y pr&#234;ter attention qui passera pour non chr&#233;tien. J'ai ri bien souvent ou plut&#244;t je me suis afflig&#233;e de ce que j'ai pu voir dans le monde et m&#234;me, pour mes p&#233;ch&#233;s, dans les Ordres religieux : nous montre-t-on un peu moins d'estime, nous ne le supportons pas. Nous disons aussit&#244;t que nous ne sommes pas des saints. Dieu nous pr&#233;serve, mes filles, quand nous ferons quelque chose d'imparfait, de dire : &#171; nous ne sommes pas des anges &#187;, &#171; nous ne sommes pas des saintes &#187; ! Consid&#233;rez, bien que nous ne le soyons pas, comme il est bon pour nous de penser que, si nous faisons des efforts, Dieu nous aidera &#224; le devenir. Ne craignez pas qu'il nous manque si, de notre c&#244;t&#233;, nous faisons ce que nous pouvons puisque nous ne sommes venues ici que dans ce but : la main &#224; l'ouvrage, comme on dit ! Qu'il n'y ait rien o&#249; nous ne pensions pouvoir servir davantage le Seigneur que nous ne pr&#233;sumions, avec son aide, de mener &#224; terme. Voil&#224; la pr&#233;somption que je voudrais voir dans cette maison. Elle fait cro&#238;tre l'humilit&#233; : nous devons toujours &#234;tre t&#233;m&#233;raires, car Dieu aide les forts et il ne fait pas acception des personnes : &#224; vous comme &#224; moi, il donnera du courage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le chemin de perfection XVI,11-12 texte Escorial, num&#233;rotation Valladolid&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3. Contempler l'humilit&#233; de Dieu&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_384 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:200px;'&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L200xH313/christdetail-b3b31.jpg' width='200' height='313' alt=&quot;&quot; style='height:313px;width:200px;' /&gt; &lt;/span&gt; La connaissance de soi est si n&#233;cessaire, m&#234;me pour celles d'entre vous que le Seigneur a introduites dans la demeure o&#249; il se trouve lui-m&#234;me, que jamais, malgr&#233; votre &#233;l&#233;vation, vous ne pouvez mieux faire. /&#8230;/ Je r&#233;p&#232;te donc qu'il est tr&#232;s bon, et meilleur encore, de chercher &#224; p&#233;n&#233;trer d'abord dans la salle qui la concerne (premi&#232;res Demeures) plut&#244;t que de s'envoler vers les autres. &#8230; Il me semble que jamais nous n'arriverons &#224; nous conna&#238;tre si nous ne cherchons pas &#224; conna&#238;tre Dieu : la vue de sa grandeur nous montrera notre bassesse, celle de sa puret&#233;, nos souillures et son humilit&#233;, nous d&#233;couvrira combien nous sommes loin d'&#234;tre humbles. /&#8230;/ Notre entendement et notre volont&#233; s'ennoblissent, ils se disposent mieux &#224; accomplir tout ce qui est bien lorsque notre regard se tourne vers Dieu. Il y a de grands inconv&#233;nients &#224; ne jamais sortir de notre boue et de notre mis&#232;re. /&#8230;/ Si nous vivons enfonc&#233;s dans les mis&#232;res de notre terre, jamais nous ne sortirons du courant boueux des craintes, des pusillanimit&#233;s, et de la l&#226;chet&#233; : regarder si on me regarde ou si on ne me regarde pas, me demander s'il y a du danger &#224; suivre cette voie ou s'il n'y aurait pas quelque orgueil &#224; oser entreprendre cette action ? Est-il bon qu'une mis&#233;rable comme moi s'occupe d'une chose aussi haute que l'oraison ? Me m&#233;prisera-t-on si je ne suis pas la voie de tout le monde ? Et puis, les extr&#234;mes ne sont pas bons, m&#234;me dans la vertu, grande p&#233;cheresse que je suis, ne serait-ce tomber de plus haut ? Je ne progresserai peut-&#234;tre point, et je nuirai &#224; de bonnes gens. Quelqu'un comme moi n'a pas besoin de se singulariser. Dieu secourable, mes filles ! Qu'elles sont nombreuses les &#226;mes que le d&#233;mon a d&#251; beaucoup appauvrir par ce moyen ! Elles prennent tout cela pour de l'humilit&#233;, et bien des choses encore que je pourrais dire. Cela provient de ce que nous ne nous connaissons pas tout &#224; fait. La connaissance que nous avons de nous-m&#234;me est d&#233;vi&#233;e, et si nous ne sortons jamais de nous-m&#234;me, je ne suis pas surprise que cela, et pis encore, soit &#224; craindre. C'est pourquoi je dis, mes filles, que nous devons fixer nos regards sur le Christ, notre bien. L&#224;, nous apprendrons la v&#233;ritable humilit&#233;. En Lui et en ses Saints, notre entendement s'ennoblira comme je l'ai dit, et la connaissance de nous-m&#234;me n'engendrera pas de l&#226;ches voleurs, car bien que ce ne soit encore que la premi&#232;re Demeure, elle est tr&#232;s riche et d'un si grand prix que celui qui &#233;chappe &#224; la vermine qui s'y trouve ne manquera pas de progresser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, premi&#232;res Demeures, chapitre II,8-11&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;4. Humilit&#233; et gratuit&#233; de la pri&#232;re&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Lorsque vous aurez fait tout ce qu'on accomplit dans les pr&#233;c&#233;dentes Demeures, de l'humilit&#233;, de l'humilit&#233; ! C'est elle qui persuade le Seigneur de nous accorder tout ce que nous attendons de lui. Vous reconna&#238;trez en tout premier lieu que vous la poss&#233;dez &#224; ce que vous ne croirez pas m&#233;riter ces faveurs et saveurs du Seigneur, ni jamais les conna&#238;tre de votre vie. En ce cas, objecterez-vous, comment les obtient-on sans les chercher ? Je r&#233;ponds que le meilleur moyen est celui que je vous ai dit, ne pas les rechercher, pour les raisons suivantes. La premi&#232;re, c'est qu'il faut d'abord, pour cela, aimer Dieu sans int&#233;r&#234;t. La seconde, c'est qu'il y aurait certain manque d'humilit&#233; &#224; penser que nos mis&#233;rables services pourraient nous valoir quelque chose d'aussi grand. La troisi&#232;me, c'est que la vraie mani&#232;re de nous y pr&#233;parer est le d&#233;sir de souffrir et d'imiter le Seigneur. La quatri&#232;me, c'est que Sa Majest&#233; n'est pas oblig&#233;e de nous l'accorder, comme elle l'est de nous accorder le ciel si nous observons ses commandements, car nous pouvons nous sauver sans cela. Dieu sait mieux que nous ce qui nous convient, et qui l'aime vraiment. C'est vrai, je le sais, car je connais des gens qui suivent la voie de l'amour comme ils le doivent, uniquement pour servir le Christ crucifi&#233;, et non seulement ils ne lui demandent pas de plaisirs spirituels et n'en d&#233;sirent pas, mais ils le supplient de ne pas leur en donner en cette vie. C'est la v&#233;rit&#233;. La cinqui&#232;me, c'est que nous travaillerions en vain, car cette eau ne peut &#234;tre amen&#233;e par les aqueducs comme la pr&#233;c&#233;dente, et si elle ne peut couler de source, il ne nous sert pas &#224; grand-chose de nous fatiguer. Je veux dire que pour beaucoup que nous m&#233;ditions, pour beaucoup que nous nous pressurions jusqu'&#224; nous tirer des larmes cette eau ne vient pas de l&#224;. Dieu la donne &#224; qui il veut et souvent au moment o&#249; l'&#226;me y pense le moins. Nous sommes &#224; lui, mes s&#339;urs ! Qu'il fasse de nous ce qu'il voudra ! Qu'il nous conduise par la voie qui lui plaira ! Je crois bien que si nous nous humilions et nous d&#233;tachons vraiment, le Seigneur ne manquera pas de nous accorder cette faveur, et bien d'autres encore que nous ne saurions d&#233;sirer. Qu'il soit lou&#233; et b&#233;ni &#224; jamais ! Amen.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, quatri&#232;mes Demeures, chapitre II,9-10&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;C. D&#233;tachement&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. La n&#233;cessit&#233; du d&#233;tachement&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Vous remarquerez que la lumi&#232;re qui &#233;mane du Palais o&#249; est le Roi, n'&#233;claire encore qu'&#224; peine ces premi&#232;res Demeures, car bien qu'elles ne soient pas obscurcies et noires, comme c'est le cas pour l'&#226;me en &#233;tat de p&#233;ch&#233;, elles sont assez sombres pour que celui qui s'y trouve ne puisse voir de clart&#233;. Ce n'est pas que la salle ne soit pas &#233;clair&#233;e, mais toutes ces mauvaises couleuvres, ces vip&#232;res et ces choses venimeuses qui sont entr&#233;es avec lui ne lui permettent pas d'apercevoir la lumi&#232;re : comme celui qui, p&#233;n&#233;trant en un lieu o&#249; le ciel entre abondamment, aurait, sur les yeux, de la boue qui l'emp&#234;cherait de les ouvrir. La pi&#232;ce est claire, mais il n'en jouit pas, il est g&#234;n&#233;, et des choses comme ces fauves et ces b&#234;tes l'obligent &#224; fermer les yeux et &#224; ne voir qu'elles. Telle me semble la situation d'une &#226;me, qui, bien qu'elle ne soit pas en mauvais &#233;tat, est si m&#234;l&#233;e aux choses mondaines, si imbue de richesses, ou d'honneurs, ou d'affaires, que, bien qu'elle souhaiterait voir sa beaut&#233; et en jouir, elle n'y a pas acc&#232;s. Il ne semble pas qu'elle puisse se faufiler entre tant d'obstacles. Il est tr&#232;s utile, pour obtenir de p&#233;n&#233;trer dans les secondes Demeures, que chacun, selon son &#233;tat, t&#226;che de se d&#233;gager des choses et des affaires qui ne sont pas n&#233;cessaires. C'est d'une importance telle que j'estime impossible qu'on acc&#232;de jamais &#224; la Demeure principale sans commencer par l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, premi&#232;res Demeures, chapitre II,14&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. La mis&#233;ricorde de Dieu&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Ceux qui ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; faire oraison ont compris l'importances pour eux, de ne pas en rester aux premi&#232;res Demeures. Mais, souvent, ils ne sont pas encore assez d&#233;termin&#233;s &#224; ne pas y rester, ils ne s'&#233;loignent pas encore des occasions, ce qui est fort dangereux. Dieu leur fait une bien grande mis&#233;ricorde lorsqu'ils cherchent par instants &#224; fuir les couleuvres et choses venimeuses, et comprennent qu'il est bon de les fuir. /&#8230;/ Ils entendent les appels du Seigneur. Ils se rapprochent du s&#233;jour de Sa Majest&#233; : c'est un tr&#232;s bon voisin, et sa mis&#233;ricorde et sa bont&#233; sont si grandes que m&#234;me au milieu de nos passe-temps, de nos affaires, de nos plaisirs et des voleries du monde, m&#234;me lorsque nous tombons dans le p&#233;ch&#233;, et nous en relevons, ce Seigneur, malgr&#233; tout, appr&#233;cie tellement que nous l'aimions et recherchions sa compagnie qu'il ne manque pas, un jour ou l'autre, de nous appeler, pour nous inviter &#224; nous approcher de Lui. Cette voix est si douce que la pauvre &#226;me se consume de ne pouvoir faire imm&#233;diatement ce qu'il lui ordonne. /&#8230;/ Il s'agit de paroles de gens de bien, de sermons, de ce qu'on lit dans de bons livres, de beaucoup de choses que vous avez entendues, et qui sont un appel de Dieu, &#233;galement des maladies, des &#233;preuves, des v&#233;rit&#233;s aussi qu'il nous enseigne dans ces moments que nous consacrons &#224; l'oraison. Si paresseusement que vous vous y adonniez, Dieu prise cela tr&#232;s haut. Et vous, mes s&#339;urs, ne m&#233;prisez point cette premi&#232;re faveur, sans toutefois vous d&#233;soler lorsque vous ne r&#233;pondez pas imm&#233;diatement au Seigneur. Sa Majest&#233; sait bien attendre de longs jours, des ann&#233;es, en particulier quand elle voit en nous de bons d&#233;sirs et de la pers&#233;v&#233;rance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, deuxi&#232;mes Demeures, paragraphes 2-3&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3. Le combat spirituel&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Avec la pers&#233;v&#233;rance, on ne manque jamais de beaucoup gagner. Mais la batterie que fomentent sous mille formes les d&#233;mons est terrible, et bien plus p&#233;nible &#224; l'&#226;me que dans la demeure ant&#233;rieure. Les d&#233;mons proposent ces couleuvres que sont les choses du monde. Ils pr&#233;sentent ses joies comme &#233;tant &#233;ternelles, en quelque sorte. Ils nous font craindre de perdre l'estime dans laquelle nous tiennent nos amis et parents ou bien la sant&#233; lorsque nous faisons p&#233;nitence, et font ainsi surgir mille autres sortes d'obstacles. &#212; J&#233;sus ! Quel train m&#232;nent ici les d&#233;mons ! Quelle affliction est celle de la pauvre &#226;me qui ne sait si elle doit avancer ou retourner &#224; la premi&#232;re Demeure ! Car la raison lui montre alors qu'elle se leurre beaucoup si elle s'imagine que tout cela n'est rien, compar&#233; (au bonheur) qu'elle recherche. La foi l'instruit pourtant de ce qui lui est r&#233;serv&#233;. La m&#233;moire lui repr&#233;sente &#224; quoi aboutissent toutes ces joies mondaines. Elle lui rappelle la mort de ceux qui ont beaucoup joui de ces choses qu'elle a vues, dont quelques-uns, morts subitement, sont bient&#244;t oubli&#233;s de tous. Elle a vu fouler aux pieds ceux quelle avait connus en pleine prosp&#233;rit&#233;. Elle est pass&#233;e elle-m&#234;me sur leur s&#233;pulture. Elle a song&#233; que dans ce corps grouillaient beaucoup de vers, et tant d'autres choses que la m&#233;moire peut lui rappeler. La volont&#233; est alors port&#233;e &#224; aimer, lorsqu'elle a vu tant de marques d'amour et de choses innombrables, elle voudrait les payer de retour ; en particulier, il lui appara&#238;t que ce v&#233;ritable amant (le Christ) ne la quitte jamais, il l'accompagne, il lui donne la vie et l'&#234;tre. Aussit&#244;t, l'entendement accourt lui faire entendre qu'elle ne peut se faire un meilleur ami, quand elle vivrait bien des ann&#233;es ; que le monde entier est plein de fausset&#233; et ses plaisirs pleins de peines, de soucis, et de contrari&#233;t&#233;s. Elle comprend qu'elle est certaine de ne trouver ni s&#233;curit&#233;, ni paix hors de ce ch&#226;teau. Elle doit donc cesser d'aller dans des maisons &#233;trang&#232;res puisque la sienne regorge de biens, si elle veut bien en jouir. Qui donc pourrait trouver comme elle tout ce dont elle a besoin dans sa maison, en particulier un pareil h&#244;te, si elle ne veut pas se perdre comme l'enfant prodigue, et manger la nourriture des porcs ? (cf. Lc.15,16) Ce sont l&#224; des raisons pour vaincre les d&#233;mons. Mais, &#244; Seigneur et mon Dieu ! Les habitudes de la vanit&#233;, o&#249; tout le monde est engag&#233;, corrompent toutes choses ! La foi est si morte que nous pr&#233;f&#233;rons ce que nous voyons &#224; ce qu'elle nous dit. A la v&#233;rit&#233;, nous ne voyons pourtant qu'infortunes chez ceux qui poursuivent ces choses visibles. C'est le fait de ces choses venimeuses dont nous avons parl&#233; ; comme celui que mord une vip&#232;re est tout entier empoisonn&#233;, enfl&#233;, il en est de m&#234;me ici-bas, et nous ne nous en pr&#233;servons pas. &#201;videmment, de nombreux traitements seront n&#233;cessaires pour gu&#233;rir, et c'est d&#233;j&#224; une fort grande faveur de Dieu que de n'en pas mourir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, deuxi&#232;mes Demeures, paragraphes 3-5&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;4. Efficacit&#233; de la patience&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;_Que rien ne te trouble
_Que rien ne t'effraie
_Tout passe.
_Dieu ne change pas.
_La patience obtient tout.
_Celui qui a Dieu
_Ne manque de rien.
_Dieu seul suffit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Po&#233;sie n&#176;9&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Orienter son coeur</title>
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		<dc:creator>Fr. Antoine-Marie</dc:creator>



		<description>A. Entrer dans le ch&#226;teau 1. La porte d'entr&#233;e de ce ch&#226;teau est l'oraison Consid&#233;rons donc que ce ch&#226;teau a, comme je l'ai dit, nombre de demeures, les unes en haut, les autres en bas, les autres sur les c&#244;t&#233;s ; et au centre, au milieu de toutes, se trouve la principale, o&#249; se passent les choses les plus secr&#232;tes entre Dieu et l'&#226;me &#8230; On pourra dire que cela semble impossible, et qu'il est bon de ne pas scandaliser les faibles &#8230; Je sais que ceux qui n'y croiraient point n'en auront pas l'exp&#233;rience, car (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;A. Entrer dans le ch&#226;teau&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. La porte d'entr&#233;e de ce ch&#226;teau est l'oraison&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Consid&#233;rons donc que ce ch&#226;teau a, comme je l'ai dit, nombre de demeures, les unes en haut, les autres en bas, les autres sur les c&#244;t&#233;s ; et au centre, au milieu de toutes, se trouve la principale, o&#249; se passent les choses les plus secr&#232;tes entre Dieu et l'&#226;me &#8230; On pourra dire que cela semble impossible, et qu'il est bon de ne pas scandaliser les faibles &#8230; Je sais que ceux qui n'y croiraient point n'en auront pas l'exp&#233;rience, car Dieu tient beaucoup &#224; ce qu'on ne limite pas ses &#339;uvres. &#8230; Pour revenir &#224; notre bel et d&#233;licieux ch&#226;teau, nous devons voir comment nous pourrons y p&#233;n&#233;trer. J'ai l'air de dire une sottise : puisque ce ch&#226;teau est l'&#226;me, il est clair qu'elle n'a pas &#224; y p&#233;n&#233;trer, puisqu'il est elle-m&#234;me, tout comme il semblerait insens&#233; de dire &#224; quelqu'un d'entrer dans une pi&#232;ce o&#249; il serait d&#233;j&#224;. Mais vous devez comprendre qu'il y a bien des mani&#232;res diff&#233;rentes d'y &#234;tre. De nombreuses &#226;mes sont sur le chemin de ronde du ch&#226;teau, o&#249; se tiennent ceux qui le gardent, peu leur importe de p&#233;n&#233;trer l'int&#233;rieur, elles ne savent pas ce qu'on trouve en un lieu si pr&#233;cieux, ni qui l'habite, ni les salles qu'il comporte. Vous avez sans doute d&#233;j&#224; vu certains livres d'oraison conseiller &#224; l'&#226;me d'entrer en elle-m&#234;me. Or, c'est pr&#233;cis&#233;ment ce dont il s'agit. &#8230; Car autant que je puis le comprendre, la porte d'entr&#233;e de ce ch&#226;teau est l'oraison&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, premi&#232;res Demeures, extraits du chapitre I&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. Au centre, le Christ&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_486 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:281px;'&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L281xH350/teresac2-2-a3585.jpg' width='281' height='350' alt=&quot;Transverb&#233;ration de Th&#233;r&#232;se&quot; style='height:350px;width:281px;' /&gt; &lt;/span&gt; &#201;tant un jour &#224; r&#233;citer les Petites Heures avec la communaut&#233;, j'entrai tout &#224; coup dans un recueillement intime. Mon &#226;me tout enti&#232;re me semblait comme un clair miroir, sans revers, ni c&#244;t&#233;s, ni haut, ni bas qui ne f&#251;t tout resplendissant. Au centre d'elle-m&#234;me je vis le Christ, Notre Seigneur, sous la forme o&#249; il a coutume de m'appara&#238;tre. Je le voyais, ce me semble, tr&#232;s clairement dans toutes les parties de mon &#226;me, comme dans un miroir, et ce miroir, &#224; son tour, se repr&#233;sentait tout entier sous je ne sais quel mode dans ce m&#234;me Seigneur, par une communication toute d'amour qu'il me serait impossible de d&#233;peindre. /&#8230;/ Cette vision me semble avantageuse pour les personnes adonn&#233;es au recueillement int&#233;rieur. Elle leur apprend &#224; consid&#233;rer le Seigneur au plus intime de leur &#226;me. Par l&#224;, on s'attache davantage &#224; Lui, et l'on retire beaucoup plus de fruit qu'en le consid&#233;rant hors de soi, comme je l'ai d&#233;j&#224; dit &#224; diff&#233;rentes reprises. &#8230; Cette m&#233;thode est incomparablement la meilleure. Point n'est besoin d'aller au ciel, ni d'aller hors de nous-m&#234;mes. Ce serait se fatiguer et distraire l'&#226;me pour arriver &#224; un r&#233;sultat moins fructueux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Autobiographie, chapitre XL&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3. Regarder au-dedans de soi-m&#234;me&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Consid&#233;rez maintenant ce que dit votre Ma&#238;tre : &#171; Notre P&#232;re qui &#234;tes aux cieux &#187; Pensez-vous qu'il vous importe peu de savoir ce que c'est que le ciel, et o&#249; vous devez chercher votre P&#232;re infiniment saint ? Eh bien moi je vous dis que pour des esprits distraits, non seulement il importe beaucoup de croire cette v&#233;rit&#233;, mais encore d'y r&#233;fl&#233;chir beaucoup, car c'est l&#224; une des choses les plus propres &#224; fixer les pens&#233;es, et &#224; aider l'&#226;me &#224; se recueillir. Vous aurez entendu dire que Dieu est partout, et rien n'est plus vrai. Or il est &#233;vident que l&#224; o&#249; se trouve le Roi, on dit aussi que l&#224; est la cour. Par cons&#233;quent, l&#224; o&#249; est Dieu, l&#224; aussi est le ciel. Vous pouvez donc croire que l&#224; o&#249; est Sa Majest&#233;, l&#224; aussi est toute la gloire. &#8230; Pensez-vous qu'il importe peu &#224; une &#226;me qui a tendance &#224; se distraire, de comprendre cette v&#233;rit&#233; et de savoir qu'elle n'a pas besoin d'aller au ciel pour parler &#224; son P&#232;re &#201;ternel, et se d&#233;lecter avec lui ? Elle n'a pas besoin non plus de prier en criant tr&#232;s fort. Si bas qu'elle parle, il l'entendra. Elle n'a pas besoin d'ailes pour aller le chercher. Elle n'a qu'&#224; se mettre dans la solitude, regarder au-dedans d'elle-m&#234;me, et ne pas s'&#233;tonner d'y trouver un si bon h&#244;te. Qu'elle lui parle en toute humilit&#233; comme &#224; un p&#232;re, qu'elle lui adresse ses demandes comme &#224; un p&#232;re, qu'elle se r&#233;conforte aupr&#232;s de lui comme aupr&#232;s d'un p&#232;re, mais qu'elle comprenne qu'elle n'est pas digne qu'il soit son p&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le chemin de perfection XXVIII,1-2 texte Escorial, num&#233;rotation Valladolid&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt; B. Trouver une compagnie, le Christ J&#233;sus&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. Regarder le Christ&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_361 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:243px;'&gt; &lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L243xH350/teresab7-3d606.jpg' width='243' height='350' alt=&quot;La pri&#232;re de Th&#233;r&#232;se : Un dialogue d&amp;#39;amiti&#233; avec le Christ&quot; style='height:350px;width:243px;' /&gt; &lt;/span&gt; Pour prier comme il faut, vous devez /&#8230;/ trouver une compagnie. Mais quelle meilleure compagnie que celle du Ma&#238;tre lui-m&#234;me qui vous a enseign&#233; la pri&#232;re que vous allez r&#233;citer ? Imaginez que le Seigneur est tout pr&#233;s de vous, et regardez avec quel amour et avec quelle humilit&#233; il vous instruit. Croyez-moi, faites tout votre possible pour ne jamais vous s&#233;parer d'un si bon ami. Si vous vous habituez &#224; le garder pr&#232;s de vous, et s'il voit que vous le faites avec amour et que vous vous efforcez de le contenter, vous ne pourrez plus, comme on dit, vous en d&#233;barrasser. Il ne vous manquera jamais, il vous aidera dans toutes vos difficult&#233;s, il sera partout avec vous. Pensez-vous que ce soit peu de chose que d'avoir un tel ami &#224; vos c&#244;t&#233;s ? /&#8230;/ Je ne vous demande pas de penser &#224; lui, ni de forger quantit&#233; de concepts ou de tirer de votre esprit. Je ne vous demande que de le regarder. Qui peut vous emp&#234;cher de tourner les yeux de l'&#226;me, ne serait-ce qu'un instant si vous ne pouvez davantage, vers lui ? /&#8230;/ Mes filles, votre &#201;poux ne vous quitte jamais des yeux. Il a support&#233; de votre part mille choses laides et abominables, et ces offenses contre lui n'ont pas suffi pour qu'il d&#233;tourn&#226;t de vous ses regards. Est-ce donc beaucoup que vous d&#233;tourniez les yeux de l'&#226;me des choses ext&#233;rieures pour les porter quelquefois sur lui ? Songez, comme il le dit &#224; l'&#201;pouse, qu'il n'attend de vous qu'un regard ; vous le trouverez tel que vous le d&#233;sirerez. Il estime tant ce regard que, de son c&#244;t&#233;, il ne n&#233;gligera rien pour l'avoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le chemin de perfection XXVI,1-3 texte Escorial, num&#233;rotation Valladolid&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. Consid&#233;rer ce que nous devons au Christ&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&#8230;La porte d'entr&#233;e dans ce ch&#226;teau est l'oraison. Songer que nous devons entrer dans ce ch&#226;teau sans rentrer en nous-m&#234;me, nous conna&#238;tre, consid&#233;rer cette mis&#232;re, ce que nous devons &#224; Dieu, et sans lui demander souvent mis&#233;ricorde, c'est de la folie. Le Seigneur lui-m&#234;me le dit : &#171; Nul ne parviendra &#224; mon P&#232;re si ce n'est par moi &#187; (Jn.14,6). Je ne sais s'il le dit en ces termes, je crois que oui et &#171; Qui me voit, voit mon P&#232;re &#187; (Jn.14,9). Donc, si nous ne le regardons jamais, si nous ne consid&#233;rons pas ce que nous lui devons et la mort qu'il a subie pour nous, je ne sais comment nous pouvons le conna&#238;tre, ni agir &#224; son service. Car la foi sans les &#339;uvres, et sans que ces &#339;uvres tirent leur valeur des m&#233;rites de J&#233;sus-Christ, notre bien, quelle valeur peut-elle avoir ? Et qui nous excitera &#224; aimer ce Seigneur ? Plaise &#224; Sa Majest&#233; de nous faire comprendre tout ce que nous lui co&#251;tons, que le serviteur n'est pas plus que son Seigneur (cf. Mt 10,24), que nous devons travailler pour jouir de sa gloire, et qu'il nous est n&#233;cessaire pour cela de prier, afin de ne pas vivre toujours en tentations (cf. Mt 26,40).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, deuxi&#232;mes Demeures, paragraphe 11&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;C. Prier le Notre P&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. Le &#171; Notre P&#232;re &#187;, signe de l'amour de J&#233;sus pour nous&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&#8230; Restez donc aux c&#244;t&#233;s de votre Ma&#238;tre, bien r&#233;solues &#224; apprendre ce qu'il vous enseigne, et Sa Majest&#233; fera en sorte que vous deveniez de bonnes &#233;l&#232;ves. Elle ne vous quittera pas, si vous ne la quittez pas vous-m&#234;mes. Consid&#233;rez les paroles que prononce cette bouche divine, et d&#232;s la premi&#232;re, vous comprendrez l'amour qu'elle a pour nous. Or, pour un disciple, ce n'est pas un faible bien et une mince joie que de se savoir aim&#233; de son ma&#238;tre. /&#8230;/ &#171; Notre P&#232;re qui &#234;tes aux Cieux ! &#187; O Seigneur, comme vous vous r&#233;v&#233;lez P&#232;re d'un tel Fils, et comme votre Fils se r&#233;v&#232;le fils d'un tel P&#232;re ! Soyez &#224; jamais b&#233;ni ! Une faveur aussi haute, Seigneur, ne serait-elle pas mieux &#224; sa place &#224; la fin de l'oraison ? D&#232;s le d&#233;but vous emplissez nos mains, et nous accordez une si grande faveur qu'il serait bon que notre entendement en f&#251;t si rempli et notre volont&#233; tellement p&#233;n&#233;tr&#233;e qu'il nous devint impossible de prof&#233;rer une parole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le chemin de perfection XXVI,10-XXVII,1 texte Escorial, num&#233;rotation Valladolid&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. J&#233;sus donne tout d&#232;s le premier mot.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;O Fils de Dieu et mon Seigneur ! Comment, d&#232;s le premier mot, donnez-vous tant &#224; la fois ? &#8230; Comment nous donnez-vous encore, au nom de votre P&#232;re, tout ce qui peut &#234;tre donn&#233; en lui demandant qu'il nous regarde comme ses enfants ? Car votre parole ne peut se trouver en d&#233;faut, elle doit &#234;tre accomplie. Vous l'obligez &#224; l'accomplir, et ce n'est pas une petite charge. D&#232;s lors qu'il est notre P&#232;re, il doit nous supporter pour graves que soient nos offenses. Si nous nous tournons vers lui comme l'enfant prodigue, il doit nous pardonner, il doit nous consoler dans nos &#233;preuves comme il convient &#224; un tel P&#232;re, car il est forc&#233;ment meilleur que tous les p&#232;res qui sont ici- bas, puisqu'en lui r&#233;side tout bien parfait. Il doit nous ch&#233;rir, il doit nous nourrir, il a de quoi, nous rendre participants et nous faire coh&#233;ritiers avec vous. /&#8230;/ O bon J&#233;sus ! Comme vous avez montr&#233; clairement que vous ne faites qu'un avec votre P&#232;re, que votre volont&#233; est la sienne, et la sienne la v&#244;tre ! Quelle clart&#233; dans votre confession, &#244; mon Seigneur ! Qu'il est grand l'amour que vous avez pour nous ! /&#8230;/ Vous avez parl&#233; comme un Fils bien-aim&#233; et pour vous et pour tous, et que vous &#234;tes tout puissant pour accomplir au ciel ce que vous dites sur la terre. Soyez b&#233;ni &#224; jamais, &#244; mon Seigneur, vous qui aimez tant donner que rien ne peut vous arr&#234;ter !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le chemin de perfection XXVII,2-4 texte Escorial, num&#233;rotation Valladolid&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;D. Faire la volont&#233; de Dieu&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. Se mettre entre ses mains&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&#171; Que votre volont&#233; soit faite sur la terre comme au ciel ! &#187; Tous les conseils que je vous ai donn&#233;s dans ce livre n'ont qu'un but : celui de nous donner totalement au Cr&#233;ateur, de lui remettre notre volont&#233;, de nous d&#233;tacher des cr&#233;atures, et comme vous en aurez compris la grande importance, je n'insiste pas davantage. Je veux seulement vous dire pourquoi notre bon Ma&#238;tre place ici ces paroles. Il sait qu'il n'y a pas de plus grand gain pour nous que de rendre ce service &#224; son P&#232;re &#233;ternel, car par l&#224; nous nous disposons promptement &#224; arriver au terme du chemin, et &#224; boire l'eau vive de la source dont nous avons parl&#233;. Si nous ne nous donnons pas compl&#232;tement au Seigneur, et ne nous mettons pas entre ses mains pour qu'il prenne lui-m&#234;me soin de tout qui nous concerne, jamais il ne nous laissera boire &#224; cette source. Voil&#224; en quoi consiste la contemplation parfaite dont vous m'avez pri&#233;e de vous parler. Ici, nous n'intervenons d'aucune fa&#231;on, ni efforts, ni d&#233;ploiement d'habilet&#233;, rien de plus n'est n&#233;cessaire, car tout ce que nous voudrions faire nous g&#234;nerait et nous emp&#234;cherait de dire : &#171; Que votre volont&#233; soit faite ! &#187; Que votre volont&#233;, Seigneur, s'accomplisse en moi de toutes les fa&#231;ons et de toutes les mani&#232;res qu'il vous plaira, &#244; mon Seigneur ! &#8230; D&#232;s lors que votre Fils vous a donn&#233; ma volont&#233; en vous offrant celle de tous les hommes, je ne saurais, pour ma part, manquer d'honorer la promesse qu'il vous a faite en mon nom. Mais faites-moi la gr&#226;ce de me donner votre royaume, afin que je puisse accomplir votre volont&#233;, puisqu'il me l'a demand&#233;, et disposez de moi &#224; votre gr&#233;, comme d'une chose qui est v&#244;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le chemin de perfection XXXII,9.10 texte Escorial, num&#233;rotation Valladolid&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. Aimer Dieu et son prochain&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Le Seigneur ne nous demande que deux sciences : celles de l'amour de Sa Majest&#233; et du prochain, voil&#224; &#224; quoi nous devons travailler. Si nous les observons parfaitement, nous faisons sa volont&#233;, et ainsi nous lui serons unis. Mais, je l'ai d&#233;j&#224; dit, que nous sommes loin d'observer ces deux choses comme nous le devons &#224; un si grand Dieu ! Plaise &#224; Sa Majest&#233; de nous donner la gr&#226;ce de m&#233;riter de parvenir &#224; cet &#233;tat. Il est &#224; notre port&#233;e, si nous le voulons. Nous reconna&#238;trons, ce me semble, que nous observons bien ces deux choses, si nous observons bien celle d'aimer notre prochain : ce sera le signe le plus certain. Nous ne pouvons savoir si nous aimons Dieu, bien que d'importants indices nous fassent entendre que nous l'aimons, mais nous pouvons savoir, oui, si nous avons l'amour du prochain. Et soyez certaines que plus vous ferez de progr&#232;s dans cet amour-l&#224;, plus vous en ferez dans l'amour de Dieu, car l'amour de Sa Majest&#233; pour nous est si grand qu'en retour de celui que nous avons pour notre prochain il augmentera de mille mani&#232;res celui que nous avons pour Sa Majest&#233; : je ne puis en douter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, cinqui&#232;mes Demeures, chapitre III,7.8&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3. Un chemin de libert&#233;&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Les choses de l'&#226;me doivent toujours se consid&#233;rer dans la pl&#233;nitude, l'ampleur et la grandeur, on ne le dira jamais assez, elle est capable de beaucoup plus que ce que nous sommes capables de consid&#233;rer, et le soleil qui est dans ce palais se communique &#224; toutes ses parties. Il est tr&#232;s important que toute &#226;me qui s'adonne &#224; l'oraison, peu ou prou, ne soit ni traquer, ni opprim&#233;e. Laissez-la &#233;voluer dans ces demeures, du haut en bas et sur les c&#244;t&#233;s, puisque Dieu l'a dou&#233;e d'une si grande dignit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, premi&#232;res Demeures, chapitre II,8&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>S'engager &#224; prier</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr. Antoine-Marie</dc:creator>


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>A. Un ch&#226;teau &#224; construire 1. Dignit&#233; et beaut&#233; Consid&#233;rons notre &#226;me comme un ch&#226;teau fait tout entier d'un seul diamant ou d'un tr&#232;s clair cristal, o&#249; il y a beaucoup de chambres, de m&#234;me qu'il y a beaucoup de demeures au ciel (cf. Jn.14,2). Car &#224; bien y songer, mes s&#339;urs, l'&#226;me du juste n'est rien d'autre qu'un paradis o&#249; Il dit trouver ses d&#233;lices (cf. Pv.8,31). Donc, comment vous repr&#233;sentez-vous la chambre o&#249; un Roi si puissant, si sage, si pur, si empli de tous les biens, se d&#233;lecte ? Je ne vois rien (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt; A. Un ch&#226;teau &#224; construire&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. Dignit&#233; et beaut&#233;&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Consid&#233;rons notre &#226;me comme un ch&#226;teau fait tout entier d'un seul diamant ou d'un tr&#232;s clair cristal, o&#249; il y a beaucoup de chambres, de m&#234;me qu'il y a beaucoup de demeures au ciel (cf. Jn.14,2). Car &#224; bien y songer, mes s&#339;urs, l'&#226;me du juste n'est rien d'autre qu'un paradis o&#249; Il dit trouver ses d&#233;lices (cf. Pv.8,31). Donc, comment vous repr&#233;sentez-vous la chambre o&#249; un Roi si puissant, si sage, si pur, si empli de tous les biens, se d&#233;lecte ? Je ne vois rien qu'on puisse comparer &#224; la grande beaut&#233; d'une &#226;me et &#224; sa vaste capacit&#233;. Vraiment, c'est &#224; peine si notre intelligence, si aigu&#235; soit-elle, peut arriver &#224; le comprendre, de m&#234;me qu'elle ne peut arriver &#224; consid&#233;rer Dieu, puisqu'il dit lui-m&#234;me qu'il nous a cr&#233;&#233;s &#224; son image et &#224; sa ressemblance (cf. Gn.1,26). Or, s'il en est ainsi, et c'est un fait, nous n'avons aucune raison de nous fatiguer &#224; chercher &#224; comprendre la beaut&#233; de ce ch&#226;teau. &#8230; Il suffit donc que Sa Majest&#233; dise que l'&#226;me est faite &#224; son image pour qu'il nous soit difficile de concevoir sa grande dignit&#233; et sa beaut&#233;. &quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#226;teau int&#233;rieur, premi&#232;res Demeures, d&#233;but du chapitre I&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. Audace du d&#233;sir&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Ayons une grande confiance, car convient beaucoup de ne pas minimiser nos d&#233;sirs, mais, comme Dieu nous l'a dit, de croire que si nous prenons courage, nous obtiendrons peu &#224; peu, m&#234;me si cela n'est pas imm&#233;diat, ce que de nombreux saints atteignent avec sa faveur ; car si jamais ils ne s'&#233;taient d&#233;termin&#233;s &#224; le d&#233;sirer et, peu &#224; peu, &#224; se mettre &#224; &#339;uvre, ils n'auraient pas atteint un &#233;tat si &#233;lev&#233;. Sa Majest&#233; veut des &#226;mes courageuses. Elle est leur amie, &#224; condition qu'elles vivent dans l'humilit&#233;, sans nulle confiance elles-m&#234;mes. Jamais je n'ai vu l'une d'elles rester au bas du chemin, ni une &#226;me qui cache sa l&#226;chet&#233; sous de l'humilit&#233; faire en de longues ann&#233;es autant de chemin que les autres en peu de temps. Je m'&#233;merveille de voir combien il importe, dans cette voie, d'entreprendre vaillamment de grandes choses. Quand elle manquerait de force dans l'imm&#233;diat, l'&#226;me prend son vol et monte tr&#232;s haut, m&#234;me si, comme l'oiselet au maigre plumage, elle se fatigue, et ralentit. J'ai eu nagu&#232;re souvent pr&#233;sent &#224; l'esprit ce que dit saint Paul, que nous pouvons tout en Dieu. Je comprenais bien que par moi-m&#234;me je ne pouvais rien. Cela me fut tr&#232;s utile, avec ce que dit saint Augustin : &#171; Donne-moi, Seigneur ce que tu ordonnes, et ordonne-moi ce que tu veux. &#187; Je me rappelais souvent que saint Pierre n'a rien perdu &#224; se jeter &#224; la mer, malgr&#233; la peur qu'il eut ensuite. Ces premi&#232;res r&#233;solutions sont une grande chose&#8230;, mais l'humilit&#233; doit toujours &#234;tre premi&#232;re, afin de comprendre que nous ne trouverons pas ces forces en nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Autobiographie XIII,2-3&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3. Dieu en nous&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Essayez de r&#233;aliser qu'il y a au-dedans de vous un palais d'un prix infini, tout b&#226;ti d'or et de pierres pr&#233;cieuses, digne, enfin, d'un si grand Seigneur, et croyez, car c'est la v&#233;rit&#233;, que vous pouvez beaucoup pour que l'&#233;difice soit d'un prix tr&#232;s &#233;lev&#233; : y a-t-il plus bel &#233;difice qu'une &#226;me pure et pleine de vertus ? Plus celles-ci sont grandes, plus les pierres resplendissent. Enfin, songez que dans ce palais habite ce grand Roi qui a daign&#233; &#234;tre votre P&#232;re, et qu'il se tient sur un tr&#244;ne du plus haut prix : votre c&#339;ur. /&#8230;/ Mais quoi de plus merveilleux que de voir celui qui remplirait mille mondes de sa grandeur s'enfermer dans une si petite chose ! C'est ainsi qu'il a voulu demeurer dans le ventre de sa Tr&#232;s Sainte M&#232;re, Comme il est le Seigneur, il porte en lui la libert&#233;, et comme il nous aime, il se fait &#224; notre mesure. Quand une &#226;me commence dans cette voie, il ne se fait pas conna&#238;tre, de peur qu'elle ne se trouble en se voyant si petite pour contenir quelque chose de si grand, mais, petit &#224; petit, tout doucement, il &#233;largit cette &#226;me &#224; la mesure de ce qu'il met en elle. C'est pourquoi je dis qu'il porte en lui la libert&#233;, car il a le pouvoir d'agrandir ce palais.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le chemin de perfection XXVIII,9-11 texte Escorial, num&#233;rotation Valladolid&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;B. Un voyage &#224; entreprendre&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1. Une d&#233;termination tr&#232;s d&#233;termin&#233;e d'arriver&lt;/h3&gt;
&lt;dl class='spip_document_357 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:243px;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L243xH350/teresab2-2fb61.jpg' width='243' height='350' alt=&quot;Th&#233;r&#232;se d&amp;#39;Avila en pri&#232;re&quot; style='height:350px;width:243px;' /&gt;&lt;/dt&gt; &lt;dd class=&quot;crayon document-titre-357 spip_doc_titre&quot; style=&quot;width:243px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;r&#232;se d'Avila en pri&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/dd&gt; &lt;/dl&gt; &lt;p&gt; Ne vous &#233;tonnez pas, mes filles, des nombreuses choses qu'il faut observer pour commencer ce voyage divin et parcourir le chemin royal qui conduit au ciel. En le suivant, on gagne un grand tr&#233;sor. A notre avis, peu importe si cela nous co&#251;te cher. Un temps viendra o&#249; vous comprendrez combien tout cela n'est rien compar&#233; au prix inestimable de ce que vous aurez acquis. Revenons maintenant &#224; ceux qui d&#233;sirent aller par ce chemin et ne pas s'arr&#234;ter avant le terme qui consiste &#224; boire de cette eau de vie. Comment doivent-ils commencer ? Je dis qu'il est tr&#232;s important et m&#234;me capital d'avoir une grande et tr&#232;s d&#233;termin&#233;e d&#233;termination de ne pas s'arr&#234;ter avant d'&#234;tre arriv&#233; &#224; cette source quoiqu'il arrive ou puisse survenir, quelques soient les efforts &#224; faire, les critiques &#224; supporter, que l'on doive arriver au terme ou mourir en chemin, que nous puissions manquer de courage pour supporter les &#233;preuves de la route ou que le monde s'&#233;croule, comme on nous le dit tr&#232;s souvent : &#171; ce chemin est plein de dangers &#187;, &#171; une telle s'y est perdue &#187;, &#171; celui-ci s'est &#233;gar&#233; &#187;, &#171; tel autre qui priait beaucoup est tomb&#233; &#187;, &#171; ils font tort &#224; la vertu &#187;, &#171; cela ne convient pas aux femmes si sujettes aux illusions &#187;, &#171; mieux vaudrait qu'elles filent &#187;, &#171; elles n'ont pas besoin de ces subtilit&#233;s &#187;, &#171; le Pater noster et l'Ave maria leur suffisent &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le chemin de Perfection XXI,1-2&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2. Une libert&#233; profonde quant aux al&#233;as du voyage&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&#171; Notez bien ceci, car je parle d'exp&#233;rience : l'&#226;me qui s'engage r&#233;solument dans cette voie de l'oraison mentale, et qui peut obtenir d'elle-m&#234;me de ne pas faire grand cas, &#8230; de ce que ces plaisirs et ces tendresses (spirituelles) lui fassent d&#233;faut, doit savoir qu'elle a d&#233;j&#224; couvert une grande partie du chemin. Elle n'a donc pas &#224; craindre de retourner en arri&#232;re, quand bien m&#234;me elle tr&#233;bucherait beaucoup, car l'&#233;difice est fond&#233; sur des bases solides. Oui, l'amour de Dieu ne consiste pas dans les larmes ni dans ces saveurs et tendresses que nous d&#233;sirons souvent pour notre consolation, mais dans le fait de servir Dieu avec Justice, force d'&#226;me et humilit&#233;. Sinon, ce serait recevoir, ce me semble, plut&#244;t que donner nous-m&#234;me quelque chose. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Autobiographie XI,13&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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