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	<title>Carmel en France</title>
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		<title>Carmel en France</title>
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		<title>Guide de lecture de la Vida</title>
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&lt;p&gt;Introduction En nous mettant &#224; lire le Livre de la Vida de Sainte Th&#233;r&#232;se, notre attitude n'est pas celle de la pure curiosit&#233; ou de la simple obligation. Nous prenons conscience de nous trouver en face d'un livre qui nous engage et raconte des faits qui nous impliquent ; ce qui est racont&#233; dans la Vida peut devenir le r&#233;cit de ce que nous portons et qui peut nous arriver. La Vida peut se lire d'une &#8220;mani&#232;re participative&#8221;, parce que la Madre a propos&#233; son histoire personnelle comme un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Le-livre-de-la-Vie-.html" rel="directory"&gt;Le Livre de la Vie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	En nous mettant &#224; lire le Livre de la Vida de Sainte Th&#233;r&#232;se, notre attitude n'est pas celle de la pure curiosit&#233; ou de la simple obligation. Nous prenons conscience de nous trouver en face d'un livre qui nous engage et raconte des faits qui nous impliquent ; ce qui est racont&#233; dans la Vida peut devenir le r&#233;cit de ce que nous portons et qui peut nous arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La Vida peut se lire d'une &#8220;mani&#232;re participative&#8221;, parce que la Madre a propos&#233; son histoire personnelle comme un chemin d'exp&#233;rience pour les autres. La mani&#232;re dont elle s'est conduite ou mieux, dont elle s'est laiss&#233; conduire, trace un chemin adapt&#233; pour notre propre aventure int&#233;rieure et nous achemine vers la rencontre pl&#233;ni&#232;re avec Dieu. Elle le dit explicitement lorsqu'elle affirme son intention d'&#233;crire afin &#171; de s&#233;duire les &#226;mes par les attraits d'un bien si &#233;lev&#233; &#187; (V 18, 8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette confession th&#233;r&#233;sienne spontan&#233;e nous donne la cl&#233; de lecture qui guide notre approche du Livre de la Vida et que nous constatons dans tous ses &#233;crits : Sainte Th&#233;r&#232;se est m&#233;diatrice d'une Pr&#233;sence active, la pr&#233;sence de Dieu. Elle favorise la rencontre personnelle, non seulement avec elle, mais aussi avec son interlocuteur divin. Lorsque Th&#233;r&#232;se parle de Dieu, elle le fait toujours devant lui, Coram Deo, afin qu'il apparaisse et se manifeste par lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, une lecture re&#231;ue et ressentie comme le vivait son premier &#233;diteur Fray Luis de L&#233;on : &#171; Ainsi chaque fois que je les lis [les &#233;crits th&#233;r&#233;siens], je suis de nouveau dans l'admiration, dans de nombreux passages, je n'&#233;coute pas le g&#233;nie de l'homme et je ne peux douter que l'Esprit-Saint parle en elle par bien des fa&#231;ons. Il conduit sa plume et sa main. Ainsi, se manifeste la lumi&#232;re dans les choses obscures et le feu s'allume par ses paroles dans le c&#339;ur qui les lit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sentiment et cette conviction se multiplient pour ses fils et filles : comme carmes et carm&#233;lites, nous sommes appel&#233;s d'une mani&#232;re particuli&#232;re &#224; trouver notre v&#233;rit&#233;, la V&#233;rit&#233; dans les pages de ce &#8220;livre vivant&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	De nombreux fr&#232;res et s&#339;urs t&#233;moignent explicitement de cette exp&#233;rience en nous racontant leur vocation ou leur conversion, fruit de leur rencontre avec Th&#233;r&#232;se ou avec J&#233;sus, chemin, v&#233;rit&#233; et vie. Cela a &#233;t&#233; possible gr&#226;ce &#224; la lecture des &#339;uvres et particuli&#232;rement du Livre de la Vida (depuis Fran&#231;ois de Sainte Marie Pulgar et Thomas de J&#233;sus au XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, jusqu'&#224; Th&#233;r&#232;se B&#233;n&#233;dicte de la Croix au XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi, les Constitutions des carmes d&#233;chaux nous le rappellent : &#171; Le commencement de notre famille au sein du Carmel et le sens profond de notre vocation sont &#233;troitement li&#233;s &#224; la vie spirituelle et au charisme de Sainte Th&#233;r&#232;se et surtout aux gr&#226;ces mystiques sous l'impulsion desquelles elle con&#231;ut le projet de renouveler le Carmel &#187; (Const. n&#176; 5 et cf. les Constitutions des carm&#233;lites d&#233;chauss&#233;es au n&#176; 4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si nous voulons faire une lecture vraiment fructueuse, n'oublions pas ce que nous a dit N. P. G&#233;n&#233;ral dans le document capitulaire &#8220;Pour Vous je suis n&#233;e&#8221; : &#171; &#192; peine avons-nous ouvert le volume des &#339;uvres de sainte Th&#233;r&#232;se, que nous tombons sur l'extraordinaire prologue du Livre de la Vie, dans lequel elle avertit le lecteur de ne pas oublier la partie obscure de sa personne dont il ne lui est pas permis de parler, car il lui est seulement permis d'&#233;crire sur sa fa&#231;on de prier et sur les gr&#226;ces re&#231;ues. C'est une d&#233;claration qui nous met imm&#233;diatement en dehors du style hagiographique conventionnel et qui nous ram&#232;ne &#224; l'authenticit&#233; d'une vie chr&#233;tienne en &#233;tat continuel de conversion. Si Th&#233;r&#232;se &#233;crit cela, c'est pr&#233;cis&#233;ment pour que personne ne se sente exclu de la possibilit&#233; de parcourir son chemin et de recevoir des gr&#226;ces semblables &#224; celles qu'elle a exp&#233;riment&#233;es. Mais si entre nous et Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus, entre notre v&#233;rit&#233; et sa v&#233;rit&#233;, se dresse une barri&#232;re faite de st&#233;r&#233;otypes, r&#233;pondant, plus qu'&#224; l'histoire r&#233;elle de Th&#233;r&#232;se, aux canons d'une certaine hagiographie ou d'une certaine th&#233;ologie spirituelle, l'&#233;coute de ses paroles ne pourra pas devenir pour nous source de renouveau salutaire, et risque de se changer en un pieux exercice dont nous pourrons, tout au plus, tirer des consid&#233;rations &#224; teneur moralisante ou spiritualisante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Le Livre de la Vida&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Ce &#8220;livre vivant&#8221; est un des premiers de la Sainte. Il n'a pas re&#231;u de titre comme tel, en effet, les biblioth&#233;caires de l'Escorial lui en donn&#232;rent un qui nous a &#233;t&#233; transmis jusqu'&#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	De toutes ses &#339;uvres, la Vida est la plus longue et Sainte Th&#233;r&#232;se se pr&#233;sente &#224; nous comme &#233;crivain. Il s'agit d'un &#233;crit profond, saisissant, d'une r&#233;v&#233;lation authentique de son &#226;me, au point qu'elle-m&#234;me l'appelle ainsi : mon &#226;me (Lettre &#224; Luisa de la Cerda, 23 juin 1568, 3 ; V 16, 6 ; V &#233;pilogue, 4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sainte Th&#233;r&#232;se a fait dans ce livre un effort syst&#233;matique -le premier dans l'histoire de la pens&#233;e et de la litt&#233;rature- pour d&#233;verser en ces pages la totalit&#233; de sa personne, en sorte que les critiques litt&#233;raires le consid&#232;rent comme le livre le plus personnel de toute la litt&#233;rature espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sainte Th&#233;r&#232;se ne pr&#233;tend pas seulement &#233;crire une autobiographie, mais aussi raconter sa vie au lecteur comme une histoire de salut, comme un espace de rencontre avec Dieu. La Sainte nous raconte la mani&#232;re dont Dieu a pris l'initiative dans sa vie, en l'attendant (V, prologue) et en la transformant patiemment. Ainsi, le Livre de la Vida relate l'intervention de Dieu dans la vie de cette femme qu'est Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus, et invite le lecteur &#224; donner l'occasion &#224; Dieu de diriger sa propre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bien qu'&#233;crite en diverses p&#233;riodes (1562-1565), il s'agit d'une &#339;uvre tr&#232;s pens&#233;e, avec une structure bien d&#233;finie, alternant la narration de faits biographiques et l'expos&#233; de caract&#232;re doctrinal. Ce rythme entre le narratif et le didactique est une caract&#233;ristique tr&#232;s particuli&#232;re de l'&#233;crivain et un trait commun de tous ses &#233;crits. Narratrice exceptionnelle, elle ne se limite pas &#224; transmettre une chronique, mais port&#233;e par une ardeur communicative, elle pr&#233;f&#232;re guider spirituellement, faisant de la narration biographique une rampe de lancement pour l'enseignement doctrinal, cherchant que l'on accueille plus ses paroles que les r&#233;ponses qui en d&#233;coulent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. La structure du livre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le livre est &#233;crit en 40 chapitres avec cinq sections th&#233;matiques diff&#233;rentes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Section I.&lt;/strong&gt; La premi&#232;re partie du livre embrasse les chapitres 1 &#224; 9, dans lesquels Sainte Th&#233;r&#232;se fait un portrait autobiographique de 40 ans d'existence, depuis l'enfance jusqu'au commencement fondateur de son exp&#233;rience mystique. Tout au long du r&#233;cit, Th&#233;r&#232;se semble se d&#233;doubler en deux sujets : le narrateur et le personnage ; le narrateur devient Th&#233;r&#232;se &#233;crivain, tandis que le personnage est l'acteur des faits que Th&#233;r&#232;se relate. La section fait entrer dans un drame croissant au cours duquel le lecteur se voit enti&#232;rement impliqu&#233;, jusqu'au moment de la conversion de Sainte Th&#233;r&#232;se. C&#8216;est l'&#233;v&#233;nement-cl&#233; de sa vie avec un avant et un apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Section II.&lt;/strong&gt; Apr&#232;s le chapitre 10, qui fait la transition, au cours des chapitres 11 &#224; 22, l'&#233;crivain fait un expos&#233; pr&#233;cis des quatre degr&#233;s d'oraison &#224; l'aide d'une image all&#233;gorique : les quatre mani&#232;res d'arroser le jardin, qui correspondent &#224; l'oraison m&#233;ditative (ch. 11-13), l'oraison de recueillement infus et de qui&#233;tude (ch. 14-15), l'oraison du sommeil des puissances (ch. 16-17) et l'oraison d'union (ch. 18-21). Le chapitre 22 r&#233;sume et couronne tout l'itin&#233;raire spirituel avec la m&#233;diation irrempla&#231;able de J&#233;sus-Christ, &#171; par qui nous vient tous les biens &#187; (V 22, 7). Cette section nous pr&#233;pare &#224; mieux comprendre la vie nouvelle qu'elle a exp&#233;riment&#233;e depuis son entr&#233;e dans la vie mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Section III.&lt;/strong&gt; Entre le chapitre 23 et le chapitre 31, l'auteur revient au r&#233;cit autobiographique d'une mani&#232;re diff&#233;rente de la premi&#232;re section. Maintenant, la distance dont nous avons parl&#233; entre le narrateur et le personnage se r&#233;duit au minimum. Refluant ensemble vers une m&#234;me identit&#233;, elle a depuis le d&#233;but une expression et une exp&#233;rience semblable &#224; celle de Saint Paul : &#171; C'est maintenant un nouveau livre qui commence, je veux dire une nouvelle vie. Celle que j'ai racont&#233;e tout d'abord &#233;tait ma vie ; celle o&#249; j'ai commenc&#233; ensuite &#224; parler des divers &#233;tats d'oraison est, si je ne me trompe, la vie de Dieu en moi &#187; (V 23,1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Section IV. &lt;/strong&gt; La quatri&#232;me partie s'&#233;coule entre les chapitres 32 et 36 o&#249; apparemment le r&#233;cit de sa vie est d&#233;tourn&#233; par des faits ext&#233;rieurs : La fondation de Saint Joseph d'Avila. Mais selon l'auteur, l'&#233;v&#233;nement et sa chronologie sont le fruit et l'effet de son exp&#233;rience mystique devenue source de vie pour les autres. Son histoire personnelle de salut s'ench&#226;sse dans l'Histoire du Salut. Avec le groupe des premi&#232;res qui l'ont suivie, Sainte Th&#233;r&#232;se se dispose &#224; servir le Christ et son Eglise &#224; Saint Joseph d'Avila. Les gr&#226;ces re&#231;ues se r&#233;v&#232;lent non comme un privil&#232;ge particulier dont elle jouit personnellement, mais comme un don pour l'Eglise, dont tous pourront b&#233;n&#233;ficier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Section V. &lt;/strong&gt; Cette section est constitu&#233;e des derniers chapitres de la Vida, du chapitre 37 au chapitre 40, au cours desquels Sainte Th&#233;r&#232;se, aid&#233;e par le P. Garcia de Toledo revient &#224; la narration autobiographique pour compl&#233;ter la troisi&#232;me partie avec ce qu'elle est en train de vivre. Par contraste avec les peurs et les perplexit&#233;s d'alors, on trouve ici un sentiment de s&#233;r&#233;nit&#233; et de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure qui la porte &#224; raconter de nouvelles exp&#233;riences avec une conviction absolue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Des pistes pour une lecture r&#233;fl&#233;chie de ces sections&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Section I.&lt;/strong&gt; Th&#233;r&#232;se nous parle d'elle, en v&#233;rit&#233; : sa famille, sa vie d'enfant, d'adolescente et de jeune, sa vocation, sa rencontre avec la vie carm&#233;litaine, etc. Mais avant tout, Sainte Th&#233;r&#232;se nous parle de Dieu, de l'action de Dieu en elle, d'un Dieu dynamique et actif qui fait tout pour s'approcher de l'homme, en s'abaissant pour partager sa vie et la transformer en d&#233;passant les crises. Fond&#233;e sur son exp&#233;rience personnelle, Th&#233;r&#232;se nous enseigne que Dieu est une pr&#233;sence positive, qui am&#233;liore la personne, fait cro&#238;tre ses bons d&#233;sirs et pardonne ses fautes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour montrer d'une mani&#232;re plus claire, la grandeur de Dieu et son d&#233;sir in&#233;puisable de transformer la personne, Th&#233;r&#232;se se pr&#233;sente elle-m&#234;me comme une ingrate et r&#233;sistante &#224; l'action divine. Cependant, il ne s'agit pas d'une vision pessimiste ou n&#233;gative de la personne humaine ; sainte Th&#233;r&#232;se pr&#233;tend seulement mettre en relief l'incomparable initiative de Dieu et nous faire voir que l'action de Dieu ne d&#233;pend pas de nos m&#233;rites, m&#234;me s'il estime nos bonnes intentions, mais uniquement et exclusivement de sa mis&#233;ricorde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Section II.&lt;/strong&gt; L'oraison est le milieu privil&#233;gi&#233; de rencontre entre Dieu et la personne humaine dans lequel se r&#233;alise le miracle de la transformation. Dieu s'assoit &#224; la table de l'homme et de la femme, aime se promener avec eux pour leur communiquer sa propre nature. De notre part, cela exige, &#224; l'int&#233;rieur du climat d'oraison, une attitude d&#233;tach&#233;e et amoureuse ; l'oraison n'est pas une pratique o&#249; l'on se recherche soi-m&#234;me ou des consolations spirituelles, mais la porte o&#249; l'action de Dieu a son propre rythme, diff&#233;rent de celui que nous avons. L&#224;, il nous d&#233;couvrira son amiti&#233; et son amour en prenant les r&#234;nes de nos vies. J&#233;sus-Christ dans sa sainte humanit&#233; joue un r&#244;le irrempla&#231;able dans ce processus : en lui, nous sommes sauv&#233;s et par lui Dieu nous donne toutes les gr&#226;ces n&#233;cessaires pour notre transformation &#224; son image ; l'abandonner c'est fermer la porte &#224; un progr&#232;s quelconque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Section III.&lt;/strong&gt; Dans cette section, Dieu se fait encore plus le guide de la vie de Th&#233;r&#232;se, qui entre dans une vie nouvelle. Comme cela est arriv&#233; &#224; Th&#233;r&#232;se, nous pouvons &#234;tre surpris de d&#233;couvrir Dieu aussi proche, aussi amoureux, donnant des gr&#226;ces constantes aux personnes qu'il aime. Quand l'amour s'imposera totalement, alors les doutes s'ach&#232;veront et nous pourrons nous mouvoir en harmonie avec Dieu qui devient le centre, la racine, et l'objectif unique de l'homme et de la femme. Les gr&#226;ces re&#231;ues par Th&#233;r&#232;se (visions, locutions, etc.), aussi importantes soient-elles, ne constituent pas l'essentiel de l'exp&#233;rience mystique. L'essentiel demeure dans l'enseignement que l'on en re&#231;oit et l'approfondissement de cette exp&#233;rience de communion avec un Dieu proche et aimant. En Th&#233;r&#232;se on verra constamment les fruits de ses exp&#233;riences mystiques : richesse personnelle, changement moral, croissance dans l'amour de Dieu et du prochain, l'humilit&#233;, le refus du mal, etc. En face de ce panorama riche de multiples gr&#226;ces apparaissent les &#233;preuves, les tentations, les refus, les incompr&#233;hensions et les duret&#233;s. On n'arrive pas &#224; la perfection en peu de temps, ce n'est pas un chemin exempt de difficult&#233;s, internes et externes. Avant tout, la Sainte demandera de faire attention au d&#233;couragement caus&#233; par sa propre faiblesse : il n' y a pas d'autre issue que de se confier au Seigneur et de prendre patience avec soi-m&#234;me ; ne pas se lasser, esp&#233;rer dans le Seigneur, pers&#233;v&#233;rer dans l'oraison et faire le maximum pour que chacun puisse rendre r&#233;els ses d&#233;sirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Section IV. &lt;/strong&gt; Le Seigneur ne donne pas uniquement pour soi. Nous faisons partie de la communaut&#233; humaine et nous appartenons &#224; l'Eglise. Nous sommes au milieu de cette communaut&#233; comme la lumi&#232;re qui &#233;claire et comme une ville au-dessus d'une montagne, levure et ferment pour une soci&#233;t&#233; qui prend le risque de se d&#233;tourner de Dieu. Mais celui-ci met la marque de sa main dans notre histoire comme une marque de salut ; ainsi &#224; travers Th&#233;r&#232;se qu'il pousse &#224; fonder Saint Joseph d'Avila. De la m&#234;me fa&#231;on, Dieu pose sa main sur nous pour nous inviter &#224; laisser de c&#244;t&#233; tout projet personnel et embrasser en son nom ce qui nous para&#238;t incompr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Section V.&lt;/strong&gt; Comme communaut&#233;, nous contemplons avec Th&#233;r&#232;se les merveilles r&#233;alis&#233;es par Dieu qui continue de faire na&#238;tre des espaces d'oraison, de pauvret&#233; et de fraternit&#233;. Nous regardons notre communaut&#233; et nous essayons de l'&#233;difier selon le r&#234;ve th&#233;r&#233;sien devenu r&#233;alit&#233; &#224; Saint Joseph d'Avila. Nous sommes invit&#233;s par la Madre &#224; nous d&#233;p&#234;cher pour servir sa Majest&#233; et le laisser r&#233;aliser en nous et par nous des miracles dont elle t&#233;moigne dans le &#8220;Livre de sa Vie&#8221; : &#171; Telle est la vie que je m&#232;ne actuellement, mon seigneur et mon p&#232;re. [P. Garcia de Toledo]. Veuillez demander vous-m&#234;mes &#224; Dieu ou qu'il m'appelle &#224; lui ou qu'il m'accorde la gr&#226;ce de le servir &#187; (V 40, 23).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La pratique de l'Oraison</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/La-pratique-de-l-Oraison.html</link>
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		<dc:date>2010-04-16T09:41:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;LA PRATIQUE DE L'ORAISON &#8220;Devenir serviteur de l'Amour&#8221; (V 11,1) &#171; Parlons maintenant de ceux qui commencent &#224; &#234;tre les esclaves de l'amour, car tel est, selon moi, l'heureux sort des &#226;mes qui se d&#233;terminent &#224; suivre, par le chemin de l'oraison, Celui qui nous a tant aim&#233;s &#187; (V 11,1). I / Le fondement &#233;vang&#233;lique de l'oraison En nous invitant &#224; faire oraison, &#224; &#8220;&#234;tre oraison&#8221;, Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus nous invite d'une certaine mani&#232;re &#224; imiter le Christ J&#233;sus lui-m&#234;me : &#171; Or la nouvelle se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Le-livre-de-la-Vie,315-.html" rel="directory"&gt;Fiches et conf&#233;rences&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA PRATIQUE DE L'ORAISON&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8220;Devenir serviteur de l'Amour&#8221; (V 11,1)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Parlons maintenant de ceux qui commencent &#224; &#234;tre les esclaves de l'amour, car tel est, selon moi, l'heureux sort des &#226;mes qui se d&#233;terminent &#224; suivre, par le chemin de l'oraison, Celui qui nous a tant aim&#233;s &#187; (V 11,1).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;I / Le fondement &#233;vang&#233;lique de l'oraison &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	En nous invitant &#224; faire oraison, &#224; &#8220;&#234;tre oraison&#8221;, Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus nous invite d'une certaine mani&#232;re &#224; imiter le Christ J&#233;sus lui-m&#234;me : &#171; Or la nouvelle se r&#233;pandait de plus en plus &#224; son sujet, et des foules nombreuses s'assemblaient pour l'entendre et se faire gu&#233;rir de leur maladie. Mais lui [J&#233;sus] se tenait retir&#233; dans les d&#233;serts et priait &#187; (Lc 5, 15-16).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans le d&#233;but de ce chapitre 5, J&#233;sus enseigne la foule, puis il appelle les quatre premiers disciples enfin il gu&#233;rit un l&#233;preux. Et Luc nous donne ce petit sommaire des versets 15-16. J&#233;sus fait le choix d'arr&#234;ter deux activit&#233;s importantes : l'annonce de la Parole et la gu&#233;rison des malades, pour une &#8220;activit&#233;&#8221; plus importante encore : la pri&#232;re. J&#233;sus cesse de &#8220;faire&#8221; pour &#8220;&#234;tre&#8221; avec son P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Prendre le temps de l'oraison, c'est prendre le temps de laisser des activit&#233;s qui peuvent &#234;tre bonnes, tr&#232;s bonnes m&#234;me, pour &#234;tre avec Dieu, pour se laisser aimer. C'est un temps gratuit donn&#233; &#224; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est pourquoi, il est important de changer de lieu pour faire oraison. Si possible changer de pi&#232;ce, pour couper avec mes activit&#233;s pr&#233;c&#233;dentes. Si ce n'est pas possible, simplement changer de si&#232;ge&#8230; Poser un acte qui me dit &#224; moi-m&#234;me que je change de registre&#8230; Cela reste &#224; trouver, &#224; inventer par chacun dans le concret de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;II / L'oraison, un acte th&#233;ologal&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	Faire oraison, c'est non seulement quitter, cesser ces activit&#233;s, mais c'est vivre &#224; un niveau th&#233;ologal. C'est mettre en &#339;uvre la Foi, l'Esp&#233;rance et la Charit&#233;. Croire en la pr&#233;sence aimante et agissante de Dieu que je viens rencontrer dans la pri&#232;re au-del&#224; de ce que je sens ou ressens. Esp&#233;rer en la r&#233;alisation des promesses de Dieu qui en son Fils unique veut faire de moi son enfant bien-aim&#233;. L'Esp&#233;rance nous aide &#224; traverser le temps, la dur&#233;e&#8230; Aimer Celui dont nous savons qu'il nous aime. Contempler l'amour, car &#171; l'amour attire l'amour &#187;. Venir lui tenir compagnie par amour pour lui, gratuitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Prendre conscience que cette rencontre avec Dieu ne peut se vivre que dans la Foi, l'Esp&#233;rance et la Charit&#233;. Il nous faut plonger au niveau th&#233;ologal (y replonger quand notre sensibilit&#233; reprend le dessus).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;III / Le concret de l'oraison &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	Il faut &#8220;choisir&#8221; de faire oraison. Il faut d&#233;cider de cesser ces activit&#233;s pour une activit&#233; plac&#233;e sur un autre registre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il peut &#234;tre utile d'avoir un &#8220;coin pri&#232;re&#8221; pour vivre ce rendez-vous. Ce peut &#234;tre tr&#232;s simple : une Bible ouverte, un crucifix, une bougie, &#8230; Un petit espace qui nous aide &#224; &#8220;passer&#8221; &#224; autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il faut choisir le temps que l'on va prendre et s'y tenir, pour ne pas &#234;tre livr&#233; &#224; notre ressenti (quand je crois que cela marche, je prolonge et dans l'aridit&#233;, je m'arr&#234;te).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si possible que ce temps soit r&#233;gulier et plac&#233; au m&#234;me moment de la journ&#233;e (si possible) de mani&#232;re &#224; devenir un habitus.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;a)	Entrer en oraison&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Trois mots cl&#233;s pour entrer dans l'oraison : Corps, C&#339;ur, Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt; Corps&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Prendre le temps d'accueillir mon corps, de me poser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trouver une position qui soit &#224; la fois confortable pour que je n'aie pas &#224; en changer toutes les deux minutes et en m&#234;me temps qui me tienne &#233;veill&#233;.
Mon corps, c'est moi, c'est ma capacit&#233; d'entrer en relation avec le cosmos, avec les autres, avec Dieu. La position de mon corps influence ma pri&#232;re : je ne prie pas de la m&#234;me mani&#232;re si je suis assis, debout ou &#224; genoux, si mes mains sont lev&#233;es ou pos&#233;es sur mes cuisses, &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accueillir mon corps pour qu'il m'aide &#224; me recueillir, &#224; me recentrer, &#224; m'int&#233;rioriser. &#202;tre attentif &#224; ma respiration peut &#234;tre un bon moyen de m'apaiser et de m'int&#233;rioriser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#171; Ne savez-vous pas que vos corps sont le temple de l'Esprit Saint &#187; (I Co 16,19).)&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;C&#339;ur&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Nous ne rencontrons pas quelqu'un qu'avec notre intelligence, mais avec notre c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur, centre de mon affectivit&#233;, centre de mes d&#233;cisions, lieu de mon v&#233;ritable engagement. Prendre le temps de descendre dans mon c&#339;ur pour d&#233;couvrir ce qui l'habite. Cela nous am&#232;ne &#224; prier &#224; partir de notre r&#233;el, du concret de notre vie et de notre &#234;tre et non pas &#224; partir d'une id&#233;e pr&#233;&#233;tablie de la pri&#232;re et de son contenu. Partir de ce qui habite mon c&#339;ur pour le pr&#233;senter au Seigneur, avec souplesse sans m'y enfermer.
Le c&#339;ur, c'est le lieu de l'exercice de ma libert&#233;. Qu'est-ce que je veux vraiment ? Qu'est-ce que je d&#233;cide de vivre en cet instant ? Qu'est-ce que je cherche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cider dans mon c&#339;ur, en partant de mon r&#233;el (parfois pour m'en saisir, parfois pour m'en d&#233;tacher), de ce que je veux vivre avec le Seigneur dans cette rencontre d'amiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Esprit&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Nous ne savons pas prier comme il faut, nous avons besoin de l'&#339;uvre de l'Esprit en nous pour prier vraiment. La pri&#232;re est l'&#339;uvre conjointe de l'homme et de Dieu.
Prendre le temps de demander le don de l'Esprit Saint ; &#234;tre des mendiants de l'Esprit Saint&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;b)	Durer dans l'oraison&lt;/h4&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;S'appuyer sur la Parole &lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Se rappeler que dans cette rencontre, je suis pr&#233;c&#233;d&#233; par le Seigneur, par son amour, par sa Parole.
Ma pri&#232;re est comme une r&#233;ponse &#224; Dieu qui se dit en moi, en J&#233;sus-Christ, Verbe Incarn&#233;.
Cela nous permet de souligner le lien entre lecture de la Parole (Lectio Divina) et Oraison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je peux faire oraison, en murmurant dans mon c&#339;ur le nom de J&#233;sus pour le laisser m'envahir tout entier et parvenir par gr&#226;ce au silence int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bon aussi de prendre le temps de m&#233;diter l'&#201;criture.
Dans un premier temps, je lis un texte bref et je r&#233;fl&#233;chis sur ce texte en &#233;tant attentif aux paroles, aux gestes de J&#233;sus. Je regarde le Christ J&#233;sus dans sa sainte humanit&#233;.
Dans un deuxi&#232;me temps, je laisser r&#233;sonner en mon c&#339;ur, en mon &#234;tre les quelques mots qui m'ont touch&#233;, qui ont &#233;veill&#233; l'amour en mon c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Partir de mon r&#233;el&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Parfois le concret de mon existence me colle tellement &#224; la peau, au c&#339;ur, qu'il envahit tout le champ de ma conscience. Il faut alors partir de l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;poser devant le Seigneur cette situation qui nous envahit et chercher &#224; la lui remettre en l'ins&#233;rant dans le filet de la pri&#232;re du Notre P&#232;re par exemple : Que ton R&#232;gne arrive&#8230; Oui qu'il arrive dans cette situation&#8230; Que ta Volont&#233; soit faite&#8230; Oui qu'elle se r&#233;alise &#224; travers cette situation&#8230;
Pardonne-nous nos offenses&#8230; Pardonne-moi pour la part qui me revient dans cette situation ; pardonne tel ou tel comportement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pers&#233;v&#233;rer dans cette remise de soi, et de ses situations entre les mains du Seigneur. Cela nous demande la conversion qui est une vraie &#339;uvre spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;S'offrir simplement au Seigneur&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Les jours o&#249; la Parole ne me rejoint pas, se mettre simplement aux pieds du Seigneur et s'offrir &#224; lui ; se livrer consciemment &#224; son regard cr&#233;ateur et s'abandonner entre ses mains. Croire, Esp&#233;rer et Aimer de tout notre &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;c)	Sortir de l'oraison&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le temps fix&#233; pour cette rencontre d'amiti&#233; s'ach&#232;ve, nous nous tournons vers le Seigneur pour lui rendre gr&#226;ce. Le remercier pour sa Pr&#233;sence, pour son &#339;uvre cr&#233;atrice en nous et dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cider de me tourner vers l'autre : sourire &#224; la premi&#232;re personne rencontr&#233;e, &#234;tre attentif aux besoins de l'autre&#8230; Manifester ainsi que le fruit de la pri&#232;re, de la rencontre avec le Seigneur rejaillit en amour, en service des fr&#232;res et des s&#339;urs en humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;d)	Le combat de la pri&#232;re&lt;/h4&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Prendre le temps&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les priorit&#233;s que je me donne ?
J'ai du temps pour ce que je choisis de faire. Mes choix concrets manifestent clairement les priorit&#233;s qui sont les miennes.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Les distractions&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Si c'est un petit papillon dans le ciel de mes pens&#233;es, je la laisse passer. L'inconv&#233;nient c'est que, souvent, nous allons &#224; la chasse aux papillons. Nous entretenons les distractions. Nous nous laissons entra&#238;ner par elles.
Reprendre alors la lecture de l'&#201;criture pour se recentrer.
Ouvrir les yeux pour les poser sur la croix, sur la Bible, sur une ic&#244;ne pour me ramener au Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Murmurer consciemment le nom de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apprendre &#224; avoir des petits moyens pour ne pas laisser les distractions nous &#233;garer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose une &#171; d&#233;termination d&#233;termin&#233;e &#187; et une vigilance.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Les pr&#233;occupations&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Si la distraction se tient dans l'esprit, la pr&#233;occupation habite notre c&#339;ur. Il nous faut alors &#8220;enrober&#8221; cette pr&#233;occupation dans la pri&#232;re de J&#233;sus pour que par sa gr&#226;ce, cette pr&#233;occupation ne devienne plus obstacle &#224; la pri&#232;re, mais devienne elle-m&#234;me pri&#232;re.
(Cf. Plus haut : Partir de mon r&#233;el).&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ennui&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Lorsque je m'ennuie, il est peut-&#234;tre bon de m'interroger sur la mani&#232;re dont je suis entr&#233; en oraison, sur les moyens que je prends pour &#234;tre pr&#233;sent &#224; Celui qui &#171; prend ses d&#233;lices avec les enfants des hommes &#187; (P&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; 8,31).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, &#233;tant revenu aux trois cl&#233;s d'entr&#233;e, ayant cherch&#233; &#224; m&#233;diter un texte de l'&#201;criture, je demeure dans l'ennui&#8230; alors je choisis de m'ennuyer par amour du Seigneur ; et cela change tout. Je donne mon temps, je me donne au Seigneur et d'une mani&#232;re totalement gratuite en posant un acte th&#233;ologal de Foi, d'Esp&#233;rance et d'Amour.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Les tentations&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;tant l'action, nous pouvons &#234;tre confront&#233;s aux pires pens&#233;es et aux pires tentations afin de nous &#8220;d&#233;go&#251;ter&#8221; de faire oraison. C'est le moment de vivre le combat spirituel. Ne pas chercher &#224; r&#233;pondre &#224; la tentation, en r&#233;sistant par un acte oppos&#233;, mais faire un acte anagogique, en &#233;levant notre c&#339;ur vers le Seigneur, &#171; en esp&#233;rant tout de sa mis&#233;ricorde. &#187; Se r&#233;fugier en Dieu, pour l'aimer et se laisser aimer par lui.
Consentir &#224; sa pauvret&#233;, &#224; sa mis&#232;re, non pour s'en satisfaire mais pour la d&#233;poser dans le foyer br&#251;lant d'amour du c&#339;ur de Dieu&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Le consentement&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Il arrive parfois que nous n'arrivions pas consentir &#224; ce qui nous est demand&#233; et pourtant nous sentons intuitivement que c'est le chemin sur lequel le Seigneur nous appelle et nous attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se rappeler que je ne suis jamais seul quand je prie. Le &#8220;oui&#8221; que je ne peux pas prononcer, je peux demander &#224; J&#233;sus, qui fut &#171; oui &#224; la volont&#233; du P&#232;re &#187; de venir le dire en moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je peux d&#233;poser mon c&#339;ur entre les mains de J&#233;sus ou de Marie et leur demander de m'obtenir la gr&#226;ce du consentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je peux aussi demander la pri&#232;re des fr&#232;res et des s&#339;urs (avec discr&#233;tion sans forc&#233;ment leur donner les tenants et les aboutissants de ma difficult&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;IV / Quelques conseils de sainte Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que ceux qui ne trouveraient pas de ma&#238;tre pour leur enseigner l'oraison prennent pour ma&#238;tre ce glorieux saint [Joseph] &#187; (V 6,8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Quelques fautes que vienne &#224; commettre celui qui a entrepris de s'adonner &#224; l'oraison, qu'il se garde bien de l'abandonner : avec elle, il aura les moyens de se corriger &#187; (V 8,5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Voici quelle &#233;tait ma mani&#232;re d'oraison ? Ne pouvant discourir avec l'entendement, je cherchais &#224; me repr&#233;senter J&#233;sus-Christ au-dedans de moi. Je me trouvais bien surtout de le consid&#233;rer dans les circonstances o&#249; il a &#233;t&#233; le plus d&#233;laiss&#233; ; il me semblait que, seul et afflig&#233;, il serait, par sa d&#233;tresse m&#234;me, plus dispos&#233; &#224; m'accueillir &#187; (V 9,4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#232;s le d&#233;but, qu'on t&#226;che de marcher avec all&#233;gresse et libert&#233;. [&#8230;] Qu'on ouvre &#233;galement son &#226;me &#224; une grande confiance. Ne r&#233;tr&#233;cissons pas nos d&#233;sirs, c'est d'une haute importance. Croyons fermement qu'avec le secours divin et des efforts, nous pourrons arriver peu &#224; peu &#8211; ce ne sera pas en un instant &#8211; l&#224; o&#249; sont parvenus tant de saints aid&#233;s par la gr&#226;ce. &#187; (V 13,1-2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'attends tout de la mis&#233;ricorde de Dieu ;
Personne, apr&#232;s l'avoir choisi pour ami, n'a &#233;t&#233; abandonn&#233; de lui.
Selon moi, en effet, l'oraison mentale n'est pas autre chose qu'une amiti&#233; intime, un entretien fr&#233;quent, seul &#224; seul, avec Celui dont nous nous savons aim&#233;s &#187; (V 8,5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Didier-Marie GOLAY, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://retraites.carmes-paris.org/non-classe/oraison-priere-chretienne-retraites-en-ligne/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'oraison carm&#233;litaine : pri&#232;re chr&#233;tienne silencieuse et retraites spirituelles en ligne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La christologie de Ste Th&#233;r&#232;se d'Avila</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/La-christologie-de-Ste-Therese-d-Avila.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;&#8220;LA CHRISTOLOGIE DE TH&#201;R&#200;SE&#8221; Dans le Livre de la vie, Th&#233;r&#232;se de Cepeda y Ahumada, nous livre sa propre exp&#233;rience et nous donne un enseignement. Nous allons donc regarder en premier lieu les diverses exp&#233;riences qu'elle nous rapporte de sa rencontre avec le Christ J&#233;sus et nous accueillerons ensuite ses divers conseils. Notons que la premi&#232;re r&#233;daction du Livre de la vie est r&#233;alis&#233;e &#224; Tol&#232;de en juin 1562. Peu apr&#232;s, ce sera la fondation du monast&#232;re San-Jos&#233; d'Avila (24 ao&#251;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Le-livre-de-la-Vie,315-.html" rel="directory"&gt;Fiches et conf&#233;rences&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8220;LA CHRISTOLOGIE DE TH&#201;R&#200;SE&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Dans le Livre de la vie, Th&#233;r&#232;se de Cepeda y Ahumada, nous livre sa propre exp&#233;rience et nous donne un enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous allons donc regarder en premier lieu les diverses exp&#233;riences qu'elle nous rapporte de sa rencontre avec le Christ J&#233;sus et nous accueillerons ensuite ses divers conseils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Notons que la premi&#232;re r&#233;daction du Livre de la vie est r&#233;alis&#233;e &#224; Tol&#232;de en juin 1562. Peu apr&#232;s, ce sera la fondation du monast&#232;re San-Jos&#233; d'Avila (24 ao&#251;t 1562). &#192; ce moment-l&#224;, do&#241;a Teresa de Cepeda y Ahumada prendra le nom de Teresa de Jes&#250;s, Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus. Ce changement de nom est significatif et dit d&#233;j&#224; quelque chose de sa christologie, centr&#233;e sur la sainte humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;I / L'exp&#233;rience que Th&#233;r&#232;se nous rapporte :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Il serait sans doute plus juste de parler des exp&#233;riences de Th&#233;r&#232;se, mais en gardant ici le singulier, nous voulons signifier que tous les faits que relate la Madre sont le fruit d'une exp&#233;rience unique et fondamentale de rencontre du Christ J&#233;sus qui se d&#233;ploiera sur divers modes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Tout d'abord, rappelons un fait historique : il y avait dans la pi&#232;ce principale de la demeure familiale un tr&#232;s beau cadre repr&#233;sentant la rencontre de J&#233;sus avec la Samaritaine au puits de Jacob. Th&#233;r&#232;se a longuement pri&#233; devant ce tableau. &#171; J'aime tout particuli&#232;rement ce passage de l'Evangile. D&#233;j&#224; quand j'&#233;tais enfant il en &#233;tait ainsi &#187; (V 30,19). &#192; diverses reprises, elle s'identifiera &#224; la Samaritaine et demandera &#224; recevoir l'eau vive. (cf. V 30,19 ; C 19,2-10.14-15 ; VI D 11, 6 ; E 9,2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Une autre sc&#232;ne &#233;vang&#233;lique comptera beaucoup pour elle : &#171; la pri&#232;re au jardin m'attirait particuli&#232;rement ; c'&#233;tait l&#224; que, de pr&#233;f&#233;rence, je tenais compagnie &#224; Notre-&#172;Seigneur. Autant que j'en avais le pouvoir, je r&#233;fl&#233;chissais &#224; la sueur qu'il r&#233;pandit alors, &#224; la d&#233;solation o&#249; il fut plong&#233;. [&#8230;] Presque tous les soirs avant de m'endormir, au moment o&#249; je recommandais &#224; Dieu le repos de la nuit, je pensais quelques instants &#224; ce myst&#232;re de la pri&#232;re au jardin. Je faisais ainsi depuis bien des ann&#233;es &#187; (V 9,4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D&#232;s son enfance, Th&#233;r&#232;se contemple le Christ dans des sc&#232;nes &#233;vang&#233;liques. Et la contemplation de Th&#233;r&#232;se a ceci de particulier, qu'elle ne demeure pas ext&#233;rieure &#224; la sc&#232;ne qu'elle contemple. Elle l'actualise et s'en rend d'une certaine mani&#232;re contemporaine. Cela nourrit une amiti&#233; et un compagnonnage avec le Christ J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sur cette attitude de vie, se greffent des ph&#233;nom&#232;nes singuliers o&#249; le Christ appara&#238;t &#224; Th&#233;r&#232;se : &#171; Un jour que je me trouvais avec quelqu'un dont je venais tout r&#233;cemment de faire la connaissance, le Seigneur voulut me montrer que les amiti&#233;s de ce genre ne me convenaient pas, m'avertir du danger que je courais, &#233;clairer en un mot mon profond aveuglement. J&#233;sus-Christ se fit voir &#224; moi le visage s&#233;v&#232;re, me t&#233;moignant par l&#224; combien il &#233;tait m&#233;content de ma conduite. Je le vis avec les yeux de l'&#226;me, beaucoup plus clairement que je n'aurais pu le voir avec les yeux du corps. Son image s'imprima tellement dans mon esprit, qu'apr&#232;s plus de vingt-six ans &#233;coul&#233;s il me semble encore l'avoir devant les yeux. La frayeur et le trouble me saisirent &#187; (V 7,6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons ici, un petit excursus pour pr&#233;senter rapidement trois genres de gr&#226;ce de &#8220;vision&#8221; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la &#8220;vision corporelle&#8221;, qui est per&#231;ue comme affectant les sens (vue, ou&#239;e, &#8230;) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la &#8220;vision imaginaire&#8221;, qui se produit dans l'imagination (&#224; distinguer fortement de l'imaginaire) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la &#8220;vision intellectuelle&#8221;, dans laquelle ne joue aucune repr&#233;sentation imaginative (au sens d'image) ; Ce n'est pas &#224; proprement parler une &#8220;vision&#8221;, mais une compr&#233;hension surnaturelle d'un myst&#232;re de la foi.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Rappelons pour m&#233;moire l'&#233;pisode de la conversion de Th&#233;r&#232;se (cf. V 9,1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au chapitre 27, elle rapporte une exp&#233;rience qui la trouble : &#171; &#201;tant en oraison, [&#8230;], je vis aupr&#232;s de moi &#8211; ou plut&#244;t je sentis, car je ne vis rien des yeux du corps, ni de ceux de l'&#226;me &#8211; il me sembla, dis-je, voir aupr&#232;s de moi J&#233;sus-Christ. Je compris en m&#234;me temps que c'&#233;tait lui que je croyais entendre me parler. Comme j'ignorais absolument qu'il puisse y avoir des visions de ce genre, je fus d'abord tr&#232;s effray&#233;e et je ne faisais que pleurer. [&#8230;] Il me semblait que J&#233;sus-Christ se tenait toujours &#224; mon c&#244;t&#233;, cependant comme la vision &#233;tait sans image, je ne voyais pas sous quelle forme &#187; (V 27,2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se insiste sur la p&#233;dagogie que le Christ met en place pour se manifester &#224; elle :
&#171; Un jour que j'&#233;tais en oraison, il plut &#224; ce divin Ma&#238;tre de me montrer seulement ses mains : leur beaut&#233; &#233;tait si merveilleuse, qu'il me serait impossible de la d&#233;peindre. Ma frayeur fut tr&#232;s vive, car tout ce qui est nouveau dans les faveurs surnaturelles que Dieu m'accorde m'inspire toujours dans les commencements un v&#233;ritable effroi. Peu de jours apr&#232;s, je vis aussi son divin visage, et j'en restai, je crois, toute ravie. Je ne pouvais comprendre pourquoi Notre-Seigneur se montrait ainsi &#224; moi peu &#224; peu ; et en fait, il devait par la suite m'accorder la gr&#226;ce de voir toute sa personne. Plus tard, je me rendis compte qu'il avait &#233;gard &#224; ma faiblesse naturelle : qu'il en soit &#224; jamais b&#233;ni &#187; (V 28,1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'exp&#233;rience mystique est si forte, notamment apr&#232;s la communion que Th&#233;r&#232;se use d'une expression tr&#232;s audacieuse : &#171; Il se montre alors tellement ma&#238;tre de l'&#226;me devenue sa demeure, qu'elle en reste comme an&#233;antie. Elle se voit consomm&#233;e dans le Christ. &#187; (V 28,8).
Il se produit ici un magnifique renversement de situation : &#8220;consommant&#8221; d'une certaine mani&#232;re le Christ J&#233;sus par la communion eucharistique, Th&#233;r&#232;se se d&#233;couvre &#171; consomm&#233;e dans le Christ &#187;. Il y a l&#224; de quoi vivifier et approfondir notre propre vie eucharistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour ses lecteurs, la Madre, pr&#233;cise que ces visions ne sont pas le fruit d'un travail des puissances : entendement, m&#233;moire et volont&#233;. &#171; Et, en effet, comment pourrions-nous avec tous nos soins, nous repr&#233;senter l'humanit&#233; du Christ et retracer, gr&#226;ce &#224; cette puissance, sa merveilleuse beaut&#233; ? D'abord, il faudrait bien du temps pour arriver &#224; une certaine ressemblance. Supposons cependant que nous placions cette sainte humanit&#233; devant les yeux de notre imagination et que, &#224; force de la consid&#233;rer, de contempler ses traits, sa blancheur, nous arrivions &#224; perfectionner peu &#224; peu cette image et &#224; la confier ensuite &#224; notre m&#233;moire. Mais alors, rien ne pourra la faire &#233;vanouir : elle est l'&#339;uvre de notre esprit. Pour la vision qui nous occupe, nul moyen de l'emp&#234;cher de dispara&#238;tre. Nous la contemplons quand il pla&#238;t au Seigneur de nous la pr&#233;senter, de la mani&#232;re qu'il lui pla&#238;t et le temps qu&#8216;il lui pla&#238;t ; mais nous ne pouvons rien, ni pour ni contre. Nous avons beau faire, il nous est impossible de la voir quand nous le d&#233;sirons, comme aussi d'en &#233;viter la vue. Et si l'on cherche &#224; consid&#233;rer quelques d&#233;tails en particulier, aussit&#244;t J&#233;sus-Christ dispara&#238;t &#187; (V 29,1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une gr&#226;ce particuli&#232;re qui lui est faite pour son &#339;uvre de fondatrice et sur laquelle elle ne peut mettre la main. Au moment de la fondation du monast&#232;re de San-Jos&#233;, Th&#233;r&#232;se nous rapporte diverses visions du Christ (cf. V 34,17 ; 36,24), et notamment celle-ci : &#171; Pleine d'angoisse et ne sachant que devenir, je levai les yeux en haut et j'aper&#231;us J&#233;sus-Christ, non dans le ciel, mais dans les airs, &#224; une grande hauteur. Il &#233;tendait la main de mon c&#244;t&#233;, et de loin me couvrait de sa protection. D&#232;s lors, je n'appr&#233;hendai plus cette multitude qui, malgr&#233; ses efforts, se trouvait hors d'&#233;tat de me nuire &#187; (V 39,17).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le Christ J&#233;sus est un protecteur pour Th&#233;r&#232;se, mais il est aussi celui qui l'enseigne. Elle fut tr&#232;s afflig&#233;e en 1559, lorsque l'Index du grand Inquisiteur Valdes interdit un bon nombre de livres &#233;crits en castillan. Elle &#233;crit : &#171; J'en eu beaucoup de peine car j'en lisais plusieurs avec plaisir et d&#233;sormais je m'en voyais priv&#233;e, la lecture n'en &#233;tant plus permise qu'en latin. Notre Seigneur me dit : &#8220;Ne t'afflige pas, je te donnerai un livre vivant&#8221;. [&#8230;] Notre Seigneur a mis tant d'amour &#224; me donner des enseignements de toutes sortes que je n'ai eu d&#232;s lors que peu ou pas besoin de livres. Sa Majest&#233; a &#233;t&#233; pour moi le livre v&#233;ritable o&#249; j'ai d&#233;couvert les v&#233;rit&#233;s &#187; (V 26,5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Th&#233;r&#232;se n'attend pas tout de ses &#8220;visions&#8221; ; elle les re&#231;oit avec crainte au d&#233;part, puis avec gratitude, mais toujours dans la foi et elle fait toujours &#171; le petit peu qui d&#233;pend d'elle &#187; (cf. C 1,2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le Christ lui enseigne l'amour et l'ob&#233;issance &#224; l'&#201;glise : &#171; Toutes les fois que Notre Seigneur dans l'oraison m'ordonnait une chose et que mon confesseur m'en prescrivait une autre, c'&#233;tait &#224; ce dernier que le divin Ma&#238;tre me disait d'ob&#233;ir. Sa majest&#233; le faisait ensuite changer de sentiment de sorte qu'il revenait sur l'ordre donn&#233;. &#187; (V 26,5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sa contemplation des sc&#232;nes &#233;vang&#233;liques la conduit &#224; des choix de vie, notamment pour le choix de la pauvret&#233; pour la fondation du monast&#232;re de San-Jos&#233; : &#171; &#192; peine avais-je contempl&#233; J&#233;sus-Christ si pauvre et d&#233;pouill&#233; sur la croix, que la pens&#233;e d'&#234;tre riche me devenait insupportable. Je suppliais Notre-Seigneur avec des larmes d'arranger les choses pour que je devienne pauvre comme lui &#187; (V 35,17).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le Christ J&#233;sus par sa sainte humanit&#233; introduit Th&#233;r&#232;se dans le myst&#232;re trinitaire : &#171; Je vis alors la tr&#232;s sainte humanit&#233; dans un exc&#232;s de gloire o&#249; je ne l'avais encore jamais contempl&#233;e. Par une connaissance admirable, J&#233;sus Christ se fit voir &#224; moi reposant dans le sein du P&#232;re. &#187; (V 38,17).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Au chapitre 39, le Christ souffrant indique &#224; Th&#233;r&#232;se compatissante, qu'il exaucera ses demandes (cf. V 39,1). Les paragraphes qui suivent, montrent le souci de Th&#233;r&#232;se pour diverses personnes qui souffrent. S'appuyant sur les m&#233;rites de la Passion du Christ, Th&#233;r&#232;se communie &#224; son amour sauveur pour toute l'humanit&#233;. Ses pri&#232;res de demande s'enrichissent d'un profond z&#232;le apostolique (cf. V 39, 2-3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus ach&#232;ve le r&#233;cit du Livre de la vie sur une ultime gr&#226;ce : &#171; Un jour que j'assistai, aux heures avec la communaut&#233;, j'entrai soudain en recueillement et mon &#226;me tout enti&#232;re me fut repr&#233;sent&#233;e sous la forme d'un clair miroir. Revers, c&#244;t&#233;s, haut, bas. Tout &#233;tait lumineux. Au centre, apparaissait J&#233;sus-Christ Notre-Seigneur &#187; (V 40,5). Ainsi s'accomplit pour elle, ce qu'elle a laborieusement cherch&#233; &#224; vivre durant de longues ann&#233;es : &#171; Je cherchais &#224; me repr&#233;senter J&#233;sus-Christ au-dedans de moi &#187; (V 9,4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En elle, se r&#233;alise l'accomplissement du bapt&#234;me : &#171; Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi &#187; (Ga 2, 20), comme elle le dit au d&#233;but de son r&#233;cit (cf. V 6,9).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;II / L'enseignement de Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	Th&#233;r&#232;se invite ses lecteurs &#224; &#171; vivre en la soci&#233;t&#233; de ce divin Ma&#238;tre &#187; (V 12,2) avec cette pr&#233;cision importante : &#171; s'attacher tr&#232;s amoureusement &#224; sa sainte humanit&#233; &#187; (V 12,2). Elle insiste au paragraphe suivant : &#171; Vivre en la soci&#233;t&#233; de J&#233;sus-Christ est utile dans tous les degr&#233;s de la vie spirituelle &#187; (V 12,3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ici, Th&#233;r&#232;se &#8211; comme elle le fera dans le chapitre 22 &#8211; veut nous &#233;viter le pi&#232;ge dans lequel elle &#233;tait tomb&#233;e de croire que nous pouvons d&#233;passer, &#224; un certain moment, l'humanit&#233; du Christ pour ne songer qu'&#224; son &#234;tre divin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle nous recommande de nous mettre &#171; en pr&#233;sence de J&#233;sus-Christ &#187; (V 13,11) et pour cela, de m&#233;diter des sc&#232;nes &#233;vang&#233;liques, &#171; par exemple Notre-Seigneur &#224; la colonne &#187; (V 13,12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Th&#233;r&#232;se nous sugg&#232;re d'agir avec libert&#233; en prenant les sc&#232;nes qui nous parlent davantage et qui enflammeront notre amour pour Dieu, mais elle pr&#233;cise : &#171; qu'on n'abandonne pas trop souvent la Passion et la vie de J&#233;sus-Christ, d'o&#249; nous sont venus et nous viennent tous les biens &#187; (V 13,13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Plus loin, elle &#233;crit : &#171; Toutes les fois que nous songeons &#224; J&#233;sus-Christ, rappelons-nous l'amour avec lequel il nous a combl&#233; de ses bienfaits, et celui que Dieu le P&#232;re nous a t&#233;moign&#233; en nous donnant en lui un pareil gage de sa tendresse. L'amour attire l'amour &#187; (V 22,14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui &#171; travaille &#224; se maintenir en une si pr&#233;cieuse compagnie &#187; (V 12,2) va entrer peu &#224; peu dans une relation d'amiti&#233; avec le Christ J&#233;sus. Elle nous rappelle qu'il faut le &#171; choisir comme ami &#187; (V 8,5-6), car il est non seulement un ami, mais un &#171; excellent ami &#187; (V 8,6 ; 22,10.17), &#171; un ami v&#233;ritable &#187; (V 22,6 ; 25,17).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se poursuit : &#171; Nous le voyons homme comme nous, nous le contemplons dans l'infirmit&#233;, dans la souffrance : c'est pour nous une compagnie, et quand l'habitude en est prise, il est tr&#232;s facile de le trouver aupr&#232;s de soi &#187; (V 22,10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contemplation de sa sainte humanit&#233; n'&#233;vacue pas sa divinit&#233; : &#171; Tout Seigneur qu'il est, je puis le traiter en ami. &#187; (V 37,5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, Th&#233;r&#232;se prend en compte que vivre en cette sainte compagnie ne va pas de soi. Il faut &#171; surmonter la difficult&#233; que vous &#233;prouvez &#224; rester longtemps en la compagnie de Celui qui est si diff&#233;rent de vous. &#187; (V 8,5). La Madre s'appuie avec joie et reconnaissance sur la Parole de l'&#201;criture et pr&#233;cise : &#171; Si nous n'y mettons nous-m&#234;mes obstacle, nous pouvons trouver notre joie dans ta soci&#233;t&#233;, comme tu trouves ta joie dans la n&#244;tre, car, tu le dis toi-m&#234;me : &#8220;tes d&#233;lices sont d'&#234;tre avec les enfants des hommes&#8221;. O mon tendre Ma&#238;tre, quelle parole ! &#187; (V 14,10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peu &#224; peu, en demeurant en sa pr&#233;sence que nous nous ferons &#224; sa &#171; mani&#232;re d'&#234;tre &#187; (V 8, 6). Il faut apprendre &#224; &#171; se tenir aux pieds de J&#233;sus-Christ &#187; (V 22,12), pour recevoir son enseignement. Dans le Livre de la vie, Th&#233;r&#232;se lui donne tr&#232;s souvent le titre de &#171; Ma&#238;tre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce compagnonnage avec le Christ J&#233;sus nous d&#233;termine &#171; &#224; suivre Celui qui nous a tant aim&#233;s &#187; (V 11,1) et &#224; marcher ainsi sur le chemin de la croix. &#171; Notre Seigneur lui-m&#234;me nous a enseign&#233; ce chemin comme celui de la perfection lorsqu'il a dit : &#8220;Prends ta croix et suis-moi&#8221;. Il est notre mod&#232;le. On n'a rien &#224; redouter lorsqu'on suit ses conseils dans la seule vue de lui plaire. &#187; (V 15,13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le chemin sera parfois rude et escarp&#233; mais nous avons deux certitudes de foi : d'une part sans lui nous ne pouvons rien faire, d'autre part, il nous nous abandonnera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il me dit de ne pas me d&#233;soler : &#8220;Je verrais par l&#224; quel serait mon malheur s'il venait &#224; s'&#233;loigner de moi, et le peu de s&#233;curit&#233; qu'il y a tant que nous vivons dans ce corps mortel.&#8221; Je compris les avantages d'une guerre et d'un combat qui donnent lieu &#224; une si grande r&#233;compense et en m&#234;me temps je vis quelle compassion Notre-Seigneur nous porte, &#224; nous qui vivons en ce monde. Il me dit encore &#8220;que je ne devais pas croire qu'il m'ait oubli&#233;e : jamais il ne m'abandonnerait mais je devais faire, de mon c&#244;t&#233;, les efforts en mon pouvoir&#8221;. Il m'adressa ces paroles avec bont&#233;, avec tendresse &#187; (V 39,20).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Christ J&#233;sus qui est &#171; le chemin, la v&#233;rit&#233; et la vie &#187; (Jn 14,6), nous redit par Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus : &#171; &#8220;Sais-tu ce que c'est que m'aimer v&#233;ritablement ? C'est comprendre que tout ce qui ne m'est pas agr&#233;able n'est que mensonge.&#8221; [&#8230;] Par l&#224;, je compris ce que c'est que de marcher dans la v&#233;rit&#233;, en pr&#233;sence de la V&#233;rit&#233;. Et Notre Seigneur me fit conna&#238;tre qu'il est lui-m&#234;me la V&#233;rit&#233; &#187; (V 40,1-2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contemplant la sainte humanit&#233; du Christ, et cherchant &#224; se conformer &#224; sa vie et &#224; son enseignement, Th&#233;r&#232;se p&#233;n&#232;tre dans le myst&#232;re de son amour, un amour sauveur : &#171; J&#233;sus-Christ est Dieu, et Dieu tout-puissant, qu'il peut tout, ordonne tout, gouverne tout, qu'il remplit tout de son amour. &#187; (V 28,9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Reprenons pour conclure, une derni&#232;re citation de la Madre : &#171; Non, non, Vie de toutes les vies, tu ne donnes la mort &#224; aucun de ceux qui se confient en toi, de ceux qui te choisissent pour ami. En donnant la vie &#224; notre &#226;me, tu soutiens m&#234;me la vie du corps et lui communiques de nouvelles forces. &#187; (V 8,6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour poursuivre notre chemin de car&#234;me avec Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus, choisissons le Christ pour Ami et marchons avec lui sur le chemin de la Vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Didier-Marie GOLAY, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dieu nous transforme</title>
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&lt;p&gt;&#8220;DIEU NOUS TRANSFORME&#8221; LES &#201;TAPES D'UNE VIE DE PRI&#200;RE SELON VIDA 11-21 - LE TRAIT&#201; DES QUATRE EAUX I / Pr&#233;sentation et clefs de lectures du trait&#233;. Les chapitres 11-21 (le chapitre 22 sera trait&#233; la prochaine fois) forment une unit&#233; bien rep&#233;rable dans li Livre de la vie. L'image de l'arrosage d'un jardin en constitue le fil conducteur : au chapitre 11, Th&#233;r&#232;se introduit cette image en disant qu'il y a quatre mani&#232;res d'arroser un jardin et qui repr&#233;sentent autant d'&#233;tapes de la vie (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Le-livre-de-la-Vie,315-.html" rel="directory"&gt;Fiches et conf&#233;rences&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8220;DIEU NOUS TRANSFORME&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES &#201;TAPES D'UNE VIE DE PRI&#200;RE SELON VIDA 11-21 - LE TRAIT&#201; DES QUATRE EAUX&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;I / Pr&#233;sentation et clefs de lectures du trait&#233;.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les chapitres 11-21 (le chapitre 22 sera trait&#233; la prochaine fois) forment une unit&#233; bien rep&#233;rable dans li Livre de la vie. L'image de l'arrosage d'un jardin en constitue le fil conducteur : au chapitre 11, Th&#233;r&#232;se introduit cette image en disant qu'il y a quatre mani&#232;res d'arroser un jardin et qui repr&#233;sentent autant d'&#233;tapes de la vie spirituelle. Elle d&#233;veloppe chacune de ces &#233;tapes jusqu'au chapitre 21. Au chapitre 23, en &#233;crivant &#171; Je veux reprendre maintenant ma vie au moment o&#249; j'en &#233;tais rest&#233;e ; je crois m'en &#234;tre &#233;cart&#233;e plus que je ne l'aurais d&#251;, mais cela aidera &#224; mieux comprendre ce qui va suivre &#187; (V 23, 1), Th&#233;r&#232;se admet explicitement l'unit&#233; et la singularit&#233; des chapitres qui pr&#233;c&#232;dent mais aussi leur importance pour comprendre sa vie. Au niveau du genre litt&#233;raire enfin, cet ensemble se pr&#233;sente, non comme un r&#233;cit, mais comme un expos&#233; doctrinal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation qui suit est une invitation &#224; la lecture de cet ensemble : ce soir nous lirons une partie de son premier chapitre. Quelques remarques s'imposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re remarque, Th&#233;r&#232;se expose les quatre degr&#233;s d'oraison &#224; partir de l'image du jardin, mais elle se permet des diversions, si bien que l'on n'a pas toujours affaire au genre de l'expos&#233;. C'est ce qui donne au texte sa vivacit&#233; et sa complexit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle va parfois s'adresser aux commanditaires de son ouvrage : le p&#232;re Garcia de Tol&#233;do (V 11, 6 ; 14, 12) ou l'ensemble des destinataires (V 16,7). Ces apart&#233;s ont pour but de les exhorter ou de les encourager. Elle y donne aussi ses propres r&#233;flexions sur ses exp&#233;riences, soulignant souvent le va-et-vient entre ses propres lectures, son exp&#233;rience et ce qu'elle peut en dire, et l'exp&#233;rience de son lecteur. &#171; Je crois avoir &#233;t&#233; claire : peut-&#234;tre n'est-ce que pour moi seule. Daigne le Seigneur ouvrir par l'exp&#233;rience les yeux de ceux qui liront ces pages ! Si restreinte que soit cette exp&#233;rience, ils me comprendront sur l'heure &#187; (V 12, 5). Th&#233;r&#232;se s'adresse aussi parfois &#224; Dieu : le texte est &#233;maill&#233; de pri&#232;res plus ou moins d&#233;velopp&#233;es (V 14,10 ; 16, 4-5 ; 19, 6-9). Elle rend gr&#226;ce souvent pour la mis&#233;ricorde &#224; l'&#339;uvre dans sa vie, elle qui s'en sent indigne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me remarque, Th&#233;r&#232;se appuie son &#233;crit sur son exp&#233;rience d&#233;j&#224; avanc&#233;e. Mais cette derni&#232;re s'affinera avec le mariage spirituel. Th&#233;r&#232;se pr&#233;sentera par la suite, dans le livre des Demeures particuli&#232;rement, certains aspects de la vie spirituelle un peu autrement qu'elle ne le fait ici. Par exemple, sa troisi&#232;me eau n'est pas vraiment de nature diff&#233;rente de la seconde. Bref, nous n'avons pas affaire &#224; une synth&#232;se achev&#233;e et il ne faut pas lire ce trait&#233; ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nos chapitres parlent de quatre degr&#233;s d'oraison : cela ne concerne cependant pas uniquement la pri&#232;re en tant que telle mais la vie de pri&#232;re, c'est-&#224;-dire la vie spirituelle tout enti&#232;re irrigu&#233;e par la pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;II / Structure du trait&#233;.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La structure globale du trait&#233; est donn&#233;e par le d&#233;veloppement de l'image du jardin, ce qui donne quatre grandes parties de deux ou trois chapitres chacune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11-13	Premi&#232;res eaux	L'oraison laborieuse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14-15	Deuxi&#232;mes eaux	L'oraison de qui&#233;tude&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16-17	Troisi&#232;mes eaux	Le sommeil des puissances&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19-21	Quatri&#232;mes eaux	L'oraison d'union et les ravissements&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;III / Lecture du trait&#233;.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces chapitres brosse un itin&#233;raire, un chemin de croissance et d'unification sur lequel l'emprise du Seigneur sur le croyant grandit. Tout au long de ce chemin, l'&#226;me per&#231;oit de mani&#232;re de plus en plus fine l'action du Seigneur dans sa vie. Au d&#233;but du chapitre 11, avant d'introduire l'image du jardin (&#167; 6-8), Th&#233;r&#232;se ouvre son trait&#233;, qui s'adresse &#224; ceux qui veulent &#234;tre &#171; serviteurs de l'amour &#187; (V 11, 1), sur un paradoxe : d'un c&#244;t&#233;, notre r&#233;sistance &#224; nous donner enti&#232;rement au Seigneur est la raison du temps qu'il nous faut pour cheminer vers l'union parfaite (d'o&#249; finalement l'existence d'un trait&#233; sur l'itin&#233;raire spirituel !) ; d'un autre c&#244;t&#233;, la mis&#233;ricorde du Seigneur, elle, &#171; ne se refuse &#224; personne &#187; (V 11, 4).&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;1.	Le premier degr&#233; d'oraison. L'oraison laborieuse (chapitres 11,9-13)&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se aborde la premi&#232;re mani&#232;re d'arroser le jardin, c'est-&#224;-dire le premier degr&#233; de la vie spirituelle, en pr&#233;cisant quelle est l'oraison de cette &#233;tape. Elle insiste sur son c&#244;t&#233; laborieux. Il s'agit de tirer p&#233;niblement l'eau du puits, image de nos efforts dans la pri&#232;re qui consistent &#224; m&#233;diter sur la vie de J&#233;sus-Christ, sur sa Passion en particulier, mais qui n'aboutissent pas toujours. Cette pri&#232;re alterne avec une forme plus passive : &#171; Il ne faut pas se fatiguer sans rel&#226;che &#224; creuser son sujet ; il faut aussi se tenir aupr&#232;s de notre Seigneur dans le silence de l'entendement. L'&#226;me tentera de se p&#233;n&#233;trer de la pens&#233;e qu'il la regarde ; elle lui tiendra compagnie, elle lui parlera, lui adressera des demandes ; elle s'humiliera &#224; ses pieds, elle trouvera sa joie aupr&#232;s de lui &#187; (V 13, 21)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est en tout cas important d'&#234;tre d&#233;termin&#233; et d'embrasser la croix : la joie ne r&#233;side pas dans les jouissances &#233;prouv&#233;es dans la pri&#232;re mais dans le fait de servir le Seigneur. Th&#233;r&#232;se encourage son lecteur sans cacher les exigences de la vie d'oraison : &#171; Que nul ne se tourmente ni ne s'afflige, soit des s&#233;cheresses, soit des inqui&#233;tudes, soit de l'&#233;garement des pens&#233;es. S'il veut acqu&#233;rir la libert&#233; d'esprit et ne pas vivre dans un chagrin continuel, qu'il commence par ne point s'&#233;pouvanter de la croix. Il verra comment Notre-Seigneur l'aidera &#224; la porter, quelle heureuse vie il m&#232;nera et quel profit il tirera de tout &#187; (V 11, 17). L'enjeu des s&#233;cheresses dans la pri&#232;re est d'ailleurs d'exp&#233;rimenter que c'est le Seigneur qui donne et que par nous-m&#234;mes, nous ne savons pas prier. La grande tentation de cette p&#233;riode est donc d'abandonner l'oraison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au chapitre 13, Th&#233;r&#232;se en pr&#233;cise d'autres : vis-&#224;-vis de Dieu et des autres. Vis-&#224;-vis de Dieu, il s'agit ni de diminuer ses grands d&#233;sirs, bien au contraire, en se contentant de &#171; faire le crapaud &#187; (V 13, 3) ni de pr&#233;sumer de soi. L'humilit&#233; est la grande vertu qui repose sur la totale confiance en Dieu : &#171; L'humilit&#233; doit toujours aller la premi&#232;re pour nous apprendre que les forces dont nous avons besoin ne viendront pas de notre propre fonds &#187; (V 13, 3). Vis-&#224;-vis des fr&#232;res, il s'agit d'&#233;viter le z&#232;le intempestif qui veut qu'autrui marche comme soi-m&#234;me ou qui s'inqui&#232;te des travers d'autrui. A cette p&#233;riode de commencement, il s'agit de s'ancrer en Dieu : c'est ainsi, et non contre la charit&#233; fraternelle bien s&#251;r, qu'il faut comprendre Th&#233;r&#232;se &#233;crivant : &#171; la voie s&#251;re est d'oublier absolument toutes choses, pour ne s'occuper que d'elle-m&#234;me et du soin de plaire &#224; Dieu &#187; (V 13, 9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce m&#234;me chapitre 13, Th&#233;r&#232;se aborde la question du directeur spirituel qui l'a tant travaill&#233;e : doit-il avoir prioritairement l'exp&#233;rience de la pri&#232;re pour savoir guider celui qui prie, ou des rep&#232;res th&#233;ologiques clairs et un bon jugement pour appr&#233;cier, sans n&#233;cessairement l'exp&#233;rimenter ce qui disent les personnes qu'il dirige ? Th&#233;r&#232;se privil&#233;gie dans un premier temps celui qui a l'exp&#233;rience mais apporte des nuances &#224; son propos, qui n'est donc pas cat&#233;gorique.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;2.	Le deuxi&#232;me degr&#233; d'oraison. L'oraison de qui&#233;tude (chapitres 14-15)&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Ce degr&#233; marque l'entr&#233;e dans le &#171; surnaturel &#187; (V 14, 2), c'est-&#224;-dire que d&#233;sormais c'est le Seigneur qui pr&#233;domine dans l'action de l'&#226;me, m&#234;me si ce n'est pas encore l'union enti&#232;re. Le Seigneur allume une &#171; &#233;tincelle &#187; (V 15, 1) dit Th&#233;r&#232;se pour exprimer l'&#233;tat de recueillement et la volont&#233; qui se rend &#171; captive &#187; (V 14, 2). Dans la pri&#232;re, l'&#226;me exp&#233;rimente la pr&#233;sence du Seigneur : c'est l'oraison de qui&#233;tude. &#171; Le Seigneur veut, dans sa munificence, faire comprendre &#224; cette &#226;me qu'il est tout pr&#232;s d'elle, si pr&#232;s qu'elle n'a plus besoin de lui envoyer de messagers. Elle peut lui parler d'elle-m&#234;me et sans &#233;lever la voix car, &#224; cause de sa proximit&#233;, il la comprend au seulement mouvement des l&#232;vres &#187; (V 14, 5) En ces occasions, l'&#226;me se donne au Seigneur et dit &#8216;oui' mais ce n'est pas permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#226;me est en croissance, &#171; les fleurs sont sur le point d'&#233;clore &#187; (V 15, 15), m&#234;me si, pr&#233;cise Th&#233;r&#232;se, la croissance spirituelle ne se fait pas comme la croissance d'un enfant, elle n'est pas lin&#233;aire et passe parfois par des retours en arri&#232;re (V 15, 12). Il lui faut donc agir avec prudence [ne pas mettre de grosses b&#251;ches dans le feu encore fragile qui vient d'&#234;tre allum&#233; ! (cf. V 15, 6)], faire grand cas des dons de Dieu en d&#233;veloppant un climat de louange et de reconnaissance, grandir dans la confiance [ce ne sont pas nos faux mouvements qui vont mettre &#224; mal la gr&#226;ce (cf. V 15, 1)]. L'&#226;me s'affermit dans les vertus et fait l'exp&#233;rience vive de sa mis&#232;re morale : elle per&#231;oit mieux l'&#339;uvre de la mis&#233;ricorde et que vraiment tout vient de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se aborde aussi le r&#244;le du d&#233;mon et plus largement le r&#244;le jou&#233; par chacun des &#8220;acteurs&#8221; que sont l'&#226;me, Dieu et le d&#233;mon dans la vie de l'&#226;me. Les crit&#232;res de l'humilit&#233; et de la libert&#233; seront toujours le signe de la pr&#233;sence de Dieu en l'&#226;me, m&#234;me s'il lui arrive de chuter.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;3.	Le troisi&#232;me degr&#233;. Le sommeil des puissances (chapitres 16-17)&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tape est celle du &#171; sommeil des puissances &#187; (V 16, 1). Apr&#232;s la puissance de la volont&#233;, c'est l'entendement qui est pris par le Seigneur ; la m&#233;moire reste volage et source de dissipation. Mais Th&#233;r&#232;se la compare aux papillons de nuit qui virevoltent autour de nous (cf. V 17, 6) : c'est p&#233;nible mais pas dangereux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les fleurs [&#8230;] commencent &#224; r&#233;pandre leur parfum &#187; (V 16, 3). L'&#226;me fait l'exp&#233;rience d'une joie profonde, dans un climat de louange, et m&#234;me de &#171; glorieux d&#233;lire &#187; de &#171; c&#233;leste folie &#187; (V 16, 1). Elle est pr&#234;te &#224; dire mille paroles pour la louange de Dieu qu'elle voudrait partager &#224; tous. Elle exp&#233;rimente une certaine union &#224; Dieu, qui reste cependant partielle, d'o&#249; une intense souffrance, une tension entre le ciel et la terre (cf. V 16, 5). Le travail d'unification se poursuit o&#249; il s'agit de consentir &#224; ce que l'on vit, de se livrer &#224; Dieu, quoiqu'il arrive. L'&#226;me progresse (les vertus s'affermissent) mais reste fragile. De plus en plus, tout le corps est impliqu&#233; dans les gr&#226;ces re&#231;ues (cf. V 17, 8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces chapitres, Th&#233;r&#232;se exprime aussi la diff&#233;rence entre &#8220;exp&#233;rimenter&#8221; et &#8220;exprimer ce que l'on exp&#233;rimente&#8221;. Elle en parle avec une triple distinction devenue c&#233;l&#232;bre : faire une exp&#233;rience ; en prendre conscience et donc la comprendre quelque peu ; en dire quelque chose. Chacune de ces &#233;tapes est une nouvelle gr&#226;ce (cf. V 17, 5).&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;4.	Le quatri&#232;me degr&#233; d'oraison. L'oraison d'union (chapitres 18-21)&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re &#233;tape est celle de l'union effective, de l'emprise habituelle du Seigneur sur toutes les puissances de l'&#226;me, donc la docilit&#233; &#224; l'Esprit Saint. Elle est marqu&#233;e par un immense bonheur, un &#233;tat de r&#233;elle libert&#233;. L'&#226;me est courageuse, forte et en m&#234;me temps lucide sur sa faiblesse, sur le fait que tout lui vient de Dieu : elle est v&#233;ritablement humble. Elle peut commencer &#224; distribuer ses biens, &#233;l&#233;ment nouveau par rapport aux &#233;tapes pr&#233;c&#233;dentes o&#249; Th&#233;r&#232;se mettait en garde contre le fait de &#171; distribuer des fruits &#187; dont elle ne se serait pas nourrie (V 17, 3). Malgr&#233; tout cela, la vigilance reste de mise : Th&#233;r&#232;se &#233;voque les chutes possibles, desquelles cependant le Seigneur peut toujours nous relever. A cette &#233;tape encore, elle insiste sur le fait de ne pas abandonner l'oraison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au chapitre 20, Th&#233;r&#232;se aborde les gr&#226;ces de ravissement qui peuvent &#234;tre donn&#233;es en cette &#233;tape. Ce sont des gr&#226;ces extraordinaires (qui ne font donc pas partie de l'&#233;tat d'union en tant que tel) de suspension des puissances, que Th&#233;r&#232;se d&#233;crit par rapport &#224; son exp&#233;rience et qui concernent tout le corps. Ses effets sont un immense amour, un grand d&#233;tachement et un d&#233;sir de servir le Seigneur le plus possible. &#171; O Bien qui surpasse tous les biens ! &#244; mon J&#233;sus ! [&#8230;] Voici ma vie, mon honneur et ma volont&#233; ! Je t'ai tout donn&#233;, je suis tienne ; dispose de moi selon ton bon plaisir. Je reconnais, &#244; mon Ma&#238;tre, mon extr&#234;me impuissance. Mais une fois aupr&#232;s de toi [&#8230;] je pourrai tout &#187; (V 21, 5). Dans ce m&#234;me chapitre (V 20, 9-17), Th&#233;r&#232;se fait &#233;tat d'une &#233;tonnante exp&#233;rience de grande solitude, qui d&#233;passe l'&#233;tat d'union mais que Th&#233;r&#232;se vit quand elle &#233;crit cette partie. Elle la relit comme un temps o&#249; &#171; l'&#226;me se purifiait, s'affinait et devenait aussi nette que l'or dans le creuset pour &#234;tre rendue plus apte &#224; recevoir l'&#233;mail de ses dons &#187; (V 20, 16).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;IV / Bilan.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On pourra &#234;tre frapp&#233; dans cet enseignement th&#233;r&#233;sien par la description d'une avanc&#233;e et &#224; la fois par des conseils et des combats r&#233;currents d'un degr&#233; &#224; l'autre. D'un c&#244;t&#233;, en effet, on voit les &#171; fleurs &#187; du jardin s'ouvrir de plus en plus et devenir pleinement &#233;panouies pour le Seigneur : les vertus, l'humilit&#233;, la libert&#233;, la conscience que tout vient de Dieu et la joie de la louange qui l'accompagne s'affermissent. D'un autre c&#244;t&#233;, Th&#233;r&#232;se insiste sur la vigilance permanente, &#224; ne pas abandonner l'oraison, &#224; ne pas tomber dans la pr&#233;somption. Les chutes sont possibles mais ne signent pas la fin du parcours, si l'&#226;me sait se tourner vers le Seigneur dont la mis&#233;ricorde ne fait jamais d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourra aussi &#234;tre frapp&#233; par les paradoxes qui sont au c&#339;ur de ce trait&#233;. En effet, il s'agit pour l'&#226;me de tout donner et pour cela de tout recevoir car le travail est d&#233;j&#224; enti&#232;rement fait de la part du Seigneur (c'est lui qui a pr&#233;par&#233; le jardin) mais l'&#226;me doit pour autant travailler au jardin (l'arroser) si bien que l'on peut se demander qui est le jardinier : le ma&#238;tre ou l'&#226;me ? Th&#233;r&#232;se invite au courage et &#224; la d&#233;termination alors qu'en m&#234;me temps, tout est gr&#226;ce. Enfin, Th&#233;r&#232;se invite aux grands d&#233;sirs qu'il ne faut pas rabaisser et en m&#234;me temps &#224; l'humilit&#233;. L'ambition de la saintet&#233; s'appuie toute enti&#232;re sur l'humilit&#233; que tout vient de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se &#233;crit finalement son trait&#233; de l'oraison afin de rendre gr&#226;ce &#224; Dieu pour tous les dons re&#231;us et afin d'inviter le lecteur &#224; croire que ceux-ci sont offerts, &#224; lui aussi. &#171; Puisse l'immense lib&#233;ralit&#233; dont il a us&#233; envers une si mis&#233;rable p&#233;cheresse, animer et encourager ceux qui liront ceci &#224; tout quitter sans r&#233;serve pour son amour ! &#187; (V 21, 12) Que son enseignement nous guide durant ce car&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;V / Le texte de ce soir est extrait du chapitre 11 (&#167; 9-13).&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le texte au programme de ce soir se trouve au d&#233;but du trait&#233; des quatre eaux. Il peut &#234;tre bon de le situer dans l'ensemble du chapitre 11, pour inciter chacun de nous &#224; relire l'ensemble de ce chapitre !&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#167; 1-5 Introduction au trait&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#167; 6-8 La comparaison du jardin&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#167; 9 Tirer l'eau du puits. Le th&#232;me de la s&#233;cheresse dans la pri&#232;re&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#167; 10-11 Comportement &#224; tenir et sens de la s&#233;cheresse&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#167; 12	Adresse au Ma&#238;tre (pri&#232;re)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#167; 13-15 Exhortation &#224; &#8220;&#234;tre d&#233;termin&#233;&#8221; (&#167; 13) ; Adresses aux lecteurs qui se plaignent (&#167; 14) et &#224; ceux qui n'ach&#232;vent pas leur chemin (&#167; 15)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#167; 16	Un discernement n&#233;cessaire entre adaptation et t&#233;nacit&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#167; 17 Reprise en inclusion du th&#232;me de la s&#233;cheresse&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Guillaume Dehorter, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tout attendre de Dieu</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Nouvel-article,1291.html</link>
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		<dc:date>2010-04-16T09:22:05Z</dc:date>
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&lt;p&gt;&#8220;ATTENDRE TOUT DE DIEU&#8221; Dans la vie de Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus, la conversion de l'homme &#224; Dieu rev&#234;t une grande importance. Son premier ouvrage &#8211; Le Livre de la Vie &#8211; est l'histoire de sa vocation c'est-&#224;-dire le r&#233;cit de sa r&#233;ponse &#224; l'appel de Dieu au c&#339;ur m&#234;me de sa vie. A l'heure choisie par le Ma&#238;tre, &#224; l'occasion de tel ou tel &#233;v&#233;nement, Dieu vient frapper &#224; la porte de sa servante. Est-elle plus attentive &#224; la pr&#233;sence de sa Majest&#233;, ou Dieu a-t-il us&#233; de plus de force et de d&#233;termination (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8220;ATTENDRE TOUT DE DIEU&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la vie de Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus, la conversion de l'homme &#224; Dieu rev&#234;t une grande importance. Son premier ouvrage &#8211; Le Livre de la Vie &#8211; est l'histoire de sa vocation c'est-&#224;-dire le r&#233;cit de sa r&#233;ponse &#224; l'appel de Dieu au c&#339;ur m&#234;me de sa vie. A l'heure choisie par le Ma&#238;tre, &#224; l'occasion de tel ou tel &#233;v&#233;nement, Dieu vient frapper &#224; la porte de sa servante. Est-elle plus attentive &#224; la pr&#233;sence de sa Majest&#233;, ou Dieu a-t-il us&#233; de plus de force et de d&#233;termination pour permettre &#224; la religieuse d'ouvrir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous efforcerons de regarder de plus pr&#232;s les conditions qui ont rendu possible cette rencontre, car nous sommes devant un myst&#232;re : celui du rendez-vous du divin et de l'humain, du Cr&#233;ateur et de sa cr&#233;ature. Mais Dieu se fait toujours mendiant pour solliciter de son enfant une r&#233;ponse. Il ouvre &#224; celui ou celle qu'Il aime un espace de vie, de libert&#233;. Comment ne pas laisser r&#233;sonner &#224; nos oreilles cet &#233;cho du livre de l'Apocalypse : &#171; Voici, je me tiens &#224; la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi pr&#232;s de lui et lui pr&#232;s de moi. &#187; (Ap 3,20) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#234;tre humain reste trop souvent prisonnier de sa d&#233;termination &#224; demeurer le centre de sa vie et tra&#238;ne les pieds pour retrouver la joie du salut offert, illimit&#233;, et ouvert &#224; tous. Ainsi Th&#233;r&#232;se nous confie-t-elle : &#171; Si j'ai donn&#233; tant d'&#233;tendue &#224; mon r&#233;cit, c'est, je le r&#233;p&#232;te, pour bien mettre en lumi&#232;re la divine mis&#233;ricorde et mon ingratitude. &#187; (V 8,4)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se portera en elle cette conscience d'&#234;tre une grande p&#233;cheresse, d&#233;couvrant, au terme d'un long cheminement, le pardon par la gr&#226;ce de l'amour sauveur du Christ. Elle aime la lecture des saints convertis qui l'aident &#224; suivre leur chemin de gu&#233;rison. Elle jugera d'ailleurs qu'ils ont bien de la chance de se laisser saisir par l'&#233;lan de la mis&#233;ricorde, de se jeter dans les bras du p&#232;re de l'enfant prodigue, alors qu'elle se trouve peiner sur ce chemin de r&#233;conciliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effor&#231;ons-nous d'entrer dans cette intimit&#233;, non par indiscr&#233;tion, mais avec le d&#233;sir de cheminer avec elle vers cette gr&#226;ce toujours actuelle et toujours offerte par Dieu : go&#251;ter, savourer m&#234;me, les d&#233;lices du pardon.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Que nous dit Th&#233;r&#232;se de sa conversion ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au chapitre neuvi&#232;me du Livre de la vie, Th&#233;r&#232;se nous raconte sa conversion. Rien de grandiose dans les faits, un simple fait divers, un &#8220;d&#233;clic&#8221; qui va ouvrir le pont-levis de son c&#339;ur et laisser l'amour mis&#233;ricordieux p&#233;n&#233;trer l'&#226;me de notre M&#232;re. &#201;coutons-l&#224; : &#171; Mon &#226;me se sentait bien lasse, mais ses mauvaises habitudes ne lui permettaient pas de trouver le repos dont elle avait soif. Un jour, [Car&#234;me de 1554] comme j'entrais dans l'oratoire, j'y aper&#231;us une statue [&#8230;] qu'on avait plac&#233;e l&#224;, en attendant. C'&#233;tait un Christ couvert de plaies ; et si touchant qu'&#224; le consid&#233;rer, je me sentis profond&#233;ment boulevers&#233;e, tant il peignait bien ce que Notre Seigneur endura pour nous. Si grande fut ma douleur devant l'ingratitude dont j'avais pay&#233; de telles blessures, que je croyais sentir mon c&#339;ur se briser. Je me jetai aupr&#232;s de mon Sauveur en versant un torrent de larmes, et le suppliai de me donner en cet instant la force de ne plus l'offenser. &#187; (V 9,1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de noter que Dieu utilise bien volontiers &#8220;un d&#233;tail&#8221; de la vie pour ramener vers lui une &#226;me qui risquerait de se perdre. Le Seigneur, en bon p&#233;dagogue, se sert des &#233;l&#233;ments de la vie quotidienne qui vont ouvrir une br&#232;che dans des carapaces humaines bien herm&#233;tiques ! Notons aussi les premi&#232;res expressions qui pr&#233;c&#233;dent la d&#233;couverte de la statue. La Madre &#233;voque une attitude tout int&#233;rieure : &#171; mon &#226;me se sentait lasse [&#8230;] de trouver le repos dont elle avait soif &#187; (V 9,1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu permit qu'une lassitude s'install&#226;t dans l'&#226;me de cette consacr&#233;e pour lui faire go&#251;ter l'eau de la source, cette eau que le Christ offrit &#224; la Samaritaine : &#171; Si tu savais le don de Dieu et celui qui te dit : &#8220;Donne-moi &#224; boire&#8221;, c'est toi qui l'aurais pri&#233; et il t'aurait donn&#233; de l'eau vive. &#187; (Jn 4,10). De m&#234;me a-t-elle fr&#233;quent&#233; et m&#233;dit&#233; le psaume 142 : &#171; Je tends les mains vers toi, me voici devant toi comme une terre assoiff&#233;e. &#187; (PS 142(143), 6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se, peu &#224; peu, fut vaincue par l'action mis&#233;ricordieuse du Seigneur. Longtemps elle avait cru pouvoir servir le Seigneur avec ses propres forces, mettant sa confiance en ses capacit&#233;s personnelles. Elle constate maintenant son &#233;chec et se tourne vers Dieu en mettant sa confiance en lui : &#171; Je suppliais le Seigneur de me venir en aide. Mais une chose me manquait sans doute, je crois m'en rendre compte &#224; pr&#233;sent : c'est que je ne me confiais pas enti&#232;rement en sa majest&#233; et ne me d&#233;fiais pas absolument de moi-m&#234;me. Je cherchais un rem&#232;de, je prenais des moyens, mais &#233;videmment je ne comprenais pas encore que tout cela sert de peu quand on ne bannit pas toute confiance en soi-m&#234;me, pour placer totalement sa confiance en Dieu. &#187; (V 8,12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Christ tout couvert de plaies sera l'image m&#234;me de la mis&#233;ricorde qui va provoquer en Th&#233;r&#232;se cette conversion. Elle sera exauc&#233;e et pourra alors chanter les mis&#233;ricordes de son Seigneur pour sa servante, son enfant. &#171; Mon &#226;me, j'en suis persuad&#233;e, re&#231;ut alors de Notre Seigneur des forces surprenantes. Sans doute il avait entendu mes cris, il avait eu piti&#233; de tant de larmes. Je sentis cro&#238;tre en moi le d&#233;sir de passer plus de temps en sa compagnie et d'&#233;loigner de mes regards les causes de ma dissipation. A peine les avais-je perdues de vue, que je sentais son amour rena&#238;tre en moi. &#187; (V 9,9). D&#233;sormais elle est toute donn&#233;e &#224; Dieu, lequel l'introduit rapidement dans la vie mystique o&#249; l'&#226;me s'unit &#224; lui. &#171; A peine m'&#233;tais-je &#233;loign&#233;e des occasions dangereuses et consacr&#233;e davantage &#224; l'oraison, que le Seigneur, de son c&#244;t&#233;, se mit &#224; me favoriser de ses gr&#226;ces. On aurait dit qu'il attendait que je veuille bien les recevoir. &#187; (V 23, 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, Th&#233;r&#232;se aborde le second versant de sa vie qu'elle &#233;voque d'une mani&#232;re significative dans le Livre de la vie : &#171; C'est, en effet, un nouveau livre qui va s'ouvrir, je veux dire une nouvelle vie. &#187; (V 23,1). Th&#233;r&#232;se s'abandonne &#224; Dieu et ne lui r&#233;siste plus parce que son esprit est devenu conforme &#224; l'Esprit de Dieu. La gr&#226;ce de 1554 correspond &#224; une conversion initiale &#224; la vie mystique. Elle opte alors pour une vie pleinement &#233;vang&#233;lique. Nous saisissons ici en quoi pr&#233;cis&#233;ment elle consiste : Th&#233;r&#232;se part d'un constat d'&#233;chec des moyens humains et aboutit &#224; la d&#233;couverte de la loi nouvelle : se laisser habiter et conduire par l'Esprit Saint. La mis&#233;ricorde de Dieu va appara&#238;tre sous un jour plus &#233;clatant : elle va relever Th&#233;r&#232;se de sa mis&#232;re en faisant d'elle une cr&#233;ature nouvelle, selon la belle expression de saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens (1 Co 5,17)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est particuli&#232;rement remarquable en sainte Th&#233;r&#232;se, c'est que la r&#233;alit&#233; de sa mis&#232;re personnelle n'emp&#234;che pas l'&#339;uvre divine d'&#234;tre conduite &#224; son ach&#232;vement. La r&#233;demption a trouv&#233; en Th&#233;r&#232;se un sujet en qui elle pouvait se r&#233;aliser pleinement, et notre M&#232;re est heureuse de nous partager son cadeau, nous pressant de l'accueillir &#224; notre tour pour notre plus grande joie de vivre notre vie baptismale en profondeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter que les longues ann&#233;es d'infid&#233;lit&#233; de la Madre mettent en lumi&#232;re la fid&#233;lit&#233; de Dieu, sa patience et sa mis&#233;ricorde sans borne, qui va progressivement la transformer. Ainsi peut-elle &#234;tre cette argile dans les mains du potier, argile qui se laisse fa&#231;onner selon l'image prise par le proph&#232;te J&#233;r&#233;mie (Jr 18). Cette exp&#233;rience est d'une telle richesse qu'elle va &#234;tre la source fondamentale des &#339;uvres doctrinales de la sainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle vie qui s'ouvre a &#233;t&#233; aussi pr&#233;par&#233;e par la lecture des &#339;uvres de St Augustin. C'est un des saints pr&#233;f&#233;r&#233;s de Th&#233;r&#232;se : &#171; J'aime tout particuli&#232;rement saint Augustin, d'abord parce que le couvent o&#249; j'ai &#233;t&#233; pensionnaire &#233;tait de son Ordre, ensuite parce qu'il a &#233;t&#233; p&#233;cheur. De fait j'ai toujours go&#251;t&#233; une consolation particuli&#232;re aupr&#232;s des saints que le Seigneur a tir&#233;s du p&#233;ch&#233; ; il me semblait trouver en eux du secours : si Dieu leur avait pardonn&#233;, il pouvait me pardonner &#224; moi-m&#234;me &#187; (V 9,7).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre d&#233;cisive de Th&#233;r&#232;se avec Augustin eut lieu pendant qu'elle lisait les Confessions : &#171; A peine avais-je commenc&#233; la lecture des Confessions de saint Augustin, qu'il me sembla me retrouver moi-m&#234;me. Je me mis &#224; prier instamment ce glorieux saint &#187; (V 9,8). Dans ses Confessions, l'&#233;v&#234;que d'Hippone note : &#171; Donne-moi, Seigneur, ce que tu commandes et commande ce que tu veux. &#187;. Serait-ce l&#224; l'origine de sa &#171; determinada determinaci&#243;n &#187; &#8220;d&#233;termination d&#233;termin&#233;e&#8221; (cf. C 21, 1) de suivre d&#233;sormais son Seigneur et Ma&#238;tre quel qu'en soit le prix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La po&#233;sie &#171; Je suis tienne, pour toi je suis n&#233;e &#187; nous en offre une belle illustration : &#171; (&#8230;) Que veux-tu donc, Seigneur, tr&#232;s bon, / que fasse un si vil serviteur ?/Quelle mission as-tu donn&#233;e/ &#224; cet esclave p&#233;cheur ?/ Me voici, mon doux amour, / Doux amour, me voici/ Que veux-tu faire de moi ? &#187; (PO 2, strophe 3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre sainte a accueilli avec d&#233;lice la qu&#234;te d'Augustin pour chercher son Seigneur et Ami, et le trouver au-dedans de lui-m&#234;me. Elle en fera mention dans le Chemin de Perfection : &#171; Saint Augustin rapporte, vous le savez, qu'il chercha le Seigneur en divers lieux, et qu'il le trouva enfin au-dedans de lui-m&#234;me . Pensez-vous que ce soit un petit avantage, pour une &#226;me r&#233;pandue au-dehors, de conna&#238;tre cette v&#233;rit&#233;, de savoir qu'elle n'a pas besoin de monter au ciel pour s'entretenir avec son P&#232;re &#233;ternel et prendre aupr&#232;s de lui ses d&#233;lices, qu'elle n'a pas besoin non plus d'&#233;lever la voix pour lui parler ? Si bas qu'elle le fasse, il l'entendra, tant il est pr&#232;s d'elle. Pour aller &#224; sa recherche, elle n'a pas besoin de prendre des ailes, elle n'a qu'&#224; entrer en solitude, regarder au-dedans d'elle-m&#234;me, et ne pas s'&#233;loigner d'un h&#244;te si excellent. Qu'en toute humilit&#233;, elle lui parle comme on parle &#224; un p&#232;re. &#187; (C 28,2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en trouvons des traces aussi dans le Ch&#226;teau Int&#233;rieur qui est un &#233;cho &#224; la th&#232;se augustinienne de l'int&#233;riorit&#233;. Son attachement &#224; saint Augustin est palpable aussi dans la d&#233;cision de Th&#233;r&#232;se de donner &#224; un ermitage de son premier carmel Saint-Joseph le nom de notre illustre &#233;v&#234;que.
Elle aime aussi mentionner son affection toute particuli&#232;re pour d'autres saints qui se sont convertis. Ainsi le roi David et Marie-Madeleine seront maintes fois cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Rassemblons quelques lignes de force de cette mis&#233;ricorde &#224; laquelle Th&#233;r&#232;se si souvent fait allusion.&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;La mis&#233;ricorde de Dieu : l'autre nom de l'amour de Dieu.&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;	La mis&#233;ricorde selon sainte Th&#233;r&#232;se exprime l'acte de Dieu qui efface la distance infinie entre la mis&#232;re du p&#233;cheur et l'amour de Dieu. Il n'a de cesse de vouloir &#233;lever l'homme jusqu'&#224; Lui, jusqu'&#224; son intimit&#233;. &#192; diverses reprises, elle utilise l'expression &#171; la grande mis&#233;ricorde de Dieu &#187; (V 37,7 ; F 3,7 et LT 427,4). Elle est grande, en effet, cette mis&#233;ricorde par ses manifestations, ses bienfaits. Grande, parce qu'elle est &#224; la mesure de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En consid&#233;rant la grandeur de Dieu, Th&#233;r&#232;se fait l'exp&#233;rience du pardon gratuit des offenses, qui lui avaient m&#233;rit&#233; l'enfer. Dieu t&#233;moigne &#224; son &#233;gard d'une grande piti&#233; et de patience inlassable : &#171; Nous sommes tomb&#233;s pour avoir voulu te frapper d'un coup mortel, et toi, oubliant tout, tu nous tends de nouveau la main, (&#8230;) B&#233;nie, une si immense mis&#233;ricorde ! Louange sans fin &#224; une si tendre compassion ! &#187; (E 3,1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit que Th&#233;r&#232;se fait de sa vie se pr&#233;sente comme un r&#233;sum&#233; de l'histoire du salut o&#249; Dieu se penche sur la mis&#232;re de l'homme pour le recr&#233;er dans le Christ. On comprend alors pourquoi l'analyse de la mis&#233;ricorde chez sainte Th&#233;r&#232;se recouvre un champ aussi vaste : Dieu et l'homme. Toute son exp&#233;rience inhale la bonne odeur du pardon offert par le Sauveur et dont les pages des &#233;vangiles font &#233;cho. La mis&#233;ricorde divine est &#224; la source de tout le d&#233;veloppement moral de l'homme et l'invite &#224; une vie nouvelle dans le Christ. La Madre donne &#224; ce mot &#8220;MISERICORDE&#8221; ses plus beaux atours. Elle nous demande de les accueillir aujourd'hui. Ils nous ouvrent un chemin de libert&#233; et de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre avec l'Humanit&#233; du Christ dans l'oraison va faire percevoir &#224; l'&#226;me toute la tendresse et la proximit&#233; du R&#233;dempteur, pleinement engag&#233; au c&#244;t&#233; de l'homme pour le sauver. La mis&#233;ricorde divine va r&#233;v&#233;ler &#224; Th&#233;r&#232;se le vrai visage de Dieu, sa sagesse et son amour. Elle aimera le nommer le vrai consolateur : &#171; Je crois pouvoir l'assurer, depuis que j'ai pris la r&#233;solution de servir de toutes mes forces ce bon Ma&#238;tre, ce doux consolateur, jamais je n'ai &#233;t&#233; dans la peine&#8230; &#187; (V 40,20)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mis&#233;ricorde divine est sans cesse &#224; l'&#339;uvre et pr&#233;sente partout, jaillissement de la pr&#233;sence du Bien Aim&#233;. J&#233;sus Christ est l'incarnation de cette mis&#233;ricorde divine. Le Fils de Dieu devient fr&#232;re de Th&#233;r&#232;se et celle-ci devient &#233;pouse du Christ. Elle comprend alors que la justice de Dieu &#224; l'&#233;gard de l'homme, c'est sa mis&#233;ricorde. A l'homme d'accueillir celle-ci pour vivre de la vraie vie&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce qu'est l'homme.&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La mis&#233;ricorde r&#233;v&#232;le &#224; l'homme sa dignit&#233; : &#171; Tu as dit, &#244; mon Ma&#238;tre que tu venais chercher les p&#233;cheurs les voil&#224;, Seigneur, les vrais p&#233;cheurs ! Et toi, mon Dieu, oublie notre aveuglement, consid&#232;re uniquement les flots de sang que ton Fils a r&#233;pandus pour nous. Que ta mis&#233;ricorde resplendisse au sein d'une malice si extr&#234;me ! Souviens-toi, Seigneur, que nous sommes ton &#339;uvre, et sauve-nous par ta bont&#233;, par ta mis&#233;ricorde ! &#187; (E 8,3)&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que Dieu fait de l'homme.&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;	La mis&#233;ricorde divine est cause de l'Incarnation, de la R&#233;surrection du Christ qui veut lib&#233;rer l'homme de sa mis&#232;re et se l'unir dans le partage de sa propre vie. Elle fait de tout &#234;tre un &#234;tre appel&#233; &#224; la saintet&#233;, c'est-&#224;-dire &#224; l'identification avec le Christ qui l'entra&#238;ne &#224; assumer pleinement l'exp&#233;rience concr&#232;te de sa propre mis&#232;re dans l'union &#224; sa Passion. Le disciple du Christ se glorifie alors de sa faiblesse pour que se manifeste la mis&#233;ricorde de Dieu. La mis&#233;ricorde divine va porter l'&#226;me &#224; louer Dieu. L'homme accepte alors de ne plus compter sur ses propres forces mais sur la mis&#233;ricorde divine. Il atteint alors une maturit&#233; chr&#233;tienne dans l'exercice de la charit&#233;. Ayant re&#231;u l'amour de Dieu, il devient &#224; son tour t&#233;moin et porteur de cette esp&#233;rance &#224; tous les bless&#233;s du p&#233;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;vangile de la mis&#233;ricorde.&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le Dieu de Th&#233;r&#232;se est un Dieu riche en mis&#233;ricorde (Ep 2,4). Elle le montre dans le Livre de la Vie, et dans d'autres textes qui illustrent ses propos. Et Th&#233;r&#232;se nous appara&#238;t comme un t&#233;moin privil&#233;gi&#233; de cette proximit&#233; de Dieu. Cette proximit&#233; est le signe distinctif de la mis&#233;ricorde divine dans la Bible. Le cantique de Zacharie nous en offre une illustration (Lc 1,67-79).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se fait l'exp&#233;rience des pr&#233;venances et des tendresses de Dieu, exprim&#233;es en son Fils J&#233;sus. Le P&#232;re est celui de la parabole de l'enfant prodigue, et n'est que mis&#233;ricorde divine. Par l'Esprit Saint, Th&#233;r&#232;se peut alors se d&#233;tourner de sa mis&#232;re morale pour se donner sans r&#233;serve. L'oraison sera le centre de sa vie, elle est ouverture &#224; l'Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se nous montre Dieu, &#224; la fois splendide de majest&#233; et infiniment proche. Sa grandeur se r&#233;v&#232;le dans sa mis&#233;ricorde, comme sa puissance. Cette bonne nouvelle du pardon offert &#224; tous ceux qui osent croire qu'ils sont aim&#233;s de Dieu, malgr&#233; le poids de leurs p&#233;ch&#233;s, Th&#233;r&#232;se la proclame &#224; qui veut l'entendre. En d&#233;couvrant toujours plus clairement le visage et le c&#339;ur de Dieu, la Madre fonde sa foi et son esp&#233;rance sur la mis&#233;ricorde divine. Sa vie montre et condense cette histoire sainte qui n'est que l'histoire de la mis&#233;ricorde de Dieu r&#233;v&#233;l&#233;e aux hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi aime-t-elle chanter les bont&#233;s de son Seigneur, et nous invite &#224; notre tour &#224; entrer dans son action de gr&#226;ce : &#171; Misericordias Domini in aeternum cantabo (Les mis&#233;ricordes de Dieu, &#233;ternellement je chanterai) &#187; (Ps 88(89), 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; Fr. Didier Joseph Caullery, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gen&#232;se et structure du livre de la vie</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Genese-et-structure-du-livre-de-la-vie.html</link>
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		<dc:date>2010-04-16T09:15:02Z</dc:date>
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&lt;p&gt;GEN&#200;SE ET STRUCTURE DU LIVRE DE LA VIE Ce livre est le fruit du cheminement spirituel de Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus : un cheminement long, difficile et parfois douloureux. Nous savons que Th&#233;r&#232;se, sur l'ordre de ses confesseurs, a &#233;crit plusieurs versions du Livre de la vie. Rien ne subsiste des premi&#232;res versions. Nous ne disposons aujourd'hui que de la version finale. Nous allons cependant tenter de reconstituer la &#8220;fabrication&#8221; progressive de cet ouvrage. I / Gen&#232;se du Livre de la vie 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Le-livre-de-la-Vie,315-.html" rel="directory"&gt;Fiches et conf&#233;rences&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;GEN&#200;SE ET STRUCTURE DU LIVRE DE LA VIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Ce livre est le fruit du cheminement spirituel de Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus : un cheminement long, difficile et parfois douloureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous savons que Th&#233;r&#232;se, sur l'ordre de ses confesseurs, a &#233;crit plusieurs versions du Livre de la vie. Rien ne subsiste des premi&#232;res versions. Nous ne disposons aujourd'hui que de la version finale. Nous allons cependant tenter de reconstituer la &#8220;fabrication&#8221; progressive de cet ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;I / Gen&#232;se du Livre de la vie&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; &#233;tape : 1554-1555&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;	&#192; partir de 1554, la gr&#226;ce de Dieu a transform&#233; la vie de Th&#233;r&#232;se. Elle a 40 ans et elle est carm&#233;lite depuis 20 ans. Elle vit des exp&#233;riences spirituelles d&#233;concertantes et elle s'inqui&#232;te. Elle fait alors appel &#224; deux personnes de renom pour examiner et authentifier ce qu'elle vit : Francisco de Salcedo (un spirituel la&#239;c qui deviendra pr&#234;tre apr&#232;s son veuvage) et ma&#238;tre Gaspar Daza, pr&#234;tre s&#233;culier (cf. V 23, 8 et suivants). Peut-&#234;tre lui demandent-ils une premi&#232;re relation &#233;crite : &#171; Je remis un expos&#233; de ma vie et de mes p&#233;ch&#233;s, que je r&#233;digeai de mon mieux &#187; (V 23, 14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Th&#233;r&#232;se ne comprend pas ce qu'elle vit et elle est incapable d'en parler : &#171; le malheur, c'est que, pr&#233;cis&#233;ment, je ne savais en aucune fa&#231;on m'en expliquer &#187; (V 23, 11). Faute de mieux, Th&#233;r&#232;se souligne dans un exemplaire de la Mont&#233;e du Mont Sion du franciscain Bernardino de Laredo, les passages qui lui semblent d&#233;crire ses propres exp&#233;riences (V 23, 12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Inquiets, devant les propos rapport&#233;s par Th&#233;r&#232;se, les deux hommes consultent des j&#233;suites, puis des dominicains qui vont lui demander de mettre par &#233;crit son exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Je mis par &#233;crit tout le mal et tout le bien que j'avais faits dans ma vie, et cela avec toute l'exactitude dont je fus capable, sans rien en omettre &#187; (V 23, 15).&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tape : 1558-1560&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;	Son amie do&#241;a Guiomar de Ulloa lui donne de pouvoir s'entretenir avec Pierre d'Alcantara (cf. V 30, 2-3). Il la comprend d'exp&#233;rience et l'encourage sur son chemin. Il lui permet de se comprendre elle-m&#234;me et de pouvoir exprimer ce qu'elle vit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Th&#233;r&#232;se insistera beaucoup sur l'importance de recevoir une gr&#226;ce de compr&#233;hension et d'expression pour le t&#233;moignage &#233;crit d'une exp&#233;rience mystique : &#171; C'est qu'en effet recevoir de Dieu une faveur est une premi&#232;re gr&#226;ce ; savoir en quoi elle consiste en est une seconde ; enfin, c'en est une troisi&#232;me de pouvoir en rendre compte et en donner l'explication &#187; (V 17, 5).&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tape : 1560-1561&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;	Peu apr&#232;s, Th&#233;r&#232;se, toujours inqui&#232;te, consulte le P&#232;re Pedro Iba&#241;ez, dominicain (cf. V 33, 5). Il lui remet un avis en 33 points qui semble reposer sur une relation &#233;crite de sa vie d'oraison, faite par Th&#233;r&#232;se elle-m&#234;me. Il pourrait s'agir de la Relation 1, &#233;crite fin 1560.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tape : 1562&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;	Pendant son s&#233;jour &#224; Tol&#232;de (de No&#235;l 1561 &#224; juillet 1562), dans le palais de Luisa de la Cerda, Th&#233;r&#232;se rencontre le p&#232;re Garcia de Toledo, dominicain et ami du P&#232;re Iba&#241;ez. Il lui conseille de mettre par &#233;crit l'histoire de sa vie et de rapporter en d&#233;tail les merveilles que le Seigneur &#224; op&#233;r&#233;es en son &#226;me. Th&#233;r&#232;se ob&#233;it avec promptitude et en juin 1562, elle a achev&#233; son r&#233;cit et l'a remis au p&#232;re Garcia de Toledo. (Cf. Lettre d'envoi du Livre de la vie) Nous n'avons plus le texte de ce premier r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tape : 1562-1564&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;	Ses confesseurs, dont le p&#232;re Garcia de Toledo, lui demandent de reprendre son &#233;crit en y ajoutant la fondation du monast&#232;re de San-Jos&#233; (24 ao&#251;t 1562). &#171; Je re&#231;us du p&#232;re Garcia de Toledo, dominicain, alors mon confesseur, l'ordre d'&#233;crire cette fondation avec bien d'autres choses qu'on trouvera dans ce livre &#187; (F. prol. 2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Selon le t&#233;moignage du p&#232;re J&#233;r&#244;me Gracien, plusieurs de ses amis et de ses confesseurs vont insister pour qu'elle reprenne son ouvrage. Elle &#233;crit : &#171; Ceux-l&#224; seulement qui ont exig&#233; de moi cet &#233;crit, savent que je m'en occupe, et, actuellement, ils ne sont pas ici. Je n'y emploie pour ainsi dire qu'un temps d&#233;rob&#233;, et encore &#224; regret, car cela m'emp&#234;che de filer, et je suis dans une maison pauvre o&#249; j'ai bien des occupations &#187; (V 10, 7). Sur le conseil du p&#232;re Garcia de Toledo, elle r&#233;partit la mati&#232;re en divers chapitre. Elle ne craint pas, selon l'avis re&#231;u de compl&#233;ter et de retoucher la premi&#232;re r&#233;daction. Elle n'h&#233;site pas &#224; s'&#233;tendre sur certains sujets : &#171; Mais comme vous m'avez de nouveau envoy&#233; dire de m'&#233;tendre sans crainte et de ne rien omettre, j'&#233;cris en toute candeur et toute v&#233;rit&#233; ce dont je me souviens &#187; (V 20, 21).&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tape : 1564-1565&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;	Th&#233;r&#232;se profite de la venue &#224; Avila, de don Francisco Soto y Salazar qui &#233;tait inquisiteur &#224; Tol&#232;de pour solliciter son avis sur ce qu'elle vivait. Elle &#233;crit : &#171; Cet inquisiteur, la voyant tr&#232;s tourment&#233;e, lui dit d'adresser une relation &#233;tendue de tout ce dont il s'agissait au Ma&#238;tre Jean d'Avila, qui vivait encore et qui &#233;tait un homme fort expert en mati&#232;re d'oraison. Lorsqu'elle en aurait re&#231;u sa r&#233;ponse, elle pourrait &#234;tre en repos &#187; (R 4, 6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se ach&#232;ve ce travail de r&#233;&#233;criture fin 1565, puisqu'elle &#233;voque le bref re&#231;u de Rome pour vivre sans revenus dans la nouvelle fondation de San-Jos&#233;, qui est dat&#233; du 17 juillet 1565 (V 39,14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'ouvrage est achev&#233;. Il compte deux cent cinq feuillets d'une &#233;criture ferme et r&#233;guli&#232;re. Il est divis&#233; en quarante chapitres munis d'un titre ou d'un sommaire, pr&#233;c&#233;d&#233;s d'un prologue et suivis d'une lettre d'envoi.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;II / Les p&#233;rip&#233;ties du manuscrit &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	D'une relation &#233;crite pour ses confesseurs et pour l'&#233;clairer sur les gr&#226;ces re&#231;ues de Dieu, le Livre de la vie devient un enseignement que la M&#232;re Th&#233;r&#232;se veut transmettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa correspondance nous permet d'ailleurs de mesurer tout l'int&#233;r&#234;t qu'elle portait &#224; son &#171; grand livre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela se manifeste dans les divers courriers qu'elle &#233;crit &#224; do&#241;a Luisa de la Cerda afin que cet ouvrage soit remis au Ma&#238;tre Jean d'Avila pour qu'il le lui retourne avec son avis qui sera tr&#232;s encouragant (cf. LT 7 ; 8 ; 9 ; 10 ; 14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#192; partir de 1570, &#224; l'insu de Th&#233;r&#232;se, le Livre de la vie se diffuse : &#171; Si tout cela s'est tant divulgu&#233;, c'est qu'&#233;tant toujours dans la crainte, elle a consult&#233; un grand nombre de personnes. Lesquelles en ont parl&#233; &#224; d'autres &#187; (R 4 copie d'Avila). Cela ennuie profond&#233;ment Th&#233;r&#232;se. La m&#232;re Anne de J&#233;sus rapporte ses propos : &#171; &#8220;Que Dieu pardonne &#224; mes confesseurs ! Voil&#224; qu'ils communiquent ce qu'ils me font &#233;crire. Et pour le conserver ils le transcrivent. Mais ils changent certaines choses : ceci, et ceci encore, n'est pas de moi.&#8221; Sur le champ, elle effa&#231;ait et, entre les lignes, r&#233;tablissait le texte v&#233;ritable&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;positon de la m&#232;re Anne de J&#233;sus, cit&#233;e dans l'introduction au Livre de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 1574, elle &#233;crit &#224; la prieure de Valladolid pour qu'elle remettre son &#233;crit &#224; l'&#233;v&#234;que d'Avila, don Alvaro de Mendoza (cf. LT 73, 4). Ce dernier en fera d'ailleurs une copie qu'il remettra &#224; sa s&#339;ur do&#241;a Mar&#237;a de Mendoza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#232;re Domingo B&#225;&#241;ez rapporte que devant la multiplication des copies, il se f&#226;cha contre la m&#232;re Th&#233;r&#232;se : &#171; Je lui dis que je voulais br&#251;ler l'original, tant je trouvais inconvenant que les &#233;crits d'une femme circulent dans le public. Elle me r&#233;pondit de bien y r&#233;fl&#233;chir, puis de le br&#251;ler, si je le trouvais &#224; propos. Je reconnus par l&#224; son absolue soumission et sa profonde humilit&#233;. Je consid&#233;rais la chose avec attention, et n'osai point br&#251;ler le manuscrit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;position du p&#232;re Domingo B&#225;&#241;ez, ib., p. 21.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 1574, la princesse d'Eboli, pour se venger de Th&#233;r&#232;se, d&#233;nonce son Livre de la vie &#224; l'Inquisition, le pr&#233;sentant comme un &#233;crit &#171; plein de visions, de r&#233;v&#233;lations, de doctrines dangereuses &#187;. L'Inquisition saisit l'original et recherche les copies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#232;re Domingo B&#225;&#241;ez est charg&#233; de l'examiner et en approuve le contenu par une lettre du 7 juillet 1575.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1576, c'est une novice que Th&#233;r&#232;se n'a pas voulu garder au carmel de S&#233;ville qui d&#233;nonce le Livre de la vie comme &#171; une doctrine neuve, superstitieuse, mensong&#232;re, semblable &#224; celle des illumin&#233;s d'Andalousie &#187;. L'ouvrage resta aux mains de l'Inquisition de Tol&#232;de. La suite de la correspondance de Th&#233;r&#232;se montre clairement qu'elle suit attentivement l'&#233;volution de son ouvrage. Le 28 f&#233;vrier 1577, elle &#233;crit &#224; son fr&#232;re Lorenzo : &#171; J'ai de bonnes nouvelles de mes papiers [le Livre de la vie]. Le Grand Inquisiteur les lit lui-m&#234;me, ce qui est nouveau. [&#8230;] Il a dit &#224; do&#241;a Luisa [de la Cerda] qu'il ne s'y trouvait rien en quoi les inquisiteurs puissent exercer leur office, et m&#234;me qu'il y avait plus &#224; louer qu'&#224; bl&#226;mer. [&#8230;] Ne le dites &#224; personne d'autre. Voil&#224; d'excellentes nouvelles &#187; (LT 185,8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se pensait qu'il n'existait plus de copies de son &#233;crit. Elle apprend soudain que le duc d'Albe lit un de ses livres copi&#233; par le p&#232;re Barth&#233;l&#233;my de M&#233;dina. Le 11 janvier 1580, elle &#233;crit au p&#232;re J&#233;r&#244;me Gratien : &#171; Ce livre que le p&#232;re Medina a fait copier, dites-vous, il me semble que c'est mon grand livre. Voudriez-vous me dire tout ce que vous en savez. Ne l'oubliez pas, surtout, j'en aurais tant de joie s'il existe maintenant un exemplaire autre que celui que les Anges [les inquisiteurs] ont en leur possession, on ne risque plus de le perdre &#187; (LT 324,9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1580, J&#233;r&#244;me Gratien rapporte que le cardinal de Quiroga lors d'un entretien avec la M&#232;re Th&#233;r&#232;se lui dit &#224; propos de son livre : &#171; La doctrine en est s&#251;re, exacte et tr&#232;s profitable. Vous pourrez l'envoyer prendre quand vous voudrez. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se veut de suite r&#233;clamer son &#233;crit &#224; l'Inquisition. Le p&#232;re J&#233;r&#244;me Gratien s'y oppose. Il pr&#233;f&#232;re ne pas attirer l'attention. Il emprunte la transcription du duc d'Albe et en fait ex&#233;cuter d'autres. La m&#232;re Th&#233;r&#232;se en profite pour l'avoir en main et demander &#224; sa ni&#232;ce Teresita d'en faire une copie en sa pr&#233;sence. Le 28 novembre 1581, elle &#233;crit &#224; la duchesse d'Albe : &#171; La faveur que vous m'avez faite relativement au livre est si grande que je ne peux assez le dire. [&#8230;] Mais si vous voulez me faire plaisir (car je ne sais s'il sera en s&#233;curit&#233; pendant ce long voyage), je le garderai jusqu'&#224; votre retour &#224; Alba &#187; (LT 419,1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re mention que nous trouvons dans sa correspondance se trouve dans une lettre au p&#232;re J&#233;r&#244;me Gratien dat&#233;e de d&#233;cembre 1581 ; elle y &#233;voque l'effet de la lecture du Livre de la vie sur le docteur Pedro de Castro y Nero : &#171; Je lui ai remis la partie que j'avais du livre que vous savez [Demeures ou Fondations ?]. Quant &#224; l'autre [le Livre de la vie], il ne se lasse pas de redire le bien qu'il lui a fait &#187; (LT 426,8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la m&#232;re Anne de J&#233;sus qui, avec l'appui de la cour, r&#233;cup&#232;re le pr&#233;cieux manuscrit et le confie &#224; l'&#233;minent th&#233;ologien fray Luis de Le&#243;n pour qu'il le publie. La premi&#232;re publication aura lieu &#224; Salamanque en 1588. Le roi Philippe II r&#233;clamera le manuscrit pour la biblioth&#232;que royale de l'Escorial o&#249; il se trouve encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la traduction de cet ouvrage en 1601 par Jean de Br&#233;tigny qui pr&#233;para la venue du carmel f&#233;minin en France en 1604.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;III / Un ouvrage anonyme et sans titre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;	Dans le Livre de la vie, Th&#233;r&#232;se parle en &#8220;Je&#8221;, mais sans jamais se nommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle souhaitait rester anonyme. Ce livre a un c&#244;t&#233; &#8220;secret&#8221; d'une certaine mani&#232;re. Peu de lieux sont nomm&#233;s, Avila est constamment appel&#233; &#8220;la ville&#8221;. &#192; l'exception de Pierre d'Alcantara (V 27, 3 ; 30, 2 ; etc.), de Fran&#231;ois Borgia (V 24, 3) et du Ma&#238;tre Jean d'Avila, dont elle parle dans la lettre d'envoi, Th&#233;r&#232;se ne r&#233;v&#232;le aucun des noms de ses interlocuteurs. Elle pr&#233;cise dans son r&#233;cit : &#171; Dans ce but, j'&#233;viterai de me nommer et de nommer ceux dont j'aurai &#224; parler ; enfin, je m'y prendrai de mon mieux pour rester inconnue &#187; (V 10, 7).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Elle tient fort &#224; cet anonymat : &#171; Je vous supplie de faire transcrire cette relation dans le cas o&#249; elle serait remise au Ma&#238;tre d'Avila, car on pourrait reconna&#238;tre mon &#233;criture &#187; (Lettre d'envoi, 2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#233;r&#232;se n'a pas donn&#233; de titre &#224; son &#233;crit. Ce n'est que post&#233;rieurement, et apr&#232;s la mort de sa r&#233;dactrice qu'il a &#233;t&#233; intitul&#233; : Le Livre de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans ses lettres, Th&#233;r&#232;se en parle comme du &#8220;grand livre&#8221; par rapport au &#8220;petit livre&#8221; qu'est le Chemin de Perfection (Cf. LT 88 ; 11, du 28 ao&#251;t 1575).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une autre lettre, elle en parle comme d'un &#8220;joyau&#8221; : &#171; Ce que l'on sait tr&#232;s positivement, c'est que ce joyau est toujours entre les mains du m&#234;me personnage. Il en fait un tr&#232;s grand cas, aussi est-il d&#233;termin&#233; &#224; ne s'en dessaisir que lorsqu'il en sera fatigu&#233; car il veut l'examiner de pr&#232;s &#187; (LT 219,8 ; du 7 d&#233;cembre 1577).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous percevons d&#233;j&#224; le lien du Livre de la vie avec le reste des &#233;crits de Th&#233;r&#232;se. Cet ouvrage est la pierre angulaire sur laquelle s'&#233;difie ensuite toute l'&#339;uvre litt&#233;raire de la Madre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En parcourant encore la correspondance de Th&#233;r&#232;se, nous trouvons deux autres appellations pour d&#233;signer ce livre. Elle &#233;crit plusieurs lettres &#224; son amie do&#241;a Luisa de la Cerda pour lui demander de remettre le manuscrit du Livre de la vie au Ma&#238;tre Jean d'Avila, afin qu'il puisse donner son avis. Dans la lettre du 23 juin 1568, elle pr&#233;cise : &#171; songez que c'est mon &#226;me [le Livre de la vie] que je vous ai confi&#233;e. Ainsi, veuillez me la renvoyer en toute s&#251;ret&#233; et le plus rapidement possible &#187; (LT 10,2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est toutefois, au couchant de sa vie, dans la lettre du 19 novembre 1581, &#224; don Pedro de Castro y Nero, qu'elle use de la plus forte expression : &#171; Que la mis&#233;ricorde de Dieu est admirable ! Ainsi le r&#233;cit de mes fautes vous a fait du bien ! C'est avec raison du reste, puisque vous me voyez &#233;chapp&#233;e de l'enfer, que j'ai m&#233;rit&#233; depuis longtemps. C'est pour cela que j'ai intitul&#233; ce livre Les Mis&#233;ricordes de Dieu &#187; (LT 415,1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;minente lectrice de cet ouvrage, Edith Stein, fait &#233;cho &#224; cela quand elle &#233;crit : &#171; Avec les Confessions de saint Augustin, aucun livre de la litt&#233;rature universelle n'est marqu&#233; comme le Livre de la vie de Th&#233;r&#232;se du sceau de la v&#233;rit&#233;, aucun livre n'&#233;claire d'une lumi&#232;re aussi p&#233;n&#233;trante les plis secrets de notre &#226;me, ni ne livre un t&#233;moignage aussi &#233;mouvant des &#8220;mis&#233;ricordes de Dieu&#8221; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Edith Stein, L'art d'&#233;duquer, regard sur Th&#233;r&#232;se d'Avila, Ad Solem, 1999, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En r&#233;sonnance avec les paroles de Th&#233;r&#232;se d'Avila et d'Edith Stein, nous pouvons entendre la pr&#233;sentation que le Pr&#233;pos&#233; G&#233;n&#233;ral des Carmes D&#233;chaux, le p&#232;re Saverio Cannistr&#224;, fait dans sa lettre de pr&#233;sentation du document capitulaire Pour vous je suis n&#233;e : &#171; A peine avons-nous ouvert le volume des &#339;uvres de sainte Th&#233;r&#232;se que nous tombons sur l'extraordinaire prologue du Livre de la vie, dans lequel elle avertit le lecteur de ne pas oublier la partie obscure de sa personne dont il ne lui est pas permis de parler, car il lui est seulement permis d'&#233;crire sur sa fa&#231;on de prier et sur les gr&#226;ces re&#231;ues. C'est une d&#233;claration qui nous met imm&#233;diatement en dehors du style hagiographique conventionnel et qui nous ram&#232;ne &#224; l'authenticit&#233; d'une vie chr&#233;tienne en &#233;tat continuel de conversion. Si Th&#233;r&#232;se &#233;crit cela, c'est pr&#233;cis&#233;ment pour que personne ne se sente exclu de la possibilit&#233; de parcourir son chemin et de recevoir des gr&#226;ces semblables &#224; celles qu'elle a exp&#233;riment&#233;es &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P&#232;re Saverio Cannistr&#224;, lettre de pr&#233;sentation du document capitulaire, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Faisons n&#244;tres ces paroles en suivant ce chemin de car&#234;me autour du Livre de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Didier-Marie Golay, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;positon de la m&#232;re Anne de J&#233;sus, cit&#233;e dans l'introduction au Livre de la vie, in &#338;uvres Compl&#232;tes de sainte Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus, tome 1 Paris, 1907, p. 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;position du p&#232;re Domingo B&#225;&#241;ez, ib., p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Edith Stein, L'art d'&#233;duquer, regard sur Th&#233;r&#232;se d'Avila, Ad Solem, 1999, p. 107.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P&#232;re Saverio Cannistr&#224;, lettre de pr&#233;sentation du document capitulaire, &#171; Pour vous je suis n&#233;e &#187;, avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Prendre le Christ pour ami</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Prendre-le-Christ-pour-ami.html</link>
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&lt;p&gt;PRENDRE LE CHRIST POUR AMI Voici quelques textes extraits de la Vida, pour alimenter notre temps de rencontre avec le Christ J&#233;sus : 22, 7. Notre bon Ma&#238;tre est pour nous la source de tous les biens : lui-m&#234;me vous enseignera. Regardez sa vie, il n'est pas de meilleur mod&#232;le. Avoir &#224; son c&#244;t&#233; un tel ami qui n'abandonne pas, comme les amis du monde dans les &#233;preuves et les difficult&#233;s, que peut-on souhaiter de plus ? 22, 10.	Au milieu des affaires, des pers&#233;cutions, des &#233;preuves, alors (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Le-livre-de-la-Vie,315-.html" rel="directory"&gt;Fiches et conf&#233;rences&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PRENDRE LE CHRIST POUR AMI&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voici quelques textes extraits de la Vida, pour alimenter notre temps de rencontre avec le Christ J&#233;sus :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22, 7. Notre bon Ma&#238;tre est pour nous la source de tous les biens : lui-m&#234;me vous enseignera. Regardez sa vie, il n'est pas de meilleur mod&#232;le. Avoir &#224; son c&#244;t&#233; un tel ami qui n'abandonne pas, comme les amis du monde dans les &#233;preuves et les difficult&#233;s, que peut-on souhaiter de plus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22, 10.	Au milieu des affaires, des pers&#233;cutions, des &#233;preuves, alors que la tranquillit&#233; parfaite est impossible, ou bien encore dans les temps de s&#233;cheresse, c'est un excellent ami que J&#233;sus-Christ. Nous le voyons homme comme nous, nous le contemplons dans l'infirmit&#233;, dans la souffrance : c'est pour nous une compagnie, et quand l'habitude en est prise, il est tr&#232;s facile de le trouver aupr&#232;s de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25, 17.	O mon tendre Ma&#238;tre ! Que tu es bien l'ami v&#233;ritable ! &#201;tant tout-puissant, ce que tu veux, tu le peux. Et jamais tu ne manques de vouloir, quand on t'aime. Ah ! que tout ce qui est ici-bas te loue, Seigneur ! Et que ne puis-je faire retentir ma voix dans l'univers, pour annoncer combien tu es fid&#232;le &#224; tes amis ! Toutes les cr&#233;atures peuvent nous manquer : toi qui en es le ma&#238;tre, tu ne nous manques jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37, 5 Je le comprenais, s'il est Dieu, il est homme aussi et il ne s'&#233;tonne pas des faiblesses des hommes : il conna&#238;t notre mis&#233;rable nature expos&#233;e &#224; tant de chutes par suite du p&#233;ch&#233; originel, qu'il est venu r&#233;parer. Tout Seigneur qu'il est, je puis le traiter en ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40, 1.3.4.	Mais il me fut dit : &#171; [&#8230;] Sais-tu ce que c'est que m'aimer v&#233;ritablement ? C'est comprendre que tout ce que ne m'est pas agr&#233;able n'est que mensonge. Cette v&#233;rit&#233;, que tu ne comprends pas &#224; pr&#233;sent, tu la saisiras au profit qu'en retirera ton &#226;me. &#187;
[&#8230;]
Par l&#224; aussi, je compris ce que c'est que marcher dans la v&#233;rit&#233;, en pr&#233;sence de la v&#233;rit&#233;. Et Notre-Seigneur me fit conna&#238;tre qu'il est lui-m&#234;me cette V&#233;rit&#233;.
[&#8230;]
Cette v&#233;rit&#233; qui me fut ainsi manifest&#233;e est V&#233;rit&#233; en elle-m&#234;me, elle est sans commencement et sans fin. Toutes les autres v&#233;rit&#233;s d&#233;pendent de cette V&#233;rit&#233;, de m&#234;me que tous les autres amours d&#233;pendent de cet Amour et toutes les autres grandeurs de cette Grandeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'humanit&#233; du Christ ; Vida 22, 6</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/L-humanite-du-Christ-Vida-22-6.html</link>
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&lt;p&gt;Dans le texte suivant, que dit Th&#233;r&#232;se du Christ J&#233;sus : Allusions &#224; des textes bibliques ? Affirmations th&#233;ologiques ? Conseils pour l'oraison et la vie spirituelle ? L'HUMANIT&#201; DE J&#201;SUS-CHRIST Vida 22, 6 6 Si, par suite de notre complexion ou de nos infirmit&#233;s, nous ne pouvons pas m&#233;diter constamment la Passion &#8211; car, je le reconnais, c'est une chose p&#233;nible &#8211;, qui nous emp&#234;che de nous tenir aupr&#232;s de J&#233;sus-Christ ressuscit&#233;, puisque nous l'avons si pr&#232;s de nous dans le saint (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le texte suivant, que dit Th&#233;r&#232;se du Christ J&#233;sus :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Allusions &#224; des textes bibliques ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Affirmations th&#233;ologiques ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Conseils pour l'oraison et la vie spirituelle ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'HUMANIT&#201; DE J&#201;SUS-CHRIST&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vida 22, 6&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 Si, par suite de notre complexion ou de nos infirmit&#233;s, nous ne pouvons pas m&#233;diter constamment la Passion &#8211; car, je le reconnais, c'est une chose p&#233;nible &#8211;, qui nous emp&#234;che de nous tenir aupr&#232;s de J&#233;sus-Christ ressuscit&#233;, puisque nous l'avons si pr&#232;s de nous dans le saint sacrement, o&#249; sa chair est d&#233;j&#224; glorifi&#233;e ? Nous ne l'y verrons pas accabl&#233; de douleur, bris&#233; de coups, ruisselant de sang, harass&#233; de fatigue par les chemins, pers&#233;cut&#233; par ceux qu'il avait combl&#233; de bienfaits, m&#233;connu de ses ap&#244;tres eux-m&#234;mes. Non certes, il n'est pas toujours possible d'arr&#234;ter sa pens&#233;e sur de pareilles souffrances. Mais &#224; l'heure o&#249; il s'appr&#234;te &#224; remonter aux cieux, le voici affranchi de la douleur, rempli de gloire, r&#233;confortant les uns, stimulant les autres. Le voici enfin devenu notre compagnon au tr&#232;s saint sacrement, car en v&#233;rit&#233;, il semble n'avoir pu se r&#233;soudre &#224; s'&#233;loigner de nous un seul instant. Et moi, mon cher Ma&#238;tre, j'ai pu me r&#233;soudre &#224; te quitter, dans la pens&#233;e de mieux te servir ! Du moins, quand je t'offensais, je ne te connaissais pas ; mais te conna&#238;tre et penser que j'avancerais davantage par une telle voie ! Oh ! dans quelle d&#233;testable route je m'&#233;tais engag&#233;e, Seigneur ! Si tu ne m'avais remise dans le vrai chemin, sans nul doute je m'&#233;garais enti&#232;rement. Au contraire, &#224; peine t'avais-je aupr&#232;s de moi, que je me trouvai en possession de tous les biens. Jamais je ne me suis vue assaillie d'une &#233;preuve, sans qu'il m'ait suffi de te consid&#233;rer en pr&#233;sence de tes juges pour me sentir pr&#234;te &#224; tout souffrir. Aupr&#232;s d'un si bon ami, d'un si bon capitaine qui, le premier, s'est offert &#224; la souffrance, tout devient supportable. Il est l&#224; qui nous aide, qui nous fortifie ; jamais il ne nous manque. Enfin, c'est un ami v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je l'ai compris depuis, et la chose est pour moi de toute &#233;vidence : pour plaire &#224; Dieu, pour recevoir de lui de grandes gr&#226;ces, il faut, et telle est sa volont&#233;, qu'elles passent par les mains de cette humanit&#233; sacr&#233;e, en laquelle il a d&#233;clar&#233; lui-m&#234;me se complaire. J'en ai fait l'exp&#233;rience, un nombre infini de fois, et Notre-Seigneur lui-m&#234;me me l'a dit. J'ai reconnu manifestement que c'est la porte par o&#249; nous devons entrer, si nous voulons que la souveraine Majest&#233; nous d&#233;couvre ses hauts secrets.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ceux qui commencent &#224; faire oraison ; Vida 11, 9-13</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Ceux-qui-commencent-a-faire-oraison-Vida-11-9-13.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans le texte suivant, regarder : Qu'elles sont les personnes en pr&#233;sence ? Quelle est la part qui revient &#224; chacune ? Regrouper en divers ensemble le vocabulaire. Qu'est-ce que cela nous dit ? En quoi consiste le paradoxe de la foi ? Quels sont les &#233;l&#233;ments &#224; mettre en place pour que notre oraison repose sur un fondement solide ? CEUX QUI COMMENCENT &#192; FAIRE ORAISON Vida 11, 9-13 9	Les personnes qui commencent &#224; faire oraison, nous pouvons bien le dire, tirent l'eau du puits, et c'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Le-livre-de-la-Vie,315-.html" rel="directory"&gt;Fiches et conf&#233;rences&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le texte suivant, regarder :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Qu'elles sont les personnes en pr&#233;sence ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quelle est la part qui revient &#224; chacune ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Regrouper en divers ensemble le vocabulaire. Qu'est-ce que cela nous dit ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; En quoi consiste le paradoxe de la foi ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quels sont les &#233;l&#233;ments &#224; mettre en place pour que notre oraison repose sur un fondement solide ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;CEUX QUI COMMENCENT &#192; FAIRE ORAISON&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vida 11, 9-13&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9	Les personnes qui commencent &#224; faire oraison, nous pouvons bien le dire, tirent l'eau du puits, et c'est un dur labeur, je l'ai fait remarquer d&#233;j&#224;. Il leur faut n&#233;cessairement de p&#233;nibles efforts pour recueillir leurs sens accoutum&#233;s &#224; se r&#233;pandre au dehors ; elles doivent s'habituer peu &#224; peu &#224; ne plus se soucier de voir ni d'entendre, et s'en abstenir effectivement aux heures d'oraison, rester dans la solitude, et l&#224; s&#233;par&#233;es de tout, r&#233;fl&#233;chir &#224; leur vie pass&#233;e. C'est, d'ailleurs, ce que d&#233;butants et gens avanc&#233;s doivent faire souvent, mais en insistant plus ou moins, ainsi que je le montrerai plus loin. Une des peines des commen&#231;ants est de ne pouvoir se rendre compte s'ils se repentent de leurs fautes ; ce repentir, ils l'ont cependant, puisqu'ils se donnent si r&#233;solument au service de Dieu. C'est de la vie de J&#233;sus-Christ qu'ils doivent s'occuper et cet exercice n'est pas sans fatiguer l'entendement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Voil&#224; ce que nous pouvons obtenir par nos efforts, aid&#233;s du secours de Dieu bien entendu, car &#8211; personne ne l'ignore &#8211; de nous-m&#234;mes nous ne saurions avoir une bonne pens&#233;e. C'est ce que j'appelle commencer &#224; tirer l'eau du puits, et Dieu veuille qu'il y en ait ! Du moins, il ne tient pas &#224; nous d'en trouver : nous allons au puits pour en tirer, en un mot nous faisons ce qui est en notre pouvoir pour arroser les fleurs. Dieu est infiniment bon. Si tandis qu'en laborieux jardiniers nous faisons ce qui d&#233;pend de nous, il permet, pour des motifs connus de lui et peut-&#234;tre pour notre tr&#232;s grand avantage, que le puits reste &#224; sec, il saura bien entretenir les fleurs sans eau, et donner ainsi l'accroissement aux vertus. Par &#171; eau &#187; j'entends ici les larmes que l'on r&#233;pand, et, &#224; leur d&#233;faut, la d&#233;votion int&#233;rieure, les tendres sentiments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10	Mais que fera, je le demande, celui qui, durant de longs jours, n'&#233;prouve que s&#233;cheresse, ennui, r&#233;pugnance ? Il ne sent pas le moindre attrait pour venir tirer de l'eau. Et sans la pens&#233;e qu'il fait plaisir et rend service au ma&#238;tre du jardin, sans la crainte de perdre ses peines pass&#233;es et la r&#233;compense du p&#233;nible travail de descendre si souvent le seau pour le remonter vide, sans nul doute il abandonnerait l'entreprise. Bien des fois m&#234;me, il lui arrivera de ne pouvoir lever les bras pour faire le mouvement voulu. En d'autres termes, il sera hors d'&#233;tat de concevoir une bonne pens&#233;e, car tirer l'eau du puits, nous en sommes convenus, c'est travailler avec l'entendement. Je le demande encore, que fera le jardinier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Et bien ! il se r&#233;jouira, il se consolera, il regardera comme une gr&#226;ce immense de travailler dans le jardin d'un si puissant empereur. &#201;videmment, c'est la satisfaction de son ma&#238;tre et non la sienne qu'il doit avoir en vue. D&#232;s lors, sachant que son travail lui est agr&#233;able, il le remerciera beaucoup de la confiance qu'il lui t&#233;moigne : et par le fait, son ma&#238;tre, le voyant prendre ainsi tant de soin du jardin qu'il lui a confi&#233;, sans recevoir pourtant aucun salaire, le juge digne de sa confiance. Ainsi, il aidera son Seigneur &#224; porter sa croix, se souvenant que toute la vie de ce divin Ma&#238;tre n'a &#233;t&#233; qu'une croix continuelle ; il ne cherchera pas ici-bas son royaume ; il n'abandonnera jamais l'oraison ; il restera fermement r&#233;solu &#224; ne pas laisser tomber J&#233;sus-Christ sous le poids de sa croix, quand bien m&#234;me la s&#233;cheresse devrait durer autant que sa vie. Un temps viendra o&#249;, en une fois, la r&#233;compense lui sera donn&#233;e tout enti&#232;re. Qu'il n'ait donc aucune frayeur de perdre sa peine ; il sert un bon ma&#238;tre, qui a les yeux fix&#233;s sur lui. Enfin, qu'il ne s'inqui&#232;te pas des mauvaises pens&#233;es ; le d&#233;mon les pr&#233;sentait bien &#224; saint J&#233;r&#244;me dans son d&#233;sert !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11	Toutefois ces peines ont leur prix. Je les connais par exp&#233;rience, les ayant subies de longues ann&#233;es, au point de me croire tr&#232;s favoris&#233;e quand je parvenais &#224; tirer une goutte d'eau seulement de ce puits b&#233;ni. Elles sont tr&#232;s grandes, je le sais, et &#224; mon avis, elles demandent plus de courage que bien d'autres tribulations qui se rencontrent dans le monde. Mais, je le vois aussi, Dieu leur r&#233;serve, d&#232;s cette vie, une haute r&#233;compense. Oui, une seule de ces heures o&#249; par la suite il s'est fait go&#251;ter &#224; mon &#226;me, m'a d&#233;dommag&#233;e de toutes les angoisses que m'avait longtemps co&#251;t&#233;es la pers&#233;v&#233;rance dans l'oraison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si le Seigneur envoie ces peines, avec bien d'autres tentations, aux uns dans les premiers temps &#8211; et c'est le plus ordinaire &#8211;, aux autres vers la fin, c'est, je pense, afin d'&#233;prouver ses amants. Avant de mettre en eux de si grands tr&#233;sors, il veut s'assurer qu'ils pourront boire son calice et l'aider &#224; porter sa croix. C'est pour notre bien, j'en suis persuad&#233;e, que Notre-Seigneur nous conduit par cette voie ; par l&#224; il nous montre le peu que nous sommes. Les faveurs qu'il nous r&#233;serve &#233;tant si &#233;lev&#233;es, il veut, avant de nous les d&#233;partir, nous faire toucher du doigt notre mis&#232;re, sans doute afin qu'il n'en soit pas de nous comme de Lucifer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12	Mais y a-t-il, &#244; mon Ma&#238;tre, une seule de tes dispositions qui ne tende au plus grand bien d'une &#226;me que tu sais toute &#224; toi, d'une &#226;me qui s'abandonne entre tes mains pour te suivre partout o&#249; tu iras et jusqu'&#224; la mort de la croix, d'une &#226;me r&#233;solue de t'aider &#224; porter ton fardeau, sans jamais te laisser seul en soutenir le poids ? Quiconque voit en soi une telle d&#233;termination n'a rien &#224; craindre, rien absolument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Et pourquoi vous affliger, &#226;mes spirituelles ? Vous avez dit adieu aux divertissements du monde et vous aspirez &#224; vous entretenir seul &#224; seul avec Dieu : une fois &#224; cette hauteur, le principal est fait. B&#233;nissez-en Notre-Seigneur, et confiez-vous en sa bont&#233; ; il n'a jamais manqu&#233; &#224; ses amis. Ensuite, rejetez avec le plus grand soin les pens&#233;es comme celle-ci : pourquoi &#224; telle personne Dieu donne-t-il en si peu de temps a d&#233;votion, et me la refuse-t-il, &#224; moi, au bout de tant d'ann&#233;es ? Soyons-en persuad&#233;s, tout est pour notre plus grand bien. Que Notre-Seigneur nous conduise par o&#249; il voudra, nous ne sommes plus &#224; nous, mais &#224; lui. Il nous fait une grande gr&#226;ce en voulant bien nous conserver la volont&#233; de b&#234;cher son jardin, en nous permettant de nous tenir tout pr&#232;s de lui, qui en est le ma&#238;tre. Il est avec nous ; en cela, pas de doute possible. Et s'il veut que, chez les uns, les plantes et les fleurs croissent avec l'eau qu'il met pour eux dans le puits, chez les autres sans elle, qu'ai-je &#224; y voir ? fais, Seigneur, ce qui te plaira : pourvu que je ne t'offense pas et que mes vertus &#8211; si tant est que ta bont&#233; en ait mis en moi &#8211; ne viennent pas &#224; dispara&#238;tre, cela me suffit ! Tu as souffert, Seigneur, je veux souffrir. Que ta volont&#233; s'accomplisse en moi tout enti&#232;re ! Mais, je n'ose t'en prier, qu'un bien aussi pr&#233;cieux que ton amour ne soit pas donn&#233; en partage &#224; des gens qui ne te servent que pour go&#251;ter tes d&#233;lices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13	Il faut remarquer ceci, et je le dis parce que j'en ai l'exp&#233;rience : l'&#226;me qui, dans ce chemin de l'oraison mentale, se met &#224; marcher r&#233;solument, qui arrive &#224; se soucier peu des go&#251;ts et des consolations, &#224; ne pas se r&#233;jouir ou se d&#233;soler outre mesure, soit qu'elle les re&#231;oive, soit qu'elle s'en voie priv&#233;e, cette &#226;me, dis-je, a fourni d&#233;j&#224; une grande partie de la carri&#232;re. Quels que soient ses faux pas, elle est s&#251;re de ne pas retourner en arri&#232;re, car l'&#233;difice qu'elle construit repose sur un solide fondement. En d&#233;finitive, l'amour de Dieu ne consiste pas &#224; verser des larmes, &#224; &#233;prouver des go&#251;ts spirituels et ces tendres sentiments, qu'on d&#233;sire tant d'ordinaire et o&#249; l'on met sa consolation, mais &#224; servir Dieu dans la justice, la force d'&#226;me et l'humilit&#233;. Le reste, &#224; mon avis, c'est recevoir toujours et ne jamais donner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La conversion ; Vida 9, 1-3.7-9</title>
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&lt;p&gt;Dans le texte suivant, regarder : Qu'est-ce qui a pr&#233;par&#233; cette &#233;tape nouvelle ? Quels sont les &#233;l&#233;ments qui interviennent ? Quel est l'enjeu profond ? Qu'est-ce qui en r&#233;sulte ? LA CONVERSION Vida 9, 1-3.7-9 1	Mon &#226;me se sentait bien lasse, mais ses mauvaises habitudes ne lui permettaient pas de trouver le repos dont elle avait soif. Un jour, comme j'entrais dans l'oratoire, j'y aper&#231;us une statue qu'on s'&#233;tait procur&#233;e en vue d'une f&#234;te &#224; c&#233;l&#233;brer dans le couvent, et qu'on avait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Le-livre-de-la-Vie,315-.html" rel="directory"&gt;Fiches et conf&#233;rences&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le texte suivant, regarder :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Qu'est-ce qui a pr&#233;par&#233; cette &#233;tape nouvelle ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quels sont les &#233;l&#233;ments qui interviennent ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quel est l'enjeu profond ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Qu'est-ce qui en r&#233;sulte ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA CONVERSION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vida 9, 1-3.7-9 &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1	Mon &#226;me se sentait bien lasse, mais ses mauvaises habitudes ne lui permettaient pas de trouver le repos dont elle avait soif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, comme j'entrais dans l'oratoire, j'y aper&#231;us une statue qu'on s'&#233;tait procur&#233;e en vue d'une f&#234;te &#224; c&#233;l&#233;brer dans le couvent, et qu'on avait plac&#233;e l&#224;, en attendant. C'&#233;tait un Christ tout couvert de plaies ; et si touchant, qu'&#224; le consid&#233;rer, je me sentis profond&#233;ment boulevers&#233;e, tant il peignait si bien ce que Notre-Seigneur endura pour nous. Si grande fut ma douleur devant l'ingratitude dont j'avais pay&#233; de telles blessures, que je croyais sentir mon c&#339;ur se briser. Je me jetai aupr&#232;s de mon Sauveur en versant un torrent de larmes, et le suppliai de me donner en cet instant la force de ne plus l'offenser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2	Ma d&#233;votion pour la glorieuse Madeleine &#233;tait tr&#232;s vive, et bien souvent j'avais l'esprit occup&#233; de sa conversion, surtout quand je communiais. Certaine alors que Notre-Seigneur &#233;tait au-dedans de moi, je me pla&#231;ais &#224; ses pieds, lui repr&#233;sentant que mes larmes n'&#233;taient pas &#224; m&#233;priser. &#201;videmment, je ne savais ce que je disais, et c'&#233;tait d&#233;j&#224; trop de bont&#233; de sa part de me permettre de les verser pour lui, puisque ma douleur devait durer si peu. Je me recommandais ensuite &#224; cette glorieuse sainte, lui demandant de m'obtenir mon pardon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Cette fois &#8211; je parle du jour o&#249; je contemplai cette statue &#8211;, mon recours &#224; cette sainte m'apporta une gr&#226;ce particuli&#232;rement efficace. C'est qu'alors je n'esp&#233;rais plus rien de moi-m&#234;me, j'attendais tout de Dieu. Si je m'en souviens bien, je dis &#224; Notre-Seigneur que je ne me l&#232;verais pas de l&#224; tant qu'il n'aurait pas exauc&#233; ma pri&#232;re. Il l'exau&#231;a, j'en suis convaincue, car &#224; partir de ce jour mes progr&#232;s furent sensibles.
[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7	Vers cette &#233;poque, on me donna les Confessions de saint Augustin. Ce fut, me semble-t-il, par une disposition particuli&#232;re de Dieu, car je ne les avais jamais demand&#233;es et je ne les avais jamais lues. J'aime tout particuli&#232;rement saint Augustin, d'abord parce que le couvent o&#249; j'ai &#233;t&#233; pensionnaire &#233;tait de son Ordre, ensuite parce qu'il a &#233;t&#233; p&#233;cheur. De fait, j'ai toujours go&#251;t&#233; une consolation particuli&#232;re aupr&#232;s des saints que le Seigneur a tir&#233;s du p&#233;ch&#233; ; il me semblait trouver en eux du secours : si Dieu leur avait pardonn&#233;, il pouvait pardonner &#224; moi-m&#234;me. Mais, je le redis encore, une chose me d&#233;solait : Dieu ne les avait appel&#233;s qu'une fois et ils n'&#233;taient plus retomb&#233;s, et moi, j'avais d&#233;j&#224; &#233;t&#233; appel&#233; tant de fois ! Cette pens&#233;e m'affligeait. Cependant, quand je songeais &#224; l'amour que Dieu me portait, je reprenais courage. Bien souvent, il est vrai, je me suis d&#233;fi&#233;e de moi-m&#234;me, mais jamais je n'ai manqu&#233; de confiance en la divine mis&#233;ricorde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8	Oh ! quelle effrayante duret&#233; que celle de mon &#226;me, au milieu de tant de secours que Dieu lui prodiguait ! &#192; la vue du peu d'empire que j'avais sur moi-m&#234;me, et des cha&#238;nes qui m'emp&#234;chaient de me donner tout &#224; lui, je ne puis maintenant que trembler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#192; peine avais-je commenc&#233; la lecture des Confessions de saint Augustin, qu'il me sembla me retrouver moi-m&#234;me. Je me mis &#224; prier instamment ce glorieux saint. Arriv&#233;e &#224; sa conversion, &#224; cette voix qu'il entendit dans le jardin, le Seigneur, je crois, la fit r&#233;sonner &#224; mes oreilles, si vive &#233;tait l'&#233;motion de mon c&#339;ur. Longtemps je restai inond&#233;e de larmes, an&#233;antie de douleur et de regret. O mon Dieu ! que ne souffre pas une &#226;me, quand elle a perdu cette libert&#233; qui devait faire d'elle une souveraine ! que de supplices elle endure ! J'admire vraiment comment j'ai pu vivre dans un pareil tourment. B&#233;ni soit Dieu qui me rendit la vie et me tira d'une si lamentable mort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9	Mon &#226;me, j'en suis persuad&#233;e, re&#231;ut alors de Notre-Seigneur des forces surprenantes. Sans doute il avait entendu mes cris, il avait eu piti&#233; de tant de larmes. Je sentis cro&#238;tre en moi le d&#233;sir de passer plus de temps en sa compagnie et d'&#233;loigner de mes regards les causes de ma dissipation. &#192; peine les avais-je perdues de vue, que je sentais son amour rena&#238;tre en moi. Il me semblait bien que je l'aimais, mais je ne comprenais pas encore, comme je le fis plus tard, en quoi consiste le v&#233;ritable amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je venais seulement de former la r&#233;solution de le servir, et d&#233;j&#224; Notre-Seigneur me rendait les consolations d'autrefois. Ce que les autres s'efforcent d'obtenir au prix de bien des efforts, on aurait dit qu'il me pressait de l'accepter. Au reste, il y avait d&#233;j&#224; quelques ann&#233;es qu'il m'accordait des go&#251;ts spirituels et des d&#233;lices. Quant &#224; les solliciter, &#224; demander de tendres sentiments de d&#233;votion, jamais je n'osai le faire. Je me contentais d'implorer la gr&#226;ce de ne pas l'offenser, et le pardon de mes grandes fautes. Voyant leur &#233;normit&#233;, je n'aurai m&#234;me jamais eu, de propos d&#233;lib&#233;r&#233;, la hardiesse de d&#233;sirer des consolations et des douceurs. C'&#233;tait d&#233;j&#224; trop de bont&#233; &#224; Notre-Seigneur de me souffrir en sa pr&#233;sence et de m'attirer aupr&#232;s de lui. Et r&#233;ellement, il usait alors envers moi d'une bien grande mis&#233;ricorde, car, s'il n'avait pas fait lui-m&#234;me toutes les avances, je le voyais tr&#232;s bien, je ne serais pas venue. Je ne me souviens de lui avoir demand&#233; des consolations qu'une seule fois en ma vie ; j'&#233;tais alors dans une grande s&#233;cheresse. M'apercevant de ce que je faisais, je demeurai toute confuse, et le chagrin de me voir si peu humble me donna ce que j'avais eu la t&#233;m&#233;rit&#233; de solliciter. Je savais bien qu'il n'est pas d&#233;fendu de faire cette demande, mais je la croyais permise &#224; ceux-l&#224; seulement qui se sont convenablement dispos&#233;s en travaillant de toutes leurs forces pour acqu&#233;rir la v&#233;ritable d&#233;votion, en un mot &#224; ceux qui fuient le p&#233;ch&#233;, qui sont pr&#234;ts et d&#233;termin&#233;s &#224; tout bien. Mes larmes &#224; moi me semblaient des larmes de femmes, des larmes sans &#233;nergie, puisqu'elles ne m'obtenaient pas ce que je d&#233;sirais. Et pourtant je crois qu'elles m'ont servi, surtout &#224; partir de ces deux circonstances o&#249; je les versai avec de tels sentiments de componction et d'intime douleur. D&#232;s lors, en effet, je commen&#231;ai &#224; m'adonner davantage &#224; l'oraison et &#224; m'exposer moins aux occasions de chute. Je n'y renon&#231;ai pas cependant d'une fa&#231;on absolue, mais enfin, Dieu m'aidait &#224; m'en &#233;loigner progressivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme la divine Majest&#233; n'attendait qu'un peu de pr&#233;paration de ma part, les faveurs spirituelles, ainsi que je vais le dire, all&#232;rent croissant : chose rare, assur&#233;ment, Dieu ne les accordant d'ordinaire qu'&#224; des &#226;mes qui vivent dans une plus grande puret&#233; de conscience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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