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		<title>Carmel en France</title>
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		<title>La voie du Carmel et l'homme d'aujourd'hui</title>
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		<dc:subject>PasDansQuoiDeNeuf</dc:subject>

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&lt;p&gt;La voie du Carmel et l'homme d'aujourd'hui Conf&#233;rence donn&#233;e par le P&#232;re Saverio Cannistr&#224;, pr&#233;pos&#233; g&#233;n&#233;ral des Carmes, &#224; l'Institut Notre-Dame de Vie, &#224; Venasque (Vaucluse), le 28 janvier 2012. II m'a &#233;t&#233; demand&#233; de vous parler de ma vision de la mission du Carmel dans le monde actuel, avec ses d&#233;fis et ses attentes. C'est un sujet important, voire crucial, et pas uniquement d'un point de vue th&#233;orique. La mani&#232;re de pr&#233;senter notre action, d'orienter la formation et d'investir nos (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-PasDansQuoiDeNeuf-+.html" rel="tag"&gt;PasDansQuoiDeNeuf&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;smallcaps&#034;&gt;&lt;strong&gt;La voie du Carmel et l'homme d'aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conf&#233;rence donn&#233;e par le P&#232;re Saverio Cannistr&#224;, pr&#233;pos&#233; g&#233;n&#233;ral des Carmes, &#224; l'Institut Notre-Dame de Vie, &#224; Venasque (Vaucluse), le 28 janvier 2012.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3504 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L270xH448/p._saverio-a1697.jpg?1782924698' width='270' height='448' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3504 '&gt;&lt;strong&gt;P. Saverio Cannistr&#224;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;II m'a &#233;t&#233; demand&#233; de vous parler de ma vision de la mission du Carmel dans le monde actuel, avec ses d&#233;fis et ses attentes. C'est un sujet important, voire crucial, et pas uniquement d'un point de vue th&#233;orique. La mani&#232;re de pr&#233;senter notre action, d'orienter la formation et d'investir nos ressources qui, aujourd'hui, sp&#233;cialement en Europe, sont pauvres, en proc&#232;de.
L'importance du sujet fait que, d'une mani&#232;re ou d'une autre, chaque membre de la famille th&#233;r&#233;sienne est appel&#233; &#224; s'exprimer &#224; son propos, selon des opinions s&#251;rement diverses. Ce qui pose une autre question : celle du pluralisme des interpr&#233;tations de notre charisme et de notre vocation.&lt;strong&gt; La pluralit&#233; est une richesse&lt;/strong&gt;, mais, en m&#234;me temps, elle requiert l'effort d'un chemin vers l'unit&#233;, dans le respect de la l&#233;gitime diversit&#233; qui d&#233;pend, soit de la multiplicit&#233; des &#233;tats de vie pr&#233;sents dans la grande famille du Carmel (fr&#232;res, moniales, ordre s&#233;culier, religieuses de vie active, instituts s&#233;culiers, la&#239;cs associ&#233;s), soit de sa diffusion universelle, dans des contextes g&#233;ographiques et historico-culturels tr&#232;s &#233;loign&#233;s les uns des autres. Cette l&#233;gitime pluralit&#233; ne doit cependant pas faire perdre de vue &lt;strong&gt;la racine commune de l'arbre&lt;/strong&gt;, &#224; savoir le patrimoine charismatique commun qui identifie le Carmel th&#233;r&#233;sien dans l'&#201;glise et lui conf&#232;re une mission sp&#233;cifique et reconnaissable &#224; travers le temps et dans quelque r&#233;gion du monde que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;&#192; l'aube de la modernit&#233;, annoncer la proximit&#233; de Dieu&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la mission fondamentale confi&#233;e au Carmel th&#233;r&#233;sien depuis ses origines au XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, lorsque commence &#224; se d&#233;finir le sujet moderne avec sa nouvelle vision du monde ? Si je devais l'exprimer en un mot, je dirais que le message fondamental que le Carmel de sainte Th&#233;r&#232;se et saint Jean de la Croix est invit&#233; &#224; annoncer &#171; de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration &#187; (Lc 1,50) est celui de la &lt;strong&gt;proximit&#233; de Dieu &#224; l'homme&lt;/strong&gt; et du changement radical qu'une telle proximit&#233; produit dans l'exp&#233;rience que l'homme fait de lui-m&#234;me. Cette mani&#232;re de parler peut para&#238;tre encore abstraite et trop sp&#233;culative, mais, en fait, c'est en elle que r&#233;side la r&#233;alit&#233; exacte du Carmel, son visage fait de petitesse et de pauvret&#233; d'un c&#244;t&#233;, et d'une absolue et radicale nouveaut&#233; de l'autre.
Nous pouvons aborder le sujet de la proximit&#233; &#224; diff&#233;rents niveaux, en puisant dans la tr&#232;s riche &lt;strong&gt;tradition du Carmel&lt;/strong&gt;. Au niveau biblique, le premier mod&#232;le qui se pr&#233;sente &#224; nous est celui du proph&#232;te &#201;lie qui se tient en pr&#233;sence du Dieu vivant, au milieu des oscillations et des d&#233;rives du peuple. Mais son &#171; &#234;tre en pr&#233;sence de Dieu &#187; (1 R 19, 10-11) ne peut pas &#234;tre un simple &#171; rester debout &#187;. En relisant sa passionnante histoire, on d&#233;couvre que le Dieu vivant l'attire &#224; lui, le met en route et, au terme, s'approche de lui d'une mani&#232;re inattendue, dans une &lt;strong&gt;&#171; voix, un silence subtil &#187; &lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s l'&#233;nigmatique expression du texte h&#233;bra&#239;que). Une telle exp&#233;rience transforme radicalement sa connaissance de Dieu et son charisme proph&#233;tique, le faisant devenir un charisme d'&#233;coute et d'adoration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre grand mod&#232;le biblique de proximit&#233; de Dieu &#224; l'homme est Marie. Chez &#201;lie, l&lt;strong&gt;a proximit&#233; de Dieu s'est exprim&#233;e en un souffle&lt;/strong&gt; qui s'&#233;nonce en une parole &#224; &#233;couter ; en Marie, Dieu s'approche de l'homme d'une mani&#232;re tellement radicale qu'elle en devient &#171; scandaleuse &#187; et ind&#233;passable : la Parole s'est faite chair. Apr&#232;s deux mille ans de christianisme, nous sommes encore incapables de recueillir jusqu'au bout la port&#233;e de cet &#233;v&#233;nement, parce que Dieu ne parle plus seulement &#224; travers une parole prononc&#233;e, mais &#224; travers une parole incarn&#233;e. Cela devrait changer la mani&#232;re dont l'homme se conna&#238;t, dont il se per&#231;oit lui-m&#234;me. La &#171; chair &#187;, c'est-&#224;-dire sa condition historique et corporelle, n'est plus cause d'&#233;loignement ou de s&#233;paration de Dieu, mais, au contraire, &#171; sacrement &#187; de la rencontre avec lui. Peut-&#234;tre n'avons-nous pas suffisamment observ&#233; combien la vocation de Marie n'a rien de superficiellement sentimental, mais contient en elle le scandale de l'incarnation, qui implique l'homme dans sa propre chair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont seulement quelques points qui expliquent la coh&#233;rence du paradigme biblique cong&#233;nital au charisme carm&#233;litain. Nous pourrions continuer longtemps sur le th&#232;me de la proximit&#233;, en le d&#233;veloppant au niveau th&#233;ologique - sp&#233;cialement en approfondissant le myst&#232;re de l'inhabitation de Dieu en nous &#8212; et au niveau anthropologique - la d&#233;couverte que la r&#233;alit&#233; la plus proche de l'homme n'est pas humaine, mais divine &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Deus interior intima meo&lt;/em&gt; &#187; (Augustin, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Confessions&lt;/em&gt;, III, 6, 10) : ainsi l'homme n'arrive &#224; lui-m&#234;me qu'en passant par Dieu. Nous n'avons pas le temps d'aborder tout cela. Je me limite &#224; pr&#233;ciser que ces d&#233;veloppements et ces approfondissements, je ne les con&#231;ois pas comme une recherche de th&#233;ologie syst&#233;matique, mais comme une r&#233;flexion sur une s&#233;rie d'exp&#233;riences spirituelles propres &#224; certaines grandes figures du Carmel, et qui identifie &lt;strong&gt;&#171; la voie du Carmel &#187; &lt;/strong&gt; dans l'&#201;glise, une voie o&#249; la r&#233;flexion th&#233;ologique n'est que le moment d'une assimilation et d'une clarification de tout ce qui a &#233;t&#233; saisi dans la relation avec Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;L'oraison, un &#171; acte agissant &#187; et le paradoxe chr&#233;tien du moi bless&#233;&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur du charisme carm&#233;litain-th&#233;r&#233;sien se trouve ainsi une perception aigu&#235; de la proximit&#233; de Dieu. Elle se traduit dans un choix de vie qui fixe au premier plan la relation avec Dieu, la rencontre avec lui. C'est ce que nous appelons &lt;strong&gt;&#171; Oraison &#187;&lt;/strong&gt;, terme auquel on ne peut renoncer, mais qui a aussi besoin d'&#234;tre compris plus en profondeur et surtout ins&#233;r&#233; dans le cadre de cette d&#233;couverte du Dieu qui est &#224; c&#244;t&#233; de moi. Je pourrais dire - si vous me permettez l'expression un peu audacieuse - que&lt;strong&gt; l'oraison est la &#171; chair qui se fait pri&#232;re &#187;&lt;/strong&gt;, comme r&#233;ponse &#224; la Parole qui s'est faite chair. L'oraison est le nom que nous donnons &#224; un &#171; acte agi &#187; (dans le langage d'Aristote, on dirait ergon, activit&#233; dont la fin est l'activit&#233; elle-m&#234;me) : dans nos journ&#233;es de carmes et de carm&#233;lites, les deux heures d'oraison mentale que Th&#233;r&#232;se a plac&#233;es comme colonnes de la journ&#233;e au Carmel. Mais l'oraison est encore plus - pour ainsi dire - un &#171; acte agissant &#187; de notre &#234;tre (&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;energeia&lt;/em&gt;, actualisation), une activit&#233; int&#233;rieure qui la meut int&#233;rieurement, avec la m&#234;me s&#251;ret&#233; que l'aiguille d'une boussole qui tend perp&#233;tuellement vers le Nord.
L'accueil du Dieu proche, du Dieu fait chair, change la mani&#232;re dont l'homme est dans le monde. Il d&#233;stabilise un certain comportement (ce que la Parole appelle &#171; le vieil homme &#187;) et cr&#233;e un nouvel &#233;quilibre, paradoxal par certains aspects. En fait, le Dieu proche appelle l'homme &#224; un &#233;loignement de sa propre subjectivit&#233;, de son propre &#171; je &#187;, qui se pense naturellement dans un mode s&#233;par&#233; et autonome. Plus je m'&#233;loigne du &#171; je &#187; qui s'(auto)r&#233;alise, s'(auto)contr&#244;le, s'(auto)projette, plus je me retrouve, je retrouve le &#171; moi &#187; voulu, aim&#233;, appel&#233; par un Autre. C'est le passage d'un &#171; je &#187; agissant comme fondement de l'existence, &#224; un moi passif. Un tel passage implique une humilit&#233; radicale, dont l'homme est capable seulement s'il d&#233;couvre le Dieu vivant, et d&#233;couvre en m&#234;me temps, que l'existence poss&#232;de une richesse inou&#239;e et impr&#233;visible, qui se chercherait vainement sur le plan des r&#233;alisations du &#171; je &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; je &#187; est vigoureux et efficace par d&#233;finition. Au contraire, le &#171; moi &#187; est &#171; bless&#233; &#187;, parole ch&#232;re &#224; Jean de la Croix, et plus encore au Cantique des Cantiques. C'est une blessure originelle, inscrite dans l'&#234;tre, dans la chair, plus ancienne encore que dans la psych&#233; ou dans l'affectivit&#233;. Le &#171; moi &#187; rec&#232;le dans son &#234;tre les signes br&#251;lants d'un contact avec l'Amour d'o&#249; il provient et vers lequel il tend, avant et au-del&#224; de toute implication subjective. &#171; Renonce &#224; tes convoitises, et tu trouveras ce que ton c&#339;ur d&#233;sire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean de la Croix, Avis, 15, &#201;d. Dominique Poirot, Paris, Cerf, 1990, p. 271.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;strong&gt; C'est du c&#339;ur que surgit cette incessante activit&#233; de recherche de Dieu.&lt;/strong&gt; C'est la source cach&#233;e &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;que mana y corre&lt;/em&gt; &#187; jour et nuit, et accompagne par son murmure le roulement de nos &#171; &#339;uvres et jours &#187;. De cette source ne surgit pas un langage verbal : bien plus, dans certains moments d'inspiration, elle s'exprime sous une forme lyrique. Ordinairement cependant, son langage est fait de &#171; chair &#187;, c'est-&#224;-dire de v&#233;cus. Michel Henry parlerait de &#171; paticit&#233; &#187; de la chair, c'est-&#224;-dire d'une mani&#232;re de &#171; sentir &#187; la vie, de la conna&#238;tre dans une passivit&#233; affective.
Le paradoxe chr&#233;tien est que ce &#171; moi &#187; bless&#233; et pauvre, qui cherche de toutes ses forces ce que son c&#339;ur d&#233;sire, sans r&#233;ussir &#224; le trouver dans les r&#233;alisations de ses mains et de son intelligence, ce &#171; moi &#187; &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;con ansias en amores inflamada&lt;/em&gt; &#187; (&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Noche oscura&lt;/em&gt;), est en r&#233;alit&#233; le fondement le plus solide de la vie de l'homme, celui en qui il peut trouver sa v&#233;ritable stabilit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je crois que Jean de la Croix entend la m&#234;me chose, lorsqu'il &#233;crit dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je sais que cela peut appara&#238;tre incompr&#233;hensible, mais c'est ici qu'&#224; mon avis se situe la contribution la plus importante que le Carmel peut donner au monde d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Si l'&#226;me nous &#233;chappe, c'est le monde qui nous &#233;chappe&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que le Carmel th&#233;r&#233;sien, &#224; partir de son exp&#233;rience de l'oraison, a une parole &#224; dire &#224; l'homme d'aujourd'hui quant &#224; son plus grave probl&#232;me qui est, me semble-t-il, la perte de sens et de consistance de la vie, le vide et le n&#233;ant sous-jacents &#224; notre mode de vie. Nous sommes constamment occup&#233;s par le &#171; faire &#187;, par le besoin d'&#233;prouver des sensations et, plus encore, par la communication de ce que nous faisons et de ce que nous sentons. Mais tout ce mouvement para&#238;t ne reposer sur aucun fondement solide. C'est un flux continuel d'informations et d'&#233;motions qui travaille la personne, envahissant tous les champs. En cons&#233;quence, nous avons l'impression d'&#234;tre sans &#226;me, sans int&#233;riorit&#233;. Le courant qui nous habite est collectif et donc in&#233;vitablement anonyme. L'internet est l'image la plus manifeste de ce changement anthropologique : une sorte de canal par lequel tous les circuits convergent pour atteindre une &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;anima mundi&lt;/em&gt; &#187; online. Je me demande si la vie en elle-m&#234;me ne nous fait pas peur et que, pour cette raison, nous pr&#233;f&#233;rons l'affronter dans sa version virtuelle, r&#233;fl&#233;chie sur le petit &#233;cran de notre ordinateur ou de notre t&#233;l&#233;phone portable, dans l'illusion qu'ainsi, il sera plus facile de la g&#233;rer et de la maintenir sous contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, si l'&#226;me nous &#233;chappe, c'est le monde qui nous &#233;chappe, parce que - comme l'enseignait saint Thomas - l'&#226;me humaine est en quelque mani&#232;re toutes les choses (&#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;anima est quodammodo omnia&lt;/em&gt; &#187;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas d'Aquin, De Anima, Q. 13, resp.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , c'est-&#224;-dire le monde en tant que per&#231;u, compris et appropri&#233; par l'homme. Cette &#171; int&#233;riorisation &#187; et appropriation du monde dans la conscience de l'homme est exactement l'oppos&#233; de ce &#224; quoi nous habitue notre culture, qui tend plut&#244;t &#224; l'&#171; ext&#233;riorisation &#187; de la conscience, &#224; son ali&#233;nation dans un sentir ind&#233;fini et un communiquer collectif. Chaque perte de connaissance de soi-m&#234;me est en m&#234;me temps une perte de la connaissance du monde, de &#171; l'humanisation &#187; du monde, malgr&#233; tous les progr&#232;s dans le domaine des connaissances techniques et scientifiques.
Dans cette situation, qui ne peut que susciter d&#233;sorientation et inqui&#233;tude, on peut &#234;tre tent&#233; de retourner en arri&#232;re, &#224; des structures rigides, &#224; des codes normatifs, pour les superposer sur l'instabilit&#233; &#171; liquide &#187; dans laquelle nous sommes immerg&#233;s. La stabilit&#233; r&#233;tablie de cette mani&#232;re est, &#224; mon avis, illusoire et destin&#233;e t&#244;t ou tard &#224; s'effondrer sous la pouss&#233;e d'une masse de probl&#232;mes existentiels, psychologiques et affectifs non r&#233;solus. C'est le risque d'une id&#233;ologie qui pr&#233;tend imposer &#224; l'histoire ses propres sch&#233;mas, au lieu d'extraire de la r&#233;alit&#233; historique les fragments de v&#233;rit&#233; dont elle est porteuse, ce que le concile Vatican II a appel&#233; les &#171; signes des temps &#187; (&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Gaudium et Spes&lt;/em&gt;, 4). Dans un certain sens, nous n'avons pas le choix : nous pouvons seulement aller de l'avant, assumant la r&#233;alit&#233; dans laquelle nous sommes plong&#233;s et cherchant, &#224; partir d'elle, la voie sur laquelle l'Esprit veut nous guider.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;strong&gt;Avec l'homme convaincu d'&#234;tre &#171; maudit &#187;, se placer sous la b&#233;n&#233;diction de Dieu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je ne crois pas que ce soit le moment - si jamais il y en a eu un - pour conduire une croisade contre le monde et pour &#233;riger des bastions. Je crois, par contre, que la mission de l'&#201;glise est plut&#244;t celle d'assumer la douleur du monde, son angoisse et sa p&#233;nible recherche, s'asseyant - comme disait Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus - &#171; &#224; la table des p&#233;cheurs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus, Manuscrit C, 6r&#176;.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . En tout cas, je ne vois pas d'autre mission pour le Carmel, sinon celle d'une &#171; proximit&#233; &#187; &#224; l'homme, capable de lui communiquer la proximit&#233; de Dieu : aider l'homme &#224; placer sa vie et sa solitude sous la b&#233;n&#233;diction de Dieu.
Ce qu'a &#233;crit Henry Nouwen dans son livre sur la vie spirituelle dans un monde s&#233;cularis&#233;, me para&#238;t tr&#232;s profond : &#171; Pour moi, la pri&#232;re devient de plus en plus une fa&#231;on d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute de la b&#233;n&#233;diction. [&#8230; ] le vrai &#171; travail &#187; de la pri&#232;re consiste &#224; faire silence et &#224; &#233;couter la voix qui dit de bonnes choses &#224; mon sujet &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Henry Nouwen, La seule chose n&#233;cessaire : vivre une vie priante (traduction (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Il peut sembler facile, ou plus, nous pourrions d&#233;couvrir dans un tel comportement une forme d'auto-indulgence. En r&#233;alit&#233;, c'est le contraire qui est vrai. L'homme d'aujourd'hui est tellement convaincu d'&#234;tre &#171; maudit &#187;, d'&#234;tre s&#233;par&#233; de Dieu, qu'il ne r&#233;ussit pas &#224; faire taire la voix int&#233;rieure qui le condamne, et qu'il trouve une incessante confirmation de cette condamnation dans les chutes qu'il exp&#233;rimente, particuli&#232;rement dans le cadre de sa vie relationnelle et affective. La sensation d'impuissance, l'incapacit&#233; de tisser des relations satisfaisantes et stables avec les autres, le fait de rester prisonnier d'une solitude non voulue, sont interpr&#233;t&#233;s comme des signes de condamnation de notre &#234;tre, comme la preuve du &#171; mal &#187; que nous portons en nous et qui, souvent involontairement, nous pousse &#224; l'ext&#233;rieur. Derri&#232;re le bruit qui nous entoure, la superficialit&#233; et l'apparente indiff&#233;rence du monde, c'est une humanit&#233; souvent d&#233;moralis&#233;e et n&#233;cessitant de retrouver esp&#233;rance et confiance en elle-m&#234;me qui transpara&#238;t.
C'est dans ce contexte que l'oraison th&#233;r&#233;sienne peut manifester toute sa valeur et sa force &#233;vang&#233;lisatrice. Qu'est-ce que l'oraison selon sainte Th&#233;r&#232;se, sinon &#233;couter la voix de celui dont &#171; nous savons qu'il nous aime &#187; ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Th&#233;r&#232;se d'Avila, Livre de la Vie, 8, 5&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est la voix de la b&#233;n&#233;diction de Dieu sur nos vies, malgr&#233; toutes les faiblesses, toutes les infid&#233;lit&#233;s et tous les p&#233;ch&#233;s. La voix qui b&#233;nit nos blessures, de m&#234;me qu'elle b&#233;nit le pain partag&#233; le transformant en don d'amour pour le monde.
Qui conna&#238;t les saints du Carmel sait combien ils insistent sur la dimension &#233;volutive de transformation de la personne, mise en route par la pri&#232;re. Cette croissance a &#233;t&#233; autrefois exprim&#233;e dans le langage de l'initiation (d&#233;butants, progressants, parfaits) ou du rapport sponsal (qui va de l'amour naissant aux fian&#231;ailles, et jusqu'&#224; atteindre au mariage spirituel). Le pain rompu devient Eucharistie : le corps crucifi&#233; devient le corps glorieux du Ressuscit&#233;. C'est cela le myst&#232;re qui se r&#233;alise dans la rencontre avec Dieu. Tout cela est b&#233;n&#233;diction, la parole qui dit du bien de nous et qui, la disant, la con&#231;oit en nous. C'est cela la parole que l'oraison nous apprend &#224; &#233;couter et, une fois entendue, nous ne pouvons pas la garder pour nous. Elle demande &#224; &#234;tre communiqu&#233;e, prononc&#233;e sur chaque souffrance, sur chaque blessure, sur chaque vie bris&#233;e. C'est, &#224; partir de mon exp&#233;rience, l'unique vraie mission du Carmel dans l'&#201;glise et dans le monde d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;P. Saverio Cannistr&#224; prep.gen. ocd&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean de la Croix, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Avis&lt;/em&gt;, 15, &#201;d. Dominique Poirot, Paris, Cerf, 1990, p. 271.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je crois que Jean de la Croix entend la m&#234;me chose, lorsqu'il &#233;crit dans les Maximes de lumi&#232;re et d'amour : &#171; Il vaut mieux avancer avec un fardeau en compagnie d'un homme robuste que de marcher sans fardeau en compagnie d'un infirme. Quand tu portes un fardeau tu es en compagnie de Dieu, qui est lui-m&#234;me ta force, car il est proche de ceux qui sont dans la tribulation (Ps 33, 19). Quand tu n'as point de fardeau, tu es en soci&#233;t&#233; avec toi-m&#234;me qui n'es qu'infirmit&#233; &#187; (&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Avis&lt;/em&gt;, 4, &#201;d. Dominique Poirot, Paris, Cerf, 1990, p. 270)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thomas d'Aquin, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;De Anima&lt;/em&gt;, Q. 13, resp.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Manuscrit C&lt;/em&gt;, 6r&#176;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henry Nouwen, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;La seule chose n&#233;cessaire : vivre une vie priante&lt;/em&gt; (traduction de &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Life of the Beloved&lt;/em&gt;), Bellarmin, 2001, p. 102.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Th&#233;r&#232;se d'Avila, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Livre de la Vie&lt;/em&gt;, 8, 5&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'attention au corps dans la pri&#232;re</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/L-attention-a-notre-corps-dans-la-priere.html</link>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La pri&#232;re est un temps privil&#233;gi&#233; que l'on d&#233;sire partager avec Dieu. Prier c'est apprendre &#224; faire place &#224; J&#233;sus et &#224; le rencontrer profond&#233;ment en notre c&#339;ur. Il ne s'agit pas d'&#233;prouver des sensations mystiques, mais de faire tout ce qui d&#233;pend de nous pour donner le mieux possible ce temps &#224; Dieu, apprendre &#224; lui faire confiance dans la foi. Nous proposons ici quelques rep&#232;res pour apprendre &#224; se pr&#233;parer &#224; un temps d'oraison. Utiliser des moyens concrets est particuli&#232;rement utile (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Disposer-notre-etre-Coeur-corps-esprit-.html" rel="directory"&gt;Disposer notre &#234;tre&#8230; C&#339;ur, corps, esprit&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pri&#232;re est un &lt;strong&gt;temps privil&#233;gi&#233;&lt;/strong&gt; que l'on d&#233;sire &lt;strong&gt;partager avec Dieu&lt;/strong&gt;. Prier c'est apprendre &#224; faire place &#224; J&#233;sus et &#224; le rencontrer profond&#233;ment en notre c&#339;ur. Il ne s'agit pas d'&#233;prouver des sensations mystiques, mais de faire tout ce qui d&#233;pend de nous pour donner le mieux possible ce temps &#224; Dieu, apprendre &#224; lui faire confiance dans la foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons ici quelques rep&#232;res pour apprendre &#224; se pr&#233;parer &#224; un &lt;strong&gt;temps d'oraison&lt;/strong&gt;. Utiliser des moyens concrets est particuli&#232;rement utile lorsque l'on a du mal &#224; se recueillir et &#224; lutter contre les distractions. Pour vivre cela, nous vous invitons &#224; mettre en &#339;uvre quatre &#233;l&#233;ments pratiques pouvant vous aider &#224; demeurer en pr&#233;sence de Dieu. Ces &#233;l&#233;ments prennent en compte l'esprit et le corps et s'articulent autour d'un mot cl&#233; : &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; L'attention &#187;&lt;/strong&gt;. L'attention &#224; notre &lt;strong&gt;corps&lt;/strong&gt;, au &lt;strong&gt;r&#233;el&lt;/strong&gt; qui nous environne et &#224; &lt;strong&gt;Dieu&lt;/strong&gt;. Il ne s'agit pas de faire abstraction de tout ce qui n'est pas Dieu pour prier, mais au contraire, apprendre &#224; &#234;tre pleinement &lt;strong&gt;pr&#233;sent au r&#233;el&lt;/strong&gt;, gr&#226;ce &#224; la conscience de la dimension corporelle et sensible de notre &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez aussi lire et m&#233;diter le chapitre 26 du &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Chemin de perfection&lt;/em&gt; o&#249; sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila d&#233;taille sa mani&#232;re de prier et de se recueillir en pr&#233;sence du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Attention au sensible&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4502 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L300xH400/le-paquier_-oraison-solitude-web-2-8b2a9.jpg?1782924697' width='300' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La pri&#232;re suppose un &lt;strong&gt;environnement calme&lt;/strong&gt;, qui ne sollicite pas trop nos sens ext&#233;rieurs. Par contre, elle ne n&#233;cessite pas forc&#233;ment de faire abstraction du sensible qui nous entoure. On peut accueillir simplement les sensations sans chercher &#224; nous en abstraire, mais en les int&#233;grant &#224; notre exercice de pr&#233;sence &#224; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains trouveront une certaine facilit&#233; &#224; prier dans la nature ; d'autres moins ! C'est &#224; chacun de se conna&#238;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons placer devant nous une image du Christ particuli&#232;rement parlante pour notre sensibilit&#233; afin d'&#234;tre mieux conscients de notre relation avec lui. Dans la foi, cette relation est int&#233;rieure et le fait de s'aider d'une repr&#233;sentation ext&#233;rieure du Seigneur ne doit pas nous d&#233;tourner d'un regard int&#233;rieur de foi quant &#224; sa pr&#233;sence en notre c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Attention &#224; la position du corps&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le christianisme est la religion de l'Incarnation&lt;/strong&gt;. Dieu a assum&#233; dans le Christ notre humanit&#233;. Mais nous l'oublions souvent et avons tendance &#224; prier surtout avec notre t&#234;te&#8230; Or la pri&#232;re doit impliquer tout notre &#234;tre, y compris notre corpor&#233;it&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de notre corps est une expression de notre relation &#224; Dieu. La verticalit&#233; naturelle de l'&#234;tre humain signifie d&#233;j&#224; que l'homme est en relation conjointe avec la terre et le ciel. La station verticale symbolise cette double appartenance de l'homme &#224; la terre et au ciel li&#233;e &#224; sa dimension tout &#224; la fois mat&#233;rielle et spirituelle. La position verticale permet ainsi de nous tenir devant Dieu dans toute la dignit&#233; de notre &#234;tre cr&#233;&#233; &#224; son image et &#224; sa ressemblance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune position ne s'impose, la meilleure est celle qui permet de &lt;strong&gt;garder son esprit et son corps dans le calme&lt;/strong&gt;. Nous pouvons en revanche terminer chaque temps de pri&#232;re par une prosternation prolong&#233;e, front inclin&#233; vers la terre pour exprimer aussi notre adoration &#224; l'&#233;gard de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La stabilit&#233; facilit&#233;e par une juste position nous rend sensible &#224; la dimension terrestre de notre &#234;tre. Avoir les pieds sur la terre et la t&#234;te au ciel suppose un profond enracinement. Nous devons bien percevoir notre appui sur le sol, notre lien &#224; la terre. Nous prenons le temps au d&#233;but de la pri&#232;re de sentir le poids de notre corps sur le coussin, le petit banc ou le si&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;strong&gt;stabilit&#233; du corps&lt;/strong&gt; est &#233;galement importante pour le recueillement. La stabilit&#233; trouv&#233;e gr&#226;ce &#224; un bon appui sur notre si&#232;ge permet de demeurer immobile. L'int&#233;gration du corps et de l'esprit fait qu'un esprit agit&#233; conduit &#224; l'agitation du corps et qu'au contraire, &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;un corps stable et apais&#233; rend possible l'apaisement et le recueillement de l'esprit.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;tente du corps n'est pas synonyme d'avachissement. Elle implique aussi d'avoir une position corporelle droite. Pour trouver cette juste position qui permettra de concilier fermet&#233; et douceur, rectitude et souplesse, nous pouvons nous aider d'un rep&#232;re concret. Il nous permet de trouver facilement la bonne position pour la colonne vert&#233;brale. Il nous faut nous imaginer le sommet de notre crane comme tir&#233; vers le haut par un fil qui lui serait attach&#233;. Le menton n'est pas alors trop pench&#233; vers le thorax, ni le front trop relev&#233;. De la sorte, la colonne vert&#233;brale trouve facilement son axe vertical.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Attention &#224; la respiration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle est le symbole de la vie : le Souffle, c'est l'Esprit. Elle est mouvement et &#233;change. Par elle, nous sommes en symbiose avec notre environnement. A travers elle, nous recevons et nous donnons. &lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;Nous recevons passivement le don de la vie lors de l'inspiration&lt;/strong&gt; : attitude d'accueil. Nous donnons ensuite activement la vie re&#231;ue lors de l'expiration : nous nous offrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inspiration naturelle est passive et part de l'abdomen : la respiration abdominale pr&#233;vaut en effet sur la respiration thoracique dans la respiration normale, spontan&#233;e. Une l&#233;g&#232;re pose inspiratoire permet de communier au don qui nous est fait de la pr&#233;sence de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expiration est active exprimant ainsi le caract&#232;re libre et volontaire du don de soi. Les muscles de l'abdomen chassent l'air thoracique en se contractant. La pose expiratoire est un peu plus longue que la pose inspiratoire pour signifier que ce don est r&#233;el et fait avec confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les mouvements respiratoires peuvent &#234;tre amples au d&#233;but de l'oraison et trouver ensuite un rythme plus naturel. L'important est de garder son esprit attentif &#224; la respiration avec la symbolique qu'elle exprime. La facilit&#233; de la respiration est aussi un bon t&#233;moin de notre &#233;tat de d&#233;tente et de la rectitude de notre position. Nous devons en effet pouvoir sentir que la colonne d'air circule sans peine dans les voies respiratoires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette attention &#224; la r&#233;alit&#233; v&#233;cue &#224; travers les sens, la statique corporelle, la respiration et la parole nous aide &#224; &lt;strong&gt;&#234;tre pr&#233;sents&lt;/strong&gt; &#224; &lt;strong&gt;nous-m&#234;mes&lt;/strong&gt; et au Seigneur. C'est par un acte de foi en lui que nous donnons sens &#224; la position de notre corps, &#224; sa situation dans l'espace, au souffle et &#224; la parole. La pri&#232;re n'introduit pas de rupture avec le reste de la vie, durant laquelle nous demeurons en pr&#233;sence de Dieu, moyennant une attention effective aux r&#233;alit&#233;s concr&#232;tes les plus simples du moment pr&#233;sent. La pri&#232;re est aussi une &#233;cole d'attention au r&#233;el et de ma&#238;trise de soi, pour demeurer dans la pr&#233;sence du Dieu vivant, &#224; travers tout le d&#233;ploiement de notre propre vie. De brefs moments de pri&#232;re ainsi fond&#233;s sur la respiration peuvent venir scander notre journ&#233;e d&#232;s que nous avons un moment de pause ou d'attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons ainsi dans&lt;strong&gt; l'attention&lt;/strong&gt; &#224; la &lt;strong&gt;pr&#233;sence de Dieu &lt;/strong&gt; que nous prolongeons dans l'attention aux choses, aux personnes &#224; travers nos t&#226;ches et nos relations quotidiennes. Nous cherchons &#224; vivre &#224; travers toute r&#233;alit&#233; une juste relation de respect et d'amour envers Dieu puisque toute chose est son &#339;uvre et un &lt;strong&gt;don de son amour&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Oraison</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/L-Oraison.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; L'oraison est un &#233;change d'amiti&#233; o&#249; l'on s'entretient souvent seul &#224; seul avec ce Dieu dont nous savons qu'Il nous aime. &#187; (Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila, Vie chap. 8) La pri&#232;re silencieuse, l'oraison, est au centre de notre vie au Carmel. Cette pri&#232;re est un &#233;lan du c&#339;ur qui nous remet chaque instant en pr&#233;sence de Dieu. L'oraison permet de faire grandir en chacun de nous, la rencontre et l'amiti&#233; profonde avec J&#233;sus. Nous &#233;coutons et m&#233;ditons la parole de Dieu dans notre c&#339;ur, celle-ci (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-L-Oraison-un-coeur-a-coeur-avec-Dieu-.html" rel="directory"&gt;L'Oraison : un c&#339;ur &#224; c&#339;ur avec Dieu&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L113xH150/arton244-d3d1b.jpg?1782932907' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L'oraison est un &#233;change d'amiti&#233; o&#249; l'on s'entretient souvent seul &#224; seul avec ce Dieu dont nous savons qu'Il nous aime. &#187; (Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Vie &lt;/em&gt; chap. 8)&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La pri&#232;re silencieuse, l'&lt;strong&gt;oraison&lt;/strong&gt;, est au centre de notre vie au Carmel. Cette pri&#232;re est un &#233;lan du c&#339;ur qui nous remet chaque instant en&lt;strong&gt; pr&#233;sence&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;Dieu&lt;/strong&gt;. L'oraison permet de faire grandir en chacun de nous, la rencontre et l'amiti&#233; profonde avec J&#233;sus. Nous &#233;coutons et m&#233;ditons la parole de Dieu dans notre c&#339;ur, celle-ci devient une lumi&#232;re &#233;clairant les activit&#233;s du jour, dans le travail ou dans la d&#233;tente, dans les joies ou dans les peines. L'&lt;strong&gt;oraison silencieuse&lt;/strong&gt; est un moment privil&#233;gi&#233; de rencontre personnelle avec Dieu. &#034;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;L'oraison est un dialogue personnel, intime et profond entre Dieu et l'homme&lt;/em&gt;&#034; (Lettre de la congr&#233;gation pour la doctrine de la Foi, 1989).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sainte Th&#233;r&#232;se, &lt;strong&gt;c'est le Christ J&#233;sus qui doit &#234;tre le centre de ma vie de pri&#232;re&lt;/strong&gt;. Sinon je risque souvent de tomber dans le monologue. Dans la pri&#232;re, &lt;strong&gt;j'apprends &#224; &#233;couter ce que le Seigneur veut me dire&lt;/strong&gt; car je laisse r&#233;sonner en moi sa Parole, lue dans la Bible. Je vois comment elle visite les &#233;v&#232;nements de ma vie et les &#233;claire. &lt;strong&gt;Je prend aussi la parole pour confier au Seigneur ce que je vis&lt;/strong&gt; de joyeux ou douloureux pour que ma vie passe dans ma pri&#232;re. La pri&#232;re est bien un dialogue amical qui doit laisser aussi une place au silence : &#234;tre l&#224;, gratuitement et par amour de J&#233;sus. Lui parler, l'&#233;couter, &#234;tre l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#034; &lt;strong&gt;M&#233;diter jour et nuit la loi du Seigneur et le servir d'un c&#339;ur pur&lt;/strong&gt; &#034; (R&#232;gle du Carmel)&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La &lt;strong&gt;pr&#233;sence de Dieu&lt;/strong&gt; a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e de tout temps comme le grand sujet de m&#233;ditation qui pr&#233;pare l'esprit &#224; go&#251;ter l'intimit&#233; divine. Le Carmel accorde une grande importance &#224; l'exercice de la pr&#233;sence de Dieu &#224; la suite du proph&#232;te &#201;lie qui se tenait &#171; en face de Dieu vivant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apprendre &#224; vivre en pr&#233;sence de Dieu ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vouloir vivre en pr&#233;sence de Dieu, c'est &lt;strong&gt;d&#233;sirer lui faire place &lt;/strong&gt; dans sa vie. 2 heures, 30 minutes ou 15 minutes, peut importe le temps consacr&#233;s, tant que nous avons en nous le d&#233;sir profond de Dieu, de le rencontrer et de le d&#233;couvrir.
Vivre en pr&#233;sence de Dieu demande du temps et de l'humilit&#233;. Comme disait fr&#232;re Laurent de La r&#233;surrection &#034;Il faut une grande &lt;strong&gt;fid&#233;lit&#233; &lt;/strong&gt; &#224; la pratique de cette pr&#233;sence et au regard int&#233;rieur de Dieu en soi, qui se doit toujours faire doucement, &lt;strong&gt;humblement&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;amoureusement&lt;/strong&gt;, sans se laisser aller &#224; aucun trouble ou inqui&#233;tude.&#034; C'est donc apprendre &#224; se &lt;strong&gt;laisser regarder et aimer &lt;/strong&gt; par &lt;strong&gt;Dieu &lt;/strong&gt; en simplicit&#233;, tel que nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pri&#232;re personnelle est toujours &lt;strong&gt;un combat spirituel&lt;/strong&gt;. Nous pensons toujours avoir des choses plus importantes &#224; faire que de prendre du temps pour Dieu. Quelle erreur ! Il nous faut revenir chaque jour &#224; la Source pour &#234;tre plus vivants et efficaces. &lt;strong&gt;La qualit&#233; de notre vie de pri&#232;re d&#233;pendra de notre fid&#233;lit&#233; au quotidien&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;L'amour ne se dit que par des actes d'amour&lt;/strong&gt; : choisir de prier m&#234;me si je ne sens rien ou m&#234;me si je suis tr&#232;s occup&#233;. Au-del&#224; de ce que je sens ou comprends, &lt;strong&gt;je sais dans la foi que Dieu est l&#224; et que l'Esprit Saint travaille dans mon c&#339;ur&lt;/strong&gt;. Je choisis de me fixer au temps choisi et de demeurer par amour aupr&#232;s du Seigneur. C'est un chemin de joie et de libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#034;M&#234;me au milieu du monde, &lt;br class='manualbr' /&gt;on peut l'&#233;couter dans le silence d'un c&#339;ur &lt;br class='manualbr' /&gt;qui ne veut &#234;tre qu'&#224; Lui.&#034; &lt;br class='manualbr' /&gt;&#201;lisabeth de la Trinit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;* Un site web consacr&#233; &#224; l'&lt;a href=&#034;http://www.oraison.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;oraison&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; peut aussi vous aider. Il mentionne notamment les propositions d'&lt;strong&gt;&#233;coles d'oraison&lt;/strong&gt; en cours en France et autres pays francophones.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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