<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.carmel.asso.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Carmel en France</title>
	<link>https://www.carmel.asso.fr/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.carmel.asso.fr/spip.php?id_rubrique=392&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Carmel en France</title>
		<url>https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L144xH144/siteon0-70270.png?1782924723</url>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/</link>
		<height>144</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Hom&#233;lie du Jour de P&#226;ques (20 avril 2014)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Homelie-du-Jour-de-Paques-20-avril-2014.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.carmel.asso.fr/Homelie-du-Jour-de-Paques-20-avril-2014.html</guid>
		<dc:date>2014-04-20T14:19:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;Le creux de la cr&#232;che, le tohu-bohu de la cr&#233;ation, le vide du tombeau, Dieu dans ses grandes &#339;uvres - Dieu dans ses &#339;uvres - agit dans le secret, dans le vide, dans le silence. Nous chantions &#224; la vigile pascale la nuit lumineuse ; l'&#233;vangile de ce jour &#233;voque un matin encore obscur. Il pr&#233;sente la foi chr&#233;tienne en sa source, &#224; l'&#233;tat germinal, inchoatif, encore inachev&#233;, encore en promesse. Il nous donne au fond de m&#233;diter comme en murmurant et d'accueillir comme en sautillant (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2013-2014-Annee-C-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2013-2014 (Ann&#233;e C)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le creux de la cr&#232;che, le tohu-bohu de la cr&#233;ation, le vide du tombeau, Dieu dans ses grandes &#339;uvres - Dieu dans ses &#339;uvres - agit dans le secret, dans le vide, dans le silence. Nous chantions &#224; la vigile pascale la nuit lumineuse ; l'&#233;vangile de ce jour &#233;voque un matin encore obscur. Il pr&#233;sente la foi chr&#233;tienne en sa source, &#224; l'&#233;tat germinal, inchoatif, encore inachev&#233;, encore en promesse. Il nous donne au fond de m&#233;diter comme en murmurant et d'accueillir comme en sautillant d'&#233;merveillement l'inou&#239; de notre foi. Entrer dans le tombeau et se souvenir des Ecritures ; voir et croire ; courir ; arriver le premier mais laisser sa place : il y a dans ces quatre attitudes de l'&#233;vangile comme la grammaire &#233;l&#233;mentaire de la foi en la R&#233;surrection qui m&#233;ritera d'&#234;tre d&#233;velopp&#233;e tout au long du temps pascal pour constituer la foi dans sa totalit&#233;, c'est-&#224;-dire avec la mani&#232;re dont elle est v&#233;cue, c&#233;l&#233;br&#233;e et profess&#233;e. Notre &#233;vangile est un &#233;vangile de fondements. C'est donc avec l'&#233;lan que donne une promesse, avec la joie que suscite une naissance, avec la l&#233;g&#232;ret&#233; qu'offre une lib&#233;ration, que nous pouvons reprendre les quatre attitudes nomm&#233;es &#224; l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre et Jean font l'exp&#233;rience d'un vide, d'un creux, de traces renvoyant &#224; une absence : la pierre enlev&#233;e, le tombeau vide, le linge et le linceul. C'est par l'Ecriture (ce que nous appelons l'Ancien Testament) que Jean va acc&#233;der &#224; la foi. Or l'Ecriture elle-m&#234;me est une trace, trace des passages de Dieu et de son &#339;uvre dans l'histoire d'Isra&#235;l, la pr&#233;dication des proph&#232;tes, la m&#233;ditation des sages et la r&#233;daction des &#233;crivains sacr&#233;s, trace non imm&#233;diate de la Parole de Dieu. Jean acc&#232;de &#224; la foi en J&#233;sus ressuscit&#233; d'une mani&#232;re remarquable et &#233;tonnante, comme si &#224; la mani&#232;re de silex qui se frottent l'un l'autre, dans la conjonction de ces traces, prenaient feu le sens, la compr&#233;hension de la logique de Dieu (&#171; il fallait &#187;) et la perception d'une pr&#233;sence de J&#233;sus ressuscit&#233; avant m&#234;me les rencontres pascales qui vont suivre. Nous parlions de foi germinale : il s'agit de la foi comme intuition de la foi qui bouleverse toute une vie, qui poss&#232;de tout en puissance, en semence, mais qui devra &#234;tre compl&#233;t&#233;e, assur&#233;e, v&#233;rifi&#233;e par l'exp&#233;rience des apparitions du Ressuscit&#233;, ce qui donnera lieu &#224; l'&#233;criture du Nouveau Testament. Pour nous aujourd'hui, la foi se vit dans une m&#234;me conjonction de l'exp&#233;rience de nos vides et de nos pauvret&#233;s, dans la m&#233;moire - le tombeau, selon l'&#233;tymologie du mot employ&#233; par l'&#233;vang&#233;liste, d&#233;signe le lieu du souvenir - de l'&#339;uvre de Dieu dans notre propre existence et dans la m&#233;ditation des Ecritures, Ancien et Nouveau Testaments. Par la gr&#226;ce de Dieu, la foi, tel un feu qui prend, nous fait entrer dans la perception renouvel&#233;e du myst&#232;re de Dieu. F&#234;ter la r&#233;surrection ce n'est donc pas tourner la page des Jours saints comme si nous passions &#224; autre chose mais c'est percevoir le sens profond de la Passion illumin&#233;e par la foi pascale, lumi&#232;re qui vient d&#233;jouer toutes nos obscurit&#233;s et donner sens &#224; nos nuits. Christ est ressuscit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, &#171; voir et croire &#187; constituent l'attitude croyante du disciple bien-aim&#233;. Vous savez peut-&#234;tre que le chapitre 20 de l'&#233;vangile de Jean commence par notre &#233;vangile et se cl&#244;t par l'&#233;loge de ceux qui croient sans avoir vu. Entre ces deux passages d'&#233;vangile, nous avons le grand passage de l'&#233;vangile, du &#8216;voir et croire' au &#8216;croire sans voir', c'est-&#224;-dire le passage des t&#233;moins directs de la R&#233;surrection dont nous parlent la premi&#232;re lecture (J&#233;sus apparait &#224; ceux qu'il a choisis, ceux qui l'ont vu durant sa vie terrestre) &#224; ceux qui, &#224; l'instar de Thomas et plus encore de tous ceux qui l'ont suivi sur ce chemin - et nous en sommes - ont re&#231;u la foi par le t&#233;moignage de la Tradition, c'est-&#224;-dire par le t&#233;moignage des t&#233;moins, de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. L&#224; encore nous touchons &#224; un point fondamental de notre foi : voir et croire c'est-&#224;-dire faire l'exp&#233;rience, croire et transmettre. La foi en la r&#233;surrection est comme un feu qui prend dans la conjonction de ces divers &#233;l&#233;ments. Voir et croire y constituent des &#233;l&#233;ments structurants gr&#226;ce &#224; la Tradition qui, dans ses pr&#233;cisions dogmatiques ou son d&#233;ploiement sacramentel, nous donne de professer et de c&#233;l&#233;brer Christ ressuscit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, tous nos personnages courent aujourd'hui : Madeleine, Pierre et Jean. La foi apparait comme une course. Le passage de la Mer Rouge, le cantique des cantiques nous en disaient d&#233;j&#224; quelque chose : la foi comme une attirance irr&#233;sistible, la foi comme une orientation inconnue mais certaine, la foi comme l'ardeur de se donner. La foi est cette force qui met en mouvement, la force d'aimer&#8230; car Christ est ressuscit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il est beaucoup question de place dans cet &#233;vangile : le r&#244;le premier de Madeleine (ap&#244;tre des ap&#244;tres), le jeu subtil entre Pierre et le disciple bien-aim&#233; qui &#233;voque sans doute une r&#233;flexion eccl&#233;siologique sur le r&#244;le des uns et des autres dans l'Eglise primitive. Primaut&#233; ou pr&#233;s&#233;ance de Pierre avec sa facult&#233; d'observer et rapidit&#233; de Jean pour courir et comprendre : on peut y voir l'articulation entre la tradition et la transmission objective de la foi et l'ardeur des missionnaires et des contemplatifs qui la vivent et la font vivre. La foi en la R&#233;surrection est une foi en le myst&#232;re de l'Eglise, autre &#233;l&#233;ment &#224; l'&#233;tat de germe dans notre &#233;vangile mais qui sera d&#233;velopp&#233; par apr&#232;s. Croire en la R&#233;surrection c'est se trouver d&#233;positaire d'une mission et d&#233;couvrir, pour y consentir, la place qui est n&#244;tre. L&#224; aussi est notre joie. Christ est ressuscit&#233; : il nous invite &#224; l'annoncer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons parcouru trop rapidement, l'inou&#239; d'un sens qui vient &#233;clairer le creux de nos tombeaux, l'articulation du voir et du croire c'est-&#224;-dire de la perception et de la gr&#226;ce, l'ardeur de la foi et de l'amour qui met en mouvement avec force et libert&#233;, la joie d'&#234;tre &#224; sa place et pour cela le r&#244;le de l'Ecriture dans sa compl&#233;tude, de la Tradition et de l'Eglise, voil&#224; la grammaire de notre foi, encore &#224; l'&#233;tat d'&#233;tincelle, que nous croyons pouvoir discerner dans cet &#233;vangile. C'est la gr&#226;ce de ce jour unique d'en c&#233;l&#233;brer le myst&#232;re, la promesse, la force inou&#239;e pour adorer le myst&#232;re de Dieu P&#232;re, Dieu de la vie et de l'esp&#233;rance. Oui, Christ est ressuscit&#233; ! En lui tout est l&#224; et tout commence. L&#224; est notre joie, l&#224; est notre foi, l&#224; est notre ardeur. Christ est ressuscit&#233;, all&#233;luia : il est vraiment ressuscit&#233;, all&#233;luia !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Guillaume, ocd&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hom&#233;lie 4e Dimanche de Car&#234;me (30 mars 2014)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Homelie-4e-Dimanche-de-Careme-30-mars-2014.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.carmel.asso.fr/Homelie-4e-Dimanche-de-Careme-30-mars-2014.html</guid>
		<dc:date>2014-03-31T08:29:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Qui vivra, verra &#187;. Il y a dans ce proverbe le bon sens du r&#233;alisme, la sagesse de la patience mais peut-&#234;tre aussi un certain d&#233;sabusement vis-&#224;-vis de toute forme d'esp&#233;rance ou de recherche de sens, une certaine fatalit&#233;. Avec notre &#233;vangile, la foi invite &#224; renverser la formule : &#171; qui verra, vivra &#187;. Autrement dit, il n'y a pas de vraie vie sans un acc&#232;s &#224; la lumi&#232;re, celle que donne Dieu, la lumi&#232;re de la foi. Pas de vie sans foi : &#171; celui qui croit a la vie &#233;ternelle &#187;. C'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2013-2014-Annee-C-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2013-2014 (Ann&#233;e C)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Qui vivra, verra &#187;. Il y a dans ce proverbe le bon sens du r&#233;alisme, la sagesse de la patience mais peut-&#234;tre aussi un certain d&#233;sabusement vis-&#224;-vis de toute forme d'esp&#233;rance ou de recherche de sens, une certaine fatalit&#233;. Avec notre &#233;vangile, la foi invite &#224; renverser la formule : &#171; qui verra, vivra &#187;. Autrement dit, il n'y a pas de vraie vie sans un acc&#232;s &#224; la lumi&#232;re, celle que donne Dieu, la lumi&#232;re de la foi. Pas de vie sans foi : &#171; celui qui croit a la vie &#233;ternelle &#187;. C'est l'enjeu de notre car&#234;me qui nous conduira &#224; la vigile pascale, f&#234;te de la lumi&#232;re, f&#234;te de la vie, f&#234;te de la foi&#8230; Sur ce chemin, le Christ est notre guide, comme le chante le psaume du bon berger. Il nous conduit sur un chemin de conversion et pour cela nous m&#232;ne &#224; travers la nuit, &#171; &#224; travers les ravins de la mort &#187; pour citer le m&#234;me psaume. Chemin d'illumination, comme celui de l'aveugle qui acc&#232;de &#224; la vue, et chemin de travers&#233;e de la nuit, comme celui des pharisiens qu'aveugle le p&#233;ch&#233;, telles sont les deux faces du car&#234;me et de toute vie chr&#233;tienne. Laissons-nous guider par le Christ sur ce chemin de renversement : &#171; Ceux qui sont aveugles voient et ceux qui croient voir sont aveugl&#233;s &#187;. Trois mots jalonneront ce parcours : nuit, p&#233;ch&#233;, lumi&#232;re, chacun nous disant quelque chose du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit&lt;/strong&gt; : le cheminement spirituel est un chemin de renversements qui nous fait traverser la nuit&#8230; mais avant de conna&#238;tre la travers&#233;e, nous &#233;prouvons la nuit. C'est ce qui travaille notre &#233;vangile : je voudrais souligner trois points. Premi&#232;rement, l'aveugle gu&#233;rit en &#233;tant recouvert de boue. Il faut passer par le noir pour acc&#233;der &#224; la lumi&#232;re, qui surgit quand nous sont &#244;t&#233;es les &#233;cailles de boue. Le chemin spirituel n'est pas lin&#233;aire. Exp&#233;rience largement v&#233;cue : quand le Seigneur intervient, cela semble aller moins bien ! Deuxi&#232;mement, entre l'illumination initiale de la gu&#233;rison de l'aveugle et l'illumination finale de sa confession, le chemin est marqu&#233; par le non savoir et l'absence. Les &#171; nous savons &#187; et les &#171; nous ne savons pas &#187; jalonnent notre r&#233;cit. Ce dernier est marqu&#233; par ailleurs par la grande absence de J&#233;sus, qui n'intervient qu'au d&#233;but et &#224; la fin de notre passage. Entre deux, en son absence, on parle beaucoup de lui mais sans lui. La foi grandit dans la nuit. Ce chemin se fait enfin solitude. Le r&#233;cit est marqu&#233; par une exclusion et un abandon progressifs de l'aveugle. Les voisins ne reconnaissent plus leur mendiant, les parents ne soutiennent pas leur enfant et les pharisiens l'injurient et le jettent dehors. Cela peut &#234;tre compris comme une lib&#233;ration progressive, vis-&#224;-vis de ce qui peut nous asservir, la r&#233;putation, certains liens familiaux, la peur, la convenance m&#234;me religieuse, le besoin d'expliquer (pourquoi ? comment ?). Autant de travers&#233;es d'obstacles lib&#233;ratrices. Confesser la foi est risqu&#233;. Mais c'est lorsque l'aveugle est parvenu &#224; la solitude que J&#233;sus peut dialoguer en v&#233;rit&#233; avec lui. L'enjeu de tout ce chemin sinueux est de reconna&#238;tre J&#233;sus et de l'adorer librement, personnellement et v&#233;ritablement. Impression de reculer, non savoir et solitude, voil&#224; ce chemin nocturne. Jean de la Croix en a &#233;t&#233; le chantre et le commentateur inspir&#233;s. Nous sommes inadapt&#233;s &#224; Dieu lumi&#232;re qui en agissant en nous nous &#233;blouit et nous transforme, &#171; mais c'est de nuit &#187;&#8230; Ne la craignons pas, elle est habit&#233;e et sur ce chemin le Christ nous devance, lui qui a travers&#233; toute nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P&#233;ch&#233;&lt;/strong&gt; : ce chemin nocturne d&#233;busque notre p&#233;ch&#233; car tel le pus d'une plaie, il faut le mettre &#224; jour pour le traiter. L&#224; aussi Jean de la Croix avec son image de la b&#251;che en est le guide s&#251;r. Le feu avant d'embraser une b&#251;che doit consumer la mousse et l'humidit&#233;, ce qui produit une fum&#233;e noire et naus&#233;abonde. Ainsi le Seigneur dans notre vie. Notre &#233;vangile parle beaucoup du p&#233;ch&#233;, pas des p&#233;ch&#233;s mais du p&#233;ch&#233;, de cette opposition fonci&#232;re &#224; Dieu. Il n'est pas tant une explication du mal (&#171; ni lui ni ses parents &#187; dit J&#233;sus), la transgression d'une loi (&#171; Cet homme n'observe pas le sabbat &#187;) que la fermeture tragique &#224; la lumi&#232;re. Le p&#233;ch&#233; n'est pas tant d'&#234;tre aveugle qu'aveugl&#233; (&#171; Du moment que vous dites : &#8216;Nous voyons !', votre p&#233;ch&#233; demeure &#187;). C'est dans notre relation &#224; Dieu qu'il se joue, m&#234;me si c'est dans ses cons&#233;quences et avec le crit&#232;re de la Loi qu'il peut se mesurer. &#171; Serions-nous aveugles, nous aussi ? &#187; Pour nous aussi, cette question est au c&#339;ur du Car&#234;me. Le discernement des p&#233;ch&#233;s est un fruit de la lumi&#232;re, une gr&#226;ce &#224; d&#233;sirer. Le d&#233;placement qu'op&#232;re l'&#233;vangile, de la non-voyance de l'aveugle &#224; l'aveuglement des pharisiens nous interpelle. Nous connaissons &#171; la p&#233;nombre o&#249; nous plonge la mauvaise foi, o&#249; nous ne nous &#233;non&#231;ons pas &#224; nous-m&#234;mes le sens de nos actes &#187;. Ne d&#233;sesp&#233;rons pas pour autant de la piti&#233; de Dieu, douce et puissante. &#171; L'amour de Dieu fait tout rena&#238;tre &#187;. Pour cela, restons des mendiants ; prenons le temps de la pri&#232;re qui seule nous fait acc&#233;der au profond de notre conscience (Dieu seul sait voir et fait voir, comme le montre la premi&#232;re lecture) ; &#233;coutons sans cesse la Parole ; fixons notre regard sur J&#233;sus : baignons-nous dans la lumi&#232;re de l'Envoy&#233;. N'ayons pas peur d'accueillir notre mis&#232;re, c'est une br&#232;che pour la lumi&#232;re. Le travail de la lumi&#232;re est exigeant mais lib&#233;rateur. Ne tardons pas, nous dit J&#233;sus. C'est lui a pris nos p&#233;ch&#233;s : confions-nous en lui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lumi&#232;re&lt;/strong&gt; : J&#233;sus est la lumi&#232;re et le chemin spirituel un chemin d'illumination qui donne acc&#232;s &#224; la lumi&#232;re et &#224; la reconnaissance de la vraie lumi&#232;re, le Christ. L'illumination ne concerne pas seulement nos yeux mais toute notre vie : l'aveugle voit d&#232;s la premi&#232;re intervention de J&#233;sus mais il lui faudra du temps pour voir avec les yeux de la foi et adorer le Christ. Le jeu des dialogues et des questions (Pourquoi ? comment ? o&#249; ? d'o&#249; ? que dis-tu ? et finalement qui est-il ?) fait avancer le r&#233;cit. Il m&#232;ne l'Aveugle du &#171; c'est bien moi &#187; &#224; &#171; je crois Seigneur &#187;, en passant par des &#233;tapes : &#171; c'est un proph&#232;te &#187; ; &#171; cet homme-l&#224; vient de Dieu &#187;. Dans la r&#233;v&#233;lation finale, &#171; Tu le vois et c'est lui qui te parle &#187;, se m&#234;lent le voir, l'entendre et le parler. &#171; Vivre en enfant de lumi&#232;re &#187;, les mots de saint Paul exprime bien cette illumination de toute notre vie. Ainsi, J&#233;sus lumi&#232;re nous m&#232;ne et se r&#233;v&#232;le &#224; nous par un chemin de renversement, de lumi&#232;re &#233;blouissante et de nuit lib&#233;ratrice. N'ayons pas peur : laissons-nous conduire et transformer par le Christ lumi&#232;re. L&#224; est la joie du Car&#234;me ! Amen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Guillaume, ocd (Avon)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hom&#233;lie pour la saint Joseph (19 mars 2014)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Homelie-pour-la-saint-Joseph-19-mars-2014.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.carmel.asso.fr/Homelie-pour-la-saint-Joseph-19-mars-2014.html</guid>
		<dc:date>2014-03-19T19:30:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;Est-il raisonnable de prendre une orientation d&#233;cisive pour son existence sur la seule base d'un songe ? Est-il raisonnable de faire confiance &#224; une parole entendue en r&#234;ve lorsqu'elle est en plus &#224; ce point d&#233;routante ? Est-il raisonnable d'engager ainsi sa vie au saut du lit serait-on tent&#233; de dire ? Bien s&#251;r, il ne faut pas &#234;tre dupe de la concision d'un r&#233;cit qui annonce un myst&#232;re de foi et ne se pr&#233;occupe pas de la psychologie de Joseph. Les informations que l'&#201;vangile nous donne (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2013-2014-Annee-C-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2013-2014 (Ann&#233;e C)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Est-il raisonnable de prendre une orientation d&#233;cisive pour son existence sur la seule base d'un songe ? Est-il raisonnable de faire confiance &#224; une parole entendue en r&#234;ve lorsqu'elle est en plus &#224; ce point d&#233;routante ? Est-il raisonnable d'engager ainsi sa vie au saut du lit serait-on tent&#233; de dire ? Bien s&#251;r, il ne faut pas &#234;tre dupe de la concision d'un r&#233;cit qui annonce un myst&#232;re de foi et ne se pr&#233;occupe pas de la psychologie de Joseph. Les informations que l'&#201;vangile nous donne d'ailleurs sur Joseph sont plut&#244;t minimalistes : un artisan appartenant &#224; la lign&#233;e Davidique que l'&#233;vang&#233;liste qualifie d'homme juste. Nous n'en savons pas davantage sur lui, si ce n'est peut-&#234;tre sa capacit&#233; singuli&#232;re &#224; se laisser guider par des songes. C'est &#224; la suite d'un songe qu'il prend chacune des quatre d&#233;cisions que l'&#201;vangile mentionne : il accueille Marie chez lui ; il emm&#232;ne la m&#232;re et l'enfant en &#201;gypte, il rentre avec eux en Isra&#235;l et enfin il s'installe &#224; Nazareth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph agit en fonction de ces songes parce qu'il les identifie &#224; la Parole de Dieu. Certes il n'est pas le premier &#224; le faire. Elie, Jacob, ainsi que son fils Joseph sont entr&#233;s eux aussi dans l'intelligence de la Parole par la voie du songe. Le songe exprime l'opacit&#233; et le myst&#232;re du Dieu ineffable. Il donne d'accueillir la Parole dans les t&#233;n&#232;bres en un &#233;tat de profond abandon. Le songe est une mise &#224; l'&#233;cart de notre capacit&#233; de r&#233;flexion pour une descente au plus profond de l'int&#233;riorit&#233;. Tandis que le corps est dans la torpeur, l'esprit veille avec intensit&#233;, visit&#233; par une Pr&#233;sence qui se communique &#224; lui. L'origine de la parole se perd alors dans les m&#233;andres de l'esprit, au plus profond de l'oubli. Voici que la parole ne proc&#232;de plus de la pens&#233;e, mais d'un au-del&#224; de la conscience o&#249; Dieu &#233;veille l'homme &#224; son myst&#232;re. Plus exactement, Dieu donne d'entrer en communion avec lui par l'ob&#233;issance &#224; sa Parole. Dans le songe, Dieu s'empare de l'homme et imprime en son c&#339;ur sa volont&#233; sur lui. Au r&#233;veil, la perception de la Parole devient consciente, mais son origine et son fondement se perdent dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la Parole de Dieu puisse ainsi animer les songes d'un homme t&#233;moigne de la profondeur de sa communion int&#233;rieure avec Dieu. Joseph se laisser ainsi guider par un songe au point de changer d'avis brutalement, comme si ce message portait en lui-m&#234;me une telle &#233;vidence qu'il balayait d'un coup toutes les objections ant&#233;rieures. Oui, Joseph peut non seulement accueillir chez lui son &#233;pouse selon son d&#233;sir profond, mais assumer aussi la responsabilit&#233; extraordinaire de donner &#224; l'enfant le nom re&#231;u en songe. L'&#233;vidence fulgurante vient de cette co&#239;ncidence entre la volont&#233; de Dieu et le d&#233;sir de Joseph. Ce dont il se croyait indigne, &#224; savoir prendre soin de son &#233;pouse et donner son nom &#224; l'enfant qu'elle a re&#231;u de Dieu, devient d&#233;sormais sa vocation et sa mission !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela d&#233;passe certes toute compr&#233;hension, mais il n'est pas n&#233;cessaire de comprendre pour agir en libert&#233;. Un acte est libre lorsqu'il engage toute la personne. Un &#234;tre libre est un &#234;tre capable de se donner tout entier dans la voie qu'il a choisie. Mais comment discerner le choix dans lequel nous pouvons nous investir sans r&#233;serve ? Si nous sommes lucides, nous savons bien que les raisons de nos choix les plus importants ne sont que des justifications a post&#233;riori de notre d&#233;sir profond. Lorsque nous faisons un choix v&#233;ritablement libre, nous ne le faisons pas pour des motifs raisonnables, mais parce que ce choix est l'expression d'un d&#233;sir capable d'unifier notre &#234;tre et d'orienter toutes nos &#233;nergies dans cette direction. L'action qui s'en suit, r&#233;pond alors &#224; l'ensemble de nos sentiments, de nos pens&#233;es et de nos aspirations les plus intimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous connaissons bien cet aphorisme de Pascal : &#171; Le c&#339;ur a ses raisons que la raison ne conna&#238;t point. &#187; Et Pascal de poursuivre sa pens&#233;e en l'explicitant : C'est le c&#339;ur qui sent Dieu et non la raison. Voil&#224; ce que c'est que la foi. Dieu sensible au c&#339;ur, non &#224; la raison. Lorsque nous voulons savoir en vertu de quelle raison nous avons pos&#233; un choix, nous trouvons que nous nous sommes d&#233;cid&#233;s sans raison, peut-&#234;tre m&#234;me contre toute raison. Mais c'est l&#224; pr&#233;cis&#233;ment la meilleure des raisons, car, dans les circonstances solennelles de la vie, nous choisissons en d&#233;pit de ce qu'il est convenu d'appeler un motif. Cette absence de raison tangible est d'autant plus frappante que nous sommes alors plus profond&#233;ment libres. L'acte v&#233;ritablement libre ne vient pas en effet de la raison qui analyse, mais du c&#339;ur qui boit &#224; la source de l'amour. L'acte libre est une exp&#233;rience d'unit&#233; int&#233;rieure, une &#233;vidence du c&#339;ur qui &#233;chappe &#224; la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; culmine ainsi quand elle est un don de Dieu capable de nous mettre au service de sa Parole dans l'abandon &#224; sa volont&#233;. Telle est la libert&#233; de Joseph, qui s'engage contre toute raison sur une voie qu'il ne comprend pas, mais sur laquelle s'accomplit son d&#233;sir au-del&#224; de l'imaginable. A l'&#233;coute de son c&#339;ur jusque dans les profondeurs de la nuit, il accueille la parole qui ouvre &#224; son d&#233;sir la pl&#233;nitude d'un avenir. Parce que cette Parole est de Dieu et qu'il fait ce qu'elle dit, parce que cet avenir est en Dieu et qu'il s'y engage sans condition, Dieu peut habiter sa libert&#233; d'homme. L'Emmanuel, Dieu avec nous, re&#231;oit dans la nu&#233;e d'un songe et par la foi d'un homme son nom divin : &#171; Dieu sauve &#187;. A l'exemple de Joseph, puissions-nous ouvrir notre c&#339;ur &#224; ce salut plus r&#233;el que nos raisons ! A la pri&#232;re de Joseph, puissions-nous &#234;tre libres de c&#339;ur dans le service et dans l'&#233;coute, puisque tel est notre d&#233;sir et notre gloire en Christ !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Olivier-Marie Rousseau, ocd&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hom&#233;lie du 2e Dimanche de Car&#234;me (16 mars 2014)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Homelie-du-2e-Dimanche-de-Careme-16-mars-2014.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.carmel.asso.fr/Homelie-du-2e-Dimanche-de-Careme-16-mars-2014.html</guid>
		<dc:date>2014-03-16T21:04:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;Peut-on &#234;tre jaloux de J&#233;sus ? La question peut sembler incongrue, mais il arrive que dans un couple, l'un des conjoints vive une forte conversion au Christ. S'il s'agit de l'&#233;pouse, le mari peut en venir &#224; devenir jaloux de J&#233;sus qui semble lui prendre sa femme. Nous sentons bien que cela est sans fondement. Bien au contraire, l'amour du Christ, un amour exclusif et inconditionnel, donne la libert&#233; d'aimer en v&#233;rit&#233; et de vivre plus parfaitement nos engagements humains. L'amour du Christ, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2013-2014-Annee-C-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2013-2014 (Ann&#233;e C)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peut-on &#234;tre jaloux de J&#233;sus ? La question peut sembler incongrue, mais il arrive que dans un couple, l'un des conjoints vive une forte conversion au Christ. S'il s'agit de l'&#233;pouse, le mari peut en venir &#224; devenir jaloux de J&#233;sus qui semble lui prendre sa femme. Nous sentons bien que cela est sans fondement. Bien au contraire, l'amour du Christ, un amour exclusif et inconditionnel, donne la libert&#233; d'aimer en v&#233;rit&#233; et de vivre plus parfaitement nos engagements humains. L'amour du Christ, parce qu'il est unique et absolu n'entre en concurrence avec aucun autre et donne son fondement &#224; tout amour humain. Aussi sommes-nous tous concern&#233;s par ce &#171; J&#233;sus seul &#187; par lequel s'ach&#232;ve l'&#201;vangile de ce jour. Oui, J&#233;sus est le seul, l'unique et il n'y a pas d'autre chemin que lui pour parvenir &#224; l'accomplissement de notre vie en Dieu. C'est ce que proclame avec une puissance d'&#233;vocation saisissante l'&#201;vangile de la Transfiguration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;v&#233;lation fulgurante a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e juste avant par la confession de foi de C&#233;sar&#233;e de Philippe qui s'est d&#233;roul&#233;e en trois &#233;tapes : Pierre est d'abord d&#233;clar&#233; heureux pour avoir discern&#233; le myst&#232;re de J&#233;sus, mais aussit&#244;t apr&#232;s il chute en refusant l'annonce de la Passion : &#171; Arri&#232;re Satan ! &#187;. La parole de J&#233;sus lui ouvre alors &#224; nouveau le chemin en l'invitant &#224; se renier soi-m&#234;me, &#224; se charger de sa propre croix et &#224; se mettre &#224; sa suite. Nous retrouvons trois &#233;tapes semblables dans la sc&#232;ne de la Transfiguration solennellement introduite par une proph&#233;tie de J&#233;sus : &#171; En v&#233;rit&#233; je vous le dis, parmi ceux qui sont ici, certains ne conna&#238;tront pas la mort avant d'avoir vu le Fils de l'homme venir dans son R&#232;gne. &#187; Nous voici avertis. Ce qui va advenir est une manifestation du R&#232;gne du Fils de l'homme. Ce R&#232;gne, c'est la gloire de Dieu manifest&#233;e l'espace d'un instant en la personne de J&#233;sus. Face &#224; cette gloire, Pierre se signale &#224; nouveau en proposant de construire des tentes. Cette fois J&#233;sus ne r&#233;pond pas, mais du sein de la nu&#233;e, la voix du P&#232;re terrasse les trois disciples, qui se retrouvent face contre terre. Pierre qui pensait impudemment &#234;tre &#224; la hauteur de la situation, se retrouve le nez dans la poussi&#232;re. Cependant, l&#224; encore, une issue lui est offerte. J&#233;sus n'appelle plus Pierre &#224; le suivre, puisque il en est incapable par lui-m&#234;me. Il vient au contraire lui-m&#234;me au devant de ses disciples ; il les touche et les rel&#232;ve, car que pourraient-ils faire sans son aide ? Alors et alors seulement, les disciples voient v&#233;ritablement l'invisible en l'humanit&#233; de cet homme. Ils ne voient plus que lui, J&#233;sus seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J&#233;sus seul &#187;, tel est le fondement de notre foi, une foi aussi scandaleuse aujourd'hui qu'elle le fut &#224; la naissance du christianisme au sein d'un monde juif consacr&#233; au culte de l'Unique. Les chr&#233;tiens rendent &#224; J&#233;sus le culte r&#233;serv&#233; &#224; l'Unique tout en affirmant leur foi dans le Dieu unique et P&#232;re de J&#233;sus-Christ. Oui, J&#233;sus est l'unique, le seul &#224; l'&#234;tre &#224; l'&#233;gal du Dieu unique. Il n'y a pas de chemin vers l'Unique qui ne passe par J&#233;sus et lui seul, car il est le Fils, l'unique bien-aim&#233; comme le fut Isaac pour Abraham &#224; l'heure du sacrifice, comme l'est le serviteur souffrant d'Isa&#239;e en qui Dieu se compla&#238;t au point de lui donner le nom au-dessus de tout nom : oui, que tout au nom de J&#233;sus s'agenouille au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, telle est la Parole de l'Unique proclam&#233;e par Isa&#239;e et reprise en &#233;cho dans l'hymne aux Philippiens. &#201;couter J&#233;sus, c'est &#233;couter Dieu. Rendre gloire &#224; J&#233;sus, c'est glorifier Dieu. Ob&#233;ir &#224; Dieu, c'est aimer J&#233;sus en qui Dieu a mis tout son amour. J&#233;sus est l'unique car il l'unique aim&#233; de Dieu, scandale pour les uns, folie pour les autres. Proclamer cela aujourd'hui est devenu inaudible dans un monde o&#249; toutes les v&#233;rit&#233;s se valent ? Affirmer la gloire de l'Unique en cet homme n'est-il pas supr&#234;me folie aux yeux d'une raison humaine aveugl&#233;e par son savoir ? Oui, mais pour celui qu'illumine la Parole, qui se laisse touch&#233; et relev&#233; par elle et qui accepte de suivre le chemin du serviteur, J&#233;sus seul est l'unique. Telle est notre foi. Que notre d&#233;sir de la vivre davantage soit l'enjeu de notre car&#234;me pour la gloire de l'Unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Olivier-Marie Rousseau, ocd&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hom&#233;lie du 1e Dimanche de Car&#234;me (9 mars 2014)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Homelie-du-1e-Dimanche-de-Careme-9-mars-2014.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.carmel.asso.fr/Homelie-du-1e-Dimanche-de-Careme-9-mars-2014.html</guid>
		<dc:date>2014-03-09T21:20:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs, Nous voil&#224; donc mis en quarantaine par la liturgie, pour gu&#233;rir ! Tel est le Car&#234;me, 40 jours (40 jours et 6 dimanches car nous, latins, aimons bien compter, non que les dimanches de Car&#234;me ne soient pas Car&#234;me &#8211; au contraire ils en sont les phares lumineux qui structurent notre marche et celui d'aujourd'hui pourra nous inspirer tout au long de celle-ci - mais ils ne &#171; comptent &#187; pas dans les jours de je&#251;ne puisque le dimanche n'est pas jour de je&#251;ne : on ne jeune pas en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2013-2014-Annee-C-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2013-2014 (Ann&#233;e C)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; donc mis en quarantaine par la liturgie, pour gu&#233;rir ! Tel est le Car&#234;me, 40 jours (40 jours et 6 dimanches car nous, latins, aimons bien compter, non que les dimanches de Car&#234;me ne soient pas Car&#234;me &#8211; au contraire ils en sont les phares lumineux qui structurent notre marche et celui d'aujourd'hui pourra nous inspirer tout au long de celle-ci - mais ils ne &#171; comptent &#187; pas dans les jours de je&#251;ne puisque le dimanche n'est pas jour de je&#251;ne : on ne jeune pas en pr&#233;sence de l'Epoux !) pour contempler J&#233;sus notre Sauveur, le nouvel Adam comme le d&#233;veloppe St Paul nous montrant ainsi que la sc&#232;ne &#233;vang&#233;lique du d&#233;sert fait contrepoint &#224; la sc&#232;ne primordiale du Jardin. 40 jours pour passer du d&#233;sert au Jardin, pour accueillir J&#233;sus, le suivre dans son combat et nous laisser transformer par lui : &#171; progresser dans la connaissance de J&#233;sus-Christ &#187; et &#171; nous ouvrir &#224; la lumi&#232;re &#187; dit la pri&#232;re d'ouverture. Explorons ces deux axes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Situ&#233; apr&#232;s les sc&#232;nes de l'enfance, le r&#233;cit des tentations de J&#233;sus est au fond un autre r&#233;cit de manifestation de son myst&#232;re. Telle est notre foi que le Car&#234;me va faire grandir : il le Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai homme, venu dans notre monde pour nous sauver. C'est sur cela que joue le d&#233;mon : &#171; si tu es le Fils &#187; met-il en doute par deux fois. Et l'&#233;preuve de J&#233;sus est &#224; comprendre ainsi : la preuve de sa parfaite humanit&#233; et de sa divinit&#233; ! Ainsi voudrais-je relire les trois tentations. Premi&#232;rement, lui qui nous invite &#224; nous nourrir de toute parole de Dieu, il est lui-m&#234;me la Parole de Dieu faite chair qui fait la lumi&#232;re en d&#233;busquant les strat&#233;gies du diable qu'il nomme ou contrecarre. En m&#234;me temps, fils parfait du P&#232;re, sa seule nourriture est de faire la volont&#233; du P&#232;re. L&#224; est l'enjeu supr&#234;me de toute tentation. Vrai Dieu et vrai homme, on le voit &#224; l'aisance avec laquelle il se r&#233;f&#232;re &#224; l'Ecriture qui lui sert de bouclier : &#171; il est &#233;crit &#187; r&#233;pond-il &#224; chaque tentation montrant, pour nous aussi, l'arme de nos combats. Ensuite, lui, qui nous d&#233;fend de tenter Dieu, il assume pleinement notre humanit&#233;. A la lumi&#232;re du r&#233;cit de la Gen&#232;se, c'est ainsi que nous pouvons comprendre le sens de la deuxi&#232;me tentation. &#171; Tu ne tenteras pas Dieu &#187; ; &#171; tu ne mangeras pas le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal &#187;, autrement dit tu ne brouilleras pas les limites de ton humanit&#233;. Sauter du Temple, ce serait cela. J&#233;sus, vrai homme, vit pleinement au contraire son humanit&#233;, avec ses limites et ses faiblesses. Il eut faim, il fut triste, il s'est r&#233;joui et il a pleur&#233;. Toute sa vie, J&#233;sus r&#233;sistera &#224; faire le magicien. Il fuit quand on veut le faire Roi, il reste silencieux quand on l'adjoint de se sauver de la Croix pour prouver sa divinit&#233;. En m&#234;me temps, dans cette deuxi&#232;me tentation, c'est Dieu lui-m&#234;me qui est tent&#233; : myst&#232;re de la Passion d&#233;j&#224; pr&#233;figur&#233;e. En J&#233;sus la victoire sur la tentation est celle de la Vie et par l&#224; sur toutes nos tentations. Myst&#232;re de J&#233;sus Sauveur ! Lui - troisi&#232;me tentation - qui nous enjoint d'adorer Dieu seul, manifeste sa pleine humanit&#233; dans la mani&#232;re pr&#233;cis&#233;ment avec laquelle il v&#233;cut cela : &#171; levant les yeux vers son P&#232;re &#187; ; &#171; Dieu seul est bon ! &#187; C'est le myst&#232;re de son ob&#233;issance que m&#233;dite saint Paul dans la deuxi&#232;me lecture. En m&#234;me temps, le parcours de la foi conduit &#224; confesser avec Thomas &#171; mon Seigneur et mon Dieu &#187;. La sc&#232;ne finale de notre &#233;vangile est d'ailleurs une sc&#232;ne d'adoration, comparable &#224; celles de la cr&#232;che : le tentateur qui s'&#233;tait approch&#233; au d&#233;but de l'&#233;vangile le quitte et ce sont les anges, c'est-&#224;-dire les autres anges - le d&#233;mon n'est qu'un ange, une cr&#233;ature et non un dieu - l&#224; aussi ne l'oublions pas quand la force de l'adversit&#233; pourrait nous faire croire le contraire - qui s'approchent et servent J&#233;sus, vrai homme et vrai Dieu. Cr&#232;che au d&#233;sert qui annonce d&#233;j&#224; la victoire pascale du Christ. Nous le voyons, ces trois &#233;preuves sont comme trois preuves de J&#233;sus vrai Dieu et vrai homme. Le Car&#234;me, c'est cela &#171; progresser dans la connaissance de J&#233;sus-Christ &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pareillement et indissociablement, pour continuer &#224; citer l'oraison de ce jour, il nous donne de nous &#171; ouvrir [davantage] &#224; sa lumi&#232;re par une vie de plus en plus fid&#232;le &#187;. Nos tentations peuvent &#234;tre un chemin de croissance spirituelle, si nous savons les vivre, les relire et les offrir. Reprenons de nouveau notre r&#233;cit dans cette perspective. Premi&#232;rement, qu'est-ce qui nous fait vivre ? Quelle est notre nourriture, notre source ? Voil&#224; un enjeu essentiel de notre Car&#234;me ! Pour cela je ne peux que nous inviter &#224; nous abreuver &#224; la fontaine des Ecritures. En une p&#233;riode de surabondance de la litt&#233;rature spirituelle &#8211; revues de toutes sortes, publications sur Internet, propositions pastorales d'une ing&#233;niosit&#233; prolifique - le risque est de nous contenter d'&#233;crits de seconde main, tout en &#233;tant de premi&#232;re valeur. Bien s&#251;r cela peut nous aider et nous promouvons une retraite en ligne, des lundis de Car&#234;me, mais l'&#233;crin ne doit pas faire &#233;cran. Lire sur l'Ecriture ne fait pas l'&#233;conomie de lire l'Ecriture. Mieux vaut la pauvre pri&#232;re qui est celle de mon c&#339;ur que la brillante m&#233;ditation qui n'est pas mienne et me reste malgr&#233; tout ext&#233;rieure. Il y a l&#224; peut-&#234;tre une tentation, au moins un enjeu important. Le Car&#234;me peut &#234;tre pour nous un changement de posologie : une lectio divina quotidienne vaut bien cinq picorages para-scripturaires (comme on dirait para-m&#233;dicaux). Ensuite, aimer notre condition humaine avec son sens des limites est plus que jamais un combat. Je ne veux pas ressortir la tarte &#224; la cr&#232;me d'Internet et des nouveaux rythmes de notre soci&#233;t&#233; mais l'exigence du silence, un rapport au temps qui int&#232;gre la distance et la patience, le travail de l'unification int&#233;rieure qui se joue dans la pri&#232;re ou la lecture sont des incontournables du Car&#234;me. Ne jouons pas les Prom&#233;th&#233;e ou, plus bibliquement, les Adam et Eve : &#171; vous deviendrez des dieux &#187; ! Le sens de l'asc&#232;se chr&#233;tienne, en particulier le je&#251;ne sous toutes ses formes, est l&#224; : consentir &#224; notre humanit&#233; pour suivre le Christ. Enfin, qui servons-nous, qui adorons-nous ? Vers qui dirige-t-on notre vie ? Le Car&#234;me est comme une course d'orientation qui nous r&#233;apprend le vrai Nord ! Contempler le Christ et transformer - lib&#233;rer - notre vie, tels sont des enjeux pour notre Car&#234;me que dit avec force l'&#233;vangile des tentations. Ne dissocions pas ces deux perspectives : elles se rejoignent&#8230; dans l'amour, offert sans condition par le Christ et que notre vie spirituelle nous apprend. C'est le seul fruit v&#233;ritable de notre Car&#234;me, le seul moteur. C'est lui qui nous a mis en route et nous donne d&#233;j&#224; de rendre gr&#226;ce ! Bon Car&#234;me &#224; tous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Guillaume, ocd&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>6e Dimanche du Temps Ordinaire (Ann&#233;e A)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/6e-Dimanche-du-Temps-Ordinaire-Annee-A.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.carmel.asso.fr/6e-Dimanche-du-Temps-Ordinaire-Annee-A.html</guid>
		<dc:date>2014-02-16T20:37:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;Nova et vetera, querelle des anciens et des modernes, tradition ou modernit&#233;, attention &#224; la nouveaut&#233; ou souci de ce qui dure, manie du neuf ou obsession de ce qui a toujours exist&#233;, en des termes bien divers, voil&#224; qui travaille beaucoup de nos r&#233;actions, d&#233;bats et choix, tant int&#233;rieurs qu'ext&#233;rieurs, eccl&#233;siaux ou soci&#233;taux. Avec son propos de ne &#171; pas abolir mais [d'] accomplir &#187; et par ailleurs son refrain &#171; on vous a dit, eh bien moi je vous dit &#187;, J&#233;sus joue sur le double registre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2013-2014-Annee-C-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2013-2014 (Ann&#233;e C)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nova et vetera, querelle des anciens et des modernes, tradition ou modernit&#233;, attention &#224; la nouveaut&#233; ou souci de ce qui dure, manie du neuf ou obsession de ce qui a toujours exist&#233;, en des termes bien divers, voil&#224; qui travaille beaucoup de nos r&#233;actions, d&#233;bats et choix, tant int&#233;rieurs qu'ext&#233;rieurs, eccl&#233;siaux ou soci&#233;taux. Avec son propos de ne &#171; pas abolir mais [d'] accomplir &#187; et par ailleurs son refrain &#171; on vous a dit, eh bien moi je vous dit &#187;, J&#233;sus joue sur le double registre de la conservation rigoureuse (pas une lettre, pas un trait &#8211; pas un iota &#8211; ne disparaitront) et de la r&#233;novation radicale. Il d&#233;signe la Loi, pas tant un syst&#232;me l&#233;gislatif ni un code moral mais &#171; la Loi et les proph&#232;tes &#187;, c'est-&#224;-dire toute l'Ecriture, Torah, Proph&#232;tes et Ecrits de Sagesse, qu'il vient accomplir. Ce dernier mot a le sens de r&#233;aliser (avec J&#233;sus, les proph&#233;ties de l'Ecriture s'accomplissent) mais litt&#233;ralement de remplir. Le long psaume 118 dont nous avons chant&#233; quelques versets l'&#233;voque, J&#233;sus en parle comme enseignement et commandement : la Loi se compose plus pr&#233;cis&#233;ment de r&#233;cits des merveilles de Dieu contenant un d&#233;calogue - dix paroles &#224; la fois promesses et commandements - d'oracles proph&#233;tiques, qui fonctionnent sous le mode de la contestation, souvent au nom de la fid&#233;lit&#233;, et de r&#233;flexions de sagesse, qui se pr&#233;sentent sous le mode de l'int&#233;gration, souvent de mani&#232;re innovante. Bref, la Loi est comme un large espace, travaill&#233; par la question de l'Ancien et du Nouveau, c'est-&#224;-dire de ce que Dieu a donn&#233; et de ce qu'il continue de cr&#233;er, que J&#233;sus vient remplir, c'est-&#224;-dire habiter, r&#233;organiser, illuminer. Habiter le champ des Ecritures ou interpr&#233;ter le chant de la Parole : voil&#224; ce que fait J&#233;sus et telle est l'invitation qu'il adresse aujourd'hui. Appel pour nous &#224; contempler J&#233;sus accomplissant l'Ecriture et &#224; comprendre les Ecriture accomplies par J&#233;sus : voil&#224; une belle d&#233;finition de la lectio divina ! J&#233;sus accomplit les Ecritures : c'est ainsi que les premiers chr&#233;tiens r&#233;sumaient l'annonce de la foi, le k&#233;rygme, la R&#233;surrection, la Passion salvifique, l'Incarnation, le salut offert &#224; tous les hommes. A leur suite, c'est quand nous habitons l'Ecriture que le Seigneur vient habiter notre c&#339;ur, comme nous le demandions dans l'oraison de ce jour. Il vient accomplir en J&#233;sus les d&#233;sirs profonds sem&#233;s en nos c&#339;urs mais vient aussi y faire le m&#233;nage&#8230; Telle est notre foi : J&#233;sus est Seigneur ; il nous a sauv&#233;s ! Pour accueillir effectivement cela, saint Paul parle dans ses &#233;pitres du salut par la foi et non par la Loi. En le disant autrement, c'est l'attitude spirituelle que J&#233;sus nous invite &#224; vivre dans l'&#233;vangile. Explorons cela selon deux directions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, livr&#233;s &#224; nos propres forces, il nous est impossible de vivre pleinement la Loi, c'est-&#224;-dire selon le projet de Dieu, de vivre dans la Paix, le don et la communion. Il y a l&#224; non un constat psychologique fait pour nous accabler mais une exp&#233;rience de foi, d&#233;cisive et lib&#233;rante. A la suite de l'&#233;pisode du jeune homme riche, les disciples comprennent que le salut est impossible aux hommes, ce que confirme J&#233;sus en pr&#233;cisant que rien n'est impossible &#224; Dieu. Nous pouvons faire ce m&#234;me constat en &#233;coutant J&#233;sus parler aujourd'hui de notre col&#232;re, de notre convoitise ou de nos paroles incertaines. L'&#233;pitre aux Romains le r&#233;sume, &#171; tous les hommes sont p&#233;cheurs &#187; ; notre seconde lecture oppose la sagesse du monde &#224; celle de Dieu. &#171; Sans lui nous ne pouvons rien faire &#187; : oui, heureux sommes-nous quand nous en faisons l'exp&#233;rience salutaire, &#224; travers nos failles, nos impuissances ou nos ambigu&#239;t&#233;s v&#233;cues comme occasion d'accueillir le don de Dieu ! Malheur &#224; nous au contraire si notre satisfaction de suivre la Loi nous fait vivre sans gratitude, comme si nous n'avions pas besoin de Dieu&#8230; mais l'&#233;prouver comme malheur peut &#234;tre d&#233;j&#224; l'exp&#233;rience heureuse que je viens d'&#233;voquer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la gr&#226;ce nous conduit &#224; vivre la Loi d'une mani&#232;re nouvelle. Telle est la sagesse des saints dont J&#233;sus nous enseigne l'exigence, non pour nous d&#233;courager mais comme une promesse d&#233;j&#224; offerte. &#171; Ce n'est pas la R&#232;gle qui nous garde ; c'est nous qui gardons la R&#232;gle &#187; disait la prieure dans le Dialogue des Carm&#233;lites. Il y a l&#224; une maxime profonde qui a de quoi nous stimuler tous, que notre R&#232;gle soit celle du Carmel, de la vie religieuse ou du mariage. Ce n'est pas la Loi qui sauve, ce n'est pas la R&#232;gle qui garde mais garder la R&#232;gle, c'est au fond comprendre que l'amour est l'accomplissement de la Loi, que nous ne savons pas aimer mais que Dieu nous y conduit. Telle est cette sagesse nouvelle dont je souligne pour terminer trois traits : la radicalit&#233; du combat, la douceur du consentement et le choix de Dieu. J&#233;sus ouvre une voie radicale. Non au sens d'un extr&#233;misme &#233;cervel&#233;. En accomplissant la Parole, il nous invite &#224; aller &#224; la racine des choses. A la source du meurtre, il y a la col&#232;re et le m&#233;pris, &#224; la source de l'adult&#232;re, il y a la convoitise et l'envie. Sans parler d'Eros et Thanatos, J&#233;sus connait le c&#339;ur de l'homme : il est la lumi&#232;re et vient faire, en profondeur, la v&#233;rit&#233; dans nos vies. Mais la voie dessin&#233;e par le Christ n'est pas le jusqu'au-boutisme. D&#233;passer la justice des pharisiens n'est pas &#234;tre plus pharisien que les pharisiens, mais davantage accord&#233; &#224; Dieu. Le verbe traduit par &#171; d&#233;passer &#187; veut dire d&#233;border ; on le retrouve &#224; la fin du texte traduit par &#171; ce qui est en plus (ce qui d&#233;borde) vient du mauvais &#187;. Attention donc au toujours plus, au perfectionnisme. Il s'y cache un manque de perspective et souvent de l'orgueil. J&#233;sus au contraire nous invite au consentement. Consentir au temps : &#171; pendant que tu es en chemin &#187; nous dit-il. Consentir au pardon. La logique du donnant-donnant v&#233;cue de mani&#232;re absolue conduit &#224; la mort, &#171; au dernier sou &#187;, &#224; l'ext&#233;nuation totale. Consentir &#224; nos limites et &#224; nos limitations. Ne pas faire de serment, c'est ne pas s'engager sur des chemins qui ne sont pas de nos ressorts, se contenter de nos seuls &#171; oui &#187; et &#171; non &#187;. Le contraire serait tenter Dieu. Enfin, la voie de J&#233;sus, de libert&#233; et de responsabilit&#233; se joue tout sp&#233;cialement dans notre capacit&#233; &#224; choisir. C'est le c&#339;ur de la r&#233;v&#233;lation biblique : &#171; il d&#233;pend de ton choix de rester fid&#232;le &#187;. On est aujourd'hui tr&#232;s conscient des d&#233;terminismes physiques, sociologiques et psychologiques qui nous conditionnent. Cette conscience doit servir notre lucidit&#233; et non nous paralyser. Les t&#233;moins actuels de la foi, qui font souvent &#339;uvre de r&#233;sistance, l'attestent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contempler J&#233;sus accomplissant les Ecritures, nouveau Mo&#239;se qui accomplit la Torah, nouveau proph&#232;te qui accomplit les annonces d'un salut offert &#224; tous si nous r&#233;alisons que nous n'en sommes pas dignes, nouveau sage qui nous conduit sur le chemin de la croix, folie pour les hommes mais sagesse supr&#234;me de l'amour divin, voil&#224; ce que la liturgie nous a fait entrevoir. Qu'elle nous donne maintenant d'accueillir force et lumi&#232;re pour le vivre et en t&#233;moigner ! Amen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Guillaume, ocd&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hom&#233;lie de la Pr&#233;sentation du Seigneur (2 f&#233;vrier 2014)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Homelie-de-la-Presentation-du-Seigneur-2-fevrier-2014.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.carmel.asso.fr/Homelie-de-la-Presentation-du-Seigneur-2-fevrier-2014.html</guid>
		<dc:date>2014-02-02T20:55:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;Messe aux chandelles, procession de la Chandeleur, la liturgie nous donne aujourd'hui d'acclamer, d'accueillir et d'adorer le Christ-Lumi&#232;re. A vrai dire un peu comme le ph&#233;nom&#232;ne d'extraterritorialit&#233; pour une ambassade en terre &#233;trang&#232;re, nous vivons une sorte d'extratemporalit&#233; liturgique o&#249;, en plein temps ordinaire, nous voici, pour un jour, revenu au temps de No&#235;l - tout comme plus tard les f&#234;tes de la Trinit&#233;, du Saint-Sacrement et du Sacr&#233;-C&#339;ur marqueront, le temps ordinaire &#233;tant (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2013-2014-Annee-C-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2013-2014 (Ann&#233;e C)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Messe aux chandelles, procession de la Chandeleur, la liturgie nous donne aujourd'hui d'acclamer, d'accueillir et d'adorer le Christ-Lumi&#232;re. A vrai dire un peu comme le ph&#233;nom&#232;ne d'extraterritorialit&#233; pour une ambassade en terre &#233;trang&#232;re, nous vivons une sorte d'extratemporalit&#233; liturgique o&#249;, en plein temps ordinaire, nous voici, pour un jour, revenu au temps de No&#235;l - tout comme plus tard les f&#234;tes de la Trinit&#233;, du Saint-Sacrement et du Sacr&#233;-C&#339;ur marqueront, le temps ordinaire &#233;tant revenu, la v&#233;ritable cl&#244;ture du temps pascal. Accomplissement du temps de No&#235;l qu'exprime l'&#233;vangile de la Pr&#233;sentation au Temple, notre f&#234;te se pr&#233;sente aussi comme une reprise de l'Avent avec la lecture du proph&#232;te Malachie qui nous pr&#233;pare &#224; la venue du &#171; messager de l'Alliance &#187; et comme une m&#233;ditation du myst&#232;re pascal dans l'&#233;p&#238;tre aux H&#233;breux (&#171; ayant souffert jusqu'au bout l'&#233;preuve de sa passion &#187;), ce que signifie, &#224; sa mani&#232;re, la pr&#233;sence de cierges dans la liturgie de ce jour comme &#224; la vigile pascale. Bref, c'est tout le myst&#232;re du salut et du temps que ressaisit notre f&#234;te. Explorons-en quelques richesses que d&#233;cline le contenu de ses trois titres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais commencer par le moins connu sans doute, la &#171; f&#234;te de la Sainte Rencontre &#187;, l'&#171; hypapante &#187; comme on dit dans l'Orient chr&#233;tien, car il s'agit bien, dans la maison de la Rencontre qu'est le Temple, d'une rencontre : celle de l'Ancienne Alliance avec la Nouvelle, de l'arbre avec son fruit, du Peuple avec son Dieu. L'exp&#233;rience de la rencontre symbolise d'ailleurs bien celle de la vie spirituelle. La pri&#232;re est une rencontre du Seigneur avec ce qu'elle comporte de d&#233;sir, de pr&#233;sence mutuelle, d'&#233;tranget&#233; voire d'affrontement, d'&#233;merveillement et de gratitude. La liturgie, elle-aussi, est une rencontre de l'assembl&#233;e avec son Dieu. La pens&#233;e et l'exp&#233;rience de la foi enfin nous conduisent &#224; la rencontre que sont le t&#233;moignage ou le dialogue avec l'autre, l'autre chr&#233;tien, l'autre croyant, l'autre encore plus autre. Ainsi, avec l'autre ou le Tout-autre notre vie de foi est rencontre et l'on sait combien la rencontre r&#233;ussie est une exp&#233;rience de construction de soi et d'ouverture &#224; l'autre. Ainsi fait notre foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Pr&#233;sentation du Seigneur au Temple est le titre officiel des livres liturgiques. Il succ&#232;de &#224; celui de Purification de la Vierge qui en disait aussi l'enracinement dans la Loi juive. Pr&#233;senter l'enfant premier-n&#233;, c'&#233;tait l'offrir &#224; Dieu en reconnaissance. Cela rejoint l&#224; aussi une attitude spirituelle profonde. &#171; Tu peux laisser ton serviteur s'en aller : mes yeux ont vu le salut &#187; disait Sym&#233;on indiquant pour nous le chemin de la reconnaissance et de l'offrande de soi, sachant que Dieu nous pr&#233;c&#232;de toujours. Qui offre qui dans notre &#233;vangile : n'est-ce pas avant tout Dieu qui offre &#224; l'humanit&#233; son Premier-N&#233; et s'offre &#224; nous en lui ? Par ailleurs notre &#233;vangile insiste beaucoup sur l'accomplissement de la Loi, 40 jours - chiffre d'accomplissement - apr&#232;s la naissance. L'Incarnation vient en effet accomplir toute chose, l'esp&#233;rance de l'Ancienne Alliance et les promesses sem&#233;es en nos c&#339;urs. Nous nous retrouvons ainsi en Avent non comme un retour en arri&#232;re mais comme l'expression de l'accomplissement qu'instaure l'Alliance Nouvelle mais qui appelle celui de l'Histoire et dont nous continuons &#224; g&#233;mir la venue. La Pr&#233;sentation du Seigneur est enfin le signe de l'assomption par Dieu de notre chair, myst&#232;re de l'Incarnation et myst&#232;re pascal que m&#233;dite la lettre aux h&#233;breux. C'est dans le partage de notre condition humaine que Dieu vient nous sauver. Dans cette transformation, nous pouvons voir la fusion et la purification annonc&#233;es par le proph&#232;te Malachie, fusion de la mort qui nous rend libres et capables de l'offrande v&#233;ritable, &#224; savoir de nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, nous l'avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;, le titre populaire de notre f&#234;te est la Chandeleur ou f&#234;te des lumi&#232;res. La lumi&#232;re de nos cierges symbolise le Christ, lumi&#232;re du monde et de nos vies que chacun de nous en lui mais aussi lumi&#232;re de la foi qui nous guide, telle la nu&#233;e lors de la travers&#233;e de la mer Rouge : autre figure d'accomplissement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi comme rencontre, la foi comme offrande, la foi comme accomplissement, la foi comme Lumi&#232;re, nos trois titres &#233;voquent un beau panorama de vie chr&#233;tienne et nous pourrions nous arr&#234;ter l&#224;&#8230; Un quatri&#232;me titre, pastoral, instaur&#233; par Jean-Paul II depuis 1997, fait du 2 f&#233;vrier la &#171; Journ&#233;e de la Vie consacr&#233;e &#187;. Je ne peux que le souligner ici non par auto-glorification mais par gratitude ! Ce que nous appelons la &#171; Vie consacr&#233;e &#187; est le fruit d'un &#233;largissement canonique et historique qui de la vie &#233;r&#233;mitique de saint Antoine du D&#233;sert a conduit &#224; la vie monastique puis religieuse (les Ordres Mendiants au XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; puis les j&#233;suites au XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; avec &#224; chaque fois une forme nouvelle de vie) puis la vie consacr&#233;e comme on le dit depuis la fin du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. En ce jour, la vie religieuse peut voir dans cette f&#234;te comme le miroir de son identit&#233; et de sa vocation. Premi&#232;rement, accueillir J&#233;sus dans ses bras comme Sym&#233;on en l'acclamant comme lumi&#232;re de sa vie, joie de son c&#339;ur et accomplissement de son attente, voil&#224; un beau symbole de la vie religieuse : accueillir J&#233;sus sachant que c'est lui qui nous accueille ! Deuxi&#232;mement, proclamer &#224; tous les louanges de J&#233;sus comme le fait Anne dans l'&#233;vangile, voil&#224; une deuxi&#232;me couleur de la vie religieuse : discerner Dieu &#224; l'&#339;uvre dans notre monde (&#171; J'ai vu le salut &#187;) et le proclamer par les mots et plus encore par notre vie. Pour cela, toujours &#224; l'instar d'Anne, &#171; servir Dieu jour et nuit dans le je&#251;ne et la pri&#232;re &#187; exprime notre d&#233;sir de sans cesse &#233;couter le Seigneur dans sa Parole, dans la travers&#233;e longue mais f&#233;conde de la fid&#233;lit&#233;. Si Sym&#233;on et Anne se pr&#233;sentent comme des mod&#232;les, ce n'est pas que pour &#234;tre religieux il faille &#234;tre vieux mais que nous voulons durer jusqu'&#224; l'&#234;tre mais sans le devenir, je veux dire en restant dans l'&#233;merveillement toujours jeune de sa vocation dont la fid&#233;lit&#233; d&#233;ploie au cours du temps les divers aspects. C'est la r&#233;ponse &#224; l'appel qui en dit tout le contenu. Quatri&#232;mement, l'offrande est un mot-clef pour exprimer la vie religieuse : &#171; devant Dieu pour tous &#187; disait Edith Stein. S'offrir c'est consentir &#224; soi-m&#234;me &#8211; principe d'humilit&#233; &#8211; et se donner : heureuse aventure ! Le glaive dont parle Sym&#233;on dit enfin la vocation proph&#233;tique de la vie religieuse mais aussi sa disponibilit&#233; &#224; &#234;tre transperc&#233;e, mise &#224; nu par la Parole, sur le chemin du d&#233;tachement qu'offrent les trois conseils &#233;vang&#233;liques, le choix de la solitude et la vie en communaut&#233;, voie de pauvret&#233; pour &#234;tre vraiment f&#233;cond des fruits de Dieu. Gratitude donc qui montre que la vie consacr&#233;e ne peut qu'&#234;tre diverse. Oui, rendons gr&#226;ce pour la vie consacr&#233;e, apprenons &#224; mieux la connaitre, &#224; mieux l'aimer, &#224; la promouvoir et &#224; la stimuler. Que jamais elle ne s'endorme ! Qu'elle soit signe rayonnant et chaleureux qui interpelle et r&#233;conforte dans notre Eglise, sacrement de la lumi&#232;re des nations qui est le Christ ! Amen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Guillaume, ocd&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jour de No&#235;l 2013</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Jour-de-Noel-2013.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.carmel.asso.fr/Jour-de-Noel-2013.html</guid>
		<dc:date>2013-12-26T09:24:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;Quelle est notre joie en ce jour ? O&#249;-elle ? Sur quoi repose-t-elle ? Comment s'exprime-t-elle ? Notre &#233;vangile, &#224; vrai dire, n'en parle pas. O&#249; sont d'ailleurs la cr&#232;che, les bergers, les anges et m&#234;me la Sainte Famille ? Disparus eux aussi des lectures de ce jour ! Le prologue de saint Jean, ce po&#232;me admiratif du myst&#232;re de Dieu qui se donne, est comme l'autre approche d'une m&#234;me contemplation de No&#235;l dont la messe de la nuit, avec le r&#233;cit des bergers, en est l'approche narrative : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2013-2014-Annee-C-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2013-2014 (Ann&#233;e C)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelle est notre joie en ce jour ? O&#249;-elle ? Sur quoi repose-t-elle ? Comment s'exprime-t-elle ? Notre &#233;vangile, &#224; vrai dire, n'en parle pas. O&#249; sont d'ailleurs la cr&#232;che, les bergers, les anges et m&#234;me la Sainte Famille ? Disparus eux aussi des lectures de ce jour ! Le prologue de saint Jean, ce po&#232;me admiratif du myst&#232;re de Dieu qui se donne, est comme l'autre approche d'une m&#234;me contemplation de No&#235;l dont la messe de la nuit, avec le r&#233;cit des bergers, en est l'approche narrative : raconter et comprendre, comprendre et s'&#233;merveiller pour creuser la joie de No&#235;l, pour la laisser sourdre et jaillir en nos vies, voil&#224; ce que nous vivons dans la liturgie de ces jours ! Quelle est donc notre joie ? C'est la joie de Dieu lui-m&#234;me et de ceux qui le re&#231;oivent, c'est la joie des pauvres et des enfants de Dieu, c'est aussi la joie du Baptiste. C'est fondamentalement la joie d'une naissance : naissance en Dieu, naissance de Dieu, naissance de l'homme. M&#233;ditons-les et accueillons la joie multiforme que Dieu y donne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre joie est joie de Dieu car No&#235;l est &#224; vrai dire F&#234;te-Dieu, la principale, la principielle. Comme celle &#224; laquelle le nom est r&#233;serv&#233;, la f&#234;te de No&#235;l nous donne en effet la joie de c&#233;l&#233;brer Dieu qui se donne, Dieu qui se r&#233;v&#232;le, dans la chair, vrai corps et vrai sang, vrai homme et vrai Dieu. Qui est donc Dieu ? Voil&#224; la qu&#234;te, la seule qui vaille, je crois, toujours inachev&#233;e, pas toujours signifi&#233;e, mais qui nous travaille et nous transforme, quand nous prions, quand nous aimons, vivons les sacrements, scrutons la Bible ou relisons notre vie pour exp&#233;rimenter la Parole de Dieu. Aujourd'hui, le Prologue de Jean nous y accule et nous fait m&#233;diter le myst&#232;re de Dieu (&#171; le Verbe &#233;tait Dieu &#187; et &#171; le Verbe &#233;tait aupr&#232;s de Dieu &#187; ; ce qu'exprime autrement l'&#233;pitre aux H&#233;breux avec &#171; le reflet resplendissant de la gloire de Dieu &#187;). La th&#233;ologie trinitaire, en germe dans ces expressions, comprendra qu'en Dieu m&#234;me, il est question de naissance : Dieu n'est qu'en naissant. Dieu est don en lui-m&#234;me et se donne : le Verbe s'est fait chair et pourrions-nous traduire, sans argotisme et m&#234;me avec pr&#233;cision, &#171; il a cr&#233;ch&#233; parmi nous ! &#187; Myst&#232;re &#233;tonnant qui ne peut s'exprimer que sous la forme du paradoxe : ainsi pour reprendre l'&#233;vangile : dans son rapport au monde - &#171; [le Verbe] &#233;tait dans le monde, lui par qui le monde s'&#233;tait fait &#187; - ou dans son rapport au Baptiste - &#171; lui qui vient derri&#232;re moi, il a pris place devant moi car avant moi il &#233;tait &#187; - Myst&#232;re inimaginable, inou&#239; et en m&#234;me temps comblant les d&#233;sirs les plus profonds et les plus secrets de notre c&#339;ur : voil&#224; la joie de cette F&#234;te-Dieu ! Cependant deux pr&#233;cisions vont la qualifier. &#171; Dieu, nul ne l'a jamais vu &#187;. Dieu se r&#233;v&#232;le dans notre monde et le Verbe se fait l'un de nous mais Incarnation n'est pas idol&#226;trie. La joie de No&#235;l n'est pas une joie de possession - Dieu ne se manipule pas - mais une joie d'adoration, de silence, de respect. Nous parlons de naissance : on ne crie devant un enfant qui dort ! La deuxi&#232;me pr&#233;cision qui parcourt notre texte, c'est que la R&#233;v&#233;lation est livr&#233;e &#224; notre accueil, &#224; notre foi. L'image de la lumi&#232;re et des t&#233;n&#232;bres en donne l'enjeu : recevoir ou ne pas recevoir le Verbe, c'est la grande question ! La joie de No&#235;l est ainsi celle du &#8216;oui' donn&#233; ; elle est humble et fragile, consciente de sa gracieuset&#233;. &#171; Gr&#226;ce apr&#232;s gr&#226;ce &#187; : &#171; joie apr&#232;s joie &#187; pourrions-nous poursuivre, car il y a joie d'&#234;tre remplie de joie comme il y a la gr&#226;ce de recevoir la gr&#226;ce ! R&#233;sumons-nous. Dieu est r&#233;v&#233;l&#233; mais toujours au-del&#224; : une n&#233;cessaire r&#233;serve apophatique s'imposera toujours. Dieu se r&#233;v&#232;le mais se livre ainsi &#224; la foi de l'homme : on ne connait Dieu que par le Christ, l'unique m&#233;diateur dont on ne contemple le myst&#232;re que dans la contemplation des myst&#232;res de sa vie, son Enfance mais indissociablement son myst&#232;re pascal (l'&#233;pitre aux H&#233;breux &#233;voque d'ailleurs son Ascension). &#171; Le Fils unique qui est dans le sein du P&#232;re, c'est lui qui a conduit &#224; le connaitre, litt&#233;ralement c'est lui qui l'a racont&#233; &#187;, lui le seul ex&#233;g&#232;te du P&#232;re. La Joie de No&#235;l c'est donc la joie de Dieu qui se donne et la n&#244;tre quand nous le recevons : &#171; nous avons vu sa gloire &#187; ! Mais Dieu se donne par le bas, pourrions-nous dire, chez nous : joie du ravi de la cr&#232;che qui sait y voir, joie des pauvres qui savent y croire, joie des enfants de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#234;te-Dieu, No&#235;l est aussi la f&#234;te de l'humanit&#233;, la vraie ! Si No&#235;l est r&#233;v&#233;lation de Dieu, le Verbe fait chair, elle est de ce fait r&#233;v&#233;lation de l'homme, de cette chair dont il est p&#233;tri, de son insigne dignit&#233;. L'Antiquit&#233; chr&#233;tienne (pensons aux sermons de saint L&#233;on) l'avait d&#233;j&#224; per&#231;u : croire en Dieu, c'est croire en l'homme et servir les petits. Il ne s'agit pas d'idol&#226;trie ni d'anthropocentrisme mais du respect de Celui qui s'est fait l'un d'eux. D'ailleurs, notre prologue ne parle pas d'autre naissance que de celle des enfants de Dieu. Devenir enfants de Dieu, voil&#224; la naissance de chaque No&#235;l : devenir davantage ce que nous sommes ! Admirable &#233;change que toute la Tradition a chant&#233; : Dieu se fait homme pour que l'homme devienne fils de Dieu ! La joie de No&#235;l est donc celle d'une naissance, la n&#244;tre ! Oui, telle est notre dignit&#233; : l'homme est aim&#233; donc aimable, digne d'&#234;tre aim&#233; et donc capable d'aimer, quels que soient les obstacles de notre histoire. Croyons-le, les t&#233;n&#232;bres n'ont pas arr&#234;t&#233; la lumi&#232;re ! La joie de No&#235;l est enfin celle du Baptiste, si pr&#233;sent dans notre &#233;vangile : c'est la joie du t&#233;moin. De m&#234;me qu'il n'y a pas de naissance sans faire-part, la joie de No&#235;l r&#233;side aussi dans son annonce, joie des bergers hier, joie des guetteurs de notre premi&#232;re lecture. &#171; Nous avons vu sa gloire &#187; s'exclame et acclame l'&#233;vang&#233;liste. Dieu nous devance sur ce chemin : le Verbe s'est fait chair et il a pr&#234;ch&#233; parmi nous ! Joie de l'Annonce qui s'accompagne indissociablement de celle du service des pauvres et de la Paix, telle est aussi la joie de No&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#234;te-Dieu et f&#234;te de l'humanit&#233;, il n'y a que l'&#233;vangile pour rassembler ce que les hommes opposeraient ! Notre joie de ce jour est la joie multiforme d'une naissance avons-nous m&#233;dit&#233; : na&#238;tre, conna&#238;tre, rena&#238;tre&#8230; La joie et la naissance ont d'ailleurs en commun un m&#234;me go&#251;t de promesse, de gratuit&#233;, de vie, de myst&#232;re. Joie de No&#235;l, joie de l'&#233;vangile, gaudium evangelii : qu'elle enchante, encourage, fonde et f&#233;conde toute notre vie ! Amen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Guillaume, ocd
Avon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Immacul&#233;e-Conception 2013</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Immaculee-Conception-2013.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.carmel.asso.fr/Immaculee-Conception-2013.html</guid>
		<dc:date>2013-12-10T16:29:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs, Etonnante mani&#232;re, semble-t-il, que de c&#233;l&#233;brer la Conception Immacul&#233;e de Marie en proclamant l'&#233;vangile de la Conception de son Fils - l'Annonciation - mais saurions-nous faire autrement ? Toute la beaut&#233; mais aussi la difficult&#233; de cette f&#234;te sont l&#224; : pour f&#234;ter la Con&#231;ue, il faut la contempler concevante ! L'Immacul&#233;e-Conception est ainsi une f&#234;te profond&#233;ment th&#233;ologique qui dit le salut offert &#224; tous (ce qu'expriment les deux premi&#232;res lectures de ce jour : le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2013-2014-Annee-C-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2013-2014 (Ann&#233;e C)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etonnante mani&#232;re, semble-t-il, que de c&#233;l&#233;brer la Conception Immacul&#233;e de Marie en proclamant l'&#233;vangile de la Conception de son Fils - l'Annonciation - mais saurions-nous faire autrement ? Toute la beaut&#233; mais aussi la difficult&#233; de cette f&#234;te sont l&#224; : pour f&#234;ter la Con&#231;ue, il faut la contempler concevante ! L'Immacul&#233;e-Conception est ainsi une f&#234;te profond&#233;ment th&#233;ologique qui dit le salut offert &#224; tous (ce qu'expriment les deux premi&#232;res lectures de ce jour : le besoin et la pr&#233;destination universels au salut) mais admir&#233; du point de vue de cet &#234;tre singulier qu'est la Vierge Marie. F&#234;te borderline, f&#234;te sublime, f&#234;te pour l'Avent, ainsi pouvons-nous vivre ce jour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler de f&#234;te borderline, c'est parler comme un topologue de la th&#233;ologie : il y a dans le dogme de l'Immacul&#233;e-Conception comme un passage &#224; la limite (border), un peu comme on parle de la limite d'une suite ou d'une fonction. A partir des donn&#233;es de la foi et de l'Ecriture, il y a la perception de la convenance de la saintet&#233; de Marie depuis toujours, c'est-&#224;-dire en-de&#231;&#224; de toute purification, comme premier fruit du salut (&#171; par une gr&#226;ce venant d&#233;j&#224; de la mort de ton Fils &#187; dit l'oraison) avant m&#234;me l'accomplissement de celui-ci : &#171; rien n'est impossible &#224; Dieu &#187; ! C'est un passage &#224; la limite du c&#244;t&#233; des origines tout comme l'Assomption est un passage &#224; la limite du c&#244;t&#233; de la fin : tous deux disent que la gr&#226;ce nous pr&#233;c&#232;de et nous devance toujours. Si je parle de f&#234;te borderline, c'est qu'elle demande des pr&#233;cautions particuli&#232;res de langage et d'enracinement dans la totalit&#233; de la foi &#8211; l'histoire compliqu&#233;e de la proclamation de ce dogme le montre bien. Car cette f&#234;te est sans appui scripturaire positif ; elle risque aussi de nous montrer Marie sans son Fils alors que c'est en raison de son Fils qu'elle est immacul&#233;e (&#171; la fleur est fille de son fruit &#187;). Car cette f&#234;te risque d'insister sur les privil&#232;ges de Marie en oubliant que sa singularit&#233; est au service du salut de tous ; elle risque aussi le langage n&#233;gatif (pr&#233;serv&#233;e du p&#233;ch&#233;, ce qui est une double n&#233;gation) alors que, selon une alg&#232;bre th&#233;ologique &#233;l&#233;mentaire, il s'agit d'une affirmation formidable : la beaut&#233; absolue de Marie. Bref, au risque d'appara&#238;tre d&#233;su&#232;te voire suspecte, la f&#234;te de ce jour nous renvoie au c&#339;ur de la foi. C'est pourquoi elle nous &#233;merveille tant : le salut en le seul Christ, par la gr&#226;ce seule et la pr&#233;destination universelle au salut et &#224; la saintet&#233; dont Marie est le mod&#232;le &#233;minent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'il faut aborder cette f&#234;te splendide : plus sous le mode du symbole que du concept, de l'admiration que de l'explication. &#171; On a trop caus&#233; &#8211; on cause trop de la Vierge Marie. Toute cette emphase &#224; son sujet la d&#233;flore et cette manie que l'on a de faire d'elle une exception la complique. Retournons &#224; l'Immacul&#233;e-Conception de l'Evangile. La Vierge n'est pas dans le bavardage mais dans une esp&#232;ce de silence dont le climat impr&#232;gne tout ce que l'on dit d'elle, lors m&#234;me qu'on ne la nommerait pas et d'autant plus peut-&#234;tre qu'on ne la nomme pas. Car la nommer, parfois, fait d&#233;j&#224; trop de bruit &#187; m&#233;ditait un moine, th&#233;ologien et po&#232;te, quelqu'un qui sait penser, qui sait parler et qui sait se taire&#8230; Oui, nous c&#233;l&#233;brons en ce jour la f&#234;te de la beaut&#233;, de la lumi&#232;re et de la puret&#233; et c'est dans la sc&#232;ne de l'Annonciation que nous contemplons la beaut&#233; de Marie. Je voudrais en souligner trois traits autant que l'on puisse d&#233;crire la lumi&#232;re ou peindre la transparence. &#171; Combl&#233;e de gr&#226;ce &#187; : c'est avant tout le choix de Dieu qui rend beau. Si la foi chr&#233;tienne a compris ce choix comme la singularit&#233; d'une Immacul&#233;e-Conception c'est pour nous dire, qu'au creux m&#234;me des m&#233;andres de notre histoire souvent peu immacul&#233;e, notre beaut&#233;, notre dignit&#233; unique, r&#233;side pareillement dans le choix de Dieu de chacun d'entre nous : &#171; choisi avant la cr&#233;ation du monde &#187; dit saint Paul. Deuxi&#232;mement, le trouble de Marie (&#171; elle fut toute boulevers&#233;e &#187;) dit sa puret&#233; : contrairement &#224; Adam et Eve, honteux de leur nudit&#233; et qui se cachent, Marie, la nouvelle Eve, est sans cachoterie ni honte. Dans notre sc&#232;ne &#233;vang&#233;lique, elle entre dans un dialogue comme transparent : comment cela va-t-il se faire ? Notre impuret&#233; est souvent notre peur qui se recroqueville, mutique et solitaire. Enfin son oui (&#171; qu'il me soit fait selon ta Parole &#187;) est comme l'anti-p&#233;ch&#233; par excellence. Dans son c&#339;ur, le p&#233;ch&#233; n'a pas de prise : il est au sens &#233;tymologique simple c'est-&#224;-dire sans pli. Pour nous, notre simplicit&#233; a besoin de simplification mais Marie nous en montre le chemin et l'horizon. Bref, en Marie, nous contemplons la lumi&#232;re transparente de son oui et la puret&#233; absolue de son humilit&#233;. Sa beaut&#233; est celle de Dieu et celle de sa r&#233;ponse : &#171; je suis belle car j'aime &#187; nous dit Marie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#234;te borderline, f&#234;te splendide, l'Immacul&#233;e-Conception est enfin une f&#234;te qui ne nous d&#233;tourne pas de l'Avent, au contraire. Vous savez que le calendrier liturgique orthodoxe fait commencer l'ann&#233;e avec Marie, c'est-&#224;-dire chez eux avec la Nativit&#233; de la Vierge. Avec notre f&#234;te, &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;a priori&lt;/em&gt; peu &#339;cum&#233;nique, nous retrouvons cette intuition : commencer avec Marie, voil&#224; bien le temps de l'Avent ! Temps des commencements toujours neufs, temps de la promesse in&#233;puisable, temps de l'accueil et du consentement au don insigne de Dieu, temps de la joie : que cette f&#234;te et que la Vierge Marie, la Toute-Sainte, nous r&#233;jouissent et nous entra&#238;nent sur ce chemin de l'attente de la venue du Sauveur ! Amen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Guillaume, ocd&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Toussaint 2013</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Toussaint-2013.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.carmel.asso.fr/Toussaint-2013.html</guid>
		<dc:date>2013-11-01T14:24:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;N'est-il pas imprudent de parler d'un pays o&#249; l'on n'habite pas et dont on n'est pas s&#251;r d'avoir rencontr&#233; d'authentiques habitants ? N'est-il pas pr&#233;somptueux de parler des saints et de la saintet&#233;, comme si on y &#233;tait ? Et pourtant, en cette solennit&#233; de la Toussaint, saurions-nous parler d'autre chose ? Si la saintet&#233; est l'aventure de notre vie, la seule qui vaille d'&#234;tre v&#233;cue, pourrions-nous nous pr&#233;parer &#224; autre chose ? Acceptons donc de le faire avec la na&#239;vet&#233; et le s&#233;rieux des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2013-2014-Annee-C-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2013-2014 (Ann&#233;e C)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N'est-il pas imprudent de parler d'un pays o&#249; l'on n'habite pas et dont on n'est pas s&#251;r d'avoir rencontr&#233; d'authentiques habitants ? N'est-il pas pr&#233;somptueux de parler des saints et de la saintet&#233;, comme si on y &#233;tait ? Et pourtant, en cette solennit&#233; de la Toussaint, saurions-nous parler d'autre chose ? Si la saintet&#233; est l'aventure de notre vie, la seule qui vaille d'&#234;tre v&#233;cue, pourrions-nous nous pr&#233;parer &#224; autre chose ? Acceptons donc de le faire avec la na&#239;vet&#233; et le s&#233;rieux des enfants qui jouent aux grandes personnes (&#171; quand je serai grand &#187;) : na&#239;fs mais pas pr&#233;tentieux, s&#233;rieux mais sans se prendre au s&#233;rieux. Dieu seul fait les saints mais, croyons-le, nous sommes d&#233;j&#224; engag&#233;s sur la route qui m&#232;ne &#224; ce pays tant envi&#233; : rev&#234;tus par la gr&#226;ce sanctifiante du bapt&#234;me et guid&#233;s par les phares lumineux que sont les saints canonis&#233;s, nous en vivons d&#233;j&#224; quelque chose. La grande joie de la Toussaint encourage et authentifie ainsi notre marche et nous invite &#224; croire et &#224; rendre gr&#226;ce pour ce myst&#232;re de la saintet&#233;, myst&#232;re qui dit avec &#233;clat le myst&#232;re terrible de Dieu, le myst&#232;re sublime de l'homme et le myst&#232;re scandaleux de l'Eglise. Entrons donc dans la ronde des saints !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dieu seul est saint ! &#187; Voil&#224; le grand myst&#232;re de Dieu qui enveloppe et que r&#233;v&#232;le notre c&#233;l&#233;bration de la Toussaint. Parler de saintet&#233;, c'est dire avant tout la saintet&#233; de Dieu. &#171; Dieu est terrible &#187; dit l'Ecriture non pour nous faire peur mais pour nous dissuader de toute mainmise sur lui. Dieu seul est saint mais Dieu se r&#233;v&#232;le &#224; nous et nous appelle &#224; l'&#234;tre par participation : &#171; soyez saints comme moi je suis saint ! &#187; Voil&#224; notre vocation inou&#239;e &#224; laquelle le Christ, en sa victoire, nous donne de r&#233;pondre. Toussaint, nous le savons, s'&#233;crit donc en deux mots (avec un s &#224; la fin) : &#171; tous saints ! &#187;, non comme un slogan mais comme un appel, &#171; l'appel universel &#224; la saintet&#233; &#187;. Conna&#238;tre Dieu, le contempler face &#224; face, l'adorer, voil&#224; l'horizon, le sens et le bonheur de notre vie &#224; venir et donc d&#232;s ici-bas. Ceux que nous f&#234;tons, sans n&#233;cessairement les conna&#238;tre, amis de Dieu, t&#233;moins de Dieu au travers m&#234;me de la pers&#233;cution, serviteurs de Dieu, ont pleinement r&#233;pondu &#224; cet appel. Ils nous devancent sur ce chemin, nous disent la beaut&#233; du pays vers qui il m&#232;ne et du chemin lui-m&#234;me. La Toussaint en redisant ainsi la saintet&#233; de Dieu et notre sublime destin&#233;e encourage l'esp&#233;rance pour chacun d'entre nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Heureux les pauvres ! &#187; La Toussaint r&#233;v&#232;le le myst&#232;re sublime de l'homme, appel&#233; au bonheur. Mais dans les b&#233;atitudes, le Christ nous dit d'abord son identit&#233; profonde : c'est lui le vrai pauvre, l'homme doux et humble, celui qui a pleur&#233; sur J&#233;rusalem, l'homme au c&#339;ur pur qui voit Dieu, l'artisan de paix qui la donne en pl&#233;nitude &#224; ses amis, le pers&#233;cut&#233; pour le Royaume. Ensuite, les b&#233;atitudes se pr&#233;sentent &#224; nous comme le chemin pour suivre notre Ma&#238;tre : la saintet&#233; chr&#233;tienne est de devenir semblable au Fils de Dieu, comme le dit saint Jean. En ce sens, notre &#233;vangile peut &#234;tre lu en parall&#232;le avec la R&#233;v&#233;lation du Sina&#239; o&#249; J&#233;sus accomplit la figure de Mo&#239;se. De fait, il nous montre une vie chr&#233;tienne authentique : compter sur Dieu seul, ne d&#233;sirer que son R&#232;gne. Mais, nous en faisons vite l'exp&#233;rience, cette vie chr&#233;tienne ne peut se vivre sans la gr&#226;ce de Dieu. Les b&#233;atitudes ne sont donc pas tant un nouveau d&#233;calogue qui viendrait nous accabler que le r&#233;v&#233;lateur de la joie authentique. Seuls les saints l'ont pleinement v&#233;cue : chacun d'entre eux montre une mani&#232;re de la vivre pour nous apprendre &#224; trouver la n&#244;tre. Oui, joie &#224; ne compter que sur Dieu, &#224; ne d&#233;sirer que son R&#232;gne, sa paix et sa justice ! Les saints savent qu'ils ne peuvent et ne veulent faire autre chose. Dans un texte &#233;crit un an avant sa mort, qui respire la paix et la libert&#233; int&#233;rieure, la m&#232;re Th&#233;r&#232;se pouvait se r&#233;jouir de ne plus servir &#224; rien et dire : &#171; je ne d&#233;sire plus qu'aimer Dieu &#187;. Mais pour cela, la saintet&#233; s'av&#232;re un chemin : de joyeux d&#233;pouillement (car il n'y a pas de pauvret&#233; sans appauvrissement), de consentement (car il n'y a pas de pauvret&#233; sans humilit&#233; v&#233;ritable) et de don (et le pauvre sait qu'il ne donne que ce que Dieu lui donne). Sur ce chemin, les failles et m&#234;me les p&#233;ch&#233;s peuvent devenir des sources o&#249; Dieu r&#233;pand sa mis&#233;ricorde, si nous les lui offrons : tellement conscients d'&#234;tre p&#233;cheurs que J&#233;sus est tout pour eux, ainsi sont les saints. Oui, heureux ces hommes libres de cette libert&#233; que donne l'Esprit Saint, le &#171; P&#232;re des pauvres &#187; ! Heureuse l'&#233;ternelle jeunesse des saints entr&#233;s dans le myst&#232;re de la divine enfance ! Heureux les fous de Dieu qui ont compris que telle est sa sagesse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le myst&#232;re du Dieu saint qui appelle les hommes &#224; l'&#234;tre et r&#233;v&#232;le ainsi le myst&#232;re de l'homme appel&#233; au bonheur, la Toussaint nous donne enfin &#224; contempler le myst&#232;re de l'Eglise. Notre Eglise est l'Eglise des saints, car seuls les saints nous disent vraiment Dieu et l'homme, g&#233;nies de l'amour, seuls th&#233;ologiens et seuls &#234;tres humains authentiques ! Notre Eglise est l'Eglise des saints, car elle est communion du ciel et de la terre, &#233;glise visible et invisible en interaction. Croyons d'une mani&#232;re nouvelle &#224; la communion des saints qui est la vie profonde et le secret de l'Eglise ! Myst&#232;re de la pri&#232;re et de l'entraide entre ceux qui sont en marche et ceux qui ont accompli leur marche mais dont le d&#233;sir demeure inachev&#233; tant que l'Eglise militante sera encore prise dans le combat de la foi. Cette f&#234;te de la Toussaint renouvelle notre engagement dans la pri&#232;re et nos diverses solidarit&#233;s ; elle nous invite &#224; nous confier les uns et les autres. Mais ce myst&#232;re est scandaleux car l'amour est scandaleux, car les mani&#232;res de faire de Dieu sont scandaleuses, &#224; l'encontre de nos logiques de justice et de convenance humaines. C'est le scandale des prostitu&#233;es et des publicains de l'&#233;vangile. La Toussaint nous met au c&#339;ur de ce scandale pour en faire l'esp&#233;rance de notre vie. Oui les saints que nous f&#234;tons ne sont pas d'abord ceux que nous connaissons mais tous les anonymes de nos familles, de nos paroisses, tous ces pauvres voire ces paum&#233;s qui n'ont jamais su qu'ils &#233;taient saints, qui n'ont peut-&#234;tre pas connu ici-bas le myst&#232;re de la foi chr&#233;tienne, qui ont peut-&#234;tre v&#233;cu une vie peu &#233;difiante mais qui ont su vivre le myst&#232;re des b&#233;atitudes et accueillir, quand il s'est montr&#233; &#224; eux, notre Seigneur. Au risque du scandale d'une hom&#233;lie trop longue, permettez-moi de citer celui qui a d&#233;j&#224; inspir&#233; certains de mes propos, G. Bernanos : &#171; Il y a des millions de saints dans le monde, connus de Dieu seul, et qui ne m&#233;ritent nullement d'&#234;tre &#233;lev&#233;s sur les autels &#8211; une esp&#232;ce tr&#232;s inf&#233;rieure et tr&#232;s rustique de saints, des saints de toute petite naissance, qui n'ont qu'une goutte de saintet&#233; dans les veines et qui ressemblent aux vrais saints comme un chat de goutti&#232;re au persan ou au siamois prim&#233; dans les concours. Rien ne les distingue ordinairement de la masse des braves gens ; ils ne s'en distinguent d'ailleurs pas eux non plus, ils se croient pareils aux autres &#187;. L'Eglise n'est pas cette soci&#233;t&#233; parfaite que l'on peut parfois r&#234;ver mais ressemble davantage, quitte &#224; nous scandaliser, &#224; une auberge parfois peu reluisante et mal fam&#233;e mais o&#249; chacun peut trouver la nourriture qui lui convient. La Toussaint appelle un &#233;largissement de notre esp&#233;rance : l&#224; est notre joie ! Amen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Guillaume, ocd&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>