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		<title>Carmel en France</title>
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		<title>Hom&#233;lie 4e Dimanche de Car&#234;me - C -</title>
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&lt;p&gt;Nous venons d'entendre ce que l'on appelle commun&#233;ment la parabole du fils prodigue qui exprime l'amour de Dieu pour nous qui nous attend sans d&#233;sesp&#233;rer. J&#233;sus nous l'a donn&#233;e en premier lieu pour r&#233;pondre &#224; la remarque des pharisiens : &#171; cet homme fait bon accueil aux p&#233;cheurs, et il mange avec eux ! &#187; Pour ces hommes religieux, et qui recherchaient une certaine perfection, c'&#233;tait un v&#233;ritable scandale, et J&#233;sus va t&#226;cher de leur faire comprendre la joie de Dieu notre P&#232;re &#224; pardonner, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2011-2012-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2011-2012 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous venons d'entendre ce que l'on appelle commun&#233;ment la parabole du fils prodigue qui exprime l'amour de Dieu pour nous qui nous attend sans d&#233;sesp&#233;rer. J&#233;sus nous l'a donn&#233;e en premier lieu pour r&#233;pondre &#224; la remarque des pharisiens : &#171; cet homme fait bon accueil aux p&#233;cheurs, et il mange avec eux ! &#187; Pour ces hommes religieux, et qui recherchaient une certaine perfection, c'&#233;tait un v&#233;ritable scandale, et J&#233;sus va t&#226;cher de leur faire comprendre la joie de Dieu notre P&#232;re &#224; pardonner, &#224; accueillir tous les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les mots qui structurent le texte sont ceux de la joie et du repas de f&#234;te. Le p&#232;re du fils prodigue organise un festin car il fallait bien festoyer et se r&#233;jouir pour le retour du benjamin. Ainsi J&#233;sus avec tous ceux qui le re&#231;oivent. Voil&#224; la premi&#232;re r&#233;ponse &#224; la remarque des pharisiens qui s'&#233;tonnent du bon accueil et du repas partag&#233; avec les p&#233;cheurs. J&#233;sus invite les juifs pieux &#224; ne pas rester s&#233;par&#233;s des p&#233;cheurs qui se convertissent, mais &#224; leur faire bon accueil, &#224; se r&#233;jouir et &#224; festoyer. Ainsi, ils rejoindront l'attitude de Dieu notre P&#232;re des hommes qui accueillent le salut offert en J&#233;sus. Si le p&#233;ch&#233; est d'abord une atteinte &#224; l'Amour de Dieu, pourquoi les pharisiens seraient-ils plus exigeants que celui qui a subi l'offense ? L'attitude du fils a&#238;n&#233;, repr&#233;sentant les pharisiens, nous permet de comprendre leur motivation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord l'a&#238;n&#233; quand il rencontre son p&#232;re n'appelle pas le fils prodigue &#8220;mon fr&#232;re&#8221; mais &#8220;ton fils&#8221;. Il semble nier la fraternit&#233; qui les lie, il n'a rien &#224; voir avec celui-l&#224; qui dilapide les biens de la famille. Ce qui le distingue du fils prodigue, c'est qu'il y a tant d'ann&#233;es qu'il est, lui, au service de son p&#232;re sans jamais avoir d&#233;sob&#233;i. Comment son p&#232;re peut-il mieux traiter le benjamin qui dilapide les biens, que l'a&#238;n&#233; qui travaille fid&#232;lement ? Alors le p&#232;re tente de lui expliquer : &#171; tout d'abord celui qui est revenu n'est pas un &#233;tranger, c'est ton fr&#232;re, malgr&#233; tout, et quoi que tu en penses. Et ensuite, ma bont&#233; envers ton fr&#232;re ne t'enl&#232;ve rien, car notre communion est parfaite, tout ce qui est &#224; moi est &#224; toi. Je suis ton p&#232;re et non ton ma&#238;tre, comme je suis le p&#232;re de ton fr&#232;re et non son juge. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se r&#233;jouir du retour du fils prodigue, le fils a&#238;n&#233; doit d'abord le reconna&#238;tre comme son fr&#232;re, et retrouver avec son p&#232;re une relation filiale. Mais comment peut-il renouveler ses relations s'il reste au niveau du jugement moral sur leurs diff&#233;rentes attitudes ? Le fils a&#238;n&#233; met en avant son ob&#233;issance, et quand il voit son fr&#232;re, ce qui lui vient &#224; l'esprit ce n'est pas ce qui leur est commun, mais ce qui les oppose : l'un est parti vivre sa vie, l'autre est demeur&#233; avec son p&#232;re pour le service. Si le besoin du pardon, de la mis&#233;ricorde du P&#232;re est plus manifeste pour le benjamin que pour l'a&#238;n&#233;, ce dernier oublie que lui aussi vit de la mis&#233;ricorde divine. Nous sommes fr&#232;res car nous sommes fils d'un m&#234;me P&#232;re, celui qui nous donne la vraie vie en J&#233;sus le Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le passage de l'&#233;p&#238;tre aux Corinthiens que nous avons lu, St Paul nous appelle &#224; reconna&#238;tre en J&#233;sus l'&#339;uvre de mis&#233;ricorde et de r&#233;conciliation voulu par Dieu : &#171; Car c'est bien Dieu qui, dans le Christ, r&#233;conciliait le monde avec lui ; il effa&#231;ait pour tous les hommes le compte de leurs p&#233;ch&#233;s, et il mettait dans notre bouche la parole de la r&#233;conciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c'est Dieu lui-m&#234;me qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous r&#233;concilier avec Dieu. &#187; Pour le dire autrement, ne restons pas enferm&#233;s dans nos fautes ou nos suffisances, sachons accueillir la gr&#226;ce qui s'offre &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se r&#233;jouir et festoyer avec le Seigneur, il nous faut trouver notre juste place vis-&#224;-vis de nos fr&#232;res et de notre P&#232;re. Dans le banquet eucharistique qui nous rassemble aujourd'hui, aucun de nous ne m&#233;rite plus que les autres d'y participer. Souvenons-nous de la parabole du d&#233;biteur impitoyable. Un roi avait remis &#224; l'un de ses serviteurs une dette de 60 millions de pi&#232;ces d'argent, mais lui ne voulut pas remettre une dette de 100 pi&#232;ces d'argent &#224; l'un de ses compagnons. Si l'on cherche &#224; faire des comparaisons entre nous en ce qui concerne la saintet&#233; ou le m&#233;rite pour le minist&#232;re, voil&#224; les proportions qu'il faut avoir en t&#234;te, du point de vue du Seigneur. Notre dette envers le Seigneur est pour tous de l'ordre de 60 million de pi&#232;ces d'argent, tandis qu'entre nous la dette est de l'ordre de 100 pi&#232;ces d'argent. En face de chacun de nos fr&#232;res p&#233;cheurs, sp&#233;cialement ceux dont la faute est publique, il nous faudrait avoir conscience d'abord de notre p&#233;ch&#233; et ne pas oublier que, du point de vue de Dieu, la diff&#233;rence entre nous est minime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, nous sommes fr&#232;res et s&#339;urs, car nous sommes semblables. Les deux fr&#232;res de la parabole ne sont pas si diff&#233;rents, le fils prodigue n'est pas meilleur que le fils a&#238;n&#233;, il n'a pas mieux compris l'amour du p&#232;re. Il n'est revenu que pouss&#233; par la faim, pour avoir de quoi manger apr&#232;s avoir sans scrupule dilapid&#233; les biens familiaux. Fils a&#238;n&#233; ou fils prodigue, aucun n'a compris la profondeur et la d&#233;licatesse de l'amour paternel. L'ob&#233;issance servile ou la recherche de la satisfaction &#233;go&#239;ste d&#233;forment leur relation avec leur P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous laisser r&#233;concilier avec notre P&#232;re, nous sommes inviter &#224; reconna&#238;tre notre faute et l'immensit&#233; de l'amour de Dieu notre P&#232;re. L'action de gr&#226;ce qui monte de nos c&#339;urs en m&#234;me temps que la reconnaissance de notre mis&#232;re est le signe d'une confession de nos p&#233;ch&#233;s dans l'Esprit Saint. Nous ne sommes pas d'une nature diff&#233;rente de tous nos fr&#232;res et soeurs. Au regard de l'Amour mis&#233;ricordieux, nous sommes tous &#233;gaux &#224; la table des p&#233;cheurs. Le pardon et la gr&#226;ce que re&#231;oivent mes fr&#232;res en humanit&#233; me rappellent le pardon et la mis&#233;ricorde dont je vis, moi aussi. Demandons au Seigneur de nous &#233;clairer sur nous-m&#234;me, et regardons autour de nous, sp&#233;cialement ceux dont les fautes nous ont bless&#233;s, et r&#233;jouissons de participer ensemble au festin de l'Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensemble nous sommes tourn&#233;s vers le P&#232;re des mis&#233;ricordes pour recevoir notre mesure de pardon, pour nous laisser r&#233;concilier avec Lui. Nous nous nourrissons ensemble &#224; la m&#234;me table de l'Eucharistie d'un pain et d'un vin qui ne manqueront jamais, du corps et du sang du Christ &#171; afin que, gr&#226;ce &#224; lui, nous soyons identifi&#233;s &#224; la justice de Dieu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Antoine-Marie, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Hom&#233;lie 33e Dimanche (Ann&#233;e B)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Homelie-33e-Dimanche-Annee-B.html</link>
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&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs, Excusez si l'allusion vous para&#238;tra d&#233;su&#232;te, insignifiante voire inconvenante : notre &#233;vangile me fait penser &#224; une publicit&#233; qui passait &#224; la t&#233;l&#233;vision, il y a une vingtaine d'ann&#233;e. Elle vantait un fromage frais &#224; l'ail et aux fines herbes (je ne suis pas ici pour faire de la publicit&#233; et peu importe d'ailleurs le produit) : on voyait un homme &#233;l&#233;gamment v&#234;tu, mangeant un toast tartin&#233; avec le fromage en question, imperturbable dans son contentement alors que dans sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2011-2012-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2011-2012 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Excusez si l'allusion vous para&#238;tra d&#233;su&#232;te, insignifiante voire inconvenante : notre &#233;vangile me fait penser &#224; une publicit&#233; qui passait &#224; la t&#233;l&#233;vision, il y a une vingtaine d'ann&#233;e. Elle vantait un fromage frais &#224; l'ail et aux fines herbes (je ne suis pas ici pour faire de la publicit&#233; et peu importe d'ailleurs le produit) : on voyait un homme &#233;l&#233;gamment v&#234;tu, mangeant un toast tartin&#233; avec le fromage en question, imperturbable dans son contentement alors que dans sa maison, un cataclysme faisait tout s'&#233;crouler autour de lui : un miroir, un lustre, puis ses &#233;tag&#232;res. Tout disparaissait autour de lui mais il avait trouv&#233; son r&#233;gal qui lui suffisait. Je ne vais pas avoir le mauvais go&#251;t d'all&#233;goriser cette s&#233;quence t&#233;l&#233;visuelle pour illustrer notre &#233;vangile mais le contexte cataclysmique de ce dernier, qui peut rejoindre celui de notre soci&#233;t&#233; et peut-&#234;tre celui de nos vies o&#249; tant de choses semblent s'&#233;crouler, nous pose la question : quel est le point d'ancrage dans ma vie ? Que reste-t-il quand tout dispara&#238;t ? &#171; Les paroles du Fils de l'homme qui ne passeront pas &#187;, c'est-&#224;-dire son enseignement, l'&#233;vangile, le salut qu'il a op&#233;r&#233; une fois pour toute comme le dit l'&#233;pitre aux H&#233;breux, tous les gestes d'amour que nous avons pu poser, comme le souligne la sc&#232;ne du Jugement dernier, les pardons donn&#233;s et tous les liens de communion tiss&#233;s au cours de notre vie. Devant la perception de la vanit&#233; des fausses lunes et autres astres trompeurs, nous pourrions &#234;tre tent&#233;s de ne pas nous engager dans le monde, de le fuir, voire de le m&#233;priser. Tentation du misanthrope, du d&#233;sesp&#233;r&#233;, de l'insouciant, inconscient ou ridicule, comme peut appara&#238;tre l'homme de notre publicit&#233;. Au contraire, notre foi proclame bonne la cr&#233;ation de Dieu et sauv&#233;e par le Christ notre humanit&#233; : l'&#233;vangile de ce jour et les catastrophes en tout genre ne peuvent nous le faire oublier. En disant que ses paroles ne passeront pas, notre Seigneur nous assure que, dans une mesure qui nous &#233;chappe, ce que nous pouvons vivre ici-bas participe d&#233;j&#224; &#224; la vie du Royaume. Le premier appel de notre &#233;vangile est donc celui d'aimer et de croire en l'amour, plus fort que toute mort&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me est celui de l'esp&#233;rance. Notre &#233;vangile n'envisage pas tant la venue du Fils de l'homme comme une fin que comme un avenir o&#249; seront rassembl&#233;s les fils de la terre. Bien des soleils et des lunes de nos vies, de notre monde, de notre &#233;glise sont appel&#233;s &#224; s'&#233;crouler, ce qui ne peut aller sans d&#233;solation ni inqui&#233;tude. Mais n'ayons pas peur : l&#224; n'est pas la fin de tout ! Au contraire, cela peut &#234;tre l'occasion de la perception, du d&#233;voilement (tel est le sens propre du mot &#8216;apocalypse') de valeurs et de v&#233;rit&#233;s plus profondes. Il nous revient de nous appuyer sur elles, sans nous laisser &#233;garer par la fausse brillance des &#233;toiles appel&#233;es &#224; tomber du ciel. Discerner donc, comme pour les feuilles du figuier, c'est-&#224;-dire rep&#233;rer et accueillir dans la foi ce qui est germe du Royaume. Esp&#233;rer et d&#233;sirer ardemment la promesse que le Seigneur viendra dans la gloire faire toute chose nouvelle. Notons que l'&#233;vangile joue sur une sorte de paradoxe : appel &#224; discerner mais affirmation d'un non savoir. Il rejoint au fond le paradoxe de la r&#233;surrection de la chair : nos corps, et avec eux notre monde, sont appel&#233;s &#224; &#234;tre transfigur&#233;s, dans un principe de continuit&#233; (c'est mon existence d&#233;j&#224; commenc&#233;e qui sera transfigur&#233;e) et de discontinuit&#233; (mon cadavre pourrira et avec lui bien d'&#233;l&#233;ments de ma vie pr&#233;sente : principe de non savoir). Notre vie est tiss&#233;e de provisoire et de d&#233;finitif : que cela colore notre vie int&#233;rieure et oriente nos choix !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souligne enfin un troisi&#232;me appel dans notre &#233;vangile, celui la confiance dans le Seigneur. Le psaume responsorial, le beau psaume 15 affirme : Le Seigneur est devant moi sans rel&#226;che ; il est &#224; ma droite : je suis in&#233;branlable. Ce verset redit le provisoire de notre vie, sa dimension p&#232;lerine, &#233;clair&#233;e par le seul horizon de l'esp&#233;rance qui pointe d&#233;j&#224; : le Seigneur est devant moi. En m&#234;me temps, le Seigneur est &#224; ma droite : assur&#233;s de vivre d&#233;j&#224; quelque chose de l'&#233;ternit&#233;, nous sommes in&#233;branlables. Les astres peuvent tomber du ciel ; appuy&#233;s sur le Seigneur, nous restons in&#233;branlables. Ce psaume chante plus largement le bonheur de s'appuyer sur le Seigneur : mon c&#339;ur exulte, mon &#226;me est en f&#234;te. C'est une th&#233;matique de notre liturgie de ce jour : bonheur de servir le Seigneur, au creux de ce paradoxe du d&#233;finitif et du provisoire : &#171; Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fid&#233;lit&#233; : car c'est un bonheur durable et profond de servir constamment le cr&#233;ateur de tout bien &#187;, priions-nous au d&#233;but de cette eucharistie. La fid&#233;lit&#233;, autre attitude chr&#233;tienne pour vivre ce paradoxe, ne donne pas droit &#224; un m&#233;rite mais fait go&#251;ter un bonheur, le bonheur simple, fragile mais durable de la foi. Foi en le Seigneur qui vient, foi en le Seigneur qui nous soutient. Je n'ai d'autre bonheur que toi Seigneur. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Guillaume, ocd (Avon)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Hom&#233;lie du 32e Dimanche TO - B -</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Homelie-du-32eme-Dimanche-TO-B.html</link>
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&lt;p&gt;Les textes de ce jour mettent en avant deux veuves, celle de Sarepta qui donne le peu qui lui reste pour nourrir le proph&#232;te &#201;lie, et celle qui vient au Temple de J&#233;rusalem verser dans le tronc &#171; tout ce qu'elle avait pour vivre &#187;. Il n'est pas aussi fr&#233;quent que la liturgie propose &#224; notre m&#233;ditation cette figure de la veuve, et pour bien comprendre l'enseignement de la parole de Dieu, il est bon de rappeler le contexte social et juridique de l'antiquit&#233;. Comme le soulignait le psaume 145, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2011-2012-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2011-2012 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les textes de ce jour mettent en avant deux veuves, celle de Sarepta qui donne le peu qui lui reste pour nourrir le proph&#232;te &#201;lie, et celle qui vient au Temple de J&#233;rusalem verser dans le tronc &#171; tout ce qu'elle avait pour vivre &#187;. Il n'est pas aussi fr&#233;quent que la liturgie propose &#224; notre m&#233;ditation cette figure de la veuve, et pour bien comprendre l'enseignement de la parole de Dieu, il est bon de rappeler le contexte social et juridique de l'antiquit&#233;. Comme le soulignait le psaume 145, s'il y a dans la soci&#233;t&#233; antique m&#233;diterran&#233;enne deux personnes qui ont besoin d'&#234;tre soutenues par le Seigneur, ce sont bien la veuve et l'orphelin. Car dans cette soci&#233;t&#233; patriarcale du temps de J&#233;sus, &#234;tre veuve ou orphelin, ce sont 2 situations d'extr&#234;me vuln&#233;rabilit&#233;. En effet, seuls les hommes masculins adultes avaient la pleine capacit&#233; juridique, et &#233;taient des citoyens &#224; part enti&#232;re, l'enfant et la femme demeuraient toujours sur la tutelle masculine, de leur p&#232;re ou de leur &#233;poux. L'enfant et la femme ne pouvaient par eux-m&#234;mes participer &#224; la vie sociale, ni m&#234;me travailler pour gagner leur vie. La femme passait au jour de son mariage de la tutelle de son p&#232;re &#224; celle de son mari, et si du fait de la mort de ce dernier, elle demeurait seule, elle ne pouvait subvenir &#224; ses propres besoins et &#224; ceux de ses enfants, elle &#233;tait donc condamn&#233;e &#224; la mendicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur cet arri&#232;re-fond culturel que nous sont donc propos&#233;es ces deux figures de veuve qui vont aller jusqu'&#224; tout donner alors qu'elles sont vuln&#233;rables, faibles et pauvres en opposition aux figures masculines, en particulier des scribes et des pharisiens, qui sont en position de force, que l'on salue sur les places publiques, et se placent au premier rang dans les synagogues. Cette vuln&#233;rabilit&#233; des veuves et des orphelins fait que l'esprit &#233;vang&#233;lique et, plus largement, l'esprit chevaleresque demandent qu'on les prot&#232;ge, les respecte et les soutienne. Mais dans les lectures de ce jour, nous constatons en d&#233;finitive que ce sont ces deux veuves qui viennent en aide au proph&#232;te &#201;lie et font une offrande au Temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#201;vangile, J&#233;sus rel&#232;ve la beaut&#233; et la grandeur du geste de cette pauvre veuve qui sait donner tout ce qu'elle a. Mais en quoi consistent la beaut&#233; et la grandeur de ce geste ? Quel enseignement l'&#201;vangile veut-il nous donner ? Faudrait-il que chacun de nous donne beaucoup de son argent pour faire un don proportionnellement aussi important que celui de la veuve et que l'on puisse dire aussi de nous, comme J&#233;sus a dit de la veuve : &#171; il a tout donn&#233; ce qu'il avait pour vivre &#187; ? Il ne me semble pas qu'il faille aller aussi loin, ni s'appauvrir mat&#233;riellement, donner tous ses biens, pour &#234;tre un bon chr&#233;tien. Cette lecture litt&#233;rale de l'&#201;vangile, cette interpr&#233;tation fondamentaliste, risque seulement de faire un pauvre de plus sans r&#233;soudre le probl&#232;me de la pauvret&#233; dans ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je comprends bien l'&#201;vangile de ce jour, J&#233;sus souligne plut&#244;t la g&#233;n&#233;rosit&#233;, la grandeur et la beaut&#233; du geste de la veuve car elle prend sur son indigence. La valeur du don qu'elle fait provient non de la valeur modique de la somme vers&#233;e dans le tr&#233;sor du temple, mais du fait qu'elle donne de son n&#233;cessaire. Certes, surtout en ces temps de crise, il est tr&#232;s important que nous soyons solidaires effectivement et donc mat&#233;riellement, que ceux qui ont quelque bien sachent r&#233;ellement partager avec ceux qui sont dans le besoin. Mais je ne crois pas que J&#233;sus nous demande de nous appauvrir, d'effectivement tout donner ce que nous avons pour vivre. Le risque de ces interpr&#233;tations litt&#233;rales, et quelque peu fondamentaliste, en for&#231;ant le trait des exigences &#233;vang&#233;liques, c'est qu'en jugeant excessives les demandes de l'&#201;vangile, en d&#233;finitive nous nous en dispensions all&#232;grement, en bonne conscience, les jugeant irr&#233;alisables. Le Seigneur ne nous demande pas de faire un pauvre de plus, mais de savoir donner avec une grande qualit&#233; de c&#339;ur, &#224; l'image de ces veuves. Et comme il le souligne, cette qualit&#233; provient du fait de partager ce que nous avons en peu de quantit&#233;, certes, ce peut &#234;tre de l'argent, et il ne faut jamais l'&#233;carter, mais ce peut &#234;tre aussi notre temps, notre capacit&#233; d'&#233;coute, notre disponibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, la question &#224; se poser pour savoir ce que nous avons &#224; donner, ce n'est pas celle de savoir ce que j'ai en trop, ce dont j'ai en bonne quantit&#233; et que je peux partager sans souci, mais au contraire ce que j'ai en peu de quantit&#233;, ce qui me manque. Ainsi quand je donnerai de ce temps apr&#232;s lequel je cours, de cette attention et disponibilit&#233; alors que mes pr&#233;occupations personnelles me tourmentent, je manifesterai la vraie charit&#233;, le vrai d&#233;tachement, l'estime que je porte pour mon fr&#232;re et ma s&#339;ur vers lesquels l'Esprit du Seigneur me conduit. &#192; l'image de la veuve, pauvre, faible et vuln&#233;rable, c'est de notre indigence que nous avons &#224; donner et non seulement de nos richesses. Pour savoir ce qu'il nous faut donner, ne partons pas d'abord de nos richesses, mais de nos pauvret&#233;s, de ce qui nous manque d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, nous ferons l'exp&#233;rience de la vraie solidarit&#233; et surtout de la b&#233;n&#233;diction du Seigneur qui l'accompagne : &#171; jarre de farine, point ne s'&#233;puisera, vase d'huile, point ne se videra, jusqu'au jour du Seigneur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Antoine-Marie, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Hom&#233;lie 31e Dimanche (Ann&#233;e B)</title>
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&lt;p&gt;Qu'est-ce qui compte vraiment dans ma vie ? Qu'est-ce qui est essentiel ? Qu'est-ce qui donne sens et coh&#233;rence &#224; mon existence en d&#233;pit de tous les d&#233;tours, obstacles, ruptures, bifurcations qui peuvent la marquer ? Qu'est-ce qui est premier enfin au point que je serai pr&#234;t &#224; sacrifier pour cela d'autres choses, voire toutes choses jusqu'&#224; ma propre vie ? Une telle r&#233;alit&#233; existe-t-elle pour moi ? Cette question est capitale pour tout &#234;tre humain. Elle engage notre fid&#233;lit&#233; &#224; notre premier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce qui compte vraiment dans ma vie ? Qu'est-ce qui est essentiel ? Qu'est-ce qui donne sens et coh&#233;rence &#224; mon existence en d&#233;pit de tous les d&#233;tours, obstacles, ruptures, bifurcations qui peuvent la marquer ? Qu'est-ce qui est premier enfin au point que je serai pr&#234;t &#224; sacrifier pour cela d'autres choses, voire toutes choses jusqu'&#224; ma propre vie ? Une telle r&#233;alit&#233; existe-t-elle pour moi ? Cette question est capitale pour tout &#234;tre humain. Elle engage notre fid&#233;lit&#233; &#224; notre premier amour et &#224; notre derni&#232;re esp&#233;rance. Certes, nous ne formulerions pas spontan&#233;ment cette question en termes de premier commandement comme ce scribe de l'Evangile. Cette probl&#233;matique est devenue quelque peu &#233;trang&#232;re &#224; notre culture. Elle ne manquer pourtant pas de commandements qui peuvent &#234;tre tyranniques : sois toi-m&#234;me ; assume tes choix ; d&#233;veloppe des potentialit&#233;s ; &#233;panouis-toi ; jouis de l'existence. De telles exigences peuvent en venir &#224; fermer le c&#339;ur &#224; toute pr&#233;occupation ultime, &#224; toute r&#233;alit&#233; capable de passionner ma vie jusqu'&#224; la mort. La vie a un sens si elle a un but, une raison d'&#234;tre qui la soutient comme une gr&#226;ce et la porte en avant par la force imp&#233;rieuse de son exigence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais comment d&#233;couvrir cette r&#233;alit&#233; ? Le scribe est venu interroger J&#233;sus, t&#233;moignant en cela d'une qu&#234;te. Mais il en reste au niveau d'un savoir religieux. Certes J&#233;sus le f&#233;licite de sa r&#233;ponse : le culte int&#233;rieur, l'amour de Dieu, importe plus que des sacrifices ext&#233;rieurs. Pourtant si J&#233;sus lui d&#233;clare qu'il n'est pas loin du Royaume de Dieu, c'est que celui-ci lui est encore ext&#233;rieur. Le Royaume appartient aux enfants et &#224; ceux qui leur ressemblent et ce scribe n'en est pas encore l&#224;. L'enfant, c'est celui qui ne sait pas, mais a le c&#339;ur ouvert. Il est capable d'&#233;couter, de faire confiance et de tout esp&#233;rer. Or en r&#233;p&#233;tant la citation du Deut&#233;ronome, le scribe a omis l'essentiel : &#171; Ecoute Isra&#235;l &#187; Pour recevoir la r&#233;v&#233;lation de la r&#233;alit&#233; ultime, il faut &#234;tre &#224; l'&#233;coute d'une Parole qui nous pr&#233;c&#232;de d'une double mani&#232;re : elle existe avant moi, car c'est en elle que j'acc&#232;de &#224; la conscience de ce que je suis. Aussi, entendre la Parole, c'est toujours d'une certaine mani&#232;re en faire m&#233;moire : &#171; Tu &#233;tais l&#224; Seigneur et je ne le savais pas ! &#187; Mais la Parole me pr&#233;c&#232;de aussi en ce qu'elle est en avant de moi : elle m'ouvre un chemin en m'entra&#238;nant plus loin que mes d&#233;sirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre de Dieu porte sur cette &#233;coute et non sur l'exigence d'aimer qui est au futur et se pr&#233;sente comme une promesse. Mais c'est un ordre paradoxal, puisque pour y ob&#233;ir, il faut l'avoir d&#233;j&#224; accompli : il faut avoir entendu l'ordre pour pouvoir y ob&#233;ir et cet ordre porte justement sur l'&#233;coute de celui qui parle myst&#233;rieusement au c&#339;ur, &#224; notre puissance d'aimer. C'est qu'il y a diff&#233;rent niveau d'&#233;coute. La Parole nous atteint d'abord comme un murmure lointain, parfois elle nous bouleverse, enfin elle prend possession de tout notre &#234;tre. D&#232;s lors que nous avons entendu quelque chose, la Parole nous ordonne d'y engager tout notre c&#339;ur, toute notre &#226;me, tout notre esprit et toute notre force dans l'espoir de voir s'accomplir la parole &#171; tu aimeras &#187;. Toute personne est capable d'entendre en conscience cette Parole &#171; tu aimeras &#187;, mais la mani&#232;re dont elle l'entend d&#233;pend de sa foi, de ses croyances, de ses id&#233;aux. De toute fa&#231;on, une telle parole transcende toutes les autres de telle mani&#232;re qu'il n'est pas possible de la trahir sans se renier soi-m&#234;me. Certes beaucoup aujourd'hui ne d&#233;signerons pas Dieu comme &#233;tant l'objet de cette promesse, mais c'est bien lui qui est &#224; l'horizon d'une telle Parole. Elle raisonne dans les c&#339;urs de mani&#232;res diverses et selon une pl&#233;nitude croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re mani&#232;re et la plus universelle, c'est l'inqui&#233;tude, non pas l'inqui&#233;tude que suscitent les n&#233;cessit&#233;s de la vie, mais une inqui&#233;tude plus profonde qu'aucun rassasiement terrestre ne permet d'apaiser. Nous connaissons bien la fameuse phrase de Saint Augustin : &#171; Notre c&#339;ur est sans repos tant qu'il ne repose en toi. &#187; Beaucoup ne savent pas nommer Dieu au sein de cette inqui&#233;tude, mais aspirent &#224; ce quelque chose en quoi seul ils trouveront le repos, ce quelque chose impossible &#224; nommer et qui pourtant ne laisse d'inqui&#233;ter. Bienheureuse inqui&#233;tude dont le croyant peut reconna&#238;tre en Dieu la source salutaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me mani&#232;re dont cette Parole se manifeste est d&#233;j&#224; moins fr&#233;quente. C'est une exp&#233;rience de rupture, de retournement. Une r&#233;alit&#233; fait irruption dans la vie et en bouleverse radicalement tout le syst&#232;me de valeur. En r&#233;gime chr&#233;tien, nous appelons cela la conversion, mais il en existe des &#233;quivalents la&#239;cis&#233;s ou inscrits dans d'autres traditions religieuses. Cette fois, il est possible de mettre des mots sur cette r&#233;alit&#233;, de se la repr&#233;senter et de se projeter dans l'avenir qu'elle nous ouvre. Pour le chr&#233;tien, cette r&#233;alit&#233; porte un nom, J&#233;sus-Christ, le Fils unique et Bien-aim&#233;, mort et ressuscit&#233; pour nous. Il ne s'agit pas ici d'un &#233;nonc&#233;, d'un programme d'action, d'un id&#233;al, mais d'une parole qui me convoque sans que je puisse me d&#233;rober. Cette irruption est une rencontre, la rencontre de celui qui nous appelle &#224; le suivre jusque dans l'amour du P&#232;re. Car cette conversion n'est pas une gr&#226;ce passag&#232;re, mais une dynamique qui engage toute la vie : &#224; la suite de J&#233;sus nous ne cessons plus de nous convertir &#224; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la troisi&#232;me mani&#232;re de recevoir cette Parole est encore plus rare. En tout cas, cela demande un long cheminement. Sans doute cela ne peut-il s'accomplir pleinement que dans la foi en J&#233;sus-Christ. C'est l'entr&#233;e dans le Royaume de Dieu, une anticipation de l'accomplissement final, une participation &#224; la paix du ressuscit&#233;, une unification de l'&#234;tre, c&#339;ur, &#226;me, esprit et corps. C'est devenir tout entier disponible &#224; l'amour qui commande la vie. Ecouter ainsi la parole, c'est fonder sa vie sur celui qui l'unifie au point que l'amour du Tout-Autre ne fait plus qu'un avec l'amour du tout proche. Aimer Dieu de tout son &#234;tre, c'est reconna&#238;tre et accueillir les dons qu'il me fait afin de reconna&#238;tre et de me r&#233;jouir des dons qu'il fait aux autres. Aimer Dieu de tout son &#234;tre, c'est le laisser aimer et trouver notre joie dans cet amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;f. Olivier-Marie Rousseau, ocd (Avon)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hom&#233;lie Solennit&#233; du Saint-Sacrement (10 juin 2012)</title>
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&lt;p&gt;Il s'appelle Julien. Il y a quelques ann&#233;es c'&#233;tait un adolescent en recherche de v&#233;rit&#233; et de libert&#233;. Il cherchait alors &#224; construire sa vie parfois en errance, comme tant d'autres jeunes de son &#226;ge. Sa qu&#234;te se heurtait trop souvent &#224; un mutisme de son entourage, ou &#224; une non-disponibilit&#233;. Autour de lui il ne rencontrait que des personnes press&#233;es par tout, et toujours. Aussi Julien resta-t-il trop souvent seul avec ses questions, ce qui peut expliquer la maladie dont il souffrait : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il s'appelle Julien. Il y a quelques ann&#233;es c'&#233;tait un adolescent en recherche de v&#233;rit&#233; et de libert&#233;. Il cherchait alors &#224; construire sa vie parfois en errance, comme tant d'autres jeunes de son &#226;ge. Sa qu&#234;te se heurtait trop souvent &#224; un mutisme de son entourage, ou &#224; une non-disponibilit&#233;. Autour de lui il ne rencontrait que des personnes press&#233;es par tout, et toujours. Aussi Julien resta-t-il trop souvent seul avec ses questions, ce qui peut expliquer la maladie dont il souffrait : l'anorexie, c'est-&#224;-dire une perte de l'app&#233;tit. Invit&#233; par des camarades, il avait choisi d'emprunter le chemin de l'aum&#244;nerie des lyc&#233;es : l&#224;, il allait rencontrer d'autres jeunes et faire un bout de chemin avec eux. Il appr&#233;ciait ce lieu o&#249; ses interrogations pouvaient se dire, et m&#234;me rencontrer quelques adultes disponibles pour l'aider &#224; formuler une r&#233;ponse &#224; ses questions, ou tout au moins, un commencement de r&#233;ponse. Son &#233;tat de sant&#233; pr&#233;occupait sa famille, &#224; un tel point qu'une hospitalisation s'av&#233;ra n&#233;cessaire pour la survie de ce jeune. Les soins apport&#233;s et l'accompagnement psychologique durant des mois ont permis une heureuse issue &#224; cette maladie. Quelques heures apr&#232;s sa sortie de l'h&#244;pital, Julien demanda &#224; &#234;tre conduit &#224; l'aum&#244;nerie. Et &#224; peine la porte ouverte avec un large sourire Julien interpella son aum&#244;nier : &#171; Maintenant, je suis gu&#233;ri, j'ai faim. Et j'ai faim de Dieu, pr&#233;pare-moi &#224; la communion, je veux recevoir le Pain de Dieu. &#187;. Quelques mois plus tard, Julien communiait pour la premi&#232;re fois avec sa famille et ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; J'ai faim, et j'ai faim de Dieu. &#187;
Par ce d&#233;sir Julien interpellait sa famille, ses camarades d'aum&#244;nerie et ses amis. Il nous pose aussi cette question, &#224; nous qui sommes rassembl&#233;s ce dimanche : avons-nous faim de Dieu. ? &#187; Fr&#232;res et s&#339;urs, en cette f&#234;te de l'Eucharistie, f&#234;te du Corps et du Sang du Seigneur, il est peut-&#234;tre bon de nous interroger pour raviver cet app&#233;tit de l'Eucharistie, cette faim de Dieu qui en son Fils J&#233;sus se fait nourriture pour nous et la multitude. En effet le sacrement de l'Eucharistie est cette nourriture qui nous permet de vivre et de d&#233;velopper notre vocation baptismale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous avons tous entendu cette expression : &#171; Je suis croyant mais non pratiquant ! &#187;. Mais l'adh&#233;sion au message &#233;vang&#233;lique, &#224; la connaissance de Dieu ne peuvent pas se faire ind&#233;pendamment d'une vie eucharistique. La foi nous fait entrer dans une communion avec Dieu, par une vie renouvel&#233;e, dans une &#233;coute et une ob&#233;issance &#224; la Parole du Christ. Et aujourd'hui particuli&#232;rement &#224; cette Parole du Christ : &#171; Prenez, ceci est mon corps ; prenez et buvez, ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, r&#233;pandu pour la multitude. &#187;. Nous sommes des croyants qui accueillons la vie Trinitaire en eux gr&#226;ce &#224; une Vie Eucharistique. Elle seule peut dessiner en nous le myst&#232;re Trinitaire d'amour de Dieu qui en son fils J&#233;sus se fait nourriture pour nous ses amis. Aussi je pr&#233;f&#233;rerais remplacer l'expression &#171; Croyant et non pratiquant &#187; par une autre : &#171; Pratiquant parce que peu croyant &#187;. En effet, en participant &#224; l'Eucharistie, nous nourrissons notre foi et nous sommes alors appel&#233;s &#224; rayonner de ce que la pr&#233;sence eucharistique accomplit en nous. Oserais-je dire que chacun de nous devient comme un &#171; tabernacle &#187;, ce lieu o&#249; est d&#233;pos&#233; le Pain de Vie &#224; l'issue de la c&#233;l&#233;bration. La vie eucharistique se prolonge bien au-del&#224; de notre rassemblement, et nous sommes appel&#233;s &#224; devenir ce que nous recevons, c'est-&#224;-dire &#224; devenir ensemble le Corps du Christ ressuscit&#233;, et faire rayonner la vie m&#234;me de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Lorsque nous nous approchons pour recevoir le Pain de Vie et le Sang vers&#233; par le Christ, nous n'accomplissons jamais un acte isol&#233;, ind&#233;pendamment de la vie du monde, de la vie de nos fr&#232;res et s&#339;urs en humanit&#233;. Chaque eucharistie nous ouvre un espace de vie toujours plus large. Alors une solidarit&#233; peut se renouveler &#224; l'image du Christ qui s'est fait proche de tous celles et ceux qui cherchaient &#224; &#234;tre reconnus et aim&#233;s comme des personnes humaines, habill&#233;es de dignit&#233;. Notre esp&#233;rance peut aussi se d&#233;velopper et notre foi pourra oser emprunter un chemin de renouveau pour aimer dire que Dieu est Amour, Mis&#233;ricorde, tendresse infinie. Cet Amour infini pour lequel nous rendrons gr&#226;ce vendredi prochain en la f&#234;te du Sacr&#233; C&#339;ur de J&#233;sus.
Par l'Eucharistie, nous ne rappelons pas seulement un geste ancien fait par le Christ au d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, comme nous perp&#233;tuons la f&#234;te de la Lib&#233;ration le 8 mai de chaque ann&#233;e. Nous participons &#224; une offrande faite une fois pour toute mais qui nous ouvre sur une Alliance de Dieu avec les hommes par son Fils qui se perp&#233;tue &#224; chaque Eucharistie.
Cette m&#233;moire du dernier repas du Christ est puis&#233;e dans un &#233;v&#233;nement de l'histoire du Christ en son humanit&#233; et sa divinit&#233;. Elle est toujours actuelle, f&#233;conde, ouverte. C'est l'Eucharistie qui a permis a tant d'ap&#244;tres, de saints et de martyrs d'hier comme d'aujourd'hui d'oser aller jusqu'au bout d'une vie &#233;vang&#233;lique &#224; la suite du Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Merveille que ce geste du Christ imprim&#233; lors du dernier repas et qui reste in&#233;puisable. A quelques heures de son offrande totale par amour pour nous, Il prend ces simples choses que sont le pain et le vin, fruits de la terre et du travail des hommes, pour en faire son Corps et son Sang. L'ordinaire de la vie devient l'extraordinaire de la vie en Dieu. Par des aliments du quotidien, le Christ s'offre &#224; nous pour &#234;tre mang&#233;. Il nous permet alors de rendre pr&#233;sente la m&#233;moire de sa vie, de sa mort et de sa r&#233;surrection dans l'attente de son retour glorieux. C'est le repas des messagers de la Bonne Nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Toute Eucharistie nous ouvre vers l'aujourd'hui de la pr&#233;sence de Dieu, et nous relie &#224; toute l'histoire de l'humanit&#233; qui accueille et s'&#233;merveille de cette proximit&#233; de Dieu rendue pr&#233;sente par le repas eucharistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A chacun de nous est pos&#233;e ce dimanche cette m&#234;me question que les deux disciples du Christ adress&#232;rent au propri&#233;taire : &#171; O&#249; est la salle o&#249; je pourrai manger la P&#226;que avec mes disciples ? &#187;. Question que j'aimerais reformuler pour nous aujourd'hui : &#171; As-tu faim de ma vie ? J'ai tellement envie de partager avec toi, avec vous mes disciples d'aujourd'hui ce repas d'Alliance ? Es-tu pr&#234;t &#224; r&#233;pondre dans la joie &#224; cette invitation ? &#187;. C'est faire &#233;cho &#224; ce que Julien disait &#224; l'issue de sa maladie : &#171; J'ai faim de Dieu, pr&#233;pare-moi &#224; la communion ! &#187;. N'attendons pas de tout comprendre du myst&#232;re de l'Eucharistie pour nous approcher et recevoir cette nourriture sainte. M&#234;me si l'app&#233;tit vient &#224; manquer, si notre pauvret&#233; et notre p&#233;ch&#233; freinent notre d&#233;marche vers la Sainte Table, rappelons-nous que Dieu en son Fils J&#233;sus s'offre toujours &#224; ceux qui le cherchent, du fond du c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole. &#187; Une parole ? Quelle parole allons-nous entendre aujourd'hui en cette eucharistie qui nous mettra en app&#233;tit de Dieu ? Peut-&#234;tre celle-ci : &#171; Venez, approchez tous de cette table, c'est pour vous que je me suis fait nourriture &#187; dit le Christ. Oui, vraiment, &#171; Heureux les invit&#233;s au repas du Seigneur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Didier Joseph&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>5e Dimanche de P&#226;ques -B- (Avon)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/5eme-Dimanche-de-Paques-B-Avon.html</link>
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&lt;p&gt;En &#233;coutant cet &#233;vangile, nous pensons spontan&#233;ment &#224; notre relation personnelle avec le Seigneur. J&#233;sus nous invite &#224; puiser en Lui la s&#232;ve de son Amour pour porter du fruit : &#171; Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-l&#224; donne beaucoup de fruits &#187;. Cette dimension vitale et intime de notre relation &#224; Dieu est essentielle, mais je voudrais aujourd'hui souligner une cons&#233;quence moins souvent mentionn&#233;e de cet appel de J&#233;sus &#224; se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En &#233;coutant cet &#233;vangile, nous pensons spontan&#233;ment &#224; notre relation personnelle avec le Seigneur. J&#233;sus nous invite &#224; puiser en Lui la s&#232;ve de son Amour pour porter du fruit : &#171; Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-l&#224; donne beaucoup de fruits &#187;. Cette dimension vitale et intime de notre relation &#224; Dieu est essentielle, mais je voudrais aujourd'hui souligner une cons&#233;quence moins souvent mentionn&#233;e de cet appel de J&#233;sus &#224; se tourner vers Lui. En effet, cet appel de J&#233;sus veut manifester le myst&#232;re de l'homme, et singuli&#232;rement du chr&#233;tien, &#224; savoir qu'il est fondamentalement un &#234;tre spirituel, c'est ce qui fait de lui un &#234;tre &#224; part dans la cr&#233;ation. Il y a en l'homme quelque chose qui d&#233;passe l'homme. Certes, nous ne sommes pas des purs esprits, nous avons comme tous les vivants une vie biologique, scientifiquement analysable. Mais ce qui distingue l'&#234;tre humain, c'est cette dimension spirituelle. Tout homme a une vie spirituelle qui s'exprime naturellement par la recherche philosophique et religieuse, par la recherche du sens de la vie, du &#171; pour quoi &#187; de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme, qu'il soit th&#233;orique ou pratique, avilit l'homme en niant sa dimension spirituelle, le r&#233;duisant &#224; sa dimension biologique, nous ne serions qu'un animal parmi les autres. Or cette dimension spirituelle, la vie divine en nous, J&#233;sus nous invite &#224; l'honorer quand il nous demande de demeurer dans son Amour. Sans cette dimension spirituelle, d'une certaine mani&#232;re, nous perdrions notre dignit&#233; humaine. J&#233;sus le souligne de mani&#232;re imag&#233;e : &#171; Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jet&#233; dehors, et qui se dess&#232;che. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils br&#251;lent ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ne reconnaissant pas l'origine divine de la vie, en ne pr&#233;servant pas cette vie divine par une vie spirituelle r&#233;elle, cette s&#232;ve divine qui irrigue notre existence se tarit, d&#232;s lors, nous perdons aussi notre dignit&#233; humaine qui nous distingue des autres cr&#233;atures. En proclamant la vocation spirituelle de l'humanit&#233;, nous voulons pr&#233;server sa dignit&#233;. La reconnaissance de cette dignit&#233; unique de l'&#234;tre humain, du fait de son origine en Dieu et de cette pr&#233;sence de Dieu au c&#339;ur de l'homme, n'a pas seulement des cons&#233;quences personnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, nous sommes invit&#233;s &#224; nous tourner vers cette source divine pour la faire vivre en nous et pour que nous vivions de cette s&#232;ve. Nous prions, nous entrons en relation avec Dieu pour nourrir et d&#233;velopper cette pr&#233;sence divine au c&#339;ur de l'homme. &#171; Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-l&#224; donne beaucoup de fruit &#187; nous dit clairement J&#233;sus. Prendre le temps de la pri&#232;re, de la relation avec Dieu, ce n'est pas avant tout rendre un culte &#224; une divinit&#233; qui l'exigerait, c'est reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; vitale pour l'&#234;tre humain de puiser &#224; la source de la vraie vie, de la vraie lumi&#232;re et de la sagesse pour en &#234;tre vivifi&#233; comme les sarments par la s&#232;ve de la vigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, en plus des cons&#233;quences personnelles, la non-reconnaissance de la dimension spirituelle humaine a des cons&#233;quences sociales. En nous coupant de cette s&#232;ve divine, nous atrophions notre &#234;tre, nous nous dess&#233;chons int&#233;rieurement et nous risquons de perdre le sens de l'existence. Ainsi le mat&#233;rialisme est victorieux, car l'&#234;tre humain n'est plus qu'une unit&#233; de production de richesses et de consommation, il perd la conscience de son originalit&#233; propre au sein de la cr&#233;ation. C'est pourquoi la pri&#232;re n'est pas simplement un acte personnel et intime qui nous met en relation avec Dieu, c'est aussi un acte qui exprime la dignit&#233; de la personne humaine dans la soci&#233;t&#233; qui ne peut se r&#233;duire &#224; sa fonction de production de richesses et de consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une soci&#233;t&#233; int&#233;gralement s&#233;cularis&#233;e et la&#239;cis&#233;e, o&#249; le questionnement religieux et philosophique serait absent, enferme l'&#234;tre humain dans un horizon uniquement mat&#233;rialiste. Alors, l'homme moderne est livr&#233; &#224; lui-m&#234;me dans ce mat&#233;rialisme pratique, il a du mal &#224; trouver un sens &#224; sa vie au-del&#224; de la satisfaction des sens, il n'esp&#232;re qu'accumuler des richesses pour oublier le vide de l'existence dans la consommation. Ce mat&#233;rialisme d&#233;shumanise la soci&#233;t&#233;, dess&#232;che les c&#339;urs et accentue la violence entre ceux qui ont et veulent pr&#233;server leur bien et ceux qui ont moins et voudraient le leur prendre. Violence des relations humaines, vide de l'existence, notre pays n'en est-il pas d&#233;j&#224; arriv&#233; &#224; ce point ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien chers fr&#232;res et s&#339;urs, nous les minoritaires dans notre soci&#233;t&#233;, les 5% de catholiques encore pratiquants qui prenons le temps de la pri&#232;re, de la r&#233;flexion spirituelle, au moins chaque dimanche et j'esp&#232;re chaque jour, nous sommes face &#224; cette soci&#233;t&#233; mat&#233;rialiste les v&#233;ritables r&#233;volutionnaires et contestataires. Le croyant, et plus singuli&#232;rement le priant, interpelle le monde d'aujourd'hui pour lui r&#233;v&#233;ler ce qu'il voudrait souvent oublier : il y a une vie apr&#232;s la vie ! Sans vouloir condamner nos contemporains qui vivent sans trop se poser de questions, sans vouloir imposer d'une quelconque mani&#232;re notre foi, nous ne pouvons pas nous r&#233;soudre &#224; dispara&#238;tre de la vie sociale car la foi et la question religieuse ne sont pas seulement des questions d'ordre priv&#233;, mais elles engagent une vision de l'&#234;tre humain, une compr&#233;hension de sa dignit&#233; inali&#233;nable. Nous voulons t&#233;moigner de la proximit&#233; et de la b&#233;n&#233;diction de Dieu pour tous les vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, Saint Jean dans la deuxi&#232;me lecture nous invite non seulement &#224; demeurer en Dieu, &#224; vivre une relation personnelle et intime, mais aussi &#224; nous engager dans un style de vie. S'il s'agit de demeurer en Dieu, de partager sa vie, son amour particuli&#232;rement dans la pri&#232;re, c'est pour que nous sachions rayonner de l'amour m&#234;me de Dieu. &#171; Voici son commandement : avoir foi en son Fils J&#233;sus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a command&#233; &#187;. La vie divine en nous ne se respecte pas seulement dans une vie de pri&#232;re, mais aussi dans un engagement concret, l'amour de Dieu r&#233;pandu dans nos c&#339;urs s'exprime et se renforce dans notre amour concret pour nos fr&#232;res et s&#339;urs : &#171; Nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en v&#233;rit&#233;. En agissant ainsi, nous reconna&#238;trons que nous appartenons &#224; la v&#233;rit&#233;, et devant Dieu nous aurons le c&#339;ur en paix &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien chers fr&#232;res et soeurs, &#234;tre et devenir chr&#233;tien aujourd'hui n'engage pas seulement notre vie personnelle. Reconna&#238;tre que notre vie vient de Dieu et retourne &#224; Lui, se tourner chaque jour vers l'Amour Trinitaire pour apprendre &#224; aimer en acte et en v&#233;rit&#233;, cette attitude spirituelle est un engagement r&#233;volutionnaire dans notre soci&#233;t&#233; post-chr&#233;tienne et mat&#233;rialiste. Nous ne pouvons pas accepter une la&#239;cisation et une s&#233;cularisation qui veut limiter la foi et la religion &#224; la sph&#232;re strictement priv&#233;e, car la question de Dieu comporte aussi la question de la dignit&#233; humaine. T&#233;moigner et rayonner de la pr&#233;sence de Dieu, c'est notre mani&#232;re de r&#233;v&#233;ler &#224; nos contemporains la grandeur de la vocation humaine, ce que nous dit J&#233;sus &#224; sa mani&#232;re : &#171; Ce qui fait la gloire de mon P&#232;re, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples. &#187; Amen !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Antoine-Marie Leduc, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>6e Dimanche TO (B)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/6-Dimanche-du-Temps-Ordinaire.html</link>
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		<dc:date>2012-02-13T10:06:03Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs, &#171; Il habitera &#224; l'&#233;cart, sa demeure sera hors du camp &#187;. De qui parle le L&#233;vitique ? Des l&#233;preux bien s&#251;r selon les mesures rituelles et sanitaires de l'Ancien Testament, donc du l&#233;preux de notre &#233;vangile, mais plus encore sans doute - la comparaison entre la finale de notre premi&#232;re lecture et celle de l'&#233;vangile est patente - de J&#233;sus, &#171; oblig&#233; d'&#233;viter les lieux habit&#233;s &#187;, qui &#171; ne pouvait entrer ouvertement dans une ville &#187; Admirable &#233;change : voil&#224; bien un renversement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs,
&#171; Il habitera &#224; l'&#233;cart, sa demeure sera hors du camp &#187;. De qui parle le L&#233;vitique ? Des l&#233;preux bien s&#251;r selon les mesures rituelles et sanitaires de l'Ancien Testament, donc du l&#233;preux de notre &#233;vangile, mais plus encore sans doute - la comparaison entre la finale de notre premi&#232;re lecture et celle de l'&#233;vangile est patente - de J&#233;sus, &#171; oblig&#233; d'&#233;viter les lieux habit&#233;s &#187;, qui &#171; ne pouvait entrer ouvertement dans une ville &#187; Admirable &#233;change : voil&#224; bien un renversement des fronti&#232;res caract&#233;ristiques de l'&#233;vangile ! Notre r&#233;cit en contient d'ailleurs au moins quatre qui ont tous leur enseignement de vie spirituelle. Parcourons-les ! Premi&#232;rement, le l&#233;preux enfreint la loi d'exclusion en s'approchant de J&#233;sus, m&#251; par une confiance &#233;tonnante : &#171; Si tu le veux, tu peux me gu&#233;rir &#187;. Comme un &#233;loge de la confiance - la confiance obtient tout, voil&#224; bien un enseignement qu'on n'aura jamais fini de vivre - J&#233;sus accepte de le toucher. Il y a alors une deuxi&#232;me inversion car, tandis que dans l'Ancien Testament c'est l'impuret&#233; qui est contagieuse, cette gu&#233;rison montre le contraire. Rien ne r&#233;siste au salut de J&#233;sus ! Troisi&#232;mement, J&#233;sus se voit mis &#224; l'&#233;cart, hors des villes, c'est-&#224;-dire nous a dit le L&#233;vitique, prenant le sort d&#233;volu au l&#233;preux. C'&#233;tait nos p&#233;ch&#233;s qu'il portait, nos douleurs dont il &#233;tait charg&#233; m&#233;ditera l'&#233;p&#238;tre de Pierre avec les mots d'Isa&#239;e. Malgr&#233; tout, sa renomm&#233;e est en quelque sorte irr&#233;sistible et, en attirant &#224; lui des hommes de partout, il transforme un lieu d'exclusion en un lieu de communion : quatri&#232;me renversement. De m&#234;me, nos propres solitudes, impasses et m&#234;me p&#233;ch&#233;s peuvent devenir, dans l'accueil de la gr&#226;ce, des lieux d'amour et de communion. Indubitablement, saint Marc annonce le myst&#232;re de la Croix, par lequel J&#233;sus prendra sur lui le p&#233;ch&#233; du monde, sera exclu de la Ville de J&#233;rusalem mais &#171; attirera &#224; lui tous les hommes &#187;. Tel est le sens de sa vie et du salut qu'il offre &#224; ceux qui croient en lui et tel se donne &#224; voir l'amour du P&#232;re, qui gu&#233;rit, rassemble et envoie ceux qui se tournent vers lui&#8230; En ce dimanche, c'est-&#224;-dire en ce jour o&#249; nous f&#234;tons la mort et la r&#233;surrection du Seigneur, continuons &#224; regarder dans cet &#233;vangile tr&#232;s pascal le geste de J&#233;sus. Saint Marc semble apposer deux attitudes, la piti&#233; et la rudesse, qui correspondent peut-&#234;tre &#224; deux attitudes oppos&#233;es du l&#233;preux : la confiance et la d&#233;sob&#233;issance. Il convient pour &#233;clairer cela de faire une remarque classique de critique textuelle. Vous le savez, on parle parfois de l'original grec des &#233;vangiles. Or, il n'y a pas d'original mais une diversit&#233; de manuscrits qui, comme cela arrive dans toute tradition manuscrite &#224; cause des erreurs des copistes, diff&#232;rent les uns des autres. La critique textuelle consiste justement &#224; comparer ces manuscrits pour &#233;tablir, selon des crit&#232;res complexes, un texte estim&#233; le plus original, appel&#233; &#171; texte re&#231;u &#187;, et &#224; partir duquel sont faites nos traductions. Le fait remarquable c'est que parmi les textes anciens, les manuscrits des &#233;vangiles et, plus largement, des textes bibliques, sont des plus homog&#232;nes : sans avoir d'original, le texte re&#231;u est bien &#233;tabli. Pourquoi alors rappeler ce fait ici ? C'est l'occasion de dire que, nous, chr&#233;tiens, ne pouvons avoir une approche coranique de la Bible. Croire &#224; la Bible inspir&#233;e, ce n'est pas croire &#224; une dict&#233;e divine du texte biblique mais reconna&#238;tre la part humaine dans l'&#233;criture des Ecritures. Notre Dieu, dont le Verbe s'est fait chair, s'est donn&#233; &#224; &#233;crire par des hommes. Il y a l&#224; quelque chose du myst&#232;re de l'Incarnation : Dieu a pris ce risque. Il ne peut que nous encourager &#224; nous risquer pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout cette remarque concerne directement notre &#233;vangile, car au lieu de &#171; pris de piti&#233; devant cet homme, J&#233;sus &#233;tendit la main &#187;, certains manuscrits ont lu &#171; pris de col&#232;re contre cet homme &#187;. Il est plus plausible de penser que le terme original est celui de &#171; col&#232;re &#187; remplac&#233; respectueusement par celui de &#171; piti&#233; &#187;. Mais il est s&#251;r que ces deux attitudes presque oppos&#233;es sont appos&#233;es par l'&#233;vang&#233;liste dans le r&#233;cit d'aujourd'hui. D'une part, en effet, c'est &#171; pris de piti&#233; &#187;, touch&#233; par la confiance du l&#233;preux que J&#233;sus le touche &#224; son tour et r&#233;pond &#224; sa requ&#234;te. Sa confiance &#171; si tu le veux, tu peux &#187; totalement tourn&#233;e vers J&#233;sus ressemble &#224; la pri&#232;re que ce dernier adressera &#224; Geths&#233;mani : &#171; P&#232;re, &#224; toi tout est possible (&#8230;) non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! &#187; D'autre part, la col&#232;re - tout au moins la rudesse - est &#233;galement pr&#233;sente dans l'attitude de J&#233;sus qui &#171; renvoie &#187; le l&#233;preux avec un &#171; avertissement s&#233;v&#232;re &#187; et l'ordre de &#171; ne rien dire &#224; personne &#187;. On sait ce qu'il en fut et quelles furent les cons&#233;quences de la d&#233;sob&#233;issance du l&#233;preux. Pourquoi cette s&#233;v&#233;rit&#233; de J&#233;sus ? On la comprend mieux vis-&#224;-vis des marchands qui pervertissent le Temple ou des pharisiens endurcis qui refusent qu'une vie soit sauv&#233;e un jour de sabbat. Mais J&#233;sus pressent sans doute que le secret, qu'il n'aura de cesse de demander, concernant ses actes de gu&#233;rison ne sera pas tenu. Le sens de ce secret est au moins double. D'abord, confesser en v&#233;rit&#233; J&#233;sus ne peut se faire qu'au pied de la Croix : &#171; vraiment cet homme &#233;tait fils de Dieu &#187; - auparavant il risque de prendre J&#233;sus pour un simple th&#233;rapeute - Ensuite, le secret viol&#233; permet &#224; Marc de montrer la renomm&#233;e irr&#233;sistible de J&#233;sus. Dans notre &#233;vangile, le vocabulaire employ&#233; fait du l&#233;preux un pr&#233;dicateur de l'&#233;vangile qui &#171; proclame et r&#233;pand la Nouvelle &#187;. Sa d&#233;sob&#233;issance semble att&#233;nu&#233;e et on comprend que les copistes aient pr&#233;f&#233;r&#233; la piti&#233; de J&#233;sus &#224; sa col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant J&#233;sus qui se laisse toucher et qui gu&#233;rit et J&#233;sus qui rudoie et qui renvoie &#224; l'ordinaire de nos vies est bien le m&#234;me : il est celui qui agit ainsi dans nos vies, tiss&#233;es comme celle du l&#233;preux, de confiance et de d&#233;sob&#233;issance. Croyons-le : le Seigneur r&#233;pond &#224; nos appels confiants et ouverts &#224; son intervention. L'enjeu est de ne pas mettre d'obstacle &#224; son &#339;uvre en lui imposant des limites qu'il serait sens&#233; ne pas pouvoir franchir. Mais aussi, le Seigneur nous intime d'agir selon son projet &#224; lui et non selon nos petites id&#233;es, qui peuvent para&#238;tre plus naturelles mais souvent moins efficaces. La rudesse qui s&#233;pare et renvoie est, nous pouvons en faire l'exp&#233;rience, b&#233;n&#233;fique quand nous la reconnaissons comme venant du Seigneur. Croyons que le Seigneur n'agit pas moins efficacement dans la rudesse que dans la consolation. Qu'il nous accompagne sur le bon chemin, doux et rude, de la foi ! AMEN
&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;F. Guillaume, ocd&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>5e Dimanche TO -B- (Avon)</title>
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&lt;p&gt;L'&#233;vangile de ce jour nous donne une journ&#233;e-type de J&#233;sus, il nous d&#233;crit un proph&#232;te tout donn&#233; &#224; sa mission. Si J&#233;sus dans l'&#233;vangile de dimanche dernier &#233;tait confront&#233; au mal qui s'opposait &#224; lui, aujourd'hui on le voit tout donn&#233; aux autres dans une activit&#233; harassante, au service des malades et en lutte contre le mal, puis, alors que ceux qui l'accompagnent se reposent encore, de bon matin, J&#233;sus se l&#232;ve pour vivre un temps de c&#339;ur &#224; c&#339;ur avec son P&#232;re, une longue pri&#232;re en solitude. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2011-2012-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2011-2012 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;vangile de ce jour nous donne une journ&#233;e-type de J&#233;sus, il nous d&#233;crit un proph&#232;te tout donn&#233; &#224; sa mission. Si J&#233;sus dans l'&#233;vangile de dimanche dernier &#233;tait confront&#233; au mal qui s'opposait &#224; lui, aujourd'hui on le voit tout donn&#233; aux autres dans une activit&#233; harassante, au service des malades et en lutte contre le mal, puis, alors que ceux qui l'accompagnent se reposent encore, de bon matin, J&#233;sus se l&#232;ve pour vivre un temps de c&#339;ur &#224; c&#339;ur avec son P&#232;re, une longue pri&#232;re en solitude. C'est ainsi qu'il vit intens&#233;ment son union avec le P&#232;re qui l'envoie, et sa solidarit&#233; avec les hommes qu'il vient sauver. C'est la m&#234;me personne de J&#233;sus qui se livre totalement pour le bien-&#234;tre, la sant&#233; de ceux qu'il croise sur son chemin, et qui sait se retirer tr&#232;s t&#244;t le matin, dans un lieu d&#233;sert, pour accueillir, tourn&#233; vers Dieu, la lumi&#232;re du jour nouveau, et recevoir de son P&#232;re le don de la gr&#226;ce qu'il veut r&#233;pandre sur tous les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne n'a su comme J&#233;sus unir ce qui nous para&#238;t toujours difficile &#224; tenir ensemble, la gr&#226;ce de la pri&#232;re profonde et le service de nos fr&#232;res. Il est si difficile &#224; tenir ensemble ces deux dimensions essentielles &#224; la vie chr&#233;tienne que l'&#201;glise en fait des vocations distinctes. Et pour chacun de nous, nous sommes souvent tiraill&#233;s par des d&#233;sirs ou des n&#233;cessit&#233;s difficilement conciliables pratiquement, et les scrupules peuvent nous saisir : ne volons-nous pas &#224; Dieu le temps donn&#233; &#224; nos fr&#232;res dans le service ? Ne volons-nous pas &#224; nos fr&#232;res le temps donn&#233; &#224; Dieu dans la pri&#232;re ? Face &#224; toutes nos obligations, notre travail et nos t&#226;ches quotidiennes, l'importance de nourrir notre vie spirituelle, nous ne savons pas toujours o&#249; donner de la t&#234;te, et surtout comment garder notre c&#339;ur orient&#233; vers l'essentiel. Nous pourrions alors facilement faire n&#244;tre la supplique de Job : &#171; Vraiment, la vie de l'homme sur la terre est une corv&#233;e, il fait des journ&#233;es de man&#339;uvre. Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s'ach&#232;vent quand il n'y a plus de fil. Souviens-toi, Seigneur : ma vie n'est qu'un souffle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus nous montre une vie unifi&#233;e par un amour v&#233;ritable qui n'oppose pas Dieu aux fr&#232;res, qui trouve en son P&#232;re la source de l'amour des hommes, et qui dans le service de ses fr&#232;res transmet l'amour de Dieu le P&#232;re. Il est vrai que la pri&#232;re et le service ne s'opposent que dans la m&#233;diocrit&#233;, quand la pri&#232;re est un simple refuge, l'illusion d'une communion d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;e, ou le service une simple agitation, illusion d'une toute-puissance. Pour J&#233;sus, tout d&#233;coule de l'Amour re&#231;u du P&#232;re et qui rayonne &#224; travers lui, c'est pourquoi il ne s'attache pas l'&#339;uvre qu'il accomplit et semble press&#233; d'&#233;largir ses horizons : &#171; Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que, l&#224; aussi, je proclame la Bonne Nouvelle, car c'est pour cela que je suis sorti &#187;. C'est parce qu'il se livre totalement au P&#232;re, dans le silence d'un amour partag&#233;, que J&#233;sus peut se livrer &#224; tous ceux qui le r&#233;clament. Et c'est parce qu'il vit une r&#233;elle communion avec le P&#232;re qu'il peut, sans lassitude, s'en aller toujours ailleurs. Cette unification de sa vie proc&#232;de de la profondeur de son &#234;tre et de son origine. Car la pri&#232;re de J&#233;sus sur terre est le prolongement de la communion qu'il vivait au sein de la Trinit&#233; de toute &#233;ternit&#233;, et son service des hommes n'est que la continuation de l'acte cr&#233;ateur auquel il a particip&#233; au d&#233;but des temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Seigneur nous propose aussi ce chemin d'unification de notre &#234;tre et de notre vie autour de l'amour re&#231;u et partag&#233;. Dans la mesure o&#249; nous grandissons dans notre communion &#224; l'Amour trinitaire, o&#249; nous cheminons dans l'imitation de J&#233;sus, l'Esprit mod&#232;le en nous un homme nouveau. Chaque jour, l'exp&#233;rience de la pri&#232;re &#233;largit notre c&#339;ur pour pouvoir recevoir plus pleinement l'immensit&#233; de l'amour du P&#232;re, comme elle &#233;largit aussi notre c&#339;ur pour nous d&#233;couvrir fr&#232;re de tout homme. Nous entrons ainsi dans une vraie pri&#232;re filiale &#224; l'imitation de celle de J&#233;sus. Ce travail d'unification de notre vie autour de notre exp&#233;rience spirituelle et d'imitation de J&#233;sus, St Paul nous en donne l'exemple, &#233;coutons son t&#233;moignage : &#171; Si j'annonce l'&#201;vangile, je n'ai pas &#224; en tirer orgueil, c'est une n&#233;cessit&#233; qui s'impose &#224; moi (&#8230;). Je ne le fais pas de moi-m&#234;me, je m'acquitte de la charge que Dieu m'a confi&#233;e. Alors, pourquoi recevrai-je une r&#233;compense ? (&#8230;) Libre &#224; l'&#233;gard de tous, je me suis fait le serviteur de tous afin d'en gagner le plus grand nombre possible. (&#8230;) Je me suis fait tout &#224; tous pour en sauver &#224; tout prix quelques-uns. Et tout cela, je le fais &#224; cause de l'&#201;vangile, pour b&#233;n&#233;ficier, moi aussi, du salut &#187;. Paul a unifi&#233; sa vie autour du service de l'&#201;vangile qu'il a re&#231;u, non pas parce qu'il a fait plus et mieux que tous les autres, mais qu'il s'est d&#233;couvert comme premier b&#233;n&#233;ficiaire de l'&#339;uvre de gr&#226;ce &#224; laquelle il collabore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail d'unification de notre vie et de notre &#234;tre, le Seigneur nous y invite tous, en d&#233;couvrant dans la vocation qu'Il nous a donn&#233;e le lieu o&#249; nous pouvons exp&#233;rimenter l'Amour de Dieu pour nous et o&#249; nous pouvons apprendre &#224; aimer en acte et en v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Antoine-Marie Leduc, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>3e Dimanche TO -B- (Avon)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/3eme-Dimanche-TO-B-Avon.html</link>
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&lt;p&gt;Les ma&#238;tres mots des lectures de ce jour semblent &#234;tre : promptitude et disponibilit&#233; ! Comme celles des ap&#244;tres qui aussit&#244;t, laissant l&#224; leurs filets, ils suivirent J&#233;sus. Le livre de Jonas nous donne en exemple la ville pa&#239;enne de Ninive extraordinairement grande, mais qu'une simple journ&#233;e de pr&#233;dication du proph&#232;te a suffi pour retourner la population. Son appel &#224; la conversion s'est r&#233;percut&#233; de bouche &#224; oreille et en quelques heures toute la ville fut en &#233;moi, a pris l'habit de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2011-2012-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2011-2012 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les ma&#238;tres mots des lectures de ce jour semblent &#234;tre : promptitude et disponibilit&#233; ! Comme celles des ap&#244;tres qui aussit&#244;t, laissant l&#224; leurs filets, ils suivirent J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre de Jonas nous donne en exemple la ville pa&#239;enne de Ninive extraordinairement grande, mais qu'une simple journ&#233;e de pr&#233;dication du proph&#232;te a suffi pour retourner la population. Son appel &#224; la conversion s'est r&#233;percut&#233; de bouche &#224; oreille et en quelques heures toute la ville fut en &#233;moi, a pris l'habit de p&#233;nitence et re&#231;u en r&#233;ponse la mis&#233;ricorde du Seigneur. Comment cette conversion g&#233;n&#233;rale fut rendue possible ? Certainement parce que les c&#339;urs et les esprits &#233;taient disponibles, ou pour reprendre les paroles de la parabole du semeur, parce que les soucis du monde et les s&#233;ductions de la richesse n'avaient pas &#233;touff&#233; la semence de la parole de Dieu dans les c&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce sens qu'il faut entendre l'enseignement de Paul dans sa 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; &#233;p&#238;tre aux corinthiens &#171; le temps est limit&#233;. (&#8230;) Ce monde tel que nous le voyons est en train de passer. &#187; Pour que nous puissions accueillir et r&#233;pondre &#224; la parole de Dieu avec la m&#234;me promptitude et disponibilit&#233; que les habitants de Ninive, Paul nous rappelle que nous ne pouvons pas nous laisser envahir par les r&#233;alit&#233;s du monde. Certes elles sont l&#233;gitimes pour une bonne part, et m&#234;me bonne, mais &#224; leur juste place, c'est-&#224;-dire au service de la vraie vie, celle qui ne finit pas, la vie spirituelle. Il s'agit de gagner la vraie libert&#233; int&#233;rieure, un vrai d&#233;tachement affectif pour que notre c&#339;ur ne s'endorme pas, ne se ferme pas. Sinon, comment pourrions-nous entendre la voix du Seigneur, toujours si douce, d&#233;licate et respectueuse de notre libert&#233; ? Comment pourrions-nous entendre et r&#233;pondre avec promptitude et disponibilit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendre les appels du Seigneur, ce n'est pas seulement entendre les grands appels tels que les conversions &#224; la foi chr&#233;tienne, les vocations qui engagent notre vie, c'est aussi entendre les petits appels de la vie quotidienne qui interpellent notre bonne volont&#233; &#224; suivre le Christ, &#224; vivre selon l'&#201;vangile. Ce peut-&#234;tre un geste de tendresse, une parole bienveillante, voire un pardon, un regard d'esp&#233;rance, la renonciation &#224; une gloire passag&#232;re, un gain superflu. Pour nous, cette semaine, l'appel du Seigneur est une invitation &#224; prier pour l'unit&#233; des chr&#233;tiens, comme chaque ann&#233;e entre le 18 et le 25 janvier. Nous connaissons les raisons th&#233;ologiques profondes pour lesquelles il nous est n&#233;cessaire de prier pour cette intention. Tout d'abord parce que le Seigneur nous l'a demand&#233; dans sa grande pri&#232;re avant de mourir : &#171; Que tous, ils soient un, comme toi, P&#232;re, tu es en moi, et moi en toi. &#187; Si nous aimons vraiment J&#233;sus, si sa parole fait autorit&#233; pour notre foi et dans notre vie, nous ne pouvons que vivre douloureusement notre infid&#233;lit&#233; &#224; son testament spirituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au long de l'histoire, nous n'avons pas &#233;t&#233; capables de maintenir l'unit&#233; du corps du Christ, nous avons d&#233;chir&#233; la tunique que J&#233;sus nous avait laiss&#233;e, tiss&#233;e tout d'une seule pi&#232;ce. Il ne s'agit pas ici de d&#233;terminer les responsabilit&#233;s d'hier, ni de relativiser les r&#233;elles divergences entre nos communaut&#233;s chr&#233;tiennes, mais de simplement reconna&#238;tre que l'Esprit Saint avait certainement une volont&#233; et un chemin pour pr&#233;server l'unit&#233; et que nous n'avons pas &#233;t&#233; disponibles et prompts pour r&#233;pondre &#224; cet appel de J&#233;sus dans l'&#201;vangile et au chemin que l'Esprit voulait ouvrir pour nous. Notre responsabilit&#233; aujourd'hui est de ne pas continuer sur un chemin de s&#233;paration, de montrer des signes de respect mutuel, et de collaborer au mieux pour l'annonce de l'&#201;vangile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Humainement, &#224; court terme, la r&#233;unification des confessions chr&#233;tiennes est irr&#233;alisable tant les divergences sont importantes. Mais nous pouvons toujours t&#233;moigner du respect et de la fraternit&#233;, et ce t&#233;moignage est d'une grande valeur dans notre soci&#233;t&#233; o&#249; les diff&#233;rences sont le plus souvent v&#233;cues sur le mode de la violence. Et je voudrais souligner un point d'&#233;volution de l'&#201;glise catholique qui est peut-&#234;tre pass&#233; inaper&#231;u pour certains et qui va dans le sens de l'accueil de la l&#233;gitime diff&#233;rence. Face aux &#233;volutions de l'&#201;glise anglicane, comme l'ordination des femmes ou l'admission de personnes ouvertement homosexuelles au minist&#232;re, un certain nombre de fid&#232;les anglicans ont voulu rejoindre l'&#201;glise catholique. Sous l'impulsion de notre pape Beno&#238;t XVI, nous avons voulu les accueillir en respectant leur propre tradition et non pas en les incorporant purement et simplement &#224; la tradition catholique latine. C'est pourquoi il a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; des structures particuli&#232;res, autonomes des dioc&#232;ses catholiques, en Grande-Bretagne et aux USA, pour accueillir fid&#232;les, pr&#234;tres et &#233;v&#234;ques anglicans en leur permettant de garder leurs traditions spirituelles et liturgiques et accepter que certains pr&#234;tres demeurent mari&#233;s. Ainsi devenir catholique, ce n'est pas entrer dans un moule, il y a une l&#233;gitime diversit&#233;, comme avec les &#201;glises catholiques d'Orient, dans la mani&#232;re de c&#233;l&#233;brer et d'exprimer une m&#234;me Foi, d'organiser les communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, plus qu'hier, nos communaut&#233;s religieuses et paroissiales doivent pouvoir signifier ce r&#233;el respect des l&#233;gitimes diff&#233;rences dans l'expression de la Foi pour que le monde croie que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous diff&#233;rencie, et parce que le respect mutuel est la base de la charit&#233; fraternelle. C'est ce que d&#233;j&#224; soulignait en son temps St Augustin lorsqu'il affirmait : &#171; In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas &#187;. Sachons r&#233;pondre promptement &#224; cet appel de J&#233;sus &#224; le suivre sur ce chemin de l'unit&#233; des chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Fr. Antoine-Marie Leduc, o.c.d.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>4e dimanche de l'Avent</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Homelie-du-4e-dimanche-de-l-Avent-18-decembre-2012,1549.html</link>
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&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs, &#171; Quatre ou trois ? &#187;, telle est la question que je poserais pour une bonne perception du d&#233;roulement de l'Avent et pour le vivre jusqu'au bout, sans trop vite nous pr&#233;cipiter sur No&#235;l. L'Avent est court, mais, &#224; peine est-il commenc&#233;, que les pr&#233;paratifs voire les c&#233;l&#233;brations anticip&#233;es de No&#235;l nous accaparent. Or, on ne f&#234;te bien que ce que l'on a intens&#233;ment pr&#233;par&#233;, attendu, d&#233;sir&#233;, jusqu'au bout. Quatre, comme les quatre semaines de l'Avent : mais leur logique n'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2011-2012-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2011-2012 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quatre ou trois ? &#187;, telle est la question que je poserais pour une bonne perception du d&#233;roulement de l'Avent et pour le vivre jusqu'au bout, sans trop vite nous pr&#233;cipiter sur No&#235;l. L'Avent est court, mais, &#224; peine est-il commenc&#233;, que les pr&#233;paratifs voire les c&#233;l&#233;brations anticip&#233;es de No&#235;l nous accaparent. Or, on ne f&#234;te bien que ce que l'on a intens&#233;ment pr&#233;par&#233;, attendu, d&#233;sir&#233;, jusqu'au bout. Quatre, comme les quatre semaines de l'Avent : mais leur logique n'est pas transparente et la derni&#232;re, de dur&#233;e variable, est souvent escamot&#233;e. Donc plut&#244;t trois, comme les trois figures de l'Avent dont le d&#233;ploiement est bien rep&#233;rable : Isa&#239;e nous accompagne d&#232;s le premier dimanche ; Jean-Baptiste fait son apparition le le 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; dimanche et &#224; partir du jeudi de la 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; semaine ; enfin, la Vierge se laisse contempler plus attentivement durant la f&#233;rie de l'Avent, du 17 au 24 d&#233;cembre. Cette octave invers&#233;e est une p&#233;riode intense, marqu&#233;e par les grandes antiennes &#212; du Cantique de la Vierge chant&#233;es lors des v&#234;pres et par les sc&#232;nes &#233;vang&#233;liques de l'enfance, autant de miniatures, qui, offertes chaque jour &#224; notre m&#233;ditation, nous font contempler la pr&#233;paration historique de la venue du Christ dans notre monde : g&#233;n&#233;alogie, annonciations &#224; la Vierge et &#224; Zacharie, cantiques du Benedictus et du Magnificat. C'est une p&#233;riode de gestation - car &#224; No&#235;l, c'est chacun de nous qui na&#238;t davantage &#224; la foi chr&#233;tienne. C'est une p&#233;riode de silence et d'attention, o&#249; l'on est comme retenant son souffle, juste avant que n'&#233;clate la louange ! C'est la p&#233;riode o&#249; nous sommes : impr&#233;gnons-nous de son climat et voyons comment la vivre ! La sc&#232;ne in&#233;puisable de l'Annonciation nous donnera trois directions en ce jour : vivre le silence, redire notre oui et accueillir la nouveaut&#233; qu'est le myst&#232;re de l'Incarnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;diter l'Annonciation &#224; l'approche de No&#235;l, c'est &#234;tre plong&#233; dans un climat de silence. Appel irr&#233;aliste, vu l'ambiance actuelle de nos rues et supermarch&#233;s ? Mais qui ne se laisserait pas marquer par l'ambiance de nos int&#233;rieurs, en cette p&#233;riode de l'ann&#233;e o&#249; le soleil ne semble pr&#233;occup&#233; que de se coucher, couvrant d'une certaine p&#233;nombre toutes nos journ&#233;es ? L'obscurit&#233; nous invite &#224; l'&#233;coute : or, on le sait, il n'y a pas de c&#339;ur qui m&#233;dite, qui fait m&#233;moire, qui accueille et qui se pr&#233;pare, sans l'exp&#233;rience d'un certain silence. Pour cela, regardons la Vierge Marie. Il y a, en effet, comme une accointance entre la Vierge et le silence. D'une part, la Vierge nous apprend le silence, elle qui sut entendre la parole de l'Ange, elle qui saura garder toutes ces choses en son c&#339;ur. D'autre part, le silence a quelque chose de virginal qui nous apprend &#224; nous tourner vers la Vierge. Pas de juste d&#233;votion mariale sans silence : tout bavardage en ce domaine est d&#233;plac&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, les grandes choses, les grandes d&#233;cisions, les grands consentements naissent toujours cach&#233;s, souvent imperceptibles et, s'ils ont souvent une longue gen&#232;se et un long d&#233;ploiement, leur moment est souvent fulgurant. C'est un trait de l'&#233;vangile de ce jour : l'ange arrive puis repart et pour un regard ext&#233;rieur, rien n'y parut chang&#233;. Et pourtant ! Il y a l&#224; un instant unique, indivisible, irr&#233;versible sur lequel on n'aura jamais fini de m&#233;diter, de s'extasier, magnificence de l'infime. Tel est aussi, certes de mani&#232;re moins d&#233;cisive au regard de l'histoire de l'humanit&#233;, le cas des grandes d&#233;cisions de nos vies, de ces ouis fondamentaux qui ont chang&#233; et orient&#233; leur cours. Il est bon de relire ces sc&#232;nes personnelles d'Annonciation pour rendre gr&#226;ce et dire nos ouis de chaque jour. L'exemple de la Vierge nous stimule. Dire oui ne se fait pas n&#233;cessairement sans trouble ni questionnement, mais requiert notre foi, qui nous fait dire &#171; selon ta parole &#187;, celle de l'autre reconnue comme celle du Tout-Autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, notre liturgie de la Parole nous met &#224; la charni&#232;re de l'ancien et du nouveau. Les figures de Jean-Baptiste et de la Vierge nous font sentir ce passage. L'un est rude avec ses poils de chameau et l'autre douce comme la plume d'un ange ; l'un promeut un asc&#233;tisme qui dit non, l'autre d&#233;ploie la mystique du oui. Mais tous deux sont pr&#233;curseurs de la Parole de Dieu et de J&#233;sus, le Verbe fait chair. Le premier l'annonce derri&#232;re lui et l'autre le porte en elle. L'un pr&#233;pare tous ses itin&#233;raires et l'autre toutes ses r&#233;sidences ; l'un la seconde dans son mouvement, l'autre dans son repos ; l'un dans sa publicit&#233;, l'autre dans son secret. La comparaison entre la proph&#233;tie faite &#224; Nathan et l'annonce faite &#224; Marie souligne autrement la charni&#232;re &#233;vang&#233;lique. Le second r&#233;cit reprend bien s&#251;r le premier mais la nouveaut&#233; &#233;vang&#233;lique n'est que plus apparente : Dieu n'est pas seulement Dieu-avec-nous comme David en avait d&#233;j&#224; fait l'exp&#233;rience mais Dieu-parmi-nous. Et ce n'est plus seulement Dieu qui vient &#224; l'homme suite &#224; la d&#233;cision de ce dernier de faire quelque chose pour lui, c'est Dieu lui-m&#234;me qui devance toute initiative humaine pour que ce dernier fasse en quelque sorte l'&#339;uvre de Dieu. Se pr&#233;parer &#224; No&#235;l, c'est accueillir le visage toujours in&#233;dit de Dieu, car m&#233;diter l'Annonciation, c'est d&#233;j&#224;, avant No&#235;l, m&#233;diter le myst&#232;re de l'Incarnation. &#171; Le Verbe s'est fait chair &#187; : c'est aujourd'hui d&#233;j&#224; que nous pouvons le dire, avant l'&#233;piphanie de ce myst&#232;re que sera la naissance de l'Enfant, et plus encore avant ce que nous appelons l'Epiphanie du Seigneur et qui est finalement l'&#233;piphanie de cette &#233;piphanie. Une &#233;piphanie qui appelle toutes les autres manifestations de Dieu : le myst&#232;re de la vie de J&#233;sus, de sa mort et de sa r&#233;surrection et toutes ces manifestations qui sont donn&#233;es dans nos vies.
R&#233;v&#233;lation manifest&#233;e, qui nous appelle &#224; rendre t&#233;moignage mais qui reste cach&#233;e car livr&#233;e &#224; l'obscurit&#233; de notre foi, tel est le myst&#232;re de l'Incarnation. Dieu daigne prendre notre chair. Un hymnographe s'exclamait : aujourd'hui la glaise accueille l'infini pour une autre gen&#232;se, la poussi&#232;re &#233;bauche de nos corps est &#224; Dieu famili&#232;re et p&#232;se plus que l'or. Quelle merveille, que ne peut faire retentir que notre silence, qui ne peut que susciter notre oui et nous faire accueillir la nouveaut&#233; toujours nouvelle de notre Dieu ! Nous pourrons bient&#244;t l'adorer dans une cr&#232;che : profitons de ces jours uniques qui nous s&#233;parent de No&#235;l ! AMEN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Guillaume, ocd (Avon)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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