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		<title>Carmel en France</title>
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		<title>La vie fraternelle</title>
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		<dc:subject>Quoi de neuf ?</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - La vie Fraternelle Nous vivons dans un monde o&#249; la communication a une place pr&#233;pond&#233;rante. Mais au del&#224; des &#233;changes d'informations, prenons-nous encore le temps de nous rencontrer ? En d&#233;couvrant progressivement le regard que Dieu porte sur chacun de nous, la spiritualit&#233; carm&#233;litaine nous invite &#224; ne pas vivre en individus isol&#233;s, mais &#224; tisser des relations entre des personnes qui ont du prix aux yeux de Dieu. Ces relations constituent la trame d'une vie fraternelle qui se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Presence-au-autres-.html" rel="directory"&gt;Pr&#233;sence au autres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Quoi-de-neuf-+.html" rel="tag"&gt;Quoi de neuf ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/marlene_goulard_photography_img_7992-a14b5.jpg?1782946399' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - La vie Fraternelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons dans un monde o&#249; la communication a une place pr&#233;pond&#233;rante. Mais au del&#224; des &#233;changes d'informations, prenons-nous encore le temps de nous rencontrer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;couvrant progressivement &lt;strong&gt;le regard que Dieu porte sur chacun de nous&lt;/strong&gt;, la spiritualit&#233; carm&#233;litaine nous invite &#224; ne pas vivre en individus isol&#233;s, mais &#224; tisser des relations entre des personnes qui ont du prix aux yeux de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces relations constituent la trame d'une vie fraternelle qui se r&#233;alise diversement selon les engagements de chacun. Elles expriment cette dimension importante de l'&#234;tre humain :&lt;strong&gt; vivre en communion avec les autres&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre toutes formes d'exclusion, de rejet ou de condamnation, nous apprenons ainsi &#224; nous accueillir, &#224; nous aider les uns les autres dans notre vie, &#224; nous pardonner mutuellement afin de reconna&#238;tre en chacun l'image et la ressemblance de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Le t&#233;moignage d'une s&#339;ur carm&#233;lite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque carm&#233;lite, comme tout &#234;tre humain, a son histoire et le Seigneur appelle chacune &#224; travers des itin&#233;raires tr&#232;s diff&#233;rents, bien que ce soit pour vivre une m&#234;me vocation :&lt;strong&gt; l'appel demeure toujours tr&#232;s personnel&lt;/strong&gt;. Certaines, parce qu'elles portaient un d&#233;sir missionnaire, ont compris que le Seigneur leur demandait de le vivre dans une vie cach&#233;e, enfouie pour le r&#233;aliser pleinement. D'autres qui pensaient surtout &#224; une vie toute d'intimit&#233; et de contemplation, ont &#233;t&#233; amen&#233;es &#224; &#233;largir leur regard et leur c&#339;ur aux dimensions du monde. En d&#233;finitive, c'est le Seigneur qui nous &#233;duque et nous fait d&#233;couvrir peu &#224; peu la pl&#233;nitude de notre appel au Carmel et c'est Lui qui fait grandir ce qui n'&#233;tait qu'&#224; l'&#233;tat de germe. Cette exp&#233;rience, je l'ai faite en entrant au Carmel. L'id&#233;e d'&#234;tre missionnaire ne m'avait jamais effleur&#233;e.&lt;strong&gt; J'ignorais aussi que le Carmel &#233;tait missionnaire d'une fa&#231;on cach&#233;e, mais si profonde.&lt;/strong&gt; La vie contemplative m'attirait : c'&#233;tait l'intimit&#233; du Seigneur que je recherchais, dont j'avais soif surtout : le conna&#238;tre et demeurer avec Lui. Pourtant, ce n'&#233;tait pas indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de la soci&#233;t&#233;, ni refus du monde - j'aimais intens&#233;ment la vie - ni &#233;go&#239;sme que ce besoin, inscrit dans notre &#234;tre, celui de vivre la pl&#233;nitude de l'Amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans l'amour, la vie n'a aucun sens. D&#233;sirant l'Amour aussi passionn&#233;ment que je go&#251;tais &#224; la vie, &#233;tant faite, comme tout &#234;tre humain, pour aimer, rien cependant ni personne ne parvenait &#224; combler cet ab&#238;me que je portais en moi. C'est ainsi que le Seigneur m'a fait comprendre que cette pl&#233;nitude, Lui seul pouvait me la donner, que je ne la trouverais qu'en lui. Dieu m'attirait d'abord parce que Lui seul pouvait &#233;teindre ce feu qu'Il avait allum&#233; en moi et qui me d&#233;vorait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que Mo&#239;se fut d'abord attir&#233; par le Buisson ardent qui ne se consumait pas et s'est approch&#233; pour voir, de m&#234;me Dieu m'a d'abord attir&#233;e &#224; Lui par son feu. Ce n'est qu'ensuite, lorsque Mo&#239;se eut compris que ce feu, c'&#233;tait Dieu, qu'il a pu recevoir la mission de conduire le peuple &#224; travers le d&#233;sert. Et ce n'est aussi que plus tard, au Carmel, que j'ai compris la mission que comportait cette suite du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se lier au Christ, ce n'est pas jouir &#233;go&#239;stement d'une intimit&#233;, mais c'est coop&#233;rer totalement &#224; la Mission de Celui qui nous appelle, c'est adh&#233;rer &#224; son &#339;uvre : &lt;strong&gt;faire conna&#238;tre le Nom du P&#232;re aux hommes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant cette soif d'amour qui m'habitait, me faisait ressentir de mani&#232;re aigu&#235; tout ce qui n'&#233;tait pas amour dans le monde o&#249; je vivais, surtout la souffrance et le mal autour de moi vis &#224; vis desquels je sentais ma radicale impuissance, et cela me br&#251;lait aussi. J'aurais voulu agir, et je sentais que toute action &#233;tait une goutte d'eau perdue dans l'immensit&#233; de l'oc&#233;an. Cela ne pouvait me suffire, cela ne pouvait m'apaiser, il me fallait trouver un moyen plus efficace. La pri&#232;re alors m'est apparue comme le levier, le seul &#224; ma port&#233;e, avec lequel je pourrais changer quelque chose en ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La racine du p&#233;ch&#233; se trouve dans le c&#339;ur de l'homme et c'est l&#224;, me semblait-il, qu'il fallait d'abord agir. La seule solution v&#233;ritable, c'&#233;tait de transformer les c&#339;urs, de les convertir &#224; l'Amour. Mais qui peut changer le c&#339;ur des hommes, sinon Dieu ? M'enfouir et prier, &lt;strong&gt;prier de toutes mes forces, de tout mon &#234;tre pour tous ceux que j'aimais et qui ne croyaient pas&lt;/strong&gt;, pour tous ceux qui luttaient dans la nuit, tous ceux qui souffraient et ne connaissaient pas Dieu, tous ceux qui ne savaient pas que Lui, Dieu, &#233;tait le Salut, la Joie, l'Amour, et qu'en Lui tous seraient rassasi&#233;s et d&#233;salt&#233;r&#233;s. Ma vocation peu &#224; peu s'&#233;largissait, et c'est Lui, le Seigneur, qui me mettait au c&#339;ur ce besoin intense de le faire conna&#238;tre, Lui, le Chemin, la V&#233;rit&#233;, la Vie, Lui l'Amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul ne peut le contenir l'infini de l'Amour. Dieu qui avait ouvert en moi un gouffre, avait fait &#233;clater mes petites limites. Ce tr&#233;sor qu'Il m'avait d'abord r&#233;v&#233;l&#233;, cette eau vive qu'Il m'avait fait go&#251;ter, Il me demandait de les partager, d'ouvrir cet infini au monde. N'ayant rien, c'est de Lui seul que je re&#231;ois tout. Et pour pouvoir donner, il faut ces longues heures de rencontre avec Lui dans le silence et la solitude. Nous ne pouvons avoir de mission sans ce ressourcement continuel. Alors seulement, quelque chose qui vient de Lui peut nous traverser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marcher dans la v&#233;rit&#233;</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Marcher-dans-la-verite-2112.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;La vie spirituelle se fonde sur un d&#233;sir sinc&#232;re d'&#234;tre vrai afin de voir clair en toute circonstance, avec un &#339;il que la droiture rend transparent et que la Foi illumine. Mais il est malais&#233; de voir clair car l'attrait du mal et l'imagination se liguent afin de nous entra&#238;ner en dehors de la r&#233;alit&#233;. I - &#202;tre vrai &#202;tre vrai, c'est s'&#233;tablir le plus habituellement possible dans la vue de deux ab&#238;mes insondables Dieu et notre c&#339;ur. Face &#224; ces deux ab&#238;mes, il reste &#224; bien voir comment ils (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Un-chemin-merveilleux-et-exigeant-412-.html" rel="directory"&gt;Un chemin merveilleux et exigeant&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La vie spirituelle se fonde sur &lt;strong&gt;un d&#233;sir sinc&#232;re d'&#234;tre vrai&lt;/strong&gt; afin de voir clair en toute circonstance, avec un &#339;il que la droiture rend transparent et que la Foi illumine. Mais il est malais&#233; de voir clair car l'attrait du mal et l'imagination se liguent afin de nous entra&#238;ner en dehors de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - &#202;tre vrai&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre vrai, c'est s'&#233;tablir le plus habituellement possible dans la vue de deux ab&#238;mes insondables &lt;strong&gt;Dieu et notre c&#339;ur&lt;/strong&gt;. Face &#224; ces deux ab&#238;mes, il reste &#224; bien voir comment ils communiquent car ils se font face et s'appellent l'un l'autre, l'ab&#238;me de pauvret&#233; d&#233;sirant celui de la richesse qui seul peut le combler. Nous nous demandons en regardant Dieu : &#171; De Toi &#224; moi, quelle est la route ? &#187;. Cette route c'est le Christ V&#233;rit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des hommes finissent par se cr&#233;er un petit domaine de chim&#232;re o&#249; ils se consolent de &#034;la triste r&#233;alit&#233;&#034;. Ce d&#233;faut se retrouve chez certains spirituels qui ont un besoin incessant de s'&#233;vader de leur propre existence pour r&#234;ver &#224; autre chose. Ils voudraient bien imiter la voie de tel ou tel, mais la leur propre leur r&#233;pugne. Ils imaginent volontiers l'attitude &#224; prendre dans telle ou telle difficult&#233; possible, mais ils se trouvent d&#233;sempar&#233;s devant leurs &#233;preuves actuelles. Cette manie d'irr&#233;el tient dur. &lt;strong&gt;M&#234;me les personnes bonnes ont de la peine &#224; accepter leurs voies.&lt;/strong&gt; Aussi saint Jean de la Croix nous signale, parmi les d&#233;fauts de ceux qui progressent, de petits sentiments d'envie &#224; l'&#233;gard d'autres mieux dou&#233;s ou pourvus de biens spirituels plus abondants. Et il va par prudence jusqu'&#224; conseiller de se d&#233;fier du d&#233;sir intempestif d'imiter &#224; la lettre la vie de tel ou tel saint, car il se glissera encore l&#224; souvent un besoin d'&#233;vasion. &lt;strong&gt;Une seule vie peut &#234;tre imit&#233;e, toujours et partout, celle du Christ Notre Seigneur parce qu'elle seule est pleinement vraie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - La foi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre foi nous affirme que nous sommes poursuivis de toute &#233;ternit&#233; par l'amour du Dieu Tout-Puissant. Il nous veut &#224; Lui et il poss&#232;de tous les moyens de satisfaire sa lib&#233;ralit&#233;. Mais par une exquise et divine courtoisie, il nous laisse libres d'accepter ou de refuser. Il ne nous demande qu'une chose nous ouvrir co&#251;te que co&#251;te &#224; sa R&#233;alit&#233; qui nous &#171; lib&#232;rera &#187; ; du reste, il s'en charge. C'est Lui qui, en tenant compte d'une foule de donn&#233;es myst&#233;rieuses, a dress&#233; le plan de notre sanctification, reconstruit l'univers entier autour de notre esprit, dispose les &#234;tres et les &#233;v&#233;nements sur diverses profondeurs, comme autant d'instruments dociles dont Il se servira pour mener &#224; bien son entreprise. Comment ne pas regarder sans cesse ce P&#232;re, cet Ami si fort et si tendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La raison nous apprend &#224; voir ce qui est&#8230;&lt;/strong&gt; Et cela est bien important. On ne peut &#233;difier une perfection s&#233;rieuse lorsque le bon sens fait d&#233;faut. Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila ne voulait pas de sujets born&#233;s pour ses monast&#232;res. La personne doit avoir un jugement droit pour&lt;strong&gt; &#234;tre capable de se corriger et d'avancer dans la vertu&lt;/strong&gt;. De son c&#244;t&#233;, saint Jean de la Croix &#233;crit dans ses Maximes : &#171; Prenez conseil de votre raison&#8230; : faire comme veut la raison, c'est prendre un repas substantiel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-dessus du soleil de la raison, brille celui de la Foi. Par la Foi, une autre r&#233;alit&#233;, infinie celle-l&#224;, vient &#233;clairer la premi&#232;re, la r&#233;alit&#233; m&#234;me de Dieu. Par la Foi et la raison, il se fait chez le chr&#233;tien une sorte de&lt;strong&gt; bon sens spirituel &lt;/strong&gt; qui lui apprend &#224; consid&#233;rer les choses telles qu'elles sont en d&#233;finitive au regard de Dieu. La mystique elle-m&#234;me est le simple &#233;panouissement de ce r&#233;alisme. Les personnes vertueuses ou celles qui viennent de se convertir, n'entendent-elles pas d'embl&#233;e l'appel des hauteurs, invitation &#224; &#234;tre vraies jusqu'au bout de l'amour ? M&#234;me le plus irrationnel dans la vie int&#233;rieure, obscurit&#233;s, purifications myst&#233;rieuses, n'ont qu'un but, retirer l'esprit de vive force du domaine des demies certitudes afin de l'habituer, par un p&#233;nible exercice, &#224; ne plus voir que ce qui est vraiment sa mis&#232;re de cr&#233;ature d'une part, et de l'autre, l'infinie grandeur de Dieu. Ainsi l'aventure spirituelle d&#233;crite par saint Jean de la Croix, sous la forme d'une &#233;vasion nocturne, n'a rien d'un coup de t&#234;te imprudent ; c'est une entreprise raisonnable o&#249; l'on est en s&#251;ret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est difficile d'&#234;tre vrai jusque-l&#224;. La tentation et le p&#233;ch&#233; nous emp&#234;chent de voir les choses telles que Dieu les a ordonn&#233;es. S&#233;duits, nous les regardons sous un autre angle, comme le p&#232;re du mensonge et de l'illusion veut nous les faire voir. Et alors, elles deviennent ma&#238;tresses d'erreur. Apr&#232;s un moment de curiosit&#233; et d'ivresse, les yeux qui s'attendaient &#224; devenir &#171; comme des dieux &#187; s'ouvrent &#224; la lumi&#232;re crue de la r&#233;alit&#233;. Dans le d&#233;sert o&#249; nous cheminons, un mirage se l&#232;ve tout &#224; coup, un oasis de r&#234;ve o&#249; nous croyons pouvoir nous reposer et go&#251;ter le bonheur. Malheur &#224; qui se laisse s&#233;duire par cette vision tentatrice, il d&#233;vie de son chemin. Bient&#244;t tout s'&#233;teint et, au voyageur d&#233;rout&#233;, l'&#233;tendue para&#238;t plus grise et plus morne. Le p&#233;cheur &#233;prouve alors douloureusement cette brutale rechute dans la r&#233;alit&#233; qu'il a refus&#233; un moment de consid&#233;rer et qui, maintenant, se venge de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contre preuve, admirons l'attitude du Christ durant sa triple tentation. Il s'y d&#233;fend contre les attaques du Malin par un recours constant &#224; la v&#233;rit&#233; ; faisant appel, avec une froide objectivit&#233;, &#224; des textes de l'Ecriture, il brise son adversaire sur le roc. Rien de plus vrai qu'un tel comportement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le simple jeu de l'imagination tend sans cesse &#224; nous &#233;carter de la voie droite qui conduit &#224; la saintet&#233;. Au lieu de fixer les grandes v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles, il est si tentant, selon l'image de saint Jean de la Croix, d'aller &#034;cueillir des fleurs&#034; de-ci del&#224;, ou de mener pa&#238;tre au dehors &#034;tout un troupeau de d&#233;sirs&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qui n'est pas b&#226;ti sur la pierre angulaire du Christ s'&#233;croulera un jour. Ce que l'on appelle l'exp&#233;rience, ce r&#233;ajustement p&#233;nible &#224; la r&#233;alit&#233;, ne s'&#233;tablit chez la plupart des hommes que sur les d&#233;combres d'une existence. A quoi bon cette perte ? La foi et la raison nous permettraient d'acqu&#233;rir cela sans que de cruelles d&#233;ceptions fussent n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Plus que sur toute chose, veille sur ton c&#339;ur ; c'est de lui que jaillit la vie ! &#187; disait d&#233;j&#224; le sage au livre des Proverbes (Pv.4,23). Il s'agit d'&lt;strong&gt;&#234;tre pr&#233;sent &#224; notre c&#339;ur&lt;/strong&gt; afin de lui donner peu &#224; peu son visage d'&#233;ternit&#233;, car &#233;ternellement il sera ce que nous l'aurons fait sur terre avec l'aide de Dieu. C'est l&#224; que Dieu habite et c'est l&#224; que nous devons le chercher. &#171; &lt;strong&gt;Vivez comme si Dieu et votre &#226;me &#233;taient tout seuls au monde &lt;/strong&gt; &#187; d&#233;clare saint Jean de la Croix, faisant &#233;cho &#224; la c&#233;l&#232;bre formule de sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila : &#171; &#234;tre seule avec le Seul &#187;. Fr&#232;re Laurent de la R&#233;surrection d&#233;clare de son c&#244;t&#233; : &#171; Apr&#232;s m'&#234;tre tout donn&#233; &#224; Dieu&#8230; j'ai cru n'avoir plus rien &#224; faire le reste de mes jours, que de vivre comme s'il n'y avait plus que Dieu et moi au monde. &#187; Cela n'est pas &#233;go&#239;sme, mais bon sens avis&#233;, d&#233;sir de marcher dans la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Engager sa libert&#233;</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Engager-sa-liberte-2111.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Engager chr&#233;tiennement sa libert&#233;, c'est faire sien le projet de Dieu pour l'homme. Le bonheur sera d'autant plus grand que nous aurons &#233;t&#233; audacieux dans la foi et ambitieux dans nos d&#233;sirs. Nous sommes habitu&#233;s &#224; exp&#233;rimenter le d&#233;sir comme r&#233;alit&#233; premi&#232;re de notre vie humaine. Savons-nous le prendre au s&#233;rieux ou le redoutons-nous comme puissance d'illusion ? Quand ce d&#233;sir s'exprime en terme de foi religieuse, l'illusion n'en para&#238;t que plus redoutable. Et pourtant, l'homme ne peut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Un-chemin-merveilleux-et-exigeant-412-.html" rel="directory"&gt;Un chemin merveilleux et exigeant&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Engager chr&#233;tiennement sa libert&#233;, c'est faire sien le projet de Dieu pour l'homme. Le bonheur sera d'autant plus grand que nous aurons &#233;t&#233; audacieux dans la foi et ambitieux dans nos d&#233;sirs. Nous sommes habitu&#233;s &#224; exp&#233;rimenter le d&#233;sir comme r&#233;alit&#233; premi&#232;re de notre vie humaine. Savons-nous le prendre au s&#233;rieux ou le redoutons-nous comme puissance d'illusion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ce d&#233;sir s'exprime en terme de foi religieuse, l'illusion n'en para&#238;t que plus redoutable. Et pourtant, l'homme ne peut acc&#233;der &#224; la vie en pl&#233;nitude que s'il en &#233;prouve vraiment le d&#233;sir et s'engage tout entier dans sa r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Un ch&#226;teau &#224; construire, un voyage &#224; entreprendre&#8230;&lt;/h2&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1) D&#233;sir et libert&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La spiritualit&#233; du Carmel est une &lt;strong&gt;proposition de bonheur li&#233;e au d&#233;veloppement de la vie int&#233;rieure&lt;/strong&gt;. Choisir cette spiritualit&#233; engage donc sur un chemin d'int&#233;riorit&#233;. Cela suppose d&#233;termination, d&#233;sir intense, courage, audace, pers&#233;v&#233;rance. Pour faire un tel choix, il faut avoir conscience de l'importance de l'enjeu : il s'agit d'&lt;strong&gt;entreprendre un voyage au cours duquel je construis peu &#224; peu de l'int&#233;rieur ma v&#233;ritable humanit&#233;.&lt;/strong&gt; La libert&#233; de d&#233;terminer soi-m&#234;me son &#234;tre est en effet une dimension essentielle du bonheur humain. C'est m&#234;me la source de la joie la plus pure, car la libert&#233; est la marque par excellence de la dignit&#233; spirituelle de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2) Foi chr&#233;tienne et d&#233;sir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pri&#232;re chr&#233;tienne fait grandir cette libert&#233; en nous ouvrant &#224; la plus haute conscience, celle de notre &lt;strong&gt;filiation divine dans le Christ&lt;/strong&gt;. Nous faisons ainsi l'exp&#233;rience de la singularit&#233; de notre existence personnelle et de notre capacit&#233; &#224; marcher vers ce que nous choisissons d'&#234;tre en pl&#233;nitude. Pour le disciple de J&#233;sus, cette libert&#233; est &#224; la fois donn&#233;e par &#034;&lt;strong&gt;notre P&#232;re qui es aux cieux&lt;/strong&gt;&#034; et conquise par l'homme que l'Esprit pousse vers la pl&#233;nitude de son &#234;tre filial. En J&#233;sus-Christ, Dieu nous appelle &#224; vivre &#224; son image et ressemblance (cf.Gn.1,26) une pl&#233;nitude proprement divine, une relation personnelle avec lui qui fasse sa joie et la n&#244;tre. L'&#233;coute silencieuse de cet appel se vit &#224; travers &lt;strong&gt;la m&#233;ditation de l'&#201;vangile&lt;/strong&gt; et de toute l'&#201;criture. Elle nous r&#233;v&#232;le peu &#224; peu la profondeur de notre d&#233;sir et nous porte &#224; le r&#233;aliser &#224; travers des choix responsables.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3) L'exp&#233;rience de Th&#233;r&#232;se d'Avila&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous voudrions faire appel ici au t&#233;moignage d'une grande mystique chr&#233;tienne du seizi&#232;me si&#232;cle espagnol, Th&#233;r&#232;se d'Avila, r&#233;formatrice de l'Ordre du Carmel et auteur d'ouvrages majeurs sur la vie spirituelle. Elle sut remarquablement traduire la f&#233;condit&#233; &#233;tonnante du d&#233;sir lorsque celui-ci n'esp&#232;re rien moins que cette pl&#233;nitude de vie, d'amour, de joie que nous appelons Dieu. Th&#233;r&#232;se ne cesse de nous dire en effet que la condition premi&#232;re de l'exp&#233;rience du bonheur est la foi en sa r&#233;alit&#233;, une r&#233;alit&#233; qui s'annonce elle-m&#234;me en J&#233;sus-Christ, actualit&#233; du Royaume de Dieu offert &#224; notre humanit&#233;. Pour parler de ce bonheur, elle privil&#233;gie deux images qu'elle d&#233;ploie &#224; travers deux ouvrages majeurs :&lt;strong&gt; l'image du ch&#226;teau ou de la demeure &lt;/strong&gt; et celle du chemin ou du voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes un ch&#226;teau puisque nous sommes rien moins que la Demeure de la Majest&#233; divine (cf.Jn.14,23). Nous devons travailler &#224; la construction de ce ch&#226;teau pour en d&#233;ployer les richesses, les potentialit&#233;s et accueillir en nous Celui qui y demeure. Le bonheur a sa source au plus intime de notre &#234;tre et non &#224; l'ext&#233;rieur. &lt;strong&gt;Chercher le Ciel au-dedans&lt;/strong&gt; nous permet de prendre la mesure de notre autonomie. Je peux assumer en v&#233;rit&#233; ma responsabilit&#233; dans la r&#233;ussite de ma vie, car j'ai en moi-m&#234;me un Royaume o&#249; m'est donn&#233; l'acc&#232;s &#224; la joie. Ce Royaume s'&#233;prouve &#224; travers le bonheur d'exister et d'&#234;tre ce que je suis, &lt;strong&gt;la joie de faire confiance &#224; la vie&lt;/strong&gt;, la d&#233;cision d'en accueillir la gr&#226;ce et d'en construire une Demeure digne de la Majest&#233; divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;ponse &#224; la volont&#233; de Dieu de nous voir vivre de sa gloire et de son amour se r&#233;alise dans le temps. C'est un chemin &#224; parcourir, un voyage &#224; accomplir au sein de la richesse int&#233;rieure de l'&#234;tre. Ce voyage o&#249; je ne cesse d'approfondir le myst&#232;re de ma libert&#233; et de mon existence &#224; la lumi&#232;re de la Parole de Dieu, m'ouvre de plus en plus aux harmoniques de la nature et du monde, &#224; la gr&#226;ce du travail quotidien, &#224; &lt;strong&gt;la joie dans les relations humaines&lt;/strong&gt;, &#224; la c&#233;l&#233;bration artistique de la r&#233;alit&#233; &#224; travers le champ immense de la culture humaine et enfin &#224; mon propre go&#251;t pour la cr&#233;ativit&#233;. Ce voyage nous fait passer pourtant par des d&#233;serts, des chemins rocailleux ou envahis d'&#233;pines. Franchir les obstacles, pers&#233;v&#233;rer dans l'effort sera une autre forme de la joie. Je pourrai croire &#224; tort que des moments passagers de bonheur n'&#233;taient que des mirages. Ces mirages t&#233;moignent en fait de la puissance anticipatrice d'un d&#233;sir port&#233; par l'esp&#233;rance. Gr&#226;ce &#224; ce choix du plus grand bonheur, je fais l'exp&#233;rience du caract&#232;re inali&#233;nable de ma d&#233;cision et de ma responsabilit&#233;. Ce voyage me fait aussi grandir dans ma capacit&#233; &#224; assumer joyeusement ma solitude : ma personne est unique et son myst&#232;re n'est en fait pleinement accessible qu'&#224; Dieu. Cette solitude int&#233;rieure fonde ma libert&#233; &#224; engager de v&#233;ritables solidarit&#233;s humaines et ma fid&#233;lit&#233; &#224; les vivre devient une nouvelle exp&#233;rience du Royaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se invite &#224; construire ce ch&#226;teau avec ces trois mat&#233;riaux que sont &lt;strong&gt;l'humilit&#233;, le d&#233;tachement et l'amour &lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'humilit&#233;&lt;/strong&gt; nous donne de nous r&#233;jouir de ce que nous sommes sans nous attrister de nos limites, sans jalouser les autres ou leur reprocher plus ou moins consciemment nos frustrations. &lt;strong&gt;S'aimer soi-m&#234;me tel que l'on est&lt;/strong&gt;,&lt;strong&gt; ainsi que Dieu nous aime&lt;/strong&gt;, nous permet de voir en nos limites non pas la d&#233;signation d'un manque, mais la d&#233;termination d'une pl&#233;nitude et un espace de cr&#233;ativit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Le d&#233;tachement&lt;/strong&gt; nous rend libres &#224; l'&#233;gard de toute possessivit&#233; mat&#233;rielle ou affective qui nous emp&#234;cherait d'&#234;tre en voyage vers le plus haut bonheur. Il nous permet ainsi d'&#233;prouver une r&#233;elle bienveillance envers tous.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'amour est une surabondance partag&#233;e&lt;/strong&gt;, car la libert&#233; est surabondance de vie et d'existence. Un c&#339;ur libre peut communiquer sa joie et donc aimer. Nous pouvons alors offrir &#224; d'autres notre foi dans la vie pour leur propre bonheur et le redoublement du n&#244;tre.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Pour suivre ce chemin et construire ce ch&#226;teau, nous avons pour Ma&#238;tre le Christ en qui Dieu a &#233;tabli sa Demeure parmi les hommes. Lui-m&#234;me demeure en nous par son Esprit pour nous enseigner la joie de dire &#224; Dieu &#034; &lt;strong&gt;Notre P&#232;re&lt;/strong&gt; &#034; :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Consid&#233;rez les paroles que prononce cette bouche divine, et d&#232;s la premi&#232;re, vous comprendrez l'amour qu'elle a pour nous&#8230; : &#187; &lt;strong&gt;Notre P&#232;re qui &#234;tes aux Cieux !&lt;/strong&gt; &#171; &#8230; O Fils de Dieu et mon Seigneur ! Pourquoi donnez-vous tant &#224; la fois d&#232;s le premier mot ? &#187; (Th&#233;r&#232;se d'Avila &#171; Le Chemin de Perfection &#187; XXVI,10 et XXVII,2)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les petits riens</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Les-petits-riens-2110.html</link>
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&lt;p&gt;&#171; Rien n'est petit &#187; quand l'enjeu est si grand, voil&#224; la pens&#233;e qui doit nous guider en ce domaine des petits riens, et nous entendons par ce mot les humbles r&#233;alit&#233;s de notre existence : petits devoirs, petits renoncements, petites souffrances, petites joies, qui s'offrent en nombre infini le long de nos journ&#233;es et semblent, &#224; premi&#232;re vue, quantit&#233;s n&#233;gligeables. Elles prennent au contraire de l'importance si on les envisage sous l'angle du progr&#232;s spirituel et deviennent selon notre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Presence-au-autres-.html" rel="directory"&gt;Pr&#233;sence au autres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Rien n'est petit &#187; quand l'enjeu est si grand&lt;/strong&gt;, voil&#224; la pens&#233;e qui doit nous guider en ce domaine des petits riens, et nous entendons par ce mot les humbles r&#233;alit&#233;s de notre existence : petits devoirs, petits renoncements, petites souffrances, petites joies, qui s'offrent en nombre infini le long de nos journ&#233;es et semblent, &#224; premi&#232;re vue, quantit&#233;s n&#233;gligeables. Elles prennent au contraire de l'importance si on les envisage sous l'angle du progr&#232;s spirituel et deviennent selon notre attitude : obstacles &#224; l'amour de Dieu ; d&#233;ceptions dans l'exercice de cet amour ; ou, au contraire, occasions d'amour de notre part et m&#234;me reflets du grand amour de Dieu pour nous.
&lt;strong&gt;La vie d'oraison va de pair avec un sens avis&#233; de l'usage des plus humbles r&#233;alit&#233;s &lt;/strong&gt; ; ainsi la spiritualit&#233; du Carmel se penche-t-elle sur le d&#233;tail de notre vie parce que l'amour qui l'anime se doit d'&#233;carter tous les obstacles qui s'opposent &#224; son exercice, les petits comme les grands.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Les humbles r&#233;alit&#233;s, obstacles &#224; l'amour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La spiritualit&#233; carm&#233;litaine &#233;claire d'abord ceux qui la suivent sur &lt;strong&gt;l'importance des d&#233;tails m&#234;me insignifiants de l'existence&lt;/strong&gt;, lorsqu'elle nous apprend combien leur m&#233;connaissance peut causer de dommage &#224; notre vie spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rien n'est petit quand le p&#233;ril est si consid&#233;rable ! &#187; Ce cri de la sainte M&#232;re est comme le r&#233;sum&#233; de tous les conseils de prudence que nous donnent les mystiques du Carmel lorsqu'il s'agit de r&#233;gler notre commerce avec les cr&#233;atures. Il faut si peu pour qu'elles fassent obstacle &#224; nos progr&#232;s dans l'amour ! &#171; L&#224; o&#249; est ton tr&#233;sor, l&#224; aussi est ton c&#339;ur &#187; a dit Notre-Seigneur, et si cela vaut des tr&#233;sors d'amour que nous engrangeons dans les cieux par nos m&#233;rites accumul&#233;s, cette formule se retourne contre celui qui s'attache immod&#233;r&#233;ment aux cr&#233;atures. Facilement, h&#233;las ! &#171; les c&#339;urs humains tombent de leur dignit&#233; et se souillent s'ils s'abaissent &#224; jouir des cr&#233;atures &#187;, un de nos plus vieux textes le d&#233;clare longtemps avent Saint Jean de la Croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est bien le m&#233;rite de ce dernier d'avoir &#233;clair&#233; et pr&#233;cis&#233; de fa&#231;on d&#233;finitive cette question. Sa doctrine est formelle : &lt;strong&gt;on n'atteindra pas normalement la contemplation et la vraie union &#224; Dieu si l'on garde une attache r&#233;fl&#233;chie et d&#233;lib&#233;r&#233;e &#224; une cr&#233;ature quelconque&lt;/strong&gt;. Si petite soit-elle, cette attache suffit &#224; retenir le c&#339;ur dans son &#233;lan, &#224; le souiller, eu &#233;gard &#224; l'infinie puret&#233; &#224; laquelle elle d&#233;sire s'unir. Le Saint se demande : &#171; Est-il n&#233;cessaire que l'&#226;me ait mortifi&#233; ses tendances, si petites qu'elles soient ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est reprendre l'objection de ceux qui voudraient que la fid&#233;lit&#233; aux petits riens de notre vie import&#226;t peu &#224; notre progr&#232;s spirituel. Il r&#233;pond cat&#233;goriquement : &#171; Quant aux tendances volontaires, qu'il s'agisse des plus graves qui portent au p&#233;ch&#233; mortel, ou des moins graves qui portent au imperfections, si petites qu'elles soient, il les faire dispara&#238;tre compl&#232;tement, sans quoi l'esprit est incapable d'arriver &#224; l'union parfaite avec Dieu. En voici les raisons : si l'esprit s'attache &#224; quelque imperfection que Dieu ne veut pas, il n'est pas encore arriv&#233; &#224; avoir une seule volont&#233; avec celle de Dieu. &#187; Le saint Docteur ne craint pas de citer de tr&#232;s petites choses qui peuvent devenir obstacles &#224; l'amour lorsque l'on n'a pas la force de rompre avec elles :&#171; Quant &#224; nos tendances volontaires, il suffit, je le r&#233;p&#232;te, qu'il y en ait envers des choses tr&#232;s minimes pour emp&#234;cher l'union divine. Ces imperfections habituelles sont, par exemple, la coutume de parler beaucoup, une petite attache dont on ne veut jamais se d&#233;faire, &#224; un objet quelconque, une personne, un v&#234;tement, un livre, une cellule, tel genre de nourriture, petites conversations, petits go&#251;ts, petits d&#233;sirs de savoir, d'entendre, et autres semblables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, une chose &#171; m&#234;me insignifiante &#187; suffit &#224; arr&#234;ter l'&#226;me, &#224; la rendre &#171; semblable &#224; la mouche toute englu&#233;e de miel &#187;, &#171; &#224; l'oiseau qu'un l&#233;ger fil retient prisonnier et qui ne peut prendre son vol &#187;. Voil&#224; l'&#233;lan entrav&#233;, et barr&#233;e l'entr&#233;e de la demeure si douce et accueillante de la contemplation. Telle est bien souvent la cause profonde de notre aridit&#233;, de notre manque de ferveur vis-&#224;-vis de Dieu. &lt;strong&gt;Nous sentons bien qu'Il nous demande ces sacrifices&#8230; mais nous feignons de ne pas voir. &lt;/strong&gt; Nous passons outre. Alors nous nous tra&#238;nons pour n'avoir pas eu le courage de trancher sur le vif. Et apr&#232;s avoir essay&#233; une foule d'autres moyens, il faudra bien, un jour ou l'autre, &#233;carter cet obstacle, rompre ce fil, pour aller plus avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous murmurez peut-&#234;tre, comme certains auditeurs du Christ : &#171; Cette parole est dure&#8230; qui peut l'entendre. &#187; Et cependant tous nos mystiques ont le courage de prof&#233;rer cet enseignement apr&#232;s l'avoir mis en pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sainte Th&#233;r&#232;se est &#224; l'unisson de Saint Jean de la Croix lorsqu'elle &#233;crit : &#171; Si chacune de nous ne se pr&#233;occupe comme d'une affaire importante entre toutes de contredire continuellement sa volont&#233;, mille choses nous &#244;teront cette sainte libert&#233; de l'esprit qui permet &#224; l'esprit de voler vers son Cr&#233;ateur, libre d'une charge de terre et de plomb. &#187; C'est presque l'image employ&#233;e par Saint Jean de la Croix de l'oiseau qui doit s'envoler l&#233;ger vers Dieu. Et voici une phrase qu'on dirait encore de lui : &#171; Ayons bien soin aussi, dans les plus petites choses, d&#232;s lors que nous sentons y avoir quelque attache, d'en &#233;loigner notre pens&#233;e pour la ramener &#224; Dieu. &#187; Cependant Th&#233;r&#232;se sait rester elle-m&#234;me en usant de ses images favorites : &#171; Si nous remplissons le palais de petites gens et de toutes sortes de babioles, comment le Souverain pourra-t-il y trouver place avec sa cour ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'appui de cette doctrine, faut-il citer encore Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus g&#233;missant sur ces personnes, religieuses ou la&#239;ques, qui en prennent &#224; leur aise avec les petits riens : &#171; Oh ! qu'il y a peu d'&#226;mes religieuses qui ne font rien par &#224; peu pr&#232;s, se disant : Je ne suis pas tenue &#224; ceci, &#224; cela&#8230; ; apr&#232;s tout, il n'y a pas grand mal &#224; parler ici, &#224; se contenter l&#224;, etc&#8230; &lt;strong&gt;Qu'elles sont rares les &#226;mes qui font tout le mieux possible !&lt;/strong&gt; &#187; Pour elle, elle se surveillait de pr&#232;s afin de garder son c&#339;ur libre ; c'&#233;tait le fruit de l'exp&#233;rience : &#171; Il en est de cela comme du reste : il faut que je rencontre en tout l'abn&#233;gation et le sacrifice ; ainsi je sens qu'une lettre ne produira aucun fruit tant que je ne l'&#233;crirai pas avec une certaine r&#233;pugnance et pour le seul motif d'ob&#233;ir. &lt;strong&gt;Quand je parle avec une novice, je veille &#224; me mortifier, j'&#233;vite de lui adresser des questions qui satisferaient ma curiosit&#233;.&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces textes soulignent assez le p&#233;ril auquel les petits riens peuvent sournoisement nous exposer. Ils nous disent aussi de quelle fa&#231;on large nous devons nous comporter. Aucune minutie exag&#233;r&#233;e dans cette chasse aux obstacles de la perfection contemplative, mais beaucoup de souplesse et de largeur de vue. Nos saints, si soigneux qu'ils soient des d&#233;tails, ne sont pas occup&#233;s &#224; tenir des cahiers de p&#233;nitence ni &#224; se livrer &#224; des comptes spirituels. Si Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus fit usage du carnet que lui avait donn&#233; sa s&#339;ur au moment de sa premi&#232;re communion, au point de compter 818 sacrifices en trois mois, elle devait plus tard convenir que de tels calculs &#233;taient peu profitables et que seul l'esprit de mortification constant devait &#234;tre conserv&#233;. Cet esprit nous aidera &#224; d&#233;couvrir dans notre vie &lt;strong&gt;les petits riens qui font &#233;chec &#224; l'amour de Dieu, et &#224; les supprimer&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Les humbles r&#233;alit&#233;s, d&#233;ception de l'amour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier p&#233;ril &#233;cart&#233;, il en reste un second. C'est d'&#233;prouver en face des riens dont notre vie est faite une immense d&#233;ception en croyant qu'ils ne nous offrent pas le moyen de t&#233;moigner &#224; Dieu notre amour. Ne songeons-nous pas parfois qu'il se r&#233;v&#232;lerait davantage, cet amour, en de grandes occasions que dans les menus faits de la vie quotidienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;cart entre la r&#233;alit&#233; et le songe se retrouve m&#234;me dans la vie mystique. &lt;/strong&gt; L&#224; encore le r&#234;ve de l'adolescence, immense, tout palpitant d'espoir, menace de s'&#233;crouler sous les coups redoubl&#233;s et implacables de la r&#233;alit&#233; ; et l'embarquement joyeux pour une &#238;le id&#233;ale d'aboutir &#224; une interminable travers&#233;e. Combien pourraient dire de l'existence, comme &#200;ve du serpent : elle m'a tromp&#233;e ! On songe, pour peindre cette d&#233;convenue, &#224; la po&#233;tique parabole de l'&#201;vangile : &#171; Les hommes sont semblables &#224; des enfants assis sur la place publique s'interpellant mutuellement en disant : nous avons jou&#233; de la fl&#251;te et vous n'avez pas dans&#233; ; nous nous sommes lament&#233;s et vous n'avez pas pleur&#233;. &#187; Il y a eu d&#233;saccord entre la r&#233;alit&#233; et le r&#234;ve : l'esprit aspirait &#224; de grandes choses, l'existence ne lui a offert qu'un chapelet de petits riens aux grains gris et monotones&#8230; et il n'a pas devin&#233; la grandeur qui se cache sous cette apparente petitesse, exacerbant son r&#234;ve, s'y r&#233;fugiant en proportion m&#234;me des d&#233;mentis de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en est-il parfois, h&#233;las ! de la vie int&#233;rieure : &lt;strong&gt;les grands d&#233;sirs de perfection viennent se perdre dans les sables de la vie quotidienne&lt;/strong&gt;, et les personnes qui ne savent pas marcher dans la v&#233;rit&#233; s'enlisent. M&#234;me si les petits riens ne deviennent pas chez elles des obstacles &#224; l'amour de Dieu, ils n'en constituent pas moins une perp&#233;tuelle d&#233;sillusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour dissiper cette &#233;quivoque, il faut encore recourir &#224; l'exemple des saints. Ceux-ci nous apprennent par leur vie humble, volontairement effac&#233;e, &#224; ne pas nous lasser du quotidien. Pourtant, quelles ardeurs dans leurs c&#339;urs ! Th&#233;r&#232;se d'Avila, enfant, r&#234;ve du martyre et se met en route pour le conqu&#233;rir ; toute sa vie elle conserve, au milieu des t&#226;ches de chaque jour, de grands &#233;lans vers la perfection : &#171; Tout ce que l'&#226;me peut faire pour Dieu lui para&#238;t peu de chose tant ses d&#233;sirs de le glorifier sont immenses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces aspirations se retrouvent sous une autre forme chez Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus : &#171; Je me sens la vocation de guerrier, de pr&#234;tre, d'ap&#244;tre, de docteur, de martyr. Je voudrais accomplir toutes les &#339;uvres les plus h&#233;ro&#239;ques ; je me sens le courage d'un crois&#233; ; je voudrais mourir sur un champs de bataille pour la d&#233;fense de l'&#201;glise. &#187; Enthousiasmes v&#233;ritables, car ils ne sont pas tomb&#233;s au contact de la r&#233;alit&#233; monotone et grise. Les mystiques n'ont pas voulu conna&#238;tre la d&#233;ception des petits riens parce qu'ils ont su les envisager dans leur r&#233;alisme et les transformer en &lt;strong&gt;occasions d'aimer&lt;/strong&gt;. Ainsi leur existence s'est-elle joyeusement consum&#233;e en des travaux souvent obscurs et fastidieux, et il nous est bon de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que fut le labeur journalier de ces saints que nous sommes habitu&#233;s &#224; consid&#233;rer en des attitudes hi&#233;ratiques sur leurs autels ou dans leurs niches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila&lt;/strong&gt; est peut-&#234;tre celle qui connut le plus de grandeur humaine dans l'accomplissement de sa t&#226;che de fondatrice ; cependant elle s'est livr&#233;e &#224; des besognes fort humbles. &#171; A Saint Joseph d'Avila, raconte une de ses premi&#232;res filles, durant les premiers temps on ne recevait pas de s&#339;urs converses et chaque s&#339;ur avait sa semaine pour prendre soin de la cuisine. Malgr&#233; ses occupations qui &#233;taient nombreuses, notre sainte M&#232;re faisait sa semaine comme les autres. C'&#233;tait une grande joie pour nous de la voir &#224; la cuisine, car elle s'acquittait de cet emploi avec beaucoup d'all&#233;gresse et une grande attention &#224; nous bien servir toutes. &#187; A Malagon, &#171; tout le temps que dur&#232;rent les travaux pour la construction du monast&#232;re, la sainte M&#232;re se trouva, depuis le point du jour jusqu'au milieu de la nuit, parmi les ouvriers. Elle &#233;tait la premi&#232;re &#224; prendre en mains le panier et le balai. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saint Jean de la Croix&lt;/strong&gt;, &#224; la fondation de Grenade, travaillait t&#234;te nue en plein soleil, portant des pierres afin d'aider les ma&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sainte Marie-Madeleine de Pazzi &lt;/strong&gt; s'appropriait les besognes les plus dures dans son couvent ; occup&#233;e &#224; la lessive un jour d'hiver et saisie par l'extase dans cette occupation, il fallut briser la glace qui emprisonnait ses mains. &lt;strong&gt;
Laurent de la R&#233;surrection &lt;/strong&gt; s'activait &#224; la cuisine de son monast&#232;re ; ou bien s'en allait p&#233;niblement faire en Bourgogne les emplettes de vin du couvent &#171; ce qui lui &#233;tait fort p&#233;nible parce qu'il &#233;tait estropi&#233; d'une jambe &#187; ; il fut ensuite plac&#233; &#171; &#224; la savaterie o&#249; &#233;taient ses d&#233;lices &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les occupations qui attendent Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus dans le carmel de ses r&#234;ves, o&#249; elle entre adolescente ? Balayer les clo&#238;tres, faire la lessive, conduire une vieille s&#339;ur infirme au r&#233;fectoire. Petits faits sans doute, mais riches, &#233;loquents, car ils nous disent que des personnes g&#233;n&#233;reuses, aux aspirations immenses, ont su passer toute leur existence dans des &#171; travaux ennuyeux et faciles &#187; ; et cela sans d&#233;ception aucune parce qu &#8216;elles savaient tirer parti des moindres petits riens, convaincues que l'amour vrai ne se laisse arr&#234;ter dans son &#233;lan par aucune contingence. Oserons-nous maintenant nous plaindre ? Laisserons-nous nos d&#233;sirs s'&#233;crouler devant la pauvret&#233; de notre vie ? Ou, au contraire, chercherons-nous &#224; entrer en possession du secret qui permet de n'&#234;tre pas d&#233;&#231;u par la petitesse apparente de l'existence et d'en tirer un merveilleux profit ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - Les petits riens, occasions de grand Amour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce secret le voici : &lt;strong&gt;les petits riens, comme les grandes choses, peuvent fournir &#224; l'amour des occasions presque infinies de se t&#233;moigner et de se prouver&lt;/strong&gt;. Si &#171; la plus grande preuve d'amour est de donner sa vie pour celui qu'on aime &#187;, on ne saurait dire ce qui est le meilleur : s'immoler sur un champs de bataille et tout d'un coup, ou bien goutte &#224; goutte dans les renoncements quotidiens de l'existence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re mani&#232;re constitue encore un v&#233;ritable holocauste : &#171; La vie de celui qui veut &#234;tre du nombre des amis intimes de Dieu est un long martyre &#187;, dit Sainte Th&#233;r&#232;se. C'est le plus fr&#233;quent. Aussi nos saints ont compris, chacun &#224; sa fa&#231;on, ce que Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus exprime si bien :&lt;strong&gt; &#171; Les &#339;uvres &#233;clatantes me sont interdites ; je n'ai pas d'autre moyen pour prouver mon amour que de jeter des fleurs, c'est-&#224;-dire de ne laisser &#233;chapper aucun petit sacrifice, aucun regard, aune parole, de profiter des moindres actions et de les faire par amour. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'&#226;me carm&#233;litaine, tout en conservant des d&#233;sirs infinis, apprend &#224; r&lt;strong&gt;encontrer cet infini non dans la grandeur mais dans la petitesse des actions&lt;/strong&gt;. Ne s'y trouve-t-il pas ? La doctrine pascalienne consid&#232;re deux infinis, &#171; l'un de grandeur et l'autre de petitesse. Comme c'est nous qui surpassons les petites choses, nous nous croyons capable de les poss&#233;der et cependant il ne faut pas moins de capacit&#233; pour aller jusqu'au n&#233;ant que jusqu'au tout. L'un d&#233;pend de l'autre et l'un conduit &#224; l'autre. &#187; &lt;strong&gt;Il faut m&#234;me presque plus de g&#233;nie pour d&#233;couvrir l'infini de petitesse car il est moins sensible. &lt;/strong&gt; Or, &#171; il me semble que S&#339;ur Th&#233;r&#232;se a justement d&#233;voil&#233; sa force dans la multiplicit&#233; d'actes petits et microscopiques, si l'on peut ainsi s'exprimer &#187;. Elle a utilis&#233; tout cet infini de la vie courante que nous n&#233;gligeons de mettre en valeur ; avec elle nous sommes dans le domaine des petits riens o&#249; elle est reine ; &#171; Une tr&#232;s petite &#226;me qui ne peut offrir au bon Dieu que de tr&#232;s petites choses &#187;, c'est ainsi qu'elle se caract&#233;rise apr&#232;s avoir d&#233;crit quelques-unes de ses mortifications : supporter &#224; l'oraison une s&#339;ur qui ne cesse de remuer son chapelet, accepter d'&#234;tre asperg&#233;e durant la lessive, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je m'appliquais surtout aux petits actes de vertu bien cach&#233;s ; ainsi j'aimais &#224; plier les manteaux oubli&#233;s par les s&#339;urs, et je cherchais mille occasions de leur rendre service. &#187; Fait infiniment touchant, &#224; trois si&#232;cles de distance, Th&#233;r&#232;se de Lisieux renouvelle les gestes d'amour de Th&#233;r&#232;se d'Avila : &#171; Lorsque le soir, faisant son examen dans son oratoire, la sainte M&#232;re constatait qu'elle n'avait accompli aucune &#339;uvre de charit&#233;, elle se rendait au ch&#339;ur et recousait tous les manteaux qu'elle trouvait d&#233;cousus dans les armoires, et sans doute qu'il y en avait beaucoup, puisque la communaut&#233; se composait de deux cents religieuses. D'autre fois, elle allait, munie d'une petite lanterne, se placer dans les escaliers, pour emp&#234;cher de tomber les S&#339;urs qui n'avaient pas de lumi&#232;re, comme aussi pour en donner &#224; celles qui en cherchaient. &#187;
&lt;strong&gt;
Mais de ces riens nos vies pourraient &#234;tre remplies&#8230;&lt;/strong&gt; Que d'occasions de t&#233;moigner &#224; Dieu de l'amour, un amour vari&#233; nuanc&#233; ! Nombre infini de petits actes, de petites peines que comporte une seule journ&#233;e, mani&#232;re sans cesse plus parfaite de les accomplir ou de les endurer durant des jours et des jours, tout le long des semaines, des mois, des ann&#233;es&#8230; Il y a l&#224; un infini, une occasion d'aimer &#224; l'infini, aussi exaltante que celle qu'auraient pu nous offrir de grandes actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retournons &#224; l'&#201;vangile. Notre Seigneur y livre cette doctrine des petits riens : &lt;strong&gt;il condamne le formalisme st&#233;rile des pharisiens qui, parce qu'ils sont attach&#233;s &#224; leurs menues observances de fa&#231;on trop humaine, les ont vid&#233;es de leur s&#232;ve et en ont fait des obstacles &#224; l'amour &lt;/strong&gt; ; il nous montre l'erreur du prodigue qui, d&#233;&#231;u sans doute par l'apparente monotonie d'une existence banale, cherche l'aventure et ne r&#233;colte que d&#233;boires. Mais en m&#234;me temps il exalte pour ceux qui en comprennent la grandeur infini de petitesse ; n'a-t-il pas un respect profond des plus petites choses ? Il ne voudrait pas changer &#171; un iota ou une virgule &#187; &#224; la loi ; malheur &#224; &#171; celui qui se dispensera du plus petit de ses commandements, il sera le plus petit dans le royaume des cieux &#187;. Au contraire, &#171; le serviteur fid&#232;le, minutieux &#187;, sera r&#233;compens&#233; de son labeur quotidien et ingrat : &lt;strong&gt;&#171; Parce que tu as &#233;t&#233; fid&#232;le dans les petites choses, je t'&#233;tablirai sur les grandes. &#187;&lt;/strong&gt; C'est la doctrine que reprennent nos auteurs ; ils n'ont fait, une fois de plus, que nous redire l'&#201;vangile apr&#232;s l'avoir v&#233;cu. Saint Jean de la Croix insiste peut-&#234;tre davantage sur l'aspect n&#233;gatif des petits riens, obstacles &#224; l'amour contemplatif ; &lt;strong&gt;Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant &#8211;J&#233;sus et Laurent de la R&#233;surrection montrent plut&#244;t le positif, se r&#233;jouissent d'avoir &#224; aimer Dieu dans le d&#233;tail de leur existence.&lt;/strong&gt; Il y a d'admirables textes, sur ce sujet, chez l'humble fr&#232;re Laurent ; lui aussi avait d&#233;couvert qu'&#171; il n &#8216;est pas n&#233;cessaire d'avoir de grandes choses &#224; faire ; &lt;strong&gt;je retourne ma petite omelette dans la po&#234;le pour l'amour de Dieu &lt;/strong&gt; ; quand elle est achev&#233;e, si je n'ai rien &#224; faire, je me prosterne &#224; terre et adore mon Dieu de qui n'est venue la gr&#226;ce de la faire ; apr&#232;s quoi, je me rel&#232;ve plus content qu'un roi. Quand je ne puis autre chose, c'est assez pour moi d'avoir lev&#233; une paille de terre pour l'amour de Dieu &#187;. Son biographe nous explique l'&#226;me de cette doctrine d'abandon en nous disant : &#171; Son seul moyen pour aller &#224; Dieu &#233;tant de tout faire pour l'amour de lui, il lui &#233;tait indiff&#233;rent d'&#234;tre occup&#233; d'une chose ou d'une autre, pourvu qu'il la fit pour Dieu. C'&#233;tait lui et non la chose qu'il regardait.&lt;strong&gt; Il savait que la petitesse de la chose ne diminuait en rien le prix de son offrande, parce que Dieu n'ayant besoin de rien ne consid&#232;re dans nos &#339;uvres que l'amour dont elles sont accompagn&#233;es. &lt;/strong&gt; &#187; Ne croirait-on pas entendre Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus : &#171; Il n'a pas besoin de nos &#339;uvres, mais de notre amour &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est plus instructif pour notre propos que de nous pencher ainsi sur la vie de nos saints. Le disciple est-il au-dessus du ma&#238;tre ? Quelqu'un viendra-t-il nous enseigner un autre &#201;vangile que celui de Notre Seigneur r&#233;compensant le &#171; serviteur fid&#232;le dans les petites choses &#187; ? Alors, pour vivre de fa&#231;on carm&#233;litaine regardons avec amour les d&#233;tails de notre vie, surtout peut-&#234;tre, ce que nous croyons obstacle &#224; notre perfection : nos occupations les plus insignifiantes, nos devoirs d'&#233;tat, nos relations avec le prochain, afin d'&#233;carter ce qui met obstacle &#224; notre avancement spirituel, de repousser la tentation de d&#233;couragement au contact des banalit&#233;s de l'existence, et de trouver, au contraire, tout au long de nos journ&#233;es mille occasions cach&#233;es d'aimer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - Les petits riens, reflets du grand amour de Dieu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si, par amour, nous apprenons &#224; faire tout le mieux possible, nous recevrons d&#232;s ici-bas un centuple, m&#234;me du c&#244;t&#233; de ces riens qu'il nous eut &#233;t&#233; facile de d&#233;daigner. Ces petites choses, mais elles sont l'&#339;uvre de Dieu. Il a &#171; promen&#233; sur elles son regard &#187;, et les a &#171; rev&#234;tues de beaut&#233; &#187;. Seulement, il faut apprendre &#224; poser sur elles un regard d'enfant, tout extasi&#233; et pur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, elles laissent parfois filtrer un &#171; je ne sais quoi &#187; de leur Cr&#233;ateur, telles des perles de ros&#233;e qui, au sein d'une grande prairie ensoleill&#233;e, refl&#232;tent, diapr&#233;es, le soleil du matin. Et l'&#226;me que meut l'Esprit d&#233;chiffre &#233;merveill&#233;e quelques mesures de l'hymne de la cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre elles et les choses les plus minimes qui l'entourent, il s'&#233;tablit une sorte de commerce fraternel, de communion en Dieu. Cela est vraiment r&#233;gner sur la cr&#233;ation. Nous avons recueilli cet aveu sur les l&#232;vres de Laurent de la R&#233;surrection qu'il &#171; se trouvait heureux comme un roi &#187; en ses travaux culinaires. Il avait profond&#233;ment, lui, le sens des petits riens et savait y trouver Dieu. Son biographe nous raconte que &#171; dans tout ce qu'il voyait, dans tout ce qui lui arrivait, il s'&#233;levait en passant de la cr&#233;ature au Cr&#233;ateur &#187; ; et cet exemple surprenant est cit&#233; : &#171; Un arbre qu'il vit sec en hiver le fit tout &#224; coup remonter jusqu'&#224; Dieu et lui en inspira une si sublime connaissance qu'elle &#233;tait encore aussi forte et aussi vive en son &#226;me apr&#232;s quarante ans que lorsqu'il la re&#231;ut &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurions des textes admirables &#224; citer sur cet amour de nos mystiques pour la nature. Sainte Th&#233;r&#232;se dit la joie qu'elle &#233;prouve en son ermitage parce que &#171; de son lit elle peut contempler la rivi&#232;re et les levers de soleil &#187;. Saint Jean de la Croix assiste, lui aussi de l'escalier de son couvent, au spectacle f&#233;erique de l'aurore sur l'Alhambra. Qu'il nous suffise d'avoir simplement touch&#233; cet aspect tr&#232;s consolant de notre spiritualit&#233;. Il vient sinon att&#233;nuer, du moins contrebalancer la s&#233;v&#233;rit&#233; de nos saints vis-&#224;-vis des petits riens, tant que ceux-ci s'opposent au progr&#232;s spirituel. Il nous met en garde contre la contrainte sotte, l'effort exag&#233;r&#233; ; il nous rappelle l'extraordinaire souplesse exig&#233;e des esprits carm&#233;litains &#224; qui l'on demande tour &#224; tour &#8211; quand ce n'est pas simultan&#233;ment &#8211; de tout sacrifier et de se servir de tout pour aimer, et d'aimer toutes choses dans l'Amour. Il y a temps pour tout, en effet, Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus, qui a pouss&#233; l'ing&#233;niosit&#233; du renoncement &#224; ses limites extr&#234;mes &#8211;au point d'en venir &#224; &#171; &#233;prouver un v&#233;ritable amour pour les objets les plus laids et les moins commodes &#187;- savait aussi se livrer &#224; d'innocentes distractions, se pencher avec amour sur les choses pour y chercher un reflet de l'amour de Dieu : car elle &#171; n'&#233;tait pas d'un rigorisme absolu au sujet des satisfactions permises. En cela comme en tout elle proc&#233;dait avec simplicit&#233; et ne refusait pas de b&#233;nir le bon Dieu dans ses &#339;uvres. Elle aimait &#224; toucher les fruits &#8211; la p&#234;che en particulier, admirant sa peau velout&#233;e - de m&#234;me &#224; distinguer entre eux les parfums de leurs. Elle aurait cru p&#233;cher contre la temp&#233;rance en ne jouissant pas, quand elle y &#233;tait attir&#233;e par une pens&#233;e d'amour et reconnaissance envers Dieu, des charmes de la nature, de la musique, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses sont ce que nous les faisons. Ces textes cit&#233;s, si &#233;pisodiques qu'ils soient, &#233;taient n&#233;cessaires pour montrer, apr&#232;s l'expos&#233; des grandes lignes de la spiritualit&#233; carm&#233;litaine, combien celle-ci sait descendre dans le d&#233;tail. Seulement l&#224; encore, dans l'attitude qu'elle nous dicte, elle conserve son cachet personnel, son charme propre : elle est l'amour s'exprimant avec le plus de puret&#233; possible, mais aussi avec une souveraine souplesse et spontan&#233;it&#233;, s'&#233;chappant des petits riens lorsqu'ils risquent de le retenir captif ; s'en servant, au contraire, pour aimer, se laissant enfin captiver par eux lorsqu'ils lui parlent de Dieu : lorsque, occasions de grand amour, ils deviennent pour un moment reflets du grand amour de Dieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La puret&#233; d'intention</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/La-purete-d-intention-2109.html</link>
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&lt;p&gt;L'examen de conscience fid&#232;lement accompli bien qu'avec libert&#233; finit par engendrer dans l'esprit une habitude : celle de se voir vivre. Le rapprochement avec la pratique de la pr&#233;sence de Dieu va de soi ; elle aussi commence par des efforts plus ou moins p&#233;nibles et fr&#233;quemment renouvel&#233;s, conna&#238;t bien des alternatives et finit, avec le temps, par devenir presque continuelle. Ainsi, &#224; la suite de nombreux et loyaux examens, l'esprit acquiert l'habitude de se voir vivre. Alors, ce qui lui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Presence-a-soi-meme-409-.html" rel="directory"&gt;Pr&#233;sence &#224; soi-m&#234;me&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'examen de conscience fid&#232;lement accompli bien qu'avec libert&#233; finit par engendrer dans l'esprit une habitude : celle de se voir vivre. Le rapprochement avec la pratique de la pr&#233;sence de Dieu va de soi ; elle aussi commence par des efforts plus ou moins p&#233;nibles et fr&#233;quemment renouvel&#233;s, conna&#238;t bien des alternatives et finit, avec le temps, par devenir presque continuelle. Ainsi, &#224; la suite de nombreux et loyaux examens, &lt;strong&gt;l'esprit acquiert l'habitude de se voir vivre&lt;/strong&gt;. Alors, ce qui lui co&#251;tait tant jusque-l&#224; devient pour lui un agr&#233;ment et un repos. L'habitude ne donne-t-elle pas une facilit&#233;, une inclinaison joyeuse &#224; reproduire les actes qui l'ont fait na&#238;tre ? A cette lumi&#232;re, on comprend certains textes carm&#233;litains qui, sans cela, surprendraient quelque peu. Ainsi l'avis de Sainte Th&#233;r&#232;se : &lt;strong&gt;&#171; A chacune de tes actions et &#224; chaque heure du jour examine ta conscience &#187;&lt;/strong&gt; ; pour elle qui nous voulait si libre &#224; l'int&#233;rieur de la connaissance de soi, n'est-ce pas beaucoup demander ? Une exigence semblable se retrouve dans les vingt r&#232;gles de perfection donn&#233;es par le Christ &#224; Sainte Marie-Madeleine de Pazzi : &lt;strong&gt;&#171; La premi&#232;re chose que j'exige de toi, c'est que dans toutes tes actions, soit int&#233;rieures soit ext&#233;rieures, tu te proposes cette puret&#233; que je t'ai fait conna&#238;tre et que tu consid&#232;res chacune de tes paroles et de tes &#339;uvres comme si elle devait &#234;tre la derni&#232;res de ta vie &#187;&lt;/strong&gt;. &#201;videmment, il ne s'agit plus alors d'un &#171; exercice &#187; &#224; proprement parler, comme si l'on devait, &#224; chacun de ses actes, se livrer &#224; un effort m&#233;thodique d'examen ; ce serait sombrer dans une analyse d&#233;sesp&#233;rante et nuisible. &lt;strong&gt;Il est question de l'habitude que l'on a acquise de se voir vivre, habitude qui permet, sans effort, de remarquer au passage toutes les imperfections ; il s'agit en un mot de la puret&#233; d'intention.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit du c&#244;t&#233; du sujet, soit du c&#244;t&#233; de Dieu, on comprend qu'il doit en &#234;tre ainsi. La personne gr&#226;ce &#224; ses nombreux efforts, est devenue enti&#232;rement ma&#238;tresse d'elle-m&#234;me. Elle peut chanter avec le psalmiste ce verset si beau qui a &#233;mu S&#339;ur Elisabeth de la Trinit&#233; :&lt;strong&gt; &#171; Mon &#226;me est toujours entre mes mains : qu'est-ce &#224; dire ? sinon cette pleine possession de soi en pr&#233;sence du Pacifique. &#187;&lt;/strong&gt; Possession de soi qui vient de ce que la personne a appris &#224; ne plus se tromper elle-m&#234;me, mais &#224; se conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend que se poss&#233;dant si bien, l'on per&#231;oive maintenant ses moindres tressaillements sans qu'il soit n&#233;cessaire de s'examiner longuement. Tout cela se fait comme au passage ; c'est aussi au passage que l'on demande pardon &#224; Dieu et que l'on se trouve justifi&#233; de ses manquements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas seulement parce qu'une personne est ma&#238;tresse d'elle-m&#234;me qu'elle poss&#232;de une telle puret&#233; d'intention ; c'est encore et surtout parce qu'elle est &lt;strong&gt;inond&#233;e de la lumi&#232;re infuse de Dieu et voit dans cette lumi&#232;re toutes ses imperfections&lt;/strong&gt;. L'&#339;il int&#233;rieur est devenu lumineux selon le d&#233;sir de Notre-Seigneur ; maintenant il &#233;claire tout le champ de la conscience et au sein de cette grande clart&#233; les moindres fautes font tache, elles sont imm&#233;diatement per&#231;ues. &#171; Tel le rayon de soleil qui entre par la fen&#234;tre : tant plus l'air est empli d'atomes et de poussi&#232;res, tant plus ce rayon para&#238;t palpable, sensible et clair &#224; la vue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle puret&#233; d'intention donne de la beaut&#233; aux yeux de Dieu. Et voici la comparaison qui se pr&#233;sente &#224; l'esprit : &#171; La chevelure que l'on peigne fr&#233;quemment restera en bon ordre et sera facile &#224; peigner aussi longtemps que l'on voudra ; l'&#226;me qui contr&#244;le fr&#233;quemment ses motifs, ses dires et ses actes &#8211;ce sont l&#224; ses cheveux- qui agit par amour de Dieu en toute rencontre, aura une chevelure magnifique, et l'&#201;poux portera ses regards sur le cou de sa bien-aim&#233;e, se laissera s&#233;duire &#224; sa vue et se trouvera bless&#233; de ce regard unique qui est la puret&#233; d'intention inspirant tous les actes de l'&#226;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'&#233;tablir dans la v&#233;rit&#233; c'est arriver, par la force de l'habitude, &#224; se d&#233;prendre de tous ces petits mensonges, d&#233;guisements plus ou moins avou&#233;s, familiers m&#234;me aux personnes d'oraison. On mesure le prix d'une telle lib&#233;ration lorsqu'on relit, par exemple, la description que fait Saint Jean de la Croix des d&#233;fauts de ceux qu'il appelle commen&#231;ants. Les sept p&#233;ch&#233;s capitaux reparaissent ici sous un d&#233;guisement d&#233;vot, mais parfaitement reconnaissable chez ces personnes qui, parce qu'elles ne sont pas encore d&#233;finitivement &#233;tablies dans le vrai, se croient bonnes. Seule l'habitude de voir leurs fautes dans la lumi&#232;re de Dieu les am&#232;nera peu &#224; peu &#224; conclure qu'elles ne sont que des &lt;strong&gt;&#171; servantes inutiles &#187;&lt;/strong&gt;. Cela, c'est la v&#233;rit&#233;. Voyez les passages de l'&#201;criture o&#249; se trouve affirm&#233;e la mis&#232;re de l'homme, &#233;coutez ces cris qui ont jailli du plus profond de l'&#226;me des proph&#232;tes lorsqu'un contact avec Dieu les &#233;tablissait dans la v&#233;rit&#233; de leur rien. Abraham suppliant le Seigneur d'avoir piti&#233; des habitants de Sodome s'exprimait ainsi : &#171; Voici que j'ai os&#233; parler au Seigneur, moi qui suis cendre et poussi&#232;re &#187; ; Mo&#239;se, lui, d&#233;couvre qu'il ne sait pas parler ; J&#233;r&#233;mie aussi : &#171; Ah !Ah ! Seigneur Dieu, je ne sais point parler, car je suis un enfant &#187;. Voil&#224; les aveux qui, entre bien d'autres, sont mont&#233;s aux l&#232;vres de ces &#171; voyants &#187; dans les fugitifs moments o&#249; ils sont entr&#233;s en contact avec l'&#233;ternelle v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous serons vrais, nous aussi, la v&#233;rit&#233; nous aura d&#233;livr&#233;s, lorsque nous saurons nous voir vivre en toute loyaut&#233;. M&#233;ditant sur nos fautes, nos faiblesses, nous pressentirons et toucherons par del&#224; ces manquements notre fond de mis&#232;re et de fragilit&#233; ; non pas seulement la mis&#232;re qui vient en nous de la faute originelle et de tous les p&#233;ch&#233;s dont nous portons le poids, mais au del&#224; encore, comme les proph&#232;tes d'Isra&#235;l, notre rien de cr&#233;ature qu'il faut aussi apprendre &#224; savourer. Tout l'esprit du Carmel nous enseigne cette humilit&#233; profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tre dans la v&#233;rit&#233; c'est aussi marcher en elle &lt;/strong&gt; : la lumi&#232;re de Dieu est envahissante. Dans chaque esprit se d&#233;roule, entre les t&#233;n&#232;bres et la lumi&#232;re, cette lutte &#233;pique que Saint Jean d&#233;crit au principe de son &#201;vangile. Nous nous conna&#238;trons p&#233;cheurs de plus en plus, et ce sera cro&#238;tre que de s'ab&#238;mer toujours davantage dans la reconnaissance de notre rien. L'&#234;tre descendant de centre en centre pour trouver Dieu, s'enfonce par le fait m&#234;me dans l'humilit&#233;, sonde sa mis&#232;re, creuse son fond, &#171; se cache dans son n&#233;ant &#187;, comme le dit Saint Jean de la Croix. &#171; Et en cette voie, descendre c'est monter et monter c'est descendre, parce que celui qui s'humilie est exalt&#233; et celui qui s'exalte est humili&#233; &#187;. A mesure que le spirituel se quitte, Dieu l'envahit lentement, prudemment, fait habiter sa force en lui, car Il redoute de m&#233;langer sa gloire &#224; celle des hommes : &#171; Je suis le Seigneur et je ne donnerai pas ma gloire &#224; un autre &#187;. Comment accepterait-il une compromission entre sa gloire si pure et celle de l'homme qui est &#171; comme de l'herbe &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la bonne habitude de l'&#226;me sera cette humilit&#233; profonde qui obligera Dieu &#224; redoubler de pr&#233;venance &#224; son &#233;gard car Il ne sait pas r&#233;sister aux humbles, Il s'&#233;prend d'eux : ceux-l&#224; ont trouv&#233; le chemin de son c&#339;ur. Il suffit pour nous en convaincre de relire l'&#201;vangile : c'est en reconnaissant son indignit&#233; que la Chanan&#233;enne m&#233;rita d'&#234;tre exauc&#233;e :&lt;strong&gt; &#171; c'est vrai, Seigneur ! mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table du ma&#238;tre. &#187;&lt;/strong&gt; Si donc nous voulons courir dans le chemin de la v&#233;rit&#233;, aller de progr&#232;s en progr&#232;s, ne cherchons pas &#224; nous justifier aux yeux du Seigneur, ne lui cachons pas nos fautes, au contraire, montrons-les sans r&#233;pit les faisant crier vers lui, avouons sans cesse : &#171; c'est vrai, Seigneur mais &#8230;. &#187; Nous apprendrons, m&#234;me en tombant, &#224; jeter un cri vers le ciel, un appel qui nous fera aussit&#244;t relever par Dieu. Voil&#224; le secret des parfaits, la raison de leurs ascensions incessantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme d'un tel effort, l'&#226;me se trouvera enti&#232;rement pure, elle retrouvera cette ressemblance avec Dieu qu'elle poss&#233;dait lors de cr&#233;ation : &lt;strong&gt;marcher dans la v&#233;rit&#233;, dans la lumi&#232;re, ce sera devenir tout &#224; fait semblable &#224; Dieu&lt;/strong&gt; &#171; qui est lumi&#232;re et il n'y a point en lui de t&#233;n&#232;bres &#187;. La puret&#233; d'intention, c'est le souhait le l'Ap&#244;tre qui s'accomplit : &#171; Si nous marchons dans la lumi&#232;re, comme il est lui-m&#234;me dans la lumi&#232;re, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de J&#233;sus-Christ son Fils nous purifie de tout p&#233;ch&#233;. &#187; Nous serons alors les vrais fils du &#171; P&#232;re des lumi&#232;res &#187;, &#171; enfants de lumi&#232;re &#187;, rayonnants de son &#233;clat, &#224; Lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La connaissance de soi et l'examen de conscience</title>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

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&lt;p&gt;I - La connaissance de soi La connaissance de soi, pr&#244;n&#233;e par les mystiques du Carmel, a pour but de nous faire d&#233;couvrir notre &#234;tre. C'est l&#224; une science sublime. Jean de Saint Samson le d&#233;clare : &#171; se conna&#238;tre soi-m&#234;me surpasse toute science. Il vaut mieux avoir la science de la beaut&#233; de son &#234;tre propre que de l'excellente nature des anges, de l'&#233;tendue des cieux, des propri&#233;t&#233;s de la terre et des mers&#8230; Tout cela est au dehors, tout ceci est au dedans. &#187; D'un c&#244;t&#233; une science livresque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - La connaissance de soi &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La connaissance de soi, pr&#244;n&#233;e par les mystiques du Carmel, a pour but de nous faire d&#233;couvrir notre &#234;tre. C'est l&#224; une science sublime. Jean de Saint Samson le d&#233;clare : &#171; se conna&#238;tre soi-m&#234;me surpasse toute science. Il vaut mieux avoir la science de la beaut&#233; de son &#234;tre propre que de l'excellente nature des anges, de l'&#233;tendue des cieux, des propri&#233;t&#233;s de la terre et des mers&#8230; Tout cela est au dehors, tout ceci est au dedans. &#187; D'un c&#244;t&#233; une science livresque absorbante, jamais rassasiante, de l'autre cette sublime et simple connaissance &#224; laquelle s'&#233;l&#232;vent ceux qui ont appris &#224; vivre en face de leur &#226;me, au dedans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, on n'acc&#232;de pas d'embl&#233;e &#224; une telle prise de &lt;strong&gt;conscience de soi&lt;/strong&gt;. Elle n&#233;cessite un rude effort. Si nous &#233;tions des anges, nous aurions l'intuition lumineuse de notre r&#233;alit&#233; profonde, nous nous percerions de part en part, d'une seule vue. Notre &#234;tre, au contraire, vit dans la chair, et de m&#234;me que cette condition lui est un obstacle pour voir Dieu, de m&#234;me elle l'emp&#234;che de se voir elle-m&#234;me, de s'&#233;pier pour se conna&#238;tre. Elle doit attendre de saisir au vol les actes dans lesquels se trahiront ses tendances profondes, car c'est aux fruits que l'on juge l'arbre et son degr&#233; de maturit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous aurons donc &#224; pratiquer un exercice pour apprendre &#224; nous conna&#238;tre&lt;/strong&gt;, de m&#234;me qu'il en existe un pour nous conduire &#224; la connaissance de Dieu et &#224; sa pr&#233;sence habituelle : l'examen de conscience ira de pair avec la &lt;strong&gt;pr&#233;sence de Dieu&lt;/strong&gt;. Fid&#232;lement ex&#233;cut&#233;, il nous conduira &#224; une habituelle puret&#233; d'intention qui nous permettra vraiment de demeurer dans la v&#233;rit&#233; et de marcher en elle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - L' examen de conscience&lt;/h2&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1) Les moments propices&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons introduire l'examen de conscience dans notre journ&#233;e, lui trouver une place fixe et quotidienne. Il existe deux moments privil&#233;gi&#233;s o&#249; la tradition de l'&#201;glise propose cet exercice :
&lt;strong&gt;Au milieu du jour&lt;/strong&gt;, car c'est une heure encombr&#233;e de soucis terrestres. La personne qui, le matin, avait commenc&#233; sa journ&#233;e fra&#238;che et joyeuse, peut se laisser envahir par la lassitude. Elle peut donc s'offrir un petit temps pour faire le bilan de son activit&#233; et se reprendre pour continuer sa journ&#233;e sous le regard du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir, nous pouvons aussi &lt;strong&gt;relire notre journ&#233;e &#233;coul&#233;e&lt;/strong&gt;. Avant que vienne la nuit durant laquelle, dit Notre Seigneur, &#171; on ne peut plus travailler &#187; ; &lt;strong&gt;prenons le temps de sanctifier notre journ&#233;e en l'offrant &#224; Dieu&lt;/strong&gt;, en montrant &#224; son amour nos manques, nos d&#233;sirs et les d&#233;faillances de notre &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'examen de conscience est aussi recommand&#233; en d'autres circonstances de la journ&#233;e : &lt;strong&gt;chaque fois que nous approchons de Dieu par la pri&#232;re&lt;/strong&gt;. Un des plus anciens spirituels du Carmel, disciple de Saint Jean de la Croix, consid&#232;re que l'on doit se pr&#233;parer &#224; la pri&#232;re en se posant ces trois questions : &lt;strong&gt;&#171; Qui est ce Dieu &#224; qui je veux pr&#233;senter ma requ&#234;te ? Qui suis-je, moi qui demande ? Quel est l'objet de ma supplique ? &#187;&lt;/strong&gt; C'est peut-&#234;tre un peu syst&#233;matique ; retenons cependant la seconde id&#233;e : Qui suis-je, moi qui vais parler &#224; Dieu ? et la cons&#233;quence pratique : commencer son oraison par un bref examen de conscience. Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila n'enseignait pas autre chose &#224; ses filles : &#171; Pour prier comme il convient, vous savez ce qu'on fait tout d'abord : on examine sa conscience, on r&#233;cite le Confiteor et on fait le signe de la croix. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2) Comment faire cet examen ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas pour nous, durant ce temps, de faire des comptes avec une implacable exactitude. &lt;strong&gt;Le but est de se conna&#238;tre&lt;/strong&gt;, d'une connaissance toute spirituelle ; ce n'est donc pas en mat&#233;rialisant l'exercice que nous pourrons y parvenir. Faire d&#233;filer devant nos yeux toutes les imperfections commises sans en excepter une seule, c'est le plus souvent perdre son temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parcourra les quatre points ordinaires que sont : &lt;strong&gt;les pens&#233;es, les paroles, les actions, les omissions sans d&#233;tails inutiles&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus la personne avancera, plus elle sentira le besoin de faire l'exercice tr&#232;s simplement ; et il est bien consolant de noter que ce sont, comme d'habitude, les plus grands mystiques qui nous donnent les conseils les plus larges. Sainte Th&#233;r&#232;se d&#233;crit la connaissance de soi comme la premi&#232;re demeure du Ch&#226;teau. La personne y p&#233;n&#232;tre par&lt;strong&gt; l'examen de conscience&lt;/strong&gt;. Mais, insiste la sainte M&#232;re, dans cette demeure, il faut &#171; la laisser circuler librement &#187;. Cette libert&#233; est, du reste, un grand principe qui vaut pour toute la vie spirituelle : &#171; Ne contraignez pas, n'encha&#238;nez pas une &#226;me d'oraison. Laissez-la circuler librement dans ces diff&#233;rentes demeures : en haut, en bas, sur le c&#244;t&#233; ; et puisque Dieu lui-m&#234;me l'a faite si noble, qu'elle ne se violente point pour demeurer longtemps dans une m&#234;me pi&#232;ce, f&#251;t-ce celle de la connaissance de soi. &#187; Comme une telle largeur de vue est dilatante !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La le&#231;on de libert&#233; de la sainte M&#232;re doit porter ses fruits.&lt;/strong&gt; Il semble qu'en simplifiant le plus possible nous puissions ramener tout l'exercice de l'examen, tel qu'il est con&#231;u au Carmel, &#224; trois principes.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;a) Apprendre &#224; se regarder en honn&#234;tet&#233;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le premier consiste, durant quelques minutes, &#224; &lt;strong&gt;se regarder sans indulgence comme si l'on &#233;tait jug&#233; par un autre. Cela n'est pas si facile !&lt;/strong&gt; On y arrive pas du premier coup. Il faudra apprendre &#224; faire taire ce besoin de justification si fortement ancr&#233; dans notre nature. Notre Seigneur, dans la parabole du pharisien, a d&#233;crit ce mauvais pli de notre nature : le pharisien ne d&#233;plairait pas &#224; Dieu s'il reconnaissait avec ing&#233;nuit&#233; le bien qui est en lui ; mais sa pri&#232;re est mauvaise parce qu'elle cherche &#224; voiler ses torts et &#224; les cacher sous le manteau du bien accompli. Le publicain, au contraire, crie &#224; Dieu son indignit&#233; parce qu'il s'efforce d'&#234;tre loyal avec lui-m&#234;me. C'est ce dernier que nous devons imiter &#224; l'examen, nous tenant chacun &lt;strong&gt;&#171; comme un accus&#233; au tribunal de Dieu &#187;&lt;/strong&gt;, et non comme quelqu'un qui entreprend sa d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &lt;strong&gt;attitude de loyaut&#233;&lt;/strong&gt; est donc essentielle, qu'elle s'exerce sur tout un ensemble d'imperfections que notre m&#233;moire fid&#232;le nous aura permis de r&#233;v&#233;ler, qu'elle porte sur une ou deux d&#233;faillances plus nettes que nous aurons enregistr&#233;es, ou, comme cela arrive le plus souvent, sur tout cet ensemble vague d'imperfections nourries quotidiennement, ce &#171; troupeau que nous menons pa&#238;tre &#187; &#224; grand souci, selon l'image de Saint Jean de la Croix. En nous accusant loyalement de ce qui nous reviendra en m&#233;moire, nous ferons preuve de cette libert&#233; que Sainte Th&#233;r&#232;se nous conc&#232;de au sein de la connaissance de nous-m&#234;me, tenant compte de nos dispositions du moment, &#171; butinant des imperfections &#187; pour faire avec elles notre miel de componction.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;b) Demandez la lumi&#232;re de la gr&#226;ce divine &lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me principe peut s'exprimer par cette maxime de Saint Jean de la Croix : &#171; Sans vous rien n'aura lieu, Seigneur. &#187; Notre effort sinc&#232;re pour &#234;tre vrai dans la connaissance de nous-m&#234;mes, n'irait pas loin s'il ne nous pr&#233;parait &#224; recevoir une autre lumi&#232;re, la seule qui nous permette de tout voir avec clart&#233; : la lumi&#232;re infuse de Dieu. Jean de J&#233;sus-Marie le savait bien qui enseignait &#224; ses disciples :&lt;strong&gt; &#171; Demandez la lumi&#232;re de la gr&#226;ce divine pour voir vos nombreuses fautes &#187;&lt;/strong&gt;. Oui, qu'une notable partie de notre examen soit consacr&#233;e &#224; demander &#224; Dieu sa lumi&#232;re. Alors, comme un rayon p&#233;n&#233;trant dans une pi&#232;ce obscure r&#233;v&#232;le tout &#224; coup les impuret&#233;s, les poussi&#232;res de l'atmosph&#232;re, qui dansent et tourbillonnent dans sa clart&#233;, ainsi la lumi&#232;re de Dieu, &lt;strong&gt;la clart&#233; d'en-haut nous placera dans notre vrai jour&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut le contact intime avec Dieu pour montrer &#224; l'homme son p&#233;ch&#233; : &#171; Seigneur, va-t'en de moi, je suis un homme p&#233;cheur ! &#187; s'&#233;crie Saint Pierre &#224; la suite de l'intervention miraculeuse du Christ sur le lac. Zach&#233;e, apr&#232;s le passage du Seigneur, para&#238;t se r&#233;veiller d'un long sommeil et d&#233;couvre ses injustices : &#171; Si j'ai fait du tord &#224; quelqu'un en quelque chose, je lui rendrai quatre fois autant. &#187; Le centurion a d'abord accept&#233; que J&#233;sus vienne dans sa demeure pour gu&#233;rir son serviteur ; mais &#224; mesure que le Ma&#238;tre approche, on dirait qu'il prend conscience de ses infid&#233;lit&#233;s au point de lui envoyer dire : &lt;strong&gt;&#171; Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera gu&#233;ri. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc Dieu qui, dans notre examen, par l'invasion de sa lumi&#232;re, nous fera voir nos fautes telles qu'elles sont, nous montrera notre mis&#232;re, ce qui est beaucoup plus pour nous que d'y croire raisonnablement, car&lt;strong&gt; voir notre mis&#232;re c'est la go&#251;ter, la savourer&lt;/strong&gt;. Gr&#226;ce immense de v&#233;rit&#233; ! Les contemplatifs et les saints, ab&#238;m&#233;s dans leur humilit&#233; au point de nous sembler excessifs, voient juste. Les rayons divins tombent &#224; flots sur leur &#226;me et en &#233;clairent les profondeurs les plus secr&#232;tes ; comme des animaux surpris dans leurs repaires, toutes les petites vilenies dont s'accommode l'humaine infirmit&#233; se montrent alors au grand jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean de Saint Samson a bien fait remarquer la diff&#233;rence qui existe entre ce qu'il appelle l'humilit&#233; raisonnable, fruit du raisonnement et l'humilit&#233; fervente qui na&#238;t de la lumi&#232;re infuse de Dieu. La premi&#232;re &#171; s'exerce par la raison persuad&#233;e et convaincue mais elle n'a pas de dur&#233;e. C'est pourquoi il se faut exercer plus par l'amour que par la raison. &#187; On obtient alors l'humilit&#233; fervente par laquelle l'homme demeure ravi dans le silence &#233;ternel, et voit en cet ab&#238;me combien le pouvoir humain est court et limit&#233;. &#187; Telle est &#171; l'humilit&#233; fervente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;c) Se h&#226;ter vers la Vie&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me principe. Un bon examen de conscience est avant tout &lt;strong&gt;tourn&#233; vers l'avenir&lt;/strong&gt;. Le ferme propos de ne plus retomber y occupe une place privil&#233;gi&#233;e ; c'est m&#234;me lui qui est l'essentiel pour Jean de J&#233;sus-Marie : &#171; L'essence de toute cette affaire est la fermet&#233; du propos. &#187; Combien sont st&#233;riles ces moments o&#249; l'&#226;me se consume sans grand profit au souvenir de fautes pass&#233;es, alors que le temps presse, que &#171; la figure de ce monde passe &#187; et tout avec elle, nous invitant &#224; nous h&#226;ter vers la Vie ! Certes, on doit regretter ses fautes, mais avec beaucoup de paix. Le fr&#232;re Laurent de la R&#233;surrection avait ce mot charmant : &#171; Quand je reconnais avoir manqu&#233;, j'en tombe d'accord et je dis : c'est mon ordinaire, je ne sais faire que cela ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; les sentiments qui touchent le c&#339;ur de Dieu ; sentiments admirablement accord&#233;s avec &#171; l'esprit &#187; du Carmel qui nous pousse &#224; faire large la part de la confiance, &#224; peu compter sur nous, m&#234;me &#224; nous r&#233;jouir de notre mis&#232;re. Rappelons-nous la joie de Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus relevant des imperfections en elle peu de temps avant de mourir. Alors, nous ne serons nullement d&#233;courag&#233;s par la vue de nos fautes, mais pleins de confiance en l'avenir ; en nous relevant de notre examen nous croirons entendre Notre-Seigneur nous murmurer l'encouragement qu'il aimait tant prodiguer aux malades gu&#233;ris par lui : &#171; Va et ne p&#232;che plus ! &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>A la suite du Christ avec Marie</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/A-la-suite-du-Christ-avec-Marie.html</link>
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		<dc:date>2019-07-12T12:27:02Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Vivre dans la d&#233;pendance de J&#233;sus-Christ et le servir fid&#232;lement d'un c&#339;ur pur et d'une bonne conscience &#187; R&#232;gle du Carmel C'est par le Christ que nous sommes vraiment en pr&#233;sence de Dieu. C'est en le suivant pas &#224; pas que nous acc&#233;dons &#224; Dieu le P&#232;re dans l'Esprit. Domenikos Theotokopoulos, surnomm&#233; Le Greco, vient d'arriver &#224; Tol&#232;de lorsque, le 2 juillet 1577, l'archidiacre de la cath&#233;drale lui commande ce tableau sur le partage de la tunique du Christ (l'Espolio). Il r&#233;alisera (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Notre-presence-a-Dieu-408-.html" rel="directory"&gt;Pr&#233;sence &#224; Dieu&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Vivre dans la d&#233;pendance de J&#233;sus-Christ &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et le servir fid&#232;lement d'un c&#339;ur pur&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et d'une bonne conscience &#187;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;R&#232;gle du Carmel&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_4569 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L400xH687/el_expolio__por_el_greco-854ce.jpg?1782929659' width='400' height='687' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4569 '&gt;&lt;strong&gt;l'Espolio - El Greco
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est par le Christ que nous sommes vraiment en pr&#233;sence de Dieu. C'est en le suivant pas &#224; pas que nous acc&#233;dons &#224; Dieu le P&#232;re dans l'Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Domenikos Theotokopoulos, surnomm&#233; Le Greco, vient d'arriver &#224; Tol&#232;de lorsque, le 2 juillet 1577, l'archidiacre de la cath&#233;drale lui commande ce tableau sur le partage de la tunique du Christ (l'Espolio). Il r&#233;alisera l'&#339;uvre en l'espace de deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce m&#234;me mois de juillet 1577, Th&#233;r&#232;se d'Avila a commenc&#233;, au Carmel r&#233;form&#233; de Tol&#232;de, la r&#233;daction du &#034; &lt;strong&gt;Livre des Demeures&#034;&lt;/strong&gt;, ouvrage qui est un v&#233;ritable chef-d'&#339;uvre de la tradition spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mois plus tard, Jean de la Croix est arr&#234;t&#233; le 2 d&#233;cembre 1577 &#224; Avila par les Carmes oppos&#233;s &#224; la r&#233;forme du Carmel. Il est conduit au couvent de Tol&#232;de o&#249; il est enferm&#233; dans un cachot durant neuf mois. Il parviendra &#224; s'&#233;vader pour &#233;chapper aux dures conditions de d&#233;tention qui mettaient sa vie en p&#233;ril. Il conna&#238;t durant cette p&#233;riode d'incarc&#233;ration des exp&#233;riences mystiques exceptionnelles et il compose les premiers po&#232;mes qui le classeront parmi les g&#233;nies de la langue espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Christ est l'homme parfait &#034;&lt;/strong&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;comme Fils unique plein de gr&#226;ce et de v&#233;rit&#233;&lt;/em&gt;.&#034; (Jn 1,14) La R&#232;gle du Carmel nous invite &#224; le suivre en toute notre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le suivre, c'est &lt;strong&gt;devenir libre&lt;/strong&gt; &#224; l'&#233;gard de toute attache mat&#233;rielle, affective, voire spirituelle, comme le Christ pauvre, dont toute la richesse est l'amour qu'il a pour Dieu son P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le suivre, c'est &lt;strong&gt;devenir disponible&lt;/strong&gt; &#224; Dieu et aux autres, comme le Christ chaste, lui qui a &#233;t&#233; capable d'amour pour tous parce que son c&#339;ur &#233;tait tout &#224; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le suivre, c'est &lt;strong&gt;d&#233;sirer vivre un amour&lt;/strong&gt; qui engage toute notre existence, comme le Christ ob&#233;issant, lui qui a &#233;t&#233; fid&#232;le jusqu'au bout &#224; l'amour de son P&#232;re pour tous les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi &lt;a href='https://www.carmel.asso.fr/spip.php?page=article&amp;id_article=385'&gt;article 385&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Avec Marie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Vierge Marie nous apprend &#224; apprivoiser la pr&#233;sence de Dieu en nous et autour de nous. Le Carmel se met &#224; l'&#233;cole de cette femme attentive &#224; la mani&#232;re dont Dieu l'interpelle par sa Parole et dans les &#233;v&#232;nements de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#034;Alors Dieu appelle un archange&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;qui se nommait Gabriel&lt;div class='spip_document_328 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L204xH244/moulins_marie-dd5d0.jpg?1782929659' width='204' height='244' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et il l'envoie &#224; une jeune fille&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Qui s'appelait Marie&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et par son consentement&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;S'accomplissait le myst&#232;re &#8230;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Celui qui avait seulement un P&#232;re&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;avait maintenant une M&#232;re&#034; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;strong&gt;Saint Jean de la Croix&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;Dans la rubrique &#171; Saints &#187; : &lt;a href='https://www.carmel.asso.fr/-La-Vierge-Marie-.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la &lt;strong&gt;Vierge Marie&lt;/strong&gt; au Carmel&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu&#234;te de Dieu</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Quete-de-Dieu-2105.html</link>
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		<dc:date>2019-07-12T08:21:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - La recherche de Dieu L'amour a le primat dans la conception carm&#233;litaine de l'oraison, lui seul permet &#224; l'esprit de se lever pour aller &#224; la recherche de Dieu et le rencontrer. Pour aller v&#233;ritablement qu&#233;rir le Seigneur, ne faut-il pas sortir de soi ? Sainte Th&#233;r&#232;se l'affirme : &#171; Quand on ne sent pas la pr&#233;sence de Dieu il faut la chercher comme faisait l'&#233;pouse du Cantique. &#187; C'est bien, en effet, la d&#233;marche de cette femme qu'il s'agit d'imiter : &#171; Levons-nous parcourons la ville, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Notre-presence-a-Dieu-408-.html" rel="directory"&gt;Pr&#233;sence &#224; Dieu&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - La recherche de Dieu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'amour a le primat dans la conception carm&#233;litaine de l'oraison&lt;/strong&gt;, lui seul permet &#224; l'esprit de se lever pour aller &#224; la recherche de Dieu et le rencontrer. Pour aller v&#233;ritablement qu&#233;rir le Seigneur, ne faut-il pas sortir de soi ? Sainte Th&#233;r&#232;se l'affirme : &#171; Quand on ne sent pas la pr&#233;sence de Dieu il faut la chercher comme faisait l'&#233;pouse du Cantique. &#187; C'est bien, en effet, la d&#233;marche de cette femme qu'il s'agit d'imiter : &#171; Levons-nous parcourons la ville, les rues et les places, cherchons Celui que mon c&#339;ur aime. &#187; Seul l'amour op&#232;re vraiment cette sortie de soi, condition sine qua non de la rencontre de Dieu. Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila s'est expliqu&#233;e clairement sur ce point ; on conna&#238;t sa sentence c&#233;l&#232;bre :&lt;strong&gt; &#171; L'avancement de l'&#226;me ne consiste pas &#224; penser beaucoup, mais &#224; aimer beaucoup. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Suivre un chemin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un seul chemin s'offre alors : celui de &lt;strong&gt;l'oraison&lt;/strong&gt;. Sainte-Th&#233;r&#232;se y revient sans cesse dans ses ouvrages. S'adressant &#224; ceux &#171; qui sont d&#233;cid&#233;s &#224; marcher par ce chemin &#187;, elle les encourage &#224; avancer dans cette voie : &#171; Il n'y a pour arriver &#224; la fontaine de la vie divine puis&#233;e dans la rencontre de la contemplation, d'autre chemin que celui-l&#224; &#187; ; et &#171; m&#234;me en route, ne craignez pas de mourir de soif, car il y a toujours des filets d'eau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vaudrait mieux, du reste, parler de chemins au pluriel pour demeurer dans l'esprit de la Sainte qui &#233;crit : &#171; il y a divers chemins pour aller &#224; Dieu, comme il y a diff&#233;rentes demeures dans le ciel. &#187; &lt;strong&gt;Un esprit carm&#233;litain fera donc preuve de libert&#233; &lt;/strong&gt; et sera dans l'esprit de son Ordre en choisissant, selon ses attraits, le ou les chemins sur lesquels se fera la rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ensemble de voies mieux trac&#233;es s'offre d'abord &#224; elle, correspondant &#224; ce qu'on pourrait appeler les m&#233;thodes &#187;, encore qu'au Carmel on n'aime gu&#232;re employer ce mot. Mais ces m&#233;thodes ne sont que de purs moyens d'aimer, souvent des b&#233;quilles utiles pour faire les premiers pas et que l'on jettera lorsque l'on se sentira capable de marcher par soi-m&#234;me ; d'autre fois, un b&#226;ton de voyage que l'on conserve presque jusqu'au bout en s'appuyant &#224; peine sur lui. Plusieurs de nos Saints ont commenc&#233; ainsi dans la vie spirituelle. Th&#233;r&#232;se, de passage chez son oncle &#224; Hortigosa, re&#231;ut de lui un trait&#233; de m&#233;ditation &#224; un moment o&#249; elle &#171; ne sait pas comment s'y prendre pour faire oraison &#187; et, dit-elle, &#171; je commen&#231;ai &#224; m'engager dans le chemin o&#249; mon livre me servait de guide &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dire que les m&#233;thodes ne sont pas, &#224; priori, repouss&#233;es au Carmel, si elles doivent contribuer &#224; la sortie d'amour de soi, aider &#224; rencontrer Celui que nous aimons. Il n'en reste pas moins que les proc&#233;d&#233;s compliqu&#233;s n'y ont jamais &#233;t&#233; en honneur. Il suffit pour nous en convaincre de rappeler la fa&#231;on tr&#232;s large dont Saint Jean de la Croix et Sainte Th&#233;r&#232;se concevaient la m&#233;ditation. D'apr&#232;s eux, elle se r&#233;duit &#224; quelques simples questions que se pose l'intelligence devant le repr&#233;sentation imaginaire, &#233;galement tr&#232;s sobre, d'un myst&#232;re ; le tout s'achevant en un repos amoureux devant Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Docteur mystique, trois parties dans la m&#233;ditation : la premi&#232;re consiste &#224; &lt;strong&gt;se repr&#233;senter dans l'imagination&lt;/strong&gt;, &#224; l'aide de figures concr&#232;tes,&lt;strong&gt; le myst&#232;re sur lequel on veut m&#233;diter.&lt;/strong&gt; Dans la seconde, &lt;strong&gt;l'intelligence approfondit le myst&#232;re ainsi repr&#233;sent&#233;&lt;/strong&gt;. La troisi&#232;me est un &lt;strong&gt;repos attentif et amoureux &#224; Dieu&lt;/strong&gt; ; l'esprit y recueille le fruit des deux premi&#232;res et y &#171; ouvre la porte de l'entendement &#224; l'illumination divine &#187;. Voil&#224; un chemin bien simple qui, par trois marches, conduit l'esprit de l'image &#224; la r&#233;alit&#233; profonde, en passant par le travail mod&#233;r&#233; de l'intelligence ; escalier qui a l'avantage de mener jusqu'au seuil de la rencontre avec Dieu, marqu&#233;e par cette &#171; illumination &#187; dont parle le texte cit&#233;. Comme il est int&#233;ressant de constater que cette m&#233;thode si simple se trouve en accord foncier avec celle que nous pouvons tirer des nombreuses consid&#233;rations de Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila sur l'oraison !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle aussi sugg&#232;re qu'on commence par se repr&#233;senter un myst&#232;re : le plus souvent un &#233;pisode de la vie de J&#233;sus ; Notre Seigneur &#224; la colonne, par exemple. Cette sc&#232;ne, on l'imaginera se d&#233;roulant le plus pr&#232;s possible de nous, en nous-m&#234;mes. Puis, l'imagination fix&#233;e, quelques pens&#233;es tr&#232;s simples repr&#233;senteront le travail de l'entendement : &#171; Il sera bon de discourir quelque temps et de penser aux peines qu'il y souffre, au motif pour lequel il les endure, du travail intellectuel s'op&#232;re au profit de l'affectivit&#233; : &#171; N'allons pas nous fatiguer &#224; poursuivre toujours ces consid&#233;rations, faisons taire le raisonnement et demeurons pr&#232;s du Sauveur. &#187; Nous voici arriv&#233;s &#224; la rencontre dont parlait Saint Jean de la Croix, &#171; la porte est ouverte &#224; l'illumination divine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des personnes &#233;prouvent un besoin imp&#233;rieux de cheminer &#224; leur guise sur le mont de perfection, plus livr&#233;es &#224; elles-m&#234;mes, plus seules, en s'&#233;cartant de ce qui ressemble &#224; une voie battue. C'est pourquoi nos auteurs nous ont propos&#233; d'autres chemins, tout aussi s&#251;rs, pour aller &#224; la rencontre de Dieu, et laissant davantage l'initiative personnelle s'exercer. L'esprit n'aura pas de scrupule &#224; les prendre, ni de remords s'il lui semble parfois faire l'&#233;cole buissonni&#232;re hors des sentiers courus. Il y est encourag&#233; par Sainte Th&#233;r&#232;se qui, la premi&#232;re, a connu et exp&#233;riment&#233; ce &lt;strong&gt;besoin profond de libert&#233;&lt;/strong&gt;. Elle d&#233;clare souvent qu'on doit avoir de l'initiative &#224; l'oraison,&lt;strong&gt; l'esprit &#171; doit, user de vari&#233;t&#233; &#187;&lt;/strong&gt;. Cet esprit n'est-il pas, comme &#171; une &#233;pouse qui a quitt&#233; son &#233;poux il y a bien des ann&#233;es d&#233;j&#224;. A combien de n&#233;gociations ne faudra-t-il pas recourir pour r&#233;soudre &#224; rentrer au domicile conjugal ? Pour rattacher cette pauvre personne &#224; sa propre demeure, il faut user de beaucoup d'adresse et y&lt;strong&gt; aller progressivement&lt;/strong&gt;, autrement on ne fera jamais rien. &#187; Ainsi, gr&#226;ce &#224; &#171; certains attraits et &#224; certaines industries, on l'habite peu &#224; peu sans l'effrayer &#187;.
Une autre raison peut justifier cette libert&#233; : l'art de profiter des moindres circonstances pour aller &#224; Dieu, la souplesse simplement humaine des personnes d'oraison les pr&#233;pare &#224; conna&#238;tre cette autre souplesse surnaturelle qui les livrera &#224; l'action du Saint-Esprit. &lt;strong&gt;Sainte Th&#233;r&#232;se insiste pour qu'on laisse dans l'oraison une porte ouverte &#224; l'initiative divine ; pour cela, il ne faut pas s'enfermer dans une fa&#231;on de faire unilat&#233;rale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1) Autres chemins qu conduisent &#224; la rencontre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voici donc d'autres chemins qui, tous, conduisent &#224; la rencontre d&#233;sir&#233;e :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;a) Une lecture spirituelle&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une simple lecture&lt;/strong&gt;, non engag&#233;e dans une m&#233;thode, mais faite pour elle-m&#234;me. Si l'on a fausse honte &#224; employer ce moyen, on se rappellera qu'il fut la grande ressource de Th&#233;r&#232;se qui, durant de longues ann&#233;es, &#171; n'osait faire oraison sans un livre &#187; ; &#171; le livre venait-il &#224; me manquer, mon &#226;me aussit&#244;t se sentait boulevers&#233;e &#187;. &lt;strong&gt;La lecture est donc la ressource des personnes &#224; qui &#171; Dieu n'a pas donn&#233; le talent de discourir avec l'entendement, ni de se servir utilement de l'imagination &lt;/strong&gt; ; leur voie est tellement p&#233;nible, que si celui qui les dirige les force &#224; rester longtemps en oraison, sans le secours d'un livre, il leur sera impossible d'y pers&#233;v&#233;rer &#187;. Il y a d'ailleurs une mani&#232;re intelligente de se servir du livre, avec grande libert&#233;, car ce n'est qu'un pur moyen, &#171; une compagnie, un bouclier contre les pens&#233;es importunes &#187;. On le traitera donc comme tel, sans s'astreindre &#224; une r&#232;gle fixe : &#171; parfois je lisais un peu, d'autres fois longtemps, c'&#233;tait selon la gr&#226;ce. &#187; Souvent, on devra lever les yeux au-dessus du texte, se servir des mots comme de tremplins pour bondir dans la Foi &#224; la recherche de Dieu, et lorsque la rencontre sera op&#233;r&#233;e, on fermera l'ouvrage devenu inutile.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;b) Une image de pi&#233;t&#233;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les images de pi&#233;t&#233; &lt;/strong&gt; peuvent, elles aussi, &#234;tre d'un grand secours. Th&#233;r&#232;se ne craint pas de l'affirmer : &#171; Une chose qui pourra vous aider c'est d'avoir avec vous une image, un portrait de Notre Seigneur qui soit &#224; votre convenance &#187;. Souhaitons seulement que cette image soit conforme au go&#251;t et au respect qu nous devons aux personnes divines. Si Saint Jean de la Croix s'est tant &#233;lev&#233; contre les images dans certains passages de ses &#233;crits, c'est &#224; cause des terribles abus auxquels elles donnent lieu parfois, devenant comme il le dit, de v&#233;ritables &#171; idoles &#187;. Mais il reconna&#238;t volontiers que &#171; les images et les portraits des saints sont importants pour le culte divin et m&#234;me tr&#232;s n&#233;cessaires pour &#233;mouvoir la volont&#233; et exciter la d&#233;votion envers eux. &#187; Ce qu'il reproche &#224; l'attachement consid&#233;r&#233; aux images, c'est cet &#171; esprit de propri&#233;t&#233; &#187; qui, si souvent, se cache dans leur amour et les emp&#234;che de &#171; prendre leur envol vers Dieu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sainte Th&#233;r&#232;se avait, elle aussi, pr&#233;vu l'&#233;cueil : &#171; Ce portrait de Notre-Seigneur, ayez-le pour vous entretenir fr&#233;quemment avec lui, non pour le porter sur vous sans jamais le regarder. &#187; Les images utilis&#233;es avec cette largeur de vue deviendront pour certaines personnes le&lt;strong&gt; moyen efficace qui fixera l'imagination et permettra le recueillement.&lt;/strong&gt; C'est cette pens&#233;e qui poussait Saint Jean de la Croix &#224; remettre aux moniales le Mont Carmel dessin&#233; de sa main.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;c) La pri&#232;re vocale&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La pri&#232;re vocale. Ce chemin conduit aussi bien qu'un autre &#224; la rencontre divine. &#171; Tandis que vous r&#233;citez le Pater noter ou tout autre pri&#232;re vocale, le Seigneur peut tr&#232;s bien vous mettre en contemplation parfaite. &#187; Pri&#232;re vocale non pas r&#233;cit&#233;e rapidement, bredouill&#233;e, mais &lt;strong&gt;lente, attentive ; on s'arr&#234;te &#224; chaque phrase, &#224; chaque mot&lt;/strong&gt;, d&#232;s que l'un y trouve du go&#251;t, et quand, viennent les distractions on reprend le fil de la pri&#232;re. Th&#233;r&#232;se n'a pas craint de d&#233;clarer : &lt;strong&gt;&#171; Cette mani&#232;re de prier, quoique vocale, recueille l'esprit beaucoup plus rapidement. C'est une oraison qui pr&#233;sente de nombreux avantages. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Jean de la Croix n'&#233;tait pas ennemi de cette fa&#231;on de faire. Voici un trait r&#233;v&#233;lateur : un &#233;tudiant en droit, fort savant, venait d'enter au noviciat de Ba&#235;za ; il demandeun livre. Jean, alors recteur, lui fait remettre un petit papier sur lequel le novice &#233;crira le Pater qu'il m&#233;ditera chaque jour une demi-heure ou une heure. Son compagnon de cellule, Juan de San Pablo, vit ce dernier prostern&#233; en oraison tenant &#224; la main son papier et un petit morceau de bois comme celui sont se servaient les enfants pour &#233;peler. Le novice &#233;prouva une telle joie &#224; &#171; d&#233;chiffrer &#187; ainsi le Pater que, durant plusieurs jours, les larmes coul&#232;rent de ses yeux tels deux &#171; ruisselets &#187;. Les demandes du Pater ne &#171; r&#233;sument-elles pas tout ce qui est requis pour &#234;tre exauc&#233; du P&#232;re &#233;ternel et tout ce qui nous est utile &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus avouera &#224; son tour : &lt;strong&gt;&#171; Quelquefois, lorsque mon esprit se trouve dans si grande s&#233;cheresse que je ne puis en tirer une seule bonne pens&#233;e, je r&#233;cite tr&#232;s lentement un Pater ou un Ave. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;d) Parler en simplicit&#233; avec Dieu&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La conversation avec Notre Seigneur&lt;/strong&gt;, toute simple, sans formule ni protocole, c'est semble-t-il, la forme d'oraison pr&#233;f&#233;r&#233;e par Th&#233;r&#232;se, puisqu'&#224; son avis l'exercice m&#234;me de l'oraison &lt;strong&gt;&#171; n'est autre chose qu'une amiti&#233; intime, un entretien fr&#233;quent seul &#224; seul avec Celui dont nous nous savons aim&#233;s &#187;&lt;/strong&gt;. Conversation tr&#232;s spontan&#233;e ; on doit s'appliquer &#224; rester soi-m&#234;me, &#233;viter le guind&#233;, le conventionnel ; nous faisons part &#224; Notre Seigneur de nos besoins, nous les lui exposons comme un ami, nullement soucieux de la forme ou de la continuit&#233; de l'entretien : &#171; Qu'ils se tiennent en pr&#233;sence de Notre Seigneur J&#233;sus-Christ, que l&#224;, sans effort de l'entendement, ils restent &#224; lui parler, &#224; jouir de sa compagnie ; qu'au lieu de se fatiguer &#224; ordonner un discours, ils se contentent de repr&#233;senter leurs besoins. &#187; Conversation coup&#233;e de longs silences, de regards d'amoureuse contemplation jet&#233;s sur le Christ. Du reste, nous ne lui parlons pas seulement de ce qui nous concerne, mais encore et surtout de ses int&#233;r&#234;ts &#224; Lui qui deviennent les n&#244;tres. Constamment Sainte-Th&#233;r&#232;se s'arr&#234;te pour laisser libre cours &#224; des exclamations comme celle-ci : &#171; Seigneur, combien je suis confuse quand je vous vois en pareil &#233;tat ! Faisons route ensemble ; partout o&#249; vous irez, je veux aller aussi. &#187; Puis, nous nous taisons, savourant le bonheur qu'il y a &#224; se trouver en semblable compagnie :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Il faut se tenir aupr&#232;s de Notre Seigneur dans le silence de l'intelligence. L'&#226;me t&#226;chera de se p&#233;n&#233;trer de la pens&#233;e qu'il la regarde ; elle lui tiendra compagnie. &#187;
&lt;/div&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;e) Les attitudes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Il existe encore d'autres chemins toujours plus courts, des &#171; attitudes &#187; qui, &#224; cause du peu d'effort humain qu'elles supposent, ne sont pas consid&#233;r&#233;es comme des oraisons de d&#233;butants, mais qui, pourtant, peuvent &#234;tre pratiqu&#233;es d&#232;s que l'on y trouvera profit et pour autant de temps que ce profit durera. Si nous distinguons ces comportements &#8211; nous appuyant sur des textes de nos saints - c'est plut&#244;t pour la clart&#233; de l'expos&#233; ; car, en r&#233;alit&#233;, ils se recouvrent plus ou moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A certains jours on viendra &#224; la pri&#232;re avec cette unique pr&#233;occupation de se tenir comme aux &#233;coutes : &#233;couter Dieu ou Notre Seigneur sans rien dire. On se sent le c&#339;ur lourd, on se fatiguerait inutilement en voulant produire des affections ou des &#233;lans et ce serait manque de simplicit&#233;. Tenons-nous alors en silence devant Dieu. Saint-Jean de la Croix le dit : &#171; que la m&#233;moire se taise et soit muette et que seulement l'ou&#239;e de l'esprit soit en silence, tendue vers Dieu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#233;couter Dieu est une bonne m&#233;thode, il sera aussi profitable de consacrer parfois l'oraison &#224; le regarder. Sainte Th&#233;r&#232;se nous a encore propos&#233; ce moyen : &#171; Mes filles, jamais votre &#201;poux ne vous quitte des yeux. Voyez ce qu'il attend de nous, c'est que nous Le regardions. &#187; Alors Il se soumet pour ainsi dire aux dispositions du c&#339;ur : &#171; Il se fait le sujet et vous &#234;tes les souveraines. Il se plie &#224; tous vous d&#233;sirs : &#234;tes-vous dans la joie ? contemplez-Le ressuscit&#233; ; quelle splendeur ! quelle beaut&#233; ! quelle majest&#233; ! &#202;tes-vous sous le poids de la douleur et de la tristesse ? regardez-Le se rendant au jardin des Oliviers ; Il oubliera ses souffrances parce que vous tournez la t&#234;te de son c&#244;t&#233; pour Le regarder. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Jean de la Croix donne un conseil absolument semblable : &#171; Fixez un regard tout d'amour sur Dieu, sans vous pr&#233;occuper d'entendre de sa part quelque chose de distinct. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;f) Pr&#233;sence silencieuse&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Enfin &lt;strong&gt;cultiver simplement dans son c&#339;ur une pr&#233;sence silencieuse&lt;/strong&gt;. Laurent de la R&#233;surrection pratiqua toute sa vie cette oraison qui devait le conduire si haut : &lt;strong&gt;&#171; Mon occupation la plus ordinaire c'est de demeurer en pr&#233;sence de Dieu, avec toute l'humilit&#233; d'un serviteur inutile&lt;/strong&gt;. Au commencement de mon noviciat, pendant les heures destin&#233;es &#224; l'oraison, je m'occupais &#224; me convaincre de la v&#233;rit&#233; de cet &#202;tre divin, plut&#244;t par les lumi&#232;res de la foi que par le travail de la m&#233;ditation et du discours. &#187; Cependant il connut les difficult&#233;s que tout le monde rencontre ; n'a-t-il pas avou&#233; : &#171; qu'il avait souvent pass&#233; l'oraison, dans les commencements, &#224; rejeter les pens&#233;es et &#224; y retomber &#187; ? Mais ayant d&#233;couvert sa fa&#231;on &#224; lui d'aller vers Dieu, il devait doucement poursuivre son chemin jusqu'&#224; la rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes ici au point culminant auquel peuvent mener les sentiers praticables de l'oraison. Ces chemins en apparence si divers semblent tous aboutir &#224; ce sommet que la personne atteint lorsque apr&#232;s une courte pr&#233;paration adapt&#233;e &#224; l'inspiration et aux ressources du moment, elle s'&#233;tablit, pour le temps de la pri&#232;re, dans cette pr&#233;sence, ce calme, ce repos int&#233;rieur travers&#233; de loin en loin de petites clart&#233;s, de bonnes inspirations. C'est l&#224; que nos saints veulent nous mener. Ils savent qu'arriv&#233; &#224; cette conception de la pri&#232;re, si riche dans sa sobri&#233;t&#233;. Pour Th&#233;r&#232;se de Lisieux, l'oraison n'est &#171; &lt;strong&gt; qu'un &#233;lan de l'&#226;me, un regard, un cri &#187;.&lt;/strong&gt; Qu'y a-t-il de plus simple, de plus spontan&#233;, de moins analysable qu'un &#233;lan, un regard, un cri ? Voil&#224; bien le sommet de l'effort humain &#224; l'oraison. La rencontre est d&#233;j&#224; faite ; &lt;strong&gt;Dieu seul peut accomplit davantage dans la personne devenue enti&#232;rement passive.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons signaler ce point important pour demeurer dans la note juste : si les chemins divers que nous avons d&#233;crits aboutissent &#224; la m&#234;me rencontre d'amour, c'est parce qu'il sont trac&#233;s &#224; l'int&#233;rieur d'un grand chemin tr&#232;s s&#251;r qui est le Christ : &#171; On ne peut profiter qu'en imitant le Christ ; personne ne vient au P&#232;re que par Lui. Il dit : Je suis la porte, si quelqu'un entre par moi il sera sauv&#233; &#187; Mais le Christ est encore le chemin qui s'ouvre, la porte franchie : &#171; la Voie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oraison ne vaudra que si elle est fond&#233;e &#171; sur la pierre vive du Verbe &#187;. On ne devra donc jamais, de sa propre autorit&#233;, proscrire syst&#233;matiquement la compagnie de Notre Seigneur. C'est l'enseignement unanime de nos saints. Ils ont souvent constat&#233; par eux-m&#234;mes, comme Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila, les m&#233;faits de cette tentation subtile assez r&#233;pandue parmi les personnes de pri&#232;re. C'est le Christ qui fera l'unit&#233; profonde de toutes les m&#233;thodes signal&#233;es plus haut, m&#233;thodes que nous devons consid&#233;rer comme des chemins trac&#233;s &#224; l'int&#233;rieur d'une seule voie royale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc nous m&#233;ditons, que ce soit avant tout les myst&#232;res de la vie de Notre Seigneur ou de sa Sainte M&#232;re, avec le minimum de mise en sc&#232;ne humaine, nous inspirant &#233;troitement du r&#233;cit de l'&#201;vangile, restreignant progressivement la part de l'imagination, afin de go&#251;ter par connaissance d'amour la profondeur du myst&#232;re, de descendre au fond de cette &lt;strong&gt;&#171; caverne de la pierre &#187;&lt;/strong&gt;. Ne p&#233;n&#233;trons m&#234;me dans le myst&#232;re de Dieu, la Trinit&#233;, que par le Christ, avec Lui et en Lui, Lui seul a autorit&#233; pour nous guider dans les profondeurs de Dieu ; sans Lui, nous courons grand risque de nous perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la personne a besoin de lire, que ce soit de pr&#233;f&#233;rence un ouvrage qui mette en contact avec Notre Seigneur ; l'Imitation par exemple, et surtout l'&#201;vangile.&lt;strong&gt; Lire l'&#201;vangile c'est vraiment &#233;peler le Verbe.&lt;/strong&gt; Les &#226;mes contemplatives ont l'impression de &#171; boire leur Bien-Aim&#233; &#224; longs traits &#187; lorsqu'elles se penchent sur cette source jaillissante qui est &#171; esprit et vie &#187;. Elles finissent par ne plus vouloir &#224; l'oraison d'autre livre que celui-l&#224;, car il contient tout. &#171; Quant &#224; moi, d&#233;clare Sainte-Th&#233;r&#232;se d'Avila, j'ai toujours extr&#234;mement go&#251;t&#233; les paroles de l'&#201;vangile, elles recueillaient mon &#226;me mieux que les livres les plus savamment compos&#233;s. &#187; Sa fille de Lisieux avoue de son c&#244;t&#233; n'avoir d'attrait que pour l'Evangile ; elle pouvait dire &#224; la fin de sa vie : &#171; Pour moi, je ne trouve plus rien dans les livres, &lt;strong&gt;l'Evangile me suffit.&lt;/strong&gt; &#187; Elle avait &#233;crit : &#187; C'est par-dessus tout l'Evangile qui m'entretient pendant mes oraisons ; l&#224;, je puise tout ce qui est n&#233;cessaire &#224; ma pauvre petite &#226;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous prenons, pour aller &#224; Dieu, le chemin de la pri&#232;re vocale, qu'il soit encore trac&#233; dans le Christ. &lt;strong&gt;Aimons les pri&#232;res les plus simples, les plus profondes : ce Pater enseign&#233; par Notre Seigneur lui-m&#234;me, l'Ave dont l'Evangile nous livre les premi&#232;res paroles.&lt;/strong&gt; Nos saints nous donnent l'exemple : on sait l'estime de Saint Jean de la Croix pour le Pater ; quant &#224; Sainte Th&#233;r&#232;se, son admirable commentaire de l'Oraison dominicale contient toute une s&#233;rie de conseils sur l'oraison. Apr&#232;s avoir combattu l'opinion de ceux qui trouvent dangereuse pour des femmes dont l'occupation devrait &#234;tre de filer, et assurent le Pater et l'Ave leur suffisent. Th&#233;r&#232;se r&#233;pond : &#171; Certes oui, cela suffit, je l'affirme moi aussi, mes filles ; et qui pourrait en douter ? il est toujours pr&#233;cieux de donner pour base &#224; notre oraison la pri&#232;re qui est sortie d'une bouche telle que celle de Notre Seigneur ; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que, surtout dans les formes les plus &#233;lev&#233;es d'oraison signal&#233;es plus haut,&lt;strong&gt; le Christ est tout &lt;/strong&gt; ; on ne doit pas le quitter ; c'est avec Lui que nous conversons, c'est Lui que nous &#233;coutons, car &#171; J&#233;sus n'a pas besoin de livres ni de docteurs pour instruire les &#226;mes, Lui de Docteur des Docteurs enseigne sans bruit de paroles. &#187; &lt;strong&gt;Paix, silence d'amour, l'esprit les gardera souvent en face du tabernacle o&#249; veille une pr&#233;sence &lt;/strong&gt; ; ou bien, en s'abandonnant &#224; l'amour r&#233;dempteur, en y croyant : &#171; Il m'a aim&#233; et Il s'est livr&#233; pour moi ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - La rencontre de Dieu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis longtemps d&#233;j&#224;, nous l'avons vu, la rencontre avec Dieu a eu lieu. Nous avons group&#233; des descriptions de l'oraison qui montrent le chemin par opposition au but. Mais en r&#233;alit&#233;, &lt;strong&gt;on trouve Dieu d&#232;s qu'on a commenc&#233; de le chercher&lt;/strong&gt;,&lt;strong&gt; et m&#234;me, selon le mot de Pascal, on ne se met en marche pour le chercher que lorsqu'on l'a d&#233;j&#224; trouv&#233;&lt;/strong&gt;. D&#232;s ses premiers pas, la personne d'oraison atteint Dieu et Le poss&#232;de &#224; la mesure de sa capacit&#233;. Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila remarque qu'avant m&#234;me d'arriver &#224; la fontaine de la contemplation o&#249; ils s'abreuvent &#224; longs traits, les spirituels rencontrent sur le chemin des &#171; filets d'eau &#187; qui suffisent pour lors &#224; &#233;tancher leur soif. C'est dire qu'ils go&#251;tent d&#233;j&#224; Dieu. Cet aspect de l'oraison a une grande importance au Carmel o&#249; l'on cherche &#224; faire si large la part de l'exp&#233;rimental, de l'infus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AME sait cependant qu'elle ne peut, par sa propre industrie, se procurer cet ineffable contact avec Dieu ;&lt;strong&gt; il n'y a pas de technique, de recette pour arriver &#224; la contemplation.&lt;/strong&gt; Sainte Th&#233;r&#232;se a des remarques tr&#232;s fines &#224; propos des personnes qui s'interdisent m&#234;me de respirer dans l'espoir de provoquer ou de faciliter la rencontre d'amour : &#171; On voudrait que le corps f&#251;t immobile, parce qu'il semble que cette paix dont on jouit va s'&#233;vanouir ; aussi l'on n'ose se remuer. On ne parle qu'avec peine&#8230; Ces personnes sont tent&#233;es de croire qu'elles pourront retenir (ce plaisir) et, pour cela, elles ne voudraient pas m&#234;me respirer. C'est de la simplicit&#233;&#8230; Cette faveur est ind&#233;pendante de nos efforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au Carmel toute personne, sans se livrer &#224; ces excentricit&#233;s, a certainement le droit d'esp&#233;rer &lt;strong&gt;rencontrer un jour Dieu de fa&#231;on savoureuse dans la contemplation&lt;/strong&gt;. Un de nos vieux textes : L'institution des premiers Moines encourage ce d&#233;sir, qui doit rester humble, dans un commentaire spirituel de la parole entendue par le proph&#232;te Elie : &#171; Tu boiras de l'eau du torrent. &#187; saint Jean de la Croix commente pour ses disciples le pr&#233;cepte du Ma&#238;tre : &#171; Frappez et l'on vous ouvrira &#187;, en ces termes riches de promesses : &#171; Cherchez par la lecture, vous trouverez gr&#226;ce &#224; la m&#233;ditation ; appelez par la pri&#232;re, et on vous ouvrira par la contemplation &#187; Dieu fait les premiers pas, dit encore le Saint : &#171; C'est vous qui vous d&#233;couvrez le premier : vous venez au devant de qui vous d&#233;sire. &#187; Il va v&#233;ritablement &#224; notre rencontre ; il sait admirablement traiter avec nous en chacun de ces contacts, nous conduisant, par une gradation merveilleuse, des premi&#232;res caresses sensibles aux &#233;treintes beaucoup plus substantielles et cach&#233;es des supr&#234;mes visites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au d&#233;but, il se montre maternel&lt;/strong&gt; afin d'encourager la pauvre voyageuse &#224; poursuivre son chemin. Si elle n'&#233;tait attir&#233;e par l'app&#226;t des consolations sensibles, elle s'effraierait, tournerait court peut-&#234;tre, tant elle est encore engag&#233;e dans les sens, proche de la terre. Dieu agit donc tr&#232;s doucement avec elle &#171; la caressant comme une m&#232;re amoureuse fait &#224; son tendre enfan&#231;on, lequel elle &#233;chauffe dans son sein, le nourrit d'un lait savoureux, de mets d&#233;licats et doux, le porte entre ses bras et lui faire mille caresses &#187;. Ineffable tendresse fort utile au commen&#231;ant qui se sent ainsi retenu comme dans des bras de chair. La personne se trouve r&#233;confort&#233;e ; elle go&#251;te beaucoup celle des m&#233;thodes qu'elle a choisie, quand elle ne les essaye pas toutes pour en savourer les charmes. Et d&#233;j&#224;, au milieu des d&#233;lices sensibles, se glissent, pour reprendre une expression de Saint Jean de la Croix, de &#171; petites bouch&#233;es de contemplation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la personne est docile &#224; p&#233;r&#233;griner vers le Seigneur, elle ne se contente pas des &#171; filets d'eau &#187; rencontr&#233;s sur la route ; elle d&#233;sire ardemment arriver &#224; la fontaine et s'oriente vers la rencontre spirituelle de la vraie contemplation, rencontre qui se fait beaucoup plus haut, dans le domaine de l'esprit. Cette fois, Dieu l'&#233;l&#232;ve jusqu'&#224; lui au lieu de s'abaisser &#224; traiter avec elle ; &#171; ce n'est plus elle qui re&#231;oit, mais plut&#244;t c'est elle qui est re&#231;ue en l'esprit divin &#187;. Pour arriver &#224; une telle rencontre, il faut t&#244;t ou tard la sevrer : &#171; A mesure que l'enfant croit, la m&#232;re le s&#232;vre de ses caresses et, cachant son tendre amour, met de l'alo&#232;s amer sur son sein, et le faisant descendre de ses bras, le met &#224; terre pour le faire marcher afin que, perdant les propri&#233;t&#233;s de l'enfance, il s'adonne aux choses plus grandes et qui ont plus de substance. &#187; Le Seigneur se cache, laisse la personne marcher seule sur une voie qui devient en m&#234;me temps escarp&#233;e. La pauvre, toute d&#233;sol&#233;e, regrette ce compagnon avec lequel il faisait si non cheminer, et qui, sans effort de sa part, lui ouvrait les &#201;critures, lui montrait ses tr&#233;sors. Maintenant, elle va, anxieuse, &#224; la recherche d'un &#234;tre qui se d&#233;robe sans cesse. Quelque chose d'irr&#233;m&#233;diable s'est accompli. Sans doute &#8211;&lt;strong&gt;elle le sent- elle retrouvera plus tard son Dieu&lt;/strong&gt;, mais non plus de la m&#234;me fa&#231;on, Il ne sera plus pour elle une tendre m&#232;re, au moins habituellement. Mais elle sentira une telle intimit&#233; avec cet Ami retrouv&#233; qu'elle aura l'audace de la comparer &#224; un &#233;poux, qui lui aura co&#251;t&#233; bien de la peine &#224; conqu&#233;rir et elle sera tent&#233; de dire comme S&#233;phora &#224; Mo&#239;se : &#034;Vous m'&#234;tes un &#233;poux de sang.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, elle va &#224; sa recherche. C'est le moment de choisir un chemin plus direct, de simplifier son oraison, d'adopter l'une des formes d&#233;pouill&#233;es signal&#233;es en ces pages lecture tr&#232;s lente, simple regard d'amour, attente patiente aux &#233;coutes de Dieu. Marche lass&#233;e, mais paisible ; ascension sur une terre aride et sans eau&#8230; Combien, &#224; ce moment, se d&#233;solent, s'imaginent que la rencontre n'aura jamais lieu, alors qu'ils en vivent d&#233;j&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la consolation de ceux qui croient perdre leur temps &#224; l'oraison, rappelons que les plus grands contemplatifs sont bien souvent ceux que Dieu a laiss&#233;s le longtemps cheminer dans la s&#233;cheresse, ceux m&#234;me qui n'ont jamais cru savoir faire oraison. Sainte Th&#233;r&#232;se s'estimait inf&#233;rieure aux autres personnes parce qu'incapable de m&#233;diter : &#171; Le Seigneur, en effet, ne m'a pont donn&#233; le talent de discourir &#224; l'aide de l'intelligence, ni de me servir avec profit de l'imagination. Cette facult&#233; est m&#234;me tellement inerte en moi que, malgr&#233; tous mes efforts, je ne pouvais jamais me repr&#233;senter Notre Seigneur. Sans doute, ceux qui ne peuvent discourir avec l'entendement arrivent plus vite &#224; la contemplation, s'ils pers&#233;v&#232;rent ; mais c'est l&#224; une voie tr&#232;s difficile et tr&#232;s p&#233;nible &#187;. Laurent de la R&#233;surrection avoue &#171; n'avoir jamais su faire l'oraison de r&#232;gle, et qu'il avait souvent pass&#233; toute son oraison &#224; rejeter les pens&#233;es et &#224; y retomber ; il demeurait plus sec dans ses retraites. &#187; Voil&#224; qui est bien consolant ! Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant J&#233;sus n'a jamais eu, non plus, d'attrait pour &#171; les belles pri&#232;res &#187;&#8230; et que d'aveux d'aridit&#233; sous sa plume, qu'il s'agisse des actions de gr&#226;ces d&#233;sol&#233;es ou des oraisons, c'est toujours &#171; le pain quotidien d'une am&#232;re s&#233;cheresse &#187;. Cependant, qui douterait que ces personnes, au moment m&#234;me de leur plus grande aridit&#233;, n'aient pleinement rencontr&#233; Dieu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous trouvons Dieu dans la foi avec beaucoup plus de puret&#233; que si nous le touchions de fa&#231;on sensible&lt;/strong&gt; ; alors nous quittons la &#171; mani&#232;re basse &#187; de traiter avec lui ; la rencontre se fait comme dans une brume l&#233;g&#232;re ; sans attirer son attention, le Christ &#171; passe vite &#187; &#224; c&#244;t&#233; de l'&#234;tre &#171; en r&#233;pandant mille gr&#226;ces &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le d&#233;but de l'activit&#233; contemplative est si t&#233;nu qu'il &#233;chappe &#224; l'attention ; le clair rayon de lumi&#232;re divine n'est pas vu. Ne ressemble-t-il pas &#224; &#171; une vapeur d&#233;licate et suave qui na&#238;t de la chaleur du feu de la m&#233;ditation &#187; ? Force est alors &#224; la personne qui n'a rien per&#231;u ni senti, de juger avec bon sens de son oraison d'apr&#232;s les fruits produits ; se sent-elle, si peu que ce soit, occup&#233;e durant sa pri&#232;re, nourries au moment o&#249; elle en sort, et d&#233;sireuse de bien faire ? Elle a rencontr&#233; Dieu. Si elle se trouve incapable de faire de telles constations, qu'elle examine loyalement son attitude au cours de la journ&#233;e. Elle remarquera bien, &#224; de l&#233;gers indices, que son d&#233;sir de servir Dieu se fait intense, qu'elle m&#233;prise davantage le monde, qu'elle aime demeurer dans la retraite et le recueillement : ce sont les fameux &#171; signes &#187; que Saint Jean de la Croix donne &#8211;avec d'autres ma&#238;tres de la vie spirituelle- comme d&#233;cisifs pour marquer le passage de la m&#233;ditation &#224; la contemplation. Ce sont eux qui permettront de conclure que l'on a trouv&#233; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour cette rencontre deviendra perceptible. La personne s'habituant &#224; sa nouvelle mani&#232;re d'aimer le Seigneur et de l'&#233;treindre dans la foi, s'entendra appeler au dedans d'elle-m&#234;me. Car &#224; ses amis Dieu &#171; comme un bon pasteur fait entendre sa voix et par un sifflement si doux qu'ils le saisissent &#224; peine, il les invite. &#187; C'est l'entr&#233;e consciente dans la vie contemplative ; &#171; une porte s'ouvre en plein ciel ! &#187; et la personne est convi&#233;e &#224; retrouver, apr&#232;s avoir franchi cette porte, Celui qu'elle pensait avoir perdu en chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que le Christ ne puisse se cacher davantage &#233;prouvant trop de peine de la recherche anxieuse de celle qui l'aime. Il lui fait go&#251;ter alors la douceur d'une nouvelle rencontre en l'&#233;tablissant peu &#224; peu dans cette oraison que Sainte Th&#233;r&#232;se a si bien d&#233;crite sous le nom &lt;strong&gt;d'oraison de qui&#233;tude&lt;/strong&gt; : &#171; Les facult&#233;s rentrent au dedans d'elles-m&#234;mes pour mieux savourer le plaisir dont elles jouissent ; elles ne sont cependant ni suspendues ni endormies. La volont&#233; seule se trouve occup&#233;e et, sans savoir comment, elle se rend captive, elle se laisse emprisonner par Dieu, bien assur&#233;e de tomber au pouvoir de Celui qu'elle aime. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;treinte est encore l&#233;g&#232;re ; la personne pourrait s'en d&#233;gager et elle doit parfois, au cours de cette oraison, lutter avec son imagination ou son intelligence qui, elles, ne sont pas captiv&#233;es avec la m&#234;me force que la volont&#233;. Mais elle sent cependant que ce repos surnaturel lui donne Dieu. Elle l'a rencontr&#233;e et, cette fois, elle s'en rend compte : il se tient &#224; ses c&#244;t&#233;s. &#171; Le Seigneur veut, dans sa magnificence, lui faire comprendre qu'il est tout pr&#232;s d'elle, si pr&#232;s qu'elle n'a plus besoin de lui envoyer de messagers. &#187; &#171; Impossible pour elle de douter que Dieu n'ait pas &#233;t&#233; pr&#233;sent en elle. &#187; Nous trouvons d&#233;j&#224; en germe dans cette oraison les deux caract&#232;res qui iront se d&#233;veloppant dans les formes sup&#233;rieures : une certaine absorption des sens, &lt;strong&gt;une exp&#233;rience de la pr&#233;sence de Dieu&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se d&#233;roulent de nouvelles alternatives de rencontre et de recherche anxieuse, et Dieu se livrera davantage. Il ne passera pas seulement &#224; la d&#233;rob&#233;e, comme durant les s&#233;cheresses, il ne demeurera pas seulement un temps plus ou moins long &#224; c&#244;t&#233; d'elle, comme pendant l'oraison de qui&#233;tude ; il se l'unira &#233;troitement. On dirait qu'Il n'y tient plus. La personne conna&#238;t alors l' &#171; union &#187; que Sainte Th&#233;r&#232;se nous permet de d&#233;sirer tant ses effets sont profitables. &#171; Quelle r&#233;compense ! s'&#233;crit la Sainte. Un seul moment suffit &#224; d&#233;dommager de toutes les peines d'ici-bas. Tandis que la personne cherche ainsi son Dieu, elle se sent d&#233;faillir presque tout enti&#232;re avec un plaisir extr&#234;me. La respiration manque, les yeux se ferment, les sens ne sont d'aucune utilit&#233;, toutes les forces ext&#233;rieures d&#233;faillent, mais celles de l'esprit s'en accroissent d'autant. &#187; La rencontre a eu lieu pleinement : fusion &#233;troite de l'&#234;tre et de toutes ses puissances avec le Christ, qui d&#233;clare &#224; la Sainte, en parlant de cet &#233;tat : &lt;strong&gt;&#171; Ce n'est plus elle qui vit, c'est moi qui vis en elle. &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tels sont donc les deux aspects de l'oraison d'union : suspension de toutes puissances : certitude v&#233;cue de la pr&#233;sence de Dieu en soi. Apr&#232;s, il n'y a plus qu'une diff&#233;rence de degr&#233; entre cette rencontre d&#233;j&#224; si haute et les contacts ineffables que pourrait encore conna&#238;tre cette personne si elle &#233;tait appel&#233;e &#224; une vocation mystique : ravissements, extases&#8230; gr&#226;ces que nous devons plut&#244;t admirer que d&#233;sirer pour notre compte, car nous sommes ici dans un domaine o&#249; nul d&#233;sir ne forcera la main de Dieu qui a piti&#233; de qui il a piti&#233; et ne rend de compte &#224; personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &#224; une altitude presque inaccessible, c'est &lt;strong&gt;l'union permanente avec Dieu &lt;/strong&gt; que Sainte Th&#233;r&#232;se s'est plu &#224; comparer &#224; un &#171; mariage &#187; tout spirituel parce qu'elle rend l'&#234;tre &#171; un esprit &#187; avec Dieu. M&#234;me &#224; ces hauteurs, qu'il fait bon parfois consid&#233;rer avec admiration comme on contemple des sommets, l'&#233;pouse de Dieu, conna&#238;t encore des faveurs qui l'&#233;l&#232;vent pour un temps au-dessus de sa condition de voyageuse. Saint Jean de la Croix nous d&#233;crit certains de ces investissements int&#233;rieurs dans l'esprit d&#233;j&#224; consomm&#233; par l'Esprit Saint, et il les appelle des rencontres : &#171; Le Seigneur pour consommer cette perfection et la d&#233;livrer elle-m&#234;me de la chair, produit en elle, sous forme de rencontres, ces investissements divins e glorieux, car ce sont l&#224; v&#233;ritablement des rencontres &#224; l'aide desquelles Il p&#233;n&#232;tre toujours plus avant dans la substance de l'&#226;me pour la d&#233;ifier davantage. Il l'a rencontr&#233; et transperc&#233;e vivement par l'action du Saint-Esprit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s de telles gr&#226;ces, l'esprit n'est pas encore rassasi&#233; ! Quels horizons une telle d&#233;claration nous ouvre sur son immensit&#233; ! D&#233;ifi&#233; au point o&#249; le Cantique Spirituel le d&#233;crit, il continue &#224; soupirer apr&#232;s Dieu et lui demande de &#171; d&#233;chirer la toile qui s'oppose &#224; la douce rencontre &#187; ! Il appelle la mort. Seule, celle-ci pourra rompre les liens si tenus qui relient encore l'esprit &#224; la chair. Lorsque cette toile l&#233;g&#232;re, &#224; travers laquelle filtrent d&#233;j&#224; les premiers rayons de la gloire, sera d&#233;chir&#233;e, la rencontre de Dieu et de l'&#226;me, poursuivie sans rel&#226;che durant les oraisons silencieuses d'ici-bas, sera accomplie pour l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les modes de la pr&#233;sence de Dieu</title>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - Dieu pr&#233;sent dans le c&#339;ur Nous vivons en pr&#233;sence de la plus grande r&#233;alit&#233; qui soit et il n'y a aucune distance entre elle et nous. Car Dieu est notre fond le plus intime ; c'est en nous qu'il faut Le chercher. Il y est comme notre cr&#233;ateur, comme ce milieu nourricier dans lequel nous puisons &#171; l'&#234;tre, le mouvement et la vie &#187;. Il y est aussi lorsque nous sommes en gr&#226;ce avec Lui, &#224; titre d'ami, d'intime. Dieu demeure cach&#233; en l'esprit, et c'est l&#224; que doit le chercher le vrai (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Notre-presence-a-Dieu-408-.html" rel="directory"&gt;Pr&#233;sence &#224; Dieu&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Dieu pr&#233;sent dans le c&#339;ur &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons en pr&#233;sence de la plus grande r&#233;alit&#233; qui soit et il n'y a aucune distance entre elle et nous. Car &lt;strong&gt;Dieu est notre fond le plus intime&lt;/strong&gt; ; c'est en nous qu'il faut Le chercher. Il y est comme notre cr&#233;ateur, comme ce milieu nourricier dans lequel nous puisons &#171; l'&#234;tre, le mouvement et la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y est aussi lorsque nous sommes en gr&#226;ce avec Lui, &#224; titre d'ami, d'intime. &lt;strong&gt;Dieu demeure cach&#233; en l'esprit&lt;/strong&gt;, et c'est l&#224; que doit le chercher le vrai contemplatif. Or, pour trouver ainsi Dieu en soi, il faut, selon la doctrine expos&#233;e dans la vive flamme de Jean de la Croix p&#233;n&#233;trer toujours plus avant, par l'amour, &lt;strong&gt;dans le centre intime du c&#339;ur&lt;/strong&gt;, car ce centre c'est Dieu. Plus il poss&#232;de de degr&#233;s d'amour, plus il p&#233;n&#232;tre dans les profondeurs de Dieu et se concentre en Lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il va de soi que Dieu, en m&#234;me temps qu'il est cach&#233; au fond de notre c&#339;ur se trouve en dehors de nous, aussi intime &#224; tous les &#234;tres qui nous entourent qu'&#224; nous-m&#234;mes, car c'est en Lui que tout a &#233;t&#233; fait et que tout subsiste. &#171; Dieu, dit Saint Jean de la Croix, demeure en toutes les c&#339;urs, f&#251;t-ce celui du plus grand p&#233;cheur du monde et y est pr&#233;sent en substance. Cette mani&#232;re d'union est toujours entre Dieu et toutes les cr&#233;atures, selon laquelle Il conserve leur &#234;tre, de sorte que si elle venait &#224; manquer, elles s'an&#233;antiraient aussit&#244;t et ne seraient plus &#187;. Nous sommes donc environn&#233;s par Lui de toute part. Dieu est ainsi pr&#233;sent &#224; l'infini autour de nous, beaucoup mieux qu'un vaste oc&#233;an dont on apercevrait les cr&#234;tes moutonnantes &#224; l'horizon ; Il remplit les limites de ce monde, mais Il n'est pas circonscrit par lui, Il ne cesse pas d'&#234;tre avec les derni&#232;res vapeurs de la derni&#232;re n&#233;buleuse. Par del&#224; l'infini mat&#233;riel et quantitatif, l'infini de l'esprit pur recommence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu est l&#224; o&#249; Il agit avec toute la richesse de sa vie et de son myst&#232;re : &#171; Il y a dans les cr&#233;atures une si grande abondance de charmes, de qualit&#233;s et de beaut&#233;s re&#231;ues qu'elles semblent &#234;tre toutes v&#234;tues d'une splendide beaut&#233; naturelle, d&#233;riv&#233;e et communiqu&#233;e de l'infinie beaut&#233; surnaturelle du visage m&#234;me de Dieu, dont le regard rev&#234;t de beaut&#233; et de joie le monde et tous les cieux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Le Tout pr&#233;sents&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jean de la Croix ajoute un troisi&#232;me mode de pr&#233;sence : Dieu est encore dans les &#234;tres par pr&#233;sence, parce qu'il les voit. Le vrai Dieu est partout comme quelqu'un qui voit et regarde. Combien cette consid&#233;ration devrait nous &#233;mouvoir et nous obliger &#224; &lt;strong&gt;cultiver davantage sa pr&#233;sence&lt;/strong&gt; ! Car on peut &#224; la rigueur se d&#233;sint&#233;resser d'une pr&#233;sence indiff&#233;rente ; le hasard ne nous met-il pas sans cesse &#224; c&#244;t&#233; d'inconnus qui ne songent pas &#224; nous ? Leur regard vague ne se pose pas sur nous et nous n'en avons cure. Mais que quelqu'un se mette &#224; nous d&#233;visager avec insistance, nous ne pouvons plus demeurer neutres ; sans m&#234;me avoir lev&#233; les yeux, nous nous sentons magn&#233;tis&#233;s et nous r&#233;pondons par un regard &#224; ce regard. Eh bien ! disons-nous que la supr&#234;me r&#233;alit&#233;, Celui qui est, nous consid&#232;re &#224; chaque instant avec une extr&#234;me insistance, nous d&#233;visage v&#233;ritablement. C'est encore peu dire : &#171; d&#233;visager &#187; est le propre de l'homme qui ne peut aller plus loin quand il contemple son semblable : l'homme regarde au visage ; le regard de Dieu, au contraire, va plus profond&#233;ment, jusqu'au c&#339;ur. Il nous traverse, mille fois plus aigu que ces redoutables rayons qui projettent sur l'&#233;cran nos organes les plus cach&#233;s et les saisissent dans leur fonctionnement. Le regard de Dieu n'a m&#234;me pas &#224; nous traverser, puisqu'il se pose sur nous de partout : de l'ext&#233;rieur, de l'int&#233;rieur, de chacune des parcelles de notre &#234;tre, car Il est partout tout entier pr&#233;sent ; aucune cr&#233;ature ne peut se rendre invisible &#224; Dieu ; au contraire &#171; tout est nu et ouvert devant Lui &#187;. Saint Jean de la Croix met ces paroles dans la bouche de la Bien-Aim&#233;e : &#187;Vos yeux imprimaient en moi votre gr&#226;ce&#8230; Depuis que vos yeux se sont fix&#233;s sur moi, vous avez laiss&#233; en moi la gr&#226;ce et la beaut&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu a pris une chair semblable &#224; la n&#244;tre et, comme s'il n'&#233;tait pas satisfait de ce grand regard spirituel qui lui avait permis jusque-l&#224; d'envelopper ses cr&#233;atures et de les sonder, Il s'est mis &#224; les consid&#233;rer d'une fa&#231;on sensible. L'&#201;vangile le dit &#224; propos du jeune homme riche : &#171; J&#233;sus l'ayant vu , l'aima &#187;. D&#233;sormais, un autre regard, lumineux et doux, tamis&#233; par la chair, nous poursuit avec tendresse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Notre pr&#233;sence &#224; Dieu</title>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

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&lt;p&gt;La pr&#233;sence de Dieu a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e de tout temps comme le grand sujet de m&#233;ditation qui pr&#233;pare l'esprit &#224; go&#251;ter l'intimit&#233; divine. Le Carmel accorde une grande importance &#224; l'exercice de la pr&#233;sence de Dieu &#224; la suite du proph&#232;te Elie qui se tenait &#171; en face de Dieu vivant &#187;. I - Comment se pr&#233;occuper de la pr&#233;sence de Dieu ? Il ne s'agit pas de la r&#233;aliser dans son c&#339;ur, &#224; grand effort, puisqu'elle existe, m&#234;me quand nous n'y prenons pas garde. Notre travail ne doit pas consister &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pr&#233;sence de Dieu a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e de tout temps comme le grand sujet de m&#233;ditation qui pr&#233;pare l'esprit &#224; go&#251;ter l'intimit&#233; divine. Le Carmel accorde une grande importance &#224; l'exercice de la pr&#233;sence de Dieu &#224; la suite du proph&#232;te Elie qui se tenait &#171; en face de Dieu vivant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Comment se pr&#233;occuper de la pr&#233;sence de Dieu ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de la r&#233;aliser dans son c&#339;ur, &#224; grand effort, puisqu'elle existe, m&#234;me quand nous n'y prenons pas garde. Notre travail ne doit pas consister &#224; la cr&#233;er artificiellement mais simplement &#224; en &lt;strong&gt;prendre conscience&lt;/strong&gt;. Cela se fera par &#233;tapes : nous consid&#232;rerons d'abord que nous sommes envahis par cette immense r&#233;alit&#233; divine, entour&#233;s par elle de toutes parts. Puis, nous nous dirons que &#034;Celui qui est&#034; ne se contente pas d'une pr&#233;sence indiff&#233;rente Il nous regarde sans cesse. Nous ne pouvons pas malheureusement songer r&#233;pondre &#224; ce regard par un regard, car nous sommes comme des aveugles vis-&#224;-vis de Dieu ; il ne nous est pas donn&#233; de le fixer dans les yeux. Force nous sera d'aller vers Lui en utilisant mille moyens qui iront en se simplifiant. Imitant le t&#226;tonnement des aveugles, nous emploierons comme eux la parole, grand moyen de ceux qui ne voient pas pour demeurer en pr&#233;sence de l'autre. Finalement, si nous sommes fid&#232;les, nous arriverons &#224; &#034;voir sans voir&#034; et, dans la p&#233;nombre de la foi, la face de Dieu s'illuminera pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Nous sommes aveugles ! &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Impossible de consid&#233;rer Dieu les yeux dans les yeux , de rencontrer son regard une fois pour toutes et puis de ne plus le quitter, fascin&#233;s par son &#233;clat ; et cependant c'est ainsi que les choses se passeraient si nous pouvions le voir &#224; visage d&#233;couvert ; nous resterions fix&#233;s dans la vision sans avoir la moindre vell&#233;it&#233; de baisser les yeux et de nous reprendre. Mais sur terre nous ne voyons la divinit&#233; qu'en &#233;nigme et par ses rayons r&#233;fl&#233;chis dans le miroir. C'est la doctrine largement expos&#233;e par Saint Jean de la Croix et, du reste, puis&#233;e &#224; des sources plus anciennes : &#171; Aristote a dit que, comme les yeux de la chauve-souris se comportent envers le soleil qui les met totalement en t&#233;n&#232;bres, ainsi notre intelligence se porte &#224; l'&#233;gard de ce qui est le plus lumi&#232;re en Dieu qui est totalement t&#233;n&#232;bres pour nous. Dieu &#233;blouissant en lui-m&#234;me, rayonnant dans le domaine spirituel, vrai &#171; soleil des esprits &#187; comme l'appelle Saint Augustin, est pour nous , &#224; cause m&#234;me de son &#233;clat, une t&#233;n&#232;bre opaque. &lt;strong&gt;Le regard divin est pour nous invisible.&lt;/strong&gt; Nous sommes oblig&#233;s de marcher sous son obscur rayonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous agirons donc en aveugles pour nous diriger vers Dieu et conserver sa pr&#233;sence. Nous imiterons ces t&#226;tonnements multiples gr&#226;ce auxquels les aveugles arrivent &#224; se conduire ; surtout nous parlerons comme eux pour maintenir cette pr&#233;sence. La parole, beaucoup plus que le reste, nous sera utile pour garder contact avec Dieu. C'est la grande ressource des aveugles afin d'entretenir une pr&#233;sence. Comme le regard, la parole va &#224; la recherche de l'autre, attire son attention, l'oblige &#224; une r&#233;ponse. Or,&lt;strong&gt; les lois du dialogue ne sont pas d&#233;truites en spiritualit&#233; bien que Dieu y joue le r&#244;le d'un interlocuteur muet&lt;/strong&gt;. Il nous voit, mais Il se tait. Nous, nous sommes des aveugles qui parlons ; Lui, Il est un Voyant qui, volontairement, garde le silence. Nous aurions tort de ne rien lui dire de vive voix en pr&#233;textant qu'Il sait ce que nous avons &#224; Lui demander. La parole servira, du reste, plus &#224; attirer notre propre attention que la sienne, elle nous aidera &#224; entretenir vraiment sa pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi les auteurs spirituels du Carmel recommandent, surtout dans les d&#233;buts, l'usage des oraisons jaculatoires (pri&#232;res tr&#232;s br&#232;ves dites fr&#233;quemment du fond du c&#339;ur). Elles nous &#233;vitent de nous endormir ou de sombrer dans l'inactivit&#233;, car le simple regard d'amour jet&#233; sur Dieu n'est pas toujours assez efficace. La parole qui sort de la bouche nous oblige &#224; un plus grand effort, elle grave davantage en notre esprit et jusque dans notre chair cette habitude de nous adresser continuellement au Vivant myst&#233;rieux qui nous regarde sans cesse. L'habitude de &lt;strong&gt;parler ainsi &#224; Dieu spontan&#233;ment&lt;/strong&gt;, sans appr&#234;t, est tr&#232;s carm&#233;litaine parce qu'elle nous fait glisser insensiblement &#224; cette forme d'oraison si usit&#233;e au Carmel qui consiste, comme le dit Sainte Th&#233;r&#232;se, &#224; s'adresser famili&#232;rement &#224; Dieu, l'oraison mentale &#233;tant, selon sa c&#233;l&#232;bre d&#233;finition, &lt;strong&gt;&#171; un entretien fr&#233;quent seul &#224; seul avec Celui dont nous nous savons aim&#233;s &#187;&lt;/strong&gt;. Pour Jean de Saint-Samson : &#171; Il faut converser int&#233;rieurement avec Lui, en esprit, par colloques doux et familiers. Repr&#233;sentez-vous qu'elle est la conversation famili&#232;re entre deux amis intimes&#8230; et traitez ainsi au dedans de vous-m&#234;me avec sa divine Majest&#233;. &#187; L'humble fr&#232;re convers Laurent de la R&#233;surrection enseignait &#171; qu'il fallait s'&#233;tablir dans la pr&#233;sence de Dieu en s'entretenant continuellement avec Lui, que c'&#233;tait une chose honteuse de quitter sa conversation pour penser &#224; des badineries &#187;. Oraisons jaculatoires, efforts incessants de l'aveugle qui craint en quelque sorte que Dieu ne s'enfuie &#171; comme le cerf &#187; le laissant g&#233;mir, et qui entretient sans cesse la conversation, comme pour lui dire : &#202;tes-vous bien l&#224; toujours mon Aim&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - L'&#226;me fid&#232;le&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il vient, du reste, un moment o&#249; tout se simplifie. De m&#234;me que l'aveugle, par la force de l'habitude, acquiert une sorte de divination dans l'usage du tact, ainsi l'&#226;me fid&#232;le &#224; &lt;strong&gt;conserver la pr&#233;sence de Dieu&lt;/strong&gt; voit ses moyens se simplifier de plus en plus. Elle n'est pas toujours tr&#232;s consciente de ce progr&#232;s, car il s'accomplit dans l'obscurit&#233;. Elle n'entonne pas tout de suite le cantique de la lib&#233;ration que Saint Jean de la Croix veut lui faire chanter : &#171; Je sortis de moi-m&#234;me, c'est-&#224;-dire de ma basse mani&#232;re d'entendre et de ma faible fa&#231;on d'aimer, de ma pauvre et avare mani&#232;re de go&#251;ter Dieu &#187;. Avant de remarquer cette simplification, il lui faut passer par des moments o&#249; le souvenir de Dieu, loin de lui &#234;tre une pratique facile ou une consolation, lui devient extr&#234;mement p&#233;nible. L'exercice se retourne en quelque sorte : au lieu de cultiver la pr&#233;sence de Dieu, l'esprit, obs&#233;d&#233; par un souvenir douloureux, ressent son absence. Cependant, ces p&#233;riodes de sollicitude, o&#249; il craint de ne pas servir Dieu, sont un gain car elles l'acheminent vers une pr&#233;sence beaucoup plus spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Jean de la Croix ne nous donne-t-il pas cette angoisse comme un &#171; signe &#187; que l'on entre dans la voie de la contemplation et que l'on commence &#224; se trouver &#171; en s&#251;ret&#233; &#187; ? Alors, si l'esprit continue &#224; &#234;tre fid&#232;le, le moment vient bien vite pour lui o&#249; &#171; il n'y a plus de chemin &#187;. Il n'a plus besoin de m&#233;thode et il peut reprendre pour son compte ce que le fr&#232;re Laurent de la R&#233;surrection, arriv&#233; au sommet de sa vie spirituelle, d&#233;clarait avec ing&#233;nuit&#233; : &#171; On cherche des m&#233;thodes pour aimer Dieu, on y veut arriver par je ne sais combien de pratiques diff&#233;rentes, on se donne beaucoup de peine pour demeurer en pr&#233;sence de Dieu par quantit&#233; de moyens ; n'est-il pas bien plus court et bien plus droit de tout faire pour l'amour de Dieu, de se servir de toutes les &#339;uvres de son &#233;tat pour le lui marquer et d'entretenir sa pr&#233;sence en nous par ce commerce de notre c&#339;ur avec Lui, il n'y faut point de finesse, il n'y a qu'&#224; y aller bonnement et simplement &#187;. Simplification immense : l'esprit maintenant est toujours avec Dieu comme le bon fr&#232;re qui, nous affirme son premier biographe, &#171; trouvait Dieu partout, aussi bien en faisant ses savates, qu'en priant avec la Communaut&#233; ; il n'&#233;tait point empress&#233; pour faire ses retraites parce qu&lt;strong&gt;'il trouvait dans son travail ordinaire le m&#234;me Dieu &#224; aimer et &#224; adorer que dans le fond des d&#233;serts&lt;/strong&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - L'aspiration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A ce moment-l&#224;, l'esprit &#233;prouve moins la n&#233;cessit&#233; de parler &#224; son Seigneur ; les paroles lui sont m&#234;me &#224; charge. Sans doute, lance-t-il encore et de plus en plus des appels vers le ciel, des traits d'amour qui lui servent &#224; blesser le c&#339;ur de Dieu. Mais ces oraisons jaculatoires sont devenues tellement simples que, souvent, elles ne s'expriment pas sur les l&#232;vres, car les mots seraient une g&#234;ne, alourdiraient ces &#233;lans l&#233;gers, subtils et cependant si efficaces. L'esprit, alors, pratique parfaitement ce que Jean de Saint Samson appelle &#171; l'aspiration &#187;, cet exercice qu'il recommande aux esprits d&#233;j&#224; bien purifi&#233;s et qui les rapproche de Dieu par une sorte de bond tout spirituel : &#171; &lt;strong&gt; C'est un &#233;lancement amoureux et enflamm&#233; du c&#339;ur et de l'esprit&lt;/strong&gt;, par lequel l'&#226;me se surpassant et surpassant toute chose cr&#233;&#233;e, va s'unir &#233;troitement &#224; Dieu. &#187; Il ne se borne plus &#224; conserver p&#233;niblement une pr&#233;sence, mais il court litt&#233;ralement vers sa Fin, son Objet, aussi naturellement que le fleuve se pr&#233;cipite vers l'oc&#233;an, ou la pierre vers la terre quand on n'entrave pas sa chute. La cr&#233;ature revient ainsi par amour vers Dieu qui, par amour, l'a fait sortir de Lui en l'appelant &#224; l'existence. Elle recoule, reflue vers son Principe. Alors les efforts g&#233;n&#233;reux, les secours re&#231;us, le travail lent et douloureux accompli par la gr&#226;ce, am&#232;nent ce miracle par lequel d&#233;j&#224; la tendresse et l'amour illuminent la nuit ; pour reprendre l'expression si belle du psaume : &#171; la nuit s'est illumin&#233;e &#187; et &#171; la face du Seigneur s'est &#233;clair&#233;e sur son serviteur &#187; ; ce n'est plus la nuit en son milieu, si sombre, si lourde c'est &#171; la nuit quand perce la blancheur de l'aurore &#187; et quand les contours des objets commencent &#224; se r&#233;v&#233;ler baignant dans un halo d'ineffable po&#233;sie. Alors il semble &#224; l'esprit que, dans l'obscurit&#233; de la foi, il a rencontr&#233; le regard divin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a toujours senti, du reste, qu'il n'y avait que la foi &#224; lui offrir une image exacte de Celui qu'elle cherchait, car Lui seul est capable de se faire conna&#238;tre tel qu'il est ; mais maintenant elle l'exp&#233;rimente vraiment. La foi lui pr&#233;sente &#171; les yeux tant d&#233;sir&#233;s &#187;, ces yeux dont elle aper&#231;oit le regard invisible lorsqu'elle se penche sur son intime, comme on voit se mirer dans une fontaine transparente le visage de celui qui s'est inclin&#233; sur elle. Alors l'&#226;me voit l'invisible ; ou, selon une expression ch&#232;re aux mystiques, elle &#171; voit sans voir &#187;. Parce qu'elle a purifi&#233; son &#339;il int&#233;rieur, il se trouve qu'encore aveugle, elle contemple d&#233;j&#224; Dieu et vit spirituellement en sa pr&#233;sence. Elle a &#233;tabli sur le roc sa vie spirituelle ; et, selon le souhait de Th&#233;r&#232;se d'Avila, &#171; elle marche dans la v&#233;rit&#233; &#187;, sous la clart&#233; de la Face divine.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.carmel.asso.fr/Les-modes-de-la-presence-de-Dieu.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Pour aller plus loin : Les modes de la pr&#233;sence de Dieu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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