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		<title>La puret&#233; d'intention</title>
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&lt;p&gt;L'examen de conscience fid&#232;lement accompli bien qu'avec libert&#233; finit par engendrer dans l'esprit une habitude : celle de se voir vivre. Le rapprochement avec la pratique de la pr&#233;sence de Dieu va de soi ; elle aussi commence par des efforts plus ou moins p&#233;nibles et fr&#233;quemment renouvel&#233;s, conna&#238;t bien des alternatives et finit, avec le temps, par devenir presque continuelle. Ainsi, &#224; la suite de nombreux et loyaux examens, l'esprit acquiert l'habitude de se voir vivre. Alors, ce qui lui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Presence-a-soi-meme-409-.html" rel="directory"&gt;Pr&#233;sence &#224; soi-m&#234;me&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'examen de conscience fid&#232;lement accompli bien qu'avec libert&#233; finit par engendrer dans l'esprit une habitude : celle de se voir vivre. Le rapprochement avec la pratique de la pr&#233;sence de Dieu va de soi ; elle aussi commence par des efforts plus ou moins p&#233;nibles et fr&#233;quemment renouvel&#233;s, conna&#238;t bien des alternatives et finit, avec le temps, par devenir presque continuelle. Ainsi, &#224; la suite de nombreux et loyaux examens, &lt;strong&gt;l'esprit acquiert l'habitude de se voir vivre&lt;/strong&gt;. Alors, ce qui lui co&#251;tait tant jusque-l&#224; devient pour lui un agr&#233;ment et un repos. L'habitude ne donne-t-elle pas une facilit&#233;, une inclinaison joyeuse &#224; reproduire les actes qui l'ont fait na&#238;tre ? A cette lumi&#232;re, on comprend certains textes carm&#233;litains qui, sans cela, surprendraient quelque peu. Ainsi l'avis de Sainte Th&#233;r&#232;se : &lt;strong&gt;&#171; A chacune de tes actions et &#224; chaque heure du jour examine ta conscience &#187;&lt;/strong&gt; ; pour elle qui nous voulait si libre &#224; l'int&#233;rieur de la connaissance de soi, n'est-ce pas beaucoup demander ? Une exigence semblable se retrouve dans les vingt r&#232;gles de perfection donn&#233;es par le Christ &#224; Sainte Marie-Madeleine de Pazzi : &lt;strong&gt;&#171; La premi&#232;re chose que j'exige de toi, c'est que dans toutes tes actions, soit int&#233;rieures soit ext&#233;rieures, tu te proposes cette puret&#233; que je t'ai fait conna&#238;tre et que tu consid&#232;res chacune de tes paroles et de tes &#339;uvres comme si elle devait &#234;tre la derni&#232;res de ta vie &#187;&lt;/strong&gt;. &#201;videmment, il ne s'agit plus alors d'un &#171; exercice &#187; &#224; proprement parler, comme si l'on devait, &#224; chacun de ses actes, se livrer &#224; un effort m&#233;thodique d'examen ; ce serait sombrer dans une analyse d&#233;sesp&#233;rante et nuisible. &lt;strong&gt;Il est question de l'habitude que l'on a acquise de se voir vivre, habitude qui permet, sans effort, de remarquer au passage toutes les imperfections ; il s'agit en un mot de la puret&#233; d'intention.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit du c&#244;t&#233; du sujet, soit du c&#244;t&#233; de Dieu, on comprend qu'il doit en &#234;tre ainsi. La personne gr&#226;ce &#224; ses nombreux efforts, est devenue enti&#232;rement ma&#238;tresse d'elle-m&#234;me. Elle peut chanter avec le psalmiste ce verset si beau qui a &#233;mu S&#339;ur Elisabeth de la Trinit&#233; :&lt;strong&gt; &#171; Mon &#226;me est toujours entre mes mains : qu'est-ce &#224; dire ? sinon cette pleine possession de soi en pr&#233;sence du Pacifique. &#187;&lt;/strong&gt; Possession de soi qui vient de ce que la personne a appris &#224; ne plus se tromper elle-m&#234;me, mais &#224; se conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend que se poss&#233;dant si bien, l'on per&#231;oive maintenant ses moindres tressaillements sans qu'il soit n&#233;cessaire de s'examiner longuement. Tout cela se fait comme au passage ; c'est aussi au passage que l'on demande pardon &#224; Dieu et que l'on se trouve justifi&#233; de ses manquements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas seulement parce qu'une personne est ma&#238;tresse d'elle-m&#234;me qu'elle poss&#232;de une telle puret&#233; d'intention ; c'est encore et surtout parce qu'elle est &lt;strong&gt;inond&#233;e de la lumi&#232;re infuse de Dieu et voit dans cette lumi&#232;re toutes ses imperfections&lt;/strong&gt;. L'&#339;il int&#233;rieur est devenu lumineux selon le d&#233;sir de Notre-Seigneur ; maintenant il &#233;claire tout le champ de la conscience et au sein de cette grande clart&#233; les moindres fautes font tache, elles sont imm&#233;diatement per&#231;ues. &#171; Tel le rayon de soleil qui entre par la fen&#234;tre : tant plus l'air est empli d'atomes et de poussi&#232;res, tant plus ce rayon para&#238;t palpable, sensible et clair &#224; la vue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle puret&#233; d'intention donne de la beaut&#233; aux yeux de Dieu. Et voici la comparaison qui se pr&#233;sente &#224; l'esprit : &#171; La chevelure que l'on peigne fr&#233;quemment restera en bon ordre et sera facile &#224; peigner aussi longtemps que l'on voudra ; l'&#226;me qui contr&#244;le fr&#233;quemment ses motifs, ses dires et ses actes &#8211;ce sont l&#224; ses cheveux- qui agit par amour de Dieu en toute rencontre, aura une chevelure magnifique, et l'&#201;poux portera ses regards sur le cou de sa bien-aim&#233;e, se laissera s&#233;duire &#224; sa vue et se trouvera bless&#233; de ce regard unique qui est la puret&#233; d'intention inspirant tous les actes de l'&#226;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'&#233;tablir dans la v&#233;rit&#233; c'est arriver, par la force de l'habitude, &#224; se d&#233;prendre de tous ces petits mensonges, d&#233;guisements plus ou moins avou&#233;s, familiers m&#234;me aux personnes d'oraison. On mesure le prix d'une telle lib&#233;ration lorsqu'on relit, par exemple, la description que fait Saint Jean de la Croix des d&#233;fauts de ceux qu'il appelle commen&#231;ants. Les sept p&#233;ch&#233;s capitaux reparaissent ici sous un d&#233;guisement d&#233;vot, mais parfaitement reconnaissable chez ces personnes qui, parce qu'elles ne sont pas encore d&#233;finitivement &#233;tablies dans le vrai, se croient bonnes. Seule l'habitude de voir leurs fautes dans la lumi&#232;re de Dieu les am&#232;nera peu &#224; peu &#224; conclure qu'elles ne sont que des &lt;strong&gt;&#171; servantes inutiles &#187;&lt;/strong&gt;. Cela, c'est la v&#233;rit&#233;. Voyez les passages de l'&#201;criture o&#249; se trouve affirm&#233;e la mis&#232;re de l'homme, &#233;coutez ces cris qui ont jailli du plus profond de l'&#226;me des proph&#232;tes lorsqu'un contact avec Dieu les &#233;tablissait dans la v&#233;rit&#233; de leur rien. Abraham suppliant le Seigneur d'avoir piti&#233; des habitants de Sodome s'exprimait ainsi : &#171; Voici que j'ai os&#233; parler au Seigneur, moi qui suis cendre et poussi&#232;re &#187; ; Mo&#239;se, lui, d&#233;couvre qu'il ne sait pas parler ; J&#233;r&#233;mie aussi : &#171; Ah !Ah ! Seigneur Dieu, je ne sais point parler, car je suis un enfant &#187;. Voil&#224; les aveux qui, entre bien d'autres, sont mont&#233;s aux l&#232;vres de ces &#171; voyants &#187; dans les fugitifs moments o&#249; ils sont entr&#233;s en contact avec l'&#233;ternelle v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous serons vrais, nous aussi, la v&#233;rit&#233; nous aura d&#233;livr&#233;s, lorsque nous saurons nous voir vivre en toute loyaut&#233;. M&#233;ditant sur nos fautes, nos faiblesses, nous pressentirons et toucherons par del&#224; ces manquements notre fond de mis&#232;re et de fragilit&#233; ; non pas seulement la mis&#232;re qui vient en nous de la faute originelle et de tous les p&#233;ch&#233;s dont nous portons le poids, mais au del&#224; encore, comme les proph&#232;tes d'Isra&#235;l, notre rien de cr&#233;ature qu'il faut aussi apprendre &#224; savourer. Tout l'esprit du Carmel nous enseigne cette humilit&#233; profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tre dans la v&#233;rit&#233; c'est aussi marcher en elle &lt;/strong&gt; : la lumi&#232;re de Dieu est envahissante. Dans chaque esprit se d&#233;roule, entre les t&#233;n&#232;bres et la lumi&#232;re, cette lutte &#233;pique que Saint Jean d&#233;crit au principe de son &#201;vangile. Nous nous conna&#238;trons p&#233;cheurs de plus en plus, et ce sera cro&#238;tre que de s'ab&#238;mer toujours davantage dans la reconnaissance de notre rien. L'&#234;tre descendant de centre en centre pour trouver Dieu, s'enfonce par le fait m&#234;me dans l'humilit&#233;, sonde sa mis&#232;re, creuse son fond, &#171; se cache dans son n&#233;ant &#187;, comme le dit Saint Jean de la Croix. &#171; Et en cette voie, descendre c'est monter et monter c'est descendre, parce que celui qui s'humilie est exalt&#233; et celui qui s'exalte est humili&#233; &#187;. A mesure que le spirituel se quitte, Dieu l'envahit lentement, prudemment, fait habiter sa force en lui, car Il redoute de m&#233;langer sa gloire &#224; celle des hommes : &#171; Je suis le Seigneur et je ne donnerai pas ma gloire &#224; un autre &#187;. Comment accepterait-il une compromission entre sa gloire si pure et celle de l'homme qui est &#171; comme de l'herbe &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la bonne habitude de l'&#226;me sera cette humilit&#233; profonde qui obligera Dieu &#224; redoubler de pr&#233;venance &#224; son &#233;gard car Il ne sait pas r&#233;sister aux humbles, Il s'&#233;prend d'eux : ceux-l&#224; ont trouv&#233; le chemin de son c&#339;ur. Il suffit pour nous en convaincre de relire l'&#201;vangile : c'est en reconnaissant son indignit&#233; que la Chanan&#233;enne m&#233;rita d'&#234;tre exauc&#233;e :&lt;strong&gt; &#171; c'est vrai, Seigneur ! mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table du ma&#238;tre. &#187;&lt;/strong&gt; Si donc nous voulons courir dans le chemin de la v&#233;rit&#233;, aller de progr&#232;s en progr&#232;s, ne cherchons pas &#224; nous justifier aux yeux du Seigneur, ne lui cachons pas nos fautes, au contraire, montrons-les sans r&#233;pit les faisant crier vers lui, avouons sans cesse : &#171; c'est vrai, Seigneur mais &#8230;. &#187; Nous apprendrons, m&#234;me en tombant, &#224; jeter un cri vers le ciel, un appel qui nous fera aussit&#244;t relever par Dieu. Voil&#224; le secret des parfaits, la raison de leurs ascensions incessantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme d'un tel effort, l'&#226;me se trouvera enti&#232;rement pure, elle retrouvera cette ressemblance avec Dieu qu'elle poss&#233;dait lors de cr&#233;ation : &lt;strong&gt;marcher dans la v&#233;rit&#233;, dans la lumi&#232;re, ce sera devenir tout &#224; fait semblable &#224; Dieu&lt;/strong&gt; &#171; qui est lumi&#232;re et il n'y a point en lui de t&#233;n&#232;bres &#187;. La puret&#233; d'intention, c'est le souhait le l'Ap&#244;tre qui s'accomplit : &#171; Si nous marchons dans la lumi&#232;re, comme il est lui-m&#234;me dans la lumi&#232;re, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de J&#233;sus-Christ son Fils nous purifie de tout p&#233;ch&#233;. &#187; Nous serons alors les vrais fils du &#171; P&#232;re des lumi&#232;res &#187;, &#171; enfants de lumi&#232;re &#187;, rayonnants de son &#233;clat, &#224; Lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La connaissance de soi et l'examen de conscience</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/La-connaissance-de-soi-et-examen-de-conscience.html</link>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - La connaissance de soi La connaissance de soi, pr&#244;n&#233;e par les mystiques du Carmel, a pour but de nous faire d&#233;couvrir notre &#234;tre. C'est l&#224; une science sublime. Jean de Saint Samson le d&#233;clare : &#171; se conna&#238;tre soi-m&#234;me surpasse toute science. Il vaut mieux avoir la science de la beaut&#233; de son &#234;tre propre que de l'excellente nature des anges, de l'&#233;tendue des cieux, des propri&#233;t&#233;s de la terre et des mers&#8230; Tout cela est au dehors, tout ceci est au dedans. &#187; D'un c&#244;t&#233; une science livresque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - La connaissance de soi &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La connaissance de soi, pr&#244;n&#233;e par les mystiques du Carmel, a pour but de nous faire d&#233;couvrir notre &#234;tre. C'est l&#224; une science sublime. Jean de Saint Samson le d&#233;clare : &#171; se conna&#238;tre soi-m&#234;me surpasse toute science. Il vaut mieux avoir la science de la beaut&#233; de son &#234;tre propre que de l'excellente nature des anges, de l'&#233;tendue des cieux, des propri&#233;t&#233;s de la terre et des mers&#8230; Tout cela est au dehors, tout ceci est au dedans. &#187; D'un c&#244;t&#233; une science livresque absorbante, jamais rassasiante, de l'autre cette sublime et simple connaissance &#224; laquelle s'&#233;l&#232;vent ceux qui ont appris &#224; vivre en face de leur &#226;me, au dedans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, on n'acc&#232;de pas d'embl&#233;e &#224; une telle prise de &lt;strong&gt;conscience de soi&lt;/strong&gt;. Elle n&#233;cessite un rude effort. Si nous &#233;tions des anges, nous aurions l'intuition lumineuse de notre r&#233;alit&#233; profonde, nous nous percerions de part en part, d'une seule vue. Notre &#234;tre, au contraire, vit dans la chair, et de m&#234;me que cette condition lui est un obstacle pour voir Dieu, de m&#234;me elle l'emp&#234;che de se voir elle-m&#234;me, de s'&#233;pier pour se conna&#238;tre. Elle doit attendre de saisir au vol les actes dans lesquels se trahiront ses tendances profondes, car c'est aux fruits que l'on juge l'arbre et son degr&#233; de maturit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous aurons donc &#224; pratiquer un exercice pour apprendre &#224; nous conna&#238;tre&lt;/strong&gt;, de m&#234;me qu'il en existe un pour nous conduire &#224; la connaissance de Dieu et &#224; sa pr&#233;sence habituelle : l'examen de conscience ira de pair avec la &lt;strong&gt;pr&#233;sence de Dieu&lt;/strong&gt;. Fid&#232;lement ex&#233;cut&#233;, il nous conduira &#224; une habituelle puret&#233; d'intention qui nous permettra vraiment de demeurer dans la v&#233;rit&#233; et de marcher en elle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - L' examen de conscience&lt;/h2&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1) Les moments propices&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons introduire l'examen de conscience dans notre journ&#233;e, lui trouver une place fixe et quotidienne. Il existe deux moments privil&#233;gi&#233;s o&#249; la tradition de l'&#201;glise propose cet exercice :
&lt;strong&gt;Au milieu du jour&lt;/strong&gt;, car c'est une heure encombr&#233;e de soucis terrestres. La personne qui, le matin, avait commenc&#233; sa journ&#233;e fra&#238;che et joyeuse, peut se laisser envahir par la lassitude. Elle peut donc s'offrir un petit temps pour faire le bilan de son activit&#233; et se reprendre pour continuer sa journ&#233;e sous le regard du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir, nous pouvons aussi &lt;strong&gt;relire notre journ&#233;e &#233;coul&#233;e&lt;/strong&gt;. Avant que vienne la nuit durant laquelle, dit Notre Seigneur, &#171; on ne peut plus travailler &#187; ; &lt;strong&gt;prenons le temps de sanctifier notre journ&#233;e en l'offrant &#224; Dieu&lt;/strong&gt;, en montrant &#224; son amour nos manques, nos d&#233;sirs et les d&#233;faillances de notre &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'examen de conscience est aussi recommand&#233; en d'autres circonstances de la journ&#233;e : &lt;strong&gt;chaque fois que nous approchons de Dieu par la pri&#232;re&lt;/strong&gt;. Un des plus anciens spirituels du Carmel, disciple de Saint Jean de la Croix, consid&#232;re que l'on doit se pr&#233;parer &#224; la pri&#232;re en se posant ces trois questions : &lt;strong&gt;&#171; Qui est ce Dieu &#224; qui je veux pr&#233;senter ma requ&#234;te ? Qui suis-je, moi qui demande ? Quel est l'objet de ma supplique ? &#187;&lt;/strong&gt; C'est peut-&#234;tre un peu syst&#233;matique ; retenons cependant la seconde id&#233;e : Qui suis-je, moi qui vais parler &#224; Dieu ? et la cons&#233;quence pratique : commencer son oraison par un bref examen de conscience. Sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila n'enseignait pas autre chose &#224; ses filles : &#171; Pour prier comme il convient, vous savez ce qu'on fait tout d'abord : on examine sa conscience, on r&#233;cite le Confiteor et on fait le signe de la croix. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2) Comment faire cet examen ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas pour nous, durant ce temps, de faire des comptes avec une implacable exactitude. &lt;strong&gt;Le but est de se conna&#238;tre&lt;/strong&gt;, d'une connaissance toute spirituelle ; ce n'est donc pas en mat&#233;rialisant l'exercice que nous pourrons y parvenir. Faire d&#233;filer devant nos yeux toutes les imperfections commises sans en excepter une seule, c'est le plus souvent perdre son temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parcourra les quatre points ordinaires que sont : &lt;strong&gt;les pens&#233;es, les paroles, les actions, les omissions sans d&#233;tails inutiles&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus la personne avancera, plus elle sentira le besoin de faire l'exercice tr&#232;s simplement ; et il est bien consolant de noter que ce sont, comme d'habitude, les plus grands mystiques qui nous donnent les conseils les plus larges. Sainte Th&#233;r&#232;se d&#233;crit la connaissance de soi comme la premi&#232;re demeure du Ch&#226;teau. La personne y p&#233;n&#232;tre par&lt;strong&gt; l'examen de conscience&lt;/strong&gt;. Mais, insiste la sainte M&#232;re, dans cette demeure, il faut &#171; la laisser circuler librement &#187;. Cette libert&#233; est, du reste, un grand principe qui vaut pour toute la vie spirituelle : &#171; Ne contraignez pas, n'encha&#238;nez pas une &#226;me d'oraison. Laissez-la circuler librement dans ces diff&#233;rentes demeures : en haut, en bas, sur le c&#244;t&#233; ; et puisque Dieu lui-m&#234;me l'a faite si noble, qu'elle ne se violente point pour demeurer longtemps dans une m&#234;me pi&#232;ce, f&#251;t-ce celle de la connaissance de soi. &#187; Comme une telle largeur de vue est dilatante !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La le&#231;on de libert&#233; de la sainte M&#232;re doit porter ses fruits.&lt;/strong&gt; Il semble qu'en simplifiant le plus possible nous puissions ramener tout l'exercice de l'examen, tel qu'il est con&#231;u au Carmel, &#224; trois principes.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;a) Apprendre &#224; se regarder en honn&#234;tet&#233;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le premier consiste, durant quelques minutes, &#224; &lt;strong&gt;se regarder sans indulgence comme si l'on &#233;tait jug&#233; par un autre. Cela n'est pas si facile !&lt;/strong&gt; On y arrive pas du premier coup. Il faudra apprendre &#224; faire taire ce besoin de justification si fortement ancr&#233; dans notre nature. Notre Seigneur, dans la parabole du pharisien, a d&#233;crit ce mauvais pli de notre nature : le pharisien ne d&#233;plairait pas &#224; Dieu s'il reconnaissait avec ing&#233;nuit&#233; le bien qui est en lui ; mais sa pri&#232;re est mauvaise parce qu'elle cherche &#224; voiler ses torts et &#224; les cacher sous le manteau du bien accompli. Le publicain, au contraire, crie &#224; Dieu son indignit&#233; parce qu'il s'efforce d'&#234;tre loyal avec lui-m&#234;me. C'est ce dernier que nous devons imiter &#224; l'examen, nous tenant chacun &lt;strong&gt;&#171; comme un accus&#233; au tribunal de Dieu &#187;&lt;/strong&gt;, et non comme quelqu'un qui entreprend sa d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &lt;strong&gt;attitude de loyaut&#233;&lt;/strong&gt; est donc essentielle, qu'elle s'exerce sur tout un ensemble d'imperfections que notre m&#233;moire fid&#232;le nous aura permis de r&#233;v&#233;ler, qu'elle porte sur une ou deux d&#233;faillances plus nettes que nous aurons enregistr&#233;es, ou, comme cela arrive le plus souvent, sur tout cet ensemble vague d'imperfections nourries quotidiennement, ce &#171; troupeau que nous menons pa&#238;tre &#187; &#224; grand souci, selon l'image de Saint Jean de la Croix. En nous accusant loyalement de ce qui nous reviendra en m&#233;moire, nous ferons preuve de cette libert&#233; que Sainte Th&#233;r&#232;se nous conc&#232;de au sein de la connaissance de nous-m&#234;me, tenant compte de nos dispositions du moment, &#171; butinant des imperfections &#187; pour faire avec elles notre miel de componction.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;b) Demandez la lumi&#232;re de la gr&#226;ce divine &lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me principe peut s'exprimer par cette maxime de Saint Jean de la Croix : &#171; Sans vous rien n'aura lieu, Seigneur. &#187; Notre effort sinc&#232;re pour &#234;tre vrai dans la connaissance de nous-m&#234;mes, n'irait pas loin s'il ne nous pr&#233;parait &#224; recevoir une autre lumi&#232;re, la seule qui nous permette de tout voir avec clart&#233; : la lumi&#232;re infuse de Dieu. Jean de J&#233;sus-Marie le savait bien qui enseignait &#224; ses disciples :&lt;strong&gt; &#171; Demandez la lumi&#232;re de la gr&#226;ce divine pour voir vos nombreuses fautes &#187;&lt;/strong&gt;. Oui, qu'une notable partie de notre examen soit consacr&#233;e &#224; demander &#224; Dieu sa lumi&#232;re. Alors, comme un rayon p&#233;n&#233;trant dans une pi&#232;ce obscure r&#233;v&#232;le tout &#224; coup les impuret&#233;s, les poussi&#232;res de l'atmosph&#232;re, qui dansent et tourbillonnent dans sa clart&#233;, ainsi la lumi&#232;re de Dieu, &lt;strong&gt;la clart&#233; d'en-haut nous placera dans notre vrai jour&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut le contact intime avec Dieu pour montrer &#224; l'homme son p&#233;ch&#233; : &#171; Seigneur, va-t'en de moi, je suis un homme p&#233;cheur ! &#187; s'&#233;crie Saint Pierre &#224; la suite de l'intervention miraculeuse du Christ sur le lac. Zach&#233;e, apr&#232;s le passage du Seigneur, para&#238;t se r&#233;veiller d'un long sommeil et d&#233;couvre ses injustices : &#171; Si j'ai fait du tord &#224; quelqu'un en quelque chose, je lui rendrai quatre fois autant. &#187; Le centurion a d'abord accept&#233; que J&#233;sus vienne dans sa demeure pour gu&#233;rir son serviteur ; mais &#224; mesure que le Ma&#238;tre approche, on dirait qu'il prend conscience de ses infid&#233;lit&#233;s au point de lui envoyer dire : &lt;strong&gt;&#171; Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera gu&#233;ri. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc Dieu qui, dans notre examen, par l'invasion de sa lumi&#232;re, nous fera voir nos fautes telles qu'elles sont, nous montrera notre mis&#232;re, ce qui est beaucoup plus pour nous que d'y croire raisonnablement, car&lt;strong&gt; voir notre mis&#232;re c'est la go&#251;ter, la savourer&lt;/strong&gt;. Gr&#226;ce immense de v&#233;rit&#233; ! Les contemplatifs et les saints, ab&#238;m&#233;s dans leur humilit&#233; au point de nous sembler excessifs, voient juste. Les rayons divins tombent &#224; flots sur leur &#226;me et en &#233;clairent les profondeurs les plus secr&#232;tes ; comme des animaux surpris dans leurs repaires, toutes les petites vilenies dont s'accommode l'humaine infirmit&#233; se montrent alors au grand jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean de Saint Samson a bien fait remarquer la diff&#233;rence qui existe entre ce qu'il appelle l'humilit&#233; raisonnable, fruit du raisonnement et l'humilit&#233; fervente qui na&#238;t de la lumi&#232;re infuse de Dieu. La premi&#232;re &#171; s'exerce par la raison persuad&#233;e et convaincue mais elle n'a pas de dur&#233;e. C'est pourquoi il se faut exercer plus par l'amour que par la raison. &#187; On obtient alors l'humilit&#233; fervente par laquelle l'homme demeure ravi dans le silence &#233;ternel, et voit en cet ab&#238;me combien le pouvoir humain est court et limit&#233;. &#187; Telle est &#171; l'humilit&#233; fervente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;c) Se h&#226;ter vers la Vie&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me principe. Un bon examen de conscience est avant tout &lt;strong&gt;tourn&#233; vers l'avenir&lt;/strong&gt;. Le ferme propos de ne plus retomber y occupe une place privil&#233;gi&#233;e ; c'est m&#234;me lui qui est l'essentiel pour Jean de J&#233;sus-Marie : &#171; L'essence de toute cette affaire est la fermet&#233; du propos. &#187; Combien sont st&#233;riles ces moments o&#249; l'&#226;me se consume sans grand profit au souvenir de fautes pass&#233;es, alors que le temps presse, que &#171; la figure de ce monde passe &#187; et tout avec elle, nous invitant &#224; nous h&#226;ter vers la Vie ! Certes, on doit regretter ses fautes, mais avec beaucoup de paix. Le fr&#232;re Laurent de la R&#233;surrection avait ce mot charmant : &#171; Quand je reconnais avoir manqu&#233;, j'en tombe d'accord et je dis : c'est mon ordinaire, je ne sais faire que cela ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; les sentiments qui touchent le c&#339;ur de Dieu ; sentiments admirablement accord&#233;s avec &#171; l'esprit &#187; du Carmel qui nous pousse &#224; faire large la part de la confiance, &#224; peu compter sur nous, m&#234;me &#224; nous r&#233;jouir de notre mis&#232;re. Rappelons-nous la joie de Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus relevant des imperfections en elle peu de temps avant de mourir. Alors, nous ne serons nullement d&#233;courag&#233;s par la vue de nos fautes, mais pleins de confiance en l'avenir ; en nous relevant de notre examen nous croirons entendre Notre-Seigneur nous murmurer l'encouragement qu'il aimait tant prodiguer aux malades gu&#233;ris par lui : &#171; Va et ne p&#232;che plus ! &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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