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		<title>Ecrits et citations</title>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une femme &#233;crivain Nous pouvons appr&#233;cier la v&#233;ritable dimension de la personnalit&#233; d'Anne de Saint-Barth&#233;lemy dans ses &#233;crits. Rappelons les d&#233;buts de son activit&#233; d'&#233;crivain. Selon le souhait de la m&#232;re Th&#233;r&#232;se, alors qu'elle &#233;tait &#224; Salamanque, Anne apprit &#224; &#233;crire, et elle le fit rapidement avec pour mod&#232;le l'&#233;criture de la sainte elle-m&#234;me, si bien que la sienne &#233;tait tr&#232;s semblable &#224; celle de Th&#233;r&#232;se. Cela eut lieu vers septembre-octobre 1579, Anne avait 30 ans. Mais il faut prendre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Anne-de-Saint-Barthelemy-.html" rel="directory"&gt;Anne de Saint-Barth&#233;l&#233;my&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une femme &#233;crivain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons appr&#233;cier la v&#233;ritable dimension de la personnalit&#233; d'Anne de Saint-Barth&#233;lemy dans ses &#233;crits. Rappelons les d&#233;buts de son activit&#233; d'&#233;crivain. Selon le souhait de la m&#232;re Th&#233;r&#232;se, alors qu'elle &#233;tait &#224; Salamanque, Anne apprit &#224; &#233;crire, et elle le fit rapidement avec pour mod&#232;le l'&#233;criture de la sainte elle-m&#234;me, si bien que la sienne &#233;tait tr&#232;s semblable &#224; celle de Th&#233;r&#232;se. Cela eut lieu vers septembre-octobre 1579, Anne avait 30 ans. Mais il faut prendre en compte le fait qu'elle savait d&#233;j&#224; lire depuis son enfance. &#192; partir de ce s&#233;jour &#224; Salamanque elle ne s'arr&#234;ta plus d'&#233;crire jusqu'&#224; sa mort &#224; Anvers (1626). Ses &#233;crits s'&#233;talent donc sur 47 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;crits historico-autobiographiques la pr&#233;sentent comme une &lt;strong&gt;figure importante et repr&#233;sentative dans le contexte du carmel th&#233;r&#233;sien&lt;/strong&gt; : elle est compagne, infirmi&#232;re, secr&#233;taire, conseill&#232;re, et amie intime de sa fondatrice charismatique, Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus. Sa figure est &#233;galement repr&#233;sentative de la tradition la plus authentique de la doctrine th&#233;r&#233;sienne, par sa mani&#232;re de vivre, de gouverner les carm&#233;lites d&#233;chauss&#233;es, par leur insertion charismatique dans l'&#201;glise, par son z&#232;le pour les &#226;mes et pour l'&#201;glise, etc. Non moins repr&#233;sentative est sa figure de mystique du XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, ou de propagatrice z&#233;l&#233;e du nouveau style de vie th&#233;r&#233;sien dans la restauration catholique en France et en Flandre au d&#233;but du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les abondants &#233;crits autographes ainsi que les copies dignes de foi d'autres &#233;crits autographes de la Bienheureuse sont une base s&#251;re pour constater qu'il s'agit d'une personnalit&#233; d'une importance consid&#233;rable, aussi bien dans l'histoire et dans la mystique que dans l'atmosph&#232;re historique propre au carmel th&#233;r&#233;sien et dans le cadre g&#233;n&#233;ral de l'&#201;glise Catholique des XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme sainte Th&#233;r&#232;se, &lt;strong&gt;elle &#233;crivit beaucoup selon les circonstances&lt;/strong&gt;, mais elle pr&#233;f&#233;rait le travail manuel pour subvenir &#224; ses besoins quotidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On rel&#232;ve une augmentation du nombre de ses &#233;crits dans la derni&#232;re &#233;tape de sa vie &#224; Anvers. Plusieurs &#233;v&#233;nements internes &#224; l'Ordre devaient la pousser &#224; cette intense activit&#233;.
Elle r&#233;digea de nombreux &#233;crits historico-autobiographiques. Il s&#8216;agit pour la plupart de rapports, de questions de conscience, et nous pouvons &#233;galement consid&#233;rer comme tels les trois autobiographies existantes, celles qu'elle &#233;crivit &#224; Anvers par ob&#233;issance. Des aspects historiques se m&#234;lent &#224; la pr&#233;sentation d'exp&#233;riences ou de v&#233;cus mystiques. Ces brefs r&#233;cits &#233;crits &#224; Paris (1607) sont d'int&#233;r&#234;t historique et biographique. &#192; l'&#233;poque o&#249; elle &#233;tait &#224; Avila, elle avait &#233;crit des r&#233;cits relatifs &#224; la m&#232;re Th&#233;r&#232;se et &#224; la vie des communaut&#233;s th&#233;r&#233;siennes. Elle nous a &#233;galement laiss&#233; quelques &#233;crits doctrinaux, fruits de son office de prieure, deux en particulier : &#171; Conf&#233;rences spirituelles &#187; &#8211; dont il existe diff&#233;rentes r&#233;dactions et manuscrits autographes, correspondant &#224; diff&#233;rentes &#233;poques &#8211; et &#171; M&#233;ditations sur le chemin du Christ &#187;. Dans les conf&#233;rences, elle t&#233;moignait de son sentiment et de sa pens&#233;e au sujet de la vie religieuse, du don de sa vie par amour, de sa d&#233;termination sinc&#232;re et courageuse ; Anne s'y montre impr&#233;gn&#233;e du style th&#233;r&#233;sien dans sa fa&#231;on de gouverner avec une sage p&#233;dagogie. &#192; ces &#233;crits il faut ajouter 15 po&#233;sies, motiv&#233;es par les &#233;v&#233;nements liturgiques comme No&#235;l, les Professions religieuses, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tr&#232;s nombreuses lettres de la sainte, &lt;strong&gt;toujours spontan&#233;es et simples&lt;/strong&gt;, forment un chapitre &#224; part. Elles sont &#233;crites avec une affectivit&#233; d&#233;bordante et surprenante, mais aussi avec une prudence remarquable, en certaines circonstances difficiles. 683 lettres &#8211; en majorit&#233; autographes &#8211; ont &#233;t&#233; conserv&#233;es et diss&#233;min&#233;es dans toute l'Europe, et certaines d'entre elles en Am&#233;rique. Elle &#233;crivit beaucoup (plus de 10000 lettres). Dans ces lettres, on appr&#233;cie une femme et une sainte toujours soucieuse de son prochain. Sa plus grande pr&#233;occupation &#233;tait la sant&#233; des autres, et bien des lettres manifestent son d&#233;sir de leur donner du courage et de la joie. Les diverses fondations carm&#233;litaines, en France comme en Flandre, la poussaient &#224; &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne appara&#238;t &#233;galement dans ses lettres comme &lt;strong&gt;une femme pleine de vie&lt;/strong&gt;, une religieuse qui, comme elle le dit elle-m&#234;me, ne permet &#224; personne d'&#234;tre triste, particuli&#232;rement dans les temps ou &#233;v&#233;nements liturgiques joyeux. Totalement vou&#233;e &#224; son engagement maternel au service des autres, elle fait en sorte de trouver une solution aux probl&#232;mes de ceux qui l'entourent ; il semble qu'elle ne puisse pas supporter de les voir souffrir ; les malades sont sa pr&#233;occupation pr&#233;f&#233;r&#233;e, avec les travaux quotidiens de la cuisine. Elle porte dans son &#226;me les probl&#232;mes du monde qui l'entoure : amis et bienfaiteurs, engagement et dettes, trahisons et fausset&#233;s ; tous les incidents de la vie, elle les int&#232;gre dans son &#234;tre, ce qui forge en elle une personnalit&#233; m&#251;re, pleine d'humanit&#233;, et qui tire sa vitalit&#233; de Celui en qui et pour qui elle vit : le Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de&lt;strong&gt; l'Autobiographie qu'elle r&#233;dige par ob&#233;issance&lt;/strong&gt; et qui rassemble des relations spirituelles couvrant l'ensemble de sa vie, Anne a laiss&#233; plus de 665 lettres constituant une pr&#233;cieuse documentation historique ainsi que sept conf&#233;rences aux novices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conf&#233;rences, compos&#233;es dans les ann&#233;es de maturit&#233; &#224; Anvers, t&#233;moignent de l'influence marquante de sainte Th&#233;r&#232;se et de son exp&#233;rience propre des r&#233;alit&#233;s humaines et spirituelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne saurions conclure sans recommander vivement la lecture de l'&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Autobiographie&lt;/em&gt;, indispensable pour une meilleure connaissance de la Bienheureuse Anne de Saint-Barth&#233;lemy. Son exp&#233;rience de vie y est racont&#233;e avec simplicit&#233; et chaleur, le naturel c&#244;toyant le surnaturel d'une mani&#232;re &#233;tonnante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Citations d'Anne de Saint-Barth&#233;l&#233;my &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le v&#339;u d'ob&#233;issance :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Nous n'avons rien de meilleur &#224; donner &#224; Dieu que la volont&#233;. Il fait le m&#234;me cas des petites choses faites par ob&#233;issance que des grandes, car il n'en regarde pas la grandeur, mais l'amour qu'on y apporte et le renoncement &#224; soi-m&#234;me. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le v&#339;u de chastet&#233; :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Soyons vigilantes, ayons toujours dans nos &#226;mes l'huile de la puret&#233; et croyons qu'il veut toujours nous voir exerc&#233;es et que cette huile br&#251;le toujours. C'est Sa Majest&#233; qui d&#233;pense le plus d'huile par l'amour qu'il nous t&#233;moigne et par le d&#233;sir qu'il suscite en nous d'aimer le tr&#233;sor cach&#233;. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le v&#339;u de pauvret&#233; : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; La parole de Dieu ne peut manquer de se r&#233;aliser, et il promet que tous ceux qui garderont la pauvret&#233; seront bienheureux. La pauvret&#233; consiste &#224; savoir se m&#233;priser soi-m&#234;me et toutes les cr&#233;atures ; et &#224; sortir de soi si totalement qu'il ne nous reste aucune trace d'amour-propre. Il n'y a pas de meilleure marque de pauvret&#233; et d'humilit&#233; que l'ob&#233;issance. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'observance religieuse :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; La mortification ext&#233;rieure ne vous servira gu&#232;re si elle n'est pas r&#233;gl&#233;e par l'humilit&#233; et la mortification int&#233;rieure. Que Dieu nous la donne, avec la lumi&#232;re pour conna&#238;tre ce qui nous manque. Marchons dans la crainte de Dieu et dans la sainte humilit&#233;. Les erreurs commises par pure faiblesse, il les pardonne aussit&#244;t, mais la ti&#233;deur en amour, surtout persistante, cela lui d&#233;pla&#238;t beaucoup. La connaissance de nous-m&#234;mes et l'esp&#233;rance fond&#233;e sur la foi en ses paroles, c'est notre vie. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le silence : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Voyons en Sa Majest&#233; une chose &#224; admirer, parmi toutes ses autres actions : le grand silence avec lequel il op&#233;rait tous les myst&#232;res de notre R&#233;demption. &#192; son exemple, gardons notre silence pour son amour. Faisons nos &#339;uvres pour lui seul, en silence ; c'est ce qui importe le plus. Notre-Seigneur lui-m&#234;me dit qu'il parlera en secret aux humbles de c&#339;ur&#8230; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;cr&#233;ation : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; La charit&#233;, en effet, couvre les fautes s'il y en a, et l'amiti&#233; fait oublier les amertumes et les peines qui peuvent se pr&#233;senter ; tout se change en vertu et en amour mutuel. Si la rigueur n'est pas accompagn&#233;e de prudence, on y renoncera au bon moment. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La formation des novices :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Si on les conduit avec prudence et amour, on obtiendra qu'elles prennent les amertumes pour des douceurs. Il est bon de leur parler avec franchise et de leur dire quelquefois nos propres fautes ou quelques-unes de nos tentations, pour leur donner le courage d'avouer les leurs. Quand on enseigne la vertu en paroles, si les &#339;uvres ne se voient pas, on l'enseigne mal. Toute la rigueur de la vie religieuse, on peut la montrer par l'amour et par l'exemple mieux que par la rigueur et les menaces. &#187;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sa vie</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Sa-vie-2121.html</link>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bienheureuse Anne de St Barth&#233;l&#233;my Introduction Pendant les ann&#233;es 2000-2010 tout particuli&#232;rement, de nombreuses &#233;tudes et commentaires ont &#233;t&#233; consacr&#233;s &#224; la figure d'Anne de Saint Barth&#233;lemy. Sa personnalit&#233; est de plus en plus connue depuis la premi&#232;re publication int&#233;grale de ses &#233;crits et de ses lettres, &#224; Rome (1981, 1985). Ses &#233;crits sont la source d'information principale sur sa vie et sa doctrine. Ils nous r&#233;v&#232;lent une femme profond&#233;ment et existentiellement mystique, une femme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Anne-de-Saint-Barthelemy-.html" rel="directory"&gt;Anne de Saint-Barth&#233;l&#233;my&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2121-6c4ff.jpg?1782943922' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bienheureuse Anne de St Barth&#233;l&#233;my&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4645 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L300xH379/anne_de_sb-52288.jpg?1782936257' width='300' height='379' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4645 '&gt;&lt;strong&gt;Anne de Saint Barth&#233;l&#233;my
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pendant les ann&#233;es 2000-2010 tout particuli&#232;rement, de nombreuses &#233;tudes et commentaires ont &#233;t&#233; consacr&#233;s &#224; la figure d'Anne de Saint Barth&#233;lemy. Sa personnalit&#233; est de plus en plus connue depuis la premi&#232;re publication int&#233;grale de ses &#233;crits et de ses lettres, &#224; Rome (1981, 1985). Ses &#233;crits sont la source d'information principale sur sa vie et sa doctrine. Ils nous r&#233;v&#232;lent une femme profond&#233;ment et existentiellement mystique, une femme qui vivait ce qu'elle croyait, mais qui faisait aussi souvent l'exp&#233;rience de ce qu'elle croyait. Il suffit d'avoir entre les mains, une de ses biographies pour constater que toute la vie d'Anne a &#233;t&#233; une succession continuelle de gr&#226;ces de Dieu ou d'exp&#233;riences mystiques, et cela depuis son enfance jusqu'&#224; sa mort. Anne est une femme fondamentalement mystique, d&lt;strong&gt;&#233;bordante d'amour &lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;d'affection&lt;/strong&gt;. Elle a une affectivit&#233; exub&#233;rante et surprenante, simple et humble &#224; l'extr&#234;me. Son c&#339;ur affectueux s'&#233;tend &#224; toutes les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233; de son temps : les gouvernants et aristocrates, militaires et civils, cardinaux et &#233;v&#234;ques, jeunes et vieux, hommes et femmes, de nombreuses personnes anonymes, des femmes avec des soucis de famille, et principalement ses soeurs et fr&#232;res carmes, qu'ils soient sup&#233;rieurs ou subalternes. En ce qui la concerne, elle vibre intens&#233;ment aux &#233;v&#233;nements sociopolitiques et religieux, en particulier &#224; ceux de son Ordre auxquels elle prend part, et elle est marqu&#233;e sp&#233;cialement par ceux qu'elle a v&#233;cus aux c&#244;t&#233;s de la m&#232;re Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus pendant les six derni&#232;res ann&#233;es de la vie de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. &#201;tapes de sa vie&lt;/h2&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1) Enfance et jeunesse (1549-1570)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Entre les r&#233;gions montagneuses au nord de Tol&#232;de, dans les terres de Novalmorcuende, se trouvait El Almendral, aujourd'hui : Almendral de la Canada. C'est l&#224; qu'est n&#233;e, Ana Garcia, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre 1549. Elle est la sixi&#232;me des sept enfants de Hernan Garcia et de Maria Manzanas : Maria (1533), Hernando (1538), Benito (1540), Diego (1542), Catalina (1545), Anne (1549) et Florentina (1554). Les parents sont bons chr&#233;tiens et vivent l'esprit de charit&#233; : leur compassion envers les pauvres et les malades du village est &#233;mouvante. Le dimanche est le jour par excellence de leur manifestation chr&#233;tienne. Avant la Messe ils se portent au secours des pauvres et des n&#233;cessiteux et leur distribuent du pain et du vin ; la m&#232;re rend visite aux malades, leur donne du linge et des m&#233;dicaments et m&#234;me, les sert personnellement ; avec grande compassion elle recueille chez elle des enfants &#224; moiti&#233; abandonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La famille est ais&#233;e, elle poss&#232;de des vignobles, des troupeaux, des champs de bl&#233; ; elle a des domestiques &#224; son service et peut m&#234;me s'offrir un ma&#238;tre d'&#233;cole priv&#233;, un pr&#234;tre qui exerce ses fonctions &#224; domicile, tout en apprenant &#224; lire et &#224; &#233;crire aux enfants. Il enseigne le cat&#233;chisme aux filles et leur apprend &#224; lire quelques romans. La famille se r&#233;unit habituellement autour de la &lt;strong&gt;lecture des Vies de saints&lt;/strong&gt;. Dans cette atmosph&#232;re spirituelle se forme peu &#224; peu l'&#226;me de la future carm&#233;lite ; l'amour de l'&#201;glise, la m&#233;ditation de la vie des saints, et plus particuli&#232;rement celle de la Passion du Christ sera le pain quotidien de son &#226;me, tout au long de sa vie. Le milieu de son enfance a favoris&#233; son &lt;strong&gt;d&#233;sir de se donner &#224; Dieu&lt;/strong&gt; en devenant religieuse. Anne n'a que neuf ans &#224; la mort de sa m&#232;re. C'est en 1558. L'ann&#233;e suivante elle perd aussi son p&#232;re. Son grand fr&#232;re et sa grande s&#339;ur lui tiennent alors lieu de parents. Avec l'absence des parents, le poids des travaux domestiques et des labeurs des champs se fait sentir d'avantage et la jeune Anne doit s'occuper d&#233;sormais de la modeste t&#226;che de garder le b&#233;tail. Nous la voyons ainsi, en train de faire pa&#238;tre un petit troupeau de brebis, pendant que les a&#238;n&#233;s sont affair&#233;s aux labours, aux moissons du bl&#233; et &#224; d'autres besognes. En de nombreuses sc&#232;nes, Anne d&#233;crit comment la pr&#233;sence de J&#233;sus remplit intens&#233;ment sa vie aux champs et ces r&#233;cits comptent parmi les chapitres les plus fascinants de sa vie. Elle &#233;volue entre r&#234;ves et r&#233;alit&#233;s. Mais quoi qu'il en soit, la pr&#233;sence du Christ est une constante tout au long de sa vie et se r&#233;v&#232;le de mani&#232;re effective, concr&#232;te et tangible en toutes les circonstances aussi diverses soient-elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne grandit. Elle est forte et saine. Son amie d'enfance et de jeunesse, Francisca a laiss&#233; une description de son aspect physique : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Elle avait un beau naturel, un tr&#232;s beau corps, de stature moyenne, les traits de son visage &#233;taient gracieux, et m&#234;me si ses fr&#232;res et s&#339;urs &#233;taient de bonne apparence, elle les d&#233;passait en beaut&#233;. &lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fr&#232;res, la voyant d&#233;j&#224; assez grande, pensent &#224; lui pr&#233;parer un mariage et lui pr&#233;sentent un jour un jeune homme, le fr&#232;re de son beau-fr&#232;re. Mais Anne d&#233;joue leurs plans de mani&#232;re ing&#233;nieuse. Elle est d&#233;cid&#233;e &#224; se donner &#224; Dieu. Elle a 19 ou 20 ans lorsqu'un pr&#234;tre d'Avila arrive au village. Les deux cousines et amies, Anne et Francisca, se confessent &#224; lui. Le pr&#234;tre est impressionn&#233; par Anne et lui parle de la m&#232;re Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus et de sa fondation &#224; Avila. Ce faisant, il ouvre le ciel &#224; Anne. Elle lui confie aussit&#244;t son d&#233;sir secret d'&#234;tre religieuse. Il envoie un rapport &#224; Saint Joseph d'Avila, par l'interm&#233;diaire d'un autre pr&#234;tre, Francisco de Guzman, un grand ami de sainte Th&#233;r&#232;se. C'est alors seulement qu'Anne s'ouvre &#224; ses fr&#232;res. Ils ne voient pas d'un bon &#339;il son d&#233;sir de se faire religieuse carm&#233;lite, mais ils acceptent, et son fr&#232;re a&#238;n&#233; Hernando finit par la conduire &#224; Avila. Cette premi&#232;re visite se r&#233;v&#232;le satisfaisante autant pour Anne que pour les religieuses. Mais il faut attendre la permission du sup&#233;rieur et Anne doit revenir &#224; El Almendral et patienter encore pendant plusieurs mois. Malgr&#233; les difficult&#233;s que lui oppose sa famille, elle obtient son d&#233;part pour Avila. C'est l&#224; qu'elle arrive la veille de la Toussaint et que la communaut&#233; la re&#231;oit le jour des Ames du purgatoire, le 2 novembre 1570.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2) Vie carm&#233;litaine avec la m&#232;re Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus (1570-1582)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'elle est au Carmel de Saint-Joseph d'Avila elle se trouve dans son &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#233;l&#233;ment de repos et de gloire &lt;/em&gt; &#187;. Il n'y a plus d'obstacle &#224; la pr&#233;sence du Christ. Elle peut l'aimer et vivre pour lui, et se donner enti&#232;rement au service de ses s&#339;urs dans la vie quotidienne : &lt;strong&gt;servir et se rendre agr&#233;able&lt;/strong&gt;. Voil&#224; sa vocation v&#233;ritable. Mais tr&#232;s vite un changement se produit : la qui&#233;tude des premiers jours dispara&#238;t et avec elle, la pr&#233;sence amoureuse de Dieu dans laquelle elle &#233;voluait continuellement, la joie spirituelle, la paix int&#233;rieure qu'elle avait toujours ressentie ; et voici, qu'au contraire, dit-elle, &#171; &lt;strong&gt;le Seigneur se cacha et je restais dans l'obscurit&#233;. &lt;/strong&gt; &#187; Mais cela ne dure que le temps du noviciat. La sup&#233;rieure, Marie de Saint-J&#233;r&#244;me, le lui avait bien dit : le Seigneur revient bient&#244;t. Pendant l'ann&#233;e de noviciat, Anne travaille beaucoup, la maison est pauvre et se trouve encore en travaux. Pendant que les ouvriers s'en vont prendre le repas, les religieuses se mettent &#224; l'&#339;uvre et font ensemble ce qui est en leur pouvoir. Anne est vigoureuse, elle propose volontiers ses services et les s&#339;urs l'appr&#233;cient. Elle remplit encore les offices de porti&#232;re, de cuisini&#232;re, d'infirmi&#232;re, etc. Le 15 ao&#251;t 1571, elle fait Profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la m&#232;re Th&#233;r&#232;se revient &#224; son monast&#232;re de Saint Joseph, elle ne veut pas encore associer la jeune Anne &#224; ses activit&#233;s de fondatrice. Celle-ci n'aurait d'ailleurs pas &#233;t&#233; en &#233;tat de suivre la m&#232;re vers les fondations de B&#233;as et S&#233;ville. Elle souffre d'une &#233;trange maladie, qui va durer jusqu'au retour de Th&#233;r&#232;se, c'est-&#224;-dire deux ans environ (1575-1577). Anne est &#233;puis&#233;e par tant de t&#226;ches. Elle est consum&#233;e par l'intensit&#233; de ses ferveurs spirituelles, par l'imp&#233;tuosit&#233; de ses exp&#233;riences mystiques et de ses &#233;lans int&#233;rieurs auxquels elle est impuissante &#224; r&#233;sister. Elle semble proche de la mort. Les m&#233;decins, appel&#233;s &#224; son chevet, ne savent pas de quel mal elle souffre et leurs rem&#232;des sont inefficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la m&#232;re Th&#233;r&#232;se revient &#224; Saint Joseph d'Avila vers la fin du mois de juillet 1577, elle fait venir Anne dans sa cellule, aupr&#232;s d'elle, elle la caresse et lui redonne courage, elle lui ordonne de faire des efforts et d'aller donner &#224; manger aux malades. Anne se trouve dans un &#233;tat lamentable, mais elle ob&#233;it aussit&#244;t et se rend aupr&#232;s des malades. Et voici que le Christ lui redonne courage et aussit&#244;t elle se sent mieux. Elle retourne chez la m&#232;re et lui raconte ce qui s'est pass&#233; et comment elle se sent. La sainte lui r&#233;pond : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Va, ma fille, sois bonne infirmi&#232;re et ne viens pas me demander la permission de ce dont tu as besoin pour ton service. Sois leur prieure, le Seigneur t'aidera.&lt;/em&gt; &#187; L'activit&#233; d'Anne &#224; l'infirmerie est une des plus int&#233;ressantes. La jeune s&#339;ur met en effet tout son c&#339;ur au service des malades, avec une affection, une patience et une sollicitude impressionnantes. &lt;strong&gt;Elle prend &#224; c&#339;ur de soulager la douleur des autres, elle prend soin des corps malades et soulage aussi les &#226;mes en difficult&#233;s spirituelles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; son retour &#224; Avila en juillet 1577, Th&#233;r&#232;se exprime &#224; Anne son affection et lui dit avoir regrett&#233; son absence : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je ne vous laisserai plus, ma fille&lt;/em&gt;. &#187; Effectivement, depuis ce temps, elles vivront ins&#233;parablement unies jusqu'&#224; la mort de la sainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne, quant &#224; elle, s'emploie &lt;strong&gt;de tout son c&#339;ur &#224; servir sa fondatrice&lt;/strong&gt;, qui est d&#233;j&#224; tr&#232;s souffrante et malade. &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Elle entoure la m&#232;re de son amour, lui tient compagnie et lui vient en aide avec tr&#232;s grand plaisir et promptitude&lt;/em&gt; &#187;. Rappelons qu'au cours des f&#234;tes de la Nativit&#233; de 1577, Th&#233;r&#232;se, est tomb&#233;e dans les escaliers de Saint-Joseph d'Avila, qu'elle s'est cass&#233; le bras gauche, et ne peut s'en servir qu'avec peine. Anne dira m&#234;me, avec grande simplicit&#233; et humilit&#233;, que la m&#232;re s'est tellement bien accommod&#233;e de ses services &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;quelle se sentait perdue sans elle &lt;/em&gt; &#187;. Cela s'est v&#233;rifi&#233; en effet pendant les derniers voyages, lors des maladies de Th&#233;r&#232;se et au moment de sa mort. Anne a certainement &#233;t&#233; l'ombre b&#233;nie de la fondatrice tout au long de ces ann&#233;es de fondations, sur les chemins interminables de Castille. En hiver comme en &#233;t&#233;, au temps de froid vif comme de chaleur torride, pendant les jours de pluie quand les charrettes s'enfoncent dans la boue et au long des sentiers remplis d'emb&#251;ches et de p&#233;rip&#233;ties, au milieu des maladies et des probl&#232;mes de sant&#233; de la m&#232;re, Th&#233;r&#232;se et Anne effectuent ensemble quatre longs voyages de fondations. Le premier, s'&#233;tend de juin &#224; novembre 1579 : elles vont &#224; M&#233;dina, Valladolid, Alba de Tormes et Salamanque puis retournent &#224; Avila.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second va de novembre de la m&#234;me ann&#233;e jusqu'en juillet 1580 : elles visitent la communaut&#233; de Malagon et installent la nouvelle fondation de Villanueva de la Jara. Au retour elles passent par Tol&#232;de, Madrid et S&#233;govie, toujours plong&#233;es dans les occupations multiples de leurs communaut&#233;s et des projets de fondation. Au cours du troisi&#232;me voyage &#8211; &#224; partir du mois d'ao&#251;t 1580 jusqu'en septembre 1581 &#8211; elles partent d'Avila, passent par les communaut&#233;s de M&#233;dina et de Valladolid, pour r&#233;aliser les fondations de Palencia
(29 d&#233;cembre) et de Soria (14 juin 1581). Elles retournent &#224; Avila en passant par S&#233;govie. Le quatri&#232;me voyage (de janvier &#224; octobre 1582) est aussi le dernier de Th&#233;r&#232;se. La m&#232;re Fondatrice et Anne partent d'Avila le 2 janvier, passent par les communaut&#233;s de Medina del Campo, Valladolid et Palencia pour arriver &#224; Burgos le 26 janvier apr&#232;s un voyage d&#233;sastreux en raison de nombreux incidents caus&#233;s par les intemp&#233;ries. Th&#233;r&#232;se est tr&#232;s malade. Finalement, apr&#232;s toutes sortes d'adversit&#233;s, la fondation est achev&#233;e le 19 avril. Et lorsque la maison est enfin am&#233;nag&#233;e et &#224; peu pr&#232;s confortable, elle se trouve brusquement inond&#233;e et d&#233;vast&#233;e par la grande crue de l'Arlanzon qui a lieu dans la nuit du 23 au 24 mai, o&#249; elles ont failli p&#233;rir toutes les deux avec les autres s&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 juillet elles entreprennent le chemin du retour pour Avila. Elles passent par les communaut&#233;s de Valladolid et de M&#233;dina o&#249; la m&#232;re a quelques d&#233;sagr&#233;ments avec les prieures ; et c'est &#224; M&#233;dina que le sup&#233;rieur, Antoine de J&#233;sus, modifie leur itin&#233;raire et leur commande d'aller &#224; Alba de Tormes. Elles arrivent le 20 septembre. Deux semaines plus tard la m&#232;re Th&#233;r&#232;se meurt entre les bras d'Anne. Celle-ci ne s'est pas &#233;loign&#233;e du chevet de la Fondatrice ; sa compagnie apaise la m&#232;re &#224; cette heure difficile. Voici comment Anne d&#233;crit le moment de la mort de Th&#233;r&#232;se :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt; &#171; L'apr&#232;s-midi, le p&#232;re Antonio de J&#233;sus alla rendre visite &#224; la Fondatrice, et en voyant qu'Anne &#233;tait encore l&#224;-bas et qu'elle ne se reposait pas, il lui demanda d'aller manger quelque chose &#187; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt; ; c'est pr&#233;cis&#233;ment le moment si important et si significatif autant pour Th&#233;r&#232;se que pour Anne :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Et, moi m'en allant, la sainte ne s'apaisait pas, elle regardait d'un coin &#224; l'autre de la pi&#232;ce. Et le p&#232;re lui demanda si elle me voulait aupr&#232;s d'elle, et par signes elle dit que oui et ils me rappel&#232;rent. Et comme je venais, d&#232;s qu'elle me vit elle se mit &#224; rire ; et elle me manifesta tant de remerciements et d&#8216;amour qu'elle me prit dans ses mains et mit sa t&#234;te dans mes bras ; et c'est l&#224; qu'elle est rest&#233;e serr&#233;e dans mes bras jusqu'&#224; ce qu'elle expir&#226;t, et j'&#233;tais, moi, plus morte que la sainte elle-m&#234;me. &#187;&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3) H&#233;riti&#232;re du charisme th&#233;r&#233;sien et fondatrice (1582-1626)&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;3.1. En Espagne (1582-1604)&lt;/h4&gt;&lt;div class='spip_document_4646 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;68&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L300xH461/anne028-fb464.jpg?1782936257' width='300' height='461' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4646 '&gt;&lt;strong&gt;L'apparition de sainte Th&#233;r&#232;se de J&#233;sus &#224; Anne de Saint-Barth&#233;lemy
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec la mort de la m&#232;re Th&#233;r&#232;se un horizon surprenant s'ouvre devant Anne : L'action de Th&#233;r&#232;se prend une nouvelle forme et se rend perceptible de mani&#232;re vivante dans la vie et l'&#339;uvre de celle qui fut sa &lt;strong&gt;fille de pr&#233;dilection&lt;/strong&gt;. La glorieuse Th&#233;r&#232;se a une grande part dans la vie spirituelle, mystique et carm&#233;litaine d'Anne ainsi que dans la plupart de ses choix et d&#233;cisions personnelles. La sainte reste vivante en celle qui lui succ&#232;de : la vie et les &#233;crits d'Anne de Saint Barth&#233;lemy que nous avons examin&#233;s nous en donnent la certitude. Apr&#232;s Alba, Anne retourne &#224; Avila, et le 3 novembre Marie de Saint J&#233;r&#244;me est &#233;lue prieure. Anne ne peut pas oublier la m&#232;re Th&#233;r&#232;se. Un jour pendant sa pri&#232;re, la m&#232;re lui appara&#238;t et lui dit qu'elle peut lui demander ce qu'elle veut. Alors, &#224; la mani&#232;re du proph&#232;te &#201;lis&#233;e qui demanda &#224; son ma&#238;tre Elie une double part de son esprit, Anne lui r&#233;pond : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je vous demande l'esprit de Dieu, qu'il soit toujours en mon &#226;me.&lt;/em&gt; &#187; Effectivement pendant les graves probl&#232;mes qui ont agit&#233; l'Ordre, quelques ann&#233;es plus tard, on a vu comment elle rappelait les principes th&#233;r&#233;siens avec grande d&#233;termination. Au cours du chapitre provincial du 11 mai 1585 qui s'est tenu &#224; Lisbonne, l'&#233;lection du p&#232;re Nicolas Doria a provoqu&#233; des craintes : on est pass&#233; du gouvernement si personnel du p&#232;re Gratien &#224; un gouvernement plus collectif, celui de la Consulte, ce qui a suscit&#233; du m&#233;contentement chez de nombreuses religieuses. Par la suite, &#224; l'initiative de quelques religieuses, le Bref &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Salvatoris&lt;/em&gt; &#187; (1590) est promulgu&#233; secr&#232;tement pour garder int&#233;grales les constitutions th&#233;r&#233;siennes &#8211; lesquelles avaient d&#233;j&#224; subi certains changements. L'obtention de ce Bref donna lieu &#224; une s&#233;rie de graves incidents. En effet le p&#232;re Doria, surpris, s'oppose, et commence &#224; travailler pour obtenir un autre document papal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne de Saint Barth&#233;lemy donne son appui &#224; la prieure, Marie de Saint J&#233;r&#244;me et celle-ci adopte une position ferme et d&#233;cid&#233;e en faveur du p&#232;re Doria, sup&#233;rieur l&#233;gitime de l'Ordre. Elle d&#233;sapprouve l'action de la m&#232;re Anne de J&#233;sus et de celles qui sont &#224; l'origine du Bref. Le 25 avril 1591, le p&#232;re Doria finit par obtenir de Gr&#233;goire XIV, le Bref &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Quoniam non ignoramus &lt;/em&gt; &#187;, qui r&#233;pond en grande partie &#224; ses d&#233;sirs. Les choses reviennent &#224; une situation similaire &#224; celle d'avant 1590, mais la flamme allum&#233;e prendra feu vingt-trois ans plus tard en Flandre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation difficile, le 13 septembre 1591, Marie de Saint J&#233;r&#244;me est &#233;lue prieure &#224; Madrid ; elle demande aux sup&#233;rieurs d'emmener avec elle Anne de Saint Barth&#233;lemy. Celle-ci reste fid&#232;le &#224; sa vocation de service et s'ing&#233;nie &#224; donner de la joie &#224; toutes. Elle fait &#339;uvre de paix dans la communaut&#233; de Madrid. C'est une belle t&#226;che de pacification et de normalisation qu'elle effectue par le biais de la vie fraternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie et Anne reviennent &#224; Avila en septembre 1594. Mais elles repartent pour une autre fondation &#224; Ocana, o&#249; elles demeurent trois ans. Les quatre ann&#233;es suivantes &#224; Avila sont v&#233;cues dans l'expectative du projet de fondation en France. Le c&#339;ur d'Anne br&#251;le pour la cause des &#226;mes qui se perdent en France et le Christ la remplit du feu apostolique.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;3.2. En France (1604-1611)&lt;/h4&gt;&lt;div class='spip_document_4647 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L384xH392/cardinaldeberulle-284a5.jpg?1782936257' width='384' height='392' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4647 '&gt;&lt;strong&gt;Cardinal Pierre de B&#233;rulle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;part de quelques carm&#233;lites vers la France constitue finalement un des faits les plus importants de l'histoire de l'ordre de sainte Th&#233;r&#232;se. Suite &#224; de longues et habiles n&#233;gociations engag&#233;es par Pierre de B&#233;rulle avec les sup&#233;rieurs de l'Ordre en Espagne, il est convenu de laisser partir six carm&#233;lites : Anne de J&#233;sus (1546-1621), Isabelle des Anges pr&#233;vue comme prieure (1565-1644), B&#233;atrice de la Conception (1549-1646), El&#233;onore de Saint Bernard (1577-1639), Isabelle de Saint Paul (1560-1641) et la soeur du voile blanc, Anne de Saint Barth&#233;lemy qui est la principale carm&#233;lite aux yeux de B&#233;rulle. Le jeune Pierre de B&#233;rulle (1575-1629) deviendra l'un des hommes les plus importants de son temps, et un des plus grands acteurs du renouveau spirituel et de la restauration catholique du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en France, une grande personnalit&#233;, qui finira m&#234;me cardinal. Mais c'est quand m&#234;me Jean de Br&#233;tigny qui a le plus oeuvr&#233; au service de cette entreprise carm&#233;litaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe des carm&#233;lites part le 29 ao&#251;t 1604. Elles passent par Burgos, Vitoria, Irun, Bayonne ; au cours de cette derni&#232;re partie du voyage, de fortes intemp&#233;ries leur causent plusieurs accidents. Elles se dirigent ensuite vers Bordeaux, Saintes, Poitiers et arrivent &#224; Saint-Denis/Paris le 16 octobre. Le 17 octobre, Jean de Br&#233;tigny c&#233;l&#232;bre la Messe dans la basilique Saint-Denis. Le 18 octobre les six carm&#233;lites arrivent &#224; leur maison provisoire. L'&#233;v&#234;que de Paris, Henri de Gondi, assiste &#224; l'arriv&#233;e des carm&#233;lites dans leur couvent. Trois jours plus tard, la reine Marie de M&#233;dicis vient avec sa suite visiter les carm&#233;lites espagnoles
Anne de Saint Barth&#233;lemy s'emploie imm&#233;diatement &#224; sa t&#226;che au service de la cuisine&#8230; Mais bient&#244;t on la fait changer de fonction. On l'oblige en effet &#224; prendre le voile noir pour la faire prieure. Pour Pierre de B&#233;rulle, c'&#233;tait &#233;vident. &#192; &lt;a href=&#034;http://www.madame-acarie.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Madame Acarie&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (qui a jou&#233; un r&#244;le de premier plan dans la fondation), il &#233;crit en effet que sainte Th&#233;r&#232;se elle-m&#234;me avait voulu donner le voile noir &#224; Anne et la faire prieure et fondatrice ; et il en &#233;tait de m&#234;me pour les sup&#233;rieurs de l'Ordre. Apr&#232;s quelques semaines de consultations et de pri&#232;res on lui donne le voile noir, faisant d'elle une s&#339;ur de ch&#339;ur le jour de l'octave de l'&#201;piphanie, c'est-&#224;-dire le 13 janvier 1605.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t elle part fonder le &lt;strong&gt;Carmel de Pontoise&lt;/strong&gt;, et devient sa premi&#232;re prieure. Le 15 janvier on y c&#233;l&#232;bre la Messe et l'on pose le Saint Sacrement, comme sainte Th&#233;r&#232;se le faisait &#224; chaque fondation. Le jour suivant quatre postulantes prennent l'habit. Anne est heureuse &#224; Pontoise en voyant les novices et les postulantes dans l'observance des constitutions th&#233;r&#233;siennes. &lt;strong&gt;Elle se donne enti&#232;rement &#224; l'enseignement du charisme th&#233;r&#233;sien&lt;/strong&gt;, en vivant en totale fraternit&#233; et en pr&#233;sence du Christ. Mais apr&#232;s presque neuf mois, le 5 octobre, elle doit quitter Pontoise pour &#234;tre prieure de la communaut&#233; de Paris ; elle sort &#224; deux heures du matin dans le secret le plus absolu, et d&#233;guis&#233;e, pour que personne dans la communaut&#233; et dans la ville ne l'emp&#234;che de partir. Pierre de B&#233;rulle et le neveu d'Anne, Toribio Monzanas, &#233;tudiant en th&#233;ologie l'accompagnent. La communaut&#233; de Paris, qui l'attend, n'est compos&#233;e que d'une seule religieuse Professe, El&#233;onore de Saint Bernard, et de nombreuses novices. Quelques mois plus tard elles seront au nombre de 18. La Bienheureuse se livre enti&#232;rement &#224; la t&#226;che de cr&#233;er une bonne communaut&#233;, une famille dans laquelle le Christ serait l'amour de toutes. Et elle est contente parce que tout se d&#233;roule bien, dans une grande fraternit&#233;, malgr&#233; la difficult&#233; de la langue. La prieure s'efforce plus particuli&#232;rement de transmettre le charisme re&#231;u de sainte Th&#233;r&#232;se. Anne souhaite de vivre sous le gouvernement des p&#232;res carmes, et elle commence peu &#224; peu &#224; semer l'amour de l'Ordre dans le c&#339;ur des religieuses ; et les religieuses grandissent avec ce m&#234;me d&#233;sir en faveur des carmes et se rangent totalement aux c&#244;t&#233;s de leur prieure. Anne commence m&#234;me &#224; en parler &#224; Catherine d'Orl&#233;ans, Princesse de Longueville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que Pierre de B&#233;rulle change compl&#232;tement d'attitude envers la Bienheureuse. Il s'emploie &#224; &#244;ter des religieuses le d&#233;sir de faire venir les p&#232;res carmes. D&#232;s lors Anne souffre intens&#233;ment pendant deux ans, au point de craindre pour sa vie : elle vit une v&#233;ritable nuit obscure. En effet Pierre de B&#233;rulle l'oblige &#224; &#234;tre prieure, mais ne la laisse pas exercer sa fonction, ce qui est contraire &#224; l'esprit et aux constitutions de sainte Th&#233;r&#232;se. Vers la fin du triennat, Anne est demand&#233;e pour fonder un carmel &#224; Tours. Elle quitte Paris le 5 mai 1608 et arrive &#224; Tours quatre jours plus tard. Et la fondation a lieu le dimanche suivant la f&#234;te de l'Ascension ; on pose le Saint Sacrement. C'est le 18 mai. Les autorit&#233;s locales et la population participent nombreux &#224; la fondation. &#192; Tours la situation sociale et religieuse est un peu diff&#233;rente de celle de Paris ; en effet, il y a l&#224; de nombreux protestants ou calvinistes qui n'appr&#233;cient gu&#232;re la venue des carm&#233;lites et disent du mal &#224; leur sujet. Avec l'aide de ses jeunes soeurs, Anne parvient cependant &#224; retourner la situation. Elle se fait respecter et obtient m&#234;me quelques conversions. Elle nous raconte le fait suivant :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; un jour dans la maison d'un grand h&#233;r&#233;tique riche, ils firent un trou donnant sur la basse-cour o&#249; nous avions des poules ; je le fis boucher, disant que l'un de ses domestiques voulait nous prendre les poules et que je ne croyais pas que le ma&#238;tre de maison le s&#251;t, car c'&#233;tait un homme tr&#232;s honorable. Cela le confondit : que nous ne pensions pas qu'il &#233;tait h&#233;r&#233;tique. On me dit qu'il se fit chr&#233;tien pour avoir vu que nous ne nous plaignions pas devant les magistrats qui &#233;taient venus faire une enqu&#234;te, mais que nous le tenions au contraire pour honorable &#187;.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, la r&#233;putation du couvent s'&#233;tendit et l'on disait : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Ces Th&#233;r&#233;siennes que nous n'aimons pas, elles vont tous nous convertir &#224; la foi.&lt;/em&gt; &#187; Et la Bienheureuse ajoute : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;En v&#233;rit&#233; je le d&#233;sirais.&lt;/em&gt; &#187; Le labeur effectu&#233; par Anne de Saint Barth&#233;lemy en France est consid&#233;rable &#224; bien des niveaux. L'&#233;diteur des lettres de Pierre de B&#233;rulle et son biographe disent &#224; juste titre, qu'Anne de Saint Barth&#233;lemy, &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;m&#233;rite, dans l'histoire de la restauration catholique en France, une place que les historiens ne lui ont pas encore donn&#233;e&lt;/em&gt; &#187; (et ce par sa participation et son influence dans l'histoire du carmel th&#233;r&#233;sien fran&#231;ais et dans la vie spirituelle de Pierre de B&#233;rulle).&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt; 3.3. En Flandre (1611-1626)&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Finalement la Bienheureuse perd tout espoir de pouvoir vivre en France sous la juridiction de l'Ordre, Pierre de B&#233;rulle lui faisant obstacle. Sous les conseils des sup&#233;rieurs carmes des Pays-Bas et avec l'autorisation du p&#232;re g&#233;n&#233;ral, elle d&#233;cide de partir pour la Flandre. Accompagn&#233;e du p&#232;re S&#233;bastien de Saint Fran&#231;ois, elle arrive &#224; Mons le 10 octobre. Elle y demeure un an et six jours avant de partir pour Anvers, le 17 octobre 1612. Elle se met en route avec quatre autres religieuses, le p&#232;re Thomas de J&#233;sus et le p&#232;re Augustin de Saint Hilaire les accompagnent. Ils s'arr&#234;tent &#224; Mariemont, &#224; 20 kilom&#232;tres de Mons, dans le palais de l'infante Isabelle Claire Eug&#233;nie et de son &#233;poux Albert. C'est un moment de rencontre inoubliable avec les souverains de Flandre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19, elles partent pour Bruxelles o&#249; elles arrivent l'apr&#232;s-midi du 20. Anne de J&#233;sus et les s&#339;urs les re&#231;oivent au chant du Te Deum, avec des cierges &#224; la main. Elles s'arr&#234;t&#232;rent l&#224; huit jours. &#192; leur d&#233;part, elles emm&#232;nent El&#233;onore de Saint Bernard avec elles, comme sup&#233;rieure de la nouvelle fondation. Le 29 octobre elles arrivent enfin &#224; Anvers. Elles s&#233;journent dans la maison du noble Ignace de Borja et de son &#233;pouse H&#233;l&#232;ne de Bossu qui resteront toujours de grands amis de la Bienheureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les 50 florins qu'elles ont emport&#233;s, elles parviennent &#224; louer une maison &#224; c&#244;t&#233; de la paroisse St. Jacques si bien que le jour du 6 novembre la fondation a lieu avec la c&#233;l&#233;bration de la Messe aux frais des j&#233;suites. Le Saint Sacrement est pos&#233; avec la permission formelle de l'&#201;v&#234;que d'Anvers.&lt;strong&gt; La fondation est effectu&#233;e en grande pauvret&#233;, sans ressources, dans la confiance en la Providence, &#224; la mani&#232;re de sainte Th&#233;r&#232;se&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ trois ans plus tard elles se d&#233;placent dans leur couvent d&#233;finitif. Pour la construction de la petite &#233;glise, la premi&#232;re pierre est pos&#233;e avec une tr&#232;s grande solennit&#233;. C'est le 15 ao&#251;t 1615 on y f&#234;te &#233;galement la prise d'habit d'une dame d'honneur de l'Infante en pr&#233;sence des souverains Albert et Isabelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne dirige les religieuses et forme les novices selon la p&#233;dagogie th&#233;r&#233;sienne, exigeant&lt;strong&gt; puret&#233; et simplicit&#233;, ob&#233;issance et totale ouverture&lt;/strong&gt;. &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; La prieure emploiera la loi de la douceur et n'usera de rigueur et de s&#233;v&#233;rit&#233; que dans des circonstances exceptionnelles &lt;/em&gt; &#187;. C'est un des points essentiels du charisme th&#233;r&#233;sien et un aspect important de l'humanisme et du caract&#232;re d'Anne de Saint Barth&#233;lemy. Elle essaie toujours d'accompagner avec de la douceur, et d'apr&#232;s Claire de la Croix, certains sup&#233;rieurs se sont m&#234;me beaucoup transform&#233;s au contact d'Anne. Elle disait habituellement en effet : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Seigneur, si vous devez me ch&#226;tier je pr&#233;f&#232;re que ce soit &#224; cause de trop de douceur plut&#244;t que trop de rigueur. &lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en &#233;tant &lt;strong&gt;humble, affectueuse, affable et douce&lt;/strong&gt; dans son gouvernement, la m&#232;re Anne ne manque pas cependant de la &lt;strong&gt;fermet&#233; th&#233;r&#233;sienne&lt;/strong&gt; ; d&#232;s qu'il s'agit de la claire volont&#233; de Dieu et de l'ordre des sup&#233;rieurs, elle se montre ferme et d&#233;cid&#233;e, sans h&#233;sitations, avec un courage et une audace peu ordinaires. Elle vit de mani&#232;re aust&#232;re et la pauvret&#233; lui est un exercice de lib&#233;ration ; elle dort environ trois heures par jour ; son amour des &#226;mes et de l'&#201;glise est si intense qu'il l'emp&#234;che parfois de dormir ; elle traite avec Dieu des probl&#232;mes qui accablent les autres, priant indiff&#233;remment pour tous, les personnalit&#233;s importantes aussi bien que les simples et humbles personnes du peuple avec leurs difficult&#233;s quotidiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambiance spirituelle et humaine cr&#233;&#233;e par Anne dans sa communaut&#233; d'Anvers, refl&#232;te l'esprit le plus vrai et le plus authentique de sainte Th&#233;r&#232;se. Ainsi en t&#233;moigne le p&#232;re Gratien de la M&#232;re de Dieu, sup&#233;rieur, confesseur et grand ami de sainte Th&#233;r&#232;se. &#192; l'arriv&#233;e de la Bienheureuse, la Flandre est encore sous la tr&#234;ve de 12 ans qui prendra fin en 1621. La mort d'Albert d'Autriche, survenue le 13 juillet 1621 aggrave la situation. La souverainet&#233; des Pays-Bas revient &#224; la couronne d'Espagne et l'Infante Isabelle Claire Eug&#233;nie en est la gouvernante.
Avec la fin de la tr&#234;ve les hostilit&#233;s recommencent et la guerre s'&#233;tend. La Bienheureuse traduit bien la situation quand elle &#233;crit &#224; sa cousine et amie, Francisca de J&#233;sus, le 24 mars 1621 : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Nous sommes toutes en bonne sant&#233;, mais plong&#233;es dans la guerre avec les Hollandais qui nous causent bien des ennuis. Maintenant les tr&#234;ves se terminent et tout ce pays est en armes.&lt;/em&gt; &#187; L'Infante consulte Anne sur la possibilit&#233; de faire une nouvelle tr&#234;ve. Anne d&#233;sire la r&#233;sistance tenace pour d&#233;fendre l'&#201;glise contre les mensonges. Mais un jour elle s'entend dire de la part du Seigneur : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; Je pr&#233;f&#232;re la paix plut&#244;t que les tr&#234;ves.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre affecte de tr&#232;s pr&#232;s la communaut&#233; d'Anne. Elle survit &#224; deux prises d'assaut successives, celle du ch&#226;teau d'Anvers et celle de la ville ; le si&#232;ge de Berg op Zoom a lieu du 2 et 3 d&#233;cembre 1622 ; et deux ans plus tard, la ville d'Anvers subit une attaque surprise, dans la nuit du 13 au 14 octobre 1624 pendant le si&#232;ge de Breda. Pendant la nuit, la prieure r&#233;unit ses soeurs pour prier et voici qu'une temp&#234;te vient &#224; nouveau d&#233;jouer les plans de Maurice de Nassau. Tous sont convaincus avec l'Infante Isabelle et les soldats en t&#234;te, que cette deuxi&#232;me lib&#233;ration est due aux pri&#232;res d'Anne de Saint Barth&#233;lemy. Isabelle Claire Eug&#233;nie informe le Roi de cet &#233;v&#233;nement important et fait allusion &#224; l'aide apport&#233;e par Anne de Saint Barth&#233;lemy. Apr&#232;s le si&#232;ge, lorsque l'Infante se rend &#224; Breda, elle vient par deux fois rendre visite &#224; la m&#232;re Anne, la premi&#232;re fois le 11 juin et puis &#224; son retour, le 10 juillet 1625.
Les deux derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, la Bienheureuse souffre de plusieurs maladies, son corps est &#224; bout. Le 7 f&#233;vrier 1626, elle re&#231;oit en vision, la visite de la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233;. Cette exp&#233;rience est racont&#233;e au dernier paragraphe de l'autobiographie d'Anvers. Elle a lieu exactement quatre mois avant sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Infante lui envoie depuis Bruxelles le docteur Paz et d'autres m&#233;decins pour l'assister personnellement ; Isabelle Claire Eug&#233;nie et sa suite sont pr&#233;occup&#233;es &#224; son sujet. Quelques dames de la Cour viennent aussi lui rendre visite et quand elle se rend compte de cet exc&#232;s d'&#233;gards, elle est confuse et dit &#224; Dieu : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Comment, Seigneur, pouvez-vous supporter qu'une pauvre carm&#233;lite fasse un tel bruit ? Non, Seigneur, ne permettez pas cela, mais emmenez-moi sans bruit ni tapage. &lt;/em&gt; &#187; Et elle continue : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Une pauvre carm&#233;lite ne devrait pas faire autant de bruit &#224; sa mort.&lt;/em&gt; &#187; Elle demande &#224; Dieu de l'emmener sans que personne ne le sache. Et effectivement, quelques jours plus tard, son d&#233;sir est exauc&#233; ; sa mort prend au d&#233;pourvu ses amis et les grands de la Cour. Elle a lieu le 7 juin 1626, dimanche de la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233;, vers deux heures de l'apr&#232;s-midi. Anne a 76 ans, huit mois et sept jours. La nouvelle attire aussit&#244;t une foule de gens au couvent. Son corps est expos&#233; dans le ch&#339;ur ; les gens viennent pour emporter un souvenir ; ils apportent vingt mille chapelets et images pour qu'ils touchent le corps de la v&#233;n&#233;rable d&#233;funte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'enterre le mardi en pr&#233;sence de l'&#233;v&#234;que d'Anvers et des magistrats de la ville, pendant que le p&#232;re Bartholom&#233; de los Rios, augustin, pr&#233;dicateur de l'Infante, prononce l'oraison fun&#232;bre. Huit jours plus tard, &#224; Bruxelles, l'Infant organise une c&#233;l&#233;bration sp&#233;ciale en pr&#233;sence de toute la Cour. Le 13 juin, le nonce de Bruxelles, Giovanni-Francesco di Bagno, annonce la nouvelle au nonce de Paris, Monseigneur Spada en ces termes : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; la m&#232;re Anne de Saint Barth&#233;l&#233;my, carm&#233;lite, est morte en odeur de saintet&#233; &#224; Anvers. Elle v&#233;cut longtemps avec sainte Th&#233;r&#232;se. &lt;/em&gt; &#187; Anne de Saint Barth&#233;lemy est b&#233;atifi&#233;e le 6 mai 1917 par le pape Beno&#238;t XV.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. Quelques caract&#233;ristiques&lt;/h2&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1) Vie et message, doctrine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vie et message vont de pair.&lt;/strong&gt; Anne vit ce qu'elle enseigne et enseigne ce qu'elle vit. Le milieu spirituel et religieux de sa famille ainsi que les gr&#226;ces de sa jeunesse avec ses exp&#233;riences du Christ, sont le point de d&#233;part pour son d&#233;veloppement ult&#233;rieur au Carmel, pour sa vie en compagnie de la m&#232;re Th&#233;r&#232;se, et pour sa fonction de ma&#238;tresse des novices et de fondatrice ensuite. Le Christ J&#233;sus est au centre de sa vie et de sa doctrine : sa pr&#233;sence vivante remplit ses occupations quotidiennes, sa parole et sa vie exemplaire ; tout est v&#233;cu par elle avec une extr&#234;me simplicit&#233; et intensit&#233;. Sa vie et sa spiritualit&#233; peuvent se r&#233;sumer en ces trois id&#233;aux
r&#233;alis&#233;s par elle :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) &lt;strong&gt;Vivre avec le Christ et pour le Christ.&lt;/strong&gt; Dans son d&#233;sir et dans son labeur quotidien elle voulait vivre la pr&#233;sence du Christ. Lui, la regardait et ce regard &#233;tait amour. Elle &#233;tait amoureuse de la pr&#233;sence divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) &lt;strong&gt;Vivre pour l'&#201;glise et les &#226;mes.&lt;/strong&gt; Elle faisait sien le d&#233;sir de J&#233;sus : le salut des hommes. Et le Christ s'unissait &#224; elle d'une telle fa&#231;on, qu'elle se consumait &#224; d&#233;sirer la gloire de Dieu et la croissance de l'&#201;glise. Le Seigneur lui donnait un tel z&#232;le que parfois elle ne pouvait trouver le repos. Pendant les guerres politiques et religieuses des Pays-Bas et de l'Allemagne, Anne faisait siennes les pr&#233;occupations de l'&#201;glise, elle demandait pardon pour les p&#233;cheurs, en m&#234;me temps qu'elle &#233;prouvait pour eux une grande compassion, et elle s'exclamait : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Seigneur, donnez-vous &#224; conna&#238;tre &#224; tous, parce qu'ils vous aiment. &lt;/em&gt; &#187; Ainsi elle nous parle de la mort du Christ sur la croix pour le salut des &#226;mes : c'est pr&#233;cis&#233;ment sur la croix que le Christ a donn&#233; son baiser &#224; l'&#201;glise, son &#233;pouse, c'est couch&#233; sur le bois de la croix qu'il s'est uni &#224; l'&#201;glise en c&#233;l&#233;brant pour les &#226;mes ses noces de sang ; c'est l&#224; une doctrine tr&#232;s importante dans la spiritualit&#233; mystique et eccl&#233;siale du carmel th&#233;r&#233;sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) &lt;strong&gt;Vivre pour la d&#233;fense du charisme th&#233;r&#233;sien et dans le don total au service des autres.&lt;/strong&gt; Cet aspect de service conf&#232;re &#224; Anne une actualit&#233; attirante. Sa vie fut un service continu &#224; la communaut&#233;, dans un don total. Servir et donner de la joie fut sa vocation d&#232;s l'origine. Elle &#233;tait ainsi une religieuse utile et sympathique, d'autant plus qu'elle faisait tout avec grande simplicit&#233; et naturel : il &#233;tait donc bien compr&#233;hensible que les religieuses et prieures des diff&#233;rents couvents veuillent l'avoir avec elles. La pr&#233;occupation constante de sa vie fut la pr&#233;sence divine et par voie de cons&#233;quence la familiarit&#233; intime avec Dieu. Sa vie mystique fut tellement riche et d&#233;bordante qu'elle nous offre des aspects inattendus. &#192; travers la narration de ses exp&#233;riences mystiques, son message appara&#238;t clairement : Dieu se donne &#224; l'homme gratuitement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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