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		<title>Carmel en France</title>
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		<title>Le chemin des b&#233;atitudes (Ho Toussaint)</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Ap 7, 2-4.9-14 ; Ps 23 (24) ; 1 Jn 3, 1-3 ; Mt 5, 1-12a Fr&#232;res et S&#339;urs, l'amour du Christ ne conna&#238;t pas de fronti&#232;res. Son C&#339;ur ouvert &#224; tous rejoint chacun dans sa qu&#234;te de bonheur. Les b&#233;atitudes excluent en effet toute exigence morale ou toute r&#233;f&#233;rence religieuse. Il n'y a pas besoin d'&#234;tre juif ou chr&#233;tien pour &#234;tre humble, doux, afflig&#233;, assoiff&#233; de justice, mis&#233;ricordieux, pur de c&#339;ur, artisan de paix. Henri Bergson, philosophe non-chr&#233;tien, a &#233;tabli (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2023-2024-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2023-2024 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/pexels-pixabay-59821-a0ecb.jpg?1782943982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Ap 7, 2-4.9-14 ; Ps 23 (24) ; 1 Jn 3, 1-3 ; Mt 5, 1-12a&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#232;res et S&#339;urs, l'amour du Christ ne conna&#238;t pas de fronti&#232;res. Son C&#339;ur ouvert &#224; tous rejoint chacun dans sa qu&#234;te de bonheur. Les b&#233;atitudes excluent en effet toute exigence morale ou toute r&#233;f&#233;rence religieuse. Il n'y a pas besoin d'&#234;tre juif ou chr&#233;tien pour &#234;tre humble, doux, afflig&#233;, assoiff&#233; de justice, mis&#233;ricordieux, pur de c&#339;ur, artisan de paix. Henri Bergson, philosophe non-chr&#233;tien, a &#233;tabli une distinction entre la morale ferm&#233;e constitutive d'un groupe sociologique ou religieux d&#233;termin&#233; et la morale ouverte appelant &#224; une justice, voire &#224; &lt;strong&gt;une charit&#233; universelle&lt;/strong&gt;. Il a consid&#233;r&#233; que les b&#233;atitudes &#233;vang&#233;liques &#233;taient l'exemple par excellence d'une morale ouverte. Non seulement cette morale ne d&#233;finit pas un groupe sociologique ou une identit&#233; sp&#233;cifique, mais elle ouvre &#224; la communion par-del&#224; toute barri&#232;re ethnique, sociale, religieuse ou id&#233;ologique. Elle demande &#224; &#234;tre v&#233;cue par tous et en faveur de tous. Les r&#232;gles morales ont pour cons&#233;quence habituelle de faire appara&#238;tre une discrimination vis-&#224;-vis de celles et ceux qui ne s'y conforment pas, qui sont des transgresseurs au regard de la loi. La morale proprement &#233;vang&#233;lique transcende toute morale en ce qu'elle appelle &#224; vivre une ouverture &#224; l'autre qui d&#233;passe le jugement moral. Le Royaume de Dieu est ainsi la promesse d'une communion &#224; laquelle tous les hommes puissent participer aussi bien comme acteurs que comme b&#233;n&#233;ficiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re b&#233;atitude sur la pauvret&#233; de c&#339;ur fait entrer d&#232;s &#224; pr&#233;sent dans cette r&#233;alit&#233; du Royaume. &lt;strong&gt;&#202;tre pauvre de c&#339;ur, c'est en effet recevoir sa vie de Dieu comme un don imm&#233;rit&#233;.&lt;/strong&gt; Cette pauvret&#233; spirituelle correspond &#224; la nature filiale de notre existence : &#234;tre fils ou fille, c'est recevoir sa vie d'un autre. J&#233;sus, le Fils unique et Bien-aim&#233;, sait par exp&#233;rience ce que c'est que de se recevoir d'un Amour absolu, gratuit et inconditionnel. Le Christ a v&#233;cu ces b&#233;atitudes en recevant sa vie de Dieu et en se donnant lui-m&#234;me aux autres. Il nous ouvre ainsi le chemin de la confiance filiale qui permet de vivre les b&#233;atitudes, car tout est possible &#224; quiconque s'en remet &#224; l'amour d'un P&#232;re. Oui, &lt;strong&gt;heureux les pauvres de c&#339;ur, car ils vivent de cet amour du Christ&lt;/strong&gt;, lui le pauvre par excellence, enti&#232;rement ouvert au don de Dieu et totalement disponible aux hommes. Il est alors possible de vivre cet amour au sein m&#234;me des pers&#233;cutions au point que la derni&#232;re b&#233;atitude est associ&#233;e comme la premi&#232;re &#224; la possession actuelle du Royaume des cieux. Pouvoir risquer sa vie au nom de la justice ou de la foi manifeste alors la puissance de Dieu agissant dans la faiblesse de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet enseignement du Christ coule comme une source de son C&#339;ur br&#251;lant d'amour. Avec un c&#339;ur d'homme, J&#233;sus a aim&#233; d'un amour proprement divin, de cet amour incommensurable du P&#232;re qui fait de nous ses enfants (cf. 1 Jn 3,1). Si l'exigence des b&#233;atitudes peut sembler extr&#234;me, cette exigence n'est autre que celle d'&lt;strong&gt;une confiance sans limite envers Dieu, source de tout amour&lt;/strong&gt;. En cet amour, J&#233;sus a vers&#233; son sang dans lequel les martyres ont lav&#233; leurs v&#234;tements (cf. Ap 7,14), ce sang qui a coul&#233; avec de l'eau de son C&#339;ur transperc&#233; sur la Croix. Ces symboles du sang et de l'eau manifestent que la mort de J&#233;sus nous communique la vie, une vie &#233;ternelle destin&#233;e &#224; tous. Le bapt&#234;me nous plonge dans cette mort pour que nous vivions de sa vie, tandis que l'Eucharistie nous donne de nous offrir avec lui pour la vie du monde. De son C&#339;ur transperc&#233; jaillit en effet la source qui irrigue et le ciel et la terre et r&#233;alise d&#232;s &#224; pr&#233;sent la communion de tous les Saints. Par la c&#233;l&#233;bration eucharistique, il nous est donn&#233;, Fr&#232;res et S&#339;urs, de boire &#224; cette source afin de participer dans le Christ &#224; cette communion de l'&#201;glise du ciel et de la terre. Dans une culture individualiste qui g&#233;n&#232;re la solitude, J&#233;sus nous appelle &#224; vivre aujourd'hui dans cette communion de tous les Saints pour que l'&#201;glise soit le signe vivant de cette famille de Dieu ouverte &#224; tous les hommes. Appel&#233;s nous-m&#234;mes &#224; la saintet&#233;, nous c&#233;l&#233;brons d&#233;j&#224; dans cette communion la victoire d&#233;finitive de l'amour en une multitude anonyme de pauvres qui ont remis leur vie &#224; Dieu. Communions, Fr&#232;res et S&#339;urs, &#224; leur joie dans cet amour du Christ qui est ouverture du c&#339;ur et don de soi. Accueillons d&#232;s &#224; pr&#233;sent cette joie du Royaume qui nous est donn&#233;e &#224; vivre dans l'esprit des b&#233;atitudes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Fr. Olivier-Marie Rousseau, ocd - (&lt;a href=&#034;https://www.carmes-paris.org/couvent-davon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;couvent d'Avon&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un regard qui appelle (Ho. 28e dim TO 13/09/2024)</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Sg 7, 7-11 ; Ps 89 (90) ; He 4, 12-13 ; Mc 10, 17-30 ; Mc 10, 17-27 L'auteur de la Lettre aux H&#233;breux l'affirme avec force : &#171; Fr&#232;res, elle est vivante, la Parole de Dieu, &#233;nergique &#187; (He 4, 12). Oui, cette parole que nous lisons, que nous proclamons dans nos assembl&#233;es dominicales est une parole vivante qui est &#224; l'&#339;uvre dans le c&#339;ur des croyants. Cette Parole d&#233;voile &#224; nos regards le dessein de Dieu pour l'humanit&#233; : un dessein cr&#233;ateur et sauveur. Cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2023-2024-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2023-2024 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH97/pexels-skitterphoto-322070-5bd24.jpg?1782943982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Sg 7, 7-11 ; Ps 89 (90) ; He 4, 12-13 ; Mc 10, 17-30 ; Mc 10, 17-27&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur de la Lettre aux H&#233;breux l'affirme avec force : &#171; Fr&#232;res, elle est vivante, la Parole de Dieu, &#233;nergique &#187; (He 4, 12).
Oui, cette parole que nous lisons, que nous proclamons dans nos assembl&#233;es dominicales est une parole vivante qui est &#224; l'&#339;uvre dans le c&#339;ur des croyants.
Cette Parole d&#233;voile &#224; nos regards le dessein de Dieu pour l'humanit&#233; : &lt;strong&gt;un dessein cr&#233;ateur et sauveur.&lt;/strong&gt;
Cette Parole vient r&#233;v&#233;ler &#233;galement ce qui, en nous s'oppose, &#224; ce dessein d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture que nous avons entendue aujourd'hui se conclut par ces mots : &#171; Par une cr&#233;ature n'&#233;chappe &#224; ses yeux, tout est nu devant elle, soumis &#224; son regard &#187; (He 4, 13).
Quelle surprenante affirmation, la Parole de Dieu a des yeux et nous regarde.
Mais, pour nous Chr&#233;tiens, la Parole de Dieu, ce n'est pas seulement un livre, un texte &#233;crit, une &#233;criture, la Parole de Dieu c'est Quelqu'un, le Verbe de Dieu, le Christ J&#233;sus.
Dans une tr&#232;s belle lettre &#224; sa s&#339;ur C&#233;line, la &#171; petite &#187; Th&#233;r&#232;se &#233;crivait : &#171; Garder la parole de J&#233;sus, voil&#224; l'unique condition de notre bonheur, la preuve de notre amour pour lui. Mais qu'est-ce donc que cette parole ?&#8230; Il me semble que la parole de J&#233;sus, c'est Lui-m&#234;me&#8230; Lui J&#233;sus, le Verbe, la parole de Dieu !&#8230; &#187; (LT 165, du 7 juillet 1894).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous remarqu&#233;, fr&#232;res et s&#339;urs, que l'&#233;vangile de ce jour, nous parle &#224; trois reprises du regard de J&#233;sus ? &lt;/strong&gt; Du regard du Verbe de Dieu, de la Parole vivante qui s'est faite chair pour notre salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme accourt vers J&#233;sus. Il est empress&#233;. Nous-m&#234;mes, ce matin, pour r&#233;pondre &#224; l'invitation du Christ, nous nous sommes mis en route avec plus ou moins d'empressement et comme l'homme de l'&#233;vangile nous sommes au pied de J&#233;sus. Cet homme a le d&#233;sir de rencontrer J&#233;sus pour avancer dans sa vie spirituelle : &#171; Que dois-je faire pour avoir la vie &#233;ternelle en h&#233;ritage ? &#187; (Mc 10, 17).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa r&#233;ponse, J&#233;sus le renvoie &#224; la Parole de Dieu, &#224; la Torah : &#171; Tu connais les commandements &#187; (Mc 10, 19).Mais en m&#234;me temps, J&#233;sus les &#233;nonce d'une mani&#232;re &#233;trange. Vous aurez remarqu&#233; qu'il ne cite pas les premiers commandements qui sont tourn&#233;s vers Dieu. &lt;strong&gt;Comme s'il voulait nous signifier que c'est l'amour du prochain qui manifeste notre amour pour Dieu.&lt;/strong&gt; Cela rejoint l'enseignement de la Madre, Th&#233;r&#232;se d'Avila qui disait &#224; ses filles : &#171; &#192; nous, le Seigneur ne demande que deux choses :&lt;strong&gt; l'amour de Dieu et l'amour du prochain&lt;/strong&gt;. C'est vers elles que doivent converger nos efforts. [&#8230;] Le moyen le plus assur&#233;, selon moi, de savoir si nous observons ces deux pr&#233;ceptes, c'est de voir quelle est notre perfection relativement &#224; l'amour du prochain. [&#8230;] Soyez-en certaines, autant vous aurez fait de progr&#232;s dans l'amour du prochain, autant vous en aurez fait dans l'amour de Dieu &#187; (V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; D 3, 8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les commandements tourn&#233;s vers le prochain, J&#233;sus en ajoute un qui n'&#233;tait pas dans la liste du d&#233;calogue, des dix paroles de l'Exode : &#171; Ne fait de tort &#224; personne &#187; (Mc 10, 19) ; comme si cette parole venait r&#233;sumer, r&#233;capituler celles qui la pr&#233;c&#232;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de l'homme est toute simple : &#171; Tout cela, je l'ai observ&#233; d&#232;s ma jeunesse &#187; (Mc 10, 20).
Cet homme, dont on apprendra bient&#244;t qu'il avait de grands biens, est un &#233;coutant de la Parole. Non seulement il l'&#233;coute, mais il la met en pratique.
J&#233;sus le regarde. Un regard qui p&#233;n&#232;tre au plus intime de l'&#234;tre, un regard qui perce &#171; les intentions et les pens&#233;es du c&#339;ur &#187; (He 4, 13). Et ce regard est un regard d'amour.
Et c'est parce que ce regard est un regard d'amour qu'il peut &#234;tre exigeant et inviter &#224; tout laisser pour suivre J&#233;sus : &#171; Une seule chose te manque ; va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres. [&#8230;] Puis viens et suis-moi &#187; (Mc 10, 21).
J&#233;sus invite sans cesse &#224; marcher &#224; sa suite, mais pour cela, il demande que nous nous d&#233;sencombrions&#8230;
L'homme devint sombre &#224; cet appel et &#171; s'en alla tout triste &#187; (Mc 10, 22).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le regard de J&#233;sus se pose alors sur tous ceux qui ont assist&#233; &#224; cette sc&#232;ne et il parle de la difficult&#233; pour ceux qui poss&#232;dent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu.
Les richesses, ce ne sont pas seulement les esp&#232;ces sonnantes et tr&#233;buchantes. Nous pouvons &#234;tre riches de bien des mani&#232;res : richesses relationnelles, richesses affectives, richesses spirituelles&#8230; et la liste peut &#234;tre allong&#233;e &#224; l'infini&#8230; Quelle que soit notre type de richesse, si nous avons les &#171; mains &#187; crisp&#233;es dessus, elle sera un obstacle pour notre entr&#233;e dans le royaume.
La suite de J&#233;sus exige un d&#233;tachement. Pour s'attacher &#224; J&#233;sus, il faut se d&#233;tacher du reste, de tout le reste&#8230; Il faut avoir &#171; les mains vides &#187; dirait la &#171; petite Th&#233;r&#232;se &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un enseignement qui nous d&#233;concerte comme il a d&#233;concert&#233; les disciples qui se demandent entre eux : &#171; Mais alors qui peut &#234;tre sauv&#233; ? &#187; (Mc 10, 26).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; nouveau, J&#233;sus pose son regard sur eux et affirme : &#171; Pour les hommes c'est impossible, mais par pour Dieu ; car tout est possible &#224; Dieu &#187; (Mc 10, 27).
Le salut, l'entr&#233;e dans le royaume ne se gagne pas &#224; la force des poignets ; c'est un don gratuit qu'il nous faut accueillir dans l'&#233;merveillement et la louange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne m&#233;riterons jamais notre salut. Dieu nous sauve, c'est-&#224;-dire, Dieu nous fait vivre de sa vie, par un amour gratuit, ind&#233;pendant de nos m&#233;rites, de nos qualit&#233;s, de nos d&#233;fauts, de nos plaies int&#233;rieures et ext&#233;rieures. Et c'est bien l&#224;, ce qui est difficile pour nous : accueillir ce don gratuit. Cela suppose un chemin d'humilit&#233;, de d&#233;pouillement, de disponibilit&#233;&#8230; Se tenir les mains vides pour recevoir ce don.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, fr&#232;res et s&#339;urs, accueillons le regard d'amour que le Christ J&#233;sus pose sur chacun et chacune d'entre nous de mani&#232;re particuli&#232;re et personnelle. Nous pouvons dire avec la &#171; petite &#187; Th&#233;r&#232;se : &#171; Ton seul regard fait ma b&#233;atitude &#187; (PN 17, 3). ou encore &#171; Tu me suis d'un regard d'amour, toujours &#187; (PN 18, 50). &#171; Le regard de mon Dieu [&#8230;] voil&#224; mon ciel &#224; moi &#187; (PN 32, 1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se tenir, silencieusement sous le regard du Christ, le laisser p&#233;n&#233;trer au plus intime de notre &#234;tre ; le laisser nous aimer tel que nous sommes, dans notre r&#233;alit&#233; charnelle et spirituelle&#8230; C'est cela le myst&#232;re de l'oraison&#8230; Se laisser regarder par le Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accueillir ce regard, c'est laisser le Christ J&#233;sus nous appeler &#224; sa suite.
Dans une po&#233;sie, Th&#233;r&#232;se chante : &#171; Ton doux regard m'appelle &#187; (PN 42, 1).
Et c'est son amour qui nous donnera la force de r&#233;pondre &#224; son appel ;
C'est son regard d'amour qui nous aidera &#224; tout laisser pour le suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous conna&#238;trons alors la joie v&#233;ritable de l'&#201;vangile et nous pourrons en &#234;tre t&#233;moin au c&#339;ur de notre monde.
Laissons-nous regarder par le Christ.
Laissons-nous aimer.
Laissons-nous appeler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Didier-Marie Golay, ocd - &lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-paris/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Couvent de Paris&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le couple (Ho. 27e dim TO 6/10/2024)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Le-couple-Ho-26e-dim-TO-29-09-2024.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.carmel.asso.fr/Le-couple-Ho-26e-dim-TO-29-09-2024.html</guid>
		<dc:date>2024-10-10T08:01:52Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Gn 2, 18-24 ; Ps 127 (128) ; He 2, 9-11 ; Mc 10, 2-16 Le texte parle du mariage. Il y a dans l'assembl&#233;e des divorc&#233;s, des c&#233;libataires qui ne trouvent pas de conjoint, des c&#233;libataires qui font aussi le choix du c&#233;libat pour Dieu. Il n'y a pas &#224; culpabiliser sa condition, mais &#224; l'assumer, mais &#224; vivre au sein m&#234;me de cette solitude l'appel &#224; s'unir &#224; Dieu en J&#233;sus. Dieu reste pr&#233;sent &#224; tous et ouvre l'espace de cette solitude. &#192; chacun son chemin pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2023-2024-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2023-2024 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/pexels-minan1398-1004014-54638.jpg?1782943982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Gn 2, 18-24 ; Ps 127 (128) ; He 2, 9-11 ; Mc 10, 2-16&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte parle du mariage. Il y a dans l'assembl&#233;e des divorc&#233;s, des c&#233;libataires qui ne trouvent pas de conjoint, des c&#233;libataires qui font aussi le choix du c&#233;libat pour Dieu.
Il n'y a pas &#224; culpabiliser sa condition, mais &#224; l'assumer, mais&lt;strong&gt; &#224; vivre au sein m&#234;me de cette solitude l'appel &#224; s'unir &#224; Dieu en J&#233;sus&lt;/strong&gt;. Dieu reste pr&#233;sent &#224; tous et ouvre l'espace de cette solitude. &#192; chacun son chemin pour entrer dans cette dynamique de l'Amour&#8230;
Revenons au texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attention &#224; la nature du texte ! Ce n'est pas un texte scientifique, mais th&#233;ologique. Il en va donc de sa nature et de la fa&#231;on de le lire. J&#233;sus n'en reste pas aux prescriptions, ce qui est permis ou non, il renvoie &#224; l'origine, &#224; Dieu pour &#233;clairer le sens du couple, du mariage. Car la vie en couple a un sens qui le pr&#233;c&#232;de.
Oui, s'il y a mariage, c'est que quelque chose s'est pass&#233; entre un homme et une femme, une attirance qui les am&#232;ne &#224; s'unir pour la vie. C'est le propos de la Bible.
Mais dans cette dynamique, s'il y a un minimum d'amour qui pousse le couple &#224; s'unir, &lt;strong&gt;c'est pour que l'un et l'autre apprennent &#224; s'aimer&lt;/strong&gt;. Si bien que le v&#233;ritable amour est plus devant que derri&#232;re. Dans cette aventure, &lt;strong&gt;Dieu ne doit pas &#234;tre oubli&#233;&lt;/strong&gt;, car il est la vis&#233;e de tout chr&#233;tien. Il y a un horizon pour le couple, c'est de &lt;strong&gt;rencontrer Dieu qui est amour au c&#339;ur de leur union&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose un d&#233;placement de chacun pour rencontrer l'autre v&#233;ritablement, et donc un travail sur soi. Sur chacun&#8230;
Au d&#233;but il y l'amour du conjoint, mais qui est souvent centr&#233; sur soi, pour soi. Il n'est pas encore tr&#232;s purifi&#233;. Puis vient apr&#232;s quelques ann&#233;es, une travers&#233;e normale de la solitude. C'est que chez l'un et l'autre il y a des limites qui sont apparues. Il y alors comme &#224; le &#034;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;rechoisir&lt;/em&gt;&#034;. Non pour ce qu'il m'apporte, mais pour ce que je peux lui apporter malgr&#233; les diff&#233;rences. Il y a un d&#233;centrement.
Et cela doit &#234;tre r&#233;ciproque, sinon il n'y a plus deux, mais deux unit&#233;s qui finiront apr&#232;s de grandes souffrances par se s&#233;parer.
C'est autour de cela que nous am&#232;ne J&#233;sus en nous renvoyant &#224; l'origine, en nous rappelant pourquoi les couples sont faits, &#234;tre image de Dieu. C'est bien plus que d'avoir des enfants.
Il utilise pour cela deux versets diff&#233;rents de la Gen&#232;se. L'un est tir&#233; du chapitre premier : &#171; Mais, au commencement de la cr&#233;ation, Dieu les fit homme et femme. &#187; ; l'autre au chapitre 2 &#171; &#192; cause de cela, l'homme quittera son p&#232;re et sa m&#232;re, il s'attachera &#224; sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dynamique s'ouvre pour lui, non pas de recoller les morceaux, mais d'ouvrir une relation dans la diff&#233;rence que manifeste la sexualit&#233;.Il souligne ainsi la diff&#233;rence sexuelle, l'homme, la femme, puis il rappelle qu'il y a s&#233;paration de l'homme avec sa famille pour s'unir &#224; la femme. Il lui est demand&#233; de quitter ses origines pour ouvrir un nouvel espace sous le regard de Dieu. Gros labeur parfois tant les liens familiaux sont profonds, tant l'accueil de la diff&#233;rence sexuelle peut aussi prendre du temps. &lt;strong&gt;Il y a une mystique du couple, une grande profondeur &#224; d&#233;couvrir.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes invit&#233;s avec J&#233;sus &#224; relire ces textes.
Ils ne manquent pas de surprises ! Si nous lisons le texte na&#239;vement, l'auteur, lui, ne l'est pas ! &lt;strong&gt;Il est dit que l'homme quittera son p&#232;re et sa m&#232;re, mais qui est le p&#232;re ou la m&#232;re d'Adam ?! &lt;/strong&gt; comme si le texte prenait une tournure intemporelle, et qu'il s'actualisait &#224; chaque g&#233;n&#233;ration. Et puis une autre surprise, le texte parle de la d&#233;couverte par l'homme, au prix d'une s&#233;paration de lui-m&#234;me avec lui-m&#234;me, du don que Dieu lui fait. L'homme trouvera son &#171; soutien-comme-un-vis-&#224;-vis &#187; dans la femme, il y a une &#233;galit&#233; de l'un &#224; l'autre &#224; accueillir. Encore : pour qu'il y ait effectivement deux personnes, il faut qu'il y ait une parole &#233;chang&#233;e, dans les deux sens. La femme reste muette. &#034;Pour le coup, c'est l'os de mes os
et la chair de ma chair ! Celle-ci sera appel&#233;e &#034;femme&#034; ! Pas de r&#233;ponse de la femme&#8230; Ce silence est lourd, comme une interpellation. Le couple est en chemin et la suite du texte montrera qu'il sera long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis dans cette jubilation d'Adam, Dieu semble avoir disparu. Il n'y a pas d'action de gr&#226;ce. Merci, Seigneur, de m'avoir fait d&#233;couvrir l'aide que j'attendais ! L'homme semble hypnotis&#233; ! Son regard s'est r&#233;duit. Ce qui va manquer &#224; ce couple, c'est le commandement premier de ne pas se prendre pour Dieu (ne pas manger le l'arbre de la connaissance du bien et du mal). Dieu doit rester au centre, pr&#233;sider &#224; l'av&#232;nement du couple dans le don qu'il fait de la femme &#224; l'homme. Le couple n'a pas sa finalit&#233; en lui-m&#234;me, mais dans l'ouverture de l'un et de l'autre &#224; Celui qui est l'origine et le but de leur vie. Dieu ne fait pas nombre, il est au c&#339;ur de l'amour, il est l'amour. C'est donc dans la pri&#232;re que le couple va se ressourcer en profondeur. C'est cet amour re&#231;u qui va pouvoir se partager dans l'intime du couple et lui permettre de grandir &#224; l'infini. &lt;strong&gt;Le couple aussi se re&#231;oit de l'union &#224; Dieu.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour reprendre tout cela&#8230; Il y a quelque chose qui n'est pas achev&#233; pour qu'il y ait une pleine relation entre eux deux. Car l'aventure du couple na&#238;t bien d'une s&#233;paration d'avec la famille, mais aussi de la diff&#233;renciation qui aboutit &#224; l'homme et la femme. Et ce n'est pas facile non plus parfois d'accepter, de vivre son humanit&#233; ou sa f&#233;minit&#233;. &lt;strong&gt;Le couple na&#238;t de la diff&#233;rence qui permet non la fusion, mais l'union.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la qualit&#233; de la parole &#233;chang&#233;e qui construit cette union, qui permet d'accueillir l'autre comme tout autre. C'est la d&#233;couverte de l'amour qui est amen&#233; &#224; s'int&#233;rioriser dans le c&#339;ur de l'un et de l'autre, une pr&#233;sence au c&#339;ur de chacun qui pointe vers l'infini, Dieu. C'est l'ouverture &#224; l'intime, &#224; un autre espace en soi o&#249; l'autre peut prendre place.
C'est le d&#233;faut de parole qui fait que le couple ne pourra d&#233;couvrir cette dimension du c&#339;ur profond.
J&#233;sus, dans la citation, en rappelant l'importance du couple, ouvre notre lecture jusqu'&#224; ce niveau-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Yannick Bonhomme, ocd - &lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Couvent d'Avon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sauver sa vie ou la perdre ! (Ho. 26e dim TO 29/09/2024)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Sauver-sa-vie-ou-la-perdre-Ho-26e-dim-TO-29-09-2024.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Nb 11, 25-29 ; Ps 18 (19) ; Jc 5, 1-6 ; Mc 9, 38-43.45.47-48 ; Dieu qui vient &#224; notre rencontre dans cette liturgie est un Dieu qui embrasse largement ! La premi&#232;re lecture et les premiers versets de l'&#201;vangile du jour, nous disent quelque chose du sens de l'ouverture de notre Dieu. Il n'est pas le Dieu d'une secte, d'un cercle ferm&#233;, il est le Dieu pour tous. Il s'offre &#224; tous. La deuxi&#232;me lecture et les derniers versets de l'&#201;vangile, nous am&#232;nent, sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2023-2024-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2023-2024 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/pexels-thatone-overthere-3855461-6216191-f3992.jpg?1782943982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Nb 11, 25-29 ; Ps 18 (19) ; Jc 5, 1-6 ; Mc 9, 38-43.45.47-48 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu qui vient &#224; notre rencontre dans cette liturgie est un Dieu qui embrasse largement !
La premi&#232;re lecture et les premiers versets de l'&#201;vangile du jour, nous disent quelque chose du sens de l'ouverture de notre Dieu.
Il n'est pas le Dieu d'une secte, d'un cercle ferm&#233;, &lt;strong&gt;il est le Dieu pour tous&lt;/strong&gt;. Il s'offre &#224; tous.
La deuxi&#232;me lecture et les derniers versets de l'&#201;vangile, nous am&#232;nent, sans transition et sans d&#233;tour, &#224; la question du mal, plus exactement &#224; la responsabilit&#233; humaine dans cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Dieu qui embrasse largement ! On peut faire un parall&#232;le entre la premi&#232;re lecture et le d&#233;but de l'&#201;vangile. Dans les deux textes, des hommes religieux, Josu&#233; dans le livre des Nombres, Jean dans l'&#201;vangile, s'adressent &#224; leur ma&#238;tre respectif, Mo&#239;se et J&#233;sus, pour lui demander de d&#233;savouer, de r&#233;primander, des personnes : dans le livre des Nombres, Eldad et M&#233;dad qui proph&#233;tisent en un lieu inappropri&#233; selon Josu&#233; ; dans l'&#201;vangile, un exorciste usant du nom de J&#233;sus alors qu'il n'est pas son disciple selon l'ap&#244;tre Jean !
Mo&#239;se et J&#233;sus ont la m&#234;me r&#233;ponse. Ils ne condamnent pas la personne vis&#233;e, bien au contraire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mo&#239;se et J&#233;sus nous disent-l&#224; quelque chose de Dieu.
Ils nous disent que &lt;strong&gt;notre Dieu est bien plus ouvert et g&#233;n&#233;reux que nous le pensons&lt;/strong&gt; et bien plus g&#233;n&#233;reux que nous le sommes, si jamais nous nous pr&#234;tons cette qualit&#233;&#8230;
Pour Jean, on ne peut agir au nom de J&#233;sus sans appartenir au cercle officiel des disciples. Pour J&#233;sus la question n'est pas de savoir si l'exorciste suit ou ne suit pas les disciples, elle est de savoir si l'exorciste dit ou non du mal de Lui.
En posant le principe que &#171; celui qui n'est pas contre nous est pour nous &#187; J&#233;sus donne une d&#233;finition inclusive, et non pas exclusive, de la communaut&#233; de ses amis. C'est toute la diff&#233;rence entre la secte et l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, notre Dieu est un Dieu qui embrasse largement.&lt;strong&gt; Il se fait proche de toute personne, quelle qu'elle soit, qui est respectueuse de J&#233;sus et de ses disciples.&lt;/strong&gt; Ce respect pour J&#233;sus peut se manifester par de simples gestes comme donner un verre d'eau, simples, mais pas anodins dans un pays au climat chaud !
A l'oppos&#233;, toute personne qui manque de respect pour un de ces petits qui croient en J&#233;sus est loin de Dieu et donc du salut !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le sens de la mise en garde s&#233;v&#232;re de J&#233;sus.&lt;strong&gt; Un Dieu qui embrasse largement oui, mais aussi un Dieu qui consid&#232;re la responsabilit&#233; humaine dans la manifestation du mal&lt;/strong&gt;.
La deuxi&#232;me lecture et les derniers versets de l'&#201;vangile traitent de cela.
On conna&#238;t bien la rude charge de la lettre de Jacques sur les riches. Jacques ne d&#233;nonce pas la propri&#233;t&#233; priv&#233;e en tant que telle, il ne faut pas en faire un disciple du socialisme avant la lettre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;nonce le comportement des riches qui ne pensent qu'&#224; s'enrichir sans aucun &#233;gard pour les autres. Indiff&#233;rents au message de l'&#201;vangile, Vous avez amass&#233; des richesses, alors que nous sommes dans les derniers jours !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils exploitent leurs employ&#233;s, ils sont injustes, ils vont jusqu'&#224; tuer le juste. &lt;strong&gt;Jacques d&#233;nonce l'aveuglement de ces gens qui ne croient qu'en leurs richesses&lt;/strong&gt;, qui ne savent pas, ou ne veulent pas savoir, qu'il y a un Dieu qui ne cesse de les appeler &#224; se comporter autrement, &#224; mettre fin au mal dont ils sont responsables, &#224; placer leur confiance dans le Ma&#238;tre de la Vie, infiniment respectueux de sa Cr&#233;ation et de toutes les cr&#233;atures.
L'&#201;vangile, dans les derniers versets, donne le m&#234;me conseil, &#224; trois reprises, introduit par &#171; si : ta main/ton pied/ton &#339;il est pour toi une occasion de chute &#8230;, &#187; ponctu&#233; par &#171; mieux vaut &#187; pour toi entrer &#171; manchot/estropi&#233;/borgne dans le royaume de Dieu &#8230; &#187;
&lt;strong&gt;Sauver sa vie selon J&#233;sus suppose une perte, l'acceptation d'une perte de quelque chose d'important pour nous.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus utilise l'image de l'int&#233;grit&#233; physique tr&#232;s parlante. Mais ne faisons pas d'erreur, d'interpr&#233;tation litt&#233;rale, Il ne nous demande pas de nous mutiler physiquement, il nous dit ce qu'il vaut mieux pour nous, sauver sa vie fut-ce au prix fort, en rompant avec des liens, des biens importants pour nous jusque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est l'enjeu crucial : &lt;strong&gt;sauver sa vie ou la perdre !&lt;/strong&gt; Le mal, certes, ne va pas dispara&#238;tre compl&#232;tement si nous y renon&#231;ons. La question n'est pas celle du mal en g&#233;n&#233;ral, c'est celle de mon rapport au mal, de ma complicit&#233; plus ou moins consciente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y renoncer, vouloir y renoncer, suppose une conversion, un choix de vie. Voil&#224; notre Dieu au c&#339;ur largement ouvert, &#224; la patience infinie, Il pardonne nos p&#233;ch&#233;s, Il nous demande de dire Oui &#224; la vie, en acceptant de renoncer &#224; ce qui conduit &#224; la mort.
C'est la logique du Dieu de l'&#201;vangile : perdre, perdre une partie pour sauver le tout, pour sauver sa vie !
Amen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Robert Arcas, ocd - &lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Couvent d'Avon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Suivre J&#233;sus dans l'humilit&#233; (Ho. 25e dim TO 22/09/2024)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Suivre-Jesus-dans-l-humilite-Ho-25e-dim-TO-22-09-2024.html</link>
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		<dc:date>2024-09-25T12:31:13Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Sg 2, 12.17-20 ; Ps 53, 6b ; Jc 3, 16 &#8211; 4, 3 ; Mc 9, 30-37 J&#233;sus, en marche vers J&#233;rusalem, annonce pour la deuxi&#232;me fois &#224; ses disciples sa Passion et sa R&#233;surrection. Pierre, Jacques et Jean ont entendu il y a peu sur la montagne la voix du P&#232;re leur ordonner d'&#233;couter son Fils bien-aim&#233;, mais les disciples se bouchent les oreilles. Tandis que la marche se poursuit, J&#233;sus est tenu &#224; l'&#233;cart. Ils parlent entre eux de pr&#233;&#233;minence dans le Royaume &#224; venir. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2023-2024-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2023-2024 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/rocks-1837129_1920-b1c5a.jpg?1782943982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Sg 2, 12.17-20 ; Ps 53, 6b ; Jc 3, 16 &#8211; 4, 3 ; Mc 9, 30-37&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus, en marche vers J&#233;rusalem, annonce pour la deuxi&#232;me fois &#224; ses disciples sa Passion et sa R&#233;surrection. Pierre, Jacques et Jean ont entendu il y a peu sur la montagne la voix du P&#232;re leur ordonner d'&#233;couter son Fils bien-aim&#233;, mais les disciples se bouchent les oreilles. Tandis que la marche se poursuit, J&#233;sus est tenu &#224; l'&#233;cart. Ils parlent entre eux de pr&#233;&#233;minence dans le Royaume &#224; venir. Arriv&#233;s &#224; la maison, J&#233;sus les interroge alors sur l'objet de leur conciliabule. G&#234;n&#233;s, ils se taisent, mais J&#233;sus patiemment les instruit &#224; nouveau : si lui-m&#234;me prend le chemin de la Croix, ils sont appel&#233;s quant &#224; eux &#224; le &lt;strong&gt;suivre sur un chemin d'humilit&#233;&lt;/strong&gt; et de service. Pla&#231;ant alors un enfant au milieu d'eux, il l'embrasse et le d&#233;signe comme &#233;tant le signe de sa pr&#233;sence parmi eux et de celle de son P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs, cette introduction de l'enfant dans le contexte de l'annonce de la Passion, apporte un &#233;clairage essentiel &#224; notre compr&#233;hension de celle-ci : J&#233;sus n'affrontera pas la mort en super h&#233;ros, mais avec un c&#339;ur d'enfant capable jusqu'au bout d'une absolue confiance envers son P&#232;re. Il se laissera porter par l'Esprit, comme il l'a fait depuis l'Incarnation du Verbe dans le sein de Marie. La naissance du Fils de Dieu dans la chair fut en effet l'&#339;uvre de l'Esprit Saint. Pour qu'elle se r&#233;alise, il a fallu que le Verbe de Dieu s'abandonne totalement &#224; l'action de l'Esprit. Le Verbe s'est d&#233;poss&#233;d&#233; de lui-m&#234;me pour laisser l'Esprit Saint le d&#233;poser comme une semence dans le sein de Marie. D&#232;s lors, J&#233;sus, con&#231;u dans l'Esprit Saint, a assum&#233; sa mission en se laissant conduire par l'Esprit jusqu'&#224; ce qu'il remette ce m&#234;me Esprit au P&#232;re sur la Croix. La Piet&#224; est la plus belle ic&#244;ne de cette totale remise de soi du Verbe en notre chair. Le corps de J&#233;sus reposant sur les genoux de Marie manifeste l'an&#233;antissement du Verbe de Dieu jusque dans la mort ; mais il manifeste aussi que le Verbe a accompli cela en se laissant porter par l'Esprit comme ce corps devenu totalement impuissant est &#224; pr&#233;sent port&#233; par Marie. Le Verbe fait chair s'est abandonn&#233; lui-m&#234;me &#224; l'Esprit dans la mort comme un enfant s'abandonne &#224; l'amour dont il se sait aim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;t&#233;, fr&#232;res et s&#339;urs, baptis&#233;s dans cette mort d'amour du Christ et ainsi immerg&#233;s avec lui dans l'Esprit. Mais cet appel &#224; vivre dans l'Esprit nous engage dans &lt;strong&gt;le combat spirituel&lt;/strong&gt;, car il nous faut pour cela mourir &#224; notre ego centr&#233; sur lui-m&#234;me. Les ma&#238;tres mots de ce combat sont &lt;strong&gt;l&#226;cher-prise &lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;d&#233;tachement&lt;/strong&gt; afin de &lt;strong&gt;nous laisser guider par l'Esprit&lt;/strong&gt;. Cela consiste &#224; renoncer &#224; notre orgueilleuse autonomie pour nous mettre &#224; hauteur d'enfant et pouvoir suivre ainsi J&#233;sus dans la remise qu'il fit de lui-m&#234;me &#224; l'Esprit.&lt;strong&gt; Prier, c'est s'abandonner &#224; l'Esprit &lt;/strong&gt; qui sonde notre c&#339;ur jusqu'en ses profondeurs bless&#233;es pour nous laisser guider par lui sur le chemin de la confiance. La patience, la pers&#233;v&#233;rance et la force dans les &#233;preuves nous sont alors donn&#233;es si nous les recevons avec un c&#339;ur d'enfant assur&#233; de l'amour de son p&#232;re. Il nous faut pour cela renoncer &#224; mettre notre confiance en nous-m&#234;mes, en notre courage ou notre g&#233;n&#233;rosit&#233;, pour la mettre en la puissance de l'Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mener ce combat, nous venons communier, fr&#232;res et s&#339;urs, &#224; l'offrande que le Christ a fait de lui-m&#234;me au P&#232;re sur la Croix. L'Incarnation du Verbe se poursuit en effet sous les humbles esp&#232;ces du pain et du vin ; c'est l&#224; encore l'&#339;uvre de l'Esprit Saint, mais aussi le fruit de cet abandon du Verbe &#224; l'action de l'Esprit. L'Esprit Saint r&#233;alise en effet la pr&#233;sence du Verbe fait chair dans le pain et le vin moyennant cette m&#234;me d&#233;possession de soi consentie par le Verbe lors de son Incarnation. En communiant au Corps du Christ, nous communions &#224; ce dessaisissement de soi du Verbe qui est vie dans l'Esprit. Nous pouvons consentir &#224; notre tour &#224; ce dessaisissement de soi dans la certitude d'&#234;tre aim&#233;s que l'Esprit vient r&#233;pandre en nos c&#339;urs. Cette certitude est le myst&#232;re de chacun, myst&#232;re incommunicable sinon dans le service du plus petit &#224; qui J&#233;sus s'identifie. Suivre J&#233;sus dans l'humilit&#233; et le service, c'est avoir pour seule ambition d'&#234;tre port&#233; par Dieu &#224; aimer Dieu en notre prochain. La joie v&#233;ritable est de n'&#234;tre en rien sans Dieu et sans les autres. Libre &#224; l'&#233;gard de nous-m&#234;mes, nous pouvons alors choisir de nous abandonner &#224; l'Esprit Saint comme un enfant s'abandonne dans les bras de sa m&#232;re. Ainsi nous laissons-nous engendrer par l'Esprit pour recevoir jour apr&#232;s jour notre vie dans le Fils unique et bien-aim&#233; du P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Olivier-Marie Rousseau, ocd - &lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Couvent d'Avon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un messie pas comme les autres (Ho. 24e dim TO 15/09/2024)</title>
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&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Is 50, 5-9a ; Ps 33 (34) ; Ep 4, 30 &#8211; 5, 2 ; Jn 6, 41-51 Fr&#232;res et s&#339;urs, le passage d'&#233;vangile entendu ce dimanche est extr&#234;mement important. Dans l'&#233;vangile de Marc que nous lisons plus particuli&#232;rement en cette ann&#233;e liturgique, il constitue le moment charni&#232;re de la vie publique de J&#233;sus ; et les &#233;vang&#233;listes Matthieu et Luc garderont cette m&#234;me pr&#233;sentation de la pr&#233;dication de J&#233;sus. Ce passage de la confession de foi de Pierre d&#233;coupe en deux le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2023-2024-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2023-2024 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH51/san_giacomo_dall_orio__venice__-_la_predicazione_del_battista__1570__-_francesco_bassano-686aa.jpg?1782943982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='51' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Is 50, 5-9a ; Ps 33 (34) ; Ep 4, 30 &#8211; 5, 2 ; Jn 6, 41-51&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs, le passage d'&#233;vangile entendu ce dimanche est extr&#234;mement important. Dans l'&#233;vangile de Marc que nous lisons plus particuli&#232;rement en cette ann&#233;e liturgique, il constitue le moment charni&#232;re de la vie publique de J&#233;sus ; et les &#233;vang&#233;listes Matthieu et Luc garderont cette m&#234;me pr&#233;sentation de la pr&#233;dication de J&#233;sus. Ce passage de la confession de foi de Pierre d&#233;coupe en deux le minist&#232;re de J&#233;sus et il est important de comprendre pourquoi. Mais cette compr&#233;hension de l'&#233;vangile de Marc ne rel&#232;ve pas seulement de la culture biblique ; elle a des incidences d&#233;cisives pour notre propre vie spirituelle et il faudra le souligner dans un deuxi&#232;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pour vous, qui suis-je ? &#187;&lt;/strong&gt; Cette question de J&#233;sus adress&#233;e pour la 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; fois aux disciples a d&#251; les embarrasser. Faut-il y r&#233;pondre avec les mots des gens &#233;voquant les figures pass&#233;es de Jean le Baptiste, Elie ou un proph&#232;te ? Pierre tranche et s'engage en affirmant que J&#233;sus est le Christ, le Messie promis par Dieu. C'est la 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; fois qu'un &#234;tre de chair fait une telle confession ; aussi cette affirmation appara&#238;t-elle comme un couronnement de tout ce qui pr&#233;c&#232;de. J&#233;sus a eu un succ&#232;s consid&#233;rable : d'une part, il parle avec une autorit&#233; impressionnante, fort diff&#233;rente de celle des scribes et les foules aiment l'&#233;couter ; d'autre part, sa parole agit et il ne cesse de gu&#233;rir et de lib&#233;rer du mal. Il n'est donc pas qu'un brillant rabbi et un thaumaturge stup&#233;fiant : il est l'envoy&#233; de Dieu attendu par Isra&#235;l. Le d&#233;voilement de son identit&#233; par Pierre constitue donc un sommet. Nous sommes en plein milieu de l'&#233;vangile et pourrions imaginer d&#232;s lors le triomphe du messie entrant &#224; J&#233;rusalem et chassant l'occupant romain. C'est probablement ce qu'attendaient Pierre et les autres. Or au moment du triomphe annonc&#233;, voici que le d&#233;sign&#233; Messie annonce que sa trajectoire sera tout autre ; il parle de souffrance, rejet des autorit&#233;s, mort et r&#233;surrection. A-t-il perdu la t&#234;te ? Qu'est-ce que c'est que ce messie qui n'impose pas la loi de Dieu ? Et en plus il parle ouvertement et sans trembler ! Veut-il faire fuir tous ses disciples au moment o&#249; ceux-ci se pr&#234;tent &#224; r&#234;ver de gloire et d'honneur ? Pierre pense qu'il est de sa responsabilit&#233; de dire quelque chose puisqu'il sait maintenant qui est J&#233;sus. Il agit avec discr&#233;tion et explique &#224; ce jeune Christ qu'il s'est tromp&#233; de scenario. Dans l'&#201;criture, il est annonc&#233; que le Messie &#233;crasera les ennemis d'Isra&#235;l et r&#232;gnera pour toujours ! Pourtant ce n'est visiblement pas tout &#224; fait l'id&#233;e de J&#233;sus qui remet Pierre en place devant les autres ; Pierre est appel&#233; Satan, celui qui a cherch&#233; au d&#233;sert &#224; d&#233;tourner J&#233;sus de son chemin. Pierre, malgr&#233; sa bonne volont&#233;, est en train d'inverser les r&#244;les en expliquant &#224; son Ma&#238;tre quel est le chemin de Dieu pour lui, un chemin d'honneur et non un chemin d'abaissement. Mais J&#233;sus conna&#238;t la proph&#233;tie du serviteur souffrant, entendue dans la 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; lecture ; le chemin que lui ouvre son P&#232;re est un chemin de service, d'amour et de salut. Ce chemin est fort diff&#233;rent de ce qui pla&#238;t spontan&#233;ment aux hommes, int&#233;ress&#233;s surtout par le plaisir et la gloire. Aussi le Christ va jusqu'au bout ; il appelle la foule et pr&#233;cise le prix &#224; payer pour devenir son disciple &lt;strong&gt; : renoncer &#224; soi-m&#234;me jusqu'&#224; perdre sa vie &lt;/strong&gt; ! Coup de tonnerre pour ceux qui &#233;taient int&#233;ress&#233;s par l'homme aux miracles et aux belles paroles ! Quelle d&#233;ception : est-ce que cela vaut encore le coup de le suivre ? Ne vaut-il pas mieux changer de religion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#232;res et s&#339;urs, ce moment charni&#232;re de l'&#233;vangile ne concerne pas que Pierre et les disciples, nous y sommes tous confront&#233;s dans nos vies. En effet, l'&#233;vang&#233;liste Marc nous d&#233;crit au fond la mani&#232;re dont Dieu s'y prend avec chacun de nous. Au d&#233;but de notre vie chr&#233;tienne, le Seigneur nous attire par ce qui est plaisant et consolant : des &#233;motions, des signes, des &#233;lans, etc. Et nous en sommes fort satisfaits et nous nous engageons avec ferveur. Puis vient le moment de la croix qui prend des formes bien diff&#233;rentes dans nos vies. Et c'est la consternation : ce n'est pas le chemin que nous aurions pens&#233; pour nous ! Pourquoi faut-il passer par l&#224; ? Comme Pierre, nous expliquons au Seigneur qu'il se trompe et qu'il doit agir. Mais le Seigneur nous r&#233;pond comme &#224; Pierre : &#171; Tes pens&#233;es ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. &#187; Car notre difficult&#233;, c'est que nous pensons sinc&#232;rement savoir quel est le bon chemin pour nous. Nous voulons &#234;tre saints et nous avan&#231;ons sur une ligne droite bien trac&#233;e. Cependant, la vie vient d&#233;jouer cette trajectoire et nous d&#233;contenance. Nous avions oubli&#233; que nous sommes des disciples et que seul le Ma&#238;tre conna&#238;t le juste chemin. On nous avait bien dit que nous sommes p&#233;cheurs mais cette information ne nous semblait pas essentielle dans la conduite de nos vies. Quelle m&#233;prise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous y voil&#224; pourtant : J&#233;sus, le Christ est venu nous sauver.&lt;/strong&gt; Et le chemin du salut qui est aussi celui de la saintet&#233;, nous ne le connaissons pas. Il n'est pas une voie de d&#233;veloppement personnel ; il est un itin&#233;raire divin qui d&#233;joue toutes les pr&#233;visions. Marcher &#224; la suite de J&#233;sus vers la saintet&#233;, c'est se d&#233;fier de ses id&#233;es et de ses peurs ; c'est choisir d'avoir J&#233;sus comme seul appui et seule s&#233;curit&#233;. Lui sait, moi non. Seule la foi in&#233;branlable en ce Fils de Dieu me conduira certainement au bout du chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, fr&#232;res et s&#339;urs, que devons-nous demander &#224; Dieu ? Peut-&#234;tre reprendre et m&#233;diter la tr&#232;s belle oraison liturgique qui sera dite apr&#232;s la communion :&lt;strong&gt; &#171; Que la force agissante de ce don divin, nous t'en prions, Seigneur, saisisse nos esprits et nos corps, afin que son influence, et non pas notre sentiment, pr&#233;domine toujours en nous. &#187;&lt;/strong&gt; Oui que l'influence de l'amour divin l'emporte en nos c&#339;urs sur nos sentiments volatiles. Et que nous allions ainsi tr&#232;s loin dans les chemins de Dieu. Amen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Jean-Alexandre de l'Agneau , ocd - &lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Couvent d'Avon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un chemin d'humilit&#233; (Ho. 22e dim TO 01/09/2024)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Un-chemin-d-humilite-Ho-22e-dim-TO-01-09-2024.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Dt 4, 1-2.6-8 ; Ps 14 (15) ; Jc 1, 17-18.21b-22.27 ; Mc 7, 1-8.14-15.21-23 L'&#233;vangile est d&#233;cid&#233;ment tout &#224; la fois redoutable et la source d'une libert&#233; inou&#239;e et d'un r&#233;confort inesp&#233;r&#233; ! Et cette esp&#233;rance est d'autant plus haute que l'effroi fut profond : c'est qu'il n'y d'autre esp&#233;rance que celle qui jaillit du d&#233;sespoir travers&#233; et de lumi&#232;re que celle de l'aurore qui surgit au terme de la nuit. En ce dimanche, l'&#233;vangile pointe deux lieux, deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2023-2024-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2023-2024 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/tree-3095703_1920-40d31.jpg?1782943982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : Dt 4, 1-2.6-8 ; Ps 14 (15) ; Jc 1, 17-18.21b-22.27 ; Mc 7, 1-8.14-15.21-23&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vangile est d&#233;cid&#233;ment tout &#224; la fois redoutable et la source d'une libert&#233; inou&#239;e et d'un r&#233;confort inesp&#233;r&#233; !
Et cette esp&#233;rance est d'autant plus haute que l'effroi fut profond : c'est qu'il n'y d'autre esp&#233;rance que celle qui jaillit du d&#233;sespoir travers&#233; et de lumi&#232;re que celle de l'aurore qui surgit au terme de la nuit. En ce dimanche, l'&#233;vangile pointe deux lieux, deux exp&#233;riences de ces travers&#233;es, de ces retournements. Premi&#232;rement, en fustigeant les pharisiens pour leur hypocrisie, J&#233;sus nous renvoie &#224; nos propres duplicit&#233;s, &#224; nos apparences illusoires, &#224; l'incoh&#233;rence de nos actes et paroles eu &#233;gard &#224; notre vie r&#233;elle, nos exigences ou nos pr&#233;tentions. Certes, il y a dans tout cela une part plus ou moins aveugle et, de l'inconscience &#224; l'imposture en passant par l'hypocrisie, il y a toute une gamme dans ces discordances. Mais l'esquive de dire que cela ne concerne que les autres (les autres religions ou d'autres coreligionnaires) serait elle-m&#234;me pharisienne : pharisien d'accuser l'autre d'&#234;tre pharisien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a au contraire une gr&#226;ce et une aubaine quand nos yeux se dessillent, &#224; condition de le vivre non comme un malheur ou une mal&#233;diction mais comme une lib&#233;ration et &lt;strong&gt;l'acc&#232;s &#224; une v&#233;rit&#233; profonde&lt;/strong&gt;. Lib&#233;ration de r&#233;aliser que notre obsession des mains pures et donc notre phobie des mains sales est sans fondement car &#171; rien de ce qui est ext&#233;rieur n'est impur &#187;, selon J&#233;sus reprenant la b&#233;n&#233;diction originelle de la Gen&#232;se (&#171; Et Dieu vit que cela &#233;tait bon &#187;) ou annon&#231;ant l'ivresse mystique d'un Paul ou d'un Jean de la Croix : &#171; tout est &#224; moi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acc&#232;s aussi &#224; la v&#233;rit&#233; profonde de notre c&#339;ur. Le c&#339;ur est le lieu o&#249; la liturgie de la Parole nous conduit en ce jour : d&#233;fi de l'int&#233;riorit&#233;, de la conscience de ce qui habite notre c&#339;ur et qui s'exprime par l'appel &#224; l'&#233;coute : &#171; &#201;coute Isra&#235;l ! &#187; ; &#171; accueillez dans la douceur la Parole sem&#233;e en vous &#187;. &lt;strong&gt;Le c&#339;ur est le lieu du discernement, de la connaissance de soi. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vangile nous y conduit sur un chemin d'humilit&#233;, d'unification. Quelle esp&#233;rance ! Mais, deuxi&#232;me lieu d'effroi, le c&#339;ur s'av&#232;re aussi le lieu source de nos turpitudes dont J&#233;sus nous donne une liste que la Tradition reprendra avec les p&#233;ch&#233;s capitaux (au sens des p&#233;ch&#233;s qui sont la t&#234;te &#8211; caput - de tous les autres). Les lecteurs de Jean de la Croix savent qu'un tel catalogue se trouve au d&#233;but du livre de la &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Nuit obscure&lt;/em&gt;, ne laissant &#224; l'&#226;me aucun &#233;chappatoire : il lui faut &#234;tre transform&#233;e en profondeur et cela lui est impossible par elle-m&#234;me. Il est int&#233;ressant de noter que le Docteur mystique place cette liste &#224; cet endroit de son expos&#233;, c'est-&#224;-dire &#224; un stade d&#233;j&#224; avanc&#233; de sa description du parcours spirituel. Il faut une certaine confiance en la gr&#226;ce pour la supporter mais&lt;strong&gt; il s'agit surtout de r&#233;aliser qu'on ne se sauve pas par &#171; soi-m&#234;me&lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se savoir perdu pour accueillir le salut ! La simple int&#233;riorit&#233; si elle ne s'ouvre pas &#224; l'alt&#233;rit&#233; devient un infecte cloaque o&#249; fermentent toutes nos pens&#233;es perverses. C'est ainsi que l'on peut comprendre l'appel pressant de st Jacques non seulement &#224; &#233;couter mais &#224; agir, &#224; se tourner vers l'autre. Il faut oser en quelque sorte les mains sales. On se rappelle les propos de P&#233;guy : il a &#171; les mains pures mais il n'a pas de main. Et nous, avec nos mains calleuses, nos mains noueuses, nos mains p&#233;cheresses, nous avons quelque fois les mains pleines &#187;. De fait, notre foi au Christ ne nous invite pas &#224; vivre comme des s&#233;par&#233;s (des pharisiens), des pr&#233;serv&#233;s dans nos apparences ou l'&#238;lot de notre int&#233;riorit&#233;, dont la grande illusion serait de croire que c'est par nos propres efforts que nous pouvons nous nettoyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a qu'une seule eau qui nettoie, celle que nous donne le Christ, celle qui jaillit de son c&#244;t&#233; ouvert&#8230; Heureuse exp&#233;rience des mains sales et du c&#339;ur impur si elle nous permet de croire que la seule puret&#233; est celle que donne Dieu. Nous serons alors &#233;crin de la gr&#226;ce, appelant l'action de gr&#226;ce. C'est ainsi que l'on peut relire la finale de notre deuxi&#232;me lecture &#171; Il n'y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation &#187;. Le peuple des saints ne se distingue pas par sa puissance ni son intelligence mais montre &#224; voir&lt;strong&gt; l'&#339;uvre de Dieu qui lib&#232;re, qui fait acc&#233;der &#224; la v&#233;rit&#233; du c&#339;ur &lt;/strong&gt; et qui conduit les c&#339;urs libres et ouverts par l'Esprit de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur et ses turpitudes, lieu d'effroi et de d&#233;couragement, devient alors celui de la plus folle esp&#233;rance : &#171; rien ne peut nous s&#233;parer de l'amour du Christ &#187; car &#171; si notre c&#339;ur nous condamne, Dieu est plus grand que notre c&#339;ur &#187;. Mesurons le chemin entrevu depuis l'obsession des mains pures mais aveugle sur ses incoh&#233;rences, au d&#233;sir du c&#339;ur pur mais impuissant face &#224; la radicalit&#233; des tendances mauvaises qui conduit &#224; l'offrande de tout l'&#234;tre, corps, &#226;me, esprit et mains sales au besoin et qui sait que &lt;strong&gt;Dieu seul sauve, unifie, rend heureux et f&#233;cond&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un chemin d'int&#233;riorisation et d'int&#233;gration : du mode du sacr&#233; et de la convenance, &#224; celui de la morale (avec son souci du juste, du vrai et du bon avec le d&#233;veloppement des vertus), &#224; celui de la spiritualit&#233; (avec l'acc&#232;s au c&#339;ur et au silence). Mais notre foi au Christ va plus loin : l'&#233;vangile est une mystique au sens d'une rencontre qui nous transforme et nous conduit vers l'union &#224; Dieu, qui nous configure au Christ et nous fait mouvoir au souffle de l'Esprit. Ce chemin, scand&#233; par ces passages du d&#233;sespoir &#224; l'esp&#233;rance que donne la gr&#226;ce de Dieu, sans cesse nous d&#233;loge et nous reloge &#8211; nous reconstruit &#8211;, nous appauvrit et nous enrichit : qu'il soit n&#244;tre, &#224; l'&#233;cole patiente de l'&#233;vangile, pour la joie de Dieu ! Amen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Guillaume Dehorter, ocd - &lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Couvent d'Avon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Je suis la vie &#187; (Ho.20e dim TO 18/08/2024)</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : 1 R 19, 4-8 ; Ps 33 (34) ; Ep 4, 30 &#8211; 5, 2 ; Jn 6, 41-51 Nous voici au c&#339;ur de l'un des discours les plus audacieux de l'histoire humaine : un homme, J&#233;sus de Nazareth, fait de chair et de sang, exhorte ses auditeurs &#224; le manger. Il insiste avec une force saisissante : &#171; Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et ne buvez pas son sang, vous n'avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2023-2024-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2023-2024 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/pexels-mart-production-7219530-7db1f.jpg?1782943982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : 1 R 19, 4-8 ; Ps 33 (34) ; Ep 4, 30 &#8211; 5, 2 ; Jn 6, 41-51&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voici au c&#339;ur de l'un des discours les plus audacieux de l'histoire humaine : un homme, J&#233;sus de Nazareth, fait de chair et de sang, exhorte ses auditeurs &#224; le manger. Il insiste avec une force saisissante : &#171; Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et ne buvez pas son sang, vous n'avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie &#233;ternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui &#187; (Jn 6, 53-56). &lt;strong&gt;Ces paroles choquantes, &#224; premi&#232;re &#233;coute, sont au c&#339;ur de l'enseignement du Christ sur la vie &#233;ternelle.&lt;/strong&gt;
Pour saisir la profondeur de ce discours, il est n&#233;cessaire de s'interroger sur la nature m&#234;me de la vie. Qu'est-ce que la vie ? Cette question, qui a travers&#233; les &#226;ges et occup&#233; les philosophes, po&#232;tes et scientifiques, touche aux fondements de notre existence. La science moderne d&#233;finit la vie comme &#171; un syst&#232;me chimique auto-entretenu capable d'&#233;voluer de mani&#232;re darwinienne &#187; , une d&#233;finition officiellement adopt&#233;e par la NASA . Bien que pertinente, elle se limite aux manifestations observables de la vie : la reproduction, l'adaptation et l'&#233;volution. Cependant, elle reste silencieuse sur l'origine et le sens ultime de la vie. En effet, pour parler de la vie, ces scientifiques se concentrent sur l'observation des &#234;tres vivants. Nous, &#234;tres vivants, sommes compos&#233;s de cellules qui transforment l'&#233;nergie et la mati&#232;re pour se maintenir en vie. Nous naissons, nous grandissons, nous nous reproduisons, et nous nous adaptons &#224; notre environnement avant de mourir. Par cons&#233;quent, une pierre, &#233;tant inanim&#233;e, &#233;chappe &#224; cette d&#233;finition. Cette approche scientifique, en mettant l'accent sur la capacit&#233; des organismes &#224; se reproduire, &#224; s'adapter et &#224; transmettre leurs caract&#233;ristiques aux g&#233;n&#233;rations futures, est juste mais incompl&#232;te. En vertu de cette d&#233;finition, m&#234;me une forme de vie artificielle cr&#233;&#233;e en laboratoire pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme &#171; vivante &#187;. Pourtant, malgr&#233; ces avanc&#233;es, nous ne parvenons toujours pas &#224; d&#233;finir fondamentalement ce qu'est la vie, ni &#224; en expliquer scientifiquement l'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Christ, dans son discours, propose une perspective radicalement diff&#233;rente. Il affirme : &#171; &lt;strong&gt; Je suis la vie&lt;/strong&gt; &#187; (Jn 14, 6). En dehors de Lui, il n'y a pas de vie v&#233;ritable. En proclamant que sa chair est nourriture et son sang boisson, J&#233;sus r&#233;v&#232;le un myst&#232;re qui transcende la vie biologique : celui de la vie eucharistique et plus largement, de la vie &#233;ternelle. Ce sacrement, o&#249; le Christ se rend pr&#233;sent sous les apparences du pain et du vin, est la source de la vie divine pour ceux qui croient en lui. Il ne s'agit pas simplement d'un acte symbolique, comme certains pourraient le dire, mais d'une r&#233;alit&#233; substantielle o&#249; J&#233;sus se donne enti&#232;rement pour que nous ayons la vie en pl&#233;nitude (Cf. Jn 10, 10). Mais pour que cet acte soit r&#233;ellement accompli, il faut que J&#233;sus le Christ, r&#233;alise un sacrifice, son propre sacrifice et donc de passer par la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte juif, le sacrifice est au c&#339;ur de l'expiation des p&#233;ch&#233;s. J&#233;sus se pr&#233;sente, dans son discours, comme l'Agneau de Dieu, celui qui enl&#232;ve le p&#233;ch&#233; du monde (Jn 1, 29). Son sacrifice sur la Croix, anticip&#233; par l'institution de l'Eucharistie &#224; la sainte C&#232;ne, est l'acte supr&#234;me par lequel il donne sa vie pour le salut de tous : &#171; Pendant le repas, J&#233;sus, ayant pris du pain et prononc&#233; la b&#233;n&#233;diction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : &#171; Prenez, mangez : ceci est mon corps. &#187; Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu gr&#226;ce, il la leur donna, en disant : &#171; Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, vers&#233; pour la multitude en r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s. &#187; . &lt;strong&gt;La consommation de sa chair et de son sang dans l'Eucharistie est ainsi la participation directe &#224; ce myst&#232;re de salut. &lt;/strong&gt; En disant aujourd'hui &#171; le pain que je donnerai, c'est ma chair, donn&#233;e pour la vie du monde &#187; (Jn 6, 51), J&#233;sus annonce explicitement son offrande totale pour l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, il y a une pierre d'achoppement dans ce discours, cette pierre est la mort. J&#233;sus doit mourir. Et nous savons tous, que la mort est l'&#233;chec ultime du vivant, l'instant o&#249; la vie s'&#233;teint. &#192; la mort, le souffle cesse, le c&#339;ur s'arr&#234;te, le sang ne circule plus, l'activit&#233; c&#233;r&#233;brale s'interrompt, et nous ne r&#233;pondons plus &#224; nos proches. Ainsi pour que tout soit possible, il faut obligatoirement une victoire sur cette mort. Le Christ devra ressusciter ! Et, le tombeau vide atteste que le corps de J&#233;sus a &#233;chapp&#233; &#224; la corruption mortelle. Le Christ ressuscit&#233;, que ses disciples ont rencontr&#233;, est immortel et incorruptible. Par sa R&#233;surrection, la nature humaine est transform&#233;e, profond&#233;ment renouvel&#233;e, et J&#233;sus peut d&#233;sormais se rendre visible ou invisible &#224; volont&#233;. Cette proclamation de foi t&#233;moigne que J&#233;sus est effectivement la vie, qu'il est la source m&#234;me de la vie. Cependant, notre tendance mat&#233;rialiste nous emp&#234;che souvent de croire en la R&#233;surrection. Nous r&#233;duisons notre existence &#224; une conception purement biologique et chimique, oubliant la dimension spirituelle. Cette vision r&#233;ductrice, issue du mat&#233;rialisme et du rationalisme, conduit &#224; nier toute r&#233;alit&#233; qui ne serait pas observable ou mesurable. Ainsi, nos pens&#233;es et sentiments, invisibles, sont r&#233;duits &#224; de simples processus chimiques du cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Paul souligne la centralit&#233; de la R&#233;surrection dans la foi chr&#233;tienne : &#171; S'il n'y a pas de R&#233;surrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscit&#233;. Et si le Christ n'est pas ressuscit&#233;, notre annonce est vaine, vaine aussi notre foi&#8230; &#187; Il ajoute : &#171; Si c'est pour cette vie seulement que nous avons esp&#233;r&#233; dans le Christ, nous sommes les plus mis&#233;rables de tous les hommes &#187; (1 Co 15, 14-16). La R&#233;surrection n'est pas seulement la victoire sur la mort, elle valide &#233;galement tout l'enseignement de J&#233;sus sur le myst&#232;re de l'eucharistie. C'est parce que J&#233;sus est ressuscit&#233;, que son corps vivant montre avec force qu'il est glorieux et incorruptible, comme en t&#233;moignent les apparitions du Ressuscit&#233; aux disciples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les chr&#233;tiens catholiques et orthodoxes, l'Eucharistie est bien plus qu'un symbole ; elle est la v&#233;ritable nourriture qui nous unit au Christ et nous fait participer &#224; sa vie divine . Saint Thomas d'Aquin, dans son hymne eucharistique , compare J&#233;sus au p&#233;lican , cet oiseau l&#233;gendaire qui, selon la croyance m&#233;di&#233;vale, nourrit ses petits de sa propre chair et de son sang. Cette image puissante illustre le don total de J&#233;sus dans l'Eucharistie : il se donne &#224; nous, non pas en partie, mais en totalit&#233;, &#224; l'image d'une m&#232;re qui allaite son enfant de sa propre substance, elle ne donne pas une nourriture qui a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e sur un plat &#224; c&#244;t&#233;, elle donne de la substance de son corps. D'une certaine mani&#232;re, J&#233;sus fait cela avec nous dans l'Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le myst&#232;re de l'Eucharistie r&#233;v&#232;le que l'amour ob&#233;issant de J&#233;sus pour son P&#232;re, manifest&#233; dans son sacrifice, purifie et sanctifie tous les mouvements de notre vie humaine. Comme l'exprime saint Paul dans sa lettre aux Colossiens : &#171; En lui habite corporellement toute la pl&#233;nitude de la divinit&#233; &#187; (Col 2, 9). J&#233;sus, vrai Dieu et vrai homme, nous transmet cette pl&#233;nitude divine &#224; travers l'Eucharistie, nous offrant ainsi une participation &#224; sa vie &#233;ternelle. J&#233;sus nous rappelle aujourd'hui encore : &#171; Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui &#187; (Jn 6, 56). C'est dans l'Eucharistie, o&#249; le Christ se donne &#224; nous dans son Corps et son Sang, que nous trouvons la source et le sommet de la vie spirituelle. Cette union intime eucharistique avec le Christ nous ouvre &#224; la vie &#233;ternelle, nous vivons de la R&#233;surrection ici et maintenant. Que l'Esprit Saint, consubstantiel &#224; J&#233;sus et au P&#232;re, nous accorde un rayon de sa lumi&#232;re pour que nous puissions le comprendre et en vivre pleinement. Amen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Jean-S&#233;bastien de Notre-Dame du Sacr&#233;-C&#339;ur, ocd - ([Couvent de Roquebrune])&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marie, une m&#232;re bien pr&#233;sente (Ho. Assomption 15/08/2024)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Marie-une-mere-bien-presente-Ho-Assomption-15-08-2024.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : 1 Ch 15, 3-4.15-16 ; 16, 1-2 ; Ps 131 ; Lc 11, 27-28 ; JAp 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab ; Lc 1, 39-56 Ce n'est pas Marie seule que nous contemplons, comme sur un pi&#233;destal, loin de nous, de notre histoire, comme un monument dans un mus&#233;e. On passe, on le regarde et puis l'on s'en va, avec une &#233;motion dans le c&#339;ur, un peu d'admiration, voire une larme parce que quelque chose en nous a &#233;t&#233; touch&#233;, mais c'est &#224; distance. Et puis la vie reprend vite son cours, cela ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2023-2024-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2023-2024 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/pexels-lyon-20853588_1_-b1ec7.jpg?1782943982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : 1 Ch 15, 3-4.15-16 ; 16, 1-2 ; Ps 131 ; Lc 11, 27-28 ; JAp 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab ; Lc 1, 39-56&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas Marie seule que nous contemplons, comme sur un pi&#233;destal, loin de nous, de notre histoire, comme un monument dans un mus&#233;e. On passe, on le regarde et puis l'on s'en va, avec une &#233;motion dans le c&#339;ur, un peu d'admiration, voire une larme parce que quelque chose en nous a &#233;t&#233; touch&#233;, mais c'est &#224; distance. Et puis la vie reprend vite son cours, cela ne p&#233;n&#232;tre pas en nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensez, l'immacul&#233;e, la Reine du Ciel ! Il y a elle et puis nous, bien loin.
Non ce que l'on c&#233;l&#232;bre aujourd'hui c'est notre aventure fondamentale, c'est &lt;strong&gt;l'exaltation de nos aspirations les plus profondes&lt;/strong&gt;. En Marie la promesse qui nous est faite de la vie &#233;ternelle s'actualise. Le corps de Marie est mont&#233; au ciel, il a &#233;t&#233; transfigur&#233;, comme nous-m&#234;mes le serons &#224; la r&#233;surrection finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la victoire de l'Amour en ce corps d'eau et de poussi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment accueillons-nous cette promesse ?
L'amour a fait un tel travail en Marie qu'il a tout consum&#233;, y compris la mort, y compris la chair. La vie de Marie n'a pas &#233;t&#233; comme un fleuve tranquille. L'accueil de J&#233;sus en son sein, la relation &#224; Joseph, l'&#233;ducation de J&#233;sus qui n'avertit pas lorsqu'il reste au Temple, ses parents angoiss&#233;s de l'absence. Trois jours difficiles. Les tentations de J&#233;sus au d&#233;sert, et pourquoi n'aurait-elle pas &#233;t&#233; aussi tent&#233;e ?! La suite de J&#233;sus qui commence &#224; faire parler de lui, qui sort du cadre normal de la famille, l'arrestation, la passion, la mort, et puis non tout n'est pas fini, la vie divine fait son &#339;uvre en J&#233;sus, la mort est vaincue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout cela Marie l'a v&#233;cu dans sa chair, dans son c&#339;ur avec ses joies et ses angoisses.&lt;/strong&gt; La seule chose qui nous diff&#233;rencie d'elle c'est qu'elle est unie &#224; la volont&#233; de Dieu. Mais cette union n'&#233;pargne pas sa sensibilit&#233;, ne la rend pas infaillible dans sa vocation de m&#232;re et d'&#233;pouse. Elle est au combien humaine avec toute sa fragilit&#233;, sa vuln&#233;rabilit&#233;. Assumer notre vuln&#233;rabilit&#233; aujourd'hui au travail, en famille, avec les amis, pensez donc !
&lt;strong&gt;Or pour accueillir l'amour, il faut devenir vuln&#233;rable.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Marie, nous ne sommes pas faits pour vivre tranquilles sur terre, mais pour nous laisser transformer plus ou moins vite par l'amour. Il n'y a pas de r&#233;pit pour un c&#339;ur qui aime, qui se laisse aimer et qui se donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'est laiss&#233;e rejoindre par l'Amour &#224; la Visitation de l'ange, elle s'est laiss&#233;e aimer et l'amour de Dieu est un vrai feu. Elle n'a pas eu peur de l'amour, m&#234;me si tous les rep&#232;res sont boulevers&#233;s lorsqu'il entre dans le c&#339;ur. Pour beaucoup d'entre nous, il n'est pas facile de se laisser aimer gratuitement. Et la tendresse partag&#233;e avec Joseph et surtout avec son fils n'a peut-&#234;tre pas toujours &#233;t&#233; facile &#224; accueillir. Et J&#233;sus n'a pas non plus toujours &#233;t&#233; tendre avec Marie, ni avec Joseph, car c'est un amour libre qui se creuse, loin de toute captation, possession. Nous, nous voulons poss&#233;der, chosifier l'amour&#8230;
Il n'est pas facile de se donner, de penser autant &#224; l'autre qu'&#224; soi. Il n'est pas facile d'assumer le quotidien dans un corps parfois chancelant, souffrant. Il n'est pas facile de pardonner &#224; l'autre le mal qu'il nous a fait. Tout cela Marie l'a travers&#233;, en son quotidien le plus banal. Car qu'a-t-elle v&#233;cu que l'on ne puisse vivre du repas &#224; pr&#233;parer, de l'eau &#224; aller chercher, jusqu'&#224; l'absurde qui parfois traverse nos vies, jusqu'au mal que l'autre nous inflige et que l'on ne comprend pas, jusqu'&#224; l'enfant innocent que la vie quitte parce qu'il a &#233;t&#233; trop battu. H&#233;las tout cela peut faire ou avoir fait partie de notre quotidien&#8230;
&lt;strong&gt;Mais l'amour a &#233;t&#233; victorieux en Marie en tous ces combats.&lt;/strong&gt;
C'est la victoire de l'amour dans le c&#339;ur et le corps de Marie qui a surgi de l'int&#233;rieur de son &#234;tre et a tout consum&#233;.
Les saints du Carmel nous le disent : &lt;strong&gt;il nous faut nous exercer &#224; aimer&lt;/strong&gt;, &#224; ouvrir un espace en nous pour l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous est plus facile de passer notre temps &#224; faire que notre corps soit beau, &#224; l'entretenir, &#224; le sculpter et nous en oublions que notre propre beaut&#233; vient du dedans, de cet espace en nous fait pour la vie, la lumi&#232;re, l'amour, la v&#233;rit&#233;.
Cependant le plus difficile est peut-&#234;tre de se faire petit, humble, de ne pas tourner autour de son nombril. Sur ce chemin de notre sanctification, l'essentiel appartient &#224; Dieu, car il est vivant en nous. &#171; le puissant fit pour moi des merveilles, saint est son nom &#187;. Il faut lui laisser la place et faire taire notre amour propre. Cela est difficile !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La f&#234;te de l'Assomption est un appel pour nous &#224; nous r&#233;veiller, un appel &#224; laisser l'amour de Dieu entrer en notre c&#339;ur, nous sauver de nous-m&#234;mes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre vie n'est pas vaine, notre quotidien n'est pas vain s'il peut s'ouvrir &#224; l'amour. Marie nous a pr&#233;c&#233;d&#233;s sur ce chemin, elle est l&#224; avec son corps qui nous attend, qui interc&#232;de pour nous.
L'Assomption pointe du doigt notre destin&#233;e, nous trace un chemin dans le quotidien et les soucis afin de ne pas nous laisser submerger, anesth&#233;si&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Yannick Bonhomme - (&lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Couvent d'Avon&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le pain vivant (Ho.19e dim TO 11/08/2024)</title>
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&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : 1 R 19, 4-8 ; Ps 33 (34) ; Ep 4, 30 &#8211; 5, 2 ; Jn 6, 41-51 Maintenant, Seigneur, c'en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes p&#232;res. La grande d&#233;prime du proph&#232;te Elie ! Il y avait de quoi d&#233;primer, &#234;tre d&#233;courag&#233;. Elie a gagn&#233; la bataille contre les 450 proph&#232;tes de Baal sur le mont Carmel, mais il n'a pas gagn&#233; la guerre contre J&#233;zabel qui le poursuit de sa vindicte. Elie est peut-&#234;tre d&#233;prim&#233;, mais il n'a pas perdu la foi, du fond de sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2023-2024-Annee-B-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2023-2024 (Ann&#233;e B)&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e B) : 1 R 19, 4-8 ; Ps 33 (34) ; Ep 4, 30 &#8211; 5, 2 ; Jn 6, 41-51&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, Seigneur, c'en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes p&#232;res.
La grande d&#233;prime du proph&#232;te Elie !
Il y avait de quoi d&#233;primer, &#234;tre d&#233;courag&#233;. Elie a gagn&#233; la bataille contre les 450 proph&#232;tes de Baal sur le mont Carmel, mais il n'a pas gagn&#233; la guerre contre J&#233;zabel qui le poursuit de sa vindicte.
&lt;strong&gt;Elie est peut-&#234;tre d&#233;prim&#233;, mais il n'a pas perdu la foi&lt;/strong&gt;, du fond de sa d&#233;tresse, il prie le Seigneur de le rappeler &#224; Lui. C'est une pri&#232;re presque d&#233;sesp&#233;r&#233;e, paradoxale. Parfois, cette sorte de pri&#232;re est entendue, elle est suivie de quelque chose qui change la situation.
Elie s'endort d'&#233;puisement puis un ange le r&#233;veille, lui donnant l'ordre de se lever et de manger. C'est donc la vie qui revient, voulue par Dieu, une convalescence qui va durer quarante jours et quarante nuits avant la pleine gu&#233;rison, &#224; l'Horeb, la montagne de Dieu, o&#249; il entre dialogue avec son Dieu, &lt;strong&gt;dans un murmure d'une brise l&#233;g&#232;re&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La l&#233;g&#232;ret&#233;, c'est l'oppos&#233; de la d&#233;prime, de cette lourdeur qui ralentit, voire emp&#234;che, la marche.&lt;/strong&gt;
La deuxi&#232;me lecture, de la lettre aux Eph&#233;siens, est, elle-aussi, un rem&#232;de &#224; la d&#233;pression, au d&#233;couragement, quand elle nous invite, nous les croyants, &#224; &lt;strong&gt;vivre dans l'amour&lt;/strong&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Fr&#232;res, n'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu. &#187;&lt;/em&gt; Paul exhorte &#224; sortir du mauvais esprit, amertume, irritation, col&#232;re, &#233;clats de voix ou insultes.
Mais comment en sortir ?
&lt;strong&gt;C'est d'abord &#224; un combat int&#233;rieur qu'il faut se livrer&lt;/strong&gt;, un combat dont la victoire est garantie &#224; ceux qui comprennent et op&#232;rent une sortie de soi, comme un don de soi.
Le don de soi, J&#233;sus est celui qui l'a pratiqu&#233; parfaitement sur la Croix et il continue de le faire &#224; chaque Eucharistie.
Mais ce don n'est pas reconnu par tous, Il est ainsi durement critiqu&#233; par ceux qui disent conna&#238;tre son p&#232;re et sa m&#232;re et qui en tirent la cons&#233;quence :
Alors comment peut-il dire maintenant : &#171; Je suis descendu du ciel &#187; ?
J&#233;sus r&#233;pond &#224; cela qu'il faut cesser de r&#233;criminer et il ajoute :
&#034;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Personne ne peut venir &#224; moi, si le P&#232;re qui m'a envoy&#233; ne l'attire&#8230;&lt;/em&gt;&#034;
Attirance bien myst&#233;rieuse, qu'on ne peut comprendre qu'en l'exp&#233;rimentant personnellement, une exp&#233;rience intime qui suppose d'abord de &lt;strong&gt;faire taire en soi tous les bruits qui parasitent l'&#233;coute de la parole de Dieu&lt;/strong&gt;.
Il faut une bonne dose de silence pour entrer dans cette &#233;coute. Le proph&#232;te Elie, rappelons-le, a march&#233; quarante jours, quarante nuits, avant de faire cette exp&#233;rience !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et J&#233;sus de poursuivre : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Quiconque a entendu le P&#232;re et re&#231;u son enseignement vient &#224; moi. &#187;&lt;/em&gt;
&lt;strong&gt;Venir &#224; J&#233;sus veut dire croire en Lui et celui qui fait cette exp&#233;rience, a la vie &#233;ternelle.&lt;/strong&gt;
La vie &#233;ternelle est offerte aux croyants, &#224; ceux qui ont foi en J&#233;sus Christ !
Certes, personne n'a jamais vu le P&#232;re, sinon celui qui vient de Dieu : celui-l&#224; seul a vu le P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus est l'envoy&#233; du P&#232;re ; P&#232;re qu'il est seul &#224; avoir vu ! Privil&#232;ge du Fils !
Ainsi l'&#233;coute du P&#232;re conduit au Fils, qui lui-m&#234;me renvoie au P&#232;re.
En &#233;coutant ces paroles, nous devenons comme t&#233;moins de la Trinit&#233; !
Le P&#232;re est l'auteur de la vie, et c'est Lui qui donne toute nourriture aux vivants.
&#034;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra &#233;ternellement.&lt;/em&gt;&#034;
Comment comprendre cela ?
&lt;strong&gt;J&#233;sus veut dire qu'en communiant &#224; son corps et &#224; son sang, dans l'Eucharistie, nous nous nourrissons de sa vie !&lt;/strong&gt; De sa vie divine, de sa vie &#233;ternelle, au-del&#224; de son humanit&#233;, car J&#233;sus ne nous invite pas au cannibalisme !
Cet &#233;vangile nous enseigne donc que J&#233;sus se donne en nourriture &#224; ceux qui croient en lui et ainsi re&#231;oivent la vie &#233;ternelle, c'est-&#224;-dire la vie divine.
Ils re&#231;oivent la vie de l'Envoy&#233; du P&#232;re, puisque le P&#232;re et le Fils ne font qu'un, ils re&#231;oivent par cons&#233;quent la vie du P&#232;re lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire de cette vie &#233;ternelle d&#233;j&#224; donn&#233;e ?
Une vie invisible, impalpable, myst&#233;rieuse, mais certaine pourtant.
Certitude non scientifique, non d&#233;montrable, non rationnelle, certitude non orgueilleuse, ni fanatique. Certitude pourtant, au-del&#224; de la travers&#233;e n&#233;cessaire du doute.
Certitude &#233;trange, paradoxale, certitude int&#233;rieure, qui est comme souffl&#233;e &#224; notre oreille et qui p&#233;n&#232;tre dans notre c&#339;ur.
&#338;uvre de l'Esprit qui souffle o&#249; il veut, Esprit de libert&#233; et de v&#233;rit&#233;.
C'est lui qui nous attire vers J&#233;sus et vers le P&#232;re.
C'est lui qui &#233;claire notre foi et la fortifie, et nous donne de croire dans la v&#233;rit&#233; de la parole de J&#233;sus : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra &#233;ternellement. &#187;&lt;/em&gt;
Amen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Robert Arcas - (&lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Couvent d'Avon&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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