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		<title>Carmel en France</title>
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		<title>&#201;couter la Parole du Christ pour apprendre &#224; aimer [Ho 30e dim. TO - Ann&#233;e A]</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Ecouter-la-Parole-du-Christ-pour-apprendre-a-aimer-Ho-30e.html</link>
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		<description>&lt;p&gt;&#171; Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, et ton prochain comme toi-m&#234;me &#187; (Mt 22, 34-40)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2025-2026-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2025-2026 (Ann&#233;e A)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH99/pexels-kjalilxd-5774631-16da6.jpg?1793003938' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Ex 22, 20-26 ; Ps 17 (18) ; 1 Th 1, 5c-10 ; Mt 22, 34-40&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part de la discussion que J&#233;sus a aujourd'hui avec les pharisiens, c'est, nous dit saint Matthieu, le fait que le Seigneur a &#171; ferm&#233; la bouche aux saduc&#233;ens &#187;. &#171; Il a ferm&#233; la bouche aux saduc&#233;ens &#187;. De prime abord, il y aurait l&#224; de quoi nous &#233;tonner ! Celui qui est la Parole en personne r&#233;duirait au silence ceux qui ne pensent pas comme lui ? &#201;trange ! nous sentons bien combien, s'il en &#233;tait ainsi, cela ne collerait pas avec ce que l'&#201;vangile nous r&#233;v&#232;le de J&#233;sus : lui, le Verbe de Dieu, il ne cherche pas des auditeurs muets et impassibles. Bien plut&#244;t, il suscite des disciples qui dialoguent avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avancer dans notre m&#233;ditation, souvenons-nous de ce qui s'est pass&#233; avec les saduc&#233;ens (cf. Mt 22, 23-33). Nous avons sans doute en m&#233;moire cet &#233;pisode : pour mettre &#224; l'&#233;preuve J&#233;sus et afin de d&#233;cr&#233;dibiliser la foi en la r&#233;surrection, les saduc&#233;ens ont invent&#233; l'histoire d'une femme qui, en raison de deuils successifs, se serait mari&#233;e sept fois. Ils en viennent &#224; poser &#224; J&#233;sus la question un peu ridicule et m&#234;me triviale : &#224; la pr&#233;tendue r&#233;surrection des morts, de qui sera-t-elle l'&#233;pouse ? &#171; Vous vous &#233;garez, leur avait r&#233;pondu J&#233;sus, en m&#233;connaissant les &#201;critures et la puissance de Dieu (&#8230;) Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;duire au silence les paroles st&#233;riles qui blessent la communion et ne servent qu'&#224; asseoir le pouvoir autoritaire de ceux qui les prononcent, J&#233;sus renvoie &#224; l'&#201;criture (&#171; vous vous &#233;garez, en m&#233;connaissant les &#201;critures &#187; &#8211; et, comme l'affirme saint J&#233;r&#244;me, m&#233;conna&#238;tre les &#201;critures, c'est m&#233;conna&#238;tre le Christ) et il r&#233;v&#232;le le vrai visage de Dieu (il est &#171; le Dieu des vivants &#187;, c'est-&#224;-dire le Dieu qui donne vie et veut la vie de ses enfants). C'est encore cela que J&#233;sus rappelle aujourd'hui au docteur de la Loi, qui vient lui aussi interroger J&#233;sus pour le mettre &#224; l'&#233;preuve. Peut-&#234;tre se croit-il plus habile que les saduc&#233;ens, mais c'est la m&#234;me le&#231;on qui va lui &#234;tre offerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lui aussi, J&#233;sus va fermer la bouche non pas pour le condamner au silence, mais pour lui apprendre &#224; bien parler. Et pour bien parler, il faut commencer par &#233;couter. Se demander, comme le fait le docteur de la Loi, quel est le grand commandement de la Torah, ne peut &#234;tre une question purement th&#233;orique ou juridique. Le rapport &#224; la Torah, &#224; la Loi de Dieu, &#224; l'&#201;criture, ne peut &#234;tre qu'un rapport vivant, de personne &#224; personne. Chaque fois que nous ouvrons notre Bible, chaque fois que nous entendons la Parole de Dieu proclam&#233;e dans la liturgie, dans l'assembl&#233;e croyante que nous formons, c'est la Personne de J&#233;sus Ressuscit&#233; qui s'adresse &#224; nous. Saint Paul le disait d&#233;j&#224; aux chr&#233;tiens de Thessalonique : &#171; Quand vous avez re&#231;u la parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l'avez accueillie pour ce qu'elle est r&#233;ellement, non pas une parole d'hommes, mais la parole de Dieu qui est &#224; l'&#339;uvre en vous, les croyants &#187; (1 Th 2, 13) C'est bien cette r&#233;alit&#233; que nous avons confess&#233;e &#224; l'instant, lorsque, apr&#232;s avoir proclam&#233; l'&#201;vangile, le diacre nous a dit : &#171; Acclamons la Parole de Dieu &#187;. Nous avons r&#233;pondu : &#171; Louange &#224; toi, Seigneur J&#233;sus &#187; : par cette r&#233;ponse liturgique, nous avons confess&#233; que J&#233;sus s'adresse v&#233;ritablement &#224; nous lorsque l'&#201;vangile est proclam&#233; au milieu de l'assembl&#233;e priante et que nous l'accueillons avec foi. Par cette r&#233;ponse liturgique, nous avons confess&#233; la pr&#233;sence r&#233;elle du Christ dans l'&#201;criture proclam&#233;e au cours de la liturgie. Il s'agit d'une pr&#233;sence r&#233;elle quasi-sacramentelle, comme l'expliquait Beno&#238;t XVI dans son exhortation apostolique sur la Parole de Dieu (cf. Verbum Domini 56). C'est une gr&#226;ce, que, avec force de douceur, le Seigneur nous ferme la bouche de temps en temps et qu'il ouvre notre oreille afin que nous apprenions &#224; l'&#233;couter, &#224; &#233;couter sa Parole qui nous instruit, nous nourrit, nous transforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que nous dit-il lorsque nous l'&#233;coutons ? &#171; Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton c&#339;ur, de toute ton &#226;me et de tout ton esprit. Voil&#224; le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-m&#234;me. De ces deux commandements d&#233;pend toute la Loi, ainsi que les Proph&#232;tes &#187;. &#171; Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton c&#339;ur, de toute ton &#226;me et de tout ton esprit &#187; : &#233;couter la Parole de Dieu, d&#233;couvrir son amour inconditionnel pour nous et pour toute personne, suscite notre propre parole, notre r&#233;ponse d'amour &#224; la parole de son amour. L'amour dont il est ici question, ce n'est pas un sentiment &#8211; les sentiments, qui sont utiles, ne se situent au niveau le plus profond de notre &#234;tre &#8211; l'amour dont il est ici question, c'est l'engagement de notre volont&#233;. Aimer quelqu'un, c'est nous engager, engager notre volont&#233;, engager toutes nos &#233;nergies, pour son service, pour lui faire du bien, pour lui faire plaisir. Et comme il n'est pas si facile d'&#234;tre assur&#233; que l'on aime Dieu que l'on ne voit pas, le Christ nous r&#233;v&#232;le que le second commandement est semblable au premier : &#171; Tu aimeras ton prochain comme toi-m&#234;me &#187;. Saint Jean le rappellera dans sa premi&#232;re &#233;p&#238;tre : celui qui pr&#233;tend aimer Dieu qu'il ne voit pas et qui n'aime pas son fr&#232;re, sa s&#339;ur, qu'il voit, est un menteur. Et pour aimer notre prochain comme nous-m&#234;mes, il ne s'agit pas seulement &#8211; m&#234;me si c'est d&#233;j&#224; beaucoup &#8211; de lui faire le bien que l'on voudrait que l'on nous fasse, ni seulement d'&#233;viter de lui faire le mal que l'on ne voudrait pas que l'on nous fasse. Pour aimer notre prochain comme nous-m&#234;mes, il importe d'abord de voir en toute personne un homme, une femme, habit&#233;e par la pr&#233;sence de Dieu et sauv&#233;e par lui. Dans l'un de ses ouvrages, le Ch&#226;teau int&#233;rieur, N. M. sainte Th&#233;r&#232;se &#8211; Th&#233;r&#232;se d'Avila &#8211; forge une petite parabole pour exprimer la v&#233;rit&#233; de la personne humaine et l'appel &#224; rencontrer Dieu au-dedans de nous par le moyen de l'oraison : notre &#226;me, affirme-t-elle, est un ch&#226;teau &#233;blouissant de lumi&#232;re et de beaut&#233;, au plus profond duquel Dieu lui-m&#234;me demeure. Et la porte pour entrer dans ce ch&#226;teau int&#233;rieur, c'est l'oraison (cf. Premi&#232;res Demeures 1, 1). Cette v&#233;rit&#233; fonde la dignit&#233; inali&#233;nable de ma personne, qu'aucun p&#233;ch&#233; commis, qu'aucune violence subie ne peut effacer : c'est une source intarissable d'esp&#233;rance pour chacun de nous. Eh bien, aimer son prochain comme soi-m&#234;me, c'est regarder toute personne avec ce regard de foi : m&#234;me celui dont la pr&#233;sence m'est d&#233;sagr&#233;able, m&#234;me celui qui m'a fait du mal poss&#232;de et conserve cette dignit&#233; inali&#233;nable. Attention, celui qui m'a fait du mal doit le reconna&#238;tre, celui qui a commis le mal doit &#234;tre d&#233;nonc&#233;, et dans des situations criminelles, jug&#233; et condamn&#233;. Et, sans rien soustraire au devoir de reconnaissance et de justice, il y a toujours une esp&#233;rance possible m&#234;me pour le plus grand des criminels, pour chaque personne, pour nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chers fr&#232;res et s&#339;urs, que l'Esprit Saint ouvre notre oreille et notre bouche, afin que nous sachions &#233;couter la Parole de J&#233;sus, qui est r&#233;ellement pr&#233;sent au milieu de nous et au-dedans de nous : sa Parole de v&#233;rit&#233; nous instruit et nous apprend &#224; aimer. Alors, en r&#233;ponse &#224; son amour, nous pourrons parler et agir comme il le d&#233;sire, en aimant en v&#233;rit&#233; toute personne, qui est un fr&#232;re, une s&#339;ur, pour qui le Christ est mort et ressuscit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Anthony-Joseph Pinelli, ocd - (&lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;couvent d'Avon&lt;/a&gt;)/]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'image de Dieu grav&#233;e en nous [Ho 29e dim. TO - Ann&#233;e A]</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/L-image-de-Dieu-gravee-en-nous-Ho-29e-dim-TO-Annee-A.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Is 45, 1.4-6 ; Ps 95 (96) ; 1 Th 1, 1-5b ; Mt 22, 15-21 Reprenons le contexte de la discussion : J&#233;sus est confront&#233; &#224; une question pi&#232;ge minutieusement &#233;labor&#233;e par ses adversaires, pharisiens et h&#233;rodiens : s'il approuve l'imp&#244;t, il pactise avec l'occupant romain ; s'il le refuse, on pourra le d&#233;noncer comme un agitateur . Mais J&#233;sus ne se laisse pas enfermer : il fait apporter un denier et les interroge &#224; son tour : &#171; Cette effigie et cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2025-2026-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2025-2026 (Ann&#233;e A)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L84xH150/pexels-rana-g-208944044-19674413-65b27.jpg?1792397903' class='spip_logo spip_logo_right' width='84' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Is 45, 1.4-6 ; Ps 95 (96) ; 1 Th 1, 1-5b ; Mt 22, 15-21&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons le contexte de la discussion : J&#233;sus est confront&#233; &#224; une question pi&#232;ge minutieusement &#233;labor&#233;e par ses adversaires, pharisiens et h&#233;rodiens : s'il approuve l'imp&#244;t, il pactise avec l'occupant romain ; s'il le refuse, on pourra le d&#233;noncer comme un agitateur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mt 22,15, grec : &#8005;&#960;&#969;&#962; &#945;&#8016;&#964;&#8056;&#957; &#960;&#945;&#947;&#953;&#948;&#949;&#973;&#963;&#969;&#963;&#953;&#957; &#7952;&#957; &#955;&#972;&#947;&#8179; (h&#243;p&#333;s aut&#242;n pagide&#250;s&#333;sin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais J&#233;sus ne se laisse pas enfermer : il fait apporter un denier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mt 22,19, grec : &#948;&#951;&#957;&#940;&#961;&#953;&#959;&#957; (d&#275;n&#225;rion), la monnaie d'argent romaine portant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et les interroge &#224; son tour : &#171; Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? &#187; (Mt 22, 20). &#171; De C&#233;sar &#187;, r&#233;pondent-ils. Alors, avec une logique implacable, J&#233;sus r&#233;torque qu'il faut rendre &#224; C&#233;sar ce qui lui appartient et &#224; Dieu ce qui lui est d&#251;. La r&#233;ponse est simple, claire et nette, et elle n'a pas besoin de commentaire. Le verset suivant le laisse comprendre : &#171; &#192; ces mots, ils furent tout &#233;tonn&#233;s. Ils le laiss&#232;rent et s'en all&#232;rent. &#187; (Mt 22, 22).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de J&#233;sus nous conduit bien au-del&#224; de la question des imp&#244;ts : &#224; qui appartenons-nous, et qu'est-ce qui fait v&#233;ritablement notre valeur ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mt 22,15-22, &#233;vangile du jour.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car nous cherchons constamment &#224; savoir qui nous sommes. Nous nous d&#233;finissons par notre m&#233;tier, notre situation familiale, nos responsabilit&#233;s, nos r&#233;ussites. Nous poss&#233;dons des papiers d'identit&#233;, des titres, des fonctions, des comptes bancaires&#8230; Notre soci&#233;t&#233; sait remarquablement bien nous identifier ! Sait-elle pour autant reconna&#238;tre notre valeur ? Que reste-t-il de nous lorsque nous perdons notre emploi, lorsque nos capacit&#233;s diminuent ou lorsque nous ne sommes plus aussi utiles aux autres ? Sommes-nous moins dignes d'&#234;tre aim&#233;s ? Certainement pas. Notre dignit&#233; ne d&#233;pend ni de notre rendement, ni de notre patrimoine, ni de la reconnaissance sociale. Elle est enracin&#233;e dans ce que nous sommes profond&#233;ment et au-del&#224; des apparence. Nous sommes des &#234;tres cr&#233;&#233;s &#224; l'image de Dieu, appel&#233;s &#224; recevoir son amour et &#224; aimer de son amour. La personne humaine est ce qu'il y a de plus parfait dans toute la nature.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. saint Thomas d'Aquin, Summa theologiae, Ia, q. 29, a. 3, co. : &#171; Persona (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie alors rendre &#224; C&#233;sar ce qui est &#224; C&#233;sar ? Cette parole poss&#232;de une port&#233;e civique et sociale : elle nous invite &#224; ne pas nous d&#233;sint&#233;resser de la vie commune et de la vie politique. Nous avons des responsabilit&#233;s, des devoirs et des obligations.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rm 13,1-7 sur la soumission aux autorit&#233;s et la responsabilit&#233; civique.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi ne nous dispense pas de contribuer au bien commun. Le pouvoir, l'argent et les institutions humaines trouvent leur juste place dans la soci&#233;t&#233;. Toutefois, aucune autorit&#233; humaine ne peut fixer la valeur profonde d'une personne ni s'approprier sa dignit&#233;. La premi&#232;re lecture &#233;claire cette affirmation. Isa&#239;e d&#233;signe Cyrus, souverain pa&#239;en, par un titre habituellement donn&#233; aux rois d'Isra&#235;l : &#171; &#224; son oint, &#224; Cyrus &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Is 45,1, h&#233;breu : &#1499;&#1465;&#1468;&#1492;&#1470;&#1488;&#1464;&#1502;&#1463;&#1512; &#1497;&#1456;&#1492;&#1493;&#1464;&#1492; &#1500;&#1460;&#1502;&#1456;&#1513;&#1460;&#1473;&#1497;&#1495;&#1493;&#1465; &#1500;&#1456;&#1499;&#1493;&#1465;&#1512;&#1462;&#1513;&#1473; (k&#333;h-&#702;&#257;mar YHWH (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dieu choisit ce souverain pour accomplir son dessein, et agit donc par un homme qui l'ignore. Nos cat&#233;gories ne sauraient contenir ou comprendre les voies divines (Is 55, 8-9 et Rm 11, 33).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Mes pens&#233;es ne sont pas vos pens&#233;es, et vos voies ne sont pas mes voies, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous arrive m&#234;me de d&#233;couvrir que Dieu passe par des personnes que nous n'aurions pas spontan&#233;ment choisies !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Christ ajoute pourtant : &#171; Rendez &#224; Dieu ce qui est &#224; Dieu &#187;. Que signifie donc rendre &#224; Dieu ce qui est &#224; Dieu ? C'est le texte h&#233;breu de la Gen&#232;se qui d&#233;tient la cl&#233; de la r&#233;ponse. Dieu y d&#233;clare : &#171; Faisons l'homme &#224; notre image, selon notre ressemblance &#187; (Gn 1, 26). En h&#233;breu, le mot &#171; image &#187; se dit &#7779;elem (&#1510;&#1462;&#1500;&#1462;&#1501;), terme qui d&#233;signe une statue ou une effigie, pr&#233;cis&#233;ment ce que la pi&#232;ce porte grav&#233;. Les lexicographes rapprochent &#7779;elem de &#7779;&#275;l (&#1510;&#1461;&#1500;), l'ombre.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le rapprochement entre &#7779;elem et &#7779;&#275;l est propos&#233; par plusieurs lexicographes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Or une ombre n'est jamais visible sans la lumi&#232;re : elle suit celui qui la porte et bouge avec lui. L'effigie de C&#233;sar, elle, fige un profil dans le m&#233;tal non-vivant. Le vocabulaire grec confirme ce contraste. J&#233;sus demande : &#171; De qui est cette effigie et cette inscription ? &#187; Le mot employ&#233; (eik&#7763;n (&#949;&#7984;&#954;&#974;&#957;)), d&#233;signe pr&#233;cis&#233;ment celui que la Septante choisit pour traduire &#7779;elem en Gen&#232;se 1,26.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mt 22,20 : T&#237;nos h&#275; eik&#7763;n ha&#250;t&#275; ? (&#932;&#943;&#957;&#959;&#962; &#7969; &#949;&#7984;&#954;&#8060;&#957; &#945;&#8021;&#964;&#951; ;) ; Septante, Gn 1,26 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un m&#234;me mot d&#233;signe donc l'effigie mon&#233;taire et l'image de Dieu en l'homme, et J&#233;sus joue sur ce double sens. Le verbe qu'il emploie, apod&#237;d&#333;mi (&#7936;&#960;&#959;&#948;&#943;&#948;&#969;&#956;&#953;), signifie s'acquitter d'une dette, rendre ce qui est d&#251;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mt 22,21 : ap&#243;dote ta Ka&#237;saros Ka&#237;sari (&#7936;&#960;&#972;&#948;&#959;&#964;&#949; &#964;&#8048; &#922;&#945;&#943;&#963;&#945;&#961;&#959;&#962; &#922;&#945;&#943;&#963;&#945;&#961;&#953;), &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que J&#233;sus op&#232;re le d&#233;placement d&#233;cisif : la personne humaine porte en elle l'image de Dieu comme une ombre vivante, une empreinte qui re&#231;oit sans cesse la lumi&#232;re de son Cr&#233;ateur. La pi&#232;ce, elle, ne porte qu'une empreinte fig&#233;e, celle de l'empereur. Aussi peut-elle &#234;tre rendue &#224; C&#233;sar sans rien perdre, alors que l'homme appartient, en son fond, &#224; celui dont il porte l'image. Si la monnaie porte l'effigie de l'empereur, la personne humaine porte la marque du Cr&#233;ateur. Comment l'homme, conscient de ce don inestimable, peut-il r&#233;pondre &#224; la majest&#233; divine sans d&#233;choir de sa condition de cr&#233;ature libre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le psalmiste pose aussi cette question : &#171; Que rendrai-je au Seigneur ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ps 116,12, h&#233;breu : &#1502;&#1463;&#1492;&#1470;&#1488;&#1464;&#1513;&#1460;&#1473;&#1497;&#1489; &#1500;&#1463;&#1497;&#1492;&#1493;&#1464;&#1492; &#1499;&#1464;&#1468;&#1500;&#1470;&#1514;&#1463;&#1468;&#1490;&#1456;&#1502;&#1493;&#1468;&#1500;&#1493;&#1465;&#1492;&#1460;&#1497; &#1506;&#1464;&#1500;&#1464;&#1497; (mah-&#702;&#257;&#353;&#238;&#7687; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;pond en &#233;levant la coupe du salut ! Rendre &#224; Dieu ne consiste pas &#224; lui restituer ce dont il aurait besoin, mais &#224; accueillir l'infinit&#233; de son Don. C'est dans le vide de notre indigence offerte que le Seigneur d&#233;verse l'abondance de sa gr&#226;ce. C'est exactement ce que nous faisons en ce moment pr&#233;cis, dans cet instant pr&#233;sent. &#192; cet instant du Sacrifice non sanglant, la Terre et le Ciel s'unissent : la cr&#233;ature ne pr&#233;sente pas &#224; Dieu ses propres m&#233;rites, mais offre le Christ lui-m&#234;me, l'Unique Oblation parfaite qui transfigure notre humanit&#233;. Rappelons-nous le grec eucharist&#237;a (&#949;&#8016;&#967;&#945;&#961;&#953;&#963;&#964;&#943;&#945;), &#171; action de gr&#226;ce &#187;, qui exprime cette m&#234;me logique : Dieu donne, l'homme rend.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mt 26,27, grec : &#955;&#945;&#946;&#8060;&#957; &#960;&#959;&#964;&#942;&#961;&#953;&#959;&#957; &#949;&#8016;&#967;&#945;&#961;&#953;&#963;&#964;&#942;&#963;&#945;&#962; (lab&#7761;n pot&#7703;rion eucharist&#7703;sas), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans l'Eucharistie, nous rendons &#224; Dieu notre existence, et il nous la rend divinis&#233;e ou transfigur&#233;e. Attention cependant ! Dieu ne nous r&#233;clame pas comme un propri&#233;taire qui reprendrait son bien. Il ne nous r&#233;duit pas &#224; des objets qui lui appartiendraient.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mt 22,21, grec : &#7944;&#960;&#972;&#948;&#959;&#964;&#949; &#959;&#8022;&#957; &#964;&#8048; &#922;&#945;&#943;&#963;&#945;&#961;&#959;&#962; &#922;&#945;&#943;&#963;&#945;&#961;&#953; &#954;&#945;&#8054; &#964;&#8048; &#964;&#959;&#8166; &#952;&#949;&#959;&#8166; &#964;&#8183; &#952;&#949;&#8183;. Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est celui qui nous donne d'exister et qui nous appelle &#224; une relation unique, personnelle, une relation d'amiti&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila, Livre de la vie, ch. 8, &#167; 5 : l'oraison n'est, &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre appartenance &#224; Dieu fonde notre libert&#233; et la conduit &#224; son accomplissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, saint Paul, en &#233;crivant aux Thessaloniciens, rend gr&#226;ce pour leur ergou t&#275;s piste&#333;s (&#7956;&#961;&#947;&#959;&#965; &#964;&#8134;&#962; &#960;&#943;&#963;&#964;&#949;&#969;&#962;), &#339;uvre de la foi, pour leur kopou t&#275;s agap&#275;s (&#954;&#972;&#960;&#959;&#965; &#964;&#8134;&#962; &#7936;&#947;&#940;&#960;&#951;&#962;) travail de l'amour, et pour leur hypomon&#275;s t&#275;s elpidos (&#8017;&#960;&#959;&#956;&#959;&#957;&#8134;&#962; &#964;&#8134;&#962; &#7952;&#955;&#960;&#943;&#948;&#959;&#962;) pers&#233;v&#233;rance de l'esp&#233;rance.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1 Th 1,2-3 (grec : ergou t&#275;s piste&#333;s, kopou t&#275;s agap&#275;s, hypomon&#275;s t&#275;s elpidos).&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi ne se manifeste pas seulement dans nos pri&#232;res, mais aussi dans notre mani&#232;re de vivre, de respecter les autres et de nous engager pour la justice et la paix. D&#232;s lors, notre prochain n'est jamais simplement un adversaire, un concurrent ou un probl&#232;me &#224; r&#233;gler, sa dignit&#233; nous pr&#233;c&#232;de et nous oblige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la question de J&#233;sus d&#233;passe celle de l'imp&#244;t et m&#234;me celle de nos devoirs religieux : &#171; Rendez donc &#224; C&#233;sar ce qui est &#224; C&#233;sar, et &#224; Dieu ce qui est &#224; Dieu &#187;. Elle nous rappelle que nous exer&#231;ons des responsabilit&#233;s dans la soci&#233;t&#233; et que la foi ne nous dispense pas de contribuer au bien commun. Elle nous interroge sur ce que nous faisons de notre existence et sur l'image de Dieu que nous sommes appel&#233;s &#224; r&#233;v&#233;ler par notre vie. Le Seigneur, qui a inscrit son image dans notre existence, continue de la faire briller en nous. La lumi&#232;re qu'il donne ne s'&#233;teint jamais, et ce qui n'est aujourd'hui qu'une ombre deviendra un jour pleinement visible. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Jean-S&#233;bastien de Notre-Dame du Sacr&#233;-C&#339;ur, ocd - (&lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;couvent d'Avon&lt;/a&gt;)/]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mt 22,15, grec : &#8005;&#960;&#969;&#962; &#945;&#8016;&#964;&#8056;&#957; &#960;&#945;&#947;&#953;&#948;&#949;&#973;&#963;&#969;&#963;&#953;&#957; &#7952;&#957; &#955;&#972;&#947;&#8179; (h&#243;p&#333;s aut&#242;n pagide&#250;s&#333;sin en l&#243;g&#333;i), &#171; afin de le prendre au pi&#232;ge par une parole &#187;. Le verbe pagide&#250;&#333; (&#960;&#945;&#947;&#953;&#948;&#949;&#973;&#969;) &#233;voque le pi&#232;ge tendu &#224; un animal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mt 22,19, grec : &#948;&#951;&#957;&#940;&#961;&#953;&#959;&#957; (d&#275;n&#225;rion), la monnaie d'argent romaine portant l'effigie de Tib&#232;re et l'inscription &#171; Tib&#232;re C&#233;sar, fils du divin Auguste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mt 22,15-22, &#233;vangile du jour.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. saint Thomas d'Aquin, Summa theologiae, Ia, q. 29, a. 3, co. : &#171; Persona significat id quod est perfectissimum in tota natura, scilicet subsistens in rationali natura. &#187; (&#171; Le mot de personne signifie ce qu'il y a de plus parfait dans toute la nature, c'est-&#224;-dire ce qui subsiste dans une nature raisonnable. &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rm 13,1-7 sur la soumission aux autorit&#233;s et la responsabilit&#233; civique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Is 45,1, h&#233;breu : &#1499;&#1465;&#1468;&#1492;&#1470;&#1488;&#1464;&#1502;&#1463;&#1512; &#1497;&#1456;&#1492;&#1493;&#1464;&#1492; &#1500;&#1460;&#1502;&#1456;&#1513;&#1460;&#1473;&#1497;&#1495;&#1493;&#1465; &#1500;&#1456;&#1499;&#1493;&#1465;&#1512;&#1462;&#1513;&#1473; (k&#333;h-&#702;&#257;mar YHWH lim-&#353;&#238;&#7717;&#244; l&#601;-K&#333;re&#353;), &#171; ainsi parle YHWH &#224; son oint, &#224; Cyrus &#187;. Cyrus est le seul non-Isra&#233;lite que la Bible h&#233;bra&#239;que d&#233;signe ainsi par le titre de ma&#353;&#237;a&#7717; (&#1502;&#1464;&#1513;&#1460;&#1473;&#1497;&#1495;&#1463;), &#171; oint &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Mes pens&#233;es ne sont pas vos pens&#233;es, et vos voies ne sont pas mes voies, oracle du Seigneur. Autant le ciel est &#233;lev&#233; au-dessus de la terre, autant mes voies sont &#233;lev&#233;es au-dessus de vos voies et mes pens&#233;es au-dessus de vos pens&#233;es. &#187; (Is 55, 8-9) ; &#171; &#212; profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies imp&#233;n&#233;trables ! &#187; (Rm 11, 33).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le rapprochement entre &#7779;elem et &#7779;&#275;l est propos&#233; par plusieurs lexicographes (dont HALOT) sans faire l'unanimit&#233; ; il s'agit d'une hypoth&#232;se &#233;tymologique, non d'une certitude.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mt 22,20 : T&#237;nos h&#275; eik&#7763;n ha&#250;t&#275; ? (&#932;&#943;&#957;&#959;&#962; &#7969; &#949;&#7984;&#954;&#8060;&#957; &#945;&#8021;&#964;&#951; ;) ; Septante, Gn 1,26 : kat' eik&#243;na h&#275;met&#233;ran (&#954;&#945;&#964;' &#949;&#7984;&#954;&#972;&#957;&#945; &#7969;&#956;&#949;&#964;&#941;&#961;&#945;&#957;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mt 22,21 : ap&#243;dote ta Ka&#237;saros Ka&#237;sari (&#7936;&#960;&#972;&#948;&#959;&#964;&#949; &#964;&#8048; &#922;&#945;&#943;&#963;&#945;&#961;&#959;&#962; &#922;&#945;&#943;&#963;&#945;&#961;&#953;), &#171; rendez &#224; C&#233;sar ce qui est &#224; C&#233;sar &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ps 116,12, h&#233;breu : &#1502;&#1463;&#1492;&#1470;&#1488;&#1464;&#1513;&#1460;&#1473;&#1497;&#1489; &#1500;&#1463;&#1497;&#1492;&#1493;&#1464;&#1492; &#1499;&#1464;&#1468;&#1500;&#1470;&#1514;&#1463;&#1468;&#1490;&#1456;&#1502;&#1493;&#1468;&#1500;&#1493;&#1465;&#1492;&#1460;&#1497; &#1506;&#1464;&#1500;&#1464;&#1497; (mah-&#702;&#257;&#353;&#238;&#7687; laYHWH k&#333;l-tagm&#251;l&#244;h&#238; &#703;&#257;l&#257;y). Le verbe &#1513;&#1473;&#1493;&#1468;&#1489; (&#353;&#251;&#7687;), &#224; la forme hiphil, signifie &#171; faire revenir &#187;, d'o&#249; &#171; rendre &#187;. Ps 116,13 : &#1499;&#1468;&#1493;&#1465;&#1505;&#1470;&#1497;&#1456;&#1513;&#1473;&#1493;&#1468;&#1506;&#1493;&#1465;&#1514; &#1488;&#1462;&#1513;&#1464;&#1468;&#1474;&#1488; (k&#244;s-y&#601;&#353;&#251;&#703;&#244;t &#702;e&#347;&#347;&#257;&#702;), &#171; je l&#232;verai la coupe des d&#233;livrances &#187;. Septante (115,4) : &#960;&#959;&#964;&#942;&#961;&#953;&#959;&#957; &#963;&#969;&#964;&#951;&#961;&#943;&#959;&#965; &#955;&#942;&#956;&#968;&#959;&#956;&#945;&#953;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mt 26,27, grec : &#955;&#945;&#946;&#8060;&#957; &#960;&#959;&#964;&#942;&#961;&#953;&#959;&#957; &#949;&#8016;&#967;&#945;&#961;&#953;&#963;&#964;&#942;&#963;&#945;&#962; (lab&#7761;n pot&#7703;rion eucharist&#7703;sas), &#171; ayant pris la coupe et rendu gr&#226;ce &#187;. Le grec eucharist&#237;a relie ici la coupe du salut &#224; l'action de gr&#226;ce.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mt 22,21, grec : &#7944;&#960;&#972;&#948;&#959;&#964;&#949; &#959;&#8022;&#957; &#964;&#8048; &#922;&#945;&#943;&#963;&#945;&#961;&#959;&#962; &#922;&#945;&#943;&#963;&#945;&#961;&#953; &#954;&#945;&#8054; &#964;&#8048; &#964;&#959;&#8166; &#952;&#949;&#959;&#8166; &#964;&#8183; &#952;&#949;&#8183;. Le verbe &#7936;&#960;&#959;&#948;&#943;&#948;&#969;&#956;&#953; (apod&#237;d&#333;mi), &#171; rendre, restituer &#187;, reprend la notion de dette et de restitution&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila, Livre de la vie, ch. 8, &#167; 5 : l'oraison n'est, &#224; son avis, &#171; autre chose qu'un commerce d'amiti&#233;, o&#249; l'on s'entretient souvent seul &#224; seul avec Celui dont on se sait aim&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;1 Th 1,2-3 (grec : ergou t&#275;s piste&#333;s, kopou t&#275;s agap&#275;s, hypomon&#275;s t&#275;s elpidos).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;pondre &#224; l'amour de Dieu par toute notre vie [Ho 28e dim. TO - Ann&#233;e A]</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Repondre-a-l-amour-de-Dieu-par-toute-notre-vie-Ho-28e-dim.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Is 25, 6-10a ; Ps 22 (23) ; Ph 4, 12-14.19-20 ; Mt 22, 1-14 Si une personne ne connaissant pas les &#201;vangiles venait &#224; participer &#224; notre assembl&#233;e dominicale aujourd'hui ou &#233;tait venue dimanche dernier, elle pourrait &#234;tre surprise de nous entendre affirmer que Dieu est amour. En effet, aujourd'hui comme dimanche dernier, la liturgie nous propose des paraboles de J&#233;sus dans laquelle Dieu notre P&#232;re est pr&#233;sent&#233; comme un ma&#238;tre exigeant, faisant p&#233;rir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2025-2026-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2025-2026 (Ann&#233;e A)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L84xH150/pexels-leszek-czyzewski-259819851-14911564-62e7e.jpg?1791819051' class='spip_logo spip_logo_right' width='84' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Is 25, 6-10a ; Ps 22 (23) ; Ph 4, 12-14.19-20 ; Mt 22, 1-14&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une personne ne connaissant pas les &#201;vangiles venait &#224; participer &#224; notre assembl&#233;e dominicale aujourd'hui ou &#233;tait venue dimanche dernier, elle pourrait &#234;tre surprise de nous entendre affirmer que Dieu est amour. En effet, aujourd'hui comme dimanche dernier, la liturgie nous propose des paraboles de J&#233;sus dans laquelle Dieu notre P&#232;re est pr&#233;sent&#233; comme un ma&#238;tre exigeant, faisant p&#233;rir mis&#233;rablement les vignerons de son domaine, ou comme un roi n'h&#233;sitant pas &#224; massacrer les sujets qui ne r&#233;pondent pas &#224; son invitation. Avec un tel Dieu, mieux vaudrait filer droit ! Certes, le Seigneur est bon : il nous confie sa vigne et nous invite aux noces, mais gare &#224; celui qui ne lui remet pas le fruit de son travail ou ne r&#233;pond pas &#224; son invitation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces paraboles de J&#233;sus ne nous sont donn&#233;es ni pour nous faire peur ni pour remettre en cause la r&#233;v&#233;lation de l'amour mis&#233;ricordieux du Seigneur. Elles nous invitent plut&#244;t &#224; prendre au s&#233;rieux notre existence humaine et notre relation avec Dieu notre P&#232;re. Il y aurait, en effet, une mani&#232;re de comprendre la mis&#233;ricorde de Dieu qui conduirait &#224; ne prendre au s&#233;rieux ni notre propre vie ni notre r&#233;ponse &#224; son amour. Croire en cet amour, ce n'est pas croire que nos paroles, nos actes et nos choix de vie n'ont aucune importance, comme si, quoi que nous fassions, les actes et les choix de notre vie demeuraient sans cons&#233;quence parce que, finalement, Dieu recouvrirait tout de sa mis&#233;ricorde. Car, &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;l'amour ne se paie que par l'amour &lt;/em&gt; &#187;, comme l'aimait &#224; le souligner Saint Jean de la Croix (CS B Str.9) : &#224; l'in&#233;puisable mis&#233;ricorde du Seigneur r&#233;pond mon amour, certes imparfait, limit&#233; et toujours &#224; renouveler, mais qui manifeste le s&#233;rieux de ma vie et ma bonne volont&#233; &#224; collaborer &#224; l'&#339;uvre de Dieu. C'est ce que J&#233;sus veut nous faire comprendre aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre cette parabole des invit&#233;s &#224; la noce, nous pouvons, tout d'abord, en faire une lecture historique et nous reconnaissons le drame de l'Alliance dans l'Ancien Testament. Le Seigneur a invit&#233; son peuple &#224; entrer en alliance avec lui et &#224; partager son amour. Cette invitation est ici figur&#233;e par celle au repas de noces, o&#249; est c&#233;l&#233;br&#233;e l'alliance entre son Fils et l'humanit&#233;. &#192; cette invitation, les hommes ont souvent r&#233;pondu par l'indiff&#233;rence, le m&#233;pris et voire le rejet des proph&#232;tes. Cependant, le refus de quelques-uns a permis d'ouvrir l'invitation &#224; un plus grand nombre. Le myst&#232;re du salut s'accomplit m&#234;me &#224; travers nos refus ! Ce qui faisait l'esp&#233;rance de Saint Paul au chapitre 11 de l'&#233;pitre aux Romains. C'est pourquoi nous ne pouvons pas condamner ceux qui ont refus&#233; d'entrer dans l'Alliance, d'autant plus que le rejet de l'homme qui n'avait pas rev&#234;tu le v&#234;tement de noces doit nous mettre en garde contre notre propre attitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le roi condamne s&#233;v&#232;rement cet homme qui est entr&#233; sans porter le v&#234;tement requis pour les noces. Mais comment un invit&#233; de la derni&#232;re heure, rencontr&#233; au d&#233;tour d'un chemin, aurait-il eu le temps de rev&#234;tir un costume de f&#234;te ? Il ne faut pas s'arr&#234;ter au d&#233;tail incoh&#233;rent de cette histoire, mais s'ouvrir &#224; une lecture symbolique. Ici, le v&#234;tement de noces doit &#234;tre compris comme le symbole des &#339;uvres de notre conversion. Nous devons exprimer ext&#233;rieurement ce que nous avons accueilli int&#233;rieurement dans la foi. Nous retrouvons cette image du v&#234;tement dans le livre de l'Apocalypse, o&#249; il est dit que le lin dont sont rev&#234;tus les saints repr&#233;sente leurs bonnes &#339;uvres (Ap 19, 8). Saint J&#233;r&#244;me commente ce passage de l'&#201;vangile en ce sens lorsqu'il dit : &#171; &#192; lui seul, cet homme personnifie tout ce que le mal rassemble. Le v&#234;tement des noces, ce sont les pr&#233;ceptes du Seigneur, les &#339;uvres accomplies selon la Loi et l'&#201;vangile, qui constituent le v&#234;tement de l'homme nouveau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureux les invit&#233;s au repas des noces de l'Agneau ! Nous connaissons cette invitation proclam&#233;e avant la communion. Elle nous concerne particuli&#232;rement, nous qui avons entendu l'appel du Seigneur et sommes ici rassembl&#233;s. Toutes nos eucharisties sont comme une annonce et une anticipation de ce grand repas de noces : les noces du Christ qui &#233;pouse l'humanit&#233;. Nous ne pouvons pas participer aux noces de l'Agneau sans chercher &#224; nous rev&#234;tir des bonnes &#339;uvres de l'Esprit, comme nous y invite Saint Paul : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Puisque vous avez &#233;t&#233; choisis par Dieu, que vous &#234;tes sanctifi&#233;s, aim&#233;s par lui, rev&#234;tez-vous de tendresse, de compassion, de bont&#233;, d'humilit&#233;, de douceur et de patience&lt;/em&gt; &#187; (Col 3,12). Le v&#234;tement de noces signifie notre transformation en r&#233;ponse &#224; l'invitation. Par ses bonnes &#339;uvres, l'invit&#233; aux noces s'ajuste &#224; la grandeur de celui qui l'a appel&#233; et &#224; l'honneur qui lui est fait d'entrer en communion avec Dieu. Nous r&#233;pondons &#224; cet appel par une transformation g&#233;n&#233;reuse de notre conduite. Ainsi, nous poursuivons la transformation int&#233;rieure et ext&#233;rieure inaugur&#233;e par notre nouvelle naissance dans la foi, au jour de notre bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez certainement remarqu&#233; qu'au cours de l'Eucharistie, nous demandons pardon au Seigneur &#224; de nombreuses reprises : &#171; &lt;strong&gt;Seigneur, prends piti&#233; ! &lt;/strong&gt; &#187; C'est une fa&#231;on de reconna&#238;tre que, dans nos vies, notre pr&#233;paration &#224; l'accueil du don de Dieu demeure bien imparfaite. Nous ne sommes pas &#224; la hauteur d'une telle invitation, mais nous nous confions &#224; la mis&#233;ricorde de Dieu et d&#233;sirons y r&#233;pondre de mieux en mieux chaque jour. Comme le rappelait la premi&#232;re lecture, cette pr&#233;paration peut parfois ressembler au franchissement d'une montagne, qui demande de la peine. Mais cette peine est largement r&#233;compens&#233;e : l'Eucharistie est un repas extraordinaire, pr&#233;par&#233; par le Dieu qui nous sauve. Tous les hommes sont invit&#233;s, sans distinction ni privil&#232;ge d'origine. Mais on ne peut s'approcher du Seigneur sans chercher &#224; lui plaire, c'est-&#224;-dire sans nous rev&#234;tir du Christ en accomplissant, comme lui, ce qui pla&#238;t au P&#232;re. Saint Jean de la Croix r&#233;sume cette exigence en une parole lumineuse : &#171; &lt;strong&gt;Au soir de notre vie, nous serons jug&#233;s sur l'amour. &lt;/strong&gt; &#187; (Avisos, 57)
Ainsi, prendre part au repas du Seigneur nous engage &#224; prolonger dans le monde l'amour que nous y recevons. Jour apr&#232;s jour, par nos choix, nos gestes de bont&#233;, de patience et de pardon, nous tissons le v&#234;tement de noces dont le Christ veut nous rev&#234;tir. &lt;strong&gt;Que cette Eucharistie renouvelle donc en nous le d&#233;sir de r&#233;pondre &#224; son invitation par toute notre vie.&lt;/strong&gt; Alors, d&#233;j&#224; unis &#224; lui dans la foi et dans la charit&#233;, nous go&#251;terons la joie du festin des noces de l'Agneau.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Fr. Antoine-Marie Leduc, ocd - (&lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;couvent d'Avon&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le pardon qui lib&#232;re et redonne vie [Ho 24e dim. TO - Ann&#233;e A]</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Le-pardon-qui-libere-et-redonne-vie-Ho-24e-dim-TO-Annee-A.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Si 27, 30 &#8211; 28, 7 ; Ps 102 (103) ; Rm 14, 7-9 ; Mt 18, 21-35 &#171; Rancune et col&#232;re, voil&#224; des choses abominables &#187; avons-nous bien entendu ? Ce sont des mots tr&#232;s forts sur ce que nous gardons parfois au fond du c&#339;ur : une blessure entretenue ou une col&#232;re que l'on justifie. Et Ben Sira nous oblige ainsi &#224; regarder en face une contradiction profonde : nous demandons &#224; Dieu de nous pardonner, mais nous, nous avons tant de mal &#224; pardonner ! Lorsque Pierre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2025-2026-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2025-2026 (Ann&#233;e A)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH106/pexels-nikolina-198264952-11636285-2181c.jpg?1789394042' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Si 27, 30 &#8211; 28, 7 ; Ps 102 (103) ; Rm 14, 7-9 ; Mt 18, 21-35&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rancune et col&#232;re, voil&#224; des choses abominables &#187; avons-nous bien entendu ? Ce sont des mots tr&#232;s forts sur ce que nous gardons parfois au fond du c&#339;ur : une blessure entretenue ou une col&#232;re que l'on justifie. Et Ben Sira nous oblige ainsi &#224; regarder en face une contradiction profonde : nous demandons &#224; Dieu de nous pardonner, mais nous, nous avons tant de mal &#224; pardonner !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Pierre demande &#224; J&#233;sus &#8216;Combien de fois dois-je pardonner ?', il exprime notre r&#233;sistance devant l'exigence de la mis&#233;ricorde. Dans nos relations interpersonnelles, nous sommes souvent pos&#233;s cette question, ou bien sa variante &#8216;cette fois-ci, ce n'est pas possible, je ne peux pas pardonner !' Et J&#233;sus r&#233;pond : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je ne te dis pas jusqu'&#224; sept fois, mais jusqu'&#224; soixante-dix fois sept fois.&lt;/em&gt; &#187; pour devenir mis&#233;ricordieux comme Dieu notre P&#232;re est mis&#233;ricordieux. Et chaque jour, dans le Notre-P&#232;re, nous demandons &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi &#224; ceux qui nous ont offens&#233;s. &lt;/em&gt; &#187; Et J&#233;sus soulignait cette n&#233;cessit&#233; du pardon en pr&#233;cisant que &#171; si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre P&#232;re c&#233;leste vous pardonnera &#224; vous aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre P&#232;re non plus ne vous pardonnera pas vos fautes. &#187; (Mt 6, 12.14-15) L'&#201;vangile de ce jour nous donne le motif profond de cette exigence : &lt;strong&gt;chacun de nous b&#233;n&#233;ficie d'abord de la gr&#226;ce et du pardon de Dieu&lt;/strong&gt;. Pour vivre en communion avec Dieu, nous avons besoin de ce pardon qui va au-del&#224; de la stricte justice. Si Dieu nous appliquait seulement les crit&#232;res du droit et de la justice que nous appliquons entre nous, personne ne pourrait para&#238;tre devant lui. Pour vivre, d&#232;s maintenant et pour l'&#233;ternit&#233;, de la vie et de l'amour de Dieu, il nous faut donc entrer entre nous dans l'esprit du Notre P&#232;re. Soyons mis&#233;ricordieux comme notre P&#232;re est mis&#233;ricordieux. Ce qui rend furieux le roi de la parabole, c'est que le premier serviteur refuse &#224; son compagnon la bont&#233; dont il vient lui-m&#234;me de b&#233;n&#233;ficier : &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;&#8216;Ne devais-tu pas, &#224; ton tour, avoir piti&#233; de ton compagnon, comme moi-m&#234;me j'avais eu piti&#233; de toi ?&lt;/em&gt;'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il est parfois tr&#232;s difficile, et tr&#232;s douloureux, de pardonner. Certaines offenses nous ont profond&#233;ment bless&#233;s. Le pardon offert et re&#231;u est souvent un long chemin ; il ne faut pas s'&#233;tonner qu'apr&#232;s avoir &#233;t&#233; meurtri intimement, il faille du temps pour pardoner. Pardonner est un chemin pour celui qui le donne comme pour celui qui le re&#231;oit ; ce n'est pas un droit que l'on peut exiger. L'&#201;vangile ne d&#233;crit pas toutes les &#233;tapes, spirituelles et psychologiques, qui permettent de parvenir au pardon. Il ne dit pas non plus que ce chemin doit &#234;tre rapide ou facile. Mais il nous donne un point de d&#233;part : &lt;strong&gt;reconna&#238;tre que moi aussi, j'ai besoin d'&#234;tre pardonn&#233;&lt;/strong&gt;. Ayant moi-m&#234;me commis des fautes, j'ai eu besoin d'&#234;tre pardonn&#233; pour ne pas rompre d&#233;finitivement des relations. Et le premier qui m'a pardonn&#233;, c'est Dieu notre P&#232;re. Pour vivre en communion avec lui, j'ai besoin que l'Esprit Saint purifie mon c&#339;ur.
Face &#224; mon fr&#232;re qui m'a offens&#233;, je ne suis jamais un pur, un &#234;tre sans faute qui aurait &#224; pardonner &#224; un pauvre p&#233;cheur. Nous sommes tous les deux faits du m&#234;me bois. Nous sommes l'un et l'autre des personnes qui ont besoin du pardon pour vivre. Pour construire ma vie et ne pas rester enferm&#233; dans mes &#233;checs, j'ai besoin du pardon de ceux qui m'entourent. Le pardon donn&#233; et re&#231;u est, pour chacun de nous, une v&#233;ritable re-cr&#233;ation ; sans lui, je ne pourrais pas sortir de mes &#233;checs. La premi&#232;re &#233;tape pour pardonner est donc de d&#233;couvrir les pardons re&#231;us et d'en rendre gr&#226;ce : dans la famille, dans nos communaut&#233;s, dans la c&#233;l&#233;bration du sacrement de r&#233;conciliation. Ce sont des moments de joie, de vie et de r&#233;g&#233;n&#233;ration. Comment celui qui n'a jamais connu cette joie d'&#234;tre pardonn&#233; pourrait-il comprendre cette force qui lib&#232;re le c&#339;ur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avons-nous conscience que, sans le pardon, nos relations familiales, sociales et eccl&#233;siales deviendraient invivables ?&lt;/strong&gt; Devrait-on vivre seulement avec ceux qui ne nous ont fait aucun mal, avec ceux qui ne nous ont jamais bless&#233;s ? Aucune relation ne durerait plus de quelques semaines. La vie conjugale ou communautaire serait condamn&#233;e &#224; l'&#233;chec. Savoir pardonner est donc une condition indispensable pour r&#233;ussir notre vie familiale et communautaire. Et pour savoir pardonner, je dois d'abord reconna&#238;tre que j'ai moi-m&#234;me besoin du pardon pour vivre. Celui qui d&#233;clarerait n'avoir besoin d'aucun pardon, je crains qu'il ne soit pas lucide sur lui-m&#234;me. Peut-&#234;tre aurait-il trop peur de sa faiblesse ? L'&#201;vangile de ce jour met en lumi&#232;re une r&#233;alit&#233; dont nous n'avons peut-&#234;tre pas assez conscience : le pardon que le Seigneur nous accorde est infiniment plus grand que celui que nous nous donnons entre personnes humaines. Cette diff&#233;rence qualitative est exprim&#233;e, dans la parabole, par une tr&#232;s grande diff&#233;rence quantitative : il n'y a pas de commune mesure entre les deux dettes. C'est une gr&#226;ce de lucidit&#233; que de reconna&#238;tre l'immense amour de Dieu pour nous. Mais, comme le serviteur impitoyable de la parabole, nous sommes peut-&#234;tre plus sensibles &#224; notre int&#233;r&#234;t et &#224; nos efforts qu'au don re&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Accueillir un pardon est une grande joie : c'est un moment o&#249; l'on comprend mieux la puissance de vie de l'amour. Pardonner, ce n'est pas seulement excuser ou oublier ; c'est offrir de restaurer la relation.&lt;/strong&gt; On renonce &#224; la vengeance, et m&#234;me &#224; une justice strictement revendiqu&#233;e comme un droit, pour pr&#233;f&#233;rer le don gratuit du pardon. C'est une victoire de l'amour, qui va au-del&#224; de la r&#233;paration pour restaurer la relation et redonner la vie. Je sais que j'aime vraiment quelqu'un lorsque j'ai pu lui pardonner. Nous avons entendu cette parole exigeante de Ben Sira : &#171; Rancune et col&#232;re, voil&#224; des choses abominables. &#187; Peut-&#234;tre portons-nous encore en nous une rancune, une col&#232;re, une blessure qui r&#233;siste au pardon. Le Seigneur ne nous demande pas de nier la souffrance ni d'effacer d'un seul coup la m&#233;moire du mal re&#231;u. Mais il nous invite &#224; ne pas laisser cette blessure devenir notre prison. &#192; la question de Pierre &#8212; &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Combien de fois dois-je pardonner ?&lt;/em&gt; &#187; &#8212; &lt;strong&gt;J&#233;sus r&#233;pond en ouvrant devant nous un chemin, parce que la mis&#233;ricorde de Dieu envers nous est elle-m&#234;me sans mesure. Alors demandons-lui humblement cette gr&#226;ce : reconna&#238;tre le pardon immense que nous avons re&#231;u, d&#233;poser peu &#224; peu nos col&#232;res, et laisser son Esprit faire de nos c&#339;urs des lieux de mis&#233;ricorde. &lt;/strong&gt; Comme le disait Ben Sira le Sage : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Pense &#224; ton sort final et renonce &#224; toute haine, pense &#224; ton d&#233;clin et &#224; ta mort, et demeure fid&#232;le aux commandements. &lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Fr. Antoine-Marie Leduc, ocd - (&lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;couvent d'Avon&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Boire &#224; la source [Ho 18e dim. TO - Ann&#233;e A]</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Is 55, 1-3 ; Ps 144 (145) ; Rm 8, 35.37-39 ; Mt 14, 13-21 Un cri, un appel &#224; chercher en Dieu la source gratuite de la vie, une certitude pour Paul de l'amour inconditionnel du Christ, le don que Dieu nous fait de lui-m&#234;me en J&#233;sus. Invitation &#224; oser entrer dans la joie de Dieu malgr&#233; notre petitesse. &#171; Nous avons besoin de plus d'amour que nous ne le m&#233;ritons. &#187; Van Breemen intitule ainsi l'un des chapitres de son livre &#8220;seul l'amour compte&#8220;. Et il pose (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2025-2026-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2025-2026 (Ann&#233;e A)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L100xH150/pexels-gizem-gokce-1072613075-36110366-cac3b.jpg?1785767401' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Is 55, 1-3 ; Ps 144 (145) ; Rm 8, 35.37-39 ; Mt 14, 13-21&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cri, un appel &#224; chercher en Dieu la source gratuite de la vie, une certitude pour Paul de l'amour inconditionnel du Christ, le don que Dieu nous fait de lui-m&#234;me en J&#233;sus.&lt;strong&gt; Invitation &#224; oser entrer dans la joie de Dieu malgr&#233; notre petitesse. &lt;/strong&gt; &#171; Nous avons besoin de plus d'amour que nous ne le m&#233;ritons. &#187; Van Breemen intitule ainsi l'un des chapitres de son livre &#8220;seul l'amour compte&#8220;.
Et il pose cette question : &#171; ne sommes-nous pas pour la plupart mal pr&#233;par&#233;s &#224; accueillir un amour que nous ne m&#233;ritons pas ? Le livre des Actes lui-m&#234;me ne dit-il pas qu'il y a plus de bonheur &#224; donner qu'&#224; recevoir ? (Ac 20,35) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes mal pr&#233;par&#233;s &#224; accueillir l'amour, mal aiguill&#233;s.
J'ai eu la curiosit&#233; de regarder un samedi soir une s&#233;rie maintenant ancienne, &#8220;l'&#238;le de la tentation&#8220;. Nous y voyons de superbes cr&#233;atures et nous les voyons &#233;voluer de la certitude de l'amour au doute sur leur compagnon ou compagne. Quelle d&#233;rision face &#224; leur arrogance esth&#233;tique qui ne leur donne aucune certitude sur la capacit&#233; &#224; &#234;tre aim&#233;s ! C'est que l'amour a besoin de confiance pour &#234;tre accueilli, pour vivre et se d&#233;velopper.
L&#224;, ni le savoir ni la beaut&#233; plastique ne peuvent produire la confiance. On peut &#234;tre beau et pourtant douter de soi ou de l'autre. Il faut autre chose pour vivre, il faut la confiance et il faut des paroles de qualit&#233;. Une relation, cela se construit cela se cultive. Car la confiance en l'autre, cela ne s'ach&#232;te pas, cela ne se poss&#232;de pas, cela ne se contr&#244;le pas. Devant la fragilit&#233; qui se cache sous de belles apparences, pour ne pas souffrir on se barricade, &#224; moins que l'on ne prenne les devants et que l'on fasse souffrir les autres. Ce n'est pas l'amour qui est moteur ici, mais la peur. La peur d'&#234;tre rejet&#233;s.
Parce que nous avons peu de confiance en l'autre, en nous, alors nous voulons acheter l'amour, nous voulons m&#233;riter l'amour. Cela peut induire des comportements ambigus lorsqu'il y a de la g&#233;n&#233;rosit&#233; en nous, un d&#233;sir de faire du bien, d'aider. C'est de se donner. La relation &#224; l'autre peut alors devenir &#233;touffante. Quant &#224; recevoir en retour, il n'y a pas de place. On reste seul.
Peut-&#234;tre y a-t-il une peur de souffrir, car s'il se donne nous n'y croyons pas. Nous nous disons, c'est trop beau, cela ne durera pas. Qu'est-ce qu'on va me demander en &#233;change&#8230;
D'une fa&#231;on ou d'une autre, l'amour n'est pas v&#233;cu gratuitement.
C'est pourtant ce chemin que nous propose J&#233;sus &#224; sa suite.
C'est bien l&#224;, dans cette aventure du c&#339;ur qu'est le chemin de la vie.
&lt;strong&gt;Nous avons besoin de plus d'amour que nous ne le m&#233;ritons et cela s'appelle la gr&#226;ce.&lt;/strong&gt;
Il est l&#224; cet amour qui se donne et qui vient recoller notre c&#339;ur parfois en lambeau. &lt;strong&gt;Mais il faut l&#224; se jeter &#224; l'eau et faire confiance, confiance en celui qui a donn&#233; sa vie pour nous&lt;/strong&gt;. C'est cela, b&#226;tir sa maison sur le roc. Son amour &#224; lui n'est pas trompeur.
Quelle preuve plus grande d'amour y a-t-il ? Quelle autre preuve d'amour Dieu pouvait-il nous montrer, nous donner, que de se livrer &#224; corps et &#224; c&#339;ur perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amour rend vuln&#233;rable.
Mais l&#224; notre c&#339;ur, notre esprit, sont en panne. Nous avons besoin de s&#233;curit&#233;. Comment nous ouvrir &#224; cette relation sans la m&#233;riter, sans la toucher ? Et nous avons devant les yeux le mod&#232;le des grands saints de toutes les religions qui ont obtenu, croit-on, leur salut &#224; coup de grands sacrifices.
Or ce qu'ont exp&#233;riment&#233;s Jean de la Croix, Th&#233;r&#232;se de Lisieux, et d'autres, c'est que leurs efforts n'ont servi &#224; rien, &#224; sinon &#224; se prouver &#224; eux-m&#234;mes qu'ils faisaient quelque chose de grand pour Dieu. Mais ce n'est pas l&#224; que Dieu les attendait. Il les attendait dans la d&#233;couverte de leur vuln&#233;rabilit&#233;.
Isa&#239;e ne dit que cela. Il nous invite &#224; nous ouvrir d'abord &#224; l'amour gratuit de Dieu sur nous, &#224; entrer dans cette alliance d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu veut nous r&#233;v&#233;ler ainsi notre propre beaut&#233;, celle de notre c&#339;ur. C'est une qu&#234;te qui ouvre &#224; l'infini. C'est notre c&#339;ur qui a besoin d'&#234;tre nourri, qui a besoin de lumi&#232;re, qui a besoin d'amour. Mais surtout que notre main ne se referme pas pour cueillir cette fleur de l'amour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne r&#233;colterait que m&#233;pris.
Il n'est qu'&#224; voir la transformation qu'op&#232;re l'amour sur le visage et dans le c&#339;ur d'un homme et d'une femme aux premiers jours de leur rencontre. C'est une nouvelle naissance en eux, car le c&#339;ur s'est illumin&#233; de l'int&#233;rieur. Une &#233;tincelle a jailli fruit de la rencontre et de la reconnaissance. Mais c'est fragile et cela a besoin d'&#234;tre cultiv&#233; comme on cultive une fleur rare. C'est ce qu'exprime cette belle expression : &#8220;la certitude tremblante de l'amour&#8220;&#8230;
Cela ne suffira pas cependant, car le c&#339;ur de l'&#234;tre humain a besoin de plus, d'encore plus, d'infini, puisqu'il est cr&#233;&#233; &#224; l'image de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Fr. Yannick Bonhomme, ocd - (&lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;couvent d'Avon&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Parole qui porte du fruit [Ho 15e dim. TO - Ann&#233;e A]</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Is 55, 10-11 ; Ps 64 (65) ; Rm 8, 18-23 ; Mt 13, 1-23 Nous le savons bien, la cr&#233;ation tout enti&#232;re g&#233;mit, elle passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore. Et elle n'est pas seule. Nous aussi, en nous-m&#234;mes, nous g&#233;missons ; nous avons commenc&#233; &#224; recevoir l'Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la r&#233;demption de notre corps. A travers ces paroles de l'ap&#244;tre Paul, qui disent un chemin de vie travers&#233; d'&#233;preuves, c'est Dieu qui nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2025-2026-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2025-2026 (Ann&#233;e A)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L100xH150/pexels-chickenbunny-102941452-10281403-50fac.jpg?1783932282' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Is 55, 10-11 ; Ps 64 (65) ; Rm 8, 18-23 ; Mt 13, 1-23&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous le savons bien, la cr&#233;ation tout enti&#232;re g&#233;mit, elle passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore. Et elle n'est pas seule. Nous aussi, en nous-m&#234;mes, nous g&#233;missons ; nous avons commenc&#233; &#224; recevoir l'Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la r&#233;demption de notre corps.
A travers ces paroles de l'ap&#244;tre Paul, qui disent un chemin de vie travers&#233; d'&#233;preuves, c'est Dieu qui nous parle et nous croyons que cette parole comme le dit Isa&#239;e ne lui reviendra pas sans avoir accompli sa mission !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mission de salut, de d&#233;livrance, de f&#233;condit&#233; !&lt;strong&gt; Dieu nous parle dans la Bible, les mots qu'il nous envoie sont comme ces grains du semeur de la parabole, que nous raconte J&#233;sus dans l'&#201;vangile.&lt;/strong&gt;
Que dit-il dans cette parabole ? Il part d'une pratique banale de la soci&#233;t&#233; agraire de son temps, semer des grains en terre pour d&#233;crire quatre diff&#233;rentes destin&#233;es de ces grains.
Puis il ach&#232;ve son r&#233;cit, sans explication, par ces mots : Celui qui a des oreilles, qu'il entende !
Renvoyant chacun &#224; sa conscience, laissant entendre qu'il y a de quoi &#224; m&#233;diter, &#224; comprendre, &#224; en tirer un enseignement de sagesse pour la suite de son chemin de vie.
Ensuite J&#233;sus r&#233;pond &#224; la question de ses disciples Pourquoi leur parles-tu en paraboles ?
Le d&#233;but de sa r&#233;ponse peut &#234;tre mal comprise, mal interpr&#233;t&#233;e : A vous il est donn&#233; de conna&#238;tre les myst&#232;res du royaume des Cieux, mais ce n'est pas donn&#233; &#224; ceux-l&#224;.
Que faut-il comprendre ? Y-a-t-il deux sortes d'humains selon le choix de Dieu ? Ceux qui l'&#233;coutent vraiment et en tiennent compte dans leur vie et ceux qui ne le font pas ?
En fait, cela ne rel&#232;ve pas du choix de Dieu, c'est un simple constat des choses.
J&#233;sus explique pourquoi il parle en paraboles ou plut&#244;t pour qui il parle en paraboles.
Il s'adresse &#224; ceux qui regardent sans regarder, qui &#233;coutent sans &#233;couter et donc sans pouvoir comprendre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parabole est un moyen p&#233;dagogique pour J&#233;sus d'essayer de faire passer quelque chose &#224; tous ceux qui sont durs d'oreille, ou se sont bouch&#233;s les yeux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parabole est un moyen pour J&#233;sus de surmonter les obstacles que les &#234;tres humains mettent, consciemment ou non, dans leurs relations avec Dieu, avec la v&#233;rit&#233;. C'est la preuve que Dieu n'abandonne pas son projet de salut pour tous, son amour n'est pas seulement donn&#233; &#224; ceux qui l'&#233;coutent d&#233;j&#224;. Si nous sommes pr&#233;sents ce matin dans cette &#233;glise, c'est le signe que nous voulons &#233;couter la parole de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, interrogeons-nous pour savoir s'il n'y a pas en nous une forme de c&#233;cit&#233;, de surdit&#233; spirituelle par rapport &#224; la parole de Dieu, surdit&#233; que nous devons reconna&#238;tre et vouloir gu&#233;rir ?
J&#233;sus ne nous fait pas ici une le&#231;on de morale, il nous dit simplement que sur le chemin de la vie, nous recevons tous des gr&#226;ces de Dieu !
Mais quel accueil faisons-nous &#224; ces gr&#226;ces ?
Dieu s&#232;me &#224; tous vents, mais de ces dons de Dieu, une partie est perdue, gaspill&#233;e, sans possibilit&#233; de donner du fruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des grains sem&#233;s, il y a :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; ceux qui tombent au bord du chemin ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; ceux qui tombent sur le sol pierreux ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; ceux qui tombent dans les ronces ; aucun de ceux-l&#224; ne donne du fruit !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Enfin ceux qui tombent sur la bonne terre et donne du fruit.
Ces destin&#233;es diverses correspondent &#224; diff&#233;rentes mani&#232;res d'accueillir la gr&#226;ce de Dieu !
La gr&#226;ce de Dieu peut &#234;tre gaspill&#233;e, le plus souvent nous n'en avons pas une claire conscience, mais reconnaissons qu'il nous arrive de r&#233;sister &#224; la gr&#226;ce de Dieu.
L'homme est fragile, maladroit, il fait des erreurs et commet des fautes.
En parlant en paraboles J&#233;sus r&#233;v&#232;le l'immense patience de Dieu !
Dans une vie d'homme, il est possible d'attendre longtemps avant que la gr&#226;ce sem&#233;e en lui ne donne son fruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre disciple du Christ, ce n'est pas &#234;tre titulaire d'un dipl&#244;me obtenu une fois pour toutes !
Certes le bapt&#234;me marque bien l'entr&#233;e dans le Peuple de Dieu, mais ce n'est qu'un d&#233;but, plein de promesses, un chemin qui s'ouvre avec les hauts et les bas de toute vie, des combats in&#233;vitables.
Sur ce chemin, nous pouvons trouver les quatre situations d&#233;crites dans la parabole du semeur.
Nous sommes appel&#233;s par notre Dieu &#224; devenir disciples de J&#233;sus-Christ, travailler &#224; devenir une &#171; bonne terre &#187;, c'est-&#224;-dire &#234;tre celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit &#224; raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, les promesses de Dieu s'accomplissent, la parole sortie de la bouche de Dieu lui reviennent ayant accompli sa mission !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Fr. Robert- Arcas, ocd - (&lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;couvent d'Avon&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conna&#238;tre la joie de J&#233;sus [Ho 14e dim. TO - Ann&#233;e A]</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Connaitre-la-joie-de-Jesus-Ho-14-dim-TO-9-07-23.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Za 9, 9-10 ; Ps 144 (145) ; Rm 8, 9.11-13 ; Mt 11, 25-30 L'&#233;vangile de ce jour a une saveur particuli&#232;re, car il nous fait entrer dans le c&#339;ur et l'esprit de J&#233;sus, il nous d&#233;voile sa pri&#232;re, sa relation &#224; son P&#232;re. En effet, ce jour-l&#224; J&#233;sus a pri&#233; tout haut, et cela nous permet encore aujourd'hui d'entrer dans sa pri&#232;re. C'est une pri&#232;re d'action de gr&#226;ce et de louange, une joie profonde l'habite : &#8216;P&#232;re, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2025-2026-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2025-2026 (Ann&#233;e A)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/pexels-aleksandr-balandin-294173-9bcd7.jpg?1783326092' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Za 9, 9-10 ; Ps 144 (145) ; Rm 8, 9.11-13 ; Mt 11, 25-30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;vangile de ce jour a une saveur particuli&#232;re, car il nous fait entrer dans le c&#339;ur et l'esprit de J&#233;sus, il nous d&#233;voile sa pri&#232;re, sa relation &#224; son P&#232;re. En effet, ce jour-l&#224; J&#233;sus a pri&#233; tout haut, et cela nous permet encore aujourd'hui d'entrer dans sa pri&#232;re. &lt;strong&gt;C'est une pri&#232;re d'action de gr&#226;ce et de louange, une joie profonde l'habite &lt;/strong&gt; : &#8216;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;P&#232;re, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange&lt;/em&gt;'. Et ce qui fait sa joie, c'est la mani&#232;re dont Dieu s'y prend avec les hommes pour se r&#233;v&#233;ler : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que tu as cach&#233; aux sages et aux intelligents, tu l'as r&#233;v&#233;l&#233; aux tout-petits !&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; cette page d'&#233;vangile, &lt;strong&gt;nous connaissons d&#233;sormais la joie de J&#233;sus&lt;/strong&gt;, la cause de sa joie profonde et qui habite son c&#339;ur tout au long de son chemin parmi les hommes. La joie profonde qui habite le c&#339;ur de J&#233;sus est le signe de la justesse et de la v&#233;rit&#233; de sa vie et de son message, il est porteur d'une force de vie et d'amour qui porte son fruit par la joie qu'elle procure. Si notre foi est vraiment une religion de la vie et de l'amour, alors il y a dans notre foi une vocation fondamentale et profonde &#224; la joie comme fruit de cette religion. La joie profonde et authentique est le sympt&#244;me de la vraie vie, la joie tonifie, la joie est force et lumi&#232;re, elle nourrit l'&#226;me et la raffermit dans les &#233;preuves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une petite fille qui priait assid&#251;ment pour les pauvres, un adulte, surpris par cette ferveur, demanda : &#171; Mais qui sont les pauvres ? &#187; et la petite fille r&#233;pondit spontan&#233;ment : &#171; Les pauvres, ce sont ceux qui sont tristes ! &#187; Il me semble que cette affirmation est d'une pertinence tout &#233;vang&#233;lique. Certes, la pauvret&#233; mat&#233;rielle, voire la mis&#232;re de tant d'hommes et de femmes, est un vrai d&#233;fi et m&#234;me scandale pour nos soci&#233;t&#233;s, et il faut la combattre. Mais au-del&#224; des conditions n&#233;cessaires pour une vie d&#233;cente, &lt;strong&gt;la pauvret&#233; fondamentale de l'&#234;tre humain est celle qui fait perdre le go&#251;t de la vie&lt;/strong&gt;, et l&#224; o&#249; r&#232;gne la tristesse, l&#224; o&#249; la lumi&#232;re de la vie est &#233;teinte, et la mort ne tarde plus &#224; r&#244;der.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; ultime, c'est que la saintet&#233; d'une vie authentiquement humaine et chr&#233;tienne se mesure au degr&#233; de joie qui l'habite. Tous les discours, toutes les th&#233;ories, tous les syst&#232;mes et les connaissances du monde ne sont rien, ou plut&#244;t ne valent et ne servent &#224; rien, c'est-&#224;-dire qu'ils sont st&#233;riles, s'ils n'aboutissent pas &#224; la joie profonde de l'&#234;tre et &#224; la joie partag&#233;e autour de nous. Comme J&#233;sus dans l'&#233;vangile de ce jour, nous savons que nous sommes ajust&#233;s &#224; la pr&#233;sence de Dieu en nous, &lt;strong&gt;si nous pouvons t&#233;moigner autant que possible de la joie de Dieu par notre vie&lt;/strong&gt;. Et inversement, nous mesurons notre degr&#233; de conversion &#224; r&#233;aliser encore, &#224; la tristesse qui nous habite, et notre incapacit&#233; &#224; rayonner la lumi&#232;re de l'Amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est bien ainsi que J&#233;sus l'avait compris puisqu'au soir de sa vie, dans sa grande pri&#232;re sacerdotale, il donne le motif pour lequel il livre son dernier discours, le testament spirituel qu'il laisse &#224; ses disciples avant d'entrer dans sa passion : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Je vous ai dit toutes ses choses pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite !&lt;/em&gt; &#187; (Jn 15,11) La joie est donc bien le legs ultime que J&#233;sus fait &#224; ses disciples avant d'aller vers sa mort, cette joie qu'il veut nous donner et nous confier pour la partager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous le r&#233;v&#232;le J&#233;sus dans l'&#233;vangile de ce jour, cette source de la joie pour chacun de nous provient de notre attention et notre accueil de la pr&#233;sence de Dieu notre P&#232;re et de son &#339;uvre d'Amour, et d&#233;j&#224; le proph&#232;te Zacharie l'annon&#231;ait : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de J&#233;rusalem ! Voici ton roi qui vient &#224; toi !&lt;/em&gt; &#187; Notre premi&#232;re responsabilit&#233; pour r&#233;pondre &#224; notre vocation chr&#233;tienne dans notre vie quotidienne est de savoir nous tourner vers cette source cach&#233;e de la joie &#224; l'intime de notre c&#339;ur. &lt;strong&gt;Cet exercice de l'accueil de la pr&#233;sence divine au profond de notre c&#339;ur permet &#224; celle-ci de peu &#224; peu rayonner&lt;/strong&gt;. Notre travail spirituel consiste &#224; y consentir, et notre libert&#233; y consent en accueillant et en s'offrant &#224; cette pr&#233;sence divine. De l&#224; pourra venir une &#339;uvre de transformation de nos vies, et nous pourrons rayonner d'une joie et d'une pr&#233;sence qui nous vient d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'exprime St Paul dans la seconde lecture : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;vous, vous n'&#234;tes pas sous l'emprise de la chair, mais sous celle de l'Esprit, puisque l'Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas. Mais si l'Esprit de celui qui a ressuscit&#233; J&#233;sus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscit&#233; J&#233;sus, le Christ, d'entre les morts donnera aussi la vie &#224; vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous&lt;/em&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre vocation et mission fondamentales de baptis&#233;s est de savoir accueillir et de rayonner la vie et &lt;strong&gt;la joie de Dieu qui habite nos c&#339;urs par l'Esprit&lt;/strong&gt; qui nous a &#233;t&#233; donn&#233; par notre bapt&#234;me et confirmation. De la relation profonde et quotidienne que nous pouvons vivre dans la pri&#232;re avec la pr&#233;sence de l'amour trinitaire &#224; l'intime de notre &#234;tre, de cette relation na&#238;tra notre mission de faire rayonner la joie de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors nous comprenons mieux la finale de l'&#233;vangile de ce jour qui est en d&#233;finitive une invitation &#224; la conversion de notre c&#339;ur &#224; se laisser transformer par l'amour divin : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; Venez &#224; moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de c&#339;ur, et vous trouverez le repos pour votre &#226;me. Oui, mon joug est facile &#224; porter, et mon fardeau, l&#233;ger.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Fr. Antoine-Marie, provincial ocd - (&lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;couvent d'Avon&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mettre le Christ au centre pour apprendre &#224; aimer [Ho 13e dim. TO - Ann&#233;e A]</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Mettre-le-Christ-au-centre-pour-apprendre-a-aimer-Ho-13e.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : 2 R 4, 8-11.14-16a ; Ps 88 (89) ; Rm 6, 3-4.8-11 ; Mt 10, 37-42 En lisant le passage de l'&#233;vangile de ce jour, nous pouvons peut-&#234;tre rencontrer des difficult&#233;s &#224; en comprendre la coh&#233;rence entre la premi&#232;re partie qui semble inviter &#224; une radicalit&#233; absolue pour le choix de Dieu et la seconde partie, insistant sur la r&#233;compense qu'on peut recevoir. Quel lien en effet y a-t-il entre l'appel &#224; &#234;tre digne du Christ en l'aimant plus que sa famille et en portant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2025-2026-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2025-2026 (Ann&#233;e A)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L100xH150/pexels-ivan-rebic-2942497-15807235-f8ca2.jpg?1782924723' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : 2 R 4, 8-11.14-16a ; Ps 88 (89) ; Rm 6, 3-4.8-11 ; Mt 10, 37-42&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lisant le passage de l'&#233;vangile de ce jour, nous pouvons peut-&#234;tre rencontrer des difficult&#233;s &#224; en comprendre la coh&#233;rence entre la premi&#232;re partie qui semble inviter &#224; une radicalit&#233; absolue pour le choix de Dieu et la seconde partie, insistant sur la r&#233;compense qu'on peut recevoir.&lt;strong&gt; Quel lien en effet y a-t-il entre l'appel &#224; &#234;tre digne du Christ en l'aimant plus que sa famille et en portant sa croix et l'esp&#233;rance de recevoir une belle r&#233;compense en contrepartie d'une charit&#233; accueillante ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que nous trouvons dans la deuxi&#232;me lecture la clef de compr&#233;hension. Saint Paul y fait le lien entre notre bapt&#234;me dans la mort du Christ et le don d'une vie nouvelle : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Si donc, par le bapt&#234;me qui nous unit &#224; sa mort, nous avons &#233;t&#233; mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du P&#232;re, est ressuscit&#233; d'entre les morts.&lt;/em&gt; &#187; Car vivre la gr&#226;ce de notre bapt&#234;me et &#234;tre disciple de J&#233;sus, c'est bien souvent faire l'exp&#233;rience des paradoxes de la vie spirituelle chr&#233;tienne. Ce qui paraissait n&#233;gatif sur le plan humain se transforme en positif gr&#226;ce &#224; la mort sur la croix du Christ, qui a donn&#233; naissance &#224; une vie &#233;ternelle gr&#226;ce &#224; l'amour profond qu'il a v&#233;cu jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus souvent, nos yeux restent aveugl&#233;s et notre c&#339;ur reste ferm&#233; sur le vrai sens des r&#233;alit&#233;s humaines et terrestres, oubliant la pr&#233;sence divine qui illumine toute chose et les conduit vers l'&#233;ternit&#233;. &lt;strong&gt;Accueillir cette pr&#233;sence de Dieu &#224; nos c&#244;t&#233;s, la vie divine qui a cr&#233;&#233; toute chose et m&#232;ne cette cr&#233;ation &#224; la pl&#233;nitude demande un acte de Foi et une offrande de soi pour collaborer &#224; cette &#339;uvre de Dieu&lt;/strong&gt;. En entrant dans cette vie de Foi vivante, alors, l'existence re&#231;oit une nouvelle dynamique et une plus profonde f&#233;condit&#233;. La femme mentionn&#233;e dans la premi&#232;re lecture a exp&#233;riment&#233; cela. Elle a invit&#233; et accueilli chez elle le proph&#232;te du Seigneur, &#201;lie. Elle a re&#231;u en retour une f&#233;condit&#233; inattendue et inesp&#233;r&#233;e, elle qui &#233;tait st&#233;rile et n'avait rien demand&#233;. En r&#233;compense de son hospitalit&#233; et de sa g&#233;n&#233;rosit&#233;, elle mettra au monde un enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, notre regard peut &#234;tre aveugl&#233; et notre c&#339;ur et notre esprit peuvent ne pas comprendre, mais &lt;strong&gt;la Foi donne une nouvelle lumi&#232;re et ouvre un chemin&lt;/strong&gt;. Cela est vrai pour les r&#233;alit&#233;s qui nous semblent n&#233;gatives, des difficult&#233;s et des impasses, mais c'est aussi vrai pour les r&#233;alit&#233;s bonnes, comme l'amour et l'affection des relations familiales, et m&#234;me notre propre vie. Paradoxalement, ces choses bonnes peuvent &#234;tre un obstacle encore plus difficile &#224; surmonter pour notre vie de Foi, car &#233;tant bonnes par elles-m&#234;mes, elles peuvent nous d&#233;tourner du v&#233;ritable sens spirituel qu'elles portent.
J&#233;sus ne m&#233;prise pas les liens familiaux &#8212; Lui qui a v&#233;cu trente ans dans la maison paternelle de Nazareth &#8212; mais il r&#233;v&#232;le quelque chose de plus profond : &lt;strong&gt; le c&#339;ur humain n'est pleinement unifi&#233; que lorsqu'il place Dieu &#224; la premi&#232;re place.&lt;/strong&gt; Mettre le Christ au centre et au c&#339;ur de tout chose et de notre vie est une lib&#233;ration ;&lt;strong&gt; l'amour de Dieu n'entre pas en concurrence avec l'amour humain, il lui donne le v&#233;ritable sens&lt;/strong&gt;. J&#233;sus ne demande pas d'aimer moins nos proches, mais il nous demande de les aimer mieux en Lui. Quand Dieu est le premier servi, alors tout le reste trouve sa juste place et notre vie s'harmonise. Mais quand Dieu n'est plus premier, alors tout devient d&#233;sordonn&#233;, en particulier parce qu'on attend des autres ce qu'ils ne peuvent pas donner, l'absolu et la perfection de l'amour. Celui qui aime ses proches plus que Dieu, n'a pas compris le sens de la vie, et alors il attend des hommes ce que Dieu seul peut donner. &lt;strong&gt;Mettre le Christ au centre, ce n'est pas diminuer l'amour humain, c'est l'illuminer. &lt;/strong&gt; Un amour qui ne passe pas par Dieu finit par se refermer sur lui-m&#234;me. Un amour enracin&#233; en Dieu devient f&#233;cond, libre, durable.
Et c'est alors que l'on comprend le sens de l'effort, du don de soi, bref de la croix avec J&#233;sus.&lt;strong&gt; Prendre sa croix, ce n'est pas subir, mais choisir d'aimer.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi.&lt;/em&gt; &#187; Car la croix dont parle J&#233;sus n'est pas d'abord une souffrance impos&#233;e, c'est l'acte de choisir l'amour, m&#234;me quand il co&#251;te. C'est la fid&#233;lit&#233; dans les petites choses o&#249; l'on d&#233;couvre la pr&#233;sence cach&#233;e de Dieu ; c'est la patience dans les relations, car on sait que Dieu agit dans les c&#339;urs ; c'est le pardon offert quand on aurait envie de se fermer, car nous avons exp&#233;riment&#233; la mis&#233;ricorde de Dieu pour nous ; c'est la pers&#233;v&#233;rance dans la pri&#232;re quand elle semble s&#232;che, car nous savons que Dieu pose sur nous son regard d'amour et qu'il est l&#224; aupr&#232;s de nous dans le secret. Prendre sa croix, c'est dire : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Seigneur, je veux aimer comme toi, m&#234;me si cela me d&#233;passe. &lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de l'&#201;vangile nous ram&#232;ne &#224; un geste tr&#232;s concret : l'accueil. Car accueillir est le geste le plus simple, mais aussi le plus divin, comme nous l'enseigne J&#233;sus : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Qui vous accueille m'accueille.&lt;/em&gt; &#187; et &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;celui qui donnera un simple verre d'eau fra&#238;che, il ne perdra pas sa r&#233;compense.&lt;/em&gt; &#187; &lt;strong&gt;La pr&#233;sence et l'amour de Dieu se cachent dans les gestes minuscules : un sourire, une &#233;coute, une porte ouverte, un service discret&#8230;&lt;/strong&gt; Tout cela a un poids d'&#233;ternit&#233;. Dans un monde o&#249; l'on se croise sans se voir, o&#249; l'on parle sans s'&#233;couter, J&#233;sus nous rappelle que l'accueil est un sacrement de la pr&#233;sence divine du quotidien. Accueillir l'autre, c'est accueillir Dieu et c'est accueillir comme Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, J&#233;sus nous demande de savoir le choisir l'amour de Dieu en toute chose, dans nos relations familiales et dans nos rencontres fortuites. En ce dimanche, J&#233;sus nous invite &#224; trois mouvements simples et exigeants : &lt;strong&gt;le mettre au centre pour aimer mieux ; prendre notre croix pour aimer jusqu'au bout avec Lui ; et accueillir pour laisser Dieu passer &#224; travers nous&lt;/strong&gt;. Alors, fr&#232;res et s&#339;urs, demandons la gr&#226;ce d'un c&#339;ur unifi&#233;, d'un amour fid&#232;le, et d'une charit&#233; accueillante, alors notre vie aura v&#233;ritablement du sens et nous go&#251;terons d&#233;j&#224; sur terre une saveur de la vie &#233;ternelle telle que Dieu nous la pr&#233;pare.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Fr. Antoine-Marie Leduc, ocd - (&lt;a href=&#034;https://www.carmes-paris.org/couvent-davon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;couvent d'Avon&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>S'engager pour le Christ [Ho 12e dim. TO - Ann&#233;e A]</title>
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		<dc:subject>Quoi de neuf ?</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Jr 20, 10-13 ; Ps 68 (69), 8-10, 14.17, 33-35 ; Rm 5, 12-15 ; Mt 10, 26-33 Jusqu'o&#249; va notre engagement pour le Christ ? C'est une des questions d&#233;rangeantes que nous pose l'&#233;vangile de ce dimanche. Ces paroles de J&#233;sus dans l'&#233;vangile de Matthieu au chap. 10 sont extraites d'un discours adress&#233; aux douze avant de les envoyer en mission. Ce sont autant de consignes destin&#233;es aux disciples afin qu'ils soient dans de bonnes dispositions pour proclamer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2025-2026-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2025-2026 (Ann&#233;e A)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Quoi-de-neuf-+.html" rel="tag"&gt;Quoi de neuf ?&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2180-6163b.jpg?1782924723' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Jr 20, 10-13 ; Ps 68 (69), 8-10, 14.17, 33-35 ; Rm 5, 12-15 ; Mt 10, 26-33&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jusqu'o&#249; va notre engagement pour le Christ ? &lt;/strong&gt; C'est une des questions d&#233;rangeantes que nous pose l'&#233;vangile de ce dimanche. Ces paroles de J&#233;sus dans l'&#233;vangile de Matthieu au chap. 10 sont extraites d'un discours adress&#233; aux douze avant de les envoyer en mission. Ce sont autant de consignes destin&#233;es aux disciples afin qu'ils soient dans de bonnes dispositions pour proclamer l'heureuse nouvelle du salut. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que &lt;strong&gt;J&#233;sus ne vend pas du r&#234;ve &lt;/strong&gt; : il annonce de rudes combats et m&#234;me des pers&#233;cutions. Si lui-m&#234;me a &#233;t&#233; trait&#233; de Belz&#233;bul, de d&#233;mon, les disciples doivent aussi s'attendre &#224; &#234;tre rejet&#233;s de fa&#231;on violente. Cela fait partie du risque de la mission et c'est m&#234;me ce qui peut inqui&#233;ter les disciples. C'est peut-&#234;tre aussi ce qui peut nous inqui&#233;ter, nous qui sommes disciples-missionnaires. &lt;strong&gt;De quoi avons-nous peur ? Qu'est-ce qui en nous fait obstacle &#224; une parole franche et vraie pour dire la v&#233;rit&#233; et d&#233;noncer le mal ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Ne craignez pas&lt;/em&gt; &#187; est le refrain de cet &#233;vangile ; une invitation &#224; d&#233;passer ses peurs pour oser s'engager pour le Christ. Pourtant ne croyons pas que cet appel &#224; la confiance est empli de na&#239;vet&#233; : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Ne craignez pas ceux qui tuent le corps&lt;/em&gt; &#187;. Les hommes peuvent &#234;tre effectivement dangereux et J&#233;sus dit m&#234;me quelques versets avant de s'en m&#233;fier et d'&#234;tre prudents comme des serpents pendant la mission (10, 16-17). &lt;strong&gt;S'engager pour le Christ est dangereux car cela provoque bien des remous en nous et chez les autres&lt;/strong&gt;. L'&#233;vangile ne peut pas ne pas d&#233;ranger et bousculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais souvent nous pensons que ces remous sont simplement li&#233;s &#224; l'annonce du Royaume aux personnes qui ne connaissent pas le Christ. Les pers&#233;cuteurs seraient ceux du dehors, ceux qui ne sont pas chr&#233;tiens comme nous. Or la p&#233;riode terrible que vit notre &#201;glise avec le d&#233;voilement de multiples abus nous invite &#224; &#233;largir ces propos : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Ne craignez pas les hommes ; rien n'est voil&#233; qui ne sera d&#233;voil&#233;, rien n'est cach&#233; qui ne sera connu&lt;/em&gt;. &#187; La mission commence d'abord l&#224; o&#249; nous sommes, dans nos familles, nos communaut&#233;s, nos lieux de travail. S'engager pour le Christ n'est pas une question de mots mais d'actes. Comment nous engageons-nous avec courage dans la proclamation de la v&#233;rit&#233; et la d&#233;nonciation du mal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois&lt;strong&gt; c'est la peur d'&#234;tre rejet&#233; qui emp&#234;che de parler et de d&#233;noncer des d&#233;rives&lt;/strong&gt;. Or J&#233;sus affirme que la seule crainte que nous devons avoir, c'est celle d'&#234;tre s&#233;par&#233; de Dieu. Dieu, quant &#224; Lui, ne nous rejette jamais ; Pierre qui a reni&#233; le Christ est un des piliers de notre &#201;glise. Soyons donc sans crainte car Dieu veut notre salut. Mais nous devons aussi y travailler en rep&#233;rant en nous toute forme de l&#226;chet&#233; et de mutisme. &lt;strong&gt;Comment collaborons-nous personnellement au processus de v&#233;rit&#233; voulu par l'Esprit Saint ?&lt;/strong&gt; Sommes-nous engag&#233;s &#224; suivre toujours plus notre conscience ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un des risques actuels est de passer de l'admiration &#224; la haine : nous traitons de Belz&#233;bul ceux que nous comparions &#224; des anges&lt;/strong&gt; ; les P. Philippe, P. Finet, Jean Vanier, etc. Certes le mal doit &#234;tre fortement condamn&#233; et les personnes dangereuses &#233;cart&#233;es. Mais &lt;strong&gt;sommes-nous donc innocents et simplement victimes d'une supercherie collective ?&lt;/strong&gt; Comment avons-nous entretenu cet ang&#233;lisme ? Et d'ailleurs aujourd'hui qui avons-nous tendance &#224; encenser dans l'&#201;glise, dans nos communaut&#233;s, nos familles, nos lieux de travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut &#234;tre responsables et adultes : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;L'homme n'est ni ange ni b&#234;te&lt;/em&gt;. &#187; (Pascal) Nous devons tous apprendre &#224; &#233;couter notre conscience, &#224; d&#233;noncer le p&#233;ch&#233; en nous comme &#224; l'ext&#233;rieur de nous. Voil&#224; le chemin de l'&#233;vang&#233;lisation : il commence par un rude travail de v&#233;rit&#233;. C'est dans ce travail que l'&#201;glise est engag&#233;e et nous devons y collaborer, chacun &#224; sa mani&#232;re. Notre effroi peut &#234;tre grand &#224; mesure que les p&#233;ch&#233;s sont d&#233;voil&#233;s ; mais souvenons-nous que, comme le dit saint Paul, &lt;strong&gt;la gr&#226;ce est bien plus surabondante que le p&#233;ch&#233;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que notre Eglise re&#231;oive pleinement cette gr&#226;ce d'une r&#233;g&#233;n&#233;rescence, chacun de nous peut travailler &#224; ce processus de v&#233;rit&#233; : rep&#233;rer ce qui ab&#238;me la dignit&#233; des personnes autour de nous ; d&#233;raciner en nous toute l&#226;chet&#233; qui nous emp&#234;che de les nommer clairement ; d&#233;velopper une vigilance communautaire pour prot&#233;ger les corps et les &#226;mes. Soyons sans crainte car Dieu est avec nous ; mais engageons-nous avec lui pour que son r&#232;gne de paix s'&#233;tende. Et nous pourrons redire avec J&#233;r&#233;mie : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Chantez le Seigneur, louez le Seigneur&lt;/em&gt;. &#187; Amen&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Fr. Jean-Alexandre de l'Agneau, ocd - (&lt;a href=&#034;https://www.carmes-paris.org/couvent-davon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;couvent d'Avon&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Vous avez re&#231;u gratuitement, donnez gratuitement &#187; [Ho 11e dim. TO - Ann&#233;e A]</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Ex 19, 2-6a ; Ps 99 (100) ; Rm 5, 6-11 ; Mt 9, 36 &#8211; 10, 8 &#171; Pelouse strictement interdite &#187;. Nos redondances verbales ont souvent valeur de sympt&#244;me. Que serait un interdit non strict ? Une pelouse simplement interdite ? Pareillement &#171; donnez gratuitement &#187; : que serait un don non gratuit ? Tel est le d&#233;fi pos&#233; au c&#339;ur de notre liturgie de la Parole. Au c&#339;ur de notre vie spirituelle. Au c&#339;ur de notre foi : &#171; c'est par la gr&#226;ce que vous &#234;tes sauv&#233;s, par le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Annee-liturgique-2025-2026-Annee-A-.html" rel="directory"&gt;Ann&#233;e liturgique 2025-2026 (Ann&#233;e A)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L100xH150/pexels-daliladalprat-2059523-80c10.jpg?1782924723' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Textes liturgiques (ann&#233;e A) : Ex 19, 2-6a ; Ps 99 (100) ; Rm 5, 6-11 ; Mt 9, 36 &#8211; 10, 8&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pelouse strictement interdite &#187;. Nos redondances verbales ont souvent valeur de sympt&#244;me. Que serait un interdit non strict ? Une pelouse simplement interdite ? Pareillement &#171; &lt;strong&gt;donnez gratuitement&lt;/strong&gt; &#187; : que serait un don non gratuit ? Tel est le d&#233;fi pos&#233; au c&#339;ur de notre liturgie de la Parole. Au c&#339;ur de notre vie spirituelle. Au c&#339;ur de notre foi : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;c'est par la gr&#226;ce que vous &#234;tes sauv&#233;s, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu &lt;/em&gt; &#187;, ce qu'aujourd'hui l'&#233;pitre aux Romains exprime ainsi : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;alors que nous n'&#233;tions encore capables de rien, le Christ, au temps fix&#233; par Dieu, est mort pour les impies que nous &#233;tions &lt;/em&gt; &#187;. Et notre &#233;vangile d'annoncer la proximit&#233; du Royaume attest&#233;e par des miracles et la gratuit&#233; qui les accompagne. Comme l'ivresse que l'on &#233;prouve dans l'exp&#233;rience du beau (&#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; la Rose est sans pourquoi&lt;/em&gt; &#187;), du vrai (qui avant d'&#234;tre une histoire de logique est une question de don :&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; es gibt&lt;/em&gt; a bien compris la langue allemande pour dire il y a), dans l'exp&#233;rience du bon (l'&#233;tonnante &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; petite bont&#233;&lt;/em&gt; &#187; sur laquelle le XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle a m&#233;dit&#233; au milieu de ses malheurs),&lt;strong&gt; la gratuit&#233; enthousiasme l'annonce du Royaume : l'amour de Dieu est gratuit, gratuit est son pardon, gratuits ses appels, gratuites ses merveilles&lt;/strong&gt;. De l&#224; tout en d&#233;coule ! C'est en vertu du don unilat&#233;ral et gratuit de Dieu que Mo&#239;se &#233;tablit l'Alliance et l'ob&#233;issance &#224; la Loi et que J&#233;sus envoie ses disciples : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; vous avez re&#231;u gratuitement, donnez gratuitement&lt;/em&gt; &#187; ! Il y a l&#224; un enjeu d&#233;cisif pour toute vie spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire du christianisme, la controverse entre P&#233;lage et Augustin l'a bien mis en valeur. Il ne s'agit pas de m&#233;riter la gr&#226;ce au prix d'efforts, fussent-ils h&#233;ro&#239;ques, car la gr&#226;ce est gratuite, sans condition. Il y a l&#224; un enjeu d&#233;cisif dans une vie de pri&#232;re comme la Madre Teresa l'exprime avec profondeur dans les troisi&#232;mes demeures de son Ch&#226;teau. &lt;strong&gt;Prier est absolument gratuit &lt;/strong&gt; : il n'est ni le faire-valoir de notre perfection ni la condition d'obtention de consolations ou autres faveurs. Interpr&#233;tant la tristesse de l'homme riche de l'&#233;vangile comme le sympt&#244;me d'un manque de gratuit&#233; et d'humilit&#233;, Th&#233;r&#232;se affirme que notre joie dans la pri&#232;re n'est autre que celle des serviteurs inutiles. &lt;strong&gt;Dieu ne nous doit rien puisqu'il nous a tout donn&#233;.&lt;/strong&gt; Contentons-nous donc d'&#234;tre les serviteurs du Seigneur, simplement pr&#233;sents &#224; son amour. Gratuit&#233;, les enjeux sont grands pareillement pour notre vie morale ou de mani&#232;re tr&#232;s concr&#232;te dans notre rapport au temps : temps perdu, temps donn&#233;, temps rendu ! Et pourtant - &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt; pelouse strictement interdite&lt;/em&gt; &#187; - tout cela n'a rien d'&#233;vident ! La gratuit&#233; existe-t-elle vraiment ? Un tant soit peu de lucidit&#233; psychologique met &#224; nu nos int&#233;r&#234;ts plus ou moins larv&#233;s et nos attachements divers dans nos dons gratuits : donner pour obtenir ensuite, donner pour conforter une image de marque, donner parce qu'on se sent oblig&#233;. Et l'on sait la valeur des cadeaux commerciaux ou de la fallacieuse gratuit&#233; sur Internet. D'ailleurs gratuit&#233; peut rimer avec facilit&#233;, non engagement comme lorsque l'on parle de paroles gratuites voire folie insens&#233;e qu'illustre l'acte gratuit d'un Andr&#233; Gide. Plus encore, le don gratuit peut installer le donateur dans une position de domination : il est celui qui pourvoit et fait vivre sans avoir besoin de personne. Il nous faut aller plus loin. Permettez donc trois r&#233;flexions pour conclure, pour ouvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, &#171; vous avez re&#231;u gratuitement &#187;. En amont du don, il y a la r&#233;ception. Comment comprendre ici ce &#171; gratuitement &#187; : recevoir un don qui a &#233;t&#233; fait gratuitement ou bien recevoir gratuite-ment un don (lui aussi gratuit) ?&lt;strong&gt; La gratuit&#233; qualifierait le fait de recevoir car recevoir n'est pas si &#233;vident&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Une petite Th&#233;r&#232;se l'avait bien compris : elle disait certes avec l'&#201;criture qu'il y a plus de bonheur &#224; donner qu'&#224; recevoir mais qu'au fond il y avait une r&#233;elle joie et un d&#233;fi &#224; recevoir.&lt;/strong&gt; Joie de donner &#224; l'autre celle de donner. D&#233;fi car on peut recevoir du bout des l&#232;vres se sentant indigne ou encombr&#233; de ce que l'on a re&#231;u et tent&#233; parfois non tant de rendre gr&#226;ce que de rendre la gr&#226;ce. Car recevoir c'est accepter de devenir d&#233;pendant, non autonome. Il faut savoir recevoir pour donner, recevoir gratuitement pour donner gratuitement. L&lt;strong&gt;a gratitude n'est pas tant rendre que transmettre : elle invite &#224; donner &#224; un autre entrant ainsi dans la chaine - dans la danse - du don. L&#224; est le Royaume ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la gratuit&#233; est li&#233;e &#224; la libert&#233; : qui fait l'exp&#233;rience de l'amour gratuit, du pardon inconditionnel, du caract&#232;re gr&#226;cieux de la vie n'a plus rien &#224; d&#233;fendre, ni &#224; conqu&#233;rir. Libre de toute justification car il se sait justifi&#233;, il peut donner, se donner, sans mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, troisi&#232;mement, c'est dans le registre de l'Alliance et non du contrat que nous pouvons sainement vivre la gratuit&#233;. Et c'est bien cela que le Seigneur &#233;tablit avec son peuple, son &#201;glise. Le don instaure une relation, dissym&#233;trique certes mais libre de clauses n&#233;cessaires. Il n'est pas sans profit pour celui qui donne ni pour celui qui re&#231;oit. Telle est le mouvement du don : se mettre librement en d&#233;pendance pour la joie de l'&#233;change. Elle n'est pas sans risque non plus, celui de la perte, celui du refus, de l'incompr&#233;hension voire du soup&#231;on d'injustice. C'est le risque que Dieu a pris, lui qui donne la pluie aux bons et aux m&#233;chants, lui dont le Fils est mort sur la Croix. Mais &#224; travers le don, il atteste sa pr&#233;sence : &#171; &lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;Le Royaume est l&#224;&lt;/em&gt; &#187;. Pr&#233;sent de sa pr&#233;sence que nous c&#233;l&#233;brons en chaque eucharistie : nous sommes l&#224; en ce jour pour en dire toute la joie et la richesse, l'appel infini, l'indicible folie, pour rendre gr&#226;ce ! Amen&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Fr. Guillaume Dehorter, ocd - (&lt;a href=&#034;https://carmes-paris.org/couvent-avon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;couvent d'Avon&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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