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		<title>Th&#233;r&#232;se et Marie</title>
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		<dc:subject>Quoi de neuf ?</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La relation Th&#233;r&#232;se avec la Vierge Marie n'est pas de l'ordre de la d&#233;votion, mais de la relation vitale. En effet, Th&#233;r&#232;se Martin a perdu sa m&#232;re lorsqu'elle avait 4 ans et ce drame familial l'a marqu&#233;e profond&#233;ment. Elle en a &#233;t&#233; remise par une gr&#226;ce qu'elle re&#231;ut &#224; No&#235;l 1886, &#224; l'&#226;ge de 14 ans et demi. Parmi les cons&#233;quences de cette mort, il y eut une maladie qu'elle eut lorsque sa s&#339;ur Pauline est entr&#233;e au Carmel. Th&#233;r&#232;se est tomb&#233;e gravement malade &#224; l'&#226;ge de 10 ans, une maladie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Sa-vie-et-son-message-.html" rel="directory"&gt;Sa vie et son message&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Quoi-de-neuf-+.html" rel="tag"&gt;Quoi de neuf ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH105/arton64-b9b3b.jpg?1782925257' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La relation Th&#233;r&#232;se avec la Vierge Marie n'est pas de l'ordre de la d&#233;votion, mais de la &lt;strong&gt;relation vitale&lt;/strong&gt;. En effet, Th&#233;r&#232;se Martin a perdu sa m&#232;re lorsqu'elle avait 4 ans et ce drame familial l'a marqu&#233;e profond&#233;ment. Elle en a &#233;t&#233; remise par une gr&#226;ce qu'elle re&#231;ut &#224; No&#235;l 1886, &#224; l'&#226;ge de 14 ans et demi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_54 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L500xH403/sourire6-5b0e9.jpg?1782925257' width='500' height='403' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parmi les cons&#233;quences de cette mort, il y eut une maladie qu'elle eut lorsque sa s&#339;ur Pauline est entr&#233;e au Carmel. Th&#233;r&#232;se est tomb&#233;e gravement malade &#224; l'&#226;ge de 10 ans, une maladie dont elle disait qu'elle ne savait pas si elle allait en mourir ou rester folle. La m&#233;decine du temps &#233;tait impuissante. Dans sa famille et au Carmel o&#249; se trouve sa s&#339;ur Pauline, on prie sp&#233;cialement Notre Dame des victoires, en raison de ce grand sanctuaire parisien tr&#232;s aim&#233; par les Martin et les Gu&#233;rin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;r&#232;se sera gu&#233;rie le 13 Mai 1883 par un sourire de la Vierge.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience est v&#233;cue &#224; travers une statue de Marie qui avait &#233;t&#233; donn&#233;e par une vieille dame d'Alen&#231;on &#224; Monsieur Martin. Cette statue suivra Th&#233;r&#232;se toute sa vie, jusqu'&#224; l'infirmerie du Carmel. Elle se trouve maintenant au-dessus de sa ch&#226;sse &#224; Lisieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se prend alors vraiment Marie comme sa M&#232;re jusqu'&#224; la fin de sa vie. Elle va entrer au Carmel qui est un ordre consacr&#233; &#224; Marie : les premiers fr&#232;res Carmes, ermites sur le Mont Carmel en Terre Sainte, s'appelaient les fr&#232;res de la Vierge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Monsieur Martin mourra, apr&#232;s son internement &#224; l'h&#244;pital du Bon Sauveur de Caen, les meubles des Buissonnets seront dispers&#233;s et &lt;strong&gt;la Vierge du sourire viendra au Carmel&lt;/strong&gt;. Th&#233;r&#232;se aura la permission de la mettre dans son avant-cellule. Lorsqu'elle s'offrira &#224; l'amour mis&#233;ricordieux, elle fera passer son offrande par les mains de Marie en la pronon&#231;ant aux pieds de cette statue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4557 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L227xH328/1ffa04a37c7252c82d42f548f21dcd9f-2733c.jpg?1782925257' width='227' height='328' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais l'enseignement que donne Th&#233;r&#232;se sur Marie, date des derniers mois de sa vie. Elle dira &#224; l'infirmerie &#224; sa s&#339;ur Agn&#232;s : &#171; je n'ai jamais entendu de sermon qui m'ait plu sur la Sainte Vierge &#187;, ce qui n'est pas tr&#232;s aimable pour les pr&#233;dicateurs de son temps, et elle ajoute : &#171; Je ne voudrais pas mourir sans dire ce que j'ai &#224; dire sur la Vierge. &#187; Elle va r&#233;diger un grand po&#232;me au mois de Mai 1897 (&#034; Pourquoi je t'aime &#244; Marie&#034;) et meurt au mois de septembre suivant. Ce long po&#232;me de 25 strophes constitue une th&#233;ologie mariale tout &#224; fait remarquable qui anticipe ce que le Concile Vatican II dira de la Vierge Marie. Th&#233;r&#232;se revient &#224; la Parole de Dieu : elle lit l'Evangile. Son po&#232;me est tout simplement sa m&#233;ditation des textes &#233;vang&#233;liques sur Marie. Elle commence &#224; l'Annonciation et termine &#224; la Croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pousse Th&#233;r&#232;se &#224; &#233;crire ce po&#232;me, c'est que les pr&#233;dications de son temps ont tellement exalt&#233; Marie qu'elles l'ont &#233;loign&#233;e du Peuple chr&#233;tien. On en a fait quelqu'un de tellement extraordinaire qu'&#224; la limite, on la craindrait. Or dit Th&#233;r&#232;se : &#171; &lt;strong&gt;comment pourrai-je craindre ma M&#232;re ?&lt;/strong&gt; &#187; Elle voit au contraire en Marie la premi&#232;re chr&#233;tienne, celle qui a suivi son fils J&#233;sus de l'Annonciation &#224; la Croix. Elle souligne que Marie a v&#233;cu une vie toute ordinaire : &#171; J'ai entendu dire tant de choses sur la Sainte Vierge que cela la rend inabordable, alors qu'il faudrait la rendre imitable. &#187;&lt;strong&gt; Marie a v&#233;cu la vie la plus ordinaire&lt;/strong&gt;, elle qui, &#224; Nazareth, allait chercher l'eau &#224; la fontaine et faisait les repas de Joseph et de J&#233;sus. &#171; Je sais qu'&#224; Nazareth, M&#232;re pleine de gr&#226;ce, tu vis tr&#232;s pauvrement, ne voulant rien de plus ; point de ravissement, de miracle, d'extase, n'embellissent ta vie &#244; Reine des &#233;lus. Le monde des petits est bien grand sur la terre : ils peuvent sans trembler vers toi lever les yeux. C'est par la voie commune incomparable M&#232;re qu'il te pla&#238;t de marcher pour les guider aux cieux. &#187; &lt;strong&gt;Simple femme&lt;/strong&gt;, &#171; Marie est plus M&#232;re que Reine. &#187; Toute la th&#233;ologie de Th&#233;r&#232;se se r&#233;sume dans cette r&#233;alit&#233;, fond&#233;e sur l'Evangile selon Saint Jean, lorsque J&#233;sus nous donne sa M&#232;re : &#171; Femme, voici ton Fils, Fils, voici ta M&#232;re. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;r&#232;se souligne que Marie a v&#233;cu de foi comme nous.&lt;/strong&gt; Elle a s&#251;rement entendu dire que la Sainte Vierge savait tout d'avance. Pourtant elle voit que Marie a v&#233;cu en suivant son Fils au jour le jour, qu'elle a &#233;t&#233; d&#233;rout&#233;e lorsqu'elle a perdu J&#233;sus dans le Temple et &#224; plus forte raison lorsqu'elle s'est retrouv&#233;e au pied de la Croix. Marie a &#233;t&#233; profond&#233;ment associ&#233;e &#224; la Passion de son Fils. La M&#232;re d'un condamn&#233; &#224; mort devient ainsi la figure de l'&#201;glise. Elle &#233;tait l'&#201;glise au sens o&#249; elle nous repr&#233;sentait tous. Pendant que son Fils vivait la Passion pour le salut du monde, elle vivait la compassion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce portrait de Marie, on peut lire en filigrane le portrait de Th&#233;r&#232;se. Th&#233;r&#232;se aussi a v&#233;cu de foi. Sa pri&#232;re a &#233;t&#233; aride, difficile, bien souvent dans la nuit et dans les 18 derniers mois de sa vie, elle est pass&#233;e par une &#233;preuve tr&#232;s profonde. Elle l'a re&#231;ue comme une participation &#224; la Passion du Christ. Dans cette &#233;preuve, elle se sent seule assise &#224; la table des p&#233;cheurs, les incroyants de son temps. Elle accepte de rester seule dans la nuit pour qu'ils aient la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour Th&#233;r&#232;se, Marie est aussi le symbole de ce que le Seigneur fait dans la petitesse&lt;/strong&gt;, dans la pauvret&#233; : Marie vit cette voie d'enfance qu'elle essaie de vivre elle-m&#234;me. La puissance de Dieu se manifeste dans la faiblesse, dans la pauvret&#233;, dans l'apparemment insignifiant. Marie pourra chanter dans son Magnificat : &#171; Le Seigneur a fait en moi de grandes choses. Toutes les g&#233;n&#233;rations me diront bienheureuse. &#187; Th&#233;r&#232;se, &#224; sa mani&#232;re, reconna&#238;tra aussi que le Seigneur a fait en elle de grandes choses parce qu'elle &#233;tait toute petite et qu'elle acceptait cette pauvret&#233; pour &#234;tre disponible au Seigneur. Avec Th&#233;r&#232;se et Marie, nous avons deux figures de femme. Th&#233;r&#232;se en tant que femme &#233;tait bien plac&#233;e pour entrer dans le myst&#232;re profond de Marie. L'approche de Th&#233;r&#232;se peut nous faire entrevoir le myst&#232;re de la vie de Marie. Marie ne peut pas &#234;tre une d&#233;votion particuli&#232;re qui d&#233;pende de notre sensibilit&#233; ou de notre histoire. Marie est au c&#339;ur du myst&#232;re chr&#233;tien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur du myst&#232;re chr&#233;tien, c'est le Christ qui nous m&#232;ne au P&#232;re dans l'Esprit. Le Christ a voulu avoir cette m&#232;re pour l'introduire dans la r&#233;alit&#233; de la vie humaine. Il a associ&#233; cette femme &#224; sa Passion et &#224; sa R&#233;surrection. Th&#233;r&#232;se ne mentionne pas la R&#233;surrection dans son po&#232;me, car elle reste dans les limites de l'&#201;vangile, mais elle sait tr&#232;s bien que cette femme, cette m&#232;re, est entr&#233;e dans le gloire ; la P&#226;ques de Marie, c'est son Assomption. Marie est la seule ressuscit&#233;e en son corps et en son &#226;me. Le parfait accomplissement de l'humanit&#233; est actuellement r&#233;alis&#233; en cette femme &#224; l'image du Christ. Marie est une cr&#233;ature, mais tellement associ&#233;e au salut et &#224; la Passion de son Fils qu'elle participe maintenant &#224; la vie Trinitaire en tant que cr&#233;ature. Marie est ainsi au c&#339;ur du myst&#232;re chr&#233;tien. Ceci nous concerne puisque Marie est figure de l'&#201;glise et que l&#224; o&#249; Marie est pass&#233;e, l'Eglise passera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, &#233;voquons la derni&#232;re strophe de sa grande m&#233;ditation mariale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bient&#244;t je l'entendrai cette douce harmonie / Bient&#244;t dans le beau Ciel, je vais aller te voir. / Toi qui vins me sourire au matin de ma vie / Viens me sourire encor&#8230; M&#232;re&#8230; voici le soir !&#8230; / Je ne crains plus l'&#233;clat de ta gloire supr&#234;me. / Avec toi j'ai souffert et je veux maintenant / Chanter sur tes genoux, Marie, pourquoi je t'aime / Et redire &#224; jamais que je suis ton enfant. &#187;
)]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vie de Th&#233;r&#232;se Martin</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/La-vie-de-Therese-Martin.html</link>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il n'aura fallu que 24 ans &#224; Th&#233;r&#232;se Martin pour devenir &#034;la plus grande sainte des temps modernes&#034; (Pape Pie X). Elle franchit &#224; l'&#226;ge de 15 ans de multiples obstacles pour entrer au Carmel o&#249; elle d&#233;sire prouver son amour au Christ qui l'appelle &#224; donner sa vie pour le monde. Devenue Th&#233;r&#232;se de l'Enfant J&#233;sus, elle choisit de faire une confiance totale au Seigneur et de devenir de plus en plus petite pour s'abandonner &#224; Lui. En 1896, elle d&#233;couvre le sens profond de sa vocation : &#171; Dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2097-cad15.jpg?1782925258' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_36 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L224xH224/13.95-ffdad.jpg?1782925258' width='224' height='224' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il n'aura fallu que 24 ans &#224; Th&#233;r&#232;se Martin pour devenir &lt;strong&gt;&#171; la plus grande sainte des temps modernes &#187;&lt;/strong&gt; (Pape Pie X). Elle franchit &#224; l'&#226;ge de 15 ans de multiples obstacles pour entrer au Carmel o&#249; elle d&#233;sire&lt;strong&gt; prouver son amour au Christ&lt;/strong&gt; qui l'appelle &#224; donner sa vie pour le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenue Th&#233;r&#232;se de l'Enfant J&#233;sus, elle choisit de faire une confiance totale au Seigneur et de devenir de plus en plus petite pour s'abandonner &#224; Lui. En 1896, elle d&#233;couvre le sens profond de sa vocation : &#171; Dans le c&#339;ur de l'&#201;glise, ma M&#232;re, je serai l'amour &#187; et elle s'offre de plus en plus pour soutenir l'effort des missionnaires. Pour cela, &lt;strong&gt;elle vit jusque dans les petites choses sa &#171; voie de confiance et d'amour &#187;&lt;/strong&gt; qu'elle voudrait transmettre au monde. C'est ce qui se r&#233;alise, apr&#232;s sa mort, avec la publication de &#034;Histoire d'une &#226;me&#034;. Ce livre, o&#249; elle raconte sa vie, va conqu&#233;rir le monde (traduction en plus de 60 langues) : &#171; la petite voie &#187; n&#233;e de l'&#233;vangile est un chemin de saintet&#233; propos&#233; &#224; chacun l&#224; o&#249; il en est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aim&#233;e de Dieu &#224; la folie, Th&#233;r&#232;se veut L'aimer &#224; son tour de tout son c&#339;ur. Elle sait que Dieu re&#231;oit avec plaisir le moindre de ses sourires et qu'elle peut contribuer ainsi au salut du monde, &#224; la conversion des p&#233;cheurs. A force de pri&#232;res et de sacrifices elle a obtenu dans sa jeunesse la conversion d'un grand criminel de l'&#233;poque. Pranzini s'est converti quelques secondes avant d'&#234;tre guillotin&#233;. Il s'est jet&#233; sur le crucifix qu'au pied de l'&#233;chafaud son aum&#244;nier continuait &#224; lui pr&#233;senter. Je veux sauver beaucoup d'autres Pranzini, pense Th&#233;r&#232;se en entrant au Carmel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se croit en effet profond&#233;ment &#224; la Mis&#233;ricorde du P&#232;re, telle que J&#233;sus nous en parle dans l'&#201;vangile. &#034;je le sens, &#233;crit-elle &#224; la fin de son dernier manuscrit, si j'avais sur la conscience tous les p&#233;ch&#233;s qui se peuvent commettre, j'irais, le c&#339;ur bris&#233; de repentir, me jeter dans les bras de J&#233;sus, car je sais combien Il ch&#233;rit l'enfant prodigue qui revient &#224; Lui. Ce n'est pas parce que le bon Dieu, dans sa pr&#233;venante mis&#233;ricorde, a pr&#233;serv&#233; mon &#226;me du p&#233;ch&#233; mortel que je m'&#233;l&#232;ve &#224; Lui par la confiance et l'amour&#034;.Th&#233;r&#232;se explique souvent &#224; ses correspondants que le souvenir de leurs p&#233;ch&#233;s doit toujours provoquer dans leur c&#339;ur un nouveau chant d'action de gr&#226;ce : quand ils sont &#233;c&#339;ur&#233;s par les turpitudes qu'ils ont jadis commises, ils doivent lever les yeux vers la Sainte Face et se r&#233;jouir &#224; l'id&#233;e que J&#233;sus a voulu se servir de nos crimes pour nous r&#233;v&#233;ler la profondeur insondable de son amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se nous rappelle enfin que la r&#233;ussite d'une vie ne tient pas &#224; l'importance, ni au succ&#232;s des &#339;uvres que nous y aurons accomplies, mais &#224; la valeur de l'amour avec lequel nous nous serons livr&#233;s &#224; toutes ces activit&#233;s. Au regard du monde la petite carm&#233;lite de Lisieux n'a pas fait grand-chose &#224; l'int&#233;rieur des murs de son petit monast&#232;re de province (un hectare de superficie !). Mais elle a mis beaucoup d'amour &#224; rendre les services qu'on lui demandait : balayage des clo&#238;tres, confection d'images, composition de po&#232;mes, r&#233;daction de ses cahiers de souvenirs, etc. Au lieu de se d&#233;soler de ne pas se livrer &#224; des activit&#233;s plus brillantes, elle s'&#233;merveillait &#224; la pens&#233;e que le Seigneur se plaisait &#224; recevoir jour apr&#232;s jour, seconde apr&#232;s seconde, tous ses actes d'amour. Elle voulait &#234;tre, dans l'&#201;glise, celle qui aime beaucoup. Dans le C&#339;ur de l'&#201;glise, ma M&#232;re, &#233;crivait-elle un an avant de mourir, je serai l'Amour !&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Le t&#233;moignage de sa vie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se souffert au cours de sa br&#232;ve existence. A l'&#226;ge de quatre ans et demi, elle perd sa m&#232;re ; quatre ans plus tard, Pauline, sa &#034;seconde maman&#034; part au Carmel et Th&#233;r&#232;se en tombe malade. Gu&#233;rie &#224; l'&#226;ge de dix ans par &lt;strong&gt;le sourire de la Vierge Marie&lt;/strong&gt;, elle n'est lib&#233;r&#233;e qu'&#224; l'&#226;ge de quatorze ans de ses pleurnicheries interminables d'enfant trop sensible. Moins d'un an apr&#232;s son entr&#233;e au Carmel, elle voit son p&#232;re enferm&#233; dans un h&#244;pital psychiatrique - un &#171; asile de fous &#187;, disait-on &#224; l'&#233;poque : l'art&#233;rioscl&#233;rose lui a fait perdre la t&#234;te. Sa &lt;strong&gt;souffrance d'humilit&#233; &lt;/strong&gt; &#233;tait d'autant plus importante, Th&#233;r&#232;se vivait avec joie&lt;strong&gt;l'humiliation par Amour pour J&#233;sus&lt;/strong&gt;. Physiquement, elle souffrait de l'humidit&#233; glaciale de certains hivers normands : il n'existait alors aucun chauffage dans les chambres de monast&#232;re. Elle est atteinte par la tuberculose et mourra &#224; la suite d'une agonie particuli&#232;rement terrible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'avis de tous les t&#233;moins, Th&#233;r&#232;se conserva n&#233;anmoins un merveilleux sourire au milieu de toutes ces &#233;preuves. Un sourire qu'aucune photographie ne nous a conserv&#233; puisque les instantan&#233;s n'existaient pas &#224; la fin du si&#232;cle dernier : pour qu'un clich&#233; ne soit pas rat&#233;, il fallait contracter son visage et rester immobile devant l'objectif pendant sept secondes.Les raisons de cette joie ? Th&#233;r&#232;se avait re&#231;u la gr&#226;ce de comprendre de fa&#231;on lumineuse &#224; quel point elle &#233;tait une &#171; enfant ch&#233;rie &#187; de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En relisant l'histoire de sa vie, Th&#233;r&#232;se se pla&#238;t &#224; rep&#233;rer toutes les d&#233;licatesses du Seigneur &#224; son &#233;gard. &#171; Tout est gr&#226;ce &#187;, aimait-elle redire. Si je n'ai pas commis beaucoup de p&#233;ch&#233;s durant ma jeunesse, pense-t-elle, c'est que j'en ai &#233;t&#233; sp&#233;cialement pr&#233;serv&#233;e par la Mis&#233;ricorde du Seigneur : je suis si &#171; faible' que J&#233;sus s'est arrang&#233; pour que je ne sois pas trop tent&#233;e ! Si le visage de papa a &#233;t&#233; d&#233;figur&#233; par sa maladie, c'est sans doute pour que je comprenne davantage tout l'amour avec lequel J&#233;sus a support&#233; les crachats qu'on a lanc&#233;s sur sa &#187;Sainte Face&#171; durant sa Passion. Si J&#233;sus a permis que je sois terriblement tent&#233;e de douter de l'existence du Ciel &#224; partir du moment o&#249; la tuberculose a commenc&#233; &#224; ravager mon organisme, c'est pour que je puisse communier davantage au drame de tous les incroyants et offrir pour eux l'&#233;preuve de cette &#187;nuit&#034; spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Une &#233;tonnante c&#233;l&#233;brit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se est la plus connue des saintes fran&#231;aises &#224; l'&#233;tranger, alors que presque personne n'avait assist&#233; &#224; ses fun&#233;railles. Morte &#224; 24 ans le 30 septembre 1897 au carmel de Lisieux, elle y &#233;tait entr&#233;e le 9 avril 1888 &#224; l'&#226;ge de 15 ans. Elle a &#233;t&#233; canonis&#233;e en 1925 par le pape Pie XI et d&#233;clar&#233;e patronne secondaire de la France en 1944 - au moment de la bataille de Normandie - par le pape Pie XII.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 octobre 1997, sur la place Saint-pierre de Rome, le pape Jean-Paul II l'a proclam&#233;e &#034;&lt;strong&gt;Docteur de l'&#201;glise&lt;/strong&gt;&#171; . Un titre r&#233;serv&#233; &#224; ceux et &#224; celles qui ont particuli&#232;rement bien compris et mis en valeur le message de l'&#201;vangile. C'est la plus jeune des 33 &#187;docteurs&#034;. La basilique &#233;rig&#233;e en son honneur sur la colline qui surplombe la ville de Lisieux a &#233;t&#233; construite en un temps record gr&#226;ce aux offrandes venues du monde entier. Commenc&#233;e en 1929, elle &#233;tait pour l'essentiel achev&#233;e en 1937.La statue qui la repr&#233;sente portant un crucifix dans les mains et faisant tomber une pluie de roses sur la terre existe &#224; plus de 300 000 exemplaires. On la trouve un peu partout dans le monde, jusque dans les plus petites &#233;glises de village ou de brousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois mois avant de mourir, &lt;strong&gt;Th&#233;r&#232;se avait pr&#233;vu qu'elle passerait son ciel &#224; faire du bien sur la terre&lt;/strong&gt;, &#224; y faire tomber une &#171; pluie de roses &#187;, comme elle avait dit un jour. Son pressentiment s'est r&#233;alis&#233;. Tr&#232;s peu de temps apr&#232;s sa mort, des gu&#233;risons et des conversions en grand nombre ont &#233;t&#233; obtenues gr&#226;ce &#224; son intercession. C'est &#224; cause de toutes ces faveurs que le peuple chr&#233;tien s'est mis &#224; la prier de plus en plus et &#224; r&#233;clamer au Vatican sa canonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s sa mort, en 1898, on a publi&#233;&lt;strong&gt; l'Histoire d'une &#226;me&lt;/strong&gt;, un ouvrage de 475 pages contenant des extraits de ses lettres, des po&#233;sies et des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre qu'elle avait compos&#233;es, mais surtout le r&#233;cit de sa vie. La sup&#233;rieure de la communaut&#233; - qui &#233;tait l'une de ses propres s&#339;urs - lui avait en effet demand&#233; en 1895 de raconter ses souvenirs d'enfance. Ce qu'elle fit. La petite carm&#233;lite de 22 ans ne s'imaginait &#233;videmment pas que ces pages allaient &#234;tre traduites quelques ann&#233;es plus tard dans plus de cinquante langues et permettre &#224; des millions de lecteurs de mieux comprendre le message de l'Evangile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Car&#234;me 2025 &#8211; Th&#233;r&#232;se de Lisieux et le myst&#232;re pascal</title>
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		<title>La vocation de Carm&#233;lite</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/La-vocation-de-Carmelite,56.html</link>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

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&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se &#233;prouve &#224; l'&#226;ge de neuf ans le d&#233;sir de devenir Carm&#233;lite. C'&#233;tait dans le contexte de l'entr&#233;e de sa s&#339;ur Pauline au Carmel de Lisieux. Ce fut pour elle d&#233;j&#224; &#171; la certitude d'un appel divin &#187; (Ms.A 26r&#176;) qu'elle osera confier &#224; M&#232;re Marie de Gonzague, la Prieure du Carmel. Pourtant, suite au d&#233;part de Pauline pour le Carmel, Th&#233;r&#232;se traverse une &#233;trange maladie qui va menacer son existence m&#234;me. Gu&#233;rie alors par le sourire de la Vierge Marie, elle n'en reste pas moins une enfant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Une-vie-plusieurs-vocations-97-.html" rel="directory"&gt;Une vie, plusieurs vocations&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_33 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L253xH304/4.88-71fc4.jpg?1782925258' width='253' height='304' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se &#233;prouve &#224; l'&#226;ge de neuf ans le &lt;strong&gt;d&#233;sir de devenir Carm&#233;lite&lt;/strong&gt;. C'&#233;tait dans le contexte de l'entr&#233;e de sa s&#339;ur Pauline au Carmel de Lisieux. Ce fut pour elle d&#233;j&#224; &#171; la certitude d'un appel divin &#187; (Ms.A 26r&#176;) qu'elle osera confier &#224; M&#232;re Marie de Gonzague, la Prieure du Carmel. Pourtant, suite au d&#233;part de Pauline pour le Carmel, Th&#233;r&#232;se traverse une &#233;trange maladie qui va menacer son existence m&#234;me. Gu&#233;rie alors par le sourire de la Vierge Marie, elle n'en reste pas moins une enfant d'une &lt;strong&gt;extr&#234;me fragilit&#233; psychologique&lt;/strong&gt;. Elle est consciente que, dans ces conditions, elle ne saurait assumer la vocation de Carm&#233;lite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Excessivement prot&#233;g&#233;e par son p&#232;re et ses s&#339;urs, elle demeure dans un univers enfantin. Une intervention impr&#233;vue de Monsieur Martin et l'accueil dans la foi qu'en fait Th&#233;r&#232;se vont permettre une rupture majeure avec ce monde de l'enfance : c'est &lt;strong&gt;la gr&#226;ce de No&#235;l 1886&lt;/strong&gt;. Une nouvelle &#233;tape de la vie de Th&#233;r&#232;se commence, marqu&#233;e par une intense &lt;strong&gt;maturation psychologique et spirituelle&lt;/strong&gt; chez cette jeune adolescente de quinze ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se est ensuite confirm&#233;e par son p&#232;re dans sa vocation &#224; travers un geste symbolique que celui-ci accomplit en d&#233;racinant une petite fleur blanche. Th&#233;r&#232;se s'engage alors dans une v&#233;ritable course d'obstacles qui va durer pr&#232;s d'un an avant que la petite fleur puisse plonger ses racines dans la terre du Carmel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Le r&#244;le de Monsieur Martin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En &#233;voquant les facteurs humains qui ont permis &#224; Th&#233;r&#232;se de prendre conscience de sa vocation, nous avons soulign&#233; la place importante tenue par sa s&#339;ur Pauline. Nous voudrions maintenant parler du r&#244;le qu'a jou&#233; monsieur Martin, le p&#232;re de Th&#233;r&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; souvent soulign&#233; que Louis Martin avait &#233;t&#233; un p&#232;re assez effac&#233; dans l'exercice de sa responsabilit&#233; paternelle. D&#233;j&#224;, &#224; Alen&#231;on, du vivant de son &#233;pouse Z&#233;lie, il abandonne son m&#233;tier d'horloger pour seconder celle-ci dans sa petite entreprise de dentelle qui semble &#234;tre d'un meilleur rapport. C'est madame Martin, manifestement, qui assume les responsabilit&#233;s du foyer et de l'&#233;ducation des enfants. Apr&#232;s la mort de celle-ci et l'installation &#224; Lisieux de monsieur Martin et de ses cinq filles, nous voyons celui-ci se d&#233;charger sur ses deux filles a&#238;n&#233;es, Marie et Pauline, de l'&#233;ducation des plus jeunes. Cela est particuli&#232;rement frappant en ce qui concerne l'exercice de l'autorit&#233; &#224; l'&#233;gard de Th&#233;r&#232;se enti&#232;rement assum&#233; par Pauline :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Papa lui-m&#234;me &#233;tait oblig&#233; de se conformer &#224; votre volont&#233;, sans le consentement de Pauline je n'allais pas me promener&#8230; &#187; (Ms.A,18 v&#176;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Th&#233;r&#232;se a re&#231;u une &#233;ducation o&#249; le r&#244;le de l'autorit&#233; paternelle a &#233;t&#233; peu marqu&#233;, d'o&#249; l'importance que vont prendre de petits &#233;v&#233;nements o&#249; celle-ci va se manifester.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - La conversion de No&#235;l 1886&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un tournant capital pour la vocation de Th&#233;r&#232;se a lieu en la nuit de No&#235;l 1886 ; en effet, avoir le d&#233;sir d'entrer au Carmel ne suffit pas pour que se r&#233;alise une telle vocation ; il faut aussi avoir les aptitudes n&#233;cessaires pour assumer la vie de carm&#233;lite ; avant cette gr&#226;ce de No&#235;l, Th&#233;r&#232;se en &#233;tait bien loin ; son &#233;motivit&#233; maladive la faisait pleurer pour un rien, puis pleurer d'avoir pleur&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Je ne sais comment je me ber&#231;ais de la douce pens&#233;e d'entrer au Carmel, &#233;tant encore dans les langes de l'enfance !&#8230; &#187; (Ms.A 44 v&#176;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En effet, comment assumer la solitude de cette vie quand on est enti&#232;rement d&#233;pendant affectivement du regard des autres ? &lt;/strong&gt; La transformation effective eut lieu durant la messe de minuit : J&#233;sus, &#034;le doux petit enfant d'une heure&#034; porte en lui la faiblesse de Th&#233;r&#232;se pour lui donner sa force ; &#224; la Cr&#232;che, J&#233;sus prend sur lui notre faiblesse pour nous communiquer la force de son amour ; comment cela se passe-t-il ? Aucun signe sensible n'en est donn&#233; &#224; Th&#233;r&#232;se ; elle croit simplement cela de tout son c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; la maison elle s'appr&#234;te &#224; vivre la traditionnelle d&#233;couverte des cadeaux dans ses souliers ; &#224; 14 ans, &#233;tant la petite derni&#232;re, on a maintenu pour elle cet usage enfantin ; pourtant, Monsieur Martin, laisse &#233;chapper une expression de lassitude ; il fait comprendre malgr&#233; lui &#224; Th&#233;r&#232;se son d&#233;sir de la voir sortir de ce monde de l'enfance ; celle-ci en est d'abord &#233;mue jusqu'aux larmes, mais elle r&#233;ussit &#224; vaincre pour la premi&#232;re fois son &#233;motivit&#233; et &#224; aller avec gaiet&#233; d&#233;couvrir ses cadeaux pour susciter la joie de son p&#232;re ; ainsi, Monsieur Martin a signifi&#233; &#224; Th&#233;r&#232;se qu'il &#233;tait temps de devenir adulte au moment o&#249; celle-ci avait puis&#233; dans la contemplation du myst&#232;re de No&#235;l la force d'accomplir ce passage ; J&#233;sus a pris sur lui dans son enfance la faiblesse de Th&#233;r&#232;se pour lui permettre de devenir adulte comme plus tard il prendra sur la croix nos p&#233;ch&#233;s pour nous en d&#233;livrer ; les fruits ult&#233;rieurs de cet &#233;pisode apparemment anodin en marqueront l'importance :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; La petite Th&#233;r&#232;se avait retrouv&#233; la force d'&#226;me qu'elle avait perdue &#224; 4 ans et demi et c'&#233;tait pour toujours qu'elle devait la conserver !&#8230; &#187; (Ms.A 45 r&#176;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#226;ce inaugure pour Th&#233;r&#232;se la troisi&#232;me et plus belle p&#233;riode de son existence. Elle comporte l'association du myst&#232;re de No&#235;l, v&#233;cu dans la foi, avec cette parole de son p&#232;re l'invitant &#224; ne plus se comporter en enfant : le Dieu petit enfant a donn&#233; &#224; Th&#233;r&#232;se la gr&#226;ce de sortir de l'enfance &#224; l'occasion de cet incident familial.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - La petite fleur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si Monsieur Martin a jou&#233; &#224; cette occasion son r&#244;le de p&#232;re, il va le faire encore d'une mani&#232;re hautement symbolique quelques mois plus tard, lorsque Th&#233;r&#232;se va lui confier son d&#233;sir d'entrer au Carmel :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; S'approchant d'un mur &#233;lev&#233;, il me montra de petites fleurs blanches semblables &#224; des lys en miniature et prenant une de ses fleurs, il me la donna, m'expliquant avec quel soin le Bon Dieu l'avait fait na&#238;tre et l'avait conserv&#233;e jusqu'&#224; ce jour ; en l'entendant parler, je croyais &#233;couter mon histoire tant il y avait de ressemblance entre ce que J&#233;sus avait fait pour la petite fleur et la petite Th&#233;r&#232;se&#8230; &#187; (Ms.A 50 v&#176;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En effet, s'il revient au p&#232;re de faire entrer l'enfant dans le monde des adultes, c'est aussi &#224; lui qu'incombe en premier lieu la fonction de l'aider &#224; quitter la maison familiale. En l'autorisant &#224; quitter les Buissonnets pour le Carmel &#224; travers ce geste de d&#233;raciner une fleur, monsieur Martin confirme en Th&#233;r&#232;se l'appel de Dieu, de mani&#232;re si forte que ce symbole de la fleur va &#234;tre l'image privil&#233;gi&#233;e de Th&#233;r&#232;se pour raconter l'histoire de son &#226;me.
Ainsi, gr&#226;ce &#224; sa foi, des &#233;v&#233;nements d'ordre psychologique ou symbolique ont &#233;t&#233; pour Th&#233;r&#232;se le lieu o&#249; l'appel de Dieu a pu prendre chair en sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - La nature de cette vocation&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1) Prier pour les p&#233;cheurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se est confirm&#233;e dans cette vocation apr&#232;s la gr&#226;ce de No&#235;l ; sa pri&#232;re pour un criminel, Pranzini, est exauc&#233;e de mani&#232;re inesp&#233;r&#233;e ; celui-ci embrasse le crucifix juste avant de monter &#224; l'&#233;chafaud alors qu'il avait refus&#233; jusque l&#224; tout geste de repentir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2) Prier pour les pr&#234;tres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Son voyage en Italie l'&#233;claire sur le sens de sa vocation ; pour la premi&#232;re fois Th&#233;r&#232;se c&#244;toie longuement des pr&#234;tres en dehors de leur fonction sacerdotale ; elle d&#233;couvre que ce sont des hommes faibles ; s'il est important de prier pour la conversion des p&#233;cheurs, il ne l'est pas moins de prier pour les pr&#234;tres charg&#233;s de les convertir :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Ah ! J'ai compris ma vocation en Italie, ce n'&#233;tait pas aller chercher trop loin une si utile connaissance !&#8230; &#187; (Ms.A 56 r&#176;)&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3) La vocation au martyre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toujours &#224; l'occasion de ce voyage en Italie, lors de la visite du Colis&#233;e, Th&#233;r&#232;se et C&#233;line bravent les interdits, enjambent les barricades et les monceaux de pierre et s'&#233;chappent du groupe des p&#232;lerins pour aller s'agenouiller en ce lieu o&#249; des chr&#233;tiens vers&#232;rent leur sang ; elles demandent la gr&#226;ce du martyre et Th&#233;r&#232;se sent qu'elle est exauc&#233;e ; c'est qu'elle per&#231;oit dans ce d&#233;sir un don de Dieu, un &#233;cho de sa divine volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se eut bien des barrages &#224; franchir pour r&#233;aliser son d&#233;sir d'entrer au Carmel d&#232;s l'&#226;ge de quinze ans. Gr&#226;ce &#224; la force d'&#226;me qu'elle a retrouv&#233;e, elle peut y engager toutes ses &#233;nergies. Elle le fait avec la m&#234;me audace dont elle a t&#233;moign&#233; en franchissant les barricades du Colis&#233;e pour demander la gr&#226;ce du martyre.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.carmel.asso.fr/Une-course-de-geant-44ro-68vo.html#Lep&#232;lerinage&#224;Rome' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le r&#233;cit de Th&#233;r&#232;se : Le p&#232;lerinage &#224; Rome&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le d&#233;ploiement de la petite voie</title>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Quoi de neuf ?</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - La science d'amour (Ms.B 1r&#176;-v&#176;, le 13 septembre 1896) La petite voie est une v&#233;ritable science d'amour. A son origine, il y a le propre d&#233;sir de J&#233;sus de nous enseigner cette science. Non seulement c'est en lui que nous pouvons la vivre, mais c'est lui qui nous enseigne le caract&#232;re absolument gratuit de l'Amour de Dieu pour nous. L'acte d'offrande met en &#339;uvre cette science d'amour dans une dynamique d'action de gr&#226;ce. Cela implique une totale d&#233;possession de nos &#339;uvres, de toute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2099-e1679.jpg?1782925258' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - La science d'amour (Ms.B 1r&#176;-v&#176;, le 13 septembre 1896)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La petite voie est une v&#233;ritable &lt;strong&gt;science d'amour&lt;/strong&gt;. A son origine, il y a le propre d&#233;sir de J&#233;sus de nous enseigner cette science. Non seulement c'est en lui que nous pouvons la vivre, mais c'est lui qui nous enseigne le caract&#232;re absolument gratuit de l'Amour de Dieu pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'acte d'offrande met en &#339;uvre cette science d'amour&lt;/strong&gt; dans une dynamique d'action de gr&#226;ce. Cela implique une totale &lt;strong&gt;d&#233;possession de nos &#339;uvres&lt;/strong&gt;, de toute pr&#233;tention &#224; m&#233;riter quoique ce soit de la part de Dieu. Ce texte souligne en effet le caract&#232;re d&#233;risoire de nos richesses et de nos &#339;uvres au regard de la surabondance du don de Dieu. &lt;strong&gt;L'abandon confiant envers Dieu &lt;/strong&gt; est indissociable de la reconnaissance pour la gratuit&#233; de son amour envers nous. Il consiste &#224; passer de la peur d'&#234;tre abandonn&#233; &#224; la gr&#226;ce de s'abandonner &#224; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se utilise une succession d'images bibliques pour justifier la pratique d'un tel abandon : &lt;strong&gt;le petit enfant dans les bras de son p&#232;re, la brebis port&#233;e par le berger, la m&#232;re caressant son enfant.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se exprime son d&#233;sir de voir sa petite voie pratiqu&#233;e, d&#233;couverte par tous. Il annonce le d&#233;sir qu'elle exprimera bient&#244;t de pouvoir accomplir cette mission au ciel :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Ce qui m'attire vers la Patrie des Cieux, c'est l'appel du Seigneur, c'est l'espoir de l'aimer enfin comme je l'ai tant d&#233;sir&#233; et la pens&#233;e que je pourrai le faire aimer d'une multitude d'&#226;mes qui le b&#233;niront &#233;ternellement &#187; (LT.254 du 14 juillet 1897 au P&#232;re Roulland)&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - La confiance, rien que la confiance (LT 197 du 17 septembre 1896) &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La s&#339;ur de Th&#233;r&#232;se est boulevers&#233;e lorsqu'elle re&#231;oit ce que l'on appelle d&#233;sormais le &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.carmel.asso.fr/-Manuscrit-B-373-.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;manuscrit B&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Elle n'est pas &#233;tonn&#233;e que Th&#233;r&#232;se puisse vivre une telle confiance en la Mis&#233;ricorde alors que Dieu lui donne un d&#233;sir de l'aimer aussi intense. Mais qu'en est-il de celles et ceux dont le d&#233;sir de Dieu est plus ti&#232;de, voir imperceptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se est cat&#233;gorique dans sa r&#233;ponse : sa confiance ne repose pas sur l'exp&#233;rience sensible de ses d&#233;sirs. S'appuyer sur eux, ce serait remettre subtilement sa confiance en elle-m&#234;me. Th&#233;r&#232;se s'appuie sur la seule foi en la Mis&#233;ricorde : faire cet acte de foi sans &#233;prouver aucune &#233;motion sensible est encore plus beau. Nous pouvons croire &#224; la gratuit&#233; de l'amour au sein d'une profonde aridit&#233; spirituelle. C'est, au regard de la petite voie, la voie royale : elle consiste &#224; aimer plus que tout notre pauvret&#233; devant Dieu pour venir les mains vides accueillir son Amour.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - Choisir de rester petit pour t&#233;moigner de l'&#233;vangile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le t&#233;moignage le plus authentique passe &#224; travers&lt;strong&gt; l'acceptation de notre pauvret&#233;, de nos limites&lt;/strong&gt;. Mais comme il est difficile de s'appuyer sur sa faiblesse pour rendre t&#233;moignage &#224; l'amour de Dieu ! Qu'il est difficile de vivre l'enfance spirituelle et de se laisser aimer gratuitement dans l'humilit&#233; de nos vies !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vang&#233;lisation suppose de consentir &#224; rester pauvre, car l'amour de notre pauvret&#233; rend possible l'amour des pauvres et la compassion pour le malheur des femmes et des hommes. Nous t&#233;moignons de notre foi en un Dieu qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#224; nous dans la faiblesse de la Croix &#224; travers notre confiance v&#233;cue dans la faiblesse. C'est aussi &#224; travers cette faiblesse assum&#233;e dans la confiance que nous nous offrons pleinement &#224; Dieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La premi&#232;re expression de la petite voie</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/La-premiere-expression-de-la-petite-voie.html</link>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Quoi de neuf ?</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D&#232;s son enfance, Th&#233;r&#232;se a de grands d&#233;sirs de gloire et de saintet&#233;. Ces d&#233;sirs peuvent appara&#238;tre chim&#233;riques au regard d'une fragilit&#233; humaine dont elle est, par ailleurs, bien consciente. Elle n'y renoncera pourtant jamais, mais elle apprend peu &#224; peu &#224; mettre sa confiance en Dieu et non pas en elle-m&#234;me. Dieu nous appelle tous &#224; vivre une parfaite communion d'amour avec lui et Th&#233;r&#232;se prend au s&#233;rieux sa Parole. S'appuyant sur la promesse de Dieu, elle n'omet pas pour autant d'accomplir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Quoi-de-neuf-+.html" rel="tag"&gt;Quoi de neuf ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s son enfance, Th&#233;r&#232;se a &lt;strong&gt;de grands d&#233;sirs de gloire et de saintet&#233;&lt;/strong&gt;. Ces d&#233;sirs peuvent appara&#238;tre chim&#233;riques au regard d'une fragilit&#233; humaine dont elle est, par ailleurs, bien consciente. Elle n'y renoncera pourtant jamais, mais elle apprend peu &#224; peu &#224; mettre sa confiance en Dieu et non pas en elle-m&#234;me. Dieu nous appelle tous &#224; vivre une parfaite communion d'amour avec lui et Th&#233;r&#232;se prend au s&#233;rieux sa Parole. S'appuyant sur la promesse de Dieu, elle n'omet pas pour autant d'accomplir les faibles efforts qui sont &#224; sa port&#233;e pour r&#233;pondre &#224; cet appel. Sa confiance fonde son esp&#233;rance : Dieu ne peut manquer d'accomplir ses promesses et de conduire Th&#233;r&#232;se &#224; la saintet&#233; qu'elle d&#233;sire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'employ&#233;e une seule fois par Th&#233;r&#232;se dans ses &#233;crits (Ms. C f&#176;2v&#176;), l'expression &lt;strong&gt;&#171; la petite voie &#187;&lt;/strong&gt; est devenue embl&#233;matique de sa spiritualit&#233; de l'enfance spirituelle. Pourtant nous ne trouvons pas facilement dans son &#339;uvre une description pr&#233;cise de ce qu'elle entend par cette voie de confiance et d'amour. Cela peut &#233;tonner puisqu'il s'agit l&#224; du c&#339;ur de son message, de ce chemin de saintet&#233; propos&#233; &#224; tous, accessible &#224; tous. En fait, cette r&#233;alit&#233; a si bien p&#233;n&#233;tr&#233; son exp&#233;rience qu'elle transpara&#238;t &#224; travers tous ses grands textes spirituels. Nous voudrions le montrer en mettant en valeur comment ces textes sont structur&#233;s par &#171; la petite voie &#187;, m&#234;me quand Th&#233;r&#232;se n'a pas le propos d'en parler directement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Pr&#233;sentation du texte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voici les cinq &#233;l&#233;ments constitutifs de la petite voie tels qu'ils apparaissent dans le &lt;a href='https://www.carmel.asso.fr/-Manuscrit-A-.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;manuscrit A&lt;/a&gt;au folio 32 r&#176; o&#249; nous trouvons l'expression la plus ancienne et la plus concise de cette doctrine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sir de la saintet&#233; et de la gloire qu'exprime Th&#233;r&#232;se, va peut-&#234;tre nous para&#238;tre lointain. Pourtant &lt;strong&gt;tout &#234;tre humain porte en lui un d&#233;sir de pl&#233;nitude tel que seule la communion &#224; l'Amour infini et &#233;ternel de Dieu pourra le satisfaire&lt;/strong&gt;. Essayons d'accueillir ce texte &#224; partir de ce que nous pouvons r&#234;ver de plus grand pour l'accomplissement de notre existence humaine.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Je pensais que j'&#233;tais n&#233;e pour la gloire, et cherchant le moyen d'y parvenir, le Bon Dieu m'inspira les sentiments que je viens d'&#233;crire. Il me fit comprendre que ma gloire &#224; moi ne para&#238;trait pas aux yeux des mortels, qu'elle consisterait &#224; devenir une grande sainte !!!&#8230;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Ce d&#233;sir (A1) pourrait sembler t&#233;m&#233;raire si l'on consid&#232;re combien j'&#233;tais faible et imparfaite (A2) et combien je le suis encore apr&#232;s sept ann&#233;es pass&#233;es en religion, cependant je sens toujours la m&#234;me confiance audacieuse (B1) de devenir une grande sainte, car je ne compte pas sur mes m&#233;rites n'en ayant aucun, mais j'esp&#232;re (B1) en Celui qui est la Vertu, la Saintet&#233; M&#234;me, c'est Lui seul (B1) qui se contentant de mes faibles efforts (B2) m'&#233;l&#232;vera jusqu'&#224; Lui et, me couvrant de ses m&#233;rites infinis, me fera Sainte (c). &#187;&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Notre commentaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A&lt;/strong&gt; : La premi&#232;re &#233;tape est constitu&#233;e par la perception d'un &#233;cart infini entre le terme de notre d&#233;sir, la communion avec Dieu, et la perception de nos limites humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A1 &lt;/strong&gt; : Avoir de grands d&#233;sirs (ici, le d&#233;sir de la saintet&#233;). &lt;strong&gt;Le d&#233;sir est au c&#339;ur de la dynamique de la foi. &lt;/strong&gt; Il ne s'agit pas de n'importe quel d&#233;sir, mais d'un d&#233;sir qui porte sur l'infini en r&#233;ponse au d&#233;sir de Dieu lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A2 &lt;/strong&gt; : Reconna&#238;tre&lt;strong&gt; la r&#233;alit&#233; de notre faiblesse humaine devant Dieu &lt;/strong&gt; et y consentir dans la foi. La condition humaine semble d&#233;risoire au regard de l'infini de Dieu. Il est important de l'accepter avec r&#233;alisme pour que notre d&#233;sir de Dieu ne vienne pas se confondre avec un d&#233;sir imaginaire de toute puissance. Cela signifie que nous devons apprendre &#224; nous conna&#238;tre et &#224; nous aimer tels que nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B&lt;/strong&gt; : Ce constat d'un &#233;cart infini entre Dieu et nous pourrait conduire au d&#233;couragement, &#224; la r&#233;signation ou &#224; l'indiff&#233;rence. Th&#233;r&#232;se, au contraire, nous appelle &#224; une attitude doublement active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B1 &lt;/strong&gt; : Au plan spirituel et int&#233;rieur, il s'agit de &lt;strong&gt;vivre une audacieuse confiance en Dieu&lt;/strong&gt;, source de notre vrai d&#233;sir. Le secret de la communion avec Dieu est de ne pas mettre de limite &#224; notre confiance en lui : rien ne lui est impossible, m&#234;me si ses chemins sont pour nous incompr&#233;hensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B2 &lt;/strong&gt; : Au plan concret et ext&#233;rieur, il nous faut pers&#233;v&#233;rer dans des efforts &#224; notre mesure pour parvenir &#224; un but qui est pourtant hors de notre port&#233;e. L'attitude spirituelle, qui consiste &#224; croire en la promesse de Dieu, ne suffit pas. &lt;strong&gt;Nous devons travailler &#224; mettre en &#339;uvre la r&#233;alit&#233; de l'amour de Dieu dans nos vies.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C &lt;/strong&gt; : Au terme, nous devons nous abandonner &#224; la mis&#233;ricorde de Dieu, car &lt;strong&gt;lui seul peut conduire notre vie &#224; la pleine communion&lt;/strong&gt; avec lui en venant lui-m&#234;me nous rejoindre l&#224; o&#249; nous sommes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Manuscrit A - Le Carmel (68v&#176;-84v&#176;)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Manuscrit-A-Le-Carmel-68vo-84vo.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		


		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Quoi de neuf ?</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;I - Les premiers pas 1) L'entr&#233;e au Carmel Le lundi 9 Avril, jour o&#249; le Carmel c&#233;l&#233;brait la f&#234;te de l'Annonciation, remise &#224; cause du car&#234;me, fut choisi pour mon entr&#233;e. La veille toute la famille &#233;tait r&#233;unie autour de la table o&#249; je devais m'asseoir une derni&#232;re fois. Ah ! que ces r&#233;unions intimes sont d&#233;chirantes !&#8230; Alors qu'on voudrait se voir oubli&#233;e, les caresses, les paroles les plus tendres sont prodigu&#233;es et font sentir le sacrifice de la s&#233;paration&#8230; Papa ne disait presque rien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Les premiers pas&lt;/h2&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1) L'entr&#233;e au Carmel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 9 Avril, jour o&#249; le Carmel c&#233;l&#233;brait la f&#234;te de l'Annonciation, remise &#224; cause du car&#234;me, fut choisi pour mon entr&#233;e. La veille toute la famille &#233;tait r&#233;unie autour de la table o&#249; je devais m'asseoir une derni&#232;re fois. Ah ! que ces r&#233;unions intimes sont d&#233;chirantes !&#8230; Alors qu'on voudrait se voir oubli&#233;e, les caresses, les paroles les plus tendres sont prodigu&#233;es et font sentir le sacrifice de la s&#233;paration&#8230; Papa ne disait presque rien mais son regard se posait sur moi avec amour&#8230; Ma Tante pleurait de temps en temps et mon Oncle me faisait mille compliments affectueux. Jeanne et Marie &#233;taient aussi remplies de d&#233;licatesses pour moi, surtout Marie qui me [69r&#176;] prenant &#224; l'&#233;cart, me demanda pardon des peines qu'elle croyait m'avoir caus&#233;es. Enfin ma ch&#232;re petite L&#233;onie, revenue de la Visitation depuis quelques mois, me comblait plus encore de baisers et de caresses. Il n'y a que de C&#233;line dont je n'ai pas parl&#233;, mais vous devinez, ma M&#232;re ch&#233;rie, comment se passa la derni&#232;re nuit o&#249; nous avons couch&#233; ensemble&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin du grand jour, apr&#232;s avoir jet&#233; un dernier regard sur les Buissonnets, ce nid gracieux de mon enfance que je ne devais plus revoir, je partis au bras de mon Roi ch&#233;ri pour gravir la montagne du Carmel&#8230; Comme la veille toute la famille se trouva r&#233;unie pour entendre la Sainte Messe et y communier. Aussit&#244;t que J&#233;sus fut descendu dans le c&#339;ur de mes parents ch&#233;ris, je n'entendis autour de moi que des sanglots, il n'y eut que moi qui ne versai pas de larmes, mais je sentis mon c&#339;ur battre avec une telle violence qu'il me sembla impossible d'avancer lorsqu'on vint nous faire signe de venir &#224; la porte conventuelle ; j'avan&#231;ai cependant tout en me demandant si je n'allais pas mourir par la force des battements de mon c&#339;ur&#8230; Ah ! quel moment que celui-l&#224; ! Il faut y avoir pass&#233; pour savoir ce qu'il est&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon &#233;motion ne se traduisit pas au dehors : apr&#232;s avoir embrass&#233; tous les membres de ma famille ch&#233;rie, je me mis &#224; genoux devant mon incomparable P&#232;re, lui demandant sa b&#233;n&#233;diction ; pour me la donner il se mit lui-m&#234;me &#224; genoux et me b&#233;nit en pleurant&#8230; C'&#233;tait un spectacle qui devait faire sourire les anges que celui de ce vieillard pr&#233;sentant au Seigneur son enfant encore au printemps de la vie !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques instants apr&#232;s, les portes de l'arche sainte se fermaient sur moi Gn 7,16 et l&#224; je recevais les embrassements des s&#339;urs ch&#233;ries qui m'avaient servi de m&#232;res et que j'allais d&#233;sormais prendre pour mod&#232;les de mes actions&#8230; Enfin mes d&#233;sirs &#233;taient accomplis, mon &#226;me ressentait une PAIX si douce et si profonde qu'il me serait impossible [69v&#176;] de l'exprimer et depuis sept ans et demi cette paix intime est rest&#233;e mon partage, elle ne m'a pas abandonn&#233;e au milieu des plus grandes &#233;preuves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toutes les postulantes je fus conduite au ch&#339;ur aussit&#244;t apr&#232;s mon entr&#233;e ; il &#233;tait sombre &#224; cause du Saint Sacrement expos&#233; et ce qui frappa d'abord mes regards, furent les yeux de notre sainte M&#232;re Genevi&#232;ve qui se fix&#232;rent sur moi ; je restai un moment &#224; genoux &#224; ses pieds remerciant le bon Dieu de la gr&#226;ce qu'Il m'accordait de conna&#238;tre une sainte et puis je suivis la M&#232;re Marie de Gonzague dans les diff&#233;rents endroits de la communaut&#233; ; tout me semblait ravissant, je me croyais transport&#233;e dans un d&#233;sert, notre petite cellule surtout me charmait, mais la joie que je ressentais &#233;tait calme, le plus l&#233;ger z&#233;phyr ne faisait pas onduler les eaux tranquilles sur lesquelles voguait ma petite nacelle, aucun nuage n'obscurcissait mon ciel d'azur&#8230; ah ! j'&#233;tais pleinement r&#233;compens&#233;e de toutes mes &#233;preuves&#8230; Avec quelle joie profonde je r&#233;p&#233;tais ces paroles : &#171; C'est pour toujours, toujours que je suis ici !&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bonheur n'&#233;tait pas &#233;ph&#233;m&#232;re, il ne devait point s'envoler avec &#171; les illusions des premiers jours. &#187; Les illusions, le bon Dieu m'a fait la gr&#226;ce de n'en avoir AUCUNE en entrant au Carmel ; j'ai trouv&#233; la vie religieuse telle que je me l'&#233;tais figur&#233;e, aucun sacrifice ne m'&#233;tonna et cependant, vous le savez, ma M&#232;re ch&#233;rie, mes premiers pas ont rencontr&#233; plus d'&#233;pines que (de) roses !&#8230; Oui, la souffrance m'a tendu les bras et je m'y suis jet&#233;e avec amour&#8230; Ce que je venais faire au Carmel, je l'ai d&#233;clar&#233; aux pieds de J&#233;sus-Hostie, dans l'examen qui pr&#233;c&#233;da ma profession : &#171; je suis venue pour sauver les &#226;mes et surtout afin de prier pour les pr&#234;tres. &#187; Lorsqu'on veut atteindre un but, il faut en prendre les moyens ; J&#233;sus me fit comprendre que c'&#233;tait par la croix qu'Il voulait me donner des &#226;mes et mon attrait pour la souffrance grandit &#224; mesure que la souffrance augmentait. Pendant cinq ann&#233;es cette voie fut la mienne ; mais [70r&#176;] &#224; l'ext&#233;rieur, rien ne traduisait ma souffrance d'autant plus douloureuse que j'&#233;tais seule &#224; la conna&#238;tre. Ah ! quelle surprise &#224; la fin du monde nous aurons en lisant l'histoire des &#226;mes !&#8230; Qu'il y aura de personnes &#233;tonn&#233;es en voyant la voie par laquelle la mienne a &#233;t&#233; conduite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;MereMarieDeGonzague&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2) La confession g&#233;n&#233;rale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela est si vrai que, deux mois apr&#232;s mon entr&#233;e, le P&#232;re Pichon &#233;tant venu pour la profession de S&#339;ur Marie du Sacr&#233;-C&#339;ur, il fut surpris de voir ce que le Bon Dieu faisait en mon &#226;me et me dit que la veille, m'ayant consid&#233;r&#233;e priant au ch&#339;ur, il croyait ma ferveur tout enfantine et ma voie bien douce. Mon entrevue avec le bon P&#232;re fut pour moi une consolation bien grande, mais voil&#233;e de larmes &#224; cause de la difficult&#233; que j'&#233;prouvais &#224; ouvrir mon &#226;me. Je fis cependant une confession g&#233;n&#233;rale, comme jamais je n'en avais faite ; &#224; la fin le P&#232;re me dit ces paroles, les plus consolantes qui soient venues retentir &#224; l'oreille de mon &#226;me : &#171; En pr&#233;sence du Bon Dieu, de la Sainte Vierge et de tous les Saints, JE DECLARE QUE JAMAIS VOUS N'AVEZ COMMIS UN SEUL PECHE MORTEL. &#187; Puis il ajouta : remerciez le Bon Dieu de ce qu'il fait pour vous, car s'il vous abandonnait, au lieu d'&#234;tre un petit ange, vous deviendriez un petit d&#233;mon. Ah ! je n'avais pas de peine &#224; le croire, je sentais combien j'&#233;tais faible et imparfaite, mais la reconnaissance remplissait mon &#226;me ; j'avais une si grande crainte d'avoir terni la robe de mon Bapt&#234;me, qu'une telle assurance sortie de la bouche d'un directeur comme les d&#233;sirait Notre Sainte M&#232;re Th&#233;r&#232;se, c'est-&#224;-dire unissant la science &#224; la vertu, me paraissait sortie de la bouche m&#234;me de J&#233;sus&#8230; Le bon P&#232;re me dit encore ces paroles qui se sont doucement grav&#233;es dans mon c&#339;ur : &#171; Mon enfant, que Notre Seigneur soit toujours votre Sup&#233;rieur et votre Ma&#238;tre des novices. &#187; Il le fut en effet et aussi &#171; Mon directeur &#187;. Ce n'est pas que je veuille dire par l&#224; que mon &#226;me ait &#233;t&#233; ferm&#233;e pour mes Sup&#233;rieures, ah ! loin de l&#224;, j'ai toujours essay&#233; qu'elle leur soit un livre [70v&#176;] ouvert ; mais notre M&#232;re, souvent malade, avait peu le temps de s'occuper de moi. Je sais qu'elle m'aimait beaucoup et disait de moi tout le bien possible, cependant le Bon Dieu permettait qu'&#224; son insu, elle f&#251;t TRES SEVERE ; je ne pouvais la rencontrer sans baiser la terre, il en &#233;tait de m&#234;me dans les rares directions que j'avais avec elle&#8230; Quelle gr&#226;ce inappr&#233;ciable !&#8230; Comme le Bon Dieu agissait visiblement en celle qui tenait sa place !&#8230; Que serais-je devenue si, comme le croyaient les personnes du monde, j'avais &#233;t&#233; &#171; le joujou &#187; de la communaut&#233; ?&#8230; Peut-&#234;tre au lieu de voir Notre-Seigneur en mes Sup&#233;rieures n'aurais-je consid&#233;r&#233; que les personnes et mon c&#339;ur, si bien gard&#233; dans le monde, se serait attach&#233; humainement dans le clo&#238;tre&#8230; Heureusement je fus pr&#233;serv&#233;e de ce malheur. Sans doute, j'aimais beaucoup notre M&#232;re, mais d'une affection pure qui m'&#233;levait vers L'&#201;poux de mon &#226;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3) J&#233;sus, le Directeur de Th&#233;r&#232;se&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Notre ma&#238;tresse &#233;tait une vraie sainte, le type achev&#233; des premi&#232;res carm&#233;lites ; toute la journ&#233;e j'&#233;tais avec elle, car elle m'apprenait &#224; travailler. Sa bont&#233; pour moi &#233;tait sans bornes et cependant mon &#226;me ne se dilatait pas&#8230; Ce n'&#233;tait qu'avec effort qu'il m'&#233;tait possible de faire direction, n'&#233;tant pas habitu&#233;e &#224; parler de mon &#226;me je ne savais comment exprimer ce qui s'y passait. Une bonne vieille m&#232;re comprit un jour ce que je ressentais, elle me dit en riant &#224; la r&#233;cr&#233;ation : &#171; Ma petite fille, il me semble que vous ne devez pas avoir grand'chose &#224; dire &#224; vos sup&#233;rieures. &#187; &#171; Pourquoi, ma M&#232;re, dites-vous cela ?&#8230; &#187; &#034;Parce que votre &#226;me est extr&#234;mement simple, mais quand vous serez parfaite, vous serez encore plus simple, &lt;strong&gt;plus on s'approche du Bon Dieu, plus on se simplifie.&lt;/strong&gt;&#034; La bonne M&#232;re avait raison ; cependant la difficult&#233; que j'avais &#224; ouvrir mon &#226;me, tout en venant de ma simplicit&#233;, &#233;tait une v&#233;ritable &#233;preuve, je le reconnais maintenant, car sans cesser d'&#234;tre simple [71r&#176;] j'exprime mes pens&#233;es avec une tr&#232;s grande facilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai dit que J&#233;sus avait &#233;t&#233; &#034;mon Directeur&#034; En entrant au Carmel je fis connaissance avec celui qui devait m'en servir, mais &#224; peine m'avait-il admise au nombre de ses enfants qu'il partit pour l'exil&#8230; Ainsi je ne l'avais connu que pour en &#234;tre aussit&#244;t priv&#233;e&#8230; R&#233;duite &#224; recevoir de lui une lettre par an, sur douze que je lui &#233;crivais, mon c&#339;ur se tourna bien vite vers le Directeur des directeurs et ce fut Lui qui m'instruisit de cette science cach&#233;e aux savants et aux sages qu'Il daigne r&#233;v&#233;ler aux petits&#8230; Lc 10,21&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - La prise d'habit&lt;/h2&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1) Introduction&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;a) Place centrale de la Sainte Face&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La petite fleur transplant&#233;e sur la montagne du Carmel devait s'&#233;panouir &#224; l'ombre de la Croix ; les larmes, le sang de J&#233;sus devinrent sa ros&#233;e et son Soleil fut sa Face Adorable voil&#233;e de pleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;b) R&#244;le de M&#232;re Agn&#232;s dans cette d&#233;votion&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'alors je n'avais pas sond&#233; la profondeur des tr&#233;sors cach&#233;s dans la Sainte Face, ce fut par vous, ma M&#232;re ch&#233;rie, que j'appris &#224; les conna&#238;tre, de m&#234;me qu'autrefois vous nous aviez toutes pr&#233;c&#233;d&#233;es au Carmel, de m&#234;me vous aviez p&#233;n&#233;tr&#233; la premi&#232;re les myst&#232;res d'amour cach&#233;s dans le Visage de notre &#201;poux ; alors vous m'avez appel&#233;e et j'ai compris&#8230; J'ai compris ce qu'&#233;tait la v&#233;ritable gloire. Celui dont le royaume n'est pas de ce monde me montra que la vraie sagesse consiste &#224; &#171; vouloir &#234;tre ignor&#233;e et compt&#233;e pour rien, &#224; mettre sa joie dans le m&#233;pris de soi-m&#234;me &#187;&#8230; Ah ! comme celui de J&#233;sus, je voulais que : &#171; Mon visage soit vraiment cach&#233;, que sur la terre personne ne me reconnaisse. &#187; J'avais soif de souffrir et d'&#234;tre oubli&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;c) Mis&#233;ricorde de Dieu&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Qu'elle est mis&#233;ricordieuse la voie par laquelle le Bon Dieu m'a toujours conduite, jamais Il ne m'a fait d&#233;sirer quelque chose sans me le donner, aussi son calice amer me parut-il d&#233;licieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2) Le r&#233;cit proprement dit&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;a) Introduction&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les radieuses f&#234;tes du moi de Mai, f&#234;tes de la profession et prise de voile de notre ch&#232;re Marie, l'a&#238;n&#233;e de la famille que la derni&#232;re eut le bonheur de couronner au jour de ses noces, il fallait bien que l'&#233;preuve v&#238;nt, nous visiter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;MaladieDeMrMartin&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;b) Prodromes de la maladie&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente au mois de Mai, Papa avait &#233;t&#233; atteint d'une attaque de paralysie dans les jambes, notre inqui&#233;tude fut bien grande alors, mais le fort temp&#233;rament de mon Roi ch&#233;ri prit bient&#244;t le dessus et nos craintes disparurent ; cependant plus d'une fois pendant le voyage de Rome, nous avions remarqu&#233; qu'il se fatiguait facilement, qu'il n'&#233;tait plus aussi gai que d'habitude&#8230; Ce que surtout j'avais remarqu&#233; c'&#233;tait les progr&#232;s que Papa faisait dans la perfection ; &#224; l'exemple de Saint Fran&#231;ois de Sales, il &#233;tait parvenu &#224; se rendre ma&#238;tre de sa vivacit&#233; naturelle au point qu'il paraissait avoir la nature la plus douce du monde&#8230; Les choses de la terre semblaient &#224; peine l'effleurer, il prenait facilement le dessus des contrari&#233;t&#233;s de cette vie, enfin le Bon Dieu l'inondait de consolations ; pendant ses visites journali&#232;res au Saint Sacrement ses yeux se remplissaient souvent de larmes et son visage respirait une b&#233;atitude c&#233;leste&#8230; Lorsque L&#233;onie sortit de le Visitation, il ne s'affligea pas, ne fit aucun reproche au Bon Dieu de n'avoir pas exauc&#233; les pri&#232;res qu'il Lui avait faites pour obtenir la vocation de sa ch&#232;re fille, ce fut m&#234;me avec une certaine joie qu'il partit la chercher&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici avec quelle foi Papa accepta la s&#233;paration de sa petite reine, il l'annon&#231;ait en ces termes &#224; ses amis d'Alen&#231;on : &#171; Bien chers Amis, Th&#233;r&#232;se, ma petite reine, est entr&#233;e hier au Carmel !&#8230; Dieu seul peut exiger un tel sacrifice&#8230; Ne me plaignez pas, car mon c&#339;ur surabonde de joie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;c) Interpr&#233;tation de Th&#233;r&#232;se&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait temps qu'un aussi fid&#232;le serviteur re&#231;&#251;t le prix de ses travaux, il &#233;tait juste que son salaire ressembl&#226;t &#224; celui que Dieu donna au Roi du Ciel, son Fils unique&#8230; Papa venait d'offrir &#224; Dieu un Autel, ce fut lui la victime choisie pour y &#234;tre immol&#233;e avec l'Agneau sans tache. Vous connaissez, ma M&#232;re ch&#233;rie, nos amertumes du mois de Juin et surtout du 24 de l'ann&#233;e 1888, ces souvenirs sont trop bien grav&#233;s au fond de nos c&#339;urs pour qu'il soit n&#233;cessaire de les &#233;crire&#8230; O ma M&#232;re ! que nous avons souffert !&#8230; et ce n'&#233;tait encore que le commencement de notre &#233;preuve&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;d) La f&#234;te de la prise d'habit&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Cependant l'&#233;poque de ma prise d'habit &#233;tant arriv&#233;e ; je fus re&#231;ue par le chapitre, mais comment songer &#224; faire une c&#233;r&#233;monie ? D&#233;j&#224; l'on parlait de me donner le saint habit sans me faire sortir, lorsqu'on d&#233;cida d'attendre. Contre toute esp&#233;rance, notre P&#232;re ch&#233;ri se remit de sa seconde attaque et Monseigneur fixa la c&#233;r&#233;monie au 10 Janvier. L'attente avait &#233;t&#233; longue, mais aussi, quelle belle f&#234;te !&#8230; rien n'y manquait, rien, pas m&#234;me la neige&#8230; Je ne sais pas si d&#233;j&#224; je vous ai parl&#233; de mon amour pour la neige ?&#8230; Toute petite, sa blancheur me ravissait ; un des plus grands plaisirs &#233;tait de me promener sous les flocons neigeux. D'o&#249; me venait ce go&#251;t pour la neige ?&#8230; Peut-&#234;tre de ce qu'&#233;tant une petite fleur d'hiver la premi&#232;re parure dont mes yeux d'enfant virent la nature embellie dut &#234;tre son blanc manteau&#8230; Enfin j'avais toujours d&#233;sir&#233; que le jour de ma prise d'habit la nature f&#251;t comme moi par&#233;e de blanc. La veille de ce beau jour je regardais tristement le ciel gris d'o&#249; s'&#233;chappait de temps en temps une pluie fine et la temp&#233;rature &#233;tait si douce que je n'esp&#233;rais plus la neige. Le matin suivant, le Ciel n'avait pas chang&#233; ; cependant la f&#234;te fut ravissante, et la plus belle, la plus ravissante fleur &#233;tait mon Roi ch&#233;ri, jamais il n'avait &#233;t&#233; plus beau, plus digne&#8230; Il fit l'admiration de tout le monde, ce jour fut son triomphe, sa derni&#232;re f&#234;te ici-bas. Il avait donn&#233; tous ses enfants au Bon Dieu, car C&#233;line lui ayant confi&#233; sa vocation, il avait pleur&#233; de joie et &#233;tait all&#233; avec elle remercier Celui qui &#171; lui faisait l'honneur de prendre tous ses enfants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de la c&#233;r&#233;monie Monseigneur entonna le Te Deum, un pr&#234;tre essaya de faire remarquer que ce cantique ne se chantait qu'aux professions, mais l'&#233;lan &#233;tait donn&#233; et l'hymne d'action de gr&#226;ces se continua jusqu'au bout. Ne fallait-il pas que la f&#234;te f&#251;t compl&#232;te puisqu'en elle se r&#233;unissaient toutes les autres ?&#8230; Apr&#232;s avoir embrass&#233; une derni&#232;re fois mon Roi ch&#233;ri, je rentrai dans la cl&#244;ture, la premi&#232;re chose que j'aper&#231;us sous le clo&#238;tre fut &#171; mon petit J&#233;sus rose &#187; me souriant au milieu des fleurs et des lumi&#232;res et puis aussit&#244;t mon regard se porta sur des flocons de neige&#8230; le pr&#233;au &#233;tait blanc comme moi. Quelle d&#233;licatesse de J&#233;sus ! Pr&#233;venant les d&#233;sirs de sa petite fianc&#233;e, il lui donnait de la neige&#8230; De la neige, quel est donc le mortel, si puissant f&#251;t-il, qui puisse en faire tomber du Ciel pour charmer sa bien-aim&#233;e ?&#8230; Peut-&#234;tre les personnes du monde se firent-elles cette question, ce qu'il y a de certain, c'est que la neige de ma prise d'habit leur parut un petit miracle et que toute la ville s'en &#233;tonna. On trouva que j'avais un dr&#244;le de go&#251;t d'aimer la neige&#8230; Tant mieux ! cela fit encore ressortir davantage l'incompr&#233;hensible condescendance de l'&#201;poux des vierges&#8230; de Celui qui ch&#233;rit les Lys blancs comme la neige !&#8230;Monseigneur entra apr&#232;s la c&#233;r&#233;monie, il fut d'une bont&#233; toute paternelle pour moi. Je crois bien qu'il &#233;tait fier de voir que j'avais r&#233;ussi, il disait &#224; tout le monde que j'&#233;tais &#171; sa petite fille &#187;. A chaque fois qu'elle revint depuis cette belle f&#234;te, sa Grandeur fut toujours bien bonne pour moi, je me souviens surtout de sa visite &#224; l'occasion du centenaire de N. P. St Jean de la Croix. Il me prit la t&#234;te dans ses mains, me fit mille caresses de toutes sortes, jamais je n'avais &#233;t&#233; aussi honor&#233;e ! En m&#234;me temps le Bon Dieu me fit penser aux caresses qu'Il voudra bien me prodiguer devant les anges et les Saints et dont il me donnait une faible image d&#232;s ce monde, aussi la consolation que je ressentis fut bien grande&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;e) Passion de Mr Martin et souffrance de Th&#233;r&#232;se&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Comme je viens de le dire la journ&#233;e du 10 Janvier fut le triomphe de mon Roi, je le compare &#224; l'entr&#233;e de J&#233;sus &#224; J&#233;rusalem le jour des rameaux ; comme celle de notre Divin Ma&#238;tre, sa gloire d'un jour fut suivie d'une passion douloureuse et cette passion ne fut pas pour lui seul ; de m&#234;me que les douleurs de J&#233;sus perc&#232;rent d'un glaive le c&#339;ur de sa Divine M&#232;re, ainsi nos c&#339;urs ressentirent les souffrances de celui que nous ch&#233;rissions le plus tendrement sur la terre&#8230; Je me rappelle qu'au mois de Juin 1888, au moment de nos premi&#232;res &#233;preuves, je disais : &#171; Je souffre beaucoup, mais je sens que je puis encore supporter de plus grandes &#233;preuves. &#187; Je ne pensais pas alors &#224; celles qui m'&#233;taient r&#233;serv&#233;es&#8230; Je ne pensais pas que le 12 F&#233;vrier, un mois apr&#232;s ma prise d'habit, notre P&#232;re ch&#233;ri boirait &#224; la plus am&#232;re, &#224; la plus humiliante de toutes les coupes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! ce jour-l&#224; je n'ai pas dit pouvoir souffrir encore davantage !!!&#8230; Les paroles ne peuvent exprimer nos angoisses, aussi je ne vais pas essayer de les d&#233;crire. Un jour, au Ciel, nous aimerons &#224; nous parler de nos glorieuses &#233;preuves, d&#233;j&#224; ne sommes-nous pas heureuses de les avoir souffertes ?&#8230; Oui les trois ann&#233;es du martyre de Papa me paraissent les plus aimables, les plus fructueuses de toute notre vie, je ne les donnerais pas pour toutes les extases et les r&#233;v&#233;lations des Saints, mon c&#339;ur d&#233;borde de reconnaissance en pensant &#224; ce tr&#233;sor inestimable qui doit causer une sainte jalousie aux Anges de la C&#233;leste cour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3) Conclusion sur les fruits de l'&#233;preuve&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;a) D&#233;sir des souffrances combl&#233;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Mon d&#233;sir des souffrances &#233;tait combl&#233;, cependant mon attrait pour elles ne diminuait pas, aussi mon &#226;me partagea-t-elle bient&#244;t les souffrances de mon c&#339;ur. La s&#233;cheresse &#233;tait mon pain quotidien et priv&#233;e de toute consolation j'&#233;tais cependant la plus heureuse des cr&#233;atures, puisque tous mes d&#233;sirs &#233;taient satisfaits&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;b) Communion des 5 s&#339;urs dans l'amour de J&#233;sus&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;O ma M&#232;re ch&#233;rie ! qu'elle a &#233;t&#233; douce notre grande &#233;preuve, puisque de tous nos c&#339;urs ne sont sortis que des soupirs d'amour et de reconnaissance !&#8230; Nous ne marchions plus dans les sentiers de la perfection, nous volions toutes les 5. Les deux pauvres petites exil&#233;es de Caen, tout en &#233;tant encore dans le monde, n'&#233;taient plus du monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;c) Communion entre C&#233;line et Th&#233;r&#232;se&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Ah ! quelles merveilles l'&#233;preuve a faites dans l'&#226;me de ma C&#233;line ch&#233;rie !&#8230; Toutes les lettres qu'elle &#233;crivait &#224; cette &#233;poque sont empreintes de r&#233;signation et d'amour&#8230; Et qui pourra dire les parloirs que nous avions ensemble ?&#8230; Ah ! loin de nous s&#233;parer les grilles du Carmel unissaient plus fortement nos &#226;mes, nous avions les m&#234;mes pens&#233;es, les m&#234;mes d&#233;sirs, le m&#234;me amour de J&#233;sus et des &#226;mes&#8230; Lorsque C&#233;line et Th&#233;r&#232;se se parlaient, jamais un mot des choses de la terre ne se m&#234;lait &#224; leurs conversations qui d&#233;j&#224; &#233;taient toutes dans le Ciel. Comme autrefois dans le belv&#233;d&#232;re, elles r&#234;vaient les choses de l'&#233;ternit&#233; et pour jouir bient&#244;t de ce bonheur sans fin, elles choisissaient ici-bas pour unique partage &#171; La souffrance et le m&#233;pris &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;4) Le temps des fian&#231;ailles&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;a) La profession diff&#233;r&#233;e&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Ainsi s'&#233;coula le temps de mes fian&#231;ailles&#8230; Il fut bien long pour la pauvre petite Th&#233;r&#232;se ! Au bout de mon ann&#233;e, Notre M&#232;re me dit de ne pas songer &#224; demander la profession, que certainement Monsieur le Sup&#233;rieur repousserait ma pri&#232;re, je dus attendre encore huit mois&#8230; Au premier moment il me fut bien difficile d'accepter ce grand sacrifice, mais bient&#244;t la lumi&#232;re se fit dans mon &#226;me ; je m&#233;ditais alors les &#034;Fondements de la vie spirituelle&#034; par le P&#232;re Surin ; un jour pendant l'oraison je compris que mon d&#233;sir si vif de faire profession &#233;tait m&#233;lang&#233; d'un grand amour-propre ; puisque je m'&#233;tais donn&#233;e &#224; J&#233;sus pour lui faire plaisir, le consoler, [64r&#176;] je ne devais pas l'obliger &#224; faire ma volont&#233; au lieu de la sienne ; je compris encore qu'une fianc&#233;e devait &#234;tre par&#233;e pour le jour de ses noces et moi je n'avais rien fait dans ce but&#8230; alors je dis J&#233;sus : &#034;O mon Dieu ! je ne vous demande pas de prononcer mes saints v&#339;ux, j'attendrai autant que vous le voudrez, seulement je ne veux pas que par ma faute mon union avec vous soit diff&#233;r&#233;e, aussi je vais mettre tous mes soins &#224; me faire une belle robe enrichie de pierreries ; quand vous la trouverez assez richement orn&#233;e je suis s&#251;re que toutes les cr&#233;atures ne vous emp&#234;cheront pas de descendre vers moi afin de m'unir pour toujours &#224; vous, &#244; mon Bien-Aim&#233; !&#8230;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;b)Le v&#339;u de pauvret&#233;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Depuis ma prise d'habit, j'avais d&#233;j&#224; re&#231;u d'abondantes lumi&#232;res sur la perfection religieuse, principalement au sujet du v&#339;u de Pauvret&#233;. Pendant mon postulat, j'&#233;tais contente d'avoir de gentilles choses &#224; mon usage et de trouver sous la main tout ce qui m'&#233;tait n&#233;cessaire. &#034;Mon Directeur&#034; souffrait cela patiemment, car Il n'aime pas &#224; tout montrer aux &#226;mes en m&#234;me temps. Il donne ordinairement sa lumi&#232;re petit &#224; petit. (Au commencement de ma vie spirituelle, vers l'&#226;ge de treize &#224; quatorze ans, je me demandais ce que plus tard j'aurais &#224; gagner, car je croyais qu'il m'&#233;tait impossible de mieux comprendre la perfection ; j'ai reconnu bien vite que plus on avance dans ce chemin, plus on se croit &#233;loign&#233; du terme, aussi maintenant je me r&#233;signe &#224; me voir toujours imparfaite et j'y trouve ma joie&#8230;) je reviens aux le&#231;ons que me donna &#034;mon Directeur&#034;. Un soir apr&#232;s complies je cherchai vainement notre petite lampe sur les planches r&#233;serv&#233;es &#224; cet usage, c'&#233;tait grand silence, impossible de la r&#233;clamer&#8230; je compris qu'une s&#339;ur croyant prendre sa lampe avait pris la n&#244;tre dont j'avais un tr&#232;s grand besoin ; au lieu de ressentir du chagrin d'en &#234;tre priv&#233;e, je fus bien heureuse, sentant que la pauvret&#233; consiste &#224; se voir priv&#233;e non pas seulement des choses agr&#233;ables mais encore [74v&#176;] des choses indispensables, ainsi dans les t&#233;n&#232;bres ext&#233;rieures je fus illumin&#233;e int&#233;rieurement&#8230; Je fus prise &#224; cette &#233;poque d'un v&#233;ritable amour pour les objets les plus laids et les moins commodes, ainsi ce fut avec joie que je me vis enlever la jolie petite cruche de notre cellule et donner &#224; sa place une grosse cruche tout &#233;br&#233;ch&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;c) L'humilit&#233;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Je faisais aussi bien des efforts pour ne pas m'excuser, ce qui me semblait bien difficile surtout avec notre Ma&#238;tresse &#224; laquelle je n'aurais voulu rien cacher ; voici ma premi&#232;re victoire, elle n'est pas grande mais elle m'a bien co&#251;t&#233;. Un petit vase plac&#233; derri&#232;re une fen&#234;tre se trouva bris&#233;, notre Ma&#238;tresse croyant que c'&#233;tait moi qui l'avais laiss&#233; tra&#238;ner, me le montra en disant de faire plus attention une autre fois. Sans rien dire je baisai la terre, ensuite je promis d'avoir plus d'ordre &#224; l'avenir. A cause de mon peu de vertu ces petites pratiques me co&#251;taient beaucoup et j'avais besoin de penser qu'au jugement dernier tout serait r&#233;v&#233;l&#233;, Mt 25,31-40 car je faisais cette remarque, lorsqu'on fait son devoir, ne s'excusant jamais, personne ne le sait, au contraire, les imperfections paraissent tout de suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;d) pratiquer les petites vertus&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Je m'appliquais surtout &#224; pratiquer les petites vertus, n'ayant pas la facilit&#233; d'en pratiquer de grandes, ainsi j'aimais &#224; plier les manteaux oubli&#233;s par les s&#339;urs et &#224; leur rendre tous les petits services que je pouvais. L'amour de la mortification me fut aussi donn&#233;, il fut d'autant plus grand que rien ne m'&#233;tait permis pour le satisfaire&#8230; La seule petite mortification que je faisais dans le monde et qui consistait &#224; ne pas m'appuyer le dos lorsque j'&#233;tais assise me fut d&#233;fendue &#224; cause de ma propension &#224; me vo&#251;ter. H&#233;las ! mon ardeur n'aurait sans doute pas &#233;t&#233; de longue dur&#233;e si l'on m'avait accord&#233; beaucoup de p&#233;nitences&#8230; Celles qu'on m'accordait sans que je les demande consistaient &#224; mortifier mon amour-propre, ce qui me faisait beaucoup plus de bien que les p&#233;nitences corporelles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[75r&#176;] Le r&#233;fectoire qui fut mon emploi aussit&#244;t apr&#232;s ma prise d'habit me fournit plus d'une occasion de mettre mon amour-propre &#224; sa place, c'est-&#224;-dire sous les pieds&#8230; Il est vrai que j'avais une grande consolation d'&#234;tre dans le m&#234;me emploi que vous ma M&#232;re ch&#233;rie et de pouvoir contempler de pr&#232;s vos vertus, mais ce rapprochement &#233;tait un sujet de souffrance ; je ne me sentais pas comme autrefois, libre de tout vous dire, il y avait la r&#232;gle &#224; observer, je ne pouvais pas vous ouvrir mon &#226;me, enfin j'&#233;tais au Carmel et non plus aux Buissonnets sous le toit paternel !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;e) Ma robe de noces &#233;tait pr&#234;te&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la Ste Vierge m'aidait &#224; pr&#233;parer la robe de mon &#226;me ; aussit&#244;t qu'elle fut achev&#233;e les obstacles s'en all&#232;rent d'eux-m&#234;mes. Monseigneur m'envoya la permission que j'avais sollicit&#233;e, la communaut&#233; voulut bien me recevoir et ma profession fut fix&#233;e au 8 Septembre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que je viens d'&#233;crire en peu de mots demanderait bien des pages de d&#233;tails, mais ces pages ne se liront jamais sur la terre ; bient&#244;t, ma M&#232;re ch&#233;rie, je vous parlerai de toutes ces choses dans notre maison paternelle, au beau Ciel vers lequel montent les soupirs de nos c&#339;urs !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma robe de noces &#233;tait pr&#234;te, elle &#233;tait enrichie des anciens joyaux que m'avait donn&#233;s mon Fianc&#233;, cela ne suffisait pas &#224; sa lib&#233;ralit&#233;. Il voulut me donner un nouveau diamant aux reflets sans nombre. L'&#233;preuve de Papa &#233;tait avec toutes ses douloureuses circonstances les anciens joyaux, et le nouveau fut une &#233;preuve bien petite en apparence, mais qui me fit beaucoup souffrir. Depuis quelque temps, notre pauvre petit P&#232;re, se trouvant un peu mieux, on le faisait sortir en voiture, il &#233;tait m&#234;me question de le faire voyager en chemin de fer pour venir nous voir. Naturellement C&#233;line pensa tout de suite qu'il fallait choisir le jour de ma prise de voile. &#034;Afin de ne pas le fatiguer, disait-elle, je ne le ferai [75v&#176;] pas assister &#224; toute la c&#233;r&#233;monie, seulement &#224; la fin, j'irai le chercher et je le conduirai tout doucement jusqu'aupr&#232;s de la grille afin que Th&#233;r&#232;se re&#231;oive sa b&#233;n&#233;diction.&#034; Ah ! je reconnais bien l&#224; le c&#339;ur de ma C&#233;line ch&#233;rie&#8230; c'est bien vrai que &#034;jamais l'amour ne pr&#233;texte d'impossibilit&#233; parce qu'il se croit tout possible et tout permis&#8230;&#034; La prudence humaine au contraire tremble &#224; chaque pas et n'ose pour ainsi dire poser le pied, aussi le Bon Dieu qui voulait m'&#233;prouver se servit-Il d'elle comme d'un instrument docile et le jour de mes noces je fus vraiment orpheline, n'ayant pas de P&#232;re sur la terre mais pouvant regarder le Ciel avec confiance et dire en toute v&#233;rit&#233; : &#034;Notre P&#232;re qui &#234;tes aux Cieux.&#034; Mt 6,9&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;f) La retraite de profession&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Avant de vous parler de cette &#233;preuve j'aurais d&#251;, ma M&#232;re ch&#233;rie, vous parler de la retraite qui pr&#233;c&#233;da ma profession ; elle fut loin de m'apporter des consolations, l'aridit&#233; la plus absolue et presque l'abandon furent mon partage. J&#233;sus dormait comme toujours dans ma petite nacelle ; ah ! je vois bien que rarement les &#226;mes laissent dormir tranquillement en elles. J&#233;sus est si fatigu&#233; de toujours faire des frais et des avances qu'Il s'empresse de profiter du repos que je lui offre. Il ne se r&#233;veillera pas sans doute avant ma grande retraite de l'&#233;ternit&#233;, mais au lieu de me faire de la peine cela me fait un extr&#234;me plaisir&#8230; Mc 4,37-39&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment je suis loin d'&#234;tre une sainte, rien que cela en est une preuve ; je devrais au lieu de me r&#233;jouir de ma s&#233;cheresse, l'attribuer &#224; mon peu de ferveur et de fid&#233;lit&#233;, je devrais me d&#233;soler de dormir (depuis sept ans) pendant mes oraisons et mes actions de gr&#226;ces ; eh bien, je ne me d&#233;sole pas&#8230; je pense que les petits enfants plaisent autant &#224; leurs parents lorsqu'ils dorment que lorsqu'ils sont &#233;veill&#233;s, je pense que pour faire des op&#233;rations, les m&#233;decins [76r&#176;] endorment leurs malades. Enfin je pense que : &#034;Le Seigneur voit notre fragilit&#233;, qu'Il se souvient que nous ne sommes que poussi&#232;re.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma retraite de profession fut donc comme toutes celles qui la suivirent une retraite de grande aridit&#233; ; cependant le Bon Dieu me montrait clairement sans que je m'en aper&#231;oive, le moyen de Lui plaire et de pratiquer les plus sublimes vertus. J'ai remarqu&#233; bien des fois que J&#233;sus ne veut pas me donner de provisions, il me nourrit &#224; chaque instant d'une nourriture toute nouvelle, Ps 103,14 je la trouve en moi sans savoir comment elle y est&#8230; Je crois tout simplement que c'est J&#233;sus Lui-m&#234;me cach&#233; au fond de mon pauvre petit c&#339;ur qui me fait la gr&#226;ce d'agir en moi et me fait penser tout ce qu'Il veut que je fasse au moment pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours avant celui de ma profession, j'eus le bonheur de recevoir la b&#233;n&#233;diction du Souverain Pontife ; je l'avais sollicit&#233;e par le bon Fr&#232;re Sim&#233;on pour Papa et pour moi et ce me fut une grande consolation de pouvoir rendre &#224; mon petit P&#232;re ch&#233;ri la gr&#226;ce qu'il m'avait procur&#233;e en me conduisant &#224; Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;Profession&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;g) Une tentation&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Enfin le beau jour de mes noces arriva, il fut sans nuages, mais la veille il s'&#233;leva dans mon &#226;me une temp&#234;te comme jamais je n'en avais vue&#8230; Pas un seul doute sur ma vocation ne m'&#233;tait encore venu &#224; la pens&#233;e, il fallait que je connaisse cette &#233;preuve. Le soir, en faisant mon chemin de la Croix apr&#232;s matines, ma vocation m'apparut comme un r&#234;ve, une chim&#232;re&#8230; je trouvais la vie du Carmel bien belle, mais le d&#233;mon m'inspirait l'assurance qu'elle n'&#233;tait pas faite pour moi, que je tromperais les sup&#233;rieures en avan&#231;ant dans une voie o&#249; je n'&#233;tais pas appel&#233;e&#8230; Mes t&#233;n&#232;bres &#233;taient si grandes que je ne voyais ni ne comprenais [76v&#176;] qu'une chose : Je n'avais pas la vocation !&#8230; Ah ! comment d&#233;peindre l'angoisse de mon &#226;me ?&#8230; Il me semblait (chose absurde qui montre que cette tentation &#233;tait du d&#233;mon) que si je disais mes craintes ma ma&#238;tresse elle allait m'emp&#234;cher de prononcer mes Saints V&#339;ux ; cependant je voulais faire la volont&#233; du bon Dieu et retourner dans le monde plut&#244;t que rester au Carmel en faisant la mienne ; je fis donc sortir ma ma&#238;tresse et remplie de confusion je lui dis l'&#233;tat de mon &#226;me&#8230; Heureusement elle vit plus clair que moi et me rassura compl&#232;tement ; d'ailleurs l'acte d'humilit&#233; que j'avais fait venait de mettre en fuite le d&#233;mon qui pensait peut-&#234;tre que je n'allais pas oser avouer ma tentation. Aussit&#244;t que j'eus fini de parler mes doutes s'en all&#232;rent, cependant pour rendre plus complet mon acte d'humilit&#233;, je voulus encore confier mon &#233;trange tentation &#224; notre M&#232;re qui se contenta de rire de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;Mon union avec J&#233;sus&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;h) Mon union avec J&#233;sus&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le matin du 8 Septembre, je me sentis inond&#233;e d'un fleuve de paix et ce fut dans cette paix &#171; surpassant tout sentiment &#187; que je pronon&#231;ai mes Saints V&#339;ux&#8230; Ph 4,7 ; Is 66,12 Mon union avec J&#233;sus se fit, non pas au milieu des foudres et des &#233;clairs, c'est-&#224;-dire des gr&#226;ces extraordinaires, mais au sein d'un l&#233;ger z&#233;phyr, semblable &#224; celui qu'entendit sur la montagne notre p&#232;re Saint Elie&#8230; 1R 19,11-13 Que de gr&#226;ces n'ai-je pas demand&#233;es ce jour-l&#224; !&#8230; Je me sentais vraiment la REINE, aussi je profitais de mon titre pour d&#233;livrer les captifs, obtenir les faveurs du Roi envers ses sujets ingrats, enfin je voulais d&#233;livrer toutes les &#226;mes du purgatoire et convertir les p&#233;cheurs,&#8230; J'ai beaucoup pri&#233; pour ma M&#232;re, mes S&#339;urs ch&#233;ries&#8230; pour toute la famille, mais surtout pour mon petit P&#232;re, si &#233;prouv&#233; et si saint&#8230; Je me suis offerte &#224; J&#233;sus afin qu'Il accomplisse parfaitement en moi sa volont&#233; sans que jamais les cr&#233;atures y mettent obstacle&#8230; Mt 6,10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[77r&#176;] Ce beau jour passa comme les plus tristes, puisque les plus radieux ont un lendemain, mais ce fut sans tristesse que je d&#233;posai ma couronne aux pieds de la Sainte Vierge, je sentais que le temps n'emporterait pas mon bonheur&#8230; Quelle belle f&#234;te que la nativit&#233; de Marie pour devenir l'&#233;pouse de J&#233;sus ! C'&#233;tait la petite Sainte Vierge d'un jour qui pr&#233;sentait sa petite fleur au petit J&#233;sus&#8230; ce jour-l&#224; tout &#233;tait petit except&#233; les gr&#226;ces et la paix que j'ai re&#231;ues, except&#233; la joie paisible que j'ai ressentie le soir, en regardant les &#233;toiles scintiller au firmament, en pensant que bient&#244;t le beau Ciel s'ouvrirait &#224; mes yeux ravis et que je pourrais m'unir &#224; mon &#201;poux au sein d'une all&#233;gresse &#233;ternelle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;i) la prise de voile&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le 24 eut lieu la c&#233;r&#233;monie de ma prise de voile il fut tout entier voil&#233; de larmes&#8230; Papa n'&#233;tait pas l&#224; pour b&#233;nir sa Reine&#8230; Le P&#232;re &#233;tait au Canada&#8230; Monseigneur qui devait venir et d&#238;ner chez mon Oncle se trouva malade et ne vint pas non plus, enfin tout fut tristesse et amertume&#8230; Cependant la paix, toujours la paix, se trouvait au fond du calice&#8230; Ce jour-l&#224; J&#233;sus permit que je ne puisse retenir mes larmes et mes larmes ne furent pas comprises&#8230; en effet j'avais support&#233; sans pleurer de bien plus grandes &#233;preuves, mais alors j'&#233;tais aid&#233;e d'une gr&#226;ce puissante ; au contraire le 24, J&#233;sus me laissa &#224; mes propres forces et je montrai combien elles &#233;taient petites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit jours apr&#232;s ma prise de voile eut lieu le mariage de Jeanne. Vous dire, ma M&#232;re ch&#233;rie, combien son exemple m'instruisit sur les d&#233;licatesses qu'une &#233;pouse doit prodiguer &#224; son &#233;poux, cela me serait impossible ; j'&#233;coutais avidement tout ce que je pouvais en apprendre, car je ne voulais pas faire moins pour mon J&#233;sus bien-aim&#233; que Jeanne pour Francis, une cr&#233;ature sans doute bien parfaite, mais enfin une cr&#233;ature&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[77v&#176;] Je m'amusai m&#234;me &#224; composer une lettre d'invitation afin de la comparer &#224; la sienne, voici comment elle &#233;tait con&#231;ue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lettre d'Invitation aux Noces de s&#339;ur Th&#233;r&#232;se de l'Enfant J&#233;sus de la Sainte Face : Le Dieu Tout-Puissant, Cr&#233;ateur du Ciel et de la terre, Souverain Dominateur du Monde et la Tr&#232;s glorieuse Vierge Marie, Reine de la Cour c&#233;leste, veulent bien vous faire part du Mariage de leur Auguste Fils, J&#233;sus, Roi des Rois et Seigneur des seigneurs, avec Mademoiselle Th&#233;r&#232;se Martin, maintenant Dame et Princesse des royaumes apport&#233;s en dot par son Divin &#201;poux, savoir : L'Enfance de J&#233;sus et sa Passion, ses titres de noblesse &#233;tant : de l'Enfant J&#233;sus et de la Sainte Face. Monsieur Louis Martin, Propri&#233;taire et Ma&#238;tre des Seigneuries de la Souffrance et de l'Humiliation et Madame Martin, Princesse et Dame d'Honneur de la Cour C&#233;leste, veulent bien vous faire part du Mariage de leur Fille, Th&#233;r&#232;se, avec J&#233;sus le Verbe de Dieu, Jn 1,1-3 seconde Personne de l'Adorable Trinit&#233; qui par l'op&#233;ration du Saint-Esprit s'est fait Homme et Fils de Marie, la Reine des Cieux. N'ayant pu vous inviter &#224; la b&#233;n&#233;diction Nuptiale qui leur a &#233;t&#233; donn&#233;e sur la montagne du Carmel, le 8 Septembre 1890 (la cour c&#233;leste seule y &#233;tant admise) vous &#234;tes n&#233;anmoins pri&#233;s de vous rendre au Retour de Noces qui aura lieu Demain, Jour de l'Eternit&#233;, auquel jour J&#233;sus, Fils de Dieu, viendra sur les Nu&#233;es du Ciel dans l'&#233;clat de sa Majest&#233;, pour juger les Vivants et les Morts. Mt 25,31-40 L'heure &#233;tant encore incertaine, vous &#234;tes invit&#233;s &#224; vous tenir pr&#234;ts et &#224; veiller. Mt 24,42-44&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;5) La vie de la jeune professe&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;a) M&#232;re Genevi&#232;ve&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[78r&#176;] Maintenant, ma M&#232;re ch&#233;rie, que me reste-t-il &#224; vous dire ?. Ah ! je croyais avoir fini mais je ne vous ai encore rien dit de mon bonheur d'avoir connu notre Sainte M&#232;re Genevi&#232;ve&#8230; C'est une gr&#226;ce inappr&#233;ciable que celle-l&#224; ; eh bien, le Bon Dieu qui m'en avait d&#233;j&#224; tant accord&#233;, a voulu que je vive avec une Sainte, non point inimitable, mais une Sainte sanctifi&#233;e par des vertus cach&#233;es et ordinaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'une fois j'ai re&#231;u d'elle de grandes consolations, surtout un dimanche. Me rendant comme &#224; l'ordinaire afin de lui faire ma petite visite, je trouvai deux S&#339;urs aupr&#232;s de M&#232;re Genevi&#232;ve ; je la regardai en souriant et je m'appr&#234;tais &#224; sortir puisqu'on ne peut pas &#234;tre trois aupr&#232;s d'une malade, mais elle, me regardant avec un air inspir&#233;, me dit : &#034;Attendez, ma petite fille, je vais seulement vous dire un petit mot. A chaque fois que vous venez, vous me demandez de vous donner un bouquet spirituel, eh bien, aujourd'hui je vais vous donner celui-ci :&lt;strong&gt; Servez Dieu avec paix et avec Joie, rappelez-vous, mon enfant, que notre Dieu, c'est le Dieu de la paix.&#034; 1Co 14,33&lt;/strong&gt; Apr&#232;s l'avoir simplement remerci&#233;e, je sortis &#233;mue jusqu'aux larmes et convaincue que le Bon Dieu lui avait r&#233;v&#233;l&#233; l'&#233;tat de mon &#226;me ; ce jour-l&#224; j'&#233;tais extr&#234;mement &#233;prouv&#233;e, presque triste, dans une nuit telle que je ne savais plus si j'&#233;tais aim&#233;e du Bon Dieu, mais la joie et la consolation que je sentis, vous les devinez, ma M&#232;re ch&#233;rie !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Dimanche suivant, je voulus savoir quelle r&#233;v&#233;lation M&#232;re Genevi&#232;ve avait eue ; elle m'assura n'en avoir re&#231;u aucune, alors mon admiration fut encore plus grande, voyant &#224; quel degr&#233; &#233;minent J&#233;sus vivait en elle et la faisait agir et parler. Ah ! cette saintet&#233;-l&#224; me para&#238;t la plus vraie, la plus sainte et c'est elle que je d&#233;sire car il ne s'y rencontre aucune illusion&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[78v&#176;] Le jour de ma profession je fus aussi bien consol&#233;e d'apprendre de la bouche de M&#232;re Genevi&#232;ve qu'elle avait pass&#233; par la m&#234;me &#233;preuve que moi avant de prononcer ses v&#339;ux&#8230; Au moment de nos grandes peines, vous vous rappelez, ma M&#232;re ch&#233;rie, les consolations que nous avons trouv&#233;es aupr&#232;s d'elle ? Enfin le souvenir que M&#232;re Genevi&#232;ve a laiss&#233; dans mon c&#339;ur est un souvenir embaum&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de son d&#233;part pour le Ciel je me suis sentie particuli&#232;rement touch&#233;e, c'&#233;tait la premi&#232;re fois que j'assistais &#224; une mort, vraiment ce spectacle &#233;tait ravissant&#8230; J'&#233;tais plac&#233;e juste au pied du lit de la sainte mourante, je voyais parfaitement ses plus l&#233;gers mouvements. Il me semblait, pendant les deux heures que j'ai pass&#233;es ainsi, que mon &#226;me aurait d&#251; se sentir remplie de ferveur, au contraire, une esp&#232;ce d'insensibilit&#233; s'&#233;tait empar&#233;e de moi, mais au moment m&#234;me de la naissance au Ciel de notre Sainte M&#232;re Genevi&#232;ve, ma disposition int&#233;rieure a chang&#233;, en un clin d'&#339;il je me suis sentie remplie d'une joie et d'une ferveur indicibles, c'&#233;tait comme si M&#232;re Genevi&#232;ve m'avait donn&#233; une partie de la f&#233;licit&#233; dont elle jouissait car je suis bien persuad&#233;e qu'elle est all&#233;e droit au Ciel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant sa vie je lui dis un jour : &#171; O ma M&#232;re ! vous n'irez pas en purgatoire !&#8230; &#187; &#171; Je l'esp&#232;re &#187; me r&#233;pondit-elle avec douceur&#8230; Ah ! bien s&#251;r que le Bon Dieu n'a pu tromper une esp&#233;rance si remplie d'humilit&#233;, toutes les faveurs que nous avons re&#231;ues en sont la preuve&#8230; Chaque s&#339;ur s'empressa de r&#233;clamer quelque relique ; vous savez, ma M&#232;re ch&#233;rie, celle que j'ai le bonheur de poss&#233;der&#8230; Pendant l'agonie de M&#232;re Genevi&#232;ve, j'ai remarqu&#233; une larme scintillant &#224; sa paupi&#232;re, comme un diamant ; cette larme, la derni&#232;re de toutes celles qu'elle a r&#233;pandues ne tomba pas, je la vis encore briller au ch&#339;ur ans que personne pense &#224; la recueillir, alors prenant un petit linge fin, j'osai m'approcher le soir sans &#234;tre vue et prendre pour relique la derni&#232;re larme d'une Sainte&#8230; Depuis je l'ai toujours port&#233;e dans le petit [79r&#176;] sachet o&#249; mes v&#339;ux sont renferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'attache pas d'importance &#224; mes r&#234;ves, d'ailleurs j'en ai rarement de symboliques et je me demande m&#234;me comment il se fait que pensant toute la journ&#233;e au Bon Dieu, je ne m'en occupe pas davantage pendant mon sommeil&#8230; ordinairement je r&#234;ve les bois, les fleurs, les ruisseaux et la mer et presque toujours, je vois de jolis petits enfants, j'attrape des papillons et des oiseaux comme jamais je n'en ai vus. Vous voyez, ma M&#232;re, que si mes r&#234;ves ont une apparence po&#233;tique, ils sont loin d'&#234;tre mystiques&#8230; Une nuit apr&#232;s la mort de M&#232;re Genevi&#232;ve j'en fis un plus consolant : je r&#234;vai qu'elle faisait son testament, donnant &#224; chaque s&#339;ur une chose qui lui avait appartenu ; quand vint mon tour, je croyais ne rien recevoir, car il ne lui restait plus rien, mais se soulevant elle me dit par trois fois avec un accent p&#233;n&#233;trant : &#171; A vous, je laisse mon c&#339;ur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;b) L'&#233;pid&#233;mie de grippe&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Un mois apr&#232;s le d&#233;part de notre Sainte M&#232;re, l'influenza se d&#233;clara dans la communaut&#233; j'&#233;tais seule debout avec deux autres s&#339;urs, jamais je ne pourrai dire tout ce que j'ai vu, ce que m'a paru la vie et tout ce qui passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de mes dix-neuf ans fut f&#234;t&#233; par une mort, bient&#244;t suivie de deux autres. A cette &#233;poque j'&#233;tais seule &#224; la sacristie, ma premi&#232;re d'emploi &#233;tant tr&#232;s gravement malade, c'&#233;tait moi qui devais pr&#233;parer les enterrements, ouvrir les grilles du ch&#339;ur &#224; la messe, etc. Le Bon Dieu m'a donn&#233; bien des gr&#226;ces de force &#224; ce moment, je me demande maintenant comment j'ai pu faire sans frayeur tout ce que j'ai fait ; la mort r&#233;gnait partout, les plus malades &#233;taient soign&#233;es par celles qui se tra&#238;naient &#224; peine, aussit&#244;t qu'une s&#339;ur avait rendu le dernier soupir on &#233;tait oblig&#233; de la laisser seule. Un matin en me levant, j'eus le pressentiment que S&#339;ur Madeleine &#233;tait morte ; le dortoir &#233;tait dans l'obscurit&#233;, personne ne sortait des cellules, enfin je me d&#233;cidai [79v&#176;] &#224; entrer dans celle de ma S&#339;ur Madeleine dont la porte &#233;tait ouverte ; je la vis en effet, habill&#233;e et couch&#233;e sur sa paillasse, je n'eus pas la moindre frayeur. Voyant qu'elle n'avait pas de cierge j'allai lui en chercher, ainsi qu'une couronne de roses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir de la mort de M&#232;re Sous-Prieure j'&#233;tais seule avec l'infirmi&#232;re ; il est impossible de se figurer le triste &#233;tat de la communaut&#233; &#224; ce moment, celles qui &#233;taient debout peuvent seules s'en faire une id&#233;e, mais au milieu de cet abandon, je sentais que le Bon Dieu veillait sur nous. C'&#233;tait sans effort que les mourantes passaient &#224; une vie meilleure, aussit&#244;t apr&#232;s leur mort une expression de joie et de paix se r&#233;pandait sur leurs traits, on aurait dit un doux sommeil ; c'en &#233;tait bien un v&#233;ritablement puisque apr&#232;s que la figure de ce monde aura pass&#233;, 1Co 7,31 elles se r&#233;veilleront pour jouir &#233;ternellement des d&#233;lices r&#233;serv&#233;es aux &#233;lus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;c)La communion quotidienne&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Tout le temps que la communaut&#233; fut ainsi &#233;prouv&#233;e, je pus avoir l'ineffable consolation de faire tous les jours la Sainte Communion&#8230; Ah ! que c'&#233;tait doux !&#8230; J&#233;sus me g&#226;ta longtemps, plus longtemps que ses fid&#232;les &#233;pouses, car il permit qu'on me Le donn&#226;t sans que les autres aient le bonheur de Le recevoir. J'&#233;tais aussi bien heureuse de toucher aux vases sacr&#233;s, de pr&#233;parer les petits langes destin&#233;s &#224; recevoir J&#233;sus, je sentais qu'il me fallait &#234;tre bien fervente et je me rappelais souvent cette parole adress&#233;e &#224; un saint diacre : &#171; Soyez saint, vous qui touchez les vases du Seigneur. &#187; Is 52,11&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne puis pas dire que j'aie souvent re&#231;u des consolations pendant mes actions de gr&#226;ces, c'est peut-&#234;tre le moment o&#249; j'en ai le moins&#8230; je trouve cela tout naturel puisque je me suis offerte &#224; J&#233;sus non comme une personne qui d&#233;sire recevoir sa visite pour sa propre consolation, mais au contraire pour le plaisir de Celui qui se donne &#224; moi. Je me figure mon &#226;me comme un terrain libre et je prie la Sainte Vierge d'&#244;ter les d&#233;combres qui pourraient l'emp&#234;cher [80r&#176;] d'&#234;tre libre, ensuite je la supplie de dresser elle-m&#234;me une vaste tente digne du Ciel, de l'orner de ses propres parures et puis j'invite tous les Saints et les Anges &#224; venir faire un magnifique concert. Il me semble lorsque J&#233;sus descend dans mon c&#339;ur, qu'Il est content de se trouver si bien re&#231;u et moi je suis contente aussi&#8230; Tout cela n'emp&#234;che pas les distractions et le sommeil de venir me visiter, mais au sortir de l'action de gr&#226;ces voyant que je l'ai si mal faite je prends la r&#233;solution d'&#234;tre tout le reste de la journ&#233;e en action de gr&#226;ces&#8230; Vous voyez, ma M&#232;re ch&#233;rie, que je suis loin d'&#234;tre conduite par la voie de la crainte, je sais toujours trouver le moyen d'&#234;tre heureuse et de profiter de mes mis&#232;res&#8230; sans doute cela ne d&#233;pla&#238;t pas &#224; J&#233;sus, car Il semble m'encourager dans ce chemin. Un jour, contrairement &#224; mon habitude, j'&#233;tais un peu troubl&#233;e en allant &#224; la Communion, il me semblait que le Bon Dieu n'&#233;tait pas content de moi et je me disais : &#171; Ah ! si je ne re&#231;ois aujourd'hui que la moiti&#233; d'une hostie, cela va me faire bien de la peine, je vais croire que J&#233;sus vient comme &#224; regret dans mon c&#339;ur. &#187; Je m'approche&#8230; oh bonheur ! pour la premi&#232;re fois de ma vie, je vois le pr&#234;tre prendre deux hosties bien s&#233;par&#233;es et me les donner !&#8230; Vous comprenez ma joie et les douces larmes que j'ai r&#233;pandues, en voyant une si grande mis&#233;ricorde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;LesDesirs&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;6) Les d&#233;sirs&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;a) La pr&#233;dication du P&#232;re Prou&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e qui suivit ma profession, c'est-&#224;-dire deux mois avant la mort de m&#232;re Genevi&#232;ve, je re&#231;us de grandes gr&#226;ces pendant la retraite. Ordinairement les retraites pr&#234;ch&#233;es me sont encore plus douloureuses que celles que je fais toute seule, mais cette ann&#233;e-l&#224; il en fut autrement. J'avais fait une neuvaine pr&#233;paratoire avec beaucoup de ferveur, malgr&#233; le sentiment intime que j'avais, car il me semblait que le pr&#233;dicateur ne pourrait me comprendre, &#233;tant surtout destin&#233; &#224; faire du bien aux grands p&#233;cheurs mais pas [80v&#176;] aux &#226;mes religieuses. Le Bon Dieu voulant me montrer que c'&#233;tait Lui seul le directeur de mon &#226;me se servit justement de ce P&#232;re qui ne fut appr&#233;ci&#233; que de moi&#8230; J'avais alors de grandes &#233;preuves int&#233;rieures de toutes sortes (jusqu'&#224; me demander parfois s'il y avait un Ciel.) Je me sentais dispos&#233;e &#224; ne rien dire de mes dispositions intimes, ne sachant comment les exprimer, mais &#224; peine entr&#233;e dans le confessionnal je sentis mon &#226;me se dilater. Apr&#232;s avoir dit peu de mots, je fus comprise d'une fa&#231;on merveilleuse et m&#234;me devin&#233;e&#8230; mon &#226;me &#233;tait comme un livre dans lequel le P&#232;re lisait mieux que moi-m&#234;me&#8230; Il me lan&#231;a &#224; pleines voiles sur les flots de la confiance et de l'amour qui m'attiraient si fort mais sur lesquels je n'osais avancer&#8230; Il me dit que mes fautes ne faisaient pas de peine au Bon Dieu, que tenant sa place, il me disait de sa part qu'Il &#233;tait tr&#232;s content de moi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh ! que je fus heureuse en &#233;coutant ces consolantes paroles !&#8230; Jamais je n'avais entendu dire que les fautes pouvaient ne pas faire de peine au bon Dieu, cette assurance me combla de joie, elle me fit supporter patiemment l'exil de la vie.. . Je sentais bien au fond de mon c&#339;ur que c'&#233;tait vrai car le Bon Dieu est plus tendre qu'une M&#232;re, eh bien, vous, ma M&#232;re ch&#233;rie, n'&#234;tes-vous pas toujours pr&#234;te &#224; me pardonner les petites ind&#233;licatesses que je vous fais involontairement ?&#8230; Que de fois n'en ai-je pas fait la douce exp&#233;rience !&#8230; Nul reproche ne m'aurait autant touch&#233;e qu'une seule de vos caresses. Je suis d'une nature telle que la crainte me fait reculer ; avec l'amour non seulement j'avance mais je vole&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;b) L'&#233;lection de M&#232;re Agn&#232;s&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;O ma M&#232;re ce fut surtout depuis le jour b&#233;ni de votre &#233;lection que je volai dans les voies de l'amour&#8230; Ce jour-l&#224;, Pauline devint mon J&#233;sus vivant&#8230; Elle devint pour la seconde fois : &#171; Maman !&#8230; &#187; [81r&#176;] Depuis longtemps d&#233;j&#224;, j'ai le bonheur de contempler les merveilles que J&#233;sus op&#232;re par le moyen de ma M&#232;re ch&#233;rie&#8230; Je vois que la souffrance seule peut enfanter les &#226;mes et plus que jamais ces sublimes paroles de J&#233;sus me d&#233;voilent leur profondeur : &#171; En v&#233;rit&#233;, en v&#233;rit&#233;, je vous le dis, si le grain de bl&#233; &#233;tant tomb&#233; &#224; terre ne vient &#224; mourir il demeure seul, mais s'il meurt il rapporte beaucoup de fruits. &#187; Jn 12,24-Quelle abondante moisson n'avez-vous pas r&#233;colt&#233;e !&#8230; Vous avez sem&#233; dans les larmes, mais bient&#244;t vous verrez le fruit de vos travaux, vous reviendrez remplie de joie portant des gerbes en vos mains&#8230; Ps 126,5-6 O ma M&#232;re, parmi ces gerbes fleuries, la petite fleur blanche se tient cach&#233;e mais au Ciel elle aura une voix pour chanter votre douceur et les vertus qu'elle vous voit pratiquer chaque jour dans l'ombre et le silence de la vie d'exil&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui depuis deux ans, j'ai compris bien des myst&#232;res jusque l&#224; cach&#233;s pour moi. Le bon Dieu m'a montr&#233; la m&#234;me mis&#233;ricorde qu'Il montra au roi Salomon. Il n'a pas voulu que j'aie un seul d&#233;sir qui ne soit rempli, non seulement mes d&#233;sirs de perfection, mais encore ceux dont je comprenais la vanit&#233;, sans l'avoir exp&#233;riment&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - D&#233;sirs de cr&#233;ativit&#233; artistique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vous ayant toujours, ma M&#232;re ch&#233;rie, regard&#233;e comme mon id&#233;al, je d&#233;sirais vous ressembler en tout ; vous voyant faire de belles peintures et de ravissantes po&#233;sies, je me disais : &#171; Ah ! que je serais heureuse de pouvoir peindre, de savoir exprimer mes pens&#233;es en vers et de faire aussi du bien aux &#226;mes&#8230; &#187;Je n'aurais pas voulu demander ces dons naturels et mes d&#233;sirs restaient cach&#233;s au fond de mon c&#339;ur. J&#233;sus cach&#233; lui aussi dans ce pauvre petit c&#339;ur se plut &#224; lui montrer que tout est vanit&#233; et affliction d'esprit sous le soleil. Qo 2,11 Au grand &#233;tonnement des s&#339;urs, on me fit peindre et le Bon Dieu permit que je sache profiter des le&#231;ons que ma M&#232;re ch&#233;rie me donna&#8230; Il voulut encore [81v&#176;] que je puisse &#224; son exemple faire des po&#233;sies, composer des pi&#232;ces qui furent trouv&#233;es jolies&#8230; De m&#234;me que Salomon se tournant vers les ouvrages de ses mains, o&#249; il avait pris une peine si inutile, vit que tout est vanit&#233; et affliction d'esprit, Qo 2,11 de m&#234;me, j'ai reconnu par EXP&#201;RIENCE que le bonheur ne consiste qu'&#224; se cacher, &#224; rester dans l'ignorance des choses cr&#233;&#233;es. J'ai compris que sans l'amour, toutes les &#339;uvres ne sont que n&#233;ant, m&#234;me les plus &#233;clatantes, comme de ressusciter les morts ou de convertir les peuples&#8230; 1Co 11,1-4 Au lieu de me faire du mal, de me porter &#224; la vanit&#233;, les dons que le Bon Dieu m'a prodigu&#233;s (sans que je les lui demande) me portent vers Lui, je vois que Lui seul est immuable, que Lui seul peut remplir mes immenses d&#233;sirs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - Le d&#233;sir de contempler les fleurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est encore d'autres d&#233;sirs d'un autre genre, que J&#233;sus s'est plu &#224; combler, d&#233;sirs enfantins semblables &#224; ceux de la neige de ma prise d'habit. Vous savez, ma M&#232;re ch&#233;rie, combien j'aime les fleurs ; en me faisant prisonni&#232;re &#224; quinze ans, je renon&#231;ai pour toujours au bonheur de courir dans les campagnes &#233;maill&#233;es des tr&#233;sors du printemps ; eh bien ! jamais je n'ai poss&#233;d&#233; plus de fleurs que depuis mon entr&#233;e au Carmel. Il est d'usage que les fianc&#233;s offrent souvent des bouquets &#224; leurs fianc&#233;es, J&#233;sus ne l'oublia pas, il m'envoya &#224; foison des gerbes de bluets, grandes p&#226;querettes, coquelicots, etc. toutes les fleurs qui me ravissent le plus. Il y avait m&#234;me une petite fleur appel&#233;e la Nielle des bl&#233;s, que je n'avais pas trouv&#233;e depuis notre s&#233;jour &#224; Lisieux, je d&#233;sirais beaucoup la revoir, cette fleur de mon enfance cueillie par moi dans les campagnes d'Alen&#231;on ; ce fut au Carmel qu'elle vint me sourire et me montrer que dans les plus petites choses comme dans les grandes, le Bon Dieu donne le centuple d&#232;s cette vie aux &#226;mes qui pour son amour ont tout quitt&#233;.&#034; Mt 19,29&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;V - Le d&#233;sir de l'entr&#233;e de C&#233;line au Carmel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus intime de mes d&#233;sirs, le plus grand de tous, que je pensais ne jamais [82r&#176;] voir se r&#233;aliser, &#233;tait l'entr&#233;e de ma C&#233;line ch&#233;rie dans le m&#234;me Carmel que nous&#8230; ce r&#234;ve me semblait invraisemblable : vivre sous le m&#234;me toit, partager les joies et les peines de la compagne de mon enfance ; aussi j'avais fait compl&#232;tement mon sacrifice, j'avais confi&#233; &#224; J&#233;sus l'avenir de ma s&#339;ur ch&#233;rie &#233;tant r&#233;solue &#224; la voir partir au bout du monde s'il le fallait. La seule chose que je ne pouvais accepter, c'&#233;tait qu'elle ne soit pas l'&#233;pouse de J&#233;sus, car j'aimais autant que moi-m&#234;me, il m'&#233;tait impossible de la voir donner son c&#339;ur &#224; un mortel. J'avais d&#233;j&#224; beaucoup souffert en la sachant expos&#233;e dans le monde &#224; des dangers qui m'avaient &#233;t&#233; inconnus. Je puis dire que mon affection pour C&#233;line &#233;tait depuis mon entr&#233;e au Carmel un amour de m&#232;re autant que de s&#339;ur&#8230; Un jour qu'elle devait aller en soir&#233;e cela me faisait tant de peine que je suppliai le Bon Dieu de l'emp&#234;cher de danser et m&#234;me (contre mon habitude) je versai un torrent de larmes. J&#233;sus daigna m'exaucer. Il ne permit pas que sa petite fianc&#233;e p&#251;t danser ce soir-l&#224; (quoiqu'elle ne f&#251;t pas embarrass&#233;e pour le faire gracieusement lorsqu'il &#233;tait n&#233;cessaire). Ayant &#233;t&#233; invit&#233;e sans qu'elle p&#251;t refuser, son cavalier se trouva dans l'impuissance totale de la faire danser ; &#224; sa grande confusion, il fut condamn&#233; &#224; marcher simplement pour la reconduire &#224; sa place puis il s'esquiva et ne reparut pas de la soir&#233;e. Cette aventure, unique en son genre, me fit grandir en confiance et en l'amour de Celui qui posant son signe sur mon front, l'avait en m&#234;me temps imprim&#233; sur celui de ma C&#233;line ch&#233;rie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 Juillet de l'ann&#233;e derni&#232;re, le Bon Dieu rompant les liens de son incomparable serviteur Ps 116,16 et l'appelant &#224; la r&#233;compense &#233;ternelle, rompit en m&#234;me temps ceux qui retenaient au monde sa fianc&#233;e ch&#233;rie, elle avait rempli sa premi&#232;re mission ; charg&#233;e de nous repr&#233;senter toutes aupr&#232;s de notre P&#232;re si tendrement aim&#233;, cette mission elle l'avait accomplie comme un ange&#8230; et les anges ne restent [82v&#176;] pas sur la terre, lorsqu'ils ont accompli la volont&#233; du Bon Dieu, ils retournent aussit&#244;t vers lui, c'est pour cela qu'ils ont des ailes&#8230; Notre ange aussi secoua ses ailes blanches, il &#233;tait pr&#234;t &#224; voler bien loin pour trouver J&#233;sus, mais J&#233;sus le fit voler tout pr&#232;s&#8230; Il se contenta de l'acceptation du grand sacrifice qui fut bien douloureux pour la petite Th&#233;r&#232;se&#8230; Pendant deux ans sa C&#233;line lui avait cach&#233; un secret Ah ! qu'elle avait souffert elle aussi !&#8230; Enfin du haut du Ciel, mon Roi ch&#233;ri, qui sur la terre n'aimait pas les lenteurs, se h&#226;ta d'arranger les affaires si embrouill&#233;es de sa C&#233;line et le 14 Septembre elle se r&#233;unissait &#224; nous !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour que les difficult&#233;s semblaient insurmontables, je dis &#224; J&#233;sus pendant mon action de gr&#226;ces : &#171; Vous savez, mon Dieu, combien je d&#233;sire savoir si Papa est all&#233; tout droit au Ciel, je ne vous demande pas de me parler, mais donnez-moi un signe. Si ma S&#339;ur Aim&#233;e de J&#233;sus consent &#224; l'entr&#233;e de C&#233;line ou n'y met pas d'obstacle, ce sera la r&#233;ponse que Papa est all&#233; tout droit avec vous. &#187;Cette s&#339;ur, comme vous le savez, ma M&#232;re ch&#233;rie, trouvait que nous &#233;tions d&#233;j&#224; trop de trois et par cons&#233;quent ne voulait pas en admettre une autre, mais le Bon Dieu, qui tient en sa main le c&#339;ur des cr&#233;atures et l'incline comme il veut, P&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; 21,1 changea les dispositions de la s&#339;ur ; la premi&#232;re personne que je rencontrai apr&#232;s l'action de gr&#226;ces, ce fut elle qui m'appela d'un air aimable, me dit de monter chez vous et me parla de C&#233;line, les larmes aux yeux&#8230; Ah ! combien de sujets n'ai-je pas de remercier J&#233;sus qui sut combler tous mes d&#233;sirs !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;Misericordes&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VI - Le d&#233;sir de s'offrir &#224; l'Amour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, je n'ai plus aucun d&#233;sir, si ce n'est celui d'aimer J&#233;sus &#224; la folie&#8230; Mes d&#233;sirs enfantins sont envol&#233;s, sans doute j'aime encore &#224; parer de fleurs l'autel du Petit J&#233;sus, mais depuis qu'il m'a donn&#233; la Fleur que je d&#233;sirais, ma C&#233;line ch&#233;rie, je n'en d&#233;sire plus d'autre, c'est elle que je lui [83r&#176;] offre comme mon plus ravissant bouquet&#8230; Je ne d&#233;sire pas non plus la souffrance, ni la mort, et cependant je les aime toutes les deux,mais c'est l'amour seul qui m'attire&#8230; Longtemps je les ai d&#233;sir&#233;es ; j'ai poss&#233;d&#233; la souffrance et j'ai cru toucher au rivage du Ciel, j'ai cru que la petite fleur serait cueillie en son printemps&#8230; maintenant c'est l'abandon seul qui me guide, je n'ai point d'autre boussole !&#8230; Je ne puis plus rien demander avec ardeur, except&#233; l'accomplissement parfait de la volont&#233; du Bon Dieu Mt 6,10 sur mon &#226;me sans que les cr&#233;atures puissent y mettre obstacle. Je puis dire ces paroles du cantique spirituel de Notre P&#232;re St Jean de la Croix ; &#171; Dans le cellier int&#233;rieur de mon Bien-Aim&#233;, j'ai bu et quand je suis sortie, dans toute cette plaine je ne connaissais plus rien et je perdis le troupeau que je suivais auparavant&#8230; Mon &#226;me s'est employ&#233;e avec toutes ses ressources &#224; son service, je ne garde plus de troupeau, je n'ai plus d'autre office, parce que maintenant tout mon exercice est d'AIMER !&#8230; &#187; ou bien encore : &#171; Depuis que j'en ai l'exp&#233;rience, l'amour est si puissant en &#339;uvres qu'il sait tirer profit de tout, du bien et du mal qu'il trouve en moi, et transformer mon &#226;me en SOI &#187; O ma M&#232;re ch&#233;rie ! qu'elle est douce la voie de l'amour. Sans doute, on peut bien tomber, on peut commettre des infid&#233;lit&#233;s, mais, l'amour sachant tirer profit de tout, a bien vite consum&#233; tout ce qui peut d&#233;plaire &#224; J&#233;sus, ne laissant qu'une humble et profonde paix au fond du c&#339;ur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! que de lumi&#232;res n'ai-je pas puis&#233;es dans les &#338;uvres de notre P&#232;re Saint Jean de la Croix !&#8230; A l'&#226;ge de dix-sept et dix-huit ans je n'avais pas d'autre nourriture spirituelle, mais plus tard tous les livres me laiss&#232;rent dans l'aridit&#233; et je suis encore dans cet &#233;tat. Si j'ouvre un livre compos&#233; par un auteur spirituel (m&#234;me le plus beau, le plus touchant), je sens aussit&#244;t mon c&#339;ur se serrer et je lis sans pour ainsi dire comprendre, ou si je comprends, mon esprit s'arr&#234;te sans pouvoir m&#233;diter&#8230; Dans cette impuissance, l'&#233;criture Sainte et l'Imitation [83v&#176;] viennent &#224; mon secours ; en elles je trouve une nourriture solide et toute pure.&lt;strong&gt; Mais c'est par dessus tout l'&#201;vangile qui m'entretient pendant mes oraisons, en lui je trouve tout ce qui est n&#233;cessaire &#224; ma pauvre petite &#226;me.&lt;/strong&gt; J'y d&#233;couvre toujours de nouvelles lumi&#232;res, des sens cach&#233;s et myst&#233;rieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je comprends et je sais par exp&#233;rience &#171; Que le royaume de Dieu est au-dedans de nous. &#187;&lt;/strong&gt; Lc 17,21 J&#233;sus n'a point besoin de livres ni de docteurs pour instruire les &#226;mes ; Lui, le Docteur des docteurs, il enseigne sans bruit de paroles&#8230; Jamais je ne l'ai entendu parler, mais je sens qu'Il est en moi, &#224; chaque instant, Il me guide et m'inspire ce que je dois dire ou faire. Je d&#233;couvre juste au moment o&#249; j'en ai besoin des lumi&#232;res que je n'avais pas encore vues, ce n'est pas le plus souvent pendant mes oraisons qu'elles sont le plus abondantes, c'est plut&#244;t au milieu des occupations de ma journ&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O ma M&#232;re ch&#233;rie ! apr&#232;s tant de gr&#226;ces ne puis-je pas chanter avec le psalmiste : &#171; Que le Seigneur est BON, que sa MIS&#201;RICORDE est &#233;ternelle. &#187; Ps 118,1 Il me semble que si toutes les cr&#233;atures avaient les m&#234;mes gr&#226;ces que moi, le Bon Dieu ne serait craint de personne, mais aim&#233; jusqu'&#224; la folie, et que par amour, et non pas en tremblant, jamais aucune &#226;me ne consentirait &#224; Lui faire de la peine&#8230; Je comprends cependant que toutes les &#226;mes ne peuvent pas se ressembler, il faut qu'il y en ait de diff&#233;rentes familles afin d'honorer sp&#233;cialement chacune des perfections du Bon Dieu. A moi Il a donn&#233; sa Mis&#233;ricorde infinie c'est &#224; travers elle que je contemple et adore les autres perfections Divines !&#8230; (cf.Ms.A 2v&#176;-3r&#176;) Alors toutes m'apparaissent rayonnantes d'amour, la Justice m&#234;me (et peut-&#234;tre encore plus que toute autre) me semble rev&#234;tue d'amour&#8230; Quelle douce joie de penser que le Bon Dieu est juste, c'est-&#224;-dire qu'Il tient compte de nos faiblesses, qu'Il conna&#238;t parfaitement la fragilit&#233; de notre nature. De quoi donc aurais-je peur ? Ah ! le Dieu infiniment juste qui daigna [84r&#176;] pardonner avec tant de bont&#233; toutes les fautes de l'enfant prodigue, Lc 15,21-24 ne doit-Il pas &#234;tre juste aussi envers moi qui &#034;suis toujours avec Lui ?&#8230; Lc 15,31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;Offrande&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;a) L'acte d'offrande&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, le 9 Juin, f&#234;te de la Sainte Trinit&#233;, j'ai re&#231;u la gr&#226;ce de comprendre plus que jamais combien J&#233;sus d&#233;sire &#234;tre aim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pensais aux &#226;mes qui s'offrent comme victimes &#224; la Justice de Dieu afin de d&#233;tourner et d'attirer sur elles es ch&#226;timents r&#233;serv&#233;s aux coupables, cette offrande me semblait grande et g&#233;n&#233;reuse, mais j'&#233;tais loin de me sentir port&#233;e &#224; la faire. &#171; O mon Dieu ! m'&#233;criai-je au fond de mon c&#339;ur, n'y aura-t-il que votre Justice qui recevra des &#226;mes s'immolant en victimes ?&#8230; Votre Amour Mis&#233;ricordieux n'en a-t-il pas besoin lui aussi ?&#8230; De toutes parts il est m&#233;connu, rejet&#233; ; les c&#339;urs auxquels vous d&#233;sirez le prodiguer se tournent vers les cr&#233;atures leur demandant le bonheur avec leur mis&#233;rable affection, au lieu de se jeter dans vos bras et d'accepter votre Amour infini&#8230; O mon Dieu ! votre Amour m&#233;pris&#233; va-t-il rester en votre C&#339;ur ? Il me semble que si vous trouviez des &#226;mes s'offrant en Victimes d'holocaustes &#224; votre Amour, vous les consumeriez rapidement, il me semble que vous seriez heureux de ne point comprimer les flots d'infinies tendresses qui sont en vous&#8230; Si votre Justice aime &#224; se d&#233;charger, elle qui ne s'&#233;tend que sur la terre, combien plus votre Amour Mis&#233;ricordieux d&#233;sire-t-il embraser les &#226;mes, puisque votre Mis&#233;ricorde s'&#233;l&#232;ve jusqu'aux Cieux&#8230; O mon J&#233;sus ! que ce soit moi cette heureuse victime, consumez votre holocauste par le feu de votre Divin Amour !&#8230; &#187; Ps 36,6&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma M&#232;re ch&#233;rie, vous qui m'avez permis de m'offrir ainsi au Bon Dieu, vous savez les fleuves ou plut&#244;t les oc&#233;ans de gr&#226;ces qui sont venus inonder mon &#226;me&#8230; Ah ! depuis cet heureux jour, il me semble que l'Amour me p&#233;n&#232;tre et m'environne, il me semble qu'&#224; chaque instant cet Amour Mis&#233;ricordieux me renouvelle, purifie mon &#226;me et n'y laisse aucune trace de p&#233;ch&#233;, aussi [84v&#176;] je ne puis craindre le purgatoire&#8230; Je sais que par moi-m&#234;me je ne m&#233;riterais pas m&#234;me d'entrer dans ce lieu d'expiation, puisque les &#226;mes saintes peuvent seules y avoir acc&#232;s, mais je sais aussi que le Feu de l'Amour est plus sanctifiant que celui du purgatoire, je sais que J&#233;sus ne peut d&#233;sirer pour nous de souffrances inutiles et qu'Il ne m'inspirerait pas les d&#233;sirs que je ressens, s'Il ne voulait les combler&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;La voie de l'Amour&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;b) &#171; qu'elle est douce la voie de l'Amour !&#8230; &#187;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Oh ! qu'elle est douce la voie de l'Amour !&#8230; Comme je veux m'appliquer &#224; faire toujours avec le plus grand abandon, la volont&#233; du Bon Dieu !&#8230; Mt 6,10 Voil&#224;, ma M&#232;re ch&#233;rie, tout ce que je puis vous dire de la vie de votre petite Th&#233;r&#232;se, vous connaissez bien mieux par vous-m&#234;me, ce qu'elle est et ce que J&#233;sus a fait pour elle, aussi vous me pardonnerez d'avoir beaucoup abr&#233;g&#233; l'histoire de sa vie religieuse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment s'ach&#232;vera-t-elle, cette &#034;histoire d'une petite fleur blanche ?&#034; Peut-&#234;tre la petite fleur sera-t-elle cueillie dans sa fra&#238;cheur ou bien transplant&#233;e sur d'autres rivages&#8230; Je l'ignore, mais ce dont je suis certaine, c'est que la Mis&#233;ricorde du Bon Dieu l'accompagnera toujours, Ps 23,6 c'est que jamais elle ne cessera de b&#233;nir la M&#232;re ch&#233;rie qui l'a donn&#233;e &#224; J&#233;sus ; &#233;ternellement elle se r&#233;jouira d'&#234;tre une des fleurs de sa couronne&#8230; &#201;ternellement elle chantera avec cette M&#232;re ch&#233;rie le cantique toujours nouveau de l'Amour&#8230; Ap 14,3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Copyright Cerf/DDB&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La d&#233;couverte de la petite voie (Ms. C 2v&#176;-3v&#176;)</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/La-decouverte-de-la-petite-voie-Ms-C-2vo-3vo.html</link>
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		<dc:date>2021-09-28T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Quoi de neuf ?</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La petite voie, c'est le Christ, Chemin, V&#233;rit&#233; et Vie pour quiconque met en lui toute sa confiance. Il est peut-&#234;tre erron&#233; de parler de d&#233;couverte, puisque nous venons de voir que Th&#233;r&#232;se a v&#233;cu chacun des &#233;l&#233;ments constitutifs de la petite voie bien avant l'automne 1894. Ce qui est vraiment nouveau alors, c'est la compr&#233;hension que Th&#233;r&#232;se a de sa petite voie. La possibilit&#233; de la fonder sur la Parole de Dieu confirme Th&#233;r&#232;se dans ses intuitions et l'ouvre &#224; une v&#233;ritable conversion (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-La-petite-voie-.html" rel="directory"&gt;La petite voie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Sommaire-+.html" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/+-Quoi-de-neuf-+.html" rel="tag"&gt;Quoi de neuf ?&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton115-11069.jpg?1782925258' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La petite voie, c'est le Christ, Chemin, V&#233;rit&#233; et Vie pour quiconque met en lui toute sa confiance.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est peut-&#234;tre erron&#233; de parler de d&#233;couverte, puisque nous venons de voir que Th&#233;r&#232;se a v&#233;cu chacun des &#233;l&#233;ments constitutifs de la petite voie bien avant l'automne 1894. Ce qui est vraiment nouveau alors, c'est la compr&#233;hension que Th&#233;r&#232;se a de sa petite voie. La possibilit&#233; de la fonder sur la Parole de Dieu confirme Th&#233;r&#232;se dans ses intuitions et l'ouvre &#224; une v&#233;ritable conversion spirituelle : le d&#233;sir d'une saintet&#233; &#224; venir qu'il faudrait conqu&#233;rir &#224; force de g&#233;n&#233;rosit&#233; c&#232;de le pas &#224; la reconnaissance &#233;merveill&#233;e de cette saintet&#233; tout autre que nous poss&#233;dons d&#233;j&#224; dans le Christ. La petite voie, c'est le Christ, Chemin, V&#233;rit&#233; et Vie pour quiconque met en lui toute sa confiance. A travers l'image de l'Ascenseur, Th&#233;r&#232;se &#233;voque cet &lt;strong&gt;acte de confiance&lt;/strong&gt; : se mettre dans les bras de J&#233;sus comme quelqu'un s'en remet &#224; un ascenseur pour le conduire dans les &#233;tages sup&#233;rieurs. L'originalit&#233; ici de l'Ascenseur, est qu'il doit nous conduire &#224; la communion avec Dieu. Or, cela est d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; d&#232;s l'instant que nous sommes mont&#233;s dedans : vivre en communion avec le Christ par la foi, c'est &#234;tre en communion avec Dieu lui-m&#234;me. Telle est la saintet&#233; qu'il nous est d&#233;j&#224; donn&#233; d'accueillir. Cette perspective nous d&#233;centre de la pr&#233;occupation d'une image id&#233;ale de soi &#224; r&#233;aliser pour nous centrer sur la contemplation de la Personne du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se a fait la d&#233;couverte de ce chemin de saintet&#233; chr&#233;tienne au terme de sept ann&#233;es de combat pour se donner totalement au Christ dans sa vie de carm&#233;lite. Nous retrouvons de mani&#232;re plus d&#233;velopp&#233;e la description de la petite voie &#224; travers le r&#233;cit de la d&#233;couverte qu'elle en fit &#224; l'automne 1894. Le contexte est toujours celui du d&#233;sir de la saintet&#233;, c'est-&#224;-dire d'une parfaite communion &#224; l'amour de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pour lire le &lt;a href='https://www.carmel.asso.fr/La-petite-voie,108.html#Ascenseur' class=&#034;spip_in&#034;&gt;r&#233;cit de Th&#233;r&#232;se&lt;/a&gt; dans son autobiographie&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Le constat de d&#233;part&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a un &#233;cart consid&#233;rable entre le d&#233;sir et la r&#233;alit&#233;. Ce constat est de toujours.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1) l'id&#233;al re&#231;u [A1]&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se a re&#231;u une &#233;ducation religieuse tr&#232;s acc&#232;s sur &lt;strong&gt;un id&#233;al &#233;lev&#233; de perfection chr&#233;tienne&lt;/strong&gt;. Elle a v&#233;cu cette exigence avec une hypersensibilit&#233; maladive. Elle porte intens&#233;ment le d&#233;sir de faire plaisir &#224; sa famille, au Bon Dieu, en ajoutant &#171; des perles &#224; sa couronne &#187;. Au Carmel, il lui est &#224; nouveau propos&#233; un id&#233;al &#233;lev&#233; de perfection chr&#233;tienne : Mont&#233;e du Mont Carmel de Jean de la Croix, Chemin de perfection de Th&#233;r&#232;se d'Avila. Apr&#232;s 10 ann&#233;es de combat pour correspondre &#224; cet id&#233;al elle est comme au pied d' &#171; une montagne dont le sommet se perd dans les cieux ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2) L'exp&#233;rience de ses limites [A2]&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se a &#233;t&#233; trait&#233;e comme une enfant par ses proches. Elle est et reste m&#234;me au Carmel la petite derni&#232;re. Outre son &#233;motivit&#233; excessive, sa maladresse dans le domaine des choses pratiques lui vaut bien des humiliations. Certes la gr&#226;ce de No&#235;l 1886 a &#233;t&#233; un pas d&#233;cisif, une sortie de l'enfance qui lui permet d'entrer au Carmel et d'en assumer courageusement les exigences. Pourtant, &lt;strong&gt;arriv&#233;e au Carmel, sa vie d'oraison devient aride&lt;/strong&gt;. Au lieu du go&#251;t qu'elle y trouvait jusque l&#224;, elle doit lutter contre le sommeil et ne sort pas toujours gagnante de ce combat : quelle humiliation pour une carm&#233;lite que de dormir &#224; l'oraison ! Th&#233;r&#232;se se per&#231;oit comme &lt;strong&gt;&#171; le grain de sable obscur foul&#233; par les pieds des passants. &#187;&lt;/strong&gt;. Ces passants sont peut-&#234;tre ses propres s&#339;urs qui regardent avec condescendance cette jeune carm&#233;lite un peu gauche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3) Le fondement de la petite voie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A l'origine de la recherche d'une voie nouvelle, il y a la perception d'un &#233;cart que Th&#233;r&#232;se a tout fait pour r&#233;duire et qui s'av&#232;re irr&#233;ductible : plus haut que ciel / plus bas que terre. Cette perception ne peut se faire au moment d'une premi&#232;re conversion alors que des progr&#232;s r&#233;els dans la vertu sont possibles. Elle a lieu quand on a &lt;strong&gt;le sentiment d'une impuissance invincible &#224; aller plus loin tandis que l'on est plus que jamais conscient de tout le chemin qui reste &#224; parcourir.&lt;/strong&gt; Est-ce que je me serais tromp&#233; ? Dieu m'aurait-il tromp&#233; en me demandant des choses impossibles ? Ma recherche de Dieu n'&#233;tait-elle qu'illusion ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Le combat de la foi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je suis donc en situation d'&#233;chec et en difficult&#233; par rapport &#224; la confiance que j'ai mise en Dieu. Est-ce que je vais capituler ou me r&#233;volter face &#224; ce qui appara&#238;t injuste ? Non car j'ai mis ma foi en un Dieu qui ne peut ni me tromper ni me d&#233;cevoir. &lt;strong&gt;En Dieu, il n'y a pas d'impasse.&lt;/strong&gt; La foi permet toujours &#224; celui qui ne doute pas de la bont&#233; de Dieu de trouver une issue. Je n'ai pas de preuve indubitable de cette bont&#233;. C'est pour cela qu'elle requiert ma foi, ma confiance comme un engagement de ma libert&#233;. L'acte de foi est la condition premi&#232;re et constante de toute exp&#233;rience authentique de Dieu. Il faut d'abord faire confiance pour faire l'exp&#233;rience ensuite de ce que cela n'a pas &#233;t&#233; fait en vain.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1) Refuser de se d&#233;courager [B2]&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'exp&#233;rience de nos limites et de notre incapacit&#233; &#224; les d&#233;passer, non seulement nous devons ne pas nous replier sur nous-m&#234;mes, sur le sentiment de notre mis&#232;re mais &lt;strong&gt;nous devons nous ouvrir &#224; Dieu dans un acte de foi.&lt;/strong&gt; C'est une tr&#232;s grande gr&#226;ce de connaissance de soi que de percevoir alors l'&#233;cart infini qui me s&#233;pare de Dieu et d'y consentir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2) Croire en nos vrais d&#233;sirs [B1]&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La foi en la v&#233;rit&#233; de nos d&#233;sirs est fondamentale pour que la gr&#226;ce de Dieu puisse nous donner de les r&#233;aliser. L'acte de foi est la part de coop&#233;ration active que Dieu attend de nous pour conduire &#224; leur terme des d&#233;sirs qu'il a lui-m&#234;me suscit&#233;s en nous par sa Parole.&lt;strong&gt; Il s'agit ici de tout d&#233;sir d'aimer sans limite et sans fin.&lt;/strong&gt; Nous pouvons y croire, car ils sont un don de Dieu qui ne peut nous inspirer des d&#233;sirs impossibles &#224; r&#233;aliser !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3) Se mettre en chemin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'acceptation de notre vie r&#233;elle &lt;/strong&gt; nous appelle donc &#224; une confiance totale, mais aussi &#224; une recherche constante. Puisque le d&#233;sir de la saintet&#233; est un don de Dieu, puisque je per&#231;ois l'&#233;cart qui me s&#233;pare de sa r&#233;alisation, je r&#233;ponds &#224; l'appel de Dieu en recherchant une issue &#224; ce dilemme bien que la solution ne puisse venir que de Dieu. La confiance en Dieu oblige &#224; chercher au-del&#224; de nos &#233;vidences premi&#232;res : entre mes limites terrestres et mes d&#233;sirs insatiables, il y a un chemin, car les unes et les autres sont un don de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - La recherche d'un ascenseur [B]&lt;/h2&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1) La comparaison de d&#233;part&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Elle nous situe dans le contexte culturel de l'&#233;poque. L'ascenseur est une invention toute nouvelle ! Si l'homme se montre si ing&#233;nieux et cr&#233;atif pour son confort, ne peut-il faire preuve de la m&#234;me cr&#233;ativit&#233; en vue de sa sanctification ? L'ascenseur est mis en opposition avec un rude escalier. Il repr&#233;sente les bras de J&#233;sus qui permettent de ne pas avoir &#224; gravir le rude escalier de la perfection.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2) Distinguer le moyen et le but&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le but, c'est l'amour de J&#233;sus&lt;/strong&gt;, la communion avec J&#233;sus. Le moyen ne peut pas &#234;tre le rude escalier de la perfection car il s'est av&#233;r&#233; impraticable : devenir irr&#233;prochable au regard d'un certain id&#233;al gr&#226;ce &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; de nos propres efforts ; il a fallu des ann&#233;es d'efforts inutiles &#224; Th&#233;r&#232;se pour comprendre cela ! Il faut donc chercher, mais o&#249; chercher si ce n'est dans l'&#201;criture ! Th&#233;r&#232;se nous montre comment nous devons lire celle-ci avec nos propres questions pour trouver en elle la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - La d&#233;couverte (automne 1894)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Si quelqu'un est tout petit qu'il vienne &#224; moi. &#187; (Pv.9,4)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la petitesse n'est pas un obstacle pour aller &#224; Dieu, mais elle en est la condition. Non seulement il ne nous est pas demand&#233; de monter au ciel, mais au contraire de rester sur la terre. Il ne s'agit pas de d&#233;passer nos limites, mais d'y consentir, car c'est dans la v&#233;rit&#233; de notre condition humaine que nous pouvons rencontrer le Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Comme une m&#232;re caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux ! &#187; (Is.66,12cd-13ab)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ascenseur recherch&#233;, ce sont les bras de J&#233;sus lui-m&#234;me : le moyen est d&#233;j&#224; la fin recherch&#233;e ! La petite voie toute nouvelle a cela d'extraordinaire que l'on est d&#233;j&#224; parvenu au but d&#232;s lors que l'on est en chemin. J&#233;sus est le chemin, la v&#233;rit&#233;, la vie ; s'abandonner &#224; lui, c'est &#234;tre uni &#224; Dieu. Cette petite voie est bien toute nouvelle. Elle est m&#234;me l'oppos&#233; de la pr&#233;c&#233;dente : s'appuyer toujours plus sur la confiance en l'&#339;uvre de Dieu en nous et non sur nos propres efforts pour nous convertir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acte de foi qui a rendu possible la d&#233;couverte de la petite voie est lui-m&#234;me transform&#233;. Il s'agissait de croire que je pourrai rencontrer Dieu un jour. Maintenant, il s'agit de reconna&#238;tre que c'est d&#233;j&#224; lui qui me porte avec amour. Nos imperfections, nos limites, nos impuissances sont alors autant de chances de nous laisser porter, bercer, consoler par Dieu. Notre mis&#232;re, notre fragilit&#233;, voire notre p&#233;ch&#233; sont le lieu privil&#233;gi&#233; de notre union &#224; Dieu. Elles sont le lieu de la gratuit&#233; inou&#239;e de l'amour &#224; partir duquel nous sommes appel&#233;s &#224; chanter &#233;ternellement les mis&#233;ricordes du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;V - Les transformations op&#233;r&#233;es [C]&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sir s'est transform&#233;. Du d&#233;sir plut&#244;t narcissique d'&#234;tre une grande sainte Th&#233;r&#232;se a acc&#233;d&#233; &#224; celui de &lt;strong&gt;faire plaisir &#224; J&#233;sus&lt;/strong&gt; : elle d&#233;sire &#234;tre en relation avec J&#233;sus de mani&#232;re &#224; lui faire plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa confiance audacieuse en Dieu reposait au d&#233;part sur la certitude que Dieu est la source de nos bons d&#233;sirs. Cette confiance s'appuie &#224; la fin sur l'exp&#233;rience de ce que Dieu va encore plus loin que ce que nous pouvions imaginer dans l'exaucement de notre d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le consentement &#224; notre finitude humaine avec ses limites appara&#238;t au d&#233;part sous la forme de la r&#233;signation. Il s'exprime &#224; la fin &#224; travers une v&#233;ritable exultation. Il entre &#224; son tour dans la dynamique du d&#233;sir sous la forme d'un d&#233;sir paradoxal d'&#234;tre tout petit : accepter nos limites constitue la condition de possibilit&#233; de progr&#232;s r&#233;els parce que r&#233;alistes. C'est aussi s'accepter tel que l'on est en y reconnaissant le don de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se &#233;prouve une v&#233;ritable exultation, car &lt;strong&gt;la cl&#233; de sa d&#233;couverte, c'est le Christ&lt;/strong&gt;. Il a assum&#233; notre condition humaine tout en vivant la parfaite communion avec Dieu son P&#232;re : il nous r&#233;v&#232;le ainsi la merveille de notre condition humaine sans nier r&#233;alit&#233; de sa finitude et de sa fragilit&#233;. Bien au contraire, dans cette finitude, il nous est donn&#233; de nous recevoir d&#233;j&#224; tout entier de la tendresse de Dieu &#224; l'exemple du Christ pour devenir les enfants de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi ne devons-nous pas grandir, mais &#234;tre pleinement nous-m&#234;me devant Dieu &#224; l'exemple du Christ. &lt;strong&gt;La r&#233;alit&#233; de notre vie humaine est ainsi port&#233;e par l'humanit&#233; du Christ &lt;/strong&gt; qui vit et agit en nous par le souffle de son Esprit. Vivre pleinement notre condition humaine, c'est se laisser porter par les bras de J&#233;sus en qui notre humanit&#233; est assum&#233;e par le Fils de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'union au Christ consiste &#224; &#234;tre pleinement soi-m&#234;me, c'est-&#224;-dire &#224; &#234;tre en v&#233;rit&#233; tout petit devant Dieu. La petite voie se comprend comme relation &#224; Dieu : au regard de son amour infini, nous nous reconnaissons tout petits.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VI - Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se malade sent qu'il ne lui reste que peu de temps &#224; vivre.&lt;strong&gt; L'important pour elle est de se laisser conduire, de se laisser faire par les &#233;v&#233;nements&lt;/strong&gt;. Son seul d&#233;sir est de faire plaisir &#224; J&#233;sus. Pourtant elle continue &#224; lutter. Elle cherche &#224; se dominer, &#224; ne pas c&#233;der &#224; ses faiblesses, &#224; faire plaisir aux autres. Mais elle le fait d&#233;sormais par reconnaissance pour l'amour gratuit de Dieu et non plus pour m&#233;riter cet amour. Elle le fait pour le bien des autres et non plus pour parvenir &#224; une perfection personnelle. &lt;strong&gt;Aussi, quand elle &#233;choue dans ses efforts, elle s'en r&#233;jouit, car elle peut grandir alors dans la conscience de sa petitesse et accueillir plus gratuitement encore l'amour de Dieu.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Neuvaine de pri&#232;re Th&#233;r&#232;se de Lisieux</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/Neuvaine-de-priere-Therese-de-Lisieux.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
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		<description>
&lt;p&gt;Pri&#232;re de demande par l'intercession de Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus Dieu Notre P&#232;re, tu accueilles pr&#232;s de toi, ceux qui, en ce monde, te servent fid&#232;lement : nous invoquons Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus &#224; cause de son amour pour toi. Sa filiale confiance lui faisait esp&#233;rer &#171; que tu ferais sa volont&#233; au Ciel puisqu'elle avait toujours fait la tienne sur la terre &#187;. Je te supplie d'exaucer la pri&#232;re que je t'adresse avec foi en me confiant &#224; son intercession. [Pri&#232;re - Notre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Neuvaine-de-priere-.html" rel="directory"&gt;Neuvaine par l'intercession de sainte Th&#233;r&#232;se&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L109xH150/arton69-fbc8c.jpg?1782925258' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pri&#232;re de demande par l'intercession de Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_35 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L278xH309/18A.95-a972e.jpg?1782924714' width='278' height='309' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dieu Notre P&#232;re, tu accueilles pr&#232;s de toi, ceux qui, en ce monde, te servent fid&#232;lement : nous invoquons Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus &#224; cause de son amour pour toi. Sa filiale confiance lui faisait esp&#233;rer &#171; que tu ferais sa volont&#233; au Ciel puisqu'elle avait toujours fait la tienne sur la terre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je te supplie d'exaucer la pri&#232;re que je t'adresse avec foi en me confiant &#224; son intercession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;[Pri&#232;re - Notre P&#232;re]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seigneur J&#233;sus, Fils unique de Dieu et notre Sauveur, souviens-toi que Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus consuma sa vie ici-bas pour le salut des &#226;mes et voulut &#171; passer son Ciel &#224; faire du bien sur la terre &#187; : parce qu'elle fut ton &#233;pouse bien-aim&#233;e, passionn&#233;e pour ta gloire, nous la prions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'en remets &#224; Toi, afin d'obtenir les gr&#226;ces que j'implore en me confiant &#224; son intercession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;[Pri&#232;re - Je vous salue Marie]
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esprit-Saint, source de toute gr&#226;ce et de tout amour, c'est par ton action que Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus fut combl&#233;e de pr&#233;venances divines et y r&#233;pondit avec une parfaite fid&#233;lit&#233;. Maintenant qu'elle interc&#232;de pour nous, et ne veut prendre aucun repos jusqu'&#224; la fin des temps, nous l'implorons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je te demande d'inspirer et d'&#233;couter ma pri&#232;re, afin que me soit accord&#233;e la faveur confi&#233;e &#224; son intercession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire au P&#232;re et au Fils et au Saint- Esprit au Dieu qui est, qui &#233;tait et qui vient, pour les si&#232;cles des si&#232;cles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#212; Sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus, vois la confiance que je mets en toi et accueille mes intentions. Interc&#232;de pour moi aupr&#232;s de la Vierge Marie qui vint te sourire au moment de l'&#233;preuve. Regarde aussi tous ceux qui peinent et qui souffrent et tous ceux qui te prient : je m'unis &#224; eux comme &#224; des s&#339;urs et &#224; des fr&#232;res.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers les gr&#226;ces que nous demandons si telle est la volont&#233; du Seigneur, donne-nous d'&#234;tre fortifi&#233;s dans la Foi, l'Esp&#233;rance et l'Amour sur le chemin de la vie, et d'&#234;tre aid&#233;s au moment de la mort, afin de passer de ce monde dans la paix du P&#232;re et de conna&#238;tre l'&#233;ternit&#233; de joie des enfants de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amen !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La vocation &#224; l'Amour</title>
		<link>https://www.carmel.asso.fr/La-vocation-a-l-Amour-60.html</link>
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&lt;p&gt;Les d&#233;sirs de Th&#233;r&#232;se ! Il y aurait beaucoup &#224; dire de ces d&#233;sirs insens&#233;s, qui ne sont pourtant pas des illusions puisqu'ils la portent toujours plus en avant. Nous trouvons, dans le manuscrit B adress&#233; &#224; s&#339;ur Marie du Sacr&#233; C&#339;ur, un v&#233;ritable feu d'artifice de d&#233;sirs. Th&#233;r&#232;se a bien &#233;t&#233; exauc&#233;e au Colis&#233;e ! Ce qu'elle vit, durant les temps d'oraison, est un v&#233;ritable martyre nous dit-elle : ses d&#233;sirs insatiables sont un martyre du c&#339;ur. Sa vocation de carm&#233;lite ne suffit pas &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.carmel.asso.fr/-Une-vie-plusieurs-vocations-97-.html" rel="directory"&gt;Une vie, plusieurs vocations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_35 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.carmel.asso.fr/sites/carmel.asso.fr/local/cache-vignettes/L278xH309/18A.95-a972e.jpg?1782924714' width='278' height='309' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Les d&#233;sirs de Th&#233;r&#232;se ! Il y aurait beaucoup &#224; dire de ces d&#233;sirs insens&#233;s, qui ne sont pourtant pas des illusions puisqu'ils la portent toujours plus en avant. Nous trouvons, dans le manuscrit B adress&#233; &#224; s&#339;ur Marie du Sacr&#233; C&#339;ur, &lt;strong&gt;un v&#233;ritable feu d'artifice de d&#233;sirs&lt;/strong&gt;. Th&#233;r&#232;se a bien &#233;t&#233; exauc&#233;e au Colis&#233;e ! Ce qu'elle vit, durant les temps d'oraison, est un v&#233;ritable martyre nous dit-elle : ses d&#233;sirs insatiables sont un martyre du c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa vocation de carm&#233;lite ne suffit pas &#224; la rendre heureuse. C'est tellement insupportable qu'il lui faut une r&#233;ponse de Dieu ; aucun ange ne vient la lui donner, &lt;strong&gt;mais Th&#233;r&#232;se va la chercher dans les &#201;critures&lt;/strong&gt;. Elle r&#234;vait de r&#233;pondre &#224; toutes les vocations, partout et toujours et sous leurs formes les plus h&#233;ro&#239;ques. Th&#233;r&#232;se est lucide sur le caract&#232;re d&#233;lirant d'un tel d&#233;sir. Seule la Parole de Dieu peut authentifier le feu qui la d&#233;vore. C'est en saint Paul qu'elle trouve la r&#233;ponse, lorsqu'il affirme que&lt;strong&gt; l'Amour embrasse toutes les vocations&lt;/strong&gt; : &#171; Alors, dans ma joie d&#233;lirante, je me suis &#233;cri&#233;e : O J&#233;sus, mon Amour&#8230; ma vocation, enfin je l'ai trouv&#233;e, ma vocation, c'est l'Amour !&#8230; &#187; Et elle ose ajouter que cette place dans l'&#201;glise, c'est Dieu qui la lui a donn&#233;e. Seule la folie d'une Parole divine, plus sage que la sagesse des hommes, pouvait illuminer d'une joie d&#233;lirante la souffrance de Th&#233;r&#232;se et la conduire au sommet de sa r&#233;ponse d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - &#171; La science d'amour &#187; (Ms.B 1 r&#176;-v&#176;)&lt;/h2&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1) Le d&#233;sir de Th&#233;r&#232;se&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;cheresse dans l'oraison vient de ce que J&#233;sus nous instruit dans le secret. Lui seul peut enseigner la science d'amour ; la lumi&#232;re nous est parfois donn&#233;e &#224; partir d'une parole sans que nous sachions comment elle nous est donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Je comprends si bien qu'il n'y a que l'amour qui puisse nous rendre agr&#233;able au Bon Dieu que cet amour est le seul bien que j'ambitionne. &#187; (1r&#176;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sir de Th&#233;r&#232;se est d'aimer ; seul compte l'amour ; cet amour est en Dieu et J&#233;sus seul peut nous conduire &#224; ce brasier d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2) L'enseignement de J&#233;sus&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vivre l'amour, c'est s'abandonner comme l'enfant dans les bras de son p&#232;re&lt;/strong&gt; ; c'est exp&#233;rimenter la tendresse maternelle de Dieu &#224; notre &#233;gard ; c'est accepter d'&#234;tre tout petit en pr&#233;sence de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivre la confiance, l'abandon et la d&#233;ma&#238;trise implique de laisser appara&#238;tre sa faiblesse et ses imperfections :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Ah si toutes les &#226;mes faibles et imparfaites sentaient ce que sent la plus petite de toutes les &#226;mes, l'&#226;me de votre petite Th&#233;r&#232;se, pas une seule ne d&#233;sesp&#233;rerait d'arriver au sommet de la montagne de l'amour, puisque J&#233;sus ne demande pas de grandes actions, mais seulement l'abandon et la reconnaissance, &#8230; &#187; (Ms.B 1 v&#176;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus nous a montr&#233; le chemin en son humanit&#233; ; il a v&#233;cu la confiance filiale jusqu'&#224; l'offrande de sa vie sur la Croix ; c'est ainsi qu'il se r&#233;v&#232;le Fils de Dieu, son P&#232;re et notre P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science d'amour permet de se r&#233;jouir d'&#234;tre tout petit pour se donner &#224; Dieu tel que l'on est ; la gr&#226;ce que Dieu nous fait en son Fils est de pouvoir nous abandonner &#224; lui totalement dans la confiance et la reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3) La p&#233;dagogie de J&#233;sus&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus vient le premier &#224; nous en nous faisant d&#233;couvrir son propre d&#233;sir, le propre d&#233;sir de Dieu ; Dieu n'a pas besoin de nous et pourtant il vient mendier de l'eau &#224; la Samaritaine ; en fait il ne demande pas de l'eau mais &#171; &#224; boire &#187; ; il est fatigu&#233;, abandonn&#233; par ses disciples ; cette sc&#232;ne annonce son cri sur la Croix &#171; j'ai soif ! &#187;. La R&#233;v&#233;lation inou&#239;e apport&#233;e par J&#233;sus, c'est que Dieu a soif de notre amour ; c'est lui qui &#233;veille en notre c&#339;ur le d&#233;sir d'aimer totalement et toujours ; pour cela, il fait surgir de notre c&#339;ur (le puits) les d&#233;sirs idol&#226;tres pour orienter vers lui notre d&#233;sir profond : &#171; J&#233;sus est alt&#233;r&#233; ! &#187;. D&#233;couvrir ce myst&#232;re suscite en nous le d&#233;sir de r&#233;pondre au propre d&#233;sir de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - Un r&#234;ve dans la nuit (Ms.B 2 r&#176;-v&#176;)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est un rayon de lumi&#232;re dans la nuit de la foi. Il rend possible l'audace du d&#233;sir malgr&#233; les t&#233;n&#232;bres &#233;prouv&#233;es par Th&#233;r&#232;se ; il exprime la douceur du chemin au milieu des plus douloureuses &#233;preuves.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; O J&#233;sus, mon Bien-Aim&#233; ! qui pourra dire avec quelle tendresse, quelle douceur vous conduisez ma petite &#226;me ? Comment il vous pla&#238;t de faire luire le rayon de votre gr&#226;ce au milieu m&#234;me du plus sombre orage ? &#187; (2 r&#176;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se croit que sa mort est prochaine et a la conviction que le Bon Dieu est content d'elle ; elle n'a rien &#224; ajouter &#224; ses pauvres actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voile soulev&#233; par la Bienheureuse Anne de J&#233;sus est un voile protecteur qui ne voile que pour d&#233;couvrir la lumi&#232;re ; ce n'est pas ce mur de la nuit de la foi qui obscurcit toute vue. Th&#233;r&#232;se est en effet &#233;prouv&#233;e depuis cinq mois par de terribles doutes sur l'existence du Ciel. C'est pour elle un v&#233;ritable martyre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - &#171; Mes d&#233;sirs qui touchent &#224; l'infini &#187; (Ms.B 2 v&#176;- 3 v&#176;)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;r&#232;se &#233;pouse de J&#233;sus, carm&#233;lite, m&#232;re des &#226;mes reste insatisfaite ; elle sent en elle d'autres vocations qu'elle a l'audace d'exprimer &#224; J&#233;sus malgr&#233; leur caract&#232;re d&#233;lirant. Ces d&#233;sirs sont pour Th&#233;r&#232;se un v&#233;ritable martyre ; il faut qu'elle les confie &#224; J&#233;sus.
Th&#233;r&#232;se identifie sa recherche &#224; celle de Marie-Madeleine aupr&#232;s de tombeau vide ; elle reste toujours, elle se baisse &#224; plusieurs reprises.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Comme Madeleine se baissant toujours aupr&#232;s du tombeau vide finit par trouver ce qu'elle cherchait, ainsi, m'abaissant jusque dans les profondeurs de mon n&#233;ant je m'&#233;levais si haut que je pus atteindre mon but&#8230; &#187; (3 r&#176;-v&#176;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle cherche et trouve gr&#226;ce &#224; sa foi en la Parole de J&#233;sus qui lui apporte la lumi&#232;re esp&#233;r&#233;e ; elle cherche aussi en se penchant sur son propre n&#233;ant, sans peur parce qu'elle met sa confiance en J&#233;sus ; c'est l&#224; en effet que J&#233;sus se manifeste &#224; elle et lui r&#233;v&#232;le le caract&#232;re inou&#239; de sa vocation : &#234;tre l'amour au c&#339;ur de l'Eglise.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; O Phare lumineux de l'Amour, je sais comment arriver jusqu'&#224; toi, j'ai trouv&#233; le secret de m'approprier ta flamme. &#187; (Ms.B 3 v&#176;)&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - &#234;tre victime d'amour (Ms B 3 v&#176;- 4 v&#176;)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re r&#233;ponse de Th&#233;r&#232;se &#224; l'amour de J&#233;sus est de consentir &#224; la passivit&#233; ; ce consentement est actif puisqu'il se vit &#224; travers un acte d'offrande de soi v&#233;cu avec audace. Telle est la folie de la foi :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Je ne suis qu'une enfant impuissante et faible, cependant c'est ma faiblesse m&#234;me qui me donne l'audace de m'offrir en victime &#224; ton amour, &#244; J&#233;sus ! &#187; (Ms.B 3 v&#176;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour s'approprier l'amour, la seule voie est d'accepter qui l'on est, son statut de pauvret&#233; devant Dieu, d'accepter de se laisser enflammer par l'amour lui-m&#234;me au lieu de vouloir se hausser jusqu'&#224; lui, se laisser saisir par le mouvement m&#234;me de l'amour qui vient &#224; nous ; le d&#233;sir confront&#233; &#224; son impuissance ouvre &#224; la d&#233;couverte de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Oui, pour que l'amour soit pleinement satisfait, il faut qu'il s'abaisse, qu'il s'abaisse jusqu'au n&#233;ant et qu'il transforme en feu ce n&#233;ant&#8230; &#187; (Ms.B 3 v&#176;)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dieu lui-m&#234;me s'abaisse jusqu'au n&#233;ant ; il s'agit ici du n&#233;ant de Th&#233;r&#232;se qui a accept&#233; son impuissance, sa faiblesse, son imperfection, sa petitesse, qui a choisi de rester petite pour s'offrir &#224; Dieu, au feu de son amour :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; l'ab&#238;me vertigineux du n&#233;ant correspond l'ab&#238;me de l'amour ; ils s'appellent mutuellement ; ce n&#233;ant, c'est aussi concr&#232;tement la nuit dans laquelle se trouve Th&#233;r&#232;se ; Th&#233;r&#232;se est pr&#234;te &#224; rester dans cette nuit aussi longtemps que le Seigneur le voudra.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;V - Jeter des fleurs (Ms B 4 r&#176;-v&#176;)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aimer, c'est agir avec les moyens qui sont les n&#244;tres, m&#234;me s'ils nous paraissent d&#233;risoires au regard des besoins de l'&#201;glise et du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fleur est symbole de beaut&#233; et de gratuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appliqu&#233; &#224; nos &#339;uvres, ce symbole est signe d'humour : ne pas se prendre trop au s&#233;rieux en tout ce que nous faisons ; c'est Dieu qui est l'agent premier de notre salut ; librement et gratuitement il nous donne de participer &#224; son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cette insistance dit le s&#233;rieux de la vie chr&#233;tienne qui consiste &#224; incarner le d&#233;sir fou d'aimer dans l'humble fid&#233;lit&#233; &#224; le vivre &#224; travers les petites choses de la vie quotidienne ; c'est un chemin d'humanit&#233; en ce qu'il nous donne d'assumer avec amour notre finitude &#224; la suite de J&#233;sus, le Verbe de Dieu fait chair pour nous ouvrir &#224; l'amour de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VI - La parabole du petit oiseau (Ms B 4 v&#176;- 5 v&#176;)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais Th&#233;r&#232;se s'interroge &#224; nouveau : Cet amour est-il bien dans son c&#339;ur ? La parabole du petit oiseau vient &#233;clairer ce dilemme v&#233;cu dans la nuit de la foi ; la foi reste le seul chemin et c'est en elle que se vit cette folie d'amour.
Ainsi, les sombres nuages, l'orage n'attristent pas Th&#233;r&#232;se ; au contraire, ils sont pour elle cause de la joie parfaite ; de sa nuit, elle fait sa joie et son bonheur.
Ce premier temps de la joie consiste &#224; pouvoir nommer la profondeur des t&#233;n&#232;bres o&#249; elle se trouve, de pouvoir en avoir une conscience pleinement lucide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite la r&#233;alit&#233; durable du bonheur comme fruit d'une volont&#233; et d'une longue patience ; ce bonheur est de &#171; rester l&#224; quand m&#234;me, de fixer l'invisible lumi&#232;re qui se d&#233;robe &#224; sa foi. &#187; (Ms.B 5 r&#176;) Durer dans la foi est cette gr&#226;ce &#233;tonnante que Th&#233;r&#232;se d&#233;couvre et dont le r&#234;ve n'&#233;tait que le pr&#233;lude (cf Ms.B 2 v&#176;).&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.carmel.asso.fr/2025#La parabole du petit oiseau'&gt;le contexte du r&#233;cit : La petite voie et la folie de l'Amour&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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