Textes liturgiques (année B) : Gn 22, 1-2.9-13.15-18 ; Ps 115 (116b) ; Rm 8, 31b-34 ; Mc 9, 2-10
Dimanche dernier, nous avons été témoin du combat de Jésus au « désert de la Tentation », aujourd’hui, nous sommes conduits dans un autre lieu, que nous pourrions appeler la « montagne de la Vérité » ! Montagne de la Vérité si nous croyons en cette parole : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! L’Église identifie cette voix à celle de Dieu le Père. La foi chrétienne ne repose pas sur une philosophie, une pensée, elle repose sur la confiance en un témoignage. Un ensemble de témoignages, de l’Écriture, de l’Église, des saints, et, c’est important, de notre propre expérience ! La foi de l’Église nourrit notre foi personnelle et notre foi fortifie le témoignage de l’Église.
Dans l’Évangile du 1er Dimanche de Carême, Jésus, à travers son combat avec Satan, manifeste son humanité, une humanité qui triomphe de la tentation. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, c’est sa divinité qui est affirmée, sa filiation divine, par la voix qui, de la nuée, se fait entendre.
L’évènement qui nous occupe comprend plusieurs moments. Il commence très fort, il est dit de Jésus que : Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. C’est une transformation radicale de Jésus, une métamorphose au sens littéral, dont les disciples Pierre, Jacques et Jean, sont les témoins. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle…, voilà des mots qui veulent exprimer l’indicible : la lumière divine !
Après le combat contre la tentation dans la solitude du désert, vient le temps de la manifestation de la divinité de Jésus devant témoins, témoins vivants alors à ce monde et témoins venant de l’au-delà de ce monde, c’est le deuxième moment. Ainsi, Moïse et Élie sont aussi témoins, ils représentent à eux deux l’ensemble des Ecritures, Moïse représentant le don de la Loi, Élie représentant les Prophètes d’Israël. L’échange entre Jésus, Moïse et Elie signifie que Jésus venait accomplir les Écritures. La Loi et les Prophètes furent précédés par le père des croyants, Abraham. La première lecture nous rapporte la terrible épreuve qu’il subit. Dieu éprouve la foi d’Abraham et cela aboutit à une belle promesse de bénédiction sur sa descendance, une bénédiction qui s’étendra largement sur toutes les nations de la terre. Et quelle est cette bénédiction si ce n’est Jésus Christ lui-même !
Ce Jésus, qui contrairement à Isaac, n’a pas été épargné par son Père, pour reprendre les mots de saint Paul dans la deuxième lecture. Précisément, si le texte ne dit rien du contenu des échanges entre Jésus, Moïse et Elie, on peut supposer que Jésus leur parle de la suite de sa vie terrestre, c’est-à-dire de sa mort et de sa résurrection. Avec l’Évangile de ce dimanche, sur la montagne de la Transfiguration, nous n’en sommes pas encore là, comme en témoigne Pierre heureux d’être là et parlant de s’y installer : Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Elie.
Les trois disciples furent témoins d’un évènement qui les dépassèrent complètement, y compris la recommandation que leur fit Jésus en redescendant de la montagne. Ce n’est qu’après la Passion de Jésus qu’ils commencèrent à comprendre. Et nous-autres ici, que comprenons-nous de cet évènement singulier ? Comment l’accueillons-nous ? Par un questionnement, un étonnement émerveillé ? Par un progrès de notre foi ? Une action de grâce ? La montagne de la Transfiguration est-elle pour nous la montagne de la Vérité ? Croyons-nous que Jésus est le Fils de Dieu et qu’alors il nous revient de l’écouter ? Le temps du Carême est un temps privilégié de l’écoute de la Parole de Dieu. Nous n’avons pas bénéficié de la vision directe du Transfiguré, mais la Parole de Dieu nous permet de porter notre regard sur Lui, de le regarder, Lui, le Fils de de Dieu, le Fils de l’homme descendre de la montagne pour nous rejoindre et nous accompagner dans le quotidien de nos vies, en particulier par le sacrement de l’Eucharistie.
Paul nous le dit dans la deuxième lecture : Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? (…) Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, Il est à la droite de Dieu, Il intercède pour nous. Frères et sœurs, aujourd’hui encore, Il vient nous parler, nous appelant à le croire, à le laisser transformer notre vie, à nous faire les témoins de l’Amour et de la Vérité. Amen
Fr. Robert Arcas - (Couvent d’Avon)
