Je sentais le Seigneur, je ne sais pas dire de quelle manière. Je voyais comment Il m’avait aimée et recherchée depuis le début et comment moi je l’avais payé de retour. Je voyais comme je serais toujours pauvre et néant, mais que je devais Lui donner toutes mes misères… que, malgré cela, j’étais à Lui, et à Lui autant qu’il est possible en ce qui Le concerne. Il m’a rachetée au prix de son sang, Il m’a unie à Lui par le lien sacré des voeux solennels. Il voulait que je me livre totalement à son amour aveugle fou… que je ne veuille rien, que je ne cherche rien, que je m’abandonne corps et âme pour qu’Il fasse de moi tout ce qu’Il voudra, et que je laisse passer - sans le laisser pénétrer en moi - tout ce qui pouvait survenir à l’extérieur et à l’intérieur.
« Je me considère comme un rien, si incapable de toute vertu. Mais il me semble que le Seigneur veut que je laisse tout ce néant se perdre en lui et qu’il vive en moi. Pendant un moment, j’ai eu une sorte d’attirance juste pour continuer à aimer et à adorer le Seigneur que je ressens dans les replis les plus profonds de mon âme, aussi obscure et cachée soit-elle.

C’est comme si je connaissais mieux quelqu’un en moi. C’est comme les différentes habitations de l’âme dont parle Sainte Thérèse. Père, est-ce que ce que le Seigneur veut de moi, c’est de rester ainsi, de l’aimer et de l’adorer dans un vide plus ou moins grand, dans le chagrin ou dans la joie, observant comment il peut faire ce qu’il veut au centre de cette âme, juste le laisser travailler ? " (Lettre au Père Torres-1932)

"J’ai été attiré par les Carmélites à cause de mon désir d’imiter la vie de Jésus-Christ notre Dieu."
" Nous devons seulement vivre par la foi et ensuite tout devient facile. Qui pourrait le voir agir si aimablement envers nous, si plein d’amour, si attentif à nos besoins, et ensuite ne pas vivre pour Lui seul et l’aimer follement ? Qu’importe si quelqu’un ne ressent pas la foi, à condition de vivre à chaque instant ? Vivez toujours une vie pleine de foi et de confiance, en laissant le Seigneur diriger votre bateau et même y dormir s’il le veut. "

Homélie de Mgr Bergoglio

Le 11 mai 1998, l’archevêque de Buenos Aires, Mgr Jorge Mario Bergoglio, plus tard le pape François, prononça dans le couvent des carmélites « Corpus Christi », à l’occasion d’un Triduum, l’homélie suivante : « Celui qui contemple le Seigneur, ne peut pas rester inactif. Son cœur brûle du désir de faire quelque chose même s’il ne quitte pas la clôture. La petite Sainte Thérèse passa toute sa vie en clôture. En dépit de cela, elle accomplit depuis cette clôture tant de choses pour l’Église […]. L’amour pousse à l’action ; la contemplation du visage, du cœur du Seigneur pousse à agir et le Seigneur demande à chacune de faire ce qu’il/elle a à faire. Il demanda à mère Maravillas de faire ce qui allait devenir un fait marquant dans la vie méritoire de l’ordre du carmel. Et si l’Église nous la présente aujourd’hui, ce n’est pas pour allonger la liste des bienheureuses et des saintes mais pour montrer un chemin, un sentier qui est également valable pour nous : “Ne soyez ni inquiets, ni stressés”, “ne perdez pas le seul nécessaire ; faites ce que vous devez faire, à la manière divine !” Nous sommes des chrétiens mais nous devons être des chrétiens à la manière divine sur ce chemin que mère Maravillas a suivi et que l’Église nous propose.

Et quel en est le résultat ? La fécondité. Mère Maravillas augmenta le nombre de ses couvents, suscita par sa vie des vocations, les affermit, leur montra le chemin de la sainte mère Teresa, fut mère jusque dans les moindres détails. Elle connaît les faiblesses : c’est pour cela qu’elle prend soin de la faiblesse afin qu’elle devienne force ; elle sait que Dieu n’accomplit pas les choses d’un seul coup, qu’Il prend son temps et, sans jamais modifier la doctrine, elle s’investit entièrement dans cette patience, dans cette compréhension de chacune de ses filles avec une tendresse maternelle que Dieu seul peut inspirer. Faire les choses à la manière de Dieu signifie les faire à partir de la contemplation du Cœur du Christ, du Visage du Christ : c’est cela qui rend l’Église féconde. Cela vaut pour les religieuses certainement mais aussi pour nous tous.

L’appel à la sainteté vaut pour tous. La vocation d’offrir à l’Église de nouveaux fils, de nouvelles filles,vaut pour tous […]. La vocation de cheminer en ce monde à la manière de Dieu et de sa générosité vaut pour tous […]. La vocation de contempler la merveilleuse Face du Christ et d’agir en conséquence vaut pour tous. Que mère Maravillas, la bienheureuse mère Maravillas de Jésus nous aide à comprendre cette façon d’agir avec laquelle, durant sa vie, elle réalisait chaque chose en contemplant Dieu. C’est cette façon de vivre en contemplant Dieu qui a donné tant de fécondité à l’Église. »